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Full text of "Histoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme : recueillie d'actes anciens qui justifient l'origine & la médiocrité de leur fortune contre les imputations des alchimistes : on y a joint le testament de Pernelle & plusieurs autres pieces intéressantes"

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il,,  u,,,,1m'  m;  il  ni  i  II  III!  Mi  iii; 

Isricvlaà  rlainel  Ecrivam, Libraire  Jicre 
en  luniva\nte   Je  Fa/iJ' , mort  en  1^18 - 


Tïïïï 


igililiin    Ilii-l(llil!il!ijiri;:i!l,^i,;.;,:iinljiliijllliym;:^^ 
d  après  faluntrc  jui  cuni^  J  -y  C^r/iii ncvc  dce-  ^-iracfw^  • 


après 


HISTOIRE 

C  RITI  Q_  U  E 

D  E 

NICOLAS  FLAMEL 

E  T 

DE   PERNELLE  SA  FEMME; 

Recueillie  d'Actes  anciens  quijujlifient 
r origine  &  la  médiocnté  de  leur 
fortune  contre  les  imputations  des 

Alchimifies , 

,Pn  y  a  joint  le  Teltament  de  P  e  a  n  e  j.  t  e 
6c  plufieurs  autres  Pièces  intéreffantes. 

Par  M.    L,  V*** 


A    PARIS, 

Chez  G.  Desprez  ,  Imprimeur  &  Libraire  ordinaire 

du  Roi  &  du  Clergé  de  France ,  rue  S:  Jacques , 

àfaint  Profper&aux  trois  Vertus. 


M.  DCÇ.  LXI. 

'Avic  Approbation  ^  Privilège  du  R&î. 


Pleraque  eorum  qn^e  recul  1 ,  quoique 
referam,  parva    forfiran    Se  levia  me- 

moratu  videri  non  nefcius  fum 

Non  ramen  fine  ufu  fuerit ,  introfpi- 
cere  illa  primo afpedtu  levia,  ex quis  . . . 
fiçpe  rerurii  motus  oriuntur. 

Tacite  3  Ann,  L.  iv.  C.  32. 


Avis  au  Relieur  pour  placer  les  deux  Figures. 

Le  Portrait  de  Flàmel  doit  fe  mettre  vis-à-vis  Iç 

Frontifpice. 
Sa  Maifon  de  la  rue  de  Montmorency  page  i  ;  j 
Il  y  a  un  carton  à  mettre  à  !a  page  3  7 


iO 


AVANT-PROPOS. 

LOrfque  je  compofai  mon  Eflai 
hidorique  fur  Se  Jacques  de  la 
Boucherie ,  j'eus  occafion  de  parler 
de  Nicolas  Flamel ,  perfonnage  aulTi 
célèbre  par  Tidée  que  Ton  a  eue  de 
fa  fortune ,  que  par  l'ufage  qu'il  en 
a  fait. 

Le  penchant  naturel  que  Ton  a 
pour  le  merveilleux ,  n'a  pas  permis 
à  la  plupart  des  Ecrivains  qui  onc 
fait  mention  de  Flamel ,  d'examiner 
avec  attention  ce  que  Ton  en  racon- 
toit.  Sans  évaluer  fes  fondations , 
on  les  a  comptées ,  &  les  eftimant 
plus  confidérables  que  celles  même 
que  f ai f oient  les  Rois  &  les  Prin^ 
ces  ;  *  on  en  a  cherché  la  fource 
dans  des  moyens,  ou  oppofés  à  la 
probité  ,  ou  fi  extraordinaires  , 
qu'ils  tiennent  du  prodige. 

Quoiqu'au  fond  il  foit  afTez  peu 
important  de  favoir  fi  Flamel  a  été 
riche ,  ou  non ,   s'il    a  poflédé  la 

*  Lenglet  du  Frefnoy ,  Hiftoire  de  la  Philo« 
fophie  Hermcci^ue  ,   T,  i,  p^iî6, 

a  i) 


iv   AVANT-PROPOS, 

pierre  Philofophale,  ou  s'il  n'a  dû 
fa  fortune  qu'à  fon  travail  :  cepen- 
dant je  me  fuis  trouvé  engagé  à 
travailler  de  nouveau  far  ce  fait  hif- 
torique. 

L'Hiftoire  de  Flamel  n'étant  pas 
l'objet  principal  de  mon  ElTai ,  je 
ne  devois  pas  !a  traiter  avec  toute 
l'étendue  que  la  matière  le  compor- 
te. J'en  avois  dit  aflez  néanmoins 
pour  pouvoir  me  flatter  d'avoir  ré- 
pandu quelque  jour  fur  ce  que 
j'avançois  d'oppofé  aux  bruits  po- 
pulaires ;  on  a  même  paru  contenc 
de  mes  preuves;  *  mais  les  fuf- 
frages  n'ont  pas  été  unanimes. 
L'Auteur  de  l'Année  Littéraire  ** 
en  faii'aut  l'analyfe  de  mon  Elfai ,  a 
adopté  le  fentiment  d'un  favant  Bé- 

*  L'Auteur  du  Journal  Chrétien  dit  que  dans 
l'ElTai  ,  on  juflïfie  ■parfaitement  Flamel  au  fiijet 
des  accufdtions  faitts  contre  lui  ,  &  qu'il  paraît 
que  ce  Bourgeois  fut  un  très- honnête  homme  ,  qui 
ne  fut  pas  fi  riche  quon  l'a  dit  plufieurs  fois. 
Journal  Chrétien  mois  ,  de  Janvier  1759  ,  art. 
8  p.  95.  M.  de  Machy  tient  à  peu  près  le  rhém€ 
langage  dans  l'Edition  qu'il  vient  de  donner  des 
DilTertations  Chymiques  de  M.  Po:t. 

**  Année  Littciaiic,  Leiue  du  31  Novem- 
bre 17;  8. 


AVANT ^PP^OPOS.    V 

nédiclin  5  &ù  cQntredic  mes  vues  fur 
la  fortune  de  Flamel.  Depuis  on  a 
donné  l'opinion  de  ces  deux  Au- 
teurs ,  comme  vraifemblable  dans 
une  édition  que  l'on  prépare  d'une 
Defcription  de  Paris ,  dont  on  a 
bien  voulu  me  comaïuniquer  l'ar- 
ticle qui  me  regarde, 

A  ce  premier  motif,  qui  paroif- 
foit  demander  un  éclairciflemenr^ 
s'eft  joint  le  défir  de  perfonnes  avan- 
rageufemenr  connues  dans  la  Répu- 
blique des  lettres  y  &  pour  lefquel- 
les  toute  vérité  eft  précieufe.  Elles 
ont  penfé  qu'il  feroit  utile  de  faire 
connoître  à  fond  un  homme  auffi 
renommé  que  l'eft  Flamel ,  Se  que 
je  devois  mettre  dans  un  plus  grand 
jour,  ce  que  je  n'avois qu'ébauché 
dans  mon  Eilai. 

J'avoue  que  c'eft  avec  quelque 
peine  que  je  me  fuis  rendu  à  ces 
motifs.  Il  n'eft  rien  de  fi  rebutant , 
que  de  parcourir  d'anciens  titres , 
la  plupart  peu  intérefTans  par  eux- 
mêmes  ,  &c  prefque  toujours  très- 
difficiles  à  déchiffrer.  Une  fanté 

^ii) 


y]  AVANT-PROVOS. 

foible  m'en  faifoic  redouter  le 
travail  :  d'un  autre  côté  je  craignois 
d'importuner  de  nouveau  les  dépo- 
fîtaires  des  pièces  qui  m'étôienc 
néceflaires.  Je  m'y  fuis  enfin  dé- 
terminé. La  complailance  de  M. 
le  Curé  de  Si  Jacques  6l  de  Mrs. 
les  Marguilliers  3  m'a  procuré  des 
fecours  abondans  6c  précieux;  j'en 
ai  profité  avec  d'autant  plus  de  li- 
berté ,  que  mon  premier  Ouvrage 
ne  leur  avoir  pas  été  défagréable. 
Muni  des  différentes  pièces  que 
j'ai  trouvées  dans  le  tréfor  des  ar- 
chives de  St  Jacques,  j'ai  relu  avec 
la  plus  grande  attention  ,  toutes  cel- 
les que  j'avois  déjà  examinées;  je 
les  ai  difcuréesToigneufement  \  j'ai 
porté  la  même  attention  fin*  d'au- 
tres titres  que  je  n'avois  point  lus 
encore  ,  &;  en  conféquence  je  me 
fuis  mis  en  état  de  redifier  ce  qui 
pouvoir  manquer  d'exaftitudedans 
mon  premier  travail ,  &:  de  porter 
jufqu'à  la  démonftration  ,  ce  que  j'y 
ai  avancé  fur  le  bien  de  Flamel. 
.    Un  avantage  particulier  que  l'on 


AFANT^PROPOS,  vîj 

peut  retirer  de  l'Ouvrage  que  ja 
donne  aujourd'hui ,  eft  une  connoif- 
fance  allez  curieufe  de  plufieurs 
quartiers  de  Paris ,  tels  qu'ils  étoienc 
il  y  a  plus  de  3  co  ans.  On  la  trouve- 
ra dans  le  détail  de  difterens  en- 
droits où  étoient  fitués  les  biens  de 
Flamel,  Divers  titres  qui  forment 
des  pièces  juftificatives ,  imprimées 
en  entier ,  répandront  beaucoup  de 
lumière  fur  ce  fujet.  On  y  verra 
auifî  les  mœurs  &  les  ufages  du  tems 
où  a  vécu  Flamel.  Si  quelques  faits 
particuliers  font  préfentés  avec  une 
certaine  étendue,  on  fe  flatte  qu'ils 
ne  déplairont  pas  à  tout  le  monde  : 
il  eft  desfavans  &:  des  curieux  qui 
favenc  s'amufer  utilement  &:  asiréa- 
blementj  de  ce  qui  pourroit  paroître 
infpide  à  un  certain  nombre  de 
Lefteurs. 


tiij 


ff    mm  ^f;^  mtn    ^^-^i^r 


TABLE 

DES     CHAPITRES 

Canreniis  dans  ce  Volume. 
Avant-Propos. 


PREMIERE     PARTIE. 

Chap.  I.  'Y Dee  du  caractère  de  Flamet 
j£       6'  de  Pernelle  y       page  i 

II.  Du  mariage  de  Flamel  avec  Femelle^ 
Ils  s'apportent  du  bien  Vun  a  V autre ^r 
De  la  profejjlon  d'Ecrivain  au  tems  de 
Flamel ,  ^ 

ÎII.  Du  prétendu  voyage  de  Flamel  à 
Compojîelle  ,  1 5 

IV.  Fin  du  voyage  de  Flamel  ^  dates  qui 
fixent  fa  prétendue  découverte  ,        1  5 

V.  Flamel  fait  bâtir  une  arcade  des  Char- 
niers des  SS,  Innocens  ,  &  le  petit  por-^ 
tail  de  St  Jacques ,  J2 

VL  Flamel  &  Femelle  fe  font  un  don 
mutuel^  quils  renouvellent  plufieurs 
fois^  j^$ 

ViL  Ferndle  fait  fon  tejlament  ^  où  elle 


TABLEDESCHAP.    ix 

révoque  le  don  mutuel.  Elle  ordonne 
un  pèlerinage  à  Boulogne  fur  mer.  Elle 
rétablit  le  don  mutuel  par  un  codicille  i 

W 

VIII.  Mon  de  Femelle.  Fable  des  Al^ 
chymifies  à  ce  fujet.  Selon  eux  _,  Fia- 
mel  &  fa  femme  vivent  encore  ,       6) 

IX.  Procès  fufcité  à  FLimd  par  le  beau- 
frère  &  lafœur  de  Femelle,  Saijïe  des 
biens  de  la  fucceffion.  L'affaire  s'ac- 
commode  j  yi 

X.  Suite  des  affaires  de  V exécution  du 
teftament  de  Femelle.  Confiance  que 
témoignent  a  Flamel  fes  Affociés  dans: 
cette  exécution  ,  S 2 

XI.  Du  Compte  rendu  par  les  Exécu- 
teurs du  teflament  de  Femelle  ,  &  du 
bien  que  poffédoient  enfemble  les  deux 
Epoux ,  S 8 


SECONDE     PARTIE. 

Chap.  I.  T^Lamel  fait  élever  unefe- 
JP  conde  arcade  aux  Char- 
niers  des  SS.  Innocens.  Des  hiérogly- 
phes qu  on  lui  attribue^  loi 

II.  Suite  des  hiéroglyphes  attribués'  à 
Flamel  y  i  i  5 

m.  Suite  des  bâtimens  élevés  par  Fla- 
mel ^  \S4 


t  T  A  é  L  Ë 

iV.  Des  maifons  acquifes  ou  bâties  par 
Flamel ,  1 42 

V.  Suite  des  maifons  acquifes  par  Fla- 
mel, 15! 

VI.  Taxe  impofée  fur  les  habitans  de 
Paris,  Vîfite  que  Von  prétend  avoir 
Clé  rendue  à  Flamel ,  de  la  part  du 
Roi ,  1  /j 

Vil.  Procès  que  Flamel  intente  ,  &  ne 
finit  point.  Sa  mort^  180 

VIII.  Du  tcflament  de  Flamel^        \86 

IX.  Suite  du  tejlament  de  Flamel,      ipy 


TROISIEME     PARTIE, 

Chap.  I.  T?^^  de  l'exécution  dutefla- 
jL        ment  de  Femelle,    20 j 

II.  Saifie  des  biens  de  la  fucceffion  de 
FlameL  Commencement  de  F  exécution 
de  fon  tefiamenî ,  2 .1  / 

m.  Fin  de  l" exécution  du  tefiament  de 
FlameL  affaire  &  tranfucîion  entre 
quatre  Légataires,  22'/ 

IV.  Les  premiers  Exécuteurs  du  tefti- 
ment  de  Flamel  inquiétés  j  on  leur  fuf 
cite  un  procès  criminel^  233 

V.  E  clair ciffement  fur  le  bien  que  Flamel 
a  laijfé  en  mourant ,  24s 

Vi.  Relevé  des  recettes  du  bien  de  Fla- 
mel y  &c.  466 


DES    CHAPITRES,   kj 


pièces  tirées  des  Archives  de  laParoiffe 
de  St  Jacques  de  la  Boucherie ,  rela- 
tives à  THiltoire  de  Nicolas  Flamel 
&  de  Pernelle. 

I.  T^Oj^  mutuel  fait  entre  Flamel  & 

JuJ     Pernelle^  2ço 

IL  Aclede  renouvellement  du  don  mutuel  <t 

&C.  2ÇJ 

III.  Ratification  du  don  mntuel ^      2ç^ 

IV.  Tefiament  de  Femelle  ,  2ç/ 

V.  Codicille  de  Pernelle  ^  304 

VI.  Quittance  donnée  par  Jean  Ferier 
&  Ifabelle  fœur  de  Pernelle  y         307 

VU.  Sentence  du  Châtelet  y  qui  charge 
flamel  de  prendre  les  foins  néceffaïres 
pour  V ace omplïffe ment  du  tefiament  de 
fa  femme  t  308 

VIII.  Compte  de  V exécution  du  tefiament 
de  Femelle^  314 

IX.  Vente  de  78  livres  ^  fols  de  rentes , 
faite  à  N,  Flamel  y  328 

X.  Acle  contenant  la  déclaration  des  biens 
dont  Vufufruit  fut  laiffé  à  Flamel ,  34^ 

XI.  Acle  d'amortiffement  d^une  maifon  ^ 
donné  à  iV.  Flamel  par  le  Prieur  & 
le  Couvent  de  S t  Martin  des  Champs  ^ 

3S4 

XII.  Sentence  du  Chàtelet  de  Paris  y 
qui  donne  main-levée  à  la  Fabrique  de 


xij  TABLE   DES   C  H  A  P. 

St  Jj-cques  dd  la  Boucherie  ,  de  la/ai- 
fie  faite  fur  Ls  biens  de  la  fuccejfion 
de  N.  F  lame  l^    '  3S9 

XIII.  Sentence  du  Châtelet  &  contrat  en- 
tre VEglife  de  Paris  ,  V Hôtel-Dieu , 
S  te  Geneviève  la  petite ,  &  la  Fabrique 
de  St  Jacques^  &c,  361 

XIV.  Acle  du  Commiffaire  Andry  le 
Preux  5  pour  un  des  comptes  de  Vexé^ 
cution  du  tefamentdeN.  Flamel  ^  sjo 

XV.  Lettre  des  Officiers  de  r Hôpital  des 
Quin-^e-Fingts  j  &c,  sjj 

XVI.  Tranf action  faite  entre  la  Fabri- 
que de  St  Jacques  (S'  V Hôpital  des  Quin- 
le-Fingts,         ^  ,  ,     -^^-^ 

XVI I.  Extrait  qui  contient  le  cérémonial 
autrefois  ohfervé pour  les  obits  fondés 
par  N,  Flamel  ^  ^SS 

Addition  pour  la  page  37 ,  5*  autres  ad-* 
ditions  &  corrections^         '  jpr 


Fin  de  la  Table  des  Chapitres. 


HISTOIRE 


HISTOIRE 

C  RITIQ UE 

DE  NICOLAS  FLAMEL 


£  T 


DE  PERNELLE  SA  FEMME 


PREMIERE  PARTIE' 

CAPITRE    PREMIER. 

Idée  du  caraclere  de  Flamel^    &  de 
Perndle, 

r^'^îtW  ^  "^  \\o\x%  a  pas  écé  pofîîble  de 
^â  I  fyp  découvrir  avec  cercicude  i  ori- 
g^  p^  gine  iSi  le  lieu  de  la  nailfance 
&^s^  de  Nicolas  Flamel.  Les  ades 
qui  concernent  cet  homme  fameux  , 
quoiqu  en  grand  nombre  â  S.  Jacques 


1      Histoire    Critique 

de  la  Boucherie  ,  ne  donnent  cependant 

aucune  lumière    fur   ces   deux    objets. 

la  Croix,  Quelques  Auteurs  ont  écrit  qu'il  étoic 

^autreT'^  de  Poutoife,  &c  une  fignification   faite 

vers  1452  à  un  habitant  de  cette  Ville  , 

au  fujet  d'une  rente  de  la  fucccffion  de 

Du  corn-  ce  bourgeois  ,  pourroit  favorifer  cette 

L'i-irtor  opinion.   Peut-être   Flamel    étoit-il  ne 

Si.  dans  le  fauxbourg  de  la  ville  de  Pontoi- 

fe  fur  la  ParoiiTe  de  Notre-Dame  j  Hgli- 

fe  a  laquelle  il  a  fait  un  don  par  foii 

Tef^.iment  teftament. 

à'^i/if "de      Quoi  qu'il  en  (oh ,  Flamel  a  demeure 
lEiui  fui  dans  Paris ,  ou  route  fa  vie,  ou  la  phïs 
s. 'jl'cques  grande  partie.  Il  prend  dans  les  ades  flnrs 
p^.  iSi.    en  fon  nom  la  qualité  de  bourgeois  de 
cette  capitale  :  il  y  ajoute  toujours  celle 
d'Ecrivain  ,  de  enfin  ,  mais  fort  tard,  on 
le  trouve  qualifié  Libraire  Juré  en  l'Uni- 
verfité  de  Paris.  Quanta  Pernelle  fa  fem- 
me, nous  ignorons  le  lieu  de  fa  nailfan- 
ce  &  quels  croient  (es  parens  :  elle  pou- 
voir erre  née  à  Paris  ,   ayant  une  fœur 
établie  dans  cette  Ville ,  &c  s'y  étant  elle- 
même  mariée  deux  fois  avant  que  d'é- 
poufer  riamel. 

Ces  deux  époux  croient,  ce  fembîe  , 
parfaitement  afiortis  par  l'amour  du 
riavaii,  ôz  par  ur.e  piété  dans  le  goût 
de  leur  fiecle  ;  ii  cependant  on  n'ar- 
pcrçoit  pas  quelque  chofe  de  plus  du 
coré  de  tlamel,  par  rapport  à  cette  der- 


D  E    N  I  C  O  t  A  s    F  L  A  M  î  L.  5 

ïilere  qualicc.  Les  pièces  que  nous  avons 
f^mblenr  découvrir  que  i'cpouie  écoic 
fo ucenue  par  Je  mari ,  que  celui-ci  i  ani- 
moic ,  ôc  que  Ci  d'elle  -  même  elle  étoic 
adive  &  laborieufe ,  elle  lui  dut  les  dif- 
poiîcions  pieufes  qu'elles  a  Uires. 

Le  mari  ik  la  femme  aimoienc  à  pa- 
foîrre  -,  mais  avec  quelque  di-féreiice  dans 
ce  goiic.  La  feuimefemble  avoir  vécu  en 
bonne  bourgeoife.  On  lui  voit  deux  va- 
lets ;  les  avoic-elle  tous  deux  ensemble  ? 
il  y  auroit  lieu  de  le  croire  par  la  maniè- 
re dont  ils  font  nommés  dans  Ton  cella- 
menr.  Avec  cela  une  garde  -  robe  alTez 
fournie  pour  un  temps  où  le  luxe  de  no- 
tre âge  écoic  inconnu.  Elle  avoit  con- 
tradé  des  dettes  appellées  dans  un  aâre  , 
les  cUmis  &  dettes  d*icelle  feue  Femelle, 
C'étoit  peut-être  l'effet  de  fes  dépenfes 
trop  fortes. 

Après  la  mort  de  Pernelle  ,  Flamel 
vécue  dans  un  autre  goût  :  plus  concen- 
tré chez  lui  avec  fa  fervanre  ALir^uerite 
la  Quefnelj  &  peut-être  Collette  fille  de 
cette  domeftique,  il  s'occupa  fans  dou- 
te a  fe  mettre  en  étac  d'w-xécuter  (es 
pieux  projets.  A  en  juger  par  le  bien  qui 
fe  trouva  a  la  mort  de  fa  femme  ,  &  par 
celui  qu'il  a  lailTé^ou  auquel  il  avoir  droit, 
il  devint  plus  riche  pendant  fon  veuva- 
ge. L'œconomie  plus  grande  alors  & 
un  travail  alîldu   furent  pour    lui  une 


4       Histoire    Critiqub 
mine  abondante  -,  il  en  rira  non  feule- 
ment de  quoi  augmenter  fes  acquittions, 
mais  auffi  de  quoi  fournir  aux  batimens 
qu'il  éleva. 

Tour  ce  qu'il  fit  eut  pour  objet  la  reli- 
gion. Il  femble  que  fon  extérieur  annon- 
çoit  la  plus  grande  (implicite.  Sa  ftatue 
qui  ctoit  à  fainte  Geneviève  des  Ardens, 
paroîr  le  montrer  tel  :  c'eft  ce  qui  le  fai- 
foit  aimer.  Ilétoit  doux  dans  le  commer- 
ce de  la  vie  5c  peu  difficulrueux  dans  Ces 
acquittions.  Peut-ctre  auflîfon  extérieur 
(impie  couvroit-il  un  peu  de  finelTe  :  il  m'a 
femblé  en  appercevoir  quelques  traits  j 
ie  Lecteur  en  jugera. 

Tandis  qu'il  étoit  modefle  chez  lui  , 
mangeant,  dit-on  ,  fur  de  la  vaillelle  de 
terre  des  chofes  très  -communes,  il  a 
éclaté  par  beaucoup  d'œuvres  extérieu- 
res :  elles  ont  fait  fa  réputation  ,  même 
de  fon  vivant  :  n'a-t-elle  pas  été  bien  au 
de-la  de  fes  vues? 

Flamel  penfoit-il  que  quelques  bati- 
mens <^  fon  tellament  l'établireient  l'un 
des  plus  fameux  Philofophes  herméti- 
ques ?  Il  a  trouvé  une  place  éclatante 
dans  cette  claiîe  :  l'a-t-il  méritée  :-  a-r  il 
cherché  ôc  trouvé  l'admirable  &:  envié 
fecret  de  rranfmuer  les  métaux  en  or  ? 
C'ell:  ce  qui  ne  paroît  pas  croyable.  Trop 
riche  pour  avoir  travaillé,  pendant  plus 
de  vingt  -  quatre  années,  a  un  œuvre  où 
Ton  fe  ruine  infailIibiemeaCj  iQrfqu'on. 


DE  Nicolas  F  LAMEt.  5 
tie  réuirir  point ,  il  ne  fut  pas  d'ailleurs  af- 
fez  opulent  pour  qu'on  puifle  le  foupçon- 
ner  d'en  avoir  polfédé  le  fecrec. 

Cependant,  quand  j'ai  du  dans  l'EfTai 
fur  riiiftoire  de  la  Paroilfe  de  faint  Jac- 
ques de  la  Boucherie,  quil  ne  faut  pas 
chercher  la  four  ce  des  rlcheffes  de  Flamel 
dans  la  fable  de  la  tranfmutation  des  mé^ 
taux  en  cr  \  je  n'ai  pas  prétendu  nier  ce 
que  penfent  des  perfonnes  au  fait  de  la 
cliymie  ,  qu'il  pourroit  n'être  pas  im- 
polîible  de  réuflir  dans  cette  opération. 
Ainfi  j'écarte  de  cette  expreflion  un  fens 
abfolu.  Mais  ce  que  j'ai  cru  pouvoir  trai- 
ter de  fable,  c'efl  que  Flamel  fe  foit  ap- 
j>liqué  5  pendant  un  fi  grand  nombre 
d'années ,  d  la  recherche  de  la  pierre  phl- 
lofophale  :  c'efl:  que  cette  recherche  lui 
ait  réuflfî  de  la  manière  dont  on  le  lit 
dans  le  traité  qui  contient  l'explication 
des  figures  que  l'on  voit  à  une  arcade  à^^ 
charniers  des  Innocens  :  c'efl:  encore  que 
ce  traité  foit  une  prodiiclioa  qu'il  ait 
mife  au  jour;  paroi  (Tant  très-clair  ,  au 
contraire ,  que  ce  livre  efl:  un  Roman  fait 
après  coup  par  quelqu'Alchymiite ,  qui  , 
pour  faire  valoir  un  ouvrage  hermétique 
de  fa  façon ,  aura  profité  de  la  réputa- 
tion que  les  richefles  prétendues  immen^ 
fes  de  Flamel  lui  avoient  acquife. 

J'efpere  que  les  faits  que  j'ai  pu  re- 
cueillir d'une  multitude  d'A(5tes  ^  d« 

Aiij 


6  Histoire  Critique 
comptes  rendus  après  la  niorr  de  Flamel, 
Ôc  encore  de  recherches  difFérenres ,  don- 
neront lieu  de  conclure  que  toutes  les 
perfedtions  que  lui  attribuent  difFérens 
Auteurs  qui  ont  écrit  beaucoup  de  tempa 
après  lui ,  /  uteuts  qui  le  qualifient  Foc- 
re.  Peintre,  Mathématicien  ^  Architec- 
te, &  enfin  grand  Alchymifte  ;  que  tou- 
tes ces  qualités  ,  dis- je  ,  s'évanouiront  en 
examinanr  de  près  l'Ecrivain  5  de  que- 
Nicolas  Hamel  j»  a  la  lumière  de  tant  de 
pièces,  ne  paroirra  qu'un  homme  peut- 
crre  un  peufinguller,  mais  d'ailleurs  fore 
ordinaire» 


CHAPITRE     II. 

Du  mariage  Je  Flamel  avec  Femelle  i  iU 
5^dpport€7-.t  du  bien  V  un  à  Vautre.  De, 
la  prcfcjjlcjî:  d'Ecrivain  au  temps  de 
FlameL 

FLamel  éroir  intelligenc  dans  le  ma- 
nien:enc  de  fes  nfî-aires  ;  Térat  d'ai- 
f'ance  où  il  parvint  en  dï  la  preuve.  Jeu- 
ne &  adroit  ,  il  fçut  fe  ménager  pour 
époufe  Perneîie ,  qui ,  quoique  déjà  d'un 
c€rt?in  âge  ,  &  veuve  de  deux  maris  , 
étoit  riche  ,  ou  du  moins  ai  fée  pour  fon  ' 
temps  ^  pour  fon  état.  Aucun  Àde  ne 
nous  indique  Tannée  dans  laquelle  ces 
deux  époux  contractèrent  leur  mariage  ; 


H 


DE  Nicolas  Fla  M  EL.  7 
il  fembie  cependanr  qu'en  1 371  il  ne  de- 
voir pas  y  avoir  long-remps  qu'il  fiifTent 
mariés.  Un  don  murueljqiii  eftla  premiè- 
re des  pièces  qu'ils  nous  ont  Liirées  ,  (.:) 
dit  que  le  don  ell:  fait  h  caufe  des  grands  & 
agréables  fervices  que  V un  apvorte  à  Vau- 
tre  j  depuis  la  celé  h  ration  de  leur  mariage  , 
& foneàpréfeîit.  Mais  en  l'année  i  3  8f> , 
lin  autre  Adle  qui  renouvelle  ce  don  , 
porte  qu'ils  le  le  tont ,  parce  qu'ils  conf^^ 

derent  les  grands   biens fervicts  , 

que  par  longtemps  ils  ont  fait  l'un  à  Vau- 
tre, Plus  de  treize  années  s''étoient  écou- 
lées depuis  leur  premier  A6le  :  aufTî  dans 
le  fécond  parlent-ils  d\in  longtemps ,  à 
la  différence  du  premier. 

Flamel  &:  Pernelle  ,  en  fe  mariant  , 
mirent  en  communauté  les  biens  qu'ils 
poiTédoienr.  Il  falloir  ,  quoi  qu'en  dîfe 
l'Auteur  de  l'Année  Littéraire  ,  Qu'ils  leu  xi. 
fuffenc  affez  confidérabies.  C'éroient  des  t^l^^'""' 
biens  meubles  &  conques  immeubles  qu'ils 
avoient^  difent-ils ,  acquis  avant  leur  m.a- 
riage  &  durant  icelui,  Pernelle  apporta  à 

{a)  Le  don  eft  du  7  Avril  I  ni ,  avant  Pâques 
Fleuries ,  c'eft-à-dire  ,  félon  notre  manière  pré- 
fente  de  compter  3  1375 ,  parce  qu'alors  l'année 
civile  commençoit  a  Pâques.  Comme  dans  la 
fuite  je  dois  citer  pluficurs  dattes  pareilles  a  celle- 
ci,  j'avertis  qu'ordinairement  après  l'année  éta- 
blie dans  les  Actes  où  fe  trouvent  ces  dattes,  je 
mets  le  chiffre  de  l'année  qui  la  fuit, année  qui  eft 
la  véritable  par  rapport  à  nous.  Ainli  j'écris 
i3^7-y8,  140^-7  &c» 

A  lii; 


8       Histoire   Critique 
Cu  don   f^n  mari  le  fruit  de  {qs  travaux  ôc  de  feJ 

miuucl   de    ,  .  ,  ri  1       . 

1371.  denx  mariages  precedens.  riamel,  jeu- 
ne, laborieux,  économe  ,  y  joignit  le 
produit  de  fes  foins  intelligens  ôc  de  fon 
indu'b  ie  dans  fon  Art» 

L'Arc  de  TEcriture  ,  bien  loin  d'être 
Teff.  yi.  un  métier  peu  lucratifs  comme  le  dit 

^Ag.  150.  p^Lifg^r  de  la  lettre  que  je  viens  de  ci- 
ter ,  devoir  alors  être  avantageux.  Sans 
répéter  le  peu  que  j'ai  écrit  fur  ce  fujet 
dans  lElfai ,  il  iiiffit  de  faire  attention  aux 
feules  écritures  nécelfaires  pour  le  cours 
de  la  Jurùce  ^  Mémoires  ,  Requcres  , 
comptes ,  6<:c  :  combien  maintenant  cer- 
tains Imprimeurs  ne  font-ils  pas  emplo- 
yésjquand  les  affaires  fe  fuivent  avec  cha- 
leur dans  les  Tribunaux  ?  Toutes  ces  pie- 
ces  étoient  portées  chez  les  Ecrivains  y 
qui  fouvent  en  rendoient  des  copies 
multipliées  ;  nombre  d'articles  fpécifiés 
dans  les  anciens  regiftres  comme  payés 
aces  Ecrivains  ,  en  font  foi.C'étoit  donc 
pour  eux  un  moyen  de  profiter  :  ajourez  à 
cela  les  autres  branches  de  leur  profef- 
iion  ,  comme  copies  de  livres  ou  autres 
pièces  d'écritures  pour  le  grand  nombre 
des  particuliers  qui  ne  fçavoient  pas  ma- 
nier la  plume. 

Aufîi  l'Ecrivain  dont  il  s'agit  n^étoit  il 

pas  le  feul  qui  eut  du  bien.  Il  y  en  a  voit 

ElJ.KiAf:.  d'autres  qui  étoient  à  leur  aife  ,  (În:  mè- 

t^  m8.      me  riches.   J'ai  parlé  dans  l'Elfai  d'un 

Jean  Harengier  ,  qui  échangea  avec  la. 


DE  Nicolas  Flamei.       9 
Fabrique  de   faint    Jacques  fa   maifoii 
de  la  rue  du  Porche  ,  pour  une  autre  , 
qui  faifoic  un  des  coins  de  la  rue  Mari- 
vaux ,  vis-a-vis  celle  de  Flamel.  J'ajoute    De  udé- 
feulement  à  celui-là  un  Anfel  Chardon  ^^^^^ 
aifez  norable  fur  la  ParoiiTe  de  faint  Jac-  Pe.ndken 
ques  pour  en  être  Marguillier.  Celui-ci  ^''^* 
achera  de  même  une  maifon  dans  la  rue 
des  Ecrivains. 

On  avoir  alors  un  rel  befoin  de  ces 
Arrives ,  que ,  non-feulement  il  n'efl:  pas 
étonnant  qu'ils  devinifent  aifés,  mais  en 
même -temps  d'une  claile  fupécieure  à 
celle  des  Ecrivains  de  nos  jours.  Leur 
pioFetiion  fermoir  ce  que  l'on  appelle  un 
état.  Flamel  ôc  Pernelle  fe  donnent  l'un 
à  l'autre  leurs  biens ,  pour  avoir ,  difent- 
i\s,  fiz  vie  honnêtemejiî  félon  fan  état  : 
ils  repréfentoient  donc  en  quelque  for- 
te dans  Paris.  Il  efl  vrai  que  rlamel  feul 
a  éclaté  parmi  eux  y  mais  c'a  é:é  par  une 
conduite  qui  lui  a  été  particulière,  &  fa 
réputation  ne  furprend  plus  ,  quand  oa 
le  fuit  dans  fes  actions. 

Flamel  &  Pernelle^unis  par  le  mariage 
avec  »n  Çonàs  peur-être  alfez  confidérable 
pour  leur  temps,raugmenterent  journel- 
lement. Dieu  répandit  une  abondante  bé- 
nédidtion  fur  un  travail  aflidu  ,  dont  on 
projittoit  de  lui  confacrer  les  fruits.  Le 
détail  des  acquiinions  d'une  multitude 
de  petites  rentes  que  nos  Ecrivains  conf- 

Âv 


10  Histoire  Critique 
titiiererit  enfemble  ,  nous  manque  -y  a 
.  quelques-unes  près  tuur  eft  perdu  ,  ou  a 
été  en  pnrcie  renibcutfé.  Les  contrats  de- 
venus mu  iles ,  ont  été  détruits.  C'étoit 
a  Tachât  de  ces  rentes  que  ces  époux  pré- 
voyons emp;oyeient  ce  qu'ils  gagnoienr.. 
Ils  tirent  auffi  cnfeniblc  quelq-ties  bâti- 
mens  5  leur  ufage  parriculier  ,  &c  des 
oeuvre^  pies  en  hirent  l'objet. 

Leur  premier  foin  ,  ce  femble ,  fut  de. 

fe  loger  chez  eux.   Une  échope  ôc  une 

maifjn   leur  ét'-'ient  néceflnires -,  ^  le 

quartier  où  les  Ecrivains  étoient  venus 

P'ôye^     habiter  ,  leur  Fournit  les  emplaxremens 

^' f'  '^  '  dont  ils  avoient  befoiR.  \irte place  vu:-- 

de  ,  (ifuée  d  un  dts  coins  de  la  rue  Mari- 

Ducomp-  vaux  5  fe  préfenta  ;  îlamel  &c  fa  femme 

c-il:  tel-  l'achetèrent ,  &:  la  couvrirent  d'un  bâti- 

tam.  de     ment,  j'ai  décrit,  dans  notre  EfTai    fur 

iaint  Jacques  ,   les  grrivures  6:  les  mi- 

eriptions  que  Flamel  ht  mettre  fur  les 

-gjf.f.i^u  faces  de  fp.  maifon  ,  du   moins   ce  qui 

en  a  fubfillé  jafqu'en  l'année  1756  :   on 

peut  y  recourir». 

Ces  gravures  ,  ou  égratignuresfur  la 

pierr-e  comme  les  appelle  Sauvai  ,   &  ces 

infcriptions ,  étoient,  difent  les  Alchy- 

miirtes ,  àQS  (ignés  myftérieux  par  lèfquels 

Tréforde  Flamel  apprenoit  à  ceux  qui  étoient  au 

Recher-      £^if    f^  cmalîcé  iTAde^tc.  C'eft  ainh  ,  au 

cnes  ,  pag  j     n         1  1     r  ^ 

%-j6.  Edit.  rapport  de  iiorel ,  qu^-  le  rameux  jacques 
de  I6JÎ.    Coe^J;  ^   devenu  fi  puifTant  fous  Char- 


DE  Nicolas  Fla  me  t.  1 1- 
hs  VU,  nu  moyen  j  dit-on  ^  du  grand 
fecrer  que  Raymond  Lulle  lui  avoir 
appris  ,  chargea  de  figures  hiérogly- 
phiques les  bâtimens  qu'il  hc  élever. 
Quelles  qu'aient  été  les  figures  qui  fe 
voyoient ,  ou  qui  fe  voient  encore,  foie 
à  Bourges ,  où  étoir  la  mai.fon  de  Jacques 
Cœur,  foit  à  Montpellier,  çAy  Sic-on  , 
il  a  fait  bâtir  la  loge  ;  celles  que  nous 
avons  vues  à  la  maifon  de  Flamel  étoienc 
dQs  images  de  dévotion  ren  quoi  il  a  fui- 
vi  5  6(:  fa  piété ,  êc  un  goût  qui ,  ce  fem- 
ble ,  ne  lui  a  pas  été  particulier ,  mais 
fur  lequel  on  peut  dire  qu'il  a  enchéri. 
Les  inlcriptions  éroient  aulfi  toutes  dé- 
votes :  exceptons  cependant  le  petit  dif- 
tique  qu'il  avoit  peut-être  copié  au  Pa- 
lais,  où  on  lelifoit  auprès  de  la  Itatue 
d'Enguerrand  de  Marigni.  J'ajoute  a  ce  Corrofit 
que  j'ai  dit  de  ce  diftique  dans  rEifaijque  éS  de  ca- 
V'Ecrivain  ,  qui  vraifemblablement  bâ-  i;«cCo:ro- 
tilToit  peu  d'années  après  fon  mariage  , 
fe  voyant  envié  par  fes  confrères  ,  vou- 
kr  leur  fermer  la  bouche  de  leur  dit  : 

Chacun  foit  content  de  fes  biens  j 
Qui  n'a  foufntance  ,  il  n'a  riens. 

Le  peu  d'étendue  de  h  maifon  an 
coin  de  la  rue  Marivaux  où  éroient  les 
veiH^es  de  la  dé\-orion  Se  du  sont  de  l'E- 
erivain^a  embarraué,  comme  il  ieparoir, 
TAuteuc  de  l'Année  Littéraire  ,  puif- 

A  vj 


12  Httoire  Critique 
qiiM  l'appelle  ,  ma'ifon  très-peu  propre  k 
loger  cUs  penjlonnaires  ,  &  des  penfionnai^ 
teft  rr  ^^^fi^^  ^^  Seigneurs  de  la  Cour,  Mais  ,  ôc 
fa^.  151.  la  claire,^  la  pcnfion  chez  ce  Maître  d'é- 
ciirure  ,  font  un  fait  q,iie  l'an  ne  peut 
nier  :  des  aétes  autennques  le  prouvent. 
Cet  homme  avoir  donc  une  place  fufîi- 
fante  pour  contenir  Tes  élevés  j  &  lui  , 
qui  fe  contentoi:  d'un  réduit  de  deux 
pieds  &  demi  de  long  fur  deux  pieds  de 
le-^ ,  [a)  pouvoir  Te  contenter  auffi  de  la 
maifon  dans  l'érendue  où  nous  la  voyons» 
Cependant  voici  quelque  chofe  de  plus 
fatisfaifant  fur  cet  article. 

Ce  que  nous  appelions  aujourd'hui  la 
maifon  de  Flamel,  au  coin  occidental 
de  la  rue  Marivaux,  &  de  celle  des  Ecri- 
vains ,  ne  forme  qu'une  moitié  de  ce 
qu'il  habitoit.  Après  la  mort  de  Flamel  _, 
lorfque  l'on  mit  fin  à  l'exécution  du  tef- 
tament  de  la  femme ,  la  maifon  fut  par- 
tagée par  les  exécuteurs  des  deux  tefta- 
mens  :  on  en  forn^a  deux,  où  il  y  eue 
deux  enfeignes.  L'une,  celle  du  coin  ,., 
refta  fous  l'enfeigne  de  la  fleur  de  lis  ;  on 
mit  à  l'autre  l'image  de  fai'-'t  Nicolas. 
Voilci  ce  qu'apprennent  les  titres  ,  de  ce 
qui  doit  fatisfaire  le  critique  :  il  voit  que 

{a  )  L'Aureur  de  î-^  letrre  me:  fur  mon  compte 
ce  que  je  dis  daiis  Tlilai  de  I  creiici-je  qu'avoicnt 
h?,  cchrppcs  de  Flan  e].  J'ai  cependant  eue  Sau- 
Yal  de  qui  je  l'ai  pri' .  C'cftau  rome  troifiemc  de. 
cet  Auteur,  page  1^7.  Voyez  ILifai  page  ?<?. 


sï  Nicolas  Fiamei.  i^ 
Flamel  devoir  être  au  large  dans  fa  claf- 
fe,  &  que  (es  penfionnaires  pouvoienc 
refpirer  chez  lui. 

Avoic-il  parmi  fes  élevés  des  fils  de 
Seigneurs  de  la  Cour  ,  comme  veut  bien 
les  appeller  TAuteurde  la  leurre  r  Pour- 
quoi n'en  auroir-il  pas  eu  r  Les  Seigneurs , 
au  remps  de  Flamel ,  ne  commençoient- 
ils  pas  à  revenir  de  la  fotre  afteclanon  de 
ne  fçavoir  pas  manier  une  plume  ?  Ce 
qu'on  lit  dans  un  adte  que  j'ai  déjà  ciré  ,  LeComp. 
éi  qui  m'a  donné  lieu  de  parler  comme  f^e  l'excca- 

.,/.-.          ,   ^        ,y,  j     n  11        tion  rcft.de 

je  l  ai  rair,  c  elt  qu  a  ia  mort  de  rernelle ,  perneiie. 
des  gens  de  Cours  ou  Cour  (  car  certe  dic- 
tion elt  fynonime  ,  félon  les  PP.  Béné- 
dictins ,   Auteurs  de  la  Diplomatique  ,     Bit;Um. 
{a))  dévoient  à  Flamel,  &  qu'il  n'en  g^^'  ^'^' 
éroit  pas  payé  :  <f>:  u  l'on  ne  veut  point 
que  ce  foir  pour  àts  leçons  que  l'Ecri- 
vain auroit  données  à  leurs  enfans  ,  ce 
fera  ,  au  moins  ,  par  l'occupation  q^e  zes 
gens  de  Cour  ou  Seigneurs  lui  auront 
fourni  par  des  pièces  d'écriture. 

Les  deux  époux  tirenr  auffi  enfemble 
l'acquifition  de  leur  double  échoppe   : 

{a  )  Les  mêmes  Auteurs  difent  que  les  lettres  ih'ui, 
At  Caur  ou  (ie  Cours  ne  fe  ^iltinguoicDc  pas  de 
l'écriture  employée  par  les  Officiers  des  Tribu- 
naux. On  voit  par  la  remarque  de  ces  fçavans 
Auteurs,  une  différence  enrre  Cofirs  &  'jribu- 
na.r:x  y  Se  ainil  qu'on  doit  entendre  par  les  gen^ 
de  Cour  déhgn>s  dans  l'inventaire  de  Pernelle  , 
des  gens  attachés  à  la  Cour  du  Roi ,  des  gens  dé  ■ 
Cour,  comme  nous  parlons  aujourd'hui. 


«4  Histoire  Critique^ 
peut-être  commencèrent- ils  par  fe  pour- 
voir de  ces  petirs  attelliers.  J'en  ai  aifez- 
parlé  dans  l'eifai.  Le  Critique  Littéraire 
nppeUe  baraque  ce  petit  bdriment  lolide  : 
qu'on  lui  donne  ce  nom  ,  peu  importe. 
J'ajoute  que  fa  forme  (3c  fon  peu  d'éten- 
due fembient  avilir ,  foit  notre  Ecrivain  , 
foit  fes  confrères,  qui  en  nvoient  de  pa- 
reilles. Mais  en  même-temps  on  voit , 
eefemble,  que  c'eft  ainfi  qu'ont  com- 
mencé ces  anciens  Ecrivains. 

Lorfque  l'écriture  celfa  d'être  cultivée , 
de  telle  forte  même  q^ie  l'ignorance  de  cet 
Artétoir  devenue  une  marque  de  no- 
bleiïe ,  àts  hommes ,  que  ce  point  d'hon- 
neur ne  touchoit  pas ,  trouvèrent  dans  le- 
talent  de  l'écriture  une  redource  avanta- 
geufe  pour  leur  fubiillance.  Plus  étoic 
négligé  d'ailleurs  un  axr  (i  important  y 
plus  ceux-ci  devinrent  néceffaires  :  & 
voulant  s'offrir  au  Public,  ils  fe  placèrent 
fans  doute  dans  des  endroits  apparens  , 
dans  des  embrafu  tes  vu  ides  ,  comme 
ceux  qui  fe  logèrent  entre  les  piliers  de 
TEglife  de  faint  Jacqi^es  ;  ils  choi firent 
des.  recoins  allez  grands  pour  contenir 
leurs  bureajix.  L'ufage  s'établit  ,  ^  le 
peuple  s'a.coufuma  a  les  y  chercher. 
L'exciV'pîe  de  1  lamel ,  &  celui  que  nous 
fournilîent  d'autres  Ecrivains,  montrent 
que,  quelque  riches  qu'ils  devin (Tent  , 
Us    conferyoienc   toujours   ces   places. 


DE  Nicolas  F  t  a  m: e  t.  i  j 
L'échoppe  éroit  l'enfeigne  de  l'Ecrivain  , 
le  lieu  où  l'on  indiq^uoit  fa  demeure  ,  s'il 
n'y  éroic  pas.  A  fa  place  quelqu'aide  y 
parailfoit ,  tandis  que  le  travail  principal 
fe  faifoit  dans  les  bureaux  établis  dans  la 
fiiaifon. 

C'eil  la,  ce  femble  ,  la  manière  do- 
concilier  le  féjour  de  Flamel  dans  fa  ba- 
raque ,  avec  la  clalfe  &  la  penfion  qu*it 
tenoit  chez  lui.  Le  Critique  dit  qu  il ejl 
bien  difficile  dele  faire.  Mai^  puifque  Fia-  z.  fr^i^^ 
mel  a  confervé  fon  échoppe  pendant  tou- 
te fa  vie ,  il  falloir  bien  qu'il  en  fît  ufage , 
&  qu'à  l'exemple  de  fes  confrères  il  ne 
rougît  pas  de  s'y  montrer.  Pernelle  ,  Ci 
elle  fe  méloit  de  ce  travail,  pouvoir  à 
fon  tour  remplir  la  place.  Leurs  aides  oU' 
Clercs  ,  comme  un  certain  Mangin  y 
nommé  d'ans  le  reitament  de  Pernelle, 
fuppléoient  a  leur  abfence  -,  ils  fe  re- 
noient ôc  écrivoient  dans  ce  petit  bu- 
reau 5  qu'il  éroic  important  de  ne  pas 
abandonner. 


CHAPITRE     î  I  L 

Dm  prétendu  voyage  de  Flamel  à- 
Compofielle, 

FLamel  &  Pernelle  s'occupoient,  foîr 
à  conferver  le   bien  qu'ils   avoient 
acqiiisi  avant  leur  mariage.  &  depuis ,  foie 


i(j  Histoire  C  r  i  t  i  <i u  r 
à  en  acquérir  encore  par  leur  bonne  dili^ 
gencc.  Ils  gagnoient  fans  doute  ,  &  n'a- 
yant point  d'enfans  ,  ils  penferenc  à  fe 
favorifer  l'un  Tautre  pat  un  don  mutuel. 
Les  deux  époux  firent  cet  acte  en  1371- 
75  :  je  Tai  déjà  indiqué;  mais  je  remets 
d  en  parler  au  long,  lorfque  nous  nous 
occuperons  de  deux  autres  aâ;es  qui  eu- 
rent le  même  ob|et.  Préfentement  fui- 
vons  l'Ecrivain  dans  un  long  .&  pénible 
voyage  qu'il  entreprit  y  fi  nous  en  croyons 
l'Auteur  du  livre  àts  figures  hiérogly- 
Pag.  \r.  phiques  ,  cinq  ou  (\x  années  après  ce  pre- 
fôTi.  '^^  "^^^^*  ^^^^  ^^  l'amitié  réciproque  du  mari 
&  de  la  femme,  c'eft-d-dire  ,  vers  l'an 
1 579.  C'eft  un  épifode  curieux  :  s'il  n'oc« 
cupe  pas  le  ledteur,  car  c'eft  le  privilège 
de  la  vérité,  du  moins  il  l'amufera. 

L'Ecrivain  dans  les  commencemens- 

de  fon  mariage ,  félon  le  récit  de  i'Hifto- 

ibid.fag  rien  hermétique,  acheta  pour  deux  fio- 

^^'  Tins  un  livre  qui  lui  fut  préfenté.  Le  livre 

étoit  couvert  de  cuivre  bien  ouvragé,  les 

feuilles   cTécorces  déliées gravées 

d'une  très  -  grande  rndujlrie  ^  de  écrites^ 
avec  une  rointe  de  fer.  Celui  qui  le  ven- 
dit ,  ignoroit  le  riche  tréfor  qu'il  donna  x 
vil  prix*>l'acheteur n'en  fçavoit  pasdavaa- 
ta/,e.  Une  infcriprion  en  grolfes  lectres 
dorées,  contenoit  une  dédicace  faite  à 
la  ^ent  des  Juifs  par  Abraham  le  Juif 
Prince  ,  Prêcre  ,  Léyite  ,  AJlrologue:  &. 


IJE    NiCOL  AS    Ft  A  XCE  I.        t-f 

Philofoj'he,  Trois  fois  fept  feuillets  ^  ain- 
fi  nombres,  non  fans  myftere,  compo- 
foient  fon  tout.  Parmi  ces  feuillets  plu-» 
iîeurs  contenoient  ào  belles  figures  enlu^ 
minées*  L''éeriture  étoit  latine  ,  belle  , 
nette  &  colorée.  Elle  contenoit  des  con- 
folations  &  des  avis  aux  Juifs  -,  elle  ren^ 
fermoic  auiîî  des  inftrucbians  fur  la 
tranfmutation  métallique  en  paroles  com- 
munes j  mais  il  n'éroit  point  parlé  du 
premier  agent,  figure  dans  les  peintures  : 
c'écoit  le  plus  beau  livre  que  l'on  pCic 
voir.  Je  crois  j  fait-on  dire  au  nouveau 
polTeiTeur  de  cette  rareté ,  quilavoit  été 
dérobé  aux  ml  [érables  Juifs  ,  &c,  Voicî 
la  fuite  de  Ihiftoire  ;  c'eft  Flamel  qui 
parle. 

Ayant  che^  moi  ce  beau  livre  y  je  ne 

faifois  nuit  &  jour  quy  étudier ne 

fçachant  point  avec  quelle  matière  il  fal^ 
toit  commencer ,  ce  qui  me  caufoit  une 
grande  trifteffe  ,  me  tenoit  foBtaire ,  & 
faifoitfoupirer  à  tout  moment.  Ma  fem^ 
me  Pe crénelle  >  ,  *  .  laquelle  fav ois  épou^ 
fée  depuis  peu  ^  étoit  tout  étonnée  de  cela  , 
me  confolant  &  me  demcandant  de  tout 
fon  courage  ,  fi  elle  pourroit  me  délivrer 
de  fâcherie»  Le  bon  mari  ajoute  à  la  nar- 
ration de  fon  chagrin  ,  qu'il  aimoit  cette 
nouvelle  époufe  autant  que  lui-même  : 
comment  aiiroit-il  pu  rédfter  à  fes  ins- 
tances \  Je  ne  pus  5  continue-t-il  >  tenir 


l8       H  IS  T  OI  R  E    Cr  I  T  I  au  E 

ma  langue  que  ne  là  diife  tout.  Il  dccoiT- 
vre  donc  ^3.  précieiife  empierre  j  les  yeux       | 
de  la  femme  en  foiic  fiappés  :  \qs  belles 
couvertures  y  graveuf  es  _y  images  &  pour-- 
traicis  l'ébiouillenr  ;  elle  en  fur  autant      | 
amoureufe  que  moi-même  j  die  encore  le      ^ 
mari. 

Il  s'en  falloir ,  comme  on  le  voir  j  que 
l'Ecrivain  ,  quoique  pofTcileur  du  livre, 
fur  devenu  Adepte  {a\.  Voulanr  s'inf- 
truire  j  &  n'ofanr  expo  fer  fon  rrcfor,  il 
en  fait  peindre  chez  lui  quelques  images. 
S'il  écoic  peintre  ,  comme  on  l'a  dit  , 
pourquoi  emprunte-t-il  une  main  étran- 
gère 5  <Sc  ce  livre,  qu'il  ne  vouloir  pas 
montrer,  comment  ofe-t-il  le  contierà 
lin  peintre,  pour  lui  en  faire  copier  les 
images  ?  Les  contradictions  échappenc 
aux  Auteurs  des  Romans.  Flamel  conti- 
nue :  Je  les  montrai  [  ces  figures  )  à  Paris 

à  pliijieurs  grands  clercs la  plupart 

d'iceux  fe  mocquerent  de  moi ,  &  de  la  bé- 
nite pierre  ,  fors  un  appelle  AP  Anfeaul- 
777  if,  qui  étoit  licendé  en  Médecine,  An- 
feaulme,  grand  étudiant  en  Alchymie  , 
ne  manque  pas  de  demander  a  voir  le 
livre  V  il  fait  inftance  :  mais  toujours  l^af- 
furai,  dit  le  polfelTeur ,  que  Je  ne  lavois 

(  a  )  Adepte ,  nom  dérive  du  parricipe  adcptus  , 
trouvé.  C'cft  le  nom  de  certains  Alchymiftes  , 
qui  prétendent  avoir  trouve  le  Iccret  de  la  tranf- 
mutation  des  métaux  ou  la  pierre  philofophale 
Dich  de  Trévoux^ 


DE  Nicolas  Flamêl     19 

point.  Le  dévot  l  il  ne  ment  point  par 
furprifc  :  le  menfonge  eft  bien  médité  5c 
bien  fourenu.  J'abrege  ce  récit. 

Vingt  &  un  an  fe  patTent ,  &  pendant 
un  fi  longtemps  ,  l'écolier  en  AIcKymie 
fait  mille  brouilleries  >  &  fans  doute 
mille  dépenfes  ruineufes.  Comment 
fourniffoit-il  à  des  frai^  qui  ont  ruiné  \qs 
plus  opulens  l  c'eil:  l'aHaire  de  l'Auteur. 
Enfin ,  continue  le  narraceur ,  ayant  per- 
du efpérance  de  jamais  comprendre  >  ces 
figures,  pour  le -dernier  je  fcs  un  vœu  à 
Dieu  &  à  Monfeurfaint  Jacpies  de  G  al- 
liée j  pour  demander  V iéiterpritation  dH- 
celles  a  quelque  Sacerdot  Juif. 

Le  voyage  eft  réfoku  Pernelle  confent 
â  une  féparation ,  qui  dut  coûter  à  font 
cœur  j  mais  fes  larmes  étoient  fans  djou- 
te  tempérées  par  l'elpérance  de  voir  re- 
venir fan  cher  Flamel,  qui ,  nouvel  Ar- 
gonaute, lui  apporterait  la  Toifon  d'Or 
[a).  Le  maii  donc ,  fous  l'habit  de  Pèle- 
rin,  part,  &  fiiit  tant,  dit-il  ,  qu'il  arri- 
ve à  Montjoye  {^)  ,  puis  à  faint  Jacques  , 
ou  avec  grande  dévotion  j'accomplis  mon 

{a)  Les  Alchymiftes  regardent  la  fable  des 
Argonautes  comme  une  alL^gorie  dn  grand  œu- 
vre ào.  la  médecine  univerfelle  ou  pierre  pliilofo- 
phale.  T>.  Femeti  ^  Dict.  Mitc-herrKétiquc  ,  p.  44- 

{b)  Mv.iîjoye  :  c'eft  vraifèmblablemenr  oiieU 
que  lieu  peu  éloigné  de  faint  Jacques  en  Gallice  , 
d'où  l'on  découvroit  certe  ville  ;  ce  qui  donnoir 
une  grande  joie  au  Pèlerin  :  2dontjoye  ,  ^on-s- 
gauati ,  ou  maurn  gaudinm^ 


20  HistoïkE  Critiqué 
vœu.  Qui  eft-ce  qui  ne  feroir  curieux  de 
fçavoir  comment  le  Pèlerin  épancha  fon 
cœur  aux  pieds  du  faint  Apôrre  ?  nous 
l'apprenons  d'un  Alchymille.  Flamel  dit 
fans  doute  : 

Dieu  rout-puiiïant  j  éternel de 

qui  viennent  tous  les  biens  Se  tous  les 

dons  parbits laifïez-moi ,  je  vous 

prie,  connoîcre  votre  éternelle  fageffe  -, 
elle  qui  environne  votre  trône  ,  qui  a 
tout  créé  ôc  fait ,  qui  conduit  de  confer- 
ve  tour.  Daignez  me  l'envoyer  du  ciel 
votre  fanduaire,  ôc  du  trône  de  votre 
gloire  ,  afin  qu'elle  foit  Se  qu'elle  travail- 
le en  moi  :  car  c'eft  elle  qui  eft  la  mai- 
treiTederous  les  Artscéleftes  &  occultes  3 
qui  poiïede  la  fcience  &  l'intelligence  de 

toutes  chofes Que  par  fon  efprit 

j'aie  la  véritable  intelligence,  que  je  pro- 
cède infailliblement  dans  l'Arc  noble 
(  auquel  je  me  fuis  confacré)  dans  la  re- 
cherche de  la  miraculeufe  pierre  des  fa- 
ges  que  vous  avez  cachée  au  monde  , 
mais  que  vous  avez  coutume  de  décou- 
vrir au  moins  à  vos  élus Que  ce 

grand  œuvre  que  j'ai  à  faire  ici-bas  ,  je 
le  commence  ,  je  le  pourfuive,  &  je  l'a- 
chevé heureufemenr -,  que  content  j'en 
jouilfe  à  toujours.  Je  vous  le  demande 
par  J.  C.  la  pierre  célefte  ,  angulaire  , 
miraculeufe  de  fondée  de  toute  éternité^ 


DE  Nicolas  Flamel.  21 
êcc.  (a)  Mais  laiiTons  le  Pèlerin  aux 
pieds  de  faine  Jacques,  continuer  les  ef- 
fufions  de  fon  ame,  6c  faifons  quelques 
réflexions. 

Les  Juifs,  chafTésde  Paris,  y  avoienc 
laifTé  le  magnifique  livre  donc  on  a  lu  la 

(a)  Cette  pnere  eft  extfaite  d'un  ouvrage  qui 
fe  trouve  au  tom.  i.  de  la  Bibliothèque  Cliymi- 
que  de  Manget ,  à  la  pag.  f  57.  Il  eft  fous  le  :itr.c 
ftib/ècutio  XII ,  &  intitulé  :  Hydrolitus  Sophicus , 
feu  Aquarium  fapientum.  L'Auteur  y  fournit  cette 
prière  aux  Aichymiites  ,  qui  veulent  entrepren- 
dre l'œuvre.  La  voici  entière  en  latin. 

Oratio, 

«  /^  Mnipotens,  alterne  Deus,  Pater  ccrieflis 
3j  V>/  luminis ,  à  quoetiam  omnia  bona  &.  per- 
ï)  feda  dona  proveniunt  :  logamus  infinitam 
3'  taam  mifcricordiam  ,  .ut  nos  ^Eternam  tuam  fa- 
3J  pi^ntiam  j  qu^e  continua  circa  tuum  thronum 
3>  eft ,  &:  psr  quam  omnia  creata  facliaque  lunt  i 
3>  atque  etiamiium  reguntur,  &.  confervantur  , 
5j  reclëagnorcere  patiaris ,  mitte  illam  nobis  de 
«>  fancio  tuq  coclo ,  &  ex  throno  tuae  gloria,* ,  ut 
5>  una  nobircum  lit  &  limul  laborc: ,  qaoniam 
sj  magiitra  eft  oniinium  ccrleftium  occuharum- 
33  queartium  ,  etiam  omnia  tcit  t<.  incelligit.  Fac 
>>  raoderarè  nos  comicetur  in  omnibus  noltris  ope- 
3>  ribus ,  utpcr  illius  iplrirum  verum  intcH'^ctum , 
3>  infallibiien-jque  proceiîum  ncbililnnix  hujus 
5>  artis  ,  hoc  eii  tapientum  miraculofum  lapidem, 
3>  quem  mundo  occultalii ,  &  fakim  eisttis  ruis 
Si  revclare  foies,  certo  3:  lîne  uilo  errorc  difca- 
s>  mus  ,  &:  ira  fammum  opus  quod  heîc  nobis  per- 
33  agendum  eft,  primum  reclo  &  bene  inchoemus, 
33  in  eo  ej-iLdemque  labore  conftanter  progredia- 
33  mur  ,  îx  tandem  etiam  béate  abfolvamas,  illa- 
33  que  ?jrernum  cum  gaudio  fruamur.  Pcr  cœlef- 
33  :cm  illum  &  ab  2e:erno  fuîdatuin  angjlarem 
w  nuraculofumque  lapidein  Jcfum  Chriilum  , 
«  qui  tecum  ,  6  Deus  Pacer  ,  una  cum  Spiritu 


21  HiSTOTR.E  Critique 
defcriprion.  Mais ,  die  Mademoirelle  de 
Liiiraa  dans  Ton  Hiffcoire  de  Charles  VI 
Tom.  c.  cejl  une  preuve  certaine  quiine  contenoit 
t^g-  '^0-  que  de  vaines  idées  -,  car  queujjent-ils  pu 
emporter  de  plus  précieux  ?  Rien  de  lî 
feiifé  que  ce  mot,  &  jamais  \(i^  juifs  , 
dépoLuiics  de  leurs  biens ,  &  chalFés  , 
n'auroienc  négligé  la  re^Tource  la  plus 
prochaine  &:  la  plus  abondante  dans  leur 
mi  (ère. 

Mais  encore  qui  imaginera  qu'un 
bourgeois  de  Paris  ,  tel  même  qu'on 
connoîc  Flamel  ,  par  le  peu  que  j'en  ai 
dit  jufqu'ici ,  ayant  déjà  du  bien  ,  avec 
cela  une  profelîion  honncre  «Se  tranquille 
qui  devoit ,  félon  fon  déiîr  &  par  fon  ex- 
périence,lui  en  procurer  encore  l'augmen- 
tation ,  abandonne  ,  après  plus  de  vingt 
années  de  mariage,  fa  maifon,  fa  femme , 
fon  écatjpour  courir  après  la  chofe  du  mon- 
de la  plus  incertaine  ?  Il  n'étoir  pas  ruiné  , 
puifque  cinq  ans  avant  ce  voyage,  il 
avoir  du  bien,  comme  on  l'a  vu.  Si  donc , 
en  fuppofant  qu'il  ait  travaillé  depuis 
Tachât  de  fon  livre,  comme  il  faut  le  dire 

3>  San^fto,  verus  Deiis ,  in  una  inJiiTolubili  divi- 
5>  na  C)Ten:ia ,  imperac  &  regnar ,  Tiiimicus  Deus 
5>  run-iiiie  iajdarus  in  fcmpircrna  fcrcula.  Amen. 
C'oll:avc:  foni'jmcnt  q'-U'  les  Alchimiîics  font 
caracl:criic<;  dcvocs  :  rien  ne  l'ell^plds  que  oerce 
pricrc.  Mràs  plus  d'une  perfonnc  Icra  rcvohcc  de 
l'obicc  pour  lequel  elle  eft  faite  ,  &  d*y  voir  les 
paroles  de  i'Ecricure  ii  fcandaleafcmcac  em- 
ployées. 


DE  Nicolas  Fiamei.     25 
avec   l'hiftoire  racontée    dans  I2   traité 
Hermétique,  quatorze  on  quinze  ans  de 
travail   continuel  n'avoient  pas  abforbé 
fon  bien-,  (ix  années  de  plus  ont-elles  pu 
le  mettre  dans  l'état  d'un  homme  défef- 
péié,  qui  court  après  l'avanture  ?  Si  le 
ieui  elprit  de  piété  eût  conduit  Flamel 
dans  ce  voyage  long  &  périlleux  pour 
fon  temps  ,    on  pourroit  peut  -  être  le 
croire  :  les  pèlerinages  étoient  alors  fore 
en  vogue.   Une  ferveur  ,    que  Tufage 
commun  animoic ,  pouvoir  tirer  de  leurs 
foyers  ,    même  dQS  pères  de  famille. 
Mais  pour  l'objet  unique  dont  il  s'agit , 
lui  faire  bazarder  un  il  long  voyage,avec 
toute  l'incertitude  de  la  rcufîite  ,  Se  de 
plus ,  le  faire  courir  après  des  Juifs  qu'il 
devoir  avoir  en  horreur;  rien  de  plus 
éloigné ,  je  ne  dis  pas  feulement  du  vrai , 
mais  du  vraifemblable.  Je  continue  l'hif- 
toire  :  elle  efc  curieufe  jufqu'à  la  fin. 

Le  Pèlerin ,  à  fon  retour  de  Compof- 
telle,  rencontre  dans  la  ville  de  Léon 
un  Médecin  Juif,  qui  s^étoit  rendu  chré- 
tien 5  &  par  l'enrremife  d'un  marchand, 
il  fe  lie  avec  ce  Médecin  :  la  connoilTan- 
ce  fut  des  plus  heureufes.  M^  Canches  , 
c'étoit  le  nom  du  Médecin  ,  écoît  fon 
fçavant  en  fciences  fubiimes.  Aux  nou- 
velles que  le  voyageur  lui  donne  du  li- 
vre j  il  ejl  emporté  de  grande  ardeur  & 
joie.  Il  voit  les  extraits  ,  il  en  explique 


24       H  I  s  T  O  IR  E    C  R  I  T  I  Q.  U  E 

le  commçncemçnc.  Le  tréfor  mériroit 
d'être  vu  de  près  j  il  fe  rcfoud  de  palier 
en  France  avec  le  poOTefleurj  fon  nou- 
vel ami. 

Les  deux  voyageurs  s'embarquant  d 
Sanfon  ,  arrivèrent  heureufement  en 
ffànce.  Sur  mer,  le  Médecin  avoit  in- 
•terprcté  la  plupart  des  figures,  ^  très  à 
propos  pour  rAlchymille  François.  A  Or- 
léans, M^  Candies  ,  Fatigué,  &  affligé 
de  grands  vomilTemens  qui  lui  éroienc 
rçftés  du  paifage  ,  décède.  Cn  penfe 
dans  quelle  défolation  il  lailfe  fon  compa- 
gnon. Celui-ci  exprime  lui-même  (on  cha- 
grin :  r en  fus  fort  tiffligé»  Il  ajoute  :au 
mieux  que  je  pus  je  le  fis  enterrer  en  VE- 
glïfe  de  fa'inte  Croix  ,  ou  il  repofe  encore. 
Encore  1 1  lamel  avoir-il  delfein  de  le  fai- 
re traiifporrer  à  Paris  ou  ailleurs  î  II  con- 
tinue :  jDieu  aie  fon  ame  \  car  il  mourut 
bon  chrétien  ,  &  certes  fi  je  ne  fuis  empêr- 
ché  par  la  mort  ^  je  donnerai  à  cette  Egli- 
fe  quelques  rentes  pour  faire  dire  pour 
fpn  ame  tous  les  jours  quelques  meffes* 
Cette  belle  promelTe  ,  fruit  d'une  vive 
reconnoilTance  ,  exige  une  remarque. 

Flamel ,  comme  il  parozc ,  avoir  donc 
deflein  de  fonder  plaiieurs  annuels  a 
l'intention  de  M^  Canches,  qui  l'avoic 
fi  bien  inftruic.  Il  a  eu  le  temps  de  le  fai- 
re ,  puis  qu'écrivant ,  félon  le  traite  ^  en 
1 3  î^5?  >  &  n'étant  mort  qu'en  1418,  vingt 

années 


DE  Nicolas  î^lamei'.     if 
années  lui  ont  fourni  un  efpace  bien  fuf- 
fifant  pour  pouvoir  acquitter  fa  promefle. 
L'a-t-il  fait  î  non,  on  peut  l'aiïiirer.  De- 
puis peu  M.  Paris  ,  Grand  -  Vicaire  du 
Diocefe  d'Orléans,  a  bien  voulu  faire  fai- 
re une  recherche  ample  &  exacte,  (  ce  font 
les  termes  d'une  lettre  éctire  fur  ce  fujec , 
qui  m'a  été  communiquée  )  &  l'on  n*a 
trouvé  aucun  veftige  d'une  fondation  fai- 
te par  Flamel.  On  ajoute  qne perfcnne  du 
Chapitre  nen  a  entendu  parler,  L'Ecri- 
vain ,  fondateur  &  bienfaiteur  fi  géné- 
reux ,  a-t'il  donc  oublié  ,  &  fon  ami , 
&  fa  promefTe  ?  Et  comment  du  moins 
Canches  n'a-t-il  pas  eu  place  dans  le  tef- 
tament  fi  long  <S<:  fi  médité  de  Flamel  > 
Le  ledieur  eu  tirera  lui  -  même  la  confé- 
quence.    Cependant   voyons    les    deux 
époux  réunis. 


CHAPITRE    IV. 

'Fin  du  voyage  de  Flamel  :  dates  qui 
fixent  fd  prétendue  decouvens» 

LE  Pèlerin  arrive  chez  lui ,  la  joie  ren- 
tre dans  fa  maifon  ,  Pernelle  en  eft 
comblée.  On  apperçoit  dit  l'Hifloiie  des  ib'd.^,  si* 
Symboles  de  cette  joie  fur  la  porte  de 
TEglife  de  S.  Jacques.  Qui  voudra  voir  , 
dit  Flamel ,  l'état  de  mon  arrivée  ^  au  il 
nous  contemple  tous  deux  en  cette  ville  de 

B 


1(5"  Histoire  CRfTTQiT H 
Paris  y  fur  la  pone  de  la  Chapelle  de  faine 
Jacques  de  la  Boucherie  ,  du  côté  &  tout 
auprès  de  ma  maifon  ou  nous  fommes 
peints,  Flamel  &  Pernelle  font  fur  cetc^ 
porte  en  fciilpcare  ,  &  non  en  peinturei 
Ni  la  joie  ,  m  la  riiflelTe  ne  le  Font  app'er- 
cevoÎL"  fur  leurs  vifages ,  on  y  voir  un  air 
de  gravité  convenable  à  la  liruation  oii 
on  les  a  repréfentcs  :  &  fi  Flamel  s'ell 
jamais  fait  figurer  en  habit  de  Pèlerin  , 
c'ert  a  cette  occafion  cju'il  auroit  dû  le 
faire.  Cependant  il  ert  en  habit  bour- 
geois ,  tel  qu'il  convient  au  colliime  de 
fon  temps.  Quant  à  l'Eglife  de  faint  Jac- 
ques,  du  vivant  de  notre  Ecrivain  ,  elle 
éroit  trop  accrue  pour  être  appelîce  une 
Chapelle;  &  Flamel  lui-même  dans  ^on 
teftament  l'appelle  continuellement  l'E- 
glife de  faint  Jacques. 

Le  yoyai;eur  rentrant  chez  lui ,  n'croic 
point  chargé  de  la  riche  toifon.  Quel- 
ques inftruàions  &  Fefpérance  de'réuf- 
ru-,c^eft  tout  ce  qu'il  préfenta  à  fon  époufe. 
Les  opéi'ations  recommencerir.  Les  bon- 
nes gens  con fument  du  charbon  ,  ufenc 
des  fourneaux,  brifent  des  matras,  ré- 
duifent  des  matières  en  fumée.  Knfin*, 
on^rcuflit  fur  une  partie  :  tant  y  a  que 
par  la  grâce  de  Dieu  &  interceffion  de  la 
bienJteureufe  &  fainte  Vierge ,  je  feus  ce 
que  je.de fircis  _,  c^ef -à-dire  ^  les  premiers 
principes,  AinC ,  apirès  plus  de  vingt  an* 


DE  Nicolas  F l  a  ?vî  e  l.  'r> 
nées  de  travail ,  Flainel  en  croit  encore 
la  commencement.  Il  ajoute,  non  toutes 
fois  leur  première  préparation  qui  ejî  une 
chofe  très  difficile  fur  toutes  celles  du  mon^ 
de  ;  mais  je  Veus  encore  à  la  fin ,  après  les 
longues  erreurs  de  trois  ans  ou  environ» 
&c.  Le  dévot  Alchymifte  ,  pendant  ces 
trois  années,  ne  faifoit  qu'étudier _y  tra- 
vailler  priant  Dieu  le  chapelet  à  la 

.main ,  lifant  attentivement  _,  ejjayant  di- 
verfes  opérations  :  l'échoppe  ,   la  clalFe  , 
les  élevés ,  que  devenoit  alors  tout  cela  ? 
TAuteur  de  rhifloire  ne  s'en  efl  point- 
occupé. 

V^oici  le  terme  fortuné  des  travaux  du 
Philofophe.  Finalement  je  trouvai  ce  que 
je  dJ /trois.  La  première  fois  que  je  fis  la 
projection  ,  ce  fut  fur  du  mercure ,  dont 
fen  convertis  demi- Livre  ou  environ  en  pur 
argent  meilleur  que  celui  de  la  Minière. 
Foible  récompenfe  de  tant  de  déptnfes 
èc  de  peines  l  Mais  l'efpérance  de  faire 
mieux  étoit  un  fort  foutien.    Ce  fut  ^ 
continue  le  Philofophe,  le  17  de  Janvier 
un  lundi  environ  màdi  en  m.a  mafon  ^  pré- 
.fente  Pernelle  feule.  L'an  de  la  reftitution 
de  Vhumain  lignage  13S2.   La  date  eft 
précife,  détaillée  ;  elle  eil  auiîî  remar- 
quable :  on  le  verra  dans  peu. 

Les  deux  époux  ,  ne  fe  trouvèrent 
plus  partagés  entre  la  crainte  ^  l'efpé.  an- 
ce  :  animés  par  leur  première  réuiîite,  ils 

B  ij 


^1%  Histoire  Critique 
recommencent  l'opéi-ation  :  celle-ci  a  fur 
la  première  autant  d'avantage  qu'il  y  a 
•de  différence  entre  l'or  &  l'argent.  En 
préfence  de  Pernelle  feule  ,  dit  encore  le 
mari ,  en  la  même  maifon  le  vingt-cinquie- 
777e  jours  d* Avril  fuivant  de  la  même  an- 
née^ fur  le  cinq  heures  dufoir. ,  .  .je  tranf- 
muai  véritablemeni^en  quafi  autant  de  pur 

or  meilleur que  l'or  commun  ,    une 

femblable  quantité  de  mercure,  L'Alchy- 
mifle  exacft  avoir  fans  doute  écrit  fur  Çon 
journal,  les  momens  où  {qs  longs  <S:  pé- 
•  nibles  travaux  avoient  été  couronnés  de 
la  réulîîte.  Mais,  fans  y  penfer,  il  véri- 
fie lui  -  même  ce  qu'il  avance  quel- 
ques lignes  plus  bas  :  V extrême  joie 
ôte  le  feus  auffi  bien  que  la  grande  trij^ 
teffè  y  de  dans  le  trnnfport  où  il  s'efl: 
trouvé,  il  s'eft  oublié  fur  deux  points 
cilentiels. 

Du  temps  de  Flameî ,  Se  encore  près 
de  deux  liecles  après  lui,  on  ne  com- 
mençoit  l'année  qu'à  Pâques.  La  pre- 
mière projection  efl:  datée  du  17  de 
Janvier  1382,  parce  que  cette  année 
1381  continuoit  encore  j  comme  ell-e 
devoit  continuer  jufqn'd  Pâques,  où  de- 
•  voit  commencer  l'année  1385  :  En  cela 
la  date  ell  bonne  ,  &  on  fe  reconnoît. 
Mais  il  n'en  elt  pas  de  même  de  la  date 
de  la  féconde  pfojeélion.  La  f'ète  de  Pâ- 
dJ'^^  ''"quss,  qui,  cette  année,  étoit  le  o  Avj:ii 


BE  Nicolas  Flamei.  ip 
étant  pafTée  j  au  25  d'Avril  ,  jour  fixé 
pour  la  féconde  projedion ,  on  compcoic 
depuis  dix-neuf  jours  138^.  Cette  fécon- 
de projection  ne  s'eft  donc  pas  fliite  dans 
la  même  année  ,  comme  l'Auteur  du 
traité  le  fait  dire  à  Flamel. 

Certainement  fi  notre  Ecrivain  étoit 
l'Auteur  de  cette  belle  hiftoire,  il  ne  fe-* 
roit  pas  tombé  dans  une  bévue  qui  con- 
fond une  année  avec  une  autre.  Comme 
Ecrivain  accoucumé  à  copier  des  pièces  ^ 
ôc  peut-être  à  en  compofer,  il  connoiiToit 
le  ll:yle.  Pour  éviter  cette  confufion  , 
on  avoir  alors  Tattention  de  fpéciher  dans 
les  ades  qui  fe  faifoient  depuis  le  li 
Mars,  premier  fiege  de  la  Pâque,  juf- 
qu'au2  5  Avril,  dernière  place  de  cette 
fête  5  fi  l'ade  fe  faifoit  avant  ou  après 
Pâques  [  ^  ] ,  parce  que  cette  grande  fête 
réglant  l'année,  6c  étant  mobile,  on  au- 
loit  pris  une  année  pour  l'autre  ,  corn- 
me  dans  le  fait  dont  il  s'agit  :  en r  fi  la 
féconde projecbion  eftdu  25  Avril  1382^ 
la  première  a  néceOairement  été  faite  en 
1 3S1.  Mais  la  narration  portant  expref- 
fément  pour  la  première ,  Janvier  1382, 

[a]  Parmi  les  picees  de  la  fuccefTion  de  Fla- 
mel on  en  trouve  plufieurs  dont  la  dateeftfpc- 
ciliée  de  cette  forte.  On  a  vu  ci-deifus  que  le  pre-» 
mier  don  mutuel  eft  date  du  7  Avril  avant  Pâquei 
Fleuries  ^]jt.  Une  autre  pièce  que  j'ai  foas  la 
maiii ,  eft  lignée  le  mardi  fécond  jour  du  mois  d'A- 
vril avant  Pâques  l'an  de  grâce  146^^  ,  &  ainfi  dç 
pluûeurs  autres. 

Eiij 


30  Histoire  Critique 
en  datant  pour  la  féconde  le  25  Avril  de 
la  même  année ^  on  ne  fe  reconnoît  point  *, 
&  cependant,  félon  cette  hiftoire,  Fla- 
mel  a  voulu  dater  pofitivement  ,  puif- 
qu'il  fpccifie  avec  tant  d'exa»flirucle  le 
mois  5  le  jour  &  l'heure  où  il  s^il  vu  au 
terme  fi  défiré  de  ^qs  travaux  Alchy- 
ml  que  s. 

Il  y  a,  ce  femble,  un  fondement  lé- 
gitime de  penfer  que  l'Auteur  de  cette 
pièce  pourroit  n'avoir  arrangé  fon  hiiloi- 
re  que  dans  le  commencemeni  du  dér- 
iver (iecle  ;  C\.  que  le  Gentilhomme  Poi- 
tevin ,  qui  en  16"  12  l'a  donnée  comme 
étant  la  rradudiion  d'une  pièce  latine  qui 
n'avoit  jamais  été  imprimée  ,  en  pour- 
w^'^  toit  être  lui-mcnie  l'Aureur.  Auiïi ,  félon 
^*^*   ''  Sauvul,  or.  n'a  jamais  vu  cerre  pièce  la- 
tine. L'A'jreur  domiis  près  de  cinquante 
ans  qu'on  avoir  celfé  de  compter  le  com- 
men rement  de  l'année  à  Pâques,  a  pu 
D'y  Tvoir  pas  fait  de  réflexion  :  peut-être 
étoit-il  jeune  lorfqu'il  l'a  écrit,  &:  il  n'a- 
voit pas  vu  cet  ufage  en  vigueur.  11  a 
compté  à  la  manière  de  fon  temps,  <3c  il 
s'eil  décelé  [  al. 

[^]  Borel ,  pn^î.  içj;.  de  fon  Trcfor  des  Recher- 
ches ,  à'w.  que  le  livre  des  Hiéro^lyf.qucs  a  éîéim- 
•prhrJ  a  Var;s  chez.  GiiUla.itne  Gu.Uard  l'an  \^6i. 
Celui  que  j'ai  en  main,  qui  paroit  erre  une  pre- 
mière édition  ,  ou  une  copie  figurée  fur  Ii  pre- 
m.'ere  ,  porre  au  fronrifpice  j  qu  il  n'a  pas  encore' 
cté  imprimé  ,  ih'.are  161  z.  Le  privilège  du  Roi, 
donné  à,  Pierre  Amauld  ,  lieur  de  la  Chcvailcric , 


DE  Nicolas  F  l  a  m  e  t.  51 
.  Le  prétendu  Flamel  s'eft  bien  aiuant 
oublié  fur  la  date  du  jonr.  Ce  fut ,  dit-il . 

le  1 7  dâ  Janvier  un  lundi iS^-^'   li 

n'avoir  pas  l'Arc  de  vérifier  les  dates.  En 
1 3  o 2. 5  le  1 7  de  Janvier  étoit  un  vendre»- 
ài  5  6c  non  un  lundi  j  [  ^  ]  ôc  ce  ne  peut 
être  une  faute  de  copiile  :  car  y  a-r-il 
quelque  reiiemblance  entre  ces  gqwx 
noms  vendredi  &:  lundi  t  De  plus ,  le  fieur 
de  la  Chevalerie  a  préienté  la  pièce  com- 
me une  tradudl'on.  Le  copifte  auroit 
donc  lu  die  lundi  pour  die  veneris  :  la  dif- 
férence eft  encore  plus  énorme,  &  ne 
peut  s'admettre  [c ].  J'aurai  d'autres  oc- 

cft  du  II  Mars  i^ii  j.  &  à  la  fin  on  lit,  acheva 
fCïm-prïmer  aux  frais  &  dépens  du  Jiei-r  Traduc- 
teur ce  é  Avril  ibiz.  Eorel  s'eft  donc  trompé  ^  & 
il  a  pris  l'adreile  d'un  recueil  qui  contient  aufîî 
trois  traités  j  comme  celui  de  Pierre  Arnauld  , 
fous  le  titre  général  :  Tra-asformaticn  meîalliqMe  ^ 
&c ,  Tçavoir  Ai  Fontatne  des  Amoureux  de  fcience  ; 
la  'Ke-znantrance  de  'Sature  a  VAichymifie  ,  &  ie 
Sommaire  Fkrlo/opkiaue.  de  Kicolas  ïlamel.  Ce 
Tolume  fut  imprime  aVaris^  chez.  Gmllaurrie 
G'iilUrd  &   Arr.aury  Warar.eore ^    i<;6i. 

[^]  En  I  ? 81  la  fére  des  Rois  tomba  le  lundi  ; 
le  Dimanche  dans  Toclave  fut  le  12  de  Janvier  : 
ainfî  le  vendredi  iuivant  fut  le  17  de  ce  mois. 
Art  des  dates. 

[c]  Les  RPv.  PP.  Bénédidins  ,  Auteurs  de  la 
nouvelle  Diplom.atique  ,  pofent  un  principe  qui 
peut  être  appliqué  à  ces  dates  fautives.  Ils  difenc 
au  tom.  II.  pag-  4^i:un  feul  caracicre  [de  vrai  eu 
de  faux  ]  peut  quelquefois  décider  de  X^fiétriffure 
[d'un  titre.  ]  Une  fiule  de  caracieres  favcrahles yie 
réfijieroiî  pas  a  un  défavanîageux ,  s'il  étcit  de  nu- 
ture  a  ne  pouvoir  compatir  avec  une  pièce  vraie  ^ 
kc.  Suivant  ce  principe  ,  quelque  naïveté  qu'il 

B  iiij 


51  Histoire  Critique 
cafions  de  revenir  fur  ce  traité  :  conti- 
nuons a  fuivre  les  deux  époux  dans  ce 
iqu'on  peut  leur  attribuer  de  certain.  La 
vérité,  quelque  peu  importante  qu'elle 
foit  fur  certains  objets  ,  farisfait  tou- 
jours, tandis  qu'une  belle  erreur  ell  tou- 
jours une  erreur  ,  qui  dégoûte  l'efpric 
fait  pour  la  vérité. 


CHAPITRE     V. 

Flamclfait  hàdruns  arcade  des  Charniers 
des  SS.  Innocens ,  &  le  petit  portail  de 
S.  Jacques, 

UNe  des  voûtes  ou  arcades  des  Char- 
niers d'^s  SS.  Innocens  ,  du  côté  de 
la  rue  de  la  Lingerie,  eft  un  monument 
élevé  par  Flamcl,du  vivant  de  fa  femme» 
Il  ell  de  l'année  1 3  89  ,  &  je  ne  crois  pas 
m'ètre  trompé  en  lifant  accompagné  d'u- 
ne perfonne  le  chiffre  qui  eft  gravé  fur  un 
des  piliers.  On  en  éroir alors  à  certe  partie 
des  Charniers  que  l'on  bâtiffoit  fuccelîî- 
vement  ,  &  ,  comme  il  le  paroîr,  aux 
dépens  des  riches  bourgeois  de  Paris  3' 
qui  fe  faifoient  un  devoir  d'y  contribuer 
comme  a  une  œuvre  de  religion.  A  la 
plupart  de  ces  voûtes  on  voit  les  armes 
ou  les  chiffres  des  Citoyens  qui  les  ont 

paiaiJfe  dans  le  récit  que  l'on  fait  faire  à  Fiamel» 
des  dates  fi  vifiblement  faillies,  fur-tout  la  der- 
nière ,  doivent  décider  de  toute  Thifloire ,  &  là 
faire  regardei  coirjne  inventée  à  plailir. 


I7i. 


DE  Nicolas  Flamel.  ^j 
fait  élever  [a].  Une  entr'aurres  ,  qui  eil 
la  cinquième  du  côté  de  la  rue  delà  Lin- 
gerie, ôc  au-delTus  de  celle  de  Flamel , 
eft  chargée  de  l'écuifon  de  Nicolas  Bou- 
lard ,  dont  il  a  été  beaucoup  parlé  dans 
rElfai  fur  la  Paroiire  de  S.  Jacques.  Bou-  ^/r.  p^^; 
lard  ,  comme  il  a  été  dit  ^  étoit  un  riche  3^-  »05  è^. 
&c  pieux  bourgeois  :  Flamel  &  Pernelle  > 
que  leur  travail  aiîidu  &c  leur  économe 
attention  plaçoient  dans  le  même  rang  , 
crurent  pouvoir  s'aiîocier  aufli  à  cette 
oeuvre  bonne  en  elle-mcme  .  quoiqu'elle 
eût  un  certain  éclat  ;  mais  le  mari  Ôc  la 
femme  aimoient  à  fe  faire  voir  au- de- 
hors. 

Le  bâtiment  eft  marqué  au  coin  de 
TEcrivain  par  les  lettres  initiales  de  foa 
nom ,  N.  &  F.  Une  peinture  qui  re- 
préfentoit  un  homme  tout  noir  [b]^  dc 
tous  les  autres  fymboles  dont  il  eft  parlé 

[  /?  ]  Les  Epirapliiers  que  j'ai  cités  dans  l'ElTai , 
ont  confervé  une  infc?  iprion  <dt:irée  par  un  bour- 
geois qui  avoit  fait  élever  dans  le  même  temps 
une  de  ces  voûtes  Elle  porte  :  L'an  de  grâce  1 3i/7  , 
fu:  fynde  ce  charnier  ,  6'  le  fit  faire  'Pierre  Potier  _, 
Pelletier  &  hc^rgeois  de  Paris ,  en  rhonneur  de 
Dieu  &  de  la  Vieige  Marie  ,  Ù  tous  les  benotts 
faints  &  faintes  de  Paradis  :,  pour  mettre  les  cjfe^ 
mens  des  îrépajf^s.  Priez  Dieu,  peur  lui  ^  pour  les- 
trépaffes. 

[b]  L'Auteur  du  livre  de  l'explication  des  ligu- 
res du  charnier  fait  dire  à  Elamel  pag.  57 

Centre  un  des  piliers  de  ce  charmer  je  y  ai  fait 
charhonner  ^peindre  groffieremént  un  homme  tout 
noir  GV.  Il  fera  dans  la  fuite  queftion  de  cçwg 
figure. 


54     Histoire  Critique 
dans  le  livre  des  figures ^  font  difparus  ', 
mais  on  y  lit  encore  quelques  vers  ou 
limes  que  voici  ,  celles  qu'on  a  pu  le^ 
dcchiixer.  [a] 

Hclas  mourir  convienc 

Sans  rcmedc  homme  &  femme 

nous  en  fouvienne 

Hélas  mourir  convient 

Le  corps 

Demain  peuï-écre  dampne's 

A  faute 

Mourir  convient 

Sans  remède  homme  &  femme. 

Certains  Alchymiftes  auront  fans  cÎolt» 

te  voulu  que  ces  efpeces  de  Aances  fuf- 

fenc  l'ouvrage  de  Tt^crivain.  Bjrel,  qui 

parle  après  eux  ,  lui  donne  la  qualité  de 

^cr.fag  Po'ùe  François  .3  ëc  il  apporte  en  preuve 

'^^'  une  infinité  d'infcriptions  fur  Us  murs  de 

S.  îniiocenr de  la  rue  Marivaux 

[^b~\\  déplus  5  un  aifez  long  traité  en 
Ters  y  dont  nous  parlerons  dans  la  fuite. 

[^]  Dcp^JîS  que  cet  a^rriclc  acte  écrit,  l'arcade 
a  été  réédiiiée  ,  «S:  les  pierres  qui  concenoient  les 
infji  ^!pLions  ,  ne  parciflcnc  plus. 

[i?]  Il  eO:  à  remarquer  qu'cxccpré  les  deux  vcrs^ 
que  l'en  n  rap;;>crrts  ci-dcllus,  les  infcriptions 
qui  fu l> h  lie ieiî:  encore  ,  il  y  a  quelques  années  à 
la  maifbn  de  Fl^mel ,  étoienc  des  paiîages  de  TE- 
crirur^^on  lit  un  verfc:  d'unpfeaume  à  une  de  (es, 
îi^aifons  rue  de  Montmorenci.  On  a  donc  lieu 
de  croire  quelapocfîe  n'a  pas  été  autant  employée 
par  f  iaii^el^quc  Iç  difcnt  les  cuiieux  Alchyrmftçs* 


DE  Nicolas  Fia  M  Et;  5J 
Tout  cela  a  donc  fait  aiieou*  l'hcrivani 
fin-  le  Parnaiîe  Gaulois  à  côté  de  Jean  de 
Aléhun  (c).  Mais  voici  un  préjugé  bien 
fondé  5  ce  femble  ,  contre  la  réalité  de 
cette  mufe  gotique.  On  fe  rappelle  le  pe- 
tit diftique  écrit  fur  un  pilier  de  la  mai- 
fon  du  bourgeois»  Flamel  ,  ai-je  die  , 
pouvoir  avoir  été  le  chercher  au  Palais  y 
où  on  le  lifoit  bien  avant  lui.  Un  Pocte 
fi  fameux  auroit-il  été  ramaffer  ailleurs 
deux  petits  vers  pour  en  orner  fa  propre 
maifon  ?  On  connoit  ces  fortes  de  génies  j 
ils  font  trop  fufceptibîes  du  point  dlion- 
neurj  pour  fe  couvrir  ainfi  publiquemenc 
de  lauriers  empruntés. 

Flamel  étoit  1  oece  de  îa  manière  donc 
il  étoit  peintre.  Il  emprunte  ,  on  l'a  lu  , 
une  mam  écrangtre  pour  peindre  chez, 
lui  dans  une  occaiion  délicate  où  lui-mê- 
me auroit  dû  travailler  :  veut-il  verfifiei' 
pour  fa  maifon  ^  il  va  encore  â  f  em- 
prunt. Il  en  aura  été  de  même  d^s  rimes 
du  charnier  que  l'on  vient  de  lire  ;  elles 
feront  i  ouvrage  de  quelque  rimeur  du 
temps.  Le  bourgeois  aifé ,  6t  qui  aimoit 
àparokre,  payoit  bien  fans  doute  ceux 
qui  travailioient  pour  lui. 

Quoi  qu'il  en  foit  cependant  de  la  poc- 
iîe  de  fiamtl,  qui  avec  un  certain  efpri:, 

(c)  Le  Scmrr.sire  Phiîcrophique  ,  arrribué  à 
riamçl ,  cfl  -?ppc!iéi^  Roman  Chym'.qne  ,  comme 
on  dit  le  B^or/t-an  de  la.  Rofe  ^  &  ces  deux  oUYiar 

ges  oac  çcç  imprimes  ç;ifemble. 

B  v] 


Si<p.  p. 


5(5"  Histoire  Critique 
&c  roujoiirs  la  plume  a  la  main,  aiiroîc 
pu  quelquefois  donner  carrière  à  une 
verve  nacureile ,  fi  les  itances  du  charnier 
ne  donnent  pas  une  haute  idée  de  la 
mule  qui  les  a  produites  ,  elles  font  du 
moins  honneur  à  la  façon  de  penfer  de 
celui  qui  les  y  a  fait  graver  :  on  voie 
qu'il  écoit  chrétiennement  occupé  d'un 
moment  auquel  on  ne  fçauroit  trop 
penfer. 

Après  les  rimes  fe  lit  cette  autre  inf- 
cripcion,  qui  caradérife  auffi  ladcvotioni 

du  bienfaiteur donné  pour  Tamour 

de  Dieu  Can  i ^Sç,  Veille':^  prier  pour  les- 
trefpajjts  ^  en  difant  Parer  nojler  y  Ave, 
La  voûte  pour  laquelle  ces  infcriptions 
ont  été  faites ,  &:  une  autre  dont  il  feraf 
parlé  plus  bas  ,  ont  été  regardées  comme 
,   de  fuperbes  ban  mens  par  Roch  le  BaiUifx 

H.  le  Bail-   ^  .     ^.  ,.  .    ^  1        r  i 

!if  Epir.au  lemoinSj  dit  cet  Auteur  5  les  Jurer bes 
Leaeur  du  laùmens  au  il  l  riamel  )  a  faits  au  cimc- 

Démoire-         .  r>     t  /-a  1     • 

rion  p.  6.  tiere  S.  Innocent,  Ou  cet  Auteur  parloir 
à  Rennes  f^ns  les  avoit  VUS,  OU  il  écrîvoit  dans 
renthoufiafme.  Rien  de  plus  petit,  ea 
effet  j  pour  quiconque  voit  ces  arcades 
avec  àes  yeux  qui  ne  font  pas  éblouis. 
Leurfoime,  leur  étendue,  leur  hauteur, 
tout  ell  petit  (3c  d'une  bâti  (Te  qui  comme 
elle  ne  furpaffa  pas  les  facultés  d'autres 
bourgeois  :  elle  ne  furpaffa  pas  aufîi  cel- 
les d'un  Ecrivain  de  ce  temps  très-aifé, 
ii  <jui  ne  brilloir  que  par  ces  dépenfe§j. 


DE  Nicolas  Flamec»      ^7 
Le  portail  de  TEglife  faint  Jacques, 
connu  pour  être  un  don  de  l'Ecrivain, 
ne  fera  jamais  auflî  placé  dans  la  clalFe 
de  ces  fuperbes  bâtimens  gotiques.  Il  en 
a  été  alTez  parlé  dans   rÉlTai ,  où  en-  ^^-  P- 1>  - 
traîné   par    la  décifion  de  M.  Leheuf  ^       ' 
on  paroîc  adopter  la  date  que  cet  Au- 
teur donne  à  ce  petit  édifice,  c'ell-d- 
dire  l'année    1599.  Maintenant  qu'une 
infcriprion  ,  que  la  pouffiere  de  plufieurs 
ilecles  déroboit  entièrement  d  la  vue, 
vient  de  redécouvrir ,  nous  pouvons  af-    ^"^^  «» 
furer  qu'il  ell:  de  dix  années  plus  ancien.  ""{lufpTu. 
Cette  infcriprion,  qui  remplit  tout  lecir-î!"'  pout^ 
cuit  de  1  ogive,  a  ete  lue  &  examinée fein  de  la 
avec   le    plus  ^rand   foin  &  toutes  les  ""sne^e 
précautions  nccellaires,  par  une  perlonne premier^ 
bien  nu  fait  -,  la  voici  telle  qu'on  l'a  dé-  f-aJ^'^io^' 
ciiifFrée.   En  V honneur  de  Dieu  fa  fait  ce  à  \2i  fin  de 
portai  6'  donné  par  un  des  Paroifliens  &  ;^^'^^'^'^se» 
Ja  jemme  _,  L  an  de  grâce  mu  CCC.  IJII.  terre     vi- 
vins  &  VIIJI.  Prieipourles  Bienfaicîeurs  expiLniéef 
de  la  dicte  Eglife  y   &   pour  tous  autres 
qui  meflier  en  ont  ^  fi  vous  plaifi. 

Cette  ii^fcriprion  fait  preuve  que 
Sauvai  &  M.  Lebeufonz  parlé  fans  être 
aflfurés  de  la  date  qu'ils  avançoient;  dc 
Sauvai^  ciré  par  ce  dernier  Hiftorien^ 
a  cru  la  voir  dans  un  extrait  des  comptes 
de  la  Prévofté  de  Paris,  (a) 

(  a  )  Cet  extrait  qui  fe  lit  dans  Sauvai ,  énonce  T.  5 ,  fi 
fous  la  date  de  155;^,  q;:e  îlamd  tient  pour  4  fois  -Î7- 


3?      Histoire   Critique 

Cette  petite   porte  étant  de   l'année 
15895  il  s'enfuit  que  les  dévots  Ecri- 
vains faifoient  travailler  en  mcme-tems* 
à  deux  endroits ,   fi  cependant  il  ell:  af- 
furé»que  l!arcade  des  Charniers  dont  on 
On  n'a  pu  yie^jt^e  parler  ,  foit  de  la  même  année, 
nouveau  ce  Ces  Bourgeois  avoient  donc  amalie  ua 
^"^"z^"  ^  fonds  fuftifant.    Peut-être  aufli  fonr-ce 
54,  noce     cts  ûcpenles  qui  occar.onnerent  inlenli- 
^*^  blement  les  dettes  qu'ils  contractèrent , 

comme  on  le  verra  dans- la  fuite.  Quoi 
qu'il  en  foit,  on  travailloit  erv  1389  à 
élargir  l'Eglife  de  faint  Jacques ,  6^  nos  zé- 
lés Paroilîîens  voulurent  fuivre  l'exemple 
de  quelques  autres  qui  répandoient  avec 

parifis  par  an  une  petite  place .à.  l' encontre 

St  Jacques  de  U  Boucherie  ;  fur  quoi  cet  Autcur 

ajoute  :  C'eji  la  place  or.  ic  (lit  N.  Flamel  a  fait 

hâtir  le  petit  portail  de  St  Jacques.  Le  compte  de  la 

Prévofte  parlant   d'une  place  qui  ctoir  encore 

alors  a  l'c7icontre  St  Jacques ,    il   s'enfuit    qu'il 

n'eft  point  queftion  de  celle  où  l'Ecrivain  avoit 

fait  bâtir  le  portail ,  mais  de  celle  de  fa  double 

V.  î^Tai,  éhoppe. 

f.  39-  J'ajoute  que  ce  prrit  portail  eft  tout  ce  que 

7;    ,  ^   p.  Flamel  a  fait  bâtir  de  ce  côté  ,  quoique  Sauvai 

2^1.   '        dife  qu'il  a  fait  le  côté  gauche  .,  le  contraire  le 

vérifie,  tant  par  la  date  connue  de  la  conftruc- 

tion  des  Chappelles  ,  que  par  le  bâtiment  de  la 

Aucompte  voûte,    faite  .  en  1404,     partie   du  produit  des 

de      1404.  quêtes.  Se  partie  aux  dépens  de  la  Fabrique.  Le 

ïirai ,    ju  reftc  de  cette  nef  ae  fut  terminé  qu'en  1^77  & 

T^.         ■      14«i, 


>  t3E  Nicolas  Fiamei.  |^ 
une  pieufe  profulion  leurs  largefTes  lur 
une  EgUTe  qui  n'a  été  prerqiie  bâtie  que 
de  bienfaits.  Mais  il  eft  bon  d'obier  ver 
qu'il  y  a  eu  bien  de  la  différence  dans  les 
contributions  :  Bouiard  àc  d'autres  bour- 
geois en  ont  fait  beaucoup  plus  que  les 
Ecrivains. 

Excepté  les  deux  bâtimens  donc  on 
vient  de  parler,  il  ne  m'a  rien  paru  de 
plus  dans  ce  genre  que  l'on  puilîe  attri- 
buer au  mari  <5c  a  L  femme  enfemble  , 
foit  dans  Paris  5  foit  à  S.  Jacques.  Et  Bor.  ^a^, 
quant  à  cette  paroiiîe  ,  iî  Borel  a  avancé  ^^^' 
que  fon  rient ,  de  Hamel  ,  la  plupart  de 
ce  qui  ejl  à  S.  Jacques  ;  bien  lom  que 
l'on  puiiFe  établir  la  certitude  de  cette 
tradition-,  il  QÎ'i  viiible  que,  tout  bien 
examiné,  à  quelques  dons  particuliers 
près  (^),  tout  ce  qui  dans  cette  Egli- 
îe  peut  regarder  ,  foit  Flamel  &  Per- 
nelie ,  foie  rlamel  feul,  fe  réduit  au  por- 
tail dont  on  vient  de  parler,  ^'i  cepen- 
dant on  vouloit  leur  attribuer  la  fonda- 
tion de  quelque  pilier  ,  dont  il  s'en  éleva 
plufieurs  de  leur  temps  (r) ,  en  ce  cas 

[b)  L«s  inventaires  inicrc's  dans  les  compre? 
<)e  la  Fabrique  de  ùÀ-ii  Jacojes  depuis  1404  jus- 
qu'à 1411 5  poi'tenr  ces  articles  :  Item  ,  un  tableau 
d'imagerie  aunep:îU  ds  N.  S.  que  Con  met  a->:x^ 
fi  fies  fur  le  grant  A/itel;  que  dxzna  NicoLis  fia- 
met.  Et  dans  un  autre  endroit  ;  Iiem  ,  an  tableaux 
ployans  à  une  pa-'jïo-a  d'un  cojîé ^  &  À  une  réfurrec" 
tion  d'autre  cofis  ,  Ù  Fa,  donné  de  nouvel  Nicolas 
Tlamcl  3  &  éî  oit  fur  le  grand  Autel. 

{c)  Il  a  été  remarqué  dans  l'EfTai,  pag.  fz, 
<iu'un  compte  de  dv'penfç  pour!  année  1468  ap:-. 


40     Histoire  Critique 
nos  bourgeois  en  auroient  été  quittes  I 
aulîi  bon  compte  que  le  furent  les  exé- 

y.  Efai  cuteurs  de  Jacqueline  laBourgeoife  :  Et, 
f*^.  »67'  £^j-^5  avoir  eu  befoin  d'une  tranlmutntioii 
opérée  par  le  creufer  ,  plufieurs  pièces 
d'écritures  un  peu  importantes ,  ôc  un 
gain  honnête  fur  la  vente  de  quelques 
livres  qui  ne  fe  donnoient  pas  alors  à 
bon  marché,  leur  auroient  bien  fourni 
une  fomme  de  vingt-deux  livres. 

Mais  il  faut  fuivre  6^  achever  l'énon- 
cé de  Borel ,  dont  on  vient  de  lire  quel- 
ques mots;  il  fournit  du  curieux.  On 
tient  aujji  de  lui  ,  dit  donc  cet  Auteur  ,- 
la  plupart  de  ce  qui  ejï  à  S,  Jacques  de  la 
Boucherie ,  comme  on  voit  par  les  infcrip^ 
lions  en  pierre  &  en  bois  _,  &  par  les  vitres 
qui  y  font ,  dont  une  partie  font  eftimées 
hiéroglyphiques  par  les  curieux  ,  entr' au- 
tres celle  où  on  voit  un  preffoir  de  raijins. 
A  entendre  le  Médecin  _,  ne  ciiroit -or» 
pas  que  l'i-glife  de  S.  Jacques  étoit  rem- 
plie d'infcriptions  drelTées  par  le  Philo- 
fophe  ?  On  a  mémoire  d'une  infcription 
qui  étoit  gravée  fur  du  cuivre,  6c  l'on 
fçnit ,  à  n'en  pas  douter ,  ce  qu'elle  con- 

E(rp.î9'  renoit  :  c'eft  ce  qu'on  a  vu  dans  l'Elfai, 

prend  qu'en  cette  année  on  rerommença  à  tra- 
vailler à  la  grande  nef  de  l'Eglife  de  faint  Jac- 
ques. Il  y  e'tC  die  que  l'on  reprit  l'ouvrage  dcprùs- 
les  chapiteittii,  des  piliers  en  atnont.  Flamel  auroic 
pu  faire  fonder  à  Tes  d^pen-  q^  elqucs-uns  de  CÇÎ 
bas  de  piliers  ç^ue  l'on  exhaulla  alors* 


D  E    N  TCO  L  A  s    F  L  AM  E  L.       4I 

^  ee  qui  fe  découvrira  mieux  dans  la 
fuite.  Une  autre  qui  eft  comme  l'Epita- 
phe  de  Flamel ,  fubtifte  encore  ,  &  peut- 
être  eft-ce   tout  ce  que  de  tranquilles 
curieux  y  ont  jamais  appereu.  Mais  puif- 
que  Borel  parle   d'infcriptions  gravées 
fur  du  bois ,  ôc  qu'il  ne  feroit  pas  éton- 
nant qu'il  y  en  eût  eu ,  voici  ce  qui  peut 
avoir  occasionné  quelque  gotique  fculp- 
ture  en  bois  ,  accompagnée  de  légendes. 
Au  temps  de  Flamel ,  il  y  avoit  à  faine 
Jacques  une  Chapelle  du  titre  de  S.  Clé- 
ment. Elle  étoit  placée  auprès  de  l'ancien 
clocher  j  &  comme  il  le  paroît ,  adolfée 
a  l'échoppe  même  de  l'Ecrivain  :  c'eft  ce 
qui  l'aura  engagé  a  choiiir  cet  Autel  pour 
y  faire  célébrer  les  meifes  qu'il  a  fondées 
pour  tous  les  mois  de  l'année.  Cette  Cha- 
pelle fut  fans  doute  ornée  de  quelque 
boiferie  aux  dépens  du  fondateur  ^  &  , 
félon  {on  goût  décidé ,  &  celui  du  fiecle, 
les  ornem€ns  gotiques .  de  même  les  lé- 
gendes, n'y  manquèrent  pas.  Peut-être 
en  voyoit-on  jufque  fur  le  coffre  (^)  à 
l'antique,  dans  lequel  on  confervoit  les 
ornemens  dépendans  de  cette  Chapelle» 

{a)  Au  fol.  ii6.  du  compte  de  1416  à  1431  , 
on  lie  :  Ou  coffre  de  la,  Chapelle  S.  Clyment  à 
T^f celas  Flamel  l'on  troptve  :  un  Calixte  avec  la  pa- 
tène d'argent  doré  3  &c.  Item  un  Mijfel  à  deux  fer- 
moirs de  cuivre  commençant  au  fécond  feuillet  eundo 
vos  libéra  6v.  \tem  un  ve(iement  de  drap  de  foye. 
noire  doublé  d'azur  ou  efl  écrit  N.  F.  en  la  ch.rju- 
tié>  év.  Le  lefte  des  ornemens  &  linge  eJft  peu.  de 


42.  Histoire  Cr.itique 
Borel  peut  en  avoir  appercu  quelques  veC- 
tigeSjquineparoiifencplus.C'éroirunou- 
vrage  de  Hamel ,  difoient  les  curieux  Al- 
chymiftes  :  donc  les  marmoufers  goti- 
ques que  l'on  voyoic ,  écoienc  des  hiéro- 
glyphes. C'eil:  ainli  qu'une  certaine  ma- 
ladie fait  voir  jaunes  tous  les  objets  :  à- 
une  imagination  vivement  occupée  de 
hiéroglyphes  tout  devient  hiéroglyphe. 
Il  n'y  a  pas  jufqu'aux  vitres  de  Tirghle  , 
&  entr  autres  celU  ou  on  voit  un  prejjoir 
de  raijins»  Remarquons  que  l'antiquaire 
énonce  une  vitre  qu'il  voyoit  alors  dans 

Bor.ibid.  g.  Jacqu3S ,  c'e(l-à-dire ,  en  1(^55  ,  an- 
née de  l'édiiion  de  fon  Tréfor  de  Re- 
cherches. 

Un  très  -  beau  vitrage  ,  dont  il  y  a 
encore  des  veftiges  aflez  confidérables  , 
fe  voyoit  en  entier  en  1(3  5  5  ,  &  il  n'a  été 
mutilé  que  depuis  une  trentaine  d'an- 
nées. Il  repréfentoit  un  preffoir ,  &c  ex- 
primoit  cette  prophétie  d'Ifaïe  :  Toradar 
cdlcavi  foius.  Le  Sauveur  paroifToit  dans 
le  bas  du  vitrage  ,   tournant  la  roue  du 

jf;c.6y  preffoir,  &  dans  le  haut  que  l'on  a  con- 

"•  *'^*  chofe ,  &  on  trouve  des  inventaires  d'autres  Cha- 
pelles qui  croient  j  &  plus  richement  ,  &:  plus 
anipiement  fournies. 

Au  même  comp:e  fol.  74.  on  lit  en  dcpenfc  : 
à  Jekan  i'ra?if(>'s  la  foin?ne  de  8  fols  qui  due  lui 
rtoiî  peur  avotr  fait  refaire  un  quartïtr  du  co>.ve- 
lefqvic  de  la  table  qui  couvre  In  table  de  l  Ai'tcl  de 
la  Chapelle  de  fa  JSlicûUs  kUmcl  peindre  Ui 
ymages,  6Vf 


DE    NiCOtAS    FlAMEL.       45 

fervé,  J.  C.  eil  environné  d'une  gloire  , 
&  couvert  d'un  vêtement  rouge  relative- 
ment à  ces  autres  paroles  du  Prophète  : 
Quare  rubrum  eji  vejlimentum  tuum. 

On  n'ignore  pas  que  les  Hermétiques, 
pour  qui  la  bénite  pierre  efl  un  miracle  , 
ptu  délicats  fur  les  applic;itions  qu'ils 
font  de  l'Ecriture  Sainte,  y  trouvent  par- 
tout leur  pierre.  Cent  exemples  que  l'on 
pourroit  en  apporter,  nous  meneroienc 
trop  loin.  Qui  ne  fixait  anllî  qu'ils  la  trou- 
vent cette  pierre  miraculeufe  dans  l'em- 
blème facré  du  Prophète  [^  ]  ,  qu'il  eft 
pour  eux  une  à^%  enveloppes  du  i^rand 
œuvre;  &  c'eft  delà  que  le  voyant  il  bien 
peint  dans  la  paroiife  fui  laquelle  Flamel 
a  vécu  ,  ils  ont  pen^é  'que  nul  autre  que 
lui ,  de  qui ,  félon  eux  .  vient  la.  plupart 
de  ce  qui  ejl  à  S.  Jacques  ,   n'a  pu  faire 

[«]  J'ai  en  main  une  image  finguiicre ,  déri- 

féeparquelqu'Alchymille,  oii  fe  voit  cet  em- 
lémc  (iu  prciToir.  On  y  apperçoic  au  fond  Jefus- 
Chiid:  courbé  tous  fa  croix ,  ^  placé  fous  la  pou- 
tre d'un  prefToir  :  un  Ange  en  tourne  la  vis.  Du 
prelfoir  fort  une  rigole,  qui  eil:  conduire  jufqu'à 
une  autre  image  du  Sauveur,  vérue  d'an  man- 
teau ,  5c  couronnée  à  l'impérial.^  La  rigole  palTe 
par  le  dos  de  J.  C.  &  traverfant  ton  côté  ouvert  , 
elle  defcenddans  unbailinoùle  Sauveur  eft  aiFis. 
L'imagi  natif  Auteur  a  accompngné  cttiç.  féconde 
fig  itères  fepr  planètes  fous  des  tcrmeshumaines. 
La  lune  fous  la  figure  de  Diane,  &c.  Mercure 
avec  fon  caducée  ,  tient  la  place  la  plus  cie-/cc. 
Le  nlm  s'y  voit  auffi,  5c  une  colombe,  qui  fans 
doute  figure  le  Saint  -  Efprir.  îl  y  a  encore  beau- 
coup d'autres  objets  fîngulieis  qail  feroit  trop 


long  de  décrire» 


44  Histoire  Critique 
élever  ce  vicrage,  &  en  même-teinps  les 
Bor.  ihid.  autres  vitaes  ejlimées  hiérogyphiqucs  par 
Us  curieux*  C^éroienc  des  effets  du  génie , 
comme  de  l'abondance  du  creufet  du 
Philofophe. 

Mais  Fiamel ,  qui ,  s'il  eiic  été  de  leur 
clafTe ,  auroit  pu  avoir  la  même  manie  , 
y  pcnfa-t-il  jamais  ?  Ce  qu'il  y  a  de  cer- 
tain 5  c'eil  que  iamais  il  ne  fit  peindre  la 
vitre  qu'a  vue  Borel.  La  raifon  en  eft  ^ 
que  cette  verrière  a  été  pofée  plus  de  cent 
dix-huit  années  après  la  mort  de  l'Ecri- 
vain [  ^].  Aufli  la  peinture  était-elle  en- 
tièrement dedinée  dans  le  bon  goût,  qui 
commençoit  à  reprendre  le  deiîlis  dans  le 
XVI  iiecle.  Et  Borel,  qui  parle  d'une 
vitre  qu'il  avoit  fous  les  yeux  ,  n'en  vo- 
yoit  pas  alors  d'autre  dans  S.  Jacques  , 
oii  le  même  fujet  s'apperçût  j  puifque 
tous  \qs  vitrages  de  l'Eglife  ,  excepté 
ceux  de  quelques  Chapelles  connues  , 
avoient  été  changés  depuis  l'année  1^24 
jufqu'en  164^1.  [b^ 

Les  curieux  Alchymifces  n'ont  pas  été 
plus  heureux  dans  la  découverte  qu'ils 
ont  cru  faire  du  portrait  de  Fiamel ,  re- 

[/?]  Il  eft  dit  dans  l'ErTai  p.  7(^.  que  le  vitraî^c 
que  les  Alchymiftes  ontartnbué  à  Fiamel ,  a  çzé 
pofé  en  I  c  î($  ,  cS:  c'eft  le  plutôt.  En  cette  année  la 
labrique  concéda  la  Chapelle  où  il  fut  placé  ,  a 
Jeanne  Lccomte  ,  veuve  de  Jacques  Bouiiîer,  62 
c"e(l  cette  veuve  qui  en  fît  la  dcpcnic. 

[h]  J'ai  fait  mention  de  ce  changement  dans 
l'Elfai ,  pag.  ji.  note  [a] 


DE  Nicolas  Flame  t.     45 

préfenré ,  dit  encore  Borel ,  en  riche  ha.r- 
h'ufur  une  vitre  vis-à-vis  de  fafépulturc. 
Ici  leur  critique  a  de  nouveau  échoué. 
Ils  ont  vu  dans  une  Chapelle  à  peu  près 
vis-â-vis  de  la  place  où  l'Ecrivain  a  été 
enterré  [  c  ] ,  le  portrait  fur  verre  du  ref- 
pectabie  Magiftrat  Jean  de  S.  Romain  , 
qui  dans  un  habillement  prefque  fembla- 
ble  à  celui  que  portoit  notre  bourgeois  , 
avoir  atfez  de  fon  air.  Le  Magiftrat  étoic 
en  riche  habit  j  il  convenoit  à  fon  état  : 
fa  robe  étoit  en  or  ,  &  le  manteau  ou  ha- 
bit de  delTus  en  écarlate ,  avec  le  chape- 
ron autour  cjii  col ,  fes  armes  étoient  à 
coté  de  lui.  Si  Ton  nous  eut  confervé  cet-  jr,  g^, 
te  vitre  qui  a  été  fouftraire  depuis  plufîeurs  i^i-  î^* 
annéesjuous  aurions  encore  le  portrait  de 
l'homme  célèbre  qu'il  repréfentoit ,  & 
la  preuve  fubiiftante  &  claire  de  ce  qu$ 
Ton  avance. 

Les  deux  bâtimens  dont  il  vient  d'être 
parlé  dans  ce  chapitre,  commençoient  à 
expofer  Flamel  éc  Pernelle  aux  yeux  de 
leurs  concitoyens  3  &  a  les  faire  confidé- 
rer  comme  de  riches  bourgeois.  On  ver- 
ra dans  une  autre  partie^comment  l'Ecrir 

[r]  Borel ,  &  les  curieux  dont  il  a  tiré  des  lu- 
mières j  n'ont  pu  voir  au  lieu  qu'ils  ont  indi- 
qué ,  d'autre  portrait  qui  pût  être  de  Flamel  ;  puif- 
qae  les  autres  Chapelles  qui  font  auprès  de  cet  en- 
droit, n'ont  été  bâties  que  depuis  Flamel.  Le  por- 
trait de  l'Ecrivain  n'ctoir  pas  non  plus  dans  la 
nef  vers  le  lieu  de  fa  fépulture  ;  les  fenêtres  de 
cette  nef  n'ont  été  faites  qu'après  1468. 


4<>  Histoire  Critique 
vain  dans  fbn  veuvage ,  a  donné  lien  a 
raccroilfemenr  d'une  vépiiration  dont  le 
mari  (Se  la  femme  jetterent  enfemble  3c 
de  bonne  heure  les  fondemens.  Mainre- 
nanc  voyons  ces  deux  époux  agir  pour 
eux-mcmes. 


CAPITRE    VI. 

Flamel  &  Femelle  fe  font  un  don  mutuel^ 
qiiils  renouvellent  plujieursfois* 

L'Amour  réciproque  des  deux  époux , 
&c  la  foUicitude  qu'ils  eurent  l'un 
pour  l'autre ,  les  engagèrent  a  fe  grati- 
lier  de  bonne  heure  d'un  don  mutuel.  Je 
l'ai  indiqué  dès  le  commencement  de  cec 
ouvrage  :  mais  les  aéles  de  cette  eÇ^ecQ 
qu'ils  firent  enfuite  pour  cimenter  cette 
première  opération ,  Se  dont  nous  allons 
nous  occuper ,  demandent  un  détail  dans 
lequel  je  vais  entrer. 

Pernelle  éroit  d'un  certain  âge.  Le 
jTjari  &  la  femme,  unis  depuis  pfufieurs 
cnnées,  ne  fe  voyoient  point  d'enfans  : 
ils  penferenr  donc  à  s'afliirer  l'un  à  l'au- 
tre ,  non-feulement  le  bien  qu'ils  avoient 
déjà  acquis  dans  leur  communauté  ^  Sc 
-  celui  qu'ils  efpéroient  acquérir  au  plaijir 
de  Dieu  &  par  leur  bonne  diligence  ,  mais 
encore  celui  qu'ils  avoient  acquis  avant 
leur  mariage.  Tel  eft  l'objet  entier  de  ce 


P  E    N  I  C  0  L  A  s    F  L  A  M  E  L.       47 

premier  acle  mutuel.  Les  deux  époux  le 
font  de  leurs  bons  grésthonnes  volontés,  .  . 
,  .  &  mefmement  la  dicle  femme  fe  répu^ 
tant  par  bon  confeil  eu  avec  plujieurs  de 
fes  affins.  Cet  expofé  fans  doute  n'eil:  pas 
feulement  de  ftyle ,  &  il  importe  pour  la 
fuite  :  âinfi  Pernelle  agiiToit  en  toute  li- 
berté. C'étoit  pour  l'avantage  d'un  mari 
laborieux  :  elie  craignoit  que  le  fruit  des 
travaux  de  ce  cher  époux  ne  palfât  à  à^s 
collatéraux.  On  trouve  ce  premier  doa 
en  entier  parmi  \qs  pièces ,  6c  je  n'en  dis 
pas  davantage. 

Les  Ju ri fconful tes  décideront  de  la 
folidité  de  l'acbe  par  rapport  au  temps  oîi 
il  a  été  fait.  Cependant ,  foit  que  le  mari 
&  la  femme  craignilfenr  quelque  défauc 
qui  invalidât  leur  don  ,  foit,  &  plutôt 
comme  il  y  a  lieu  de  le  penfer ,  pour  fe 
lier  davantage ,  ils  renouvellerent  cette 
grâce  mutuelle  ,  le  lo  de  Septembre 
138^,  dix  ans  &  cinq  mois  après  leur 
premier  ade.  Un  feul  objet  les  occupoit 
dans  ce  premier ,  c'étoit  l'afFedlion  qu'ils 
fe  portoient  l'un  à  l'autre.  Dans  celui-ci 
un  autre  motif  les  fait  agir  :  ce  font  \qs 
isuvres  de  piété.  Ils  donnent  toute  la  par^ 
■tie  du  premier  mourant  cz/za;  Eglifes ,  au.-c. 
pauvres  ^aux  perfennes  miférables  ;dc  cette 
partie  doit  être  employée  par  celui  des 
deux  qui  furvivra,  foit  de  fon  vivant  , 
fpit  par  fon  teilament  >  comme  bon  lui 


48  HîSTOTRÊ  Critiqua 
jemblera  &  félon  fa  confcience  feulement^ 
La  religion  fe  joint  donc  ici ,  comme  on 
le  voit ,  aux  fentimens  naturels  qui  pa- 
roiffent  aulîi  ;  puifqu'ils  difent  qu'ils 
agilTenc  ainfi  afin  qiiQchafcund^eux ,  tant 
comme  il  vivra  en  ce  monde  _,  p^iffc  avoir 
fa  vie  honejlement  félon  fôn  eftat. 

Mais  ce  dernier  motif,  effet  de  l'a- 
mour mutuel  t  aufîî-bien  que  de  la  crain- 
te que  l'un  àts  deux  époux  ne  relfentîc 
le  befoin,  fournit  une  réflexion  toute 
naturelle.  Comment  fe  peut-il  que  ce 
mari  &:  cette  femme,  quatre  ans  après 
î)u^-^un^  leur  riche  découverte  ,  fuflent  encore  in- 
^'"^^^  ^'  quiets  fur  le  fort  de  celui  des  deux  qui 
furvivroit  ?  Quel  befoin  Flamel ,  en  pof- 
feflion  de  la  plus  belle  tnine  d'or ,  avoit-il 
du  bien  de  Pernelle?Et  Pernelle,  de 
de  {on  côté  ,  auiîi  adroite  que  fon  mari 
à.  parfaire  le  grand  œuvre,  fon  aide  dans 
cette  furprenanre  &  féconde  opération  , 
que  craignoit-elle?  Je  l'ai  parfaite  trois 
y^/5 5  dit  l'Adepte,  dans  le  Roman  her^ 
Pxg.  H- ï^^^^ue,  avec  l'aide  de  Pernelle  ^  qui 
Ventendo'it  auffi-bien  que  moi  pour  m'a^ 
y oir  aidé  aux  opérations ,  &^fans  doute  Jl 
elle  eut  voulu  entreprendre  de  la  parfaire 
feule  ,  elle  enferoit  venue  a.  bout»  C'eft-a* 
dire,  qu'elle  écoit  devenue  Adepte  comb- 
ine fon  mari  ,  &  même  que  le  grand 
œuvre  n'étoit  plus  pour  elle  qu'w/z  jeu 
d'enfans  ;  c'écoit  proprement  fon  ouvrage, 

un 


l^E-N.ICOLAS    Flamel.      49 

un  ouvrage  de  femme   [a],  lis  n'avoienc 
donc  pas  beloin  ,  pour  avoir  leur  vie  ho^ 
nefiement ,  de  la  parc  de  celui  qui  décé- 
deroic  le  premier  ;   &"  pourquoi  encore  , 
pour  des  œuvres  pies  qu'ils  pouvoienc 
taire  indépendamment   de    cette  part  , 
fiuilrer  leurs  héritiers  d'un  bien  qu'une 
loi  Julie  leur  donnoit  ?  fuivons  rhilloire. 
Flamel  &  Pernelle,  qui  n'avoient  pas 
été  tranquilles  après  leur  premier  adte , 
ne  le  furent  pas  encore  après  le  fécond. 
L'inquiétude  étoit,  ce  femble,  du  côté 
du  mari.  Pernelie  avoit  une  fœur  nom- 
mée ilabelie,  mariée  a  Jean  Perrier  , 
marchand  de  Vin  ,  ou  Tavernier ,  com- 
me on  parloir  alors.  Perrier  n''avoir  point 
d'énfans  d'ifabelle  ,  comme  je  l'ai  die 
dans  l'ElFai  [^];  mais  cette  femme  en 
avait  trois  d'un  premier  mariage  qu'elle 
avoit  conticiclé  avec  un  nommé  Guillau- 
me Lucas  :  c'eft  ce  que  prouve  un  article 
du  cellament  de  Pernelie.  Ainfi  celle-ci 

[^J  Les  Philo/hphes  dtfent  prefqu-e  tous ^  que  le 
grand  œuvre  e[i  un  ouvrage  de  femme  &  un  jeu 
d'en/ans^  pour  fignifier  la  fa,cdiie  de  parfaire  la 
pierre  a  ceux  qui  Jônt  infiruiîs  des  opérations  :  &  la 
ckofe  efl  vraie  fans  doute  ;  car  fi  elle  eût  été  bien  dif- 
ficile^ ils  ne  fe  feraient  pas  tant  appliqués  à  Us  ca^ 
çher^  y  &c.  C'eft  ce  qu'on  lit  à  la  page  56 1  du  Die- 
cionnaire  Myco-heimériqu;  de  D.  Pernery. 
'  [^  1  II  faut  corriger  dans  l'Elfai  fur  S.  Jacques , 
une  fâuce  qui  s'y  ert  giiilce  fur  Perrier  :  page 
I  f  9  ,  ligne  19  ,  au  lieu  de ,  il  en  avoit  ,  lire  il  y  en 
avoit  d'un  ^premier  lit  dlfihclle  j  &  cnco'e  à  la  pa^e 
i^i ,  ligne  1 ,  au  lieu  de  Verrier ,  mettre  d^lfahetU* 


50  His  T  o  iR  E  Critique 
avoit  trois  neveux  ,  qui ,  par  leur  mère 
Ifabelle  ,  dévoient  hériter  de  droit  de 
leur  tante.  Un  don  mutuel ,  de  plus  en- 
core ,  une  difpolltion  abfolue  de  la  fuc- 
celîion  pour  des  œ-ivres  pies  ,  ne  dévoie 
pas  plaire  à  des  gens  que  ce  bien  regar- 
doit  de  Cl  près,  &  dont  ils  pouvoient 
efpérer  de  jouir  bientôt  ,  à  caufe  du 
grand  âge  de  Pernelle.  Soir  donc  inquié- 
tude de  la  part  de  Flamel  ,  qui  pou- 
voit  craindre  qu'Ifabelle  ne  prît  quelque 
empire  fur  refprit  de  fa  fœur,  foit  plu5 
grande  précaution  ,  le  don  muruel  ell 
encore  renouvelle  le  18  de  Septembre 
13 88,  deux  ans  de  huit  jours  après  le 
premier  renoiivellemenr. 

A  quelques  différences  près,  ca  troifîe- 
me  adte  eft  entièrement  conforme  à  celui 
de  1 5S(^,exceptéquerony  trouve  plus  de 
force  dans  les  renonciations  qui  font  de 
flyle  dans  les  acftes  ;  les  voici  :  Et  renori" 
cerent  iceitx  mdrics  exprejjhnent par  leurs 
fermens  fais  &  jurés  ausjains  Evangiles  de 
Dieu ,  &  par  la  foy  de  leur  corps  pour  ce 
donnée  es  main  des  dicîs  Notaires  a  toutes 
exceptions  ,  grâces ,  lettres ,  difpenfes  & 
impétrations  ;  (S*  à  tout  ce  qu  on  peut  dire , 
rropofcr ,  ou  alléguer  &  qui  aidier  &  va^ 
loir  leur  pouroit  à  venir  faire  ou  dire  con-- 
tre  ces  lettres  y  dcc.  Avo.ïM  ceci,  ilsdifenc, 
la  quelle  grâce  viutuelle  les  dits  mariée 
rouldrent  valoir  joir  &  avoir  fon  plein  ef^ 
fec  des  mai/it^^ant/ans  la  jamais  révoquer 


DE  Nicolas  Flamel.  5* 
Je  tour  es  voyes  d'un  commun  ace  on  ,  ils 
nt  la  vouldrent  rappelUr  enfemble  & 
€jlre  nulle.  Flamel  6c  Pernelle  s'engagent 
Àonc,  avec  les  précautions  les  plus  éten- 
dues,  à  foutenir  leur  nouvel  aâre,  & 
ils  le  fortifient  par  la  religion  d'un  fer- 
irient  fait  furlesfaints  Evangiles. 

Près  de  huit  années  s'écoulent.  Se  ni 
Tun  ni  l'autre  de  ces  deux  époux  ne  don- 
nent d'atteinte ,  du  moins  marquée  ,  a 
ieurs  engagemens  réitérés.  11  fembl© 
néanmoins  que  fourdement  on  travail- 
loit  i  giigner  refprit  de  Pernelle.  La 
feur  Ifabelle,  le  beau-frere  Perrier,  les 
trois  neveux ,  Guillaume  ,  Oudin  ,  &: 
Colin  { ce  font  les  noms  des  enfans  qu'Ifa- 
belle  avoit  eus  de  fon  premier  mariage  ) 
ctoient  vraifemblablement  inftruits  Aqs 
<iifpo(îtions  de  Flamel  &  de  fa  femme  , 
&  fans  doute  ils  lailfoient  appercevoir 
leur  mécontentement.  Pernelle  pouvoir 
écouter  le  cri  de  la  nature ,  qui  parloir 
pour  fa  fœur  &  £qs  neveux  ;  Flamel  , 
toujours  ferme  dans  fon  objet,  prit  alors 
des  mefures  pour  fixer  la  volonté  chan- 
celante de  fa  femme.  Il  voyoit  que  le 
terme  de  fa  vieille  époufe  approchoit , 
&  que  l'on  méditoit  un  teftament  ou 
tout  pouvoir  être  détruit.  Une  nouvel- 
le ratification  des  premiers  aétes  parut  à 
cet  homme  une  barrière  contre  le  chan- 
gement qu'il  appréhendoit.  Cette  ratifi- 

Cij 


51     Histoire  Critique 

cation  eft  du  famedi  cinq  Août  \^^(j  ^ 
environ  un  an  avant  la  mort  de  Per- 
ijelle.  Nous  l'avons  en  deux  petits  ac- 
tes de  même  date ,  palTés  chez  le  m.c- 
me  Notaire.  Excepté  quelques  mots 
tranfpofés,  ces  deux  ades  font  parfaite- 
ment femblables.  L'un  eft  du  mari,  qui 
n'eut  pas  fans  doute  de  peine  à  s'y  réfou- 
<lre  ;  la  femme  cependant  y  parle  aufîî 
comme  autorifée  du  mari.  L'autre  ade 
eft  entièrement  de  la  part  de  Pernelle  ;  Se 
comme  la  pièce  eft  courte  Se  curieufe^ 
je  l'infère  ici  en  entier. 

»  Pernelle  ,  femme  de  Nicolas  Fla- 
}>  mel ,  autorifée  fur  ce  du  dict  Nicolas 
3)  Sec,  loa ,  gréa  ,  ratiffia  Se  approuva 
3)  toutes  Se  chafcunes  les  ordonnances  , 
59  promefTes  ,  accors  ,  grâces  mutueles  , 
39  dons  ,  aumofnes ,  tranfports  6c  autres 
j5  chofes  qui  peuvent  avoir  été  faites  Se 
5)  paftees  ,  entre  elle  Se  fon  di6t  mari  , 
5»  en  quelque  manière  que  ce  foit  félon 
5>  leur  forme  Se  teneur,  fans  rien  excep- 
39  ter.  Et  icelles  chofes ,  grâces  mutueles 
33  ou  autres  ordonnances ,  volt  des  main- 
33  tenant  pour  lors,  &  des  lors  pour  main-r 
33  tenant  eftre  tenues  Se  accomplies ,  fans 
ji  aler  ou  faire  aire  aucontraire ,  par  voye 
33  de  reftamenr  de  dernière  voulenté_,  ne 
3?  autrement  :  en  déboutant  Se  voulant 
j?  être  déboutés ,  tous  héritiers  Se  autres 
>»  gui  vouidioien:  aler  au  contraire  Sec^ 


i>E  Nicolas  Flamèl.  55 
3;  Non  obftant  droits,  couftumes  ne  au^ 
5î  très  chofes  a  ce  contraire.  Mefuiemenc 
j5  que  à  ce  avoir  fait  fe  tient  moult  teniie 
33  en  confcience  pour  certaines  caufes  , 
35  &c.  promett.  &c.  oblig.  dcc.  coux. 
î>  6<:c.  ^.  a  tout  ce.  &c.  garent  fe  mef- 
3î  tier  eft.  ôcc.  Jur.  Voul.  &c.  Fait  l'an 
3>  mil  trois  cens  quatre  vins  ôc  feze  le 
>5  famedi  cinq  jour  du  mois  d'Aouft.  >5 
Beauvais ,  Delanou'é» 

La  pièce  qu'on  vient  de  lire  eft  claire  ; 
&  ,  excepté  une  claufe  qui  demande 
quelqu'attentioh ,  elle  n'a  pas  befoin  de 
commentaire. 

Pernelle  dit  qu'elle  agit  par  ccnfcien-' 
C€\  c'eft  aufîi  l'exprellion  dont  fe  fervent 
ces  deux  époux  dans  l'aéte  qui  leur  eft 
commun  :  mefmement ^  difent-ils  ,  que 
à  ce  avoir  fait  fe  tiennent  moult  tenus  en 
confcience.  Il  faut  avoir  recours  à  la  con- 
jecture fur  ce  motif  édifiant  3  puifqu'au- 
cune  des  pièces  qui  fubfiftent  ne  noas 
découvre  rien  de  certain  à  cet  égard. 
Flamel  Se  fa  femme  ne  fe  feroient-ils 
pas  engagés,  par  quelque  promeiTe  {o^ 
lemnelle,  de  confacrer  à  Dieu  tout  le 
fruit  de  leurs  travaux,  après  la  mort  du 
furvivant }  Leur  bien  confiftoit  en  des 
acquêts  ou  conquêts  -,  ils  étoient  libres 
d'en  difpofer  :  de  plus  ,  dans  leurs  ades 
mutuels  _,  après  avoir  parlé  des  foins  ôc 
des  peines  qu'ils  ont  pris  pour  acquérir 

Ciij 


54  HitoiréCritiquë 
leurs  biens  ,  ils  reconnoiirent  en  bons 
chrétiens  le  premier  Auteur  de  leurs  ri- 
chelTes,  ôc  difenr,  que  Notre  Seigneur 
J.  C.  les  leur  a  prejles  en  cette  mortel  vie* 
Occupés  de  cette  vue  ,  ils  fe  feront  cru 
obligés  en  confcience  ,  du  mains  Fia- 
mel,  de  les  rendre  à  J.  C. ,  foit  dans  la 
perfonne  des  pauvres ,  foir  dans  celle  de 
{qs  Miniftres.  Flamel  pourroit  bien  s'y 
être  engagé  le  premier,  6c  Pernelle  avoir 
été  entraniée  par  les  exhortations  de  Ton 
pieux  mari  :  mais  il  s'qw  falloir  que  fa 
volonté  ,  quelque  forte  &  déterminée 
qu'elle  le  pnroirfè  ici ,  fût  bien  nffermie. 
Elle  va  noiiS  donner  nn  exemple  hï&x 
marqué  de  l'inconftance  fi  naturelle  i 
l'humanité. 


CHAPITRE     VII. 

Pernelle  fait  fon  Tejlament  y  ou  elle  ri- 
voque  le  don  mutuel.  Elle  ordonne  un 
pélerinaf^e  à  Boulogne  fur  mer.  Elle 
rétablit  le  don  mutuel  par  un  codicille,. 

UN  an  après  WCtQ  qui  vient  d'èrre 
rapporté,  le  15  du  mois  d'Août 
1397,  Pernelle  ,  attaquée  de  la  maladie 
dont  elle  mourut  ,  fit  fn  difpofition  tef- 
tamenraire.  L'étendue  de  ce  teftamenr, 
les  détails  dans  lefquels entre  la  malade, 
font  connojcre  que  depuis  long  -  temps 


Dï  NiCO  L  A  s  Ft  A  MÊ  t.  55 
elle  le  médicoir.  Mais,  après  des  adtes 
auflî  folemnels  que  ceux  qu'elle  avoijf 
iignés,  on  peut  dire  que  cette  dernière 
pièce  eft  l'ouvrage  de  la  fuggeftion  ,  8c 
qu'eu  égard  aux  fenrimens  que  Pernelle 
avoit  manifeftés,  la  nouvelle  lumière  , 
qui  dans  ce  moment  éclaira  fa  confcien- 
ce,  ne  dut  être  qu'un  faux  jour  qui  Té- 
blouit.  Ce  teftamenr  eft  en  entier  parmi 
les  pièces  ;  il  eft  affez  inréreffant  pour 
être  lu  :  arrêtons-nous  feulement  ici  fur 
quelques-uns  des  articles  qu'il  renferme. 

Une  impreffion  étrangère  apurement 
dirigé  les  paroles  de  la  teftatrice.  On  a  vu 
dans  les  actes  précédens  inquiétude  ré- 
ciproque dQS  deux  époux  ,  flc  dans  celui- 
ci  on  apperçoit  une  indifférence  marquée 
pour  un  mari  qui  jufqu'alors  avoic  paru 
lui  être  extrêmement  cher.  Les  exécu- 
teurs qu'établir  Pernelle,  font  trois  étrart^ 
-gers  :  d'ailleurs  bien  loin  de  donner  à 
Ion  époux  cette  marque  de  confiance  , 
elle  garde  fur  lui  un  filenceque  l'on  peut 
regarder  comme  infultanr.  Elle  le  nom- 
me; mais  c'eft  en  déclarant  qu'elle  rap^ 
pelle  &  révoque  toutes  les  lettres  tant  mu- 

tueles  de  don  efgal  comme  autres 

pajfées  à  Nicolas  Flamelfon  mari  &  aveC" 
ques  lui  &c.  Ce  n'étoit  point  Pernelle  qui 
parloit  ;  c'étoit  Perrier  ou  Ifabelle. 

Ifabelle  parla  fans  douce  encore  en  fa- 
veur de  fes  enfans,  &  elle  eut  la  fatif- 

Ciiij 


5^     Histoire  Critique 
fadion  de  les  voir  nommés  dans  le  tefta* 
ment  de  fa  fœur.Ce  fut,  à  la  vérité  > 
pour  une  fomme  qui  paroît  aujourd'hui 
très  modique;  mais  elle  ne  Tétoit  pas 
alors.  Dans  la  fuite  cette  fomme  fut  aug- 
mentée :  cependant  s'ils  eurent  davanta- 
ge 5  par  une  condition  relative  à  l'accom^ 
modement  des  affaires  ,  le  bien  qui  de- 
voir leur  revenir  par  leur  mère  ,  s'éva^ 
nouit  pour  eux.  On  le  verra  dans  la  futfo. 
Un  autre  arricle   du  reftament  alTee 
curieux  ,.  6c  même  important  ponr  notre 
objet  y/^rainCi  énoncé.  Item  voult  &  or^ 
dena  un  voyage  être  fait  une  fois  par  un 
homme  pèlerin  de  pié  y  à  N,  D,  de  Bou- 
longne  fur  h  mer  y  au  quel  pèlerin  pour 
le  marc  çç  faire  elle  voult  quatre  livres  tournois 
*^àT  k  h  ^    ^^^^  baillés  &  payés  par  lefdis  exécuteurs, 
Kov.  1599  Le  falaire  éft  foible  pour  un  voyaye  d'en- 
V'EiInc^'  viton,  foixante  lieues  :  Mais  peut  -  être 
Ccs4iivies  qu'au  temps  de  Pernelle,  où  les  péleri- 

roiemn^:oL"^g^5^^<^^^"^  ^*^^^  ^^  vigueur,  des  liom- 

tcr  auioui-  nies  pcu  intérelfés  fe  prêtoient ,  par  une 

ou  17  liv.  vue  de  religion  ,  a  ces  œuvres  pies  ,  oc 

tenoient  la  place  de  ceux  qui  par  eux 

mêmes  ne,  poiivoient  les  accomplir  :  l'ex- 

>reiIion  d  homme  pèlerin  de  pied  femble 

'infinuer.[  ^2] 

['<ï]  Je  ne  cite  pointpour  exemple  de  ces  Teîe- 

_  -^  .  rins  de  pied,  celui  de  C  halos  de  S.  Mars,  dont  il 

;  *_/'"  a  cté  parle  dans  l'Ellai  d'après  l'auteur  des  monu- 

' '***      *      mens  de  la  Monarchie  Françoifc.  M.  d'Hofîer  de 

Serigny,  dans  l'on  Armoriai  de  la  NoblelTe,  a 

démonué  la  fau/Teté  de  la  charte  d'annoblUfe- 


w 


DE  Nicolas  Flamel.  57 
Lateftatrice  ajoute  lequel  pèlerin  fera 
chanter  &  dire  en  VEglife  N,  D,  ou  dit 
lieu  deux  mejfes.  C'ejl  ajfavoir  l'une  du 
S,  Efperit ,  &  l'autre  de  N.  D,  &  offrira 
un  cierge  de  cire  pefant  dou:[e  livres  ,  &Ji 
payera  pour  chafcune  mejjk  deux  fols  p a- 
rijis.  Il  n'eft  point  parlé  d'autres  dons  de 
Pernelle  pour  cette  Eglife.  Sa  fuccelîîon 
en  fut  quitte  à  peu  de  frais  :  douze  li- 
vres de  cire  ,  qui  alors  valoic  environ 
trois  fols ,  6c  quatre  fols  tournois  ou  cinq 
fols  parifis  pour  les  deux  melFes  :  voild 
toute  la  dépenfe. 

Ce  voyage  à  Boulogne  fur  mer  put 
néanmoins  paroître  quelque  chofe  de 
plus  confidérable  qu'il  ne  reçoit  en  etîbr. 
Peut-être  le  regarda-t-  on  comme  extraor- 
dinaire de  la  part  d'une  limpie  bourgeoi- 
fe.  On  en  parla;  la  renom.mée  ,  qui  grof- 
fît  toujours  les  objets ,  enfla  les  récits  , 
&  le  goût  du  merveilleux  les  ht  adopter. 
11  y  a  tout  lieu  de  croire  que  c'eft  d  nprès 
ces  récits  d'autant  plus  enflés  ,  qu'ils 
avoient  palfé  par  plus  de  bouches  >  que 
TAuteur  àts  Explications  des  figures  da 
Charnier  fait  parler  Flamel  fur  un  lieu, 
nommé  Boulogne,  Cet  Auteur  ,  après 
avoir  fait  raconter  à  fon  Philofophe  ,  p.-^e  ^î, 
comme  àQs  euèts  prodigieux  de  fon 
inépuifable  creufet ,  une  multitude  de 

ment  de  Châlos  &  de  fon  voyage  fait  à  pied  à 
Jérufalëm  pour  Iç  Roi  Philippe  I. 

Cv 


58       H  I  s  T  O  I  RE    Cr  I  TIQU  E 

biens  opcrcs  dans  Paris,  biens  dont  Je 
réferve  l'examen  pour  la  fuite ,  il  lui  fait 
ajouter  :  outre  ce  que  nous  avions  fait  à 
Bolcigne  ,  qui  nejl  guieres  moins  que  ce 
que  nous  avons  fait  icy. 

Flamel  &  Pernelle  font-ils  donc  les 
fondateurs  ^  ou  au  moins  les  reftaurateurs 
de  l'ancienne  &  fameufe  Eglife  de  No- 
tre-Dame de  Boulogne  fur  mer ,  ou  de 
celle  de  Boulogne  proche  de  Paris  ?  (  Car 
les  Auteurs  qui  ont  parlé  de  Flamel,  ne 
font  pas  d'accord  duquel  de  ces  deux 
Boulogne  il  eft  queftion  dans  le  traité.  ) 
Mais  quelle  que  puiffe  ctre  cette  Eglife  , 
il  eft  d  prefumer  que  s'ils  avoient  fait 
dans  Tune  ou  dans  l'autre,  àts  fonda- 
tions aufli  confidérables  que  celles  que 
1*011  prérend  qu'ils  ont  faites  a  Paris ,  il 
y  auroit  quelque  monument  qui  en  au- 
loit  confervé  la  mémoire  :  le  temps  ,  qui 
détruit  tout,  laiffe  toujours  appercevoir 
au  moins  quelques  veltiges  de  ce  qui  a 
été  immenfe.  Voici  cependant  le  réfultac 
des  informations  faites  avec  exactitude 
fur  les  lieux, 
i.<iu\9  A  Boulogne  fur  mer ,  on  ignore  par- 
Avnli7)9'  fairement/&  Flamel,  &  Pernelle.  Une 
lettre  écrite  de  cette  Ville  par  M.  Dau- 
phin d'Halinghen  ,  JVlagiftrat  connu  , 
porte  que  M.  de  Marfilly  ^  Grand-Vicai- 
re 5  a  fait  les  plus  exacles  recherches  dans 
ie  Channer  du  Chapitre^  fans  avoir  rien 


.06. 


©E  Nicolas  Flamel.  551 
trouvé  qui  concernât  les  prétendues  doua-- 
tiens  ,  fondations  ,  ou  dotations  faites 
par  Nicolas  FlameL  Et  ce  n'eit  pas  que 
cette  Eglife  manque  de  titres.  La  lettre 
ajoure ,  qu'il  y  a  dans  Us  archives  des  ci" 
très  qui  remontent  au  dow^ieme  &  att 
onzième  fiecle. 

Si  rien  ne  fe  fait  appercevoir  à  Bou- 
Jogne-iur-mer ,  ce  fera  donc  à  Boulogne- 
fur-feine ,  ou  les  Menulsy  proche  de  Pa- 
ris. En  effet,  M.  l'Abbé  Lenglet ,  qui 
copie  prefqu'en  entier  dans  fon  Hif- 
loire  de  la  Philofophie  hermétique  ,  le  r.t.^a^, 
récit  attribué  a  Flamel,  dit  que  c'eft  a-' 
Boulogne  près  Paris  ,  que  le  Philofophe 
a  fait  travailler.  Mais  ii  cet  Auteur  s'é- 
toit  donné  la  peine  de  faire  des  infor- 
mations ,  fur  le  lieu  même ,  il  y  auroic 
appris  qu'à  Boulogne  les  Menuls  il  n'y 
eft  pas  plus  queftion  de  Flamel  qu'à  Bou- 
logne-fur-mer. 

En  effet  quelque  recherche  que  Ton 
ait  pu  faire  dans  cette  Eglife  Royale  qui 
eft  plus  ancienne  [a]  que  Flamel ,  on  n'/ 

[a']  Quoique  l'Eglife  de  Boulogne ,  près  Paris, 
n'altéré  coiilacrée  par  Guilhume  Charrier ,  Eve- 
que  de  Paris  ,  qu'en  l'année  14^9  ,  Q-l\z  eft  cepen- 
dant beaucoup  plus  ancienne.  Un  mémoîr;^ ,  qui 
nous  a  été  fourni  par  M.  Henocq  ,  adiucllement 
Curé  de  cette  paroilTe  ,  porte  que  le  Roi  Philip- 
pe V  ,  dit  le  Long ,  donna  det  lettres  parentes  en 
février  i^i;?,  ran:  pour  l'érablilTemcnr  en  ce 
lieu,  d'une j:onfrairie  en  l'honneur  de  N.  D.  de 
Boulogne  fur  mer ,  (jue  pour  le  bâtiment  d'une 

Cvj 


le  Beuf 


60       H  I  S  T  O  I  R  Ê    C  R  I  T  I  Q.U  E 

a  trouvé  aucun  de  ces  veftiges  que  ce 
cciebre  hcrivain  avoir  coutume  de  lail- 
fer  par-tout  où  il  mettoii  la  main.  Son 
ëcntoire,  fes  légendes  dévotes ,  {qs  pré- 

Eglife.  Ce  Prince ,  accompagne  de  Charles  foa 
fiere  ,  <k  de  Philippe  de  Valois  Ton  coufin  ,  pofa 
la  prcraiere  pierre  du  bâiimenc  dans  le  même 
mois  de  Février  &  dans  la  même  année.  Il  Te 
coiifervc  roigncufemenî:  dans  le  tréfcr  de  cettfi 
Eglife  deux  niiellesqui  fervireni:  a  la  cérémonie: 
elles  fonr  garnies  d'argent  aux  manches,  éc  or- 
née de  ticurs  de  lis. 

Le  bâilniencfuc  continué  en  1310,  &  les  libé- 
rali:és  du  Roi ,  de  la  Reine,  des  Princes,  Prin- 
celFes ,  Seigneurs,  Evéques  &  Bourgeois  de  Pa- 
ris, conh ères  de  N.  D.  de  Boulogne  ,  en  firent 
avancer  la  con.ftrudion  ;  enforre  que  l'Eglife  fut 
élevée  (  f/2  morûs  de  dix  ans  ^  dit  M.  le  Beuf.  ) 

3,  &.  il,  A  l'occaiion  de  cette  nouvelle  Eglife,  le  petit 
village  de  Menuls,  coir.pofé  de  quarante  mai- 
fons,  où  étoit  déjà  une  chapelle  fous  l'invoca- 
tion de  famre  Jemme  ,  fut  démembré  de  la  pa- 
roilfe  d'Aureuil.  Hugues  de  Befançon ,  Evcque 
de  Paris ,  &  non  Foulques  de  Chanac  ,  comme  le 

Ibid.  ^it  M-  ^^  Beuf,  l'établit  en  ParoiiFe  en  vertu 
d'une  Bulle  du  Pape  Jean  XXII,  datée  du  1 5 
Août  iU;^-  L'Evéque  vint  de  fa  maifon  de  faint 
Cloud  ,  le  premier  Dimanche  de  Juillet  1 3  ^o  , 
pour  faire  la  bénédicîilion  de  l'Eglife  neuve  ,  &  y 
chanta  folemnellement  la  grand'Meife.  En  mê- 
me-temps il  établit  les  limites  de  la  ParoilTe  ,  & 
le  village  de  Menuls  a  porté  depuis  le  nom  de 
Boulogne» 

Quant  au  bâtiment  de  l'Eglife  ,  dont  M.  le 
Beuf  dit  qu'il  ert  delà  délicateffe  ordinaire  du 
gorhique  du  XIV  liecle  ,  on  y  voit  par-tout  des  . 
veftiges  de  la  munificence  Royale.  Les  fleurs  de 
lis  y  paroillenr  en  quantité  :  l'éculTon  de  France , 
qui  en  efl  Cerné ,  termine  la  voûte  du  chever.  A 
d'autres  voûtes  on  voit-  encore  les  armes  de  Fran- 
ce ,  femées  de  fleurs  de  lis.  Si  quelques  verrières 
©nt  été  donuées  par  des  bourgeois ,  comme  l'al^ 


t>E    Ni  C  O  I  A  s    Fl  A  ME  t:      ^I 

tendus  lymboles  d'Alchyniille  Adepte  , 
ne  fe  montrenc  nulle  parc.  Si  1  on  dit 
qu'en  trois  'fiecles  Ôc  plus  ,  qui  fe  font 

fure  M.  le  Beuf ,  qui  die  en  avoir  la  les  infcrip- 
tions,  il  paroîc  néanmoins  que  la  plus  grande 
partie  venoïc  de  la  libéralicé  des  Princes  Se  des 
Seigneurs. 

Il  fubflile  beaucoup  d'anciennes  parties  de  ces 
verrières ,  ornées  de  fleurs  de  lis ,  &  il  y  refte  plu- 
sieurs éculFons  remarquables.  On  en  voit  un  qui 
eft  de  France  ,  avec  un  lambel  d'une  forme  an- 
cienne i  un  autre,  qui  eft  écartelé ,  porte  au 
premier  &  quatrième  quartier  ,  d'azur  à  une  bor- 
dure de  gueules  ,  &  au  troilîcme  &  quatrième  de 
Jrance  ;  il  enparoit  auJTi  un  où  l'on  voit  un  quar- 
tier de  Bourgogne.  Des  vell:iges  d'écuilons  peints 
à  quelques  voûtes  ,  fe  voient  encore,  quoique  fort 
effacés ,  &c  font  fans  doute  aux  armes  des  Sei- 
gneurs qui  contribuèrent  au  bâtiment. 

Il  paroîc  donc  certain  que  i'Eglife  de  Boulogne 
-les  Menuls  ell:  un  monument  de  la  piété  d'un  Roi 
de  France  ,  des  Princes ,  des  Seigneurg  &  des  au- 
ttes  confrères,  dans  le  commencement  du  XIV 
fîecle  ,  &  qu'elle  a  éié  bâtie  oC  peut-être  achevée 
près  d'un  fiecle  avant  la  mort  de  Flamel.  Cet  Ecri- 
vain, ou  n'exillioit  pas ,  ou  n'étoit  pas  en  état  de 
fe  placer  dans  la  noble  &  iîlulhe  compagnie  qui 
l'a  fait  élever.  Ce  qu'il  peut  avoir  fait  de  fon 
temps,  &:  comme  confrère,  peut  fe  réduire  au 
payement  exaâ:  des  droits  de  confrairie  pour  fa 
part  &  pour  celle  de  la  dévote  Pernelle  :  s'il  a  fait 
•quelque  chofe  de  plus,  ce  fera  peut-être  quelqac 
don  de  iî  peu  de  conféquence  ,  qu'on  n'a  pas  cru 
devoir  en  faire  mention. 

On  voit  néanmoins  aujourd'hui  dans  i'Eglife 
.de  Boulogne  j  près  Paris,  un  monument  quipeut 
venir  de  Flamel.  C'efi  une  figure  de  l'Apôtre 
"  S.  Jacques  ,  placée  dans  la  Chapelle  à  droite. 
'  Cette  rtatue  étoit  au  portail  de  famtc  Geneviève 
.  des  Ardtns  :  un  parnculier  l'a  achetée  lors  de  la 
démolition  de  cette  Eglife  en  1747,  &.  a  eu  ht 
"  dévoîioji  de  ia  faire  pofer  où  elle  eft. 


(jz  Histoire  CnîTiciirt 
écoulés  depuis  Hamel  ,  ils  ont  été  Jé- 
truits-,  je  réponds  ce  que  j'ai  déjà  infi- 
nué,  que  les  veftiges  de  chcfes  immen- 
fes  ne  s'évanouifTent  pas  ainfi ,  de  même 
que  la  mémoire  ne  s'en  perd  pas  entiè- 
rement. 

Ajourons  que  M.  le  Curé  de  cette 
M. l'Abbé  ParoifTe  s'eft  joint  à  un  Magillrat  connu 

M  k^rdVs  ^  ^^^^  ^"  ^^^^  ^^  ^^^^^  ^^^  recherches. 
Comptes.    Us  en  ont  fait  enfemble  avec  la  plus  fcru- 
puleufe  exaditude ,  &  ils  n'ont  décou- 
vert nulle  part  aucune  apparence  de  dons 
ou  de  fondations  de  la  part  de  notre  pré- 
tendu Philofophe.  Rayons  donc  Boulo- 
$Tne  près  Paris  du  catalogue  des  lieux  où 
l'on  prérend  que  Flamel  a  verfé  avec  pro- 
fufion  l'or  de  fon  creufet.  A  l'égard  da 
voyage  du  Pèlerin  de  pied ,  ordonné  paT 
Pernelle ,  on  peut  dire  qu'à  l'exemple  de 
fon  mari,  cette  femme  ctoit  vraifembla- 
blement  de  la  Confrairie  de  N.  D.  de 
Boulogne  furmer,&:  que  fans  doute  on  la 
voyoicde  compagnie  a vecfon  bon  époux,, 
vifiter  l'Eglife  de  Boulogne  lesMenuls, 
efpece  de  fuccurfale  de  l'Eglife  de  Boulo- 
gne-fur-mer :  ces  dévots  Pèlerins  y  laif- 
foient  quelques    offrandes.    C'eft    fans 
doute  d'après  ces  voyages  de  dévotion  > 
que  l'on  a  fjrgé  les  merveilleufes  hiftoj- 
res,  auxquelles  oîi  a  cru  pouvoir  donner 
quelque  app.-trcn  ce  de  réalité,    en  infif- 
taiu  fur  l'aicicle  du  cedament  où  Pex- 


D  H    N  I  C  0  L  A  s    F  L  A  M  t  tr      ^} 

nclle  ordonne  un  pèlerinage  à  Boulogne- 
fur-mer. 

La  dévotion  de  Pernelle  l'avoir  auflî 
engagée  à  fe  faire  affilier  à  l'Ordre  de  la 
Trinité  :  c'eft  un  fait  qui  peut  avoir  ici 
fa  place.  On  trouve  dans  l'énumérarion 
des  pièces  exiflantes  en  1^16  ,  qui  con- 
cernent la  fuccelTion  de  cette  femme  , 
l'énoncé  d'une  lettre  du  Général  de  l'Or- 
dre de  la  Trinité ,  qui  lui  accordoic  la. 
communication  es  bienfaits  de  l'ordre. 
Une  autre  lettre  apparemment  du  même 
Général ,  défignée  au  même  endroit,  lui 
avoit  été  donnée  pour  foy  confejjer. 
Peut-être  s'adreira-t-elle  pendant  quel- 
que temps  à  un  des  Religieux  de  cet 
Ordre,  en  faveur  duquel  Fiamel  a  fait 
dans  la  fuite  «ne  petite  fondation  :  ce- 
pendant Pernelle,  lors  de  fa  mort,  avoit 
pour  confelTeur  Jean  Adam ,  l'un  des 
quatre  grands  Chapelains  de  S.  Jacques* 
Je  reviens  à  ce  qui  firivit  le  tellament 
de  Pernelle.  Flamel  ne  dut  pas  en  être 
content  r  peut-être  dans  une  affaire  où  il 
parloir  de  confcience  ,  employa-t-il  le 
pathétique  du  confeffenr  Jean  Adam  , 
qu'une  belle  fondation  pour  fa  Paroilfe 
devoir  flatter.  De  quelque  manière  qu'il 
en  air  été  ,  foit  par  le  confeiTeur  ,  foie 
par  le  mari ,  Pernelle  s'éleva  de  nouveau 
contre  le  fentiment  naturel  ,  qui  ,  ce 
femble,lui  avoit  reproché  l'exhéréda- 


(^4     HisToiîiE  Critique 
tion  de  fa  fœiir  «5c  de  Tes  neveux  ^  ôc  elle 
changea  fa  difpofirion. 

Dix  jours  après  la  date  du  teftament  , 
le  quatre  du  mois  de  Septembre  1 597  > 
cette  femme  di6te  le  codicille  dont  j'ai 
parle  dans  notre  Eilai.  Ce  nouvel  ade 
eft  fait  avec  la  folemnuë  requife  :  il  por- 
te que  Pernelle,  infirme  de  corps  ,  eft 
cependanty^/^Éf  de  penfce  &  d'entende- 
ment, C'eft,  comme  l'exprime  la  pièce  , 
ce  qui  parut  aux  deux  Notaires.  La  ma- 
lade y  remet  les  chofes  a  peu  près  au 
même  état  qu'elles  étoient  par  le  don 
mutuel  qu'elle  rappelle  ,  &  elle  donne  à 
fa  fœur  Ifabelle  pour  tout  droit  de  fuc- 
ceilion  en  tous  its  biens,  meubles  ^  det- 
tes j  créances  ,  héritages  demourans  du 
décès  d'elle  300  livres  tournois  une  fois 
payés.  Quand  à  Nicolas  f en  feigneur  & 
mari  ^  cette  fois  il  elt  mis  au  rang  de  (qs 
exécuteurs  ,  qui  déjà  étoient  au  nombre 
de  trois  ,  comme  je  lai  dit.  Llle  y  ea 
ajoute  encore  un  cinquième  ,  voulait 
que  fon  teftamenr  ne  puilîe  être  accom- 
pli par  moins  de  trois  d'entr'eux  ,  au  lieti 
qu'auparavant  elle  s'en  remettoit  a  deux. 

Telle  e't  l'idée  de  ce  codicille,  qui  , 
s'il  fut  dicté  ou  confei/ic  par  Aqs  vues 
pures ,  n'c-i  fur  pas  moins  le  fujet  d'une 
grande  J^renfici.  Oii  le  trouve  entre  les 
pièce*;,  'obfei  vr  ;  u  (^h'iI  elt  chargé  d'une 
fonci.;':.jn  d^    ".'r.cre  meifes  balfes    de 


DE  Nicolas  Plame  t.  ^5 
Requiem  ^  perpétuellement  célébrées  : 
ç'eft  à  cette  fondation  que  Pernelle  veut 
que  foit  employé  tout  le  réjîdu  ou  fur- 
pltis  de  Ton  bien ,  fon  teflament  acquit- 
té :  &  encore,  ajoute-t-elle ,  pour  cer- 
taines œuvres  piteahles  qui  faites  font 
pour  Dieu  ^  &  en  aumônes  par  Vorden- 
nence  &  voulenté  de  fes  dis  exécuteurs* 
Néanmoins  cette  fondation  &  le  pieux 
emploi  du  reftedes  biens  ,  ne  doit  avoir 
lieu  qu'après  la  mort  du  mari.  La  tefta- 
.trice  ,  de  nouveau  occupée  du  befoin 
que  pourroit  en  avoir  Nicolas ,  fon  cher 
&  bon  ami  compagnon  &  mari  j  veut ,  les 
dépenfes  de  Ïqs  legs  5c  de  fes  dettes  ac- 
quittées, qui!  en  jouiire  le  refte  de  fa 
yie.  Nous  verrons  après  1?.  mort  de  Fla- 
^el  5  1  accompli(rem.ent  de  cette  clau- 
fe  ,  &  l'augmentation  qu'y  firent  les 
exécuteurs. 


CHAPITRE     VII  I. 

^  Mort  de  Pernelle,  Fable  des  Alchymif.es 
à  ce  fujet.  Selon  eux  _,  Fcrnel  &  fa 
femme  virent  encore, 

IL  étoit  temps  pour  Pernelle  ,  au  fept 
de  Septembre  ,  de  revenir  fur  (qs  pas. 
Proche  de  fa  fin  ,  elle  mourut  fix  jours 
après  le  mardi  onze  de  ce  mois  en  i  5  97, 
Cette  femme  prévoyante  avoic  réglé  par 


6(^     Histoire  CiiiTï(^tjB 
fon  reftament  la  dcpenfe  du  luminaire 
de  Tes  obleques  ,   &  avoit  ordonné  que 
Ton  y  employât  trenre  -  deux  livres  de 
cire.  Un  autre  article  règle  le  prix  du 
dîner  du  jour  de  l'enterrement,  où  l'on 
invitoit,   félon  la  coutume  du  temps , 
les  parens  Ôc  les  voifins  ;  on  doit  y  dé- 
penfer  quatre  livres  feize   fols  parifis, 
C'eft  tout  ce  que  porte  le  teftameiit  par 
rapport  à  cette  cérémonie  ;  mais  la  dé- 
penfe  totale  en  eft  fpécifîée  dans  l'extrait 
de  l'inventaire.  On  lit  que  l'on  y  employa 
38  hv.  10  den.parifis.  Le  bout  de  Van 
coûta  8  livres  17  fols.  Ces  cérémonies 
funèbres  furent-elles  fomptueufes  ?  elles 
purent  l'être ,  quoique  d'une  dcpenfe  qui 
paroît  foi  aie  :  cette  dépenfe  étoit  pro- 
portionnée au  temps,  ou  à  l'état  de  la 
perfonne  pour  laquelle  on  la  faifoit. 

Après  ce  qu'on  vient  de  lire  de  la  ma- 
ladie, du  teilament,  de  la  mort  de  de$ 
obfeques  de  Pernelle,  quelqu'un  imagi- 
neroit-il  que  cette  femme  vit  encore,  ôc 
que  tout  ce  qui  fe  palfa  en  1 597  ne  fûc 
qu'une  feinte  pour  en  impofer  au  Public? 
On  croit  Pernelle  malade  j  elle  ne  l'eft 
pas  :  On  la  dit  morte;  elle  ell  vivante  : 
à  fa  place  on  porte  au  cimetière  àes  ïn- 
nocens ,  des  habits  &:  un  morceau  de 
bois  :  pour  elle,  pleine  de  vigueur  &c  de 
fanté  ,  ou  plutôt  rajeunie  par  l'ufage  de 
Vélixir parfait^  ou  Médecine  de  Vordrg 


B  E    N  I  C  O  t  A  s    t  L  A  M  E  t.       6-y 

fupérieiir  [a']  qu'elle  pofTédoit ,  elle  étoic 
déjà  partie  pour  la  SuilTe.  Là,  félon  l'or- 
dre qu'elle  en  avoir  reçu  ,  elle  artendoic 
fon  cher  Nicolas.  Nicolas  quelque  temps 
après  5  joue  la  même  comédie.  Un  long 
tellament  ,  des  obfeques  iblemnelles , 
des  Fondations  remarquables  ;  rout  cela 
occupe  les  efprits ,  &  le  Philofophe  mort 
pour  fes  voifins ,  &c  bien  vivant  pour  lui  , 
va  retrouver  fa  fidèle  compagne.  Tous 
deux  réunis-,  fans  prendre  d'habitation 
fixe  pour  vivre  avec  plus  de  liberté,  par- 
courent différens  pays  \  de  en  vrais  Phi- 
.lofophes ,  ils  vivront  fans  doute  au  moins 
au(ïi  longtemps  que  les  premiers  hom- 
mes ,  C*eil-à  -dire ,  i.iilL  ans  ;  terme  mar- 
qué par  le  Créateur  pour  les  véritables 
Adeptes.  On  a  peine  à  faire  mention 
d'une  fable  Ci  mal  tifTue  -,  mais  elle  dé- 
couvre les  Qxcès  où  entraîne  le  crour  du 
merveilleux.  Paul  Lucas,  dans  fon  voya- 
ge de  Grèce ,  la  rapporte  au  long  ôc  hifio- 
riquement^  dit-il  ♦,  il  a  voulu  en  amufer 
fon  ledeur  :  on  peut  la  voir  en  entier 
dans  fon  ouvraee.  ^ 

°  V.i 

[^iLes  Alchymiftcs  diflinguent  deux  fortes '*  "*'^' *°^' 
de  Médecine.  La  première  ,  qu'ils  appellent  hié- 
decine  de  l'ordre  feipérieur ,  eft  leurélixir,  quand 
il  eft  parfait  pour  la  guérifon  du  corps  humain.  . 
...  il  guérit  le  corps  en  le  confortant ,  en  le  ra- 
jeunillànt.  Médée  s'en  fervit  pour  le  père  de  Ja- 
fon.  Leur  Médecine  de  l'crdre  inférieur ,  ell  Icir 
éiixir  projette  fur  un  métal  imparfait.  D.  Peraety 
DitiioTiaire  Mytho-hermétique ,  page  x8<. 


Lucitf 
V.  de  G.ece. 


^8     Histoire  CïiîTiQTTî 

La  date  prccife  de  la  mort  de  Pernel- 
le,  fixée  particulièrement  dans  l'extrait 
du  compte  de  l'exécution  de  fon  tefta- 
mentj  me  fournit  loccafion  de  revenir 
encore  au  traité  fur  les  figures  des  char- 
niers. Il  faut  rapprocher  cette  date,  de 
deux  autres ,  établies  dans  l'avant-propos 
de  cet  ouvrage  hermétique. 
pa^e  47.  L'ouvrage  commence  ainfi  :  Encore 
que  moi  Nicolas  Flamel  Ecrivain  &  habi^ 
tant  de  Paris  en  cette  année.  1399  ,  &c. 
Voila  la  première  date  qui  eft  précife. 
L'Auteur,  fous  le  nom  de  Flamel,  dit 
qu'il  écrit  en  1399*}  mais  dans  le  même 
avant-propos  à  k  huitième  page ,  fe  pré- 
fenre  une  aurre  d::îe  bien  éloignée  de  la 
première  ;  c'eft  l'année  141 5.  Lorfque 
jefcrivois  ce  commentaire ^  lit-on  a  cet 
endroit ,  en  l'an  1 41  5 .  Sur  la  fin  de  l'an  , 
après  le  trefpas  de  ma  fi  de  lie  compagne  que 
je  regretterai  tous  les  jours  de  ma  vie  y 
&c,  A  laquelle  de  ces  deux  dates  faut-il 
s'en  rapporter  ?  L'Auteur  de  l'Hiftoire 
Lenoict  de  la  Philofophie  hermétique  tranche  la 
du  Frcihoy  (jifïiculté.  Selon  lui  ,  Flamel  en  141 3 
Phiiôto-  faifoit  la  revue  de  fon  écrit ,  compofc  en 
piiie    lier-  1299;  mais  dans  le  traité  on  lit  :  J'efcri- 

-,  ^.  VOIS ^72  /  <2«  1 4 1 3  ,   ce  non  pas ,  je 

revoiois. 

Je  ne  chercherai  point  a  concilier  avec 
lui-mcme  un  Auteur  qui  ignoroit  l'hif- 
toire  de  celui,  qu'il  fait  parler,  ôc  qui 


DE  Nicolas  Flamel.  6<) 
peut-être  a  brouillé  les  dates  pour  trou- 
ver à  s'échapper,  j'obferverai  feulement 
qu'on  ne  peut  s'arrêter,  ni  à  Tune ,  ni  d 
l'autre  de  ces  dates. 

En  effet,  Flamel  en  1599  ,  i^conà^ 
année  de  fon  veuvage  ,  étoit  bien  éloi- 
gné de  pouvoir  s'appliquer  à  un  ouvrage 
de  réflexion  tel  que  le  traité  hermétique 
qu'ion  lui  prête.  Exécuteur  du  teftamenc 
de  fa  temme  ,  il  avoit  pris  particuliére- 
nient  en  &  fur  foy  le  Jais  ^  charge  ^  dili- 
gence &  cure  d'en  remplir  les  conditions.  D'un  a^e 
Une  quantité  confidérable  d'aétes  palfés  ^^t^^^..^^^' 
après  la  mort  de  Pernelle ,  prouvent  évi- 
demment que  cet  homme  veuf,  outre 
fon  travail  ordinaire  ,  étoit  chargé  de 
beaucoup  de  foins.  En  1598,  on  trouve 
^Qs  tranfaclions ,  des  fentences  du  Châ- 
telec  j  un  nombre  confidérable  d'enfai- 
finemens.  En  1599,  c'efî:  le  compte  de 
l'exécution  du'  tellament  de  Pernelle  ^ 
une  déclaration  étendue  des  biens  de 
cette  exécution  ,  biens  divifés  en  une 
quantité  de  parties  très-minces  \  &  d'au- 
tres pièces ,  qui  toutes  fe  faifoient  fou$ 
fes  yeux  &  par  ^qs  foins.  Dans  cet  em- 
barras Flamel  pouvoit-il  s'appliquer  a 
compofer  un  ouvrage  qui  demandoir  un 
homme  tranquille  &  dégagé  de  toute 
affaire  ? 

On  ne  fe  trouvera  pas  mieux  appuyé , 
É  l'on  veut  s'arrêter  à  la  féconde  date  qui 


tlj 


70  Histoire  Critiqua 
eft  141 5.  Si  l'Auteur  à  cet  endroit  îi 
voulu  fixer  le  temps  de  la  mort  de  Per- 
nelle  ,  comme  l'Abbé  Lenglet  du  Fref- 
noyl'acru,  puifqu'il  a  écrit  PernelLey 
fidelU  compagne  de  Flamel  j  mourut  en 
Uid.^ig.  1415  ,  au  plujiard ,  l'ignorance  &  l'im- 
pofture  fe  découvrent.  Il  y  avoir  dix-fept 
ans  que  cette  femme  éroit  morte.  Si  feu- 
lement cet  Auteur  a  voulu  faire  dire  à 
fon  Philofophe ,  qu'il  écrivoit  fur  la  fin 
de  Tannée  141 3,  Pernelle  étant  déjà 
morte ,  je  demande  comment  alors  il  a 
pu  placer  dans  la  bouche  du  mari  le  dif- 
cours  tendre  de  affectueux  que  Ton  a  la 
ci-delTus.  Qu'il  l'eût  ajouté  après  la  date 
de  1 399  ,  dix- huit  mois  après  la  mort 
de  Pernelle ,  de  dans  une  féconde  année 
de  veuvage  ,  il  étoit  encore  de  faifon. 
Le  deuil  étoit  à  peine  palTé  ;  je  ne  fais 
mcme  Ci  dans  ces  temps  il  étoit  fini. 
Alors  il  pouvoir  naturellement  dire  : 
après  le  trefpas  de  ma  fidelle  compagne 
que  je  regret crai  tous  les  jours  de  ma  vie. 
Mais  après  dix-fept  années  de  veuvage , 
les  regrets ,  quoique  réels  ,  ne  font  plus 
de  la  même  vivacité. 


Mk 


I 


DE  Nicolas  Flamel.     71 


CHAPITRE     IX. 

Procès  fufcité  à  Flamel  par  le  beau-frere 
&  lafxur  de  Femelle,  Saijie  des  biens 
de  la  fuccejjïon,  L affaire  s'accommode» 

LEs  commencemens  du  veuvage  de 
Flamel  ne  furent  pas  tranquilles.  Si 
Perrief  &  Ifabelle  ignoroient  le  codicille 
<iu  quatre  Septembre,  on  penfe  quelle 
fut  leur  furprife  à  la  lecflure  d'un  adte 
qui  les  réduifoit  à  une  fomme  une  fois 
payée  \  fomme  qui  devoit  leur  paroître 
fort  modique  ,  eu  égard  au  reftede  la 
fuccefilon.  La  mauvaife  humeur  éclata  , 
&:  produifît  un  procès  qui  parcourue 
plu  fleurs  Tribunaux. 

Six  jours  après  la  mort  de  Pernelle  ,  i-ciyde 
les  exécuteurs  prefentent  requête  au  Pré- 
vôt de  Paris.  Il  s'agifîbit  d'avoir  un 
Commiffaire  pour  l'examen  du  compte 
de  l'exécution  ,  &  le  Prévôt  de  Paris 
nomma  Miles  de  Rouvroy  ,  Commif. 
faire  Enquêteur.  L*mventaire  ne  tarda 
pas  à  être  commencé  [^  ]  ;  &  dans  cette 
première  opération  la  mauvaife  humeur 
d'Ifabeau  &  de  fa  famille  fe  fît  vivement 
appercevoir.  Enfaifanc  le  dit  inventoire , 

[/«]  Ou  lie  dans  une  Sentence  du  \o  O^'^obrp 
1597  ,  comme  inventoire  avait  été commencie  ^f^ir 
n  ^  far  le  point  d'être  parfait  &  cUi ,  6'f» 


Sepccmbre. 


7z     Histoire  CRiTi'dtrr 
Extrait    ^^^  uii  a6be  5  la  matière  écoit  moult  con-^,^ 
àcV'myzïi-  i^fifl^nj^^  cntrc  la  dite  héritière  &  iceux 
exécuteurs,  La  fermentation  eH;' fi  forte  , 
qu'on  ne  fe  reconnoît  plus  dans  Texamea 
des  papiers,  6c  que  l'on  fait  regître  de' 
vieilles  obligations ,  de  dettes  expirées  & 
payées  ^  efcrites  es  viels  papiers  dudit  Ni- 
ibid.     colas.  Le  mécontentement  multiplie  les 
difficultés i  d>ç  l'inventaire,  fur  le  point 
d'ctre  clos  ,  eft  arrêté  par  une  faifie  des 
biens  de  la  fuccelîion  que  fait  un  Huiflier 
du  Parlement.  î 

Nous  avons  dit  que  cette  affaire  par* 
courut  plufieurs  Tribunaux.  Une  Sen-^ 
Sentence  tence  du  Châtelet  rapporte  qu^elle  fur 
l"c'V557-  ^^"«^^"^^^  ^"^  parlement ,  en  Chaftellet  & 
^S.  ailleurs.  Cet  ailleurs  ^  qui  marque  un  5*^, 

Tribunal ,  paroît  défigner  celui  de  l'Of- 
ficial  ,  qui  ,  comme  il  s'agilfoit  d'un 
teftament  ,  put  connoître  de  l'affaire , 
avant  qu'elle  fut  portée  à.  la  Cour  du- 
Parlement.  Quoi  qu'il  en  foit ,  Flamel 
&  fes  coexécuteurs  oppofans  a  la  fai-; 
fie  5  fe  retirent  par  devant  Noffèigneurs: 
tenans  les  Requêtes  du  Roi  N,  S^""-  au 
Palais  Royal  à  Paris '^  c'eft-à-dire  aux 
Requêtes  du  Palais.  Ce  Tribunal  donne 
jour,  l'affaire  y  ell  plaidée,  6c  renvoyée-. 
au  Châteler. 

Tout  ceci  fe  pourfuivoit  avec  la  plus 
grande  célérité.  A  peine  y  avoit-il  iîx 
femaines  que  Peinelle  écoit  motte ,  ôç, 

déjà 


l 


OE  Nicolas  Fla  M  Et.     7| 

déjà  les  conrendans  ëtoienc  à  ce  fécond 
ou  même  au  troifieme  Tribunal.  Perrier 
Ôc  Ifabelle  prefToient  ;  ils  vouloienr  avoir 
de  l'argenr.  Les  exécuteurs  ^  die  une  Sen- 
tence, ^'^«^'/V/zr  tenus  de  payer  prompte- 
ment  la  femme  de  ^oo  liv.  tour,  a  la  def- 
fus  nommée  Ifabeau.  Le  Châtelec  rend 
une  Sentence  le  21  Od:obre  1397,    &    La  même 
ordonne  que  l'inventaire  commencé  par  vî^.r^^i^^yl 
Pierre  Paris  &:  Guillaume  de  la  Porte ,  ?8. 
Notaires  ,  fera  fait  &  parfait  au  plutôt , 
6c  que  les  lettres  de  don  mutuel ,  dont 
Nicolas  s'entend  a  aider ,  lui  feront  bail- 
lées pour  s'en  aidier,  quand  &  contre  qui 
bon  lui  femblera.  Après  cette  Sentence  , 
ou  au  plus  tard  après  deux  autres  du  50 
du  même  mois  d'Odobre  ,  on  entra  en 
payement  avec  Ifabelle,  en  lui  délivrant 
cent  livres  tour,  a  compte  de  fon  legs. 

L'objet  le  plus  important  pour  Flamel 
fut  décidé  le  30  du  même  mois  ^  c'eR-à- 
dire ,  la  validité  du  don  mutuel.  Une  des 
deux  fentences  rendues  ce  jour,  porte  :  le 
dit  don  vaudra  &  tiendra  ,  &  d'icelui  le  dit 
■  Nicolas  joira  pleinement  durant  fa  vie* 
Elle  ajoute  ,  quefe  ilnefl  pcffédant  des 
biens  immeubles  pour  le  réfidu  dis  immeu^ 

blés  quil  doit  tenir il  fera  tenu  de 

bailler  caution  fouffifante  juf^u  a  la  v<z- 
leur  d'iceux.  Ce  jugement,  qui  contrif- 
toit  Perrier  &  Ifabelle,  dut  fans  doute 
contenter  l'Ecrivain  ,  a  l'exception  ce* 


74     Histoire   Critique 
pendant  de  la  claiife  d'une  caution.  En 
effet  3  outre  que  les  s<fles  du  don  mutuel 
portoienc  exprelTément  qu'il  ne   feioit 
tenu  bailler  aucune  caution ,  plègerie ,  &c. 
Si  les  biens  de  cet  homme  eufient  été 
aulli   confidérables  qu'on  l'a  débité  ;  s'il 
eut  été  Seigneut  de  fept  Paroi  (Tes  a  l'en- 
tour  de  Paris,  ou  au  moins  àcs  lors  de 
<]uelques-unes  de  ces  fept  Paroi  If  es  ,  n'a- 
voit-il  pas  dequci  répondre  d'une  partie 
à\\  bien  de  fa  fcn.nre,  partie  qui  deve- 
noit  d'autant  plus  foitle que  Pernelle  ex- 
céda dans  fes  leg^  pieux?  [a]  C'étoic 
donc  faire  une  forte  d'injute  au  donatai- 
re. On  voit  par-la  que  û  on  connoiifoit 
déjà  Flamel  par  quelques  dépenfes  exté- 
rieures, on  ne  le  connoiifoit  pas  par  des 
fonds  dignes  d'être  remarqués.  Les  dé- 
penfes mêmes  qu'il  avoir  faites ,  purent 
donner  lieu  de  douter  de  fa  folidité  , 
6c  faire  mettre  ce  fait  en  queftion  au 
Châtelet. 

Cette  même  fentence  du  30  Oélobre 
.termine  le  procès  par  ce  prononcé  : 
Avons  condempné  &  condempnons  les  di- 
tes  parties  ,  6'  chafcune  d'icelles  par  no- 
ire Sentence  &  à  droit,  &  partant  fe  dé- 
panent  de  cour  ^   de  procès  fans  dépens 

[<«  ]  Une  Sentence  du  Châtelet  <îu  19  Janvipr 
ï  397-98  porte  :  à  la  part  ^  du  mobilier,  d'icelle 
exécution  n'app^rtcnoit  pas  qui  put  fouffir  à  la, 
quinte  partie  pour  accomplir  la  dis  tejîament  & 
^pMcille. 


DE  Nicolas  Fia  me  t.  75 
d'une  partie  ne  d'autre.  Cela  ne  veur-il 
pas  dire  que  les  parties  s'accommodè- 
rent? Auîîi  eft-il  ajouté,  en  préfence  & 
du  confentement  d-^s  dites  parties. 

Quelques  articles  font  réglés  par  une 
féconde  Sentence  du  même  jour.  Celle- 
ci  eft  qualifiée  accord  judiciaire,  (a)  Elle 
rappelle  que  les  parties  avaient  eues  en- 
tr  elles  plujï^urs  altercations  ,    qu'elles 
avaient  été  en  voye  d'entrer  en  grande  in- 
yolution  de  procès.  On  y  entérine  de  nou- 
veau le  teftament  &  le  codicille ,  6c  on 
ajoute  que  ledit  Nicolas  baillera  des  biens 
immeubles  de  la  défunte  pour  l'accomplif- 
fement  ^qs  adtes  teftanienraires  :  c'eft 
-que  ,  comme  il  efl:  remarqué  ci-deiTus, 
le  mobilier  étoit  de  beaucoup  trop  foible. 
Cette  Sentence  ordonne  de  plus  que  tou- 
tes les  dettes  que  la  ditte  défunte  devait  fe- 
ront payées  par  les  exécuteurs  ,  fans  que 
Perrier  &  Ifabelle  en  foient  aucunement 
tenus  :  ôc  à  ceux- ci ,  les  500  livres  tour. 
payés  pour  une  fois ,  pour  tous  lais ,  droits 
de  fucceffion  j  hérédité ,  &c* 

Cette  Sentence  ,  en  ordonnant  qulfa- 
belle  auroitles  300  livres  pour  tout  legs, 
ne  comprend  pas  dans  cette  fomm©  le 
legs  que  Pernelle  avoic  fait  à  fes  neveux. 
Leur  mère,  en  confentant  à  l'accord  ju- 
diciaire 3  avoir  fans  doute  follicité  pour 

(^)Dans  la  quittance  générale  ^  donnée  pat 
Peirier  5i  Ifabelle. 

Dij 


7^      HîToiRE  Critique 

eux.  Le  Châcelec  leur  fut  favorable,  Se 

il  accrut  les  huit  livres  cour,  de  chacun  , 

reçu  d'or  jufqu'à  la  ibmme  de  quarante  éciis  d'or, 

vaioitieis)  ^  pprca^er  entre  Guillaume  y  Oudin  ,  & 

ïanv.  1397.      r  kt    •     tti     n         »  1 

^s.  11  fols  Colm,  Mais  llabeile  n  eue  pas  tome  la 
^dtiî.d'un  fatisficlion  qu'elle  pouvoit  défirer.   Elle 

aae    dadit     •       j,    ,         1   ^  ^  j 

jour.  Vit  û  abord  le  payement  des  quarante 
écus  d'or  rejette  bien  loin  :  i4  fur  différé 
ju[qi\  après  l' accomflijjèment  du  don  mu^ 
rwdZ  3  c'eft-à-dire ,  à  la  mort  de  Flamel^ 
&  plus  de  vingt  années  après  cet  accord, 
(cz)  Elle  devoir  d'ailleurs  relTenrir  quel» 
que  peine  de  la  claufe  humiliante  dont 
cet  accroiffement  fut  motivé.  Sera -par 
lefdls  extcuteurs ,  eft-il  dit  _,  donné  pour 
JDieu  &  en  aumofne  aux  enfans  de  ladite 
Jfabeau ,  &c.  Cette  claufe  ne  de  voit  elle 
pas  déplaire  aufli  à  Flamel ,  oncle  de  ces  I 
enfans  par  fa  chère  Pernelle  ?  fi  cet  hom- 
me 5  que  Ion  fuppofe  fi  généreux  ,  eue 
eu ,  comme  le  prétendent  les  Alchymif- 
ces ,  le  précieux  fecret  de  la  poudre  de 
projection  ,  n'aurôir-il  pas  dû  tirer  £qs 
neveux  de  l'état  d'humiliation  où  les 
mettoit  la  claufe  de  la  Sentence  du  Châ- 
telet  ?  bien  plus  auroit-il  paifé  le  reRe  de 
fes  jours  fans  s'acquitter  avec  eux  d'une 
Xomme  dont  ils paroiiïbienc  avoir  befoin? 

(/T)Je  n'ai  point  trouve  cjc  quittance  de  ces 
•.Ciîarante  écus  d'or  i  ^J-yV^^^  i'^J  ^i-  ^^"s  J'Eilai 
ptgc'i^l  3  que  Pcn  icr  &:  îfabciie  doiuicrent  qiiit- 
^nce  du  tour ,  c'cf:  fur  \.m  énonce  de  i 'inveûtairc 
de  16^^  qui  paroi:  l'exprimer. 


DE    N  ï  C  O  1  A  S    F  t  A  M  E  t.       77 

On  t\n  plus  exacl  à  l'égard  d'ifabelle. 
Peu  après  l'accord,  on  la  farisfic  pour  le 
rette  de  la  fomme  qui  lui  croie  k'guée* 
Le  mardi ,  1 5  Janvier  1 3  97-9S  ,  les  exé- 
cuteurs payeienc  ICO  liv.  rour.  peur  le 
rejld  &  par  paye  de  ^00  liv.  tour,  en  hlans 
de  dix  deniers  pièce.  Perrier  &  îfabeile 
donnèrent  quittance  du  tour  en  préfence 
de  Nicolas  &  Béguinoc,  Notaires. 

Flamel  ^  les  autres  exécuteurs  de- 
meurèrent tranquilles  pour  cette  partie  , 
c]ui  avoit  été  réglée  parla  jufrice^  mais 
les  deux  beaux-freres  &  la  belle- fœur 
reilerent-ils  bons  amis  ?  la  chofe  paroîc 
fort  douteufe.  Le  Curé  de  S.  Jacques  , 
Hervey  Rouilel ,  l'un  ^qs  exécuteurs, 
put  opérer  par  {qs  foins,  <S<:  l'accord,  6c  la 
réconciliation  ,  de  on  n'a  pas  de  peine  d 
croire  que  Ton  pieux  paroiiTien  ne  fe  foie 
porté  de  bon  cœur  aux  vues  pacifiques  de 
fon  pafleur.  Cependant  il  n'eit  plus  fait 
mention  de  cette  famille  dans  toute  la 
faire  des  aftaires  de  notre  Ecrivain.  Il 
femble  que  des  deux  cotés  on  s^éloigna> 
ou  tout-à-coup,  ou  infenfiblement.  Per- 
nelle  n'ayant  point  lailTé  de  poflériré  y 
{qs  parens,  qui  ne  tenoient  plus  à  Fla- 
mel ,  qu'ils  pouvoient  regarder  d'ailleurs 
avec  fondement  ,  comme  l'Auteur  de 
leur  exhérédation  ,  le  quittèrent.  L''Ecri- 
vain  5  de  fon  côté  ,  les  abandonna  auili  : 
il  eft  clair  par  toute  la  fuite  de  fa  con- 

Diij 


78  Histoire  Critique 
diiire  ,  qu'il  s'en  foucioit  fort  peu.  En 
effet,  s'il  eût  eu  qaelcju'actache  pour  les 
parens  de  fa  femme,  qui  ne  paroillent  pas 
avoir  été  d  leur  aife ,  ou  pour  quelqu'un 
ti'entr'eux -,  outre  peut-être  qu'il  n'eût 
pas  travaillé  à  les  frufter  d'un  bien  que  la 
loi  leur  donnoit ,  au  moins  auroit-il  du 
en  faire  mention  dans  fon  immenfe  tef- 
tament.  Cette  pièce  étoit  la  place  où  na- 
turellement devoir  figurer  quelqu'un  de 
les  neveux. 

Sur  quoi  donc  peut  ctre  fonde  le  lan- 
gage aftedtueux  que  l'on  fait  adrelfer  par 
f  lamel  à  un  des  enfans  d'Ifabelle ,  Colin 
Lucas  fans  doute ,  comme  filleul  de  Nico- 
las-''. On  le  trouve ,  ce  langage  prefque  pa- 
ternel ,  dans  un  autre  traité  de  l'œuvre 
hermétique,  que  D.  Pernety  ,  Bénédic- 
tin ,  prétend  avoir  été  écrit  en  141 4.  Ce 
Révérend  Père, 'qui  a  fourni  quelques 
"Mémoires  au  Critique  Licrcraire  à  l'oc- 
cafion  de  ce  que  j'ai  dit  de  Flamel  dans 
rElfai,  alTure  avojr  vu  ce  traité  manuf- 
crit  5    qui  eft,  dit-il  ,   de  l'écriture  du 
Lettre  du  femps.  Cela  peut-être.  U  dit  encore  que 
bre    1758.1e  manulcrit  eiïecru  de  la  propre  main 
pags  25^.   ^^  Flamel i  comme  ajoure-t-il ,  le  manuf- 
cric  le  porte.    Cela  peut  -  être    encore. 
Un  Ecrivain  copioit  alors  des  livres  ;  c'é- 
toit  fa  profeftîon  :  il  pouvoir  y  mettre  fon 
nom  pour  fe  fiire  connoître.  Flamel  , 
Ecrivain  de  Libraire  Jure  de  l'Univerfité, 


DE  Nicolas  FiAME t.  7^ 
peut  par  cette  raifon  avoir  mis  Ton  nonl 
au  manufcric  ,  qui  eft  un  Pfeautier  : 
mais  qu'il  ait  compofé  le  Traité  allégo- 
rique que  D.  Perneti  dit  être  écrit  fut 
les  marges  3  c'eft,  ce  femble,  ce  que  l'on 
ne  peut  admettre. 

Le  manufcric  efk  _,  dit-on  ,  de  l'année 
14 14  :  Ainfi,  en  fuppofant  pour  auten- 
tique  le  livre  de  l'explication  des  figures 
du  charnier ,  comme  il  parok  que  le  pen- 
fe  D.  Pernery  ^  livre  compofé  en  141 3  » 
le  traité  allégorique  écrit  fur  les  marges 
du  manufcrit,  aura  été  fait  dans  l'année 
fuivanre.  De  cette  forte  les  ouvrages  du 
Philofophe  fe  fuivoient  de  près.  En 
avoit-il  le  temps ,  au  milieu  des  occu- 
pations que  devoit  lui  donner  un  bieri 
tout  partagé  en  petites  rentes,  avec  dcs^^ 
procès  prefque  continuels  pour  la  con- 
fervation  de  ce  bien  ?  Je  trouve  qu'en 
14T4,  Flamel  ^?  crier  &  fubhajler  une 
maifon,  rue  du  Cimetière  S.  Nicolas, 
pour  une  rente  qu'il  avoir  fur  cette  mai- 
fon. Il  pourfuivit  les  criées  de  cette  mai- 
fon pendant  cette  année  &  dans  le  com- 
mencement de  l'autre.  Il  acheta  encore 
plufieurs  rentes  ,  qu'il  feroit  trop  long 
de  décailler.  La  feule  année  1414  nous 
fournit  de  fa  part  huit  ades  ;  refte  de 
beaucoup  d'autres  qui  ne  font  point  ve- 
nus jufqu'd  nous.  Ces  occupations  mul- 
tipliées >  jointes  au  travail  ordinaire  de 

D  liij 


5o     Histoire  Critioub 
notre  Ecrivain  ^  &  aux  lenteurs  de  la 
vieillefTe ,  (  car  ceci  fe  paffoit  fur  la  fin 
de  fa  vie  )   tour  cela  lui  lailloit-ii  aflez 
de  temps  pour  fe  livrer  à  la  comporition  ? 
Ce  qu^il  y  a  de  fingulier,  c'eil  que  le 
traité  que  l'on  veut  qu'il  ait  compofé 
pour  fon  cher  neveu,,  foit  inintelligible. 
On  n^ entend  rien  au  traité  de  Flamel  > 
parce  qu'il  ejl  allégorique  j  dit  TAuteur 
i.f.  151.  delà  lettre,  après  D.  Pernety.  Certai- 
nement le  Philofophe  récompenfoit  {on. 
neveu  d'une  manière  fort  confolante.  Il 
avoic  fu  lui  enlever  un  bien  très- réel ,  ôc 
il  lui  en  préfente  un  tout-à-fait  incer- 
tain 5  pour  ne  pas  dire  imaginaire  :  fi  \ù 
neveu  Colin  étoit  cher  a  Flamel ,  il  de- 
voir donc  lui  donner  fa  confiance  ,  com- 
me il  l'avoir  donnée  à  la  tante  Pernelle  > 
&:  le  conduire  pas  à  pas  dans  cette  opé- 
ration il  rifquable.  îSlon  :  il  lui  préfente 
un  ouvrage  que  les  plus  habiles  n'enten- 
denr  point;   un  ouvrage  fcellé,  dont  il 
garde  la  clef,  &c  il  lui  dit  :  travaille  : 
y  ai  repéré  comme  repéreras  en  ouvrant  y 
comme  te  dirai  dans  ce  livre  que  je  te  pré- 
fente ;  ainfi  Colin  ,  avec  toute  l'amitié 
de  fon  oncle  ,  eft  condamné  par  l'oncle 
même  ,  d  faire  au  moins  milbrouilleries  ^ 
comme  l'oncle  en  avoir  fait,  à  errer  par 
les  longueurs  de  vingt  cinq  années  ,  ^<, 
peut-être  miférable  fouftleur  ,  delHné 


3-E    N  t  C  O  t  A  S    F  L  A'  Xr  E  1 .       8  1! 

à  V enfer ,  [a)  c'eft  -  à  -  dire  ,  au  feu  per- 
pétuel de  fon  fourneau  ,  &  d  n'avoir 
cjue  de  la  fumée  (3ç  ^ts  cendres  en 
échange  du  bien  qu'il  devoir  efpérer 
pour  gage  de  l'aminé  de  fon  on^ie. 

J'obferverai  encore  qû'e  dans  le  peu 
que  contienc  l'extrait  donné  par  l'Auteur 
de  la  lettre ,  on  ne  trouve  pas  à  la  vérité 
des  preuves  de  fauireté  aufîî  évidentes 
que  dans  l'explication  des  figures  du 
charnier  ;  mais  il  eft  aifé  d'y  remarquer 
que  ces  deux  Auteurs  font  également  peu 
au  fait  de  la  véritable  hiftoire  de  Flamel. 
\\s  rapportent  férieufemenc  l'un  &  l'au- 
tre ces  exprelîions  comme  étant  de  notre 
Ecrivain  ,  après  la  more  de  ma  fidelle  com^ 
pagne  Perennelle^  je  me  prends  fantaijle 
&  liefjè  en  me  recordant  d'icelle  efcrire  en 
graçe  de  toi.  Cette  manière  de  s'énoncer 
lembleroit  infinuer  que  ce  fur  peu  après 
la  morr<ie  fa  femme  ,  que  Flamel  fe  dé- 
termina à  çoiîipofer  l'ouvrage  qui  dévoie 
faire  la  fortune  de  fon  neveu.  Cepen- 
dant,  en  fuivant  l'ordre  à^s  dates,  on 
voir  qu'il  y  avoir  déjà  au  moins  dix- 
fepT  ans  que  Pernelle  étoit  morte.  Après 
une  fi  longue  viduité  ,  on  ne  s'exprime 
pas  5  comme  an  fait  parli^r.içi  notre  Ecri- 
yain  J.&  le  langage  qu'on  lui  fait  tenir 

{a)  A  te  fer  :  Les  Philofophes  Hcrmécii-jne* 
appelk  de  ce  nom  le  travail  inutile,  6c,  pour 
ainfi  dire,  éternel  des  faux  Aichymifles ,  &Cr 
Did.  Myrc-hetmé:.  page  ii6, 

D  V 


Sx     Histoire  Critique 
ell  du  moins  une  forte  préfomption  qu'il 
ii'eft  nullement  l'Auteur  de  l'ouvrage, 
qu'on  lui  attribue. 

L 

C  A  P  I  T  R  E     X. 

Suite  des  affaires  de  V exécution  du  Tef- 
tament  de  Femelle,  Confiance  que  té- 
moignent a  Flamel  fes  JJJbciés  dans 
cette  exécution, 

LEs  affaires  de  la  fucce/Tion  donnè- 
rent encore  pendant  quelque  temps 
de  l'occupation  a  Flamel ,  &  trois  Sen- 
tences du  Chatelet,  toutes  trois  du  mar- 
di 29  Janvier  1597-98,  nous  en  appren- 
nent le  détail.  Les  deux  premières  de  ces 
pièces  nous  font  voir  l'extrême  con- 
fiance qu'eurent  dans  la  probité  de  Fla^ 
mel  5  les  exécuteurs  qui  lui  étoieot 
allbciés.  Ceux-ci ,  occupés  d'autres  af- 
faires, ou  peu  au  fait,  particulièrement 
le  Curé  RoufTel ,  qui  étoit  plus  entendu 
fans  doute  au  gouvernement  de  fa  Pa- 
roi (Te  qu'à  l'a  pourfuite  des  procès ,  ou  à 
l'examen  des  comptes  ;  ceux-ci,  dis-je  , 
s'en  rapportèrent  d  Flamel  dès  le  com- 
mencement de  l'affaire,  &  l'inftituerent 
leur  Procureur  irrévocable  général  &  cer*- 
tain  meffagé  efyécial  pour  les  repréfen- 

ter poursuivre  tous  plais  &  caufes 

intentées  ayant  U  trefpajjement  de  la  defr. 


DE  Nicolas  Flamel.  85 
funte  6*  les  deffcndre  pour  caufe  de  pro- 
priété de  rentes  d'hypoteques  ,  6'^.  On 
voir  ici  une  preuve  de  ce  que  j'ai  avan- 
cé :  c'eft  l'occupation  continuelle  de  Fla- 
mel à  foutenir  ou  à  intenter  à^s  procès 
pour  la  confervation  d'un  bien  roue  par- 
tagé en  petites  rentes,  &  de  plus  à  rece^ 
voir  àf  acquitter  toutes  créances  &  arréra- 
ges d'enfans  d'efcolle ,  &c.  Ce  font  les 
termes  de  l'ade  ,  par  lefquels  il  paroîr 
que  notre  Ecrivain  avoir  encore  le  foin 
de  former  des  élevés  dans  fon  art. 

L'autre  ad:e ,  qui  eil:  très  -  étendu  , 
ajoute  au  premier  par  l'idée  qu'il  don- 
ne de  la  probité  &  de  l'intelligence  de 
Fiamel  \  qualités  qui  déterminent  [es  co- 
exécuteurs  du  teftamenr  à  lui  en  aban* 
donner  entièrement  la  direélion  j  de  ils 
prennent ,  difent-ils  ,  ce  parti,  . .  .  ,par^ 
ccque  véans  que  le  manis  ,  fumptueux  & 
domageable  étoit  :  Et  ejl  que  ledit  Nico^ 
las  qui  fçŒVoit  la  nature  des-  chofesfe  char- 
geaft  &  printfur  foy  le  fais  cure  &  dili- 
gence de  accomplir  le  dit  tejlament  &  au- 
tres devoirs.  Comme  aujji  ^  difent-ils  en- 
core ,  pour  être  le  dit  Nicolas  aucunement 
r-écompenfé  d'aucunes  mifes  &  defpent 
caufés  par  le  procès  fufcité  par  Perrier  & 
Ifabeau.  Les  exécuteurs  appellert  ici  ma- 
nis fumptueux  &  domageable  ,  l'aiïaire 
dont  ils  fe  déchargent ,  &  que  FlameL 
prândfur  fon  compte.  C'eft  qu'outre  plu»- 

D  vj. 


S4  Histoire  CRiTiQtfF 
fleurs  dépenfes  que  celui-ci  avoir  déjà 
prifes  fur  lui ,  ils  prévoioient  qu'il  lui  en 
couteroir  encore  confidérablemcnr  :  mais 
on  verra  par  la  fuite  de  l'ade  qu'ils  rrou- 
verenc  un  moyen  de  le  dédommager. 

Il  s'en  falloir  de  beaucoup  qu'il  y  eue 
des  rréfors  amalfés  chez  Flamel,  lorfque 
fa  femme  mourut  :   ces  bourgeois  n'c- 
toienr  pas  même  en  argent  comptant  y. 
ou  ils  en  avoient  rrès-peu.  Epuifcs  fans 
doute  parles  bâtimens  qu'ils  avoient  éle- 
To^  livres  vés ,  par  un  prêt  de  cent  francs  que  tous 
loumuis.    |ç^  ^^^^  enfemble.ou  Flamel  feul  dans  le 
moment  de  fon  veuvage,avoit  fairau  Roi 
prêt  pour  lequel  il  femble  qu'il  avoir  cté 
obligé  d'emprunterjde  plus  la  longue  ma- 
ladie de  Pernelle,  tour  cela  avoit  confom- 
mé  le  peu  de  comptant  qu'ils  avoient, 
êc  il  fe  trouva  des  dettes  alTez  confidéra- 
bles.  Le  reftament  ayant  été  déclaré  va- 
lide 5   iî  n'y  eut  pas  d'autre  expédient 
pour  Tacquirrer  dans  fon  enrier  ,  &  pour 
farisfaire  aux  dertes  ,  qae  de  vendre  des 
fonds.  On  s'y  réfolut  -,  mais  la  fomme 
nécelfaire  pour  cette  exécution  difpen- 
•dieufe,  étoir forte,  du  moins  pr rapport 
au  temps.  Par  le  calcul  que  l'on  fit ,  on 
l'évalua  d'abord  à  y'i  liv.  1 1  den.  Ce- 
pendant l'affaire  preifoit.  On  lit  dans  cet 
T5u  i?    adte-ci  &:  dans  un  aéle  de  rranfporr ,  les 
'^^^v.\y)T  exécuteurs  ne  pouvaient  finer  ^  de  la  fom- 
me nécelTaire,  fans  faire  prom^um^nt. 


DE  Nicolas  Fiamel.  ^'^ 
cette  vente  de  la  plus  grande  partie  des- 
biens  meubles  &  immeubles  qui  pouvcit 
tourner  à  grand  perte  &  dommage  à  icellc 
exécution. 

Dans  cet  embarras  ,  Flamel  Iin-mème 
fe  préfente  pour  êcre  l'acquéreur  de  ces 
biens.  Son  incérèc  particulier  cîemandoic 
êec  arrangement ,  &  l'exécution  y  trou- 
voie  fon  avantage  ,   puifque  l'acheteur  , 
en  travaillant  pour    elle  ,    travailieroic 
auiîl  pour  lui.  Les  exécuteurs  reft.imen- 
taires  acquiefcenr  a  la  proportion  qui 
leur  éîoir  faite  \  &  pour  former  la  Tom- 
me nécelTciire,   ils  conviennent  d'aban- 
donner à  Flamel  78  liv.  5>  fol.  8  den.  Sc 
maille  parilis  des  rentes  de  la  fucceflîoii 
dont  quelques-unes  éioient  peu  folides  y 
hypotéquces  fur  des   maifons   &   petits 
édifices  de  peu  de  valeur ^  demùnrés  par 
pièces  &  comme  imitils  au  rapport  de  plu- 
fieurs  Jurés  ^  gens  €n  ce    ccngnoiffans\ 
Cet  abandon  eft  fait  pour  la  fomm*e  de 
5  91  liv.  16  fols  4  den.  parifis  ou  ^00  liv. 
comme  il  efl:  fpécifié  dans  TaCte  de  vente» 
On  abandonne  encore  à   Flam-el  pour 
completter  la  fomme,  le  mop.tant  àes^ 
biens  meubles   trouvés  au  décès  de  fa. 
femme.  Quant  à  lui ,  il  ^e  charge  d'em- 
ployer à  l'acquit  du  reftament  &  du  co- 
dirille  la  fomme  défi^née  :  les  exécuteurs 
•ccnfentent  en  meme-tômps  qu'en  verta 
du  don  mutuel,  il  iouilFe  par  indivis  da 


t6     Histoire  Critique 
furplus  des  rentes  de  la  Communauté  r 
d'un  feptier  de  bled,  de  la  maifon  ôc  des 
ouvrons  à  Ecrivain  qu'il    entretiendra 
comme  ufufruirier. 

Il  y  avoit  dans  cette  exécution  des 
rentes  viagères  dont  on  faura  dans  peu 
le  montant.  Par  l'adte  préfent  elles  font 
deftinées  à  récompenl'er  Plamel  des  dé- 
penfes  dont  j'ai  parlé,  &  à^s  dommages 
prévus.  On  lui  laifTe  donc  ces  rentes  via- 
gères par  lui  &  la  dicte  défunte  conquef- 
tées  j  tant  en  bled ,  en  vin  ^  comme  au^ 
très,  ôc  il  lui  eft  permis  d'en  faire  a  fa 
volonté,  fans  être  tenu  d'en  rendre  ja- 
mais aucun  compte  aux  exécuteurs  ou  à 
d'îiutres  pour  raifon  de  l'exécution, 
ru  19  Tan-  Un  autre  acte ,  qui  pour  l'ordre  des  af- 
^g"  ij?7-  faireSjfemble  précéder  celui  dont  je  vienj 
de  parler ,  quoiqu'il  foit  du  même  jour , 
c'ell  le  tranfport  que  l'on  fit  à  Flamel  des 
78  liv.  9  fols  8  den.  parifis  de  rentes  di- 
vifées  en  foixante  &  fix  partis  ,  depuis 
cinq  livres  parifis  jufqu'a  cinq  fols  parifis* 
L'ade  paroît  curieux ,  pour  fervir  d  don- 
ner des  connoilfances  fur  le  local  de 
Paris  au  commencement  du  XIV^  fiecle  : 
il  efi:  fort  long,  &  je  l'infère  parmi  les 
pièces.  Dans  cet  adle  on  voit  l'énoncé 
ou  la  fituation  des  lieux,. foit  de  Paris  , 
foit  des  environs  ,  fur  lefquels  cette 
quantité  de  petites  parties  de  rentes 
icoienc  établies.  Les  différentes  cenfives- 


DE  Nicolas  Flamel.  Sj 
s'y  trouvent  aiilîî.  Le  calcul  n'y  eft  pas , 
je  crois,  bien  exacft-,  j'ai  remarqué  des 
variations  ou  des  fautes  dans  plufieurs  de 
ces  pièces  -,  l'inatrentlon  des  Ecrivains 
qui  les  ont  grofToyées  ,  les  y  a  laiiTé 
gliiïer.  (a) 

Parmi  les  noms  qui  fe  lifent  dans  cet 
a.6te ,  ell  œlui  de  Jean  de  S,  Romain  ima- 
gier ^  propriétaire  de  maifons  &  louages 
mués  vers  la  porte  S.  Denis  -,  &  ces  biens 
tenoient  â  une  maifon  fur  laquelle  Fla- 
mel &  Pernelle  avoient  i  liv.  lo  fols  de 
rente.  Le  Procureur  Général  du  Parle- 
ment de  Paris,  fous  Louis  XI,  portoic 
le  même  nom  ;  étoit-il  fils  de  cet  ima- 
gier }  Au  relie,  par  imagier  on  doit ,  ce 
femble ,  entendre  particulièrement  un 
Sculpteur  ,  ou  tailleur  d'images  y  commQ 
on  appelloit  alors  ces  Artiftes. 

On  trouve  encore  une  rente  de  trente 
fols,  placée  fur  la  maifon  d'un  Pierre 
Hazart ,  qui  aboutilfoit  par  derrière  aux 
murs  de  VHoJlel  du  Roi  de  Navarre» 
Mais  le  quartier  n'eft  pas  défigné.  Un 
Vicomte  de  M.eaux  avoir  fon  Hôtel  dans 
la  rue  du  Cimetière  S.  Nicolas ,  &:  nos 
Ecrivains  jouiiloient  d'une  rente  de  12 

(  /ï  )  La  date  défeâiueufe  de  la  mort  de  Pernel- 
le ,  eft  une  de  ces  fautes.  Elle  eft  marquée  dan? 
cet  acle-ci  en  1 5^8  ,  quoique  le  compte  de  l'exé- 
cution du  teftament  &  la.  fuite  de  tous  les  a(51:es 
qui  font  relatifs  à  cette  affaire,  ralîurenc  pour 
Jk  mois  d€  Septembre  13^7, 


N: 


SfS"     HtstoiîIîCrttiqus 
fols  panfis  fur  une  niaifon  joignante  S 
cet  HôreL  Le  Le£ieur  verra  dans  la  pie- 
ce  même  les    autres    paiticulariics  qui 
peuvent  incérelîer. 


CHAPITRE     XI. 

Du  compte  rendu  par  les  exécuteurs  du 
tejlament  de  Pernelle  \  &  du  rien  que 
pojjedcient  enfemble  les  deux  époux, 

Ous  voici  aux  derniers  acfles  qui 
aient  aé  faits  dans  le  rems  de  la 
mort  de  Pernelle  ,  pour  l'exécution  du 
reilament  de  cette  femme.  Ils  rerminenc 
l'affaire  ,  autant  qu'elle  put  Terre  alors,, 
à  caufe  de  la  fondation  àQS  quatre  MqÇ^ 
fes  ,  qui  ne  devoit  avoir  lieu  qu'après 
l'accomplifTement  du  don  mutuel,  c'eft- 
à-dire  ,  après  la  mort  de  Flainel. 

L'Ade  le  plus  important  pour  l'objet 
principal  que  nous  cherchons  ,  c'eit-aî- 
dire  ^  pour  la  quotité  du  bien  de  no$^ 
Ecrivains ,  eft  le  compte  de  l'exécution 
du  teftamenr  &  du  codicille  de  la  défun- 
te ,  donné  par  Miles  de  Rouvroy ,  Com» 
miiTaire  Examinateur.  On  le  trouve  ea 
entier  parmi  les  pièces.  Mais  puifque 
lettre  l'Auteut  de  l'Année  îirtérdire  veut  qu^il 
î'^l' ^U'  ne  foie  pas  vraifemblable  que  liamel 
à  fi  more  n'eut  que  300  livres  de  rente ^ 
&  environ  400  livres  lois  du  décès  dç 


©E  Nicolas  Fia  M  Et.     S^ 

Pernelle,  je  dois ,  fondé  fur  cet  ade  au- 
thentique 5  donner  une  certaine  étendue 
à  la  preuve  de  ce  que  j'ai  avancé.  On  ne 
l'aura  néanmoins  préfenrement  que  pour 
le  rems  de  la  mort  de  Pernelle  :  la  iroi- 
fieme  Partie  de  cet  Ouvrage  donnera 
lieu  de  mettre  au  clair ,  autant  qu'il  fera 
poflible  5  le  bien  que  Flamei  a  laide  en 
niouranr. 

Le  Critique  femble  croire  que  j'ai 
parlé  avec  une  précifîon  arithmétique. 
Ce  n'étoit  pas  mon  deifein.  Appuyé  fur 
des  ades  certains  ,  pour  éviter  trop  de 
détail ,  j'ai  déllgné  à  peu  près  à  quoi  ce 
bien  pouvoir  monter  :  Selon  rinventaire 
fait  après  la  mort  de  Femelle  ,  ai-je  dit, 
les  deux  époux  pouvoient  avoir  aux  envi-^ 
vous  de  400  livres  de  rente  :  Et  convain- 
cu par  moi-même  de  la  vérité  j  j'ai  penfé 
qu'en  citant  l''a<5Ve  qui  m'éclairoit  ^  je  fe- 
lois  cru.  On  veut  plus  de  lumière  ,  je  la 
donne  ;  on  verra  fi  je  me  fuis  de  beau- 
coup écarté  du  vrai. 

L'inventaire  des  biens  de  la  commu- 
naïué  ,  ou  plutôt  de  tous  les  biens,  car  on 
ne  voit  point  de  réferve  en  aucun  ade 
pourles  biens  propres  que  Flamei  &  Per- 
nelle pouvoient  avoir;  cet  in venraire  fut 
commencé  aufîi-tôt  après  la  mort  de 
Pernelle  \  on  l'a  lu  _,  &:  je  l'ai  avancé- 
d'après  un  ade  qui  l'énonce  formelle- 
ment. Il  excita  pour  lors  une  grande  cou- 


5)0  Histoire  Critique 
D'une  tention  -,  c'eft  ce  que  j'ai  encore  rappoî- 
dj^Thie-  ^^'  £ft-il  croyable  qu'avec  une  opération 
le:  du  50  ù.  prompte  ,  de  dans  de  telles  circonftan- 
^j'^^/*^  CQS  ,  on  aie  détourné  ,  ou  de  Targenr , 
ou  des  effets  de  la  fuccefîion  ?  Le  croira- 
t-on  de  la  part  de  Flamel  ?  Sa  mémoire  , 
quoiqu'en  ait  dit  Naudé  ,  Bibliothéquai- 
re  du  Cardinal  Mazarin  ,  qui  l'accufe  de 
friponnerie  envers  les  Juifs  j  elî:  au-def- 
fus  d'un  foupçon  (î  défavantageux.  Tout 
dut  fe  trouver  chez  l'Ecrivain  dans  ce 
moment  critique.  Piiifque  tandis  que 
d'un  coté  Tes  alfociés  dansTexécution  lui 
donnent  route  leur  confiance  ,  de  l'autre 
Perrier  ôc  Ifabelle  ,  qui  fe  préfentenc 
chez  lui  prefque  fur  le  champ  ,  ne  Lui 
font  aucun  reproche  fur  fa  probité,  quoi- 
qu'alfurément  ils  n'eunfent  pas  lieu  d'è- 
ire  contents  des  difpo/itions  qui  les  re- 
gardoient. 

Quelles  font  donc  les  richefTes  que  les 
yeux  perçans  &c  intéreffcs  d'Ifabelle  ap- 
perçurent  chez  fon  beau-frere  ^  En  quoi 
confiftoit  tout  le  bien  que  poiTédoient 
alors  les  deux  époux  ?  Le  voici  avec  le 
mains  d'étendue  ôc  le  plus  de  netteté 
que  je  puis  Texpofer. 

Des  biens  meubles  ôc  uftenciles  de 

*       ménage  j  eftimés  par  Quatrebaut ,  Pri- 

feur  Juré  du  Roi ,  1 08  livres  i  9  fols  Pa- 

rifis  :   encore  faut- il  comprendre  dans 

texte  fomme  quelques  aircrages  reçus  , 


t»  E  Nicolas  FtAMii.  51 
comme  le  dit  un  des  ades  da  29  Janvier 
1 397-98  j  arrérages  auxquels  on  en  joi- 
gnit quelques  autres  reçus  dans  l'inter- 
valle de  cette  affaire  ,  qui  augmentèrent 
cette  femme. 

On  feuillette  les  livres  de  compte , 
on  ouvre  les  regîtres ,  &  la  fomme  to- 
tale de  rentes  perpétuelles  que  Flamel  8c 
Pernelle  poifédoientj  foit  dans  la  Ville, 
foit  à  la  campagne  ,  fe  trouve  monter  à 
294  livres ,  2  fols  Parifis.  Il  peut  y  avoir 
lieu  5  ce  me  femble  ,  d'être  étonné  de 
trouver  chez  ces  bourgeois  des  rentes 
viagères  ou  àviage,  comme  on  parlok 
de  leur  tems.  Ils  en  avoient  cependant  , 
&c  il  eft  naturel  d'en  conclure  qu'ils 
avoient  voulu  rendre  leur  revenu  plus 
confidérable  :  c'eft  un  argument  contre 
la  découverte  de  la  poudre  de  projeâ:ion. 
Ils  avoient  donc  de  ces  rentes  viagères  ; 
mais  comme  par  rapport  aux  rentes  per- 
pétuelles ,  chez  Flamel  on  ne  parloit 
point  par  mille  livres,  il  en  étoit  de  mê- 
me du  viager  :  59  liv.  8  fols  pariiîs  for- 
ment tout  le  montant  de  ces  rentes  via- 
gères, il  faut  y  ajouter  neuf  poinçons  Se 
quatre  queues  de  vin  de  rente  a  viage 
(  a  )  -,  de  nn  feul  feptier  de  bled  méteil  , 

(a)  On  voit  par  le  teftament  de  Flamel ,  que 
de  fou  temps  le  vin  valoit  ^  &  8  deniers  la  pin- 
te. Par  la  fuppata-tion  qui  a  été  faire  ,  ces  pièces 
de  vin  de  rente  ,  cenfres  meliire  des  environsdc 
Paris ,  &  eftimées  au  prix  de  lîx  deniers  la  pin- 


5?1       HiSTOiRÉCRÏTIQtTÉ 

perçu  fur  les  héritages  de  Pierre  Bréval  ^ 
Maçon  à  Rofny ,  près  du  bois  de  Vin- 
cennes  (b),  Cerre dernière  partie  de  ren- 
ie croit  perpétuelle. 

Ces  bourgeois  étoienr  logés  ,  comme 
on  la  vu,  dans  la  maifon  qui  leur  ap- 
partenoit ,  &  ils  n'en  avoient  point  d'au- 
tre au  temps  de  la  mort  de  Pernelle  : 
elle  étoit  double ,  comme  je  l'ai  dit.  La 
moitié  avec  une  des  échoppes ,  fut  ven- 
due à  Jean  -  François  Tabellion  avant 
1429  poiir  14  liv.  parifis  de  rente  perpé- 
tuelle. Uautre  partie  étoit  occupée  en 
1458  pour  le  même  prix  de  14I1V.  pa- 
rilis  par  Pierre  Gouffet  &  par  la  veuve 
de  Guillaume  le  Comte,  Marguillier  de 
S.  Jacques  ,  dont  il  fera  beaucoup  parlé 
dans  la  fuite  -,  La  féconde  échoppe  ,  Ci 
v.T.fJai  long-temps  inhabitée  5  fut  enfin  louée 
P^'  40.     gj^  1454»  huit  fols  pariiis  par  an. 

Tel  étoit  le  bien  de  nos  Ecrivains  ^ 
niais  celui  qu'ils  polfédoient  avant  leur 
mariage  ,  (  car  ils  en  avoient ,  leur  don 
mutuel  le  dit  expreffément  )  a-t-il  été 
compris  dans  cet  inventaire  t  c'eil  ce  qui 
lie  fe  voie  point  *,  &  de  quelque  manière 
qu'il  en  aie  été,  ce  bien  ne  regardant 

te ,  valoient;,  les  ncufpoinç::Mis  48  liv.  12  fols  Se 
les  quatre  queues  4^  liv.  4  fols  de  rente. 

(  ^  )  Je  n'ai  pu  découvrir  dans  routei  les  pièces 
c^uc  j'ai  vues  le  prix  auqrîel  étoit  alors  le  irptier 
^c  bled  :  pour  l'orge  ilvaiou  enHiS.  16  fols  ie 
iepcier. 


DE  Nicolas  Flamel.  9^ 
poitic  ie  creufec ,  fi  on  l'infere  dans  les 
lonimes  expofées ,  c'eft  une  loulaactioa 
i  faire  fur  le  tout  que  l'on  va  voir. 

II  ne  tàin  pas  une  longue  addition 
pour  établir  maintenant  le  montant  du. 
revenu  dont  pouvoient  jouir  enfembi^ 
Flamel  &:  fa  femme.  On  voit  que ,  quant 
au  perpétuel ,  il  eft  au-delfous  de  ce  qua 
j'ai  avancé  ,  &  au  plus  de  ^^^o  liv.  pari- 
fis ,  en  y  comprenant  le  revenu  qu'auroic 
p^  produire  la  maifon  ,  s'ils  l'eufienc 
louée.  Quant  aux  viagères  ,  dont  le  vin 
faifoit  la  plus  grande  partie ,  en  eftimanc 
ce  vin  au  prix  de  6  den.  la  pinte  ,  com- 
me on  le  vendoit  dans  ce  temps  ^  Flamel 
retiroit  de  ces  rentes  141  liv.  4  fols  pari- 
fis  :  le  tout  enfemble  monte  à  471  livres 
ou  environ  :  mais,  outre  qu'il  s'y  trouve 
un  viager  coniidérable  ,  eu  égard  au  per- 
pétuel,  on  fera  attention  que  l'on  n'a 
pas  établi  dans  l'FiTai  une  fomme  fixe. 

Il  faut  ajourer  que  ces  bonnes  gens 
Revoient  ,  &  qu'on  leur  devoir  aulïî. 
Pernelle  avoir  contracté  des  dettes  , 
comme  il  a  été  dit.  Le  com,pte  de  l'exé- 
cution les  appelle  clamis  ou  dettes  d'icel^ 
le  feue  Pernelle,  Le  mari  en  avoir  con- 
tradé  fa  part  ;  elles  tombèrent  fur  U 
Communauté.  Leur  totalité  fe  monte  à 
j88  liv.  14  fols  parifis  :  cette  fomme, 
fi  forte  pour  le  temps  ,  eft  certainement 
encore  un  argument  contre  Jes  précen- 


i 

94    Histoire  Critiqué 
dues  productions  du  creiifer.  Des  Alchy- 
niiiles  fortunés ,  comme  on  prétend  que 
ceux-ci  Tout  été,  eulfenr-ils  contradé 
âQs  dettes  aulîî  confidérables ,  des  dettes 
criardes i^  car  c/aw/i  pourroit-ii  fignifier 
autre  chofe  ?  Et  quoiqu  ordinairement 
dettes  criardes    s'explique    par  menues 
dettes  5  ce  terme  s'étend  aulîî  à  des  det- 
tes confidérables  ,  dont  des  créanciers 
pourfuivent  avec  cris  le  payement.  Quoi 
qu'il  en  foit,  les  deux  époux  dévoient 
De  l'aae  pl^fi^^^s  grands  dettes.  Leurs  dettes  ac- 
de  vente  ou  tivcs  étoient  fottes  5  d  la  vérité  ,   mais 
Sr^rFla-  lîîoiridres  que  les  dettes  paflives.  Ces  det- 
tuel.         ces  adives  font  portées  à  la  fomme  de 
284  liv.  parifis.  Ils  étoient  donc  arriérés 
de  plus  de  cent  livres ,  qu'il  faut  dimi- 
nuer fur  la  totalité  de  leur  bien,  [a  ) 

(  A  )  En  I Î99 ,  année  dans  laquelle  les  affaires 
de  la  fucceffion  de  Pernelle  ont  été  réglées  ;  le 
marc  d'argent  valoir  le  17  de  Novembre  6  liv.  8 
fols  félon  la  table  publiée  par  Leblanc. 

Par  la  fuppatation  qui  a  été  faire  ,  on  a  trouvé 

que  100  liv.  de  ce  temps,  évaluées  au  temps  pré- 

^    .£•  ^j._  fent ,  où  le  marc  d'argent  eft  fixé  par  le  tarifa 

rêtc^'^èn'lâ  4^  ^^^'  ^^  '■^^^  produiroient  aujourd'hui  731  liv. 

Cour     desl6/oIs?  deniers. 

Monnoyc  s  Ainli  ?  ^o  liv.  parilis  de  rente  du  temps  de  Fla- 
Ic  18  Juin  mel  r<  Pernelle  ,.  qui  font  en  livres  tournois  , 
jji^.  411  liv.  10  f  Is ,  ptodairoient  maintenant  50ii 

iiv.  10  fols  tournois. 

Et  141  liv.  pirifis,  montant  de  ce  que  Flamel 
pouvoir  avoir  en  viager  ,  qui  font  en  tournois 
176  liv.  ç  fols,  don'- croient  aujourd'hui  1151 
II  f.-ils  5  den.  tournois. 

Or,  comme  les  rentes  perpétuelles  fe  conftj 
tuoient  alors  environ  fur  le  pied  du  denier  dix 


DE  Nicolas  Flamel.     95 
Ce  fut  le  i(^  de  Juin  que  les  exécuteurs    1^99* 
rendirent  le  compte  qui  vient  de  nous 

&  peu  au-deflbus  ;  ec  qui  fera  prouvé  dans  la  fui- 
te :  en  établiiTant  ces  rentes  au  denier  dix  ,  lia- 
mei  a  pu  fe  former  un  revenu  de  5  5c  liv.  parihs  , 
ou  411  liv.  10  fols  tournois  avec  ^^coliv.  parifis 
ou  41  iç  liv  tournois.  Ec  en  ramenant  ce  fonds  au 
taux  d'aujourd'hui,  il  feroit  ?0ii8  liv.  lo  fols  ] 
deniers  tournois. 

Quant  aux  141  liv.  pariiîsde  rentes  viagères  , 
ou  17e  liv.  î  fols  tour,  le  fonds  que  l'on  fournie 
pour  ces  rentes  étant  moindre  que  celui  que  l'on 
(donne  pour  le  perpétuel  5  &  de  plus,  les  rentes  via- 
gères que  pofTédoic  Flamel  paroilTant  avoir  été 
conftituées  fur  deux  têtes  ;  on  a  eftimé  ces  rentes 
à  If  pour  cent ,  parce  que  cinq  pour  cent  de  ce 
temps-ci  érant  égaux  à  dix  pour  cent  du  temps  de 
Flamel ,  où  l'on  conftituoit  en  perpétuel  enviroa 
à  dix  pour  cent  ,  fept  ôc  demi  pour  cent  que  de 
notre  temps  on  peut  donner  fur  deux  téres ,  font 
égaux  à  quinze  pour  cent.  Ainfi  le  fonds  qui  a 
fervi  à  conftitucr  ou  former  les  141  liv.  parifis 
ou  176  liv.  f  fois  tournois  a  pu  être  de  940  livres 
parifis,  ou  ii7f  liv.  tournois,  qui  feroient  au- 
jourd'hui 8^10  liv.  10  fols  9den.  tournois. 

En  1'j9^.  Revenu  de  Flamel  &  PernelU, 


£n  livres  parifis. 
Perpétuel  îjol. 
Viager.      14.1. 


471 


ÎG  livres  tourn. 

Perp. 

411  l. 

10  f. 

Viag 

17^. 

^r. 

î88. 

15. 

Produir.  aujourd'hui 

en  livres  tourn. 
Perp.  «îoii  1.  17  f. 
Viag.  1x91  I.  1 1  f.  » 

43141-    8^., 


Fonds  qui  a  fu  former  les  rentes  di.  Flamel 
en  13^^. 


En  liv.  parif. 


4i40  1- 


En  livres  tourn. 
p.  le  perp.  41 1\  1. 
p.  le  viac;   1 17^  1- 


S5eoi 


Feroit  aujourd'hui  en  li- 
vres tournois, 
p. le  perp.  jcziS  I.:o  f.  5 
p.hviag.  8610  1.  10  f.  9 
1883^1.    if. 


Voilà  tout  le  bien  de  Flamel  &  de  Pçrnelle  en» 


96'.  Histoire  Critique 
foLunii:  ii  clairement  la  connoiflance  cîu 
bien  que  Flaiiiel  ôc  Pernelle  polfcdoienc 
eiîfcmble.  Le  16  du  iiiCme  mois,  le  Pré- 
vôt de  Paris  le  ratifia  par  une  Sentence 
qui  porte  décharge  pour  les  exécuteurs  ; 
ik  le  lendemain  27  ,  ces  exécuteurs  firent 
^înTemble  un  nouvel  a(5le  C]ui  termine 
cette  affaire.  Celui-ci  contient  premiè- 
rement une  décharge  entière  donnée  i 
Flamel  pour  fa  geition  :  on  réferve  ce- 
pendant un  article  qui  jufqu'alors  n'avoic 
pu  avoir  fon  exécution  -,  il  ert:  aullî  rcfei:- 
vé  dans  la  Sentence  de  ratification. 

Le  tellament  de  Pernelle  établit  un 
legs  de  1 1  liv.  tournois  en  faveur  de  trois 
filles  ,  Jehannette  laPaquote  :  Tune  d'el- 
les devoir  avoir  6  liv.  en  accroilfemenc 
de  fon  mariage.  Les  deux  autres ,  Maline 
&   TaJJine  Dufrefne ,  chacune  60  fols 

fembj'e.  En  même -temps  qu'il  faifoit  au  plus  , 
taiic  en  perp;rriicl,  qu'en  viager,  471  iiv.  parifis 
(  car  c'eit  de  ces  livres  parifis,  ordinairement  en 
ufai»e  alors,  que  l'on  a  entendu  parler  dans  l'Ef- 
fai  fur  S.  Jacques.  )  le  tonds  de  ces  bourgeois 
rnonroit  environ  à  4140  liv.  parifis  ,  &  rapporté 
à  ce  temps-ci  en  livres  tournois ,  il  ne  monte  pa^s 
à  400CO  livres. 

Et  quand^  pour  quelqu'erreiir  ou  omifTion  que 

,  l'on  auroit  taire,  il  eût  été  un  peu  plus  fort,  il 

cil'  certain  que  Borcl  ctoi:  bien  loin  de  compte  , 

lorfqu'il  a  cru  apperceyoir  que  les  richeires  de 

rHcrivain  tormeroient  à  préfent  t>/.vi  d'un  r/iillio/i 

Borcl       délivres.    Mais  comme  cet  Auteur  l'eniend   du 

Tréfor  pa-  bicn  que  Flamci  a  lailîé  à  fa  mort ,  il  fera  tenips 

gc  164.       de  nous  étendre  fur  cela ,  lorfque  nous  y  ferons 

arrivés. 

pour 


B  E  Ni  c  o  l  a  s  F  l  a  m  e  1.  5)7 
rpour  le  même  objec.  Ce  legs  n'ayanr 
pu  être  acquitté,  fiamel  en  demeure 
chargé  fur  la  parc  de  la  Communauté 
dont  rufufruit  lui  eft  laiffé.  La  quit- 
tance de  cette  fomme  ne  fe  trouve  point 
dans  les  titres. 

L'A  de  entre  les  exécuteurs,. contient 
encore  une  déclaration  exacte  des  biens 
dont  Fiamel  alloit  entrer  en  jouilTance 
comme  ufufruitier.  Il  eft  curieux  de  voir 
ce  qui  lui  refta  pour  fa  parc  du  don  mu- 
tuel ;  8c  quoique  l'ade  foit  en  entier  pa- 
mi  les  pièces,  donnons  <:ependant  ici 
fous  un  coupd'œilj  toutes  les  parties  de 
ce  furplus. 

Les  dépenfes  de  l'exécution^  tanc 
pour  les  legs,  que  pour  Ïqs  procès  de 
les  frais  de  Texécutien  même,  furent 
au  delà  de  la  fomme  de  ■y6i  livres  iz 
deniers  à  laquelle  on  s'étoit  première- 
ment fixé.  Elles  font  arrêtées  dans  le 
compte  à  829  livres  5  fols  6  deniers 
parilis  ;  fomme  qui  fut  prife  fur  la  parc 
de  Pernelle.  Les  rentes  de  la  commu- 
nauté qui  refterenr ,  font,  fuivant  cette 
dernière  fentence,  106  livres  6  fols  11 
deniers  poitevine,  (a)  Ainfi  la  moitié 
pour  la  part  du  don  mutuel 5  eft  de  55 

(^  )  La  poitevine  ,   ou  picle  ,  ou  Pougcoife , 
valoit  la  moitié  de  l'obole  ,  6c  partageoit  le  denier 
cn.Quacre parties.  .  On  l'appelloit  picle  tournoife 
ouparidsj  félonie  denier  qu'elle  partageoit» 
Le  Blanc  i  page  151, 

E 


^S        HïS  TOIR  E    C  a  TTTaUE 

livres  5  fols  G  deniers  de  rentes  déc^^" 

rées  telles  quelles  &  prinfes  par  part'i^^» 
Elles  écoienc  en  4S  parties.  Outre  ^^ 
qui  avoir  été  employé  des  parties  ds 
lentes  rachetées  pendant  le  cours  de  l'af- 
faire pour  l'exécuàon,  il  fe  trouva 
dexcéden:  185  livres  16  fols  parifis^ 
provenues  de  plufieurs  parties  de  ces 
rentes  reinbourlées ,  qui  monroient  en- 
femble  a  17  livres  11  fols  parilîs  de 
rente  ;  la  moitié  en  argent  comptant  mile 
entre  les  mains  de  rufufruitier ,  fut  donc 
91  livres  8  fols  parilis  :  Avec  cela  la 
moitié  de  la  maifjn  ,  dont  on  juge  du 
prix  toncier  par  celui  de  la  location  , 
le  petit  ouvroir  à  Ecrivain  &:  la  moitié 
du  feptier  de  bled.  C'eil:  là  toute  la  parc 
Q3nt  Flamel  entra  en  jouiffance  en  vertu 
du  don  mutuel  j  &:  avec  les  819  livres 
5  fols  dépenfés ,  c'ell  tout  le  bien  de 
Periielle.  tlamel  devoit  avoir  autant  de 
fon  côté 

Les  réflexions  fe  font  allez  multipliées 
<îans  cette  partie  ,  fans  en  préfenter  de 
nouvelles  au  lecteur.  En  vovant  ces 
Bourgeois  dans  une  fituation  fort  ordi- 
naire pour  leur  tems ,  il  jugera  que  les 
Auteurs  qui  leur  ont  attribué  des  richef- 
{es  prodigieufes  j  comme  la  Seigneurie 
de  frpt  Paroiifes  aux  environs  de  Paris , 
avec  quatre  mille  écus  d'or  de  revenu, 
ou   bien   quinze.-cenc:-milie   çcu$ ,    lu^ 


ronrdebicé  que  (ql  des  bmirs  qm  n'ont 
eu  d'autre  tondemenc  que  celui  de  la 
poudre  de  projection  ,  <lonc  on  les  a  cra 
poifelfeurs  j  Ez  il  conclura,  ceniefem- 
ble  ,  de  Teicpoluion  hmple  que  j'ai  fai- 
te de  leur  bien  ,  comme  ce  i'efpece  de 
médiocrité  où  ils  le  font  trouvés  en 
1399  ,  quatarze  années  après  la  préten- 
due découverte^  (j)  que  ce  qui  a  été 
dwbité  3c  repère  tant  de  tois  eit  une  ù- 
ble ,  que  le  goût  de  beaucoup  deper- 
fonnes  pour  le  merveilleux  a  fait  pâlfer 
julqu'i  nos  jours. 

L'Exécution  du  reil:ament  de  Per- 
relle  en  reil:a  pour  lors  i  ce  que  nous 
avons  vu.  L'Orionnance,  qui  regarde 
la  fondation  des  quatre  Meiles  balTes 
perpétuelles  ,  fut  fufpeniue  jufqu^iprès 
la  mort  de  Flainel.  Cette  fo:idation  taie 
donc  partie  des  aîfaires  qui  fuivirenrli 
mort  de  l'Ecrivain  :  il  fera  tems  d'en 
parler  alors.  Dans  la  partie  où  nous  al- 

'[  a     Combien  d'aunes  richeifes  Flamel  &  Per- 
nelle  ne  devoien:-ils  pas  avoir  amartees  en  qua- 
torze années  ?  i'Auteur  des  lahUs  Eg^pie^jy.es 
6'  Grecques  dexcilces .,  raconte  d'après  Diodore      T.  i.  ♦. 
<le  Sicile  ,  di:-il,  des  prodiges  bien  di&rensde  Hî  ,    cr- 
ia venu  de  la  poudre^  Symar.dius,  Roid'EgA-p-/*»-. 
te  ,  poirciieur  d'j  grand  lecrer,  avoir  tai:  envi- 
ronner ion  monument  d'un  cercle  d'or  malîît, 
•dont  la  circonférence  étoit  de  ;c<>  coudées,  6c 
chaque  coudée  éroic  ua  Cube  d'or.  S'ur  un  des 
cotes  d-i  périltyle  d'un  palais ,  qui  étoit  auprès 
du  monument  ,  on  \(>\ojt  Syrn^Jidiuj  qn:  ojfroit 
aux  DiCHx   for  ^  rjit^nt' qu'il  fasfott  tous  Iti 


ïQO    Histoire  Cjiitîque 
Ions  entrer-,  nous  le  fuivrons  jurqu'àfa 
mort. 

*/25.  La  fommc  en  c'coit  marquée  ,  &  elle  mon- 
toit  à  i^iioooooooo  mines.  Une  Ji  grande  fom- 
tne  paroh  incroyable  ^  ajoute  D.  Perncry  j  mais 
elle  ne  l'eji  pas  a  ceux  qui  favent  ce  que  peut 
iranfmuer  un  gros  de  poudre  d.e  projection  mul- 
tipliée en  qualité  aut<tnt  qu'elle  peut  l'être. 

Le  Lecftcuu  compatcia  fans  doute  les  immen- 
fes  &  énormes  cttufions  du  creulct  de  Symart- 
dius,  avec  la  ftcrilué  de  celui  de  Flaancl,  ^: 
il  eu  jugera. 


DE  Nicolas  FlAmee.   lor 

•ï? 


Il  il  Mxlî^..;^lc<^  îî  II 

SECONDE    PARTIE. 

CHAPITRE    PREMIER. 

Flamel  fait    élever  une  féconde  Arcade 

aux  charniers  des  SS.  Innocens.  Des 

hiéroglyphes  quon  lui  ainibue. 

L'Hiftoire  d'un  Particulier  dont  la 
vie  obfcure  a  été  renfermée  dans 
un  petit  cercle  d'aflaires  domeftiques, 
ne  doit  point  fournir  des  traits  aiïez  pi- 
quants pour  intereifer  beaucoup  un 
Lecteur  :  Voilà  ce  qu'a  été  Flamel.  Sa 
vie  ne  fut ,  à  proprement  parler ,  qu'une 
fuite  d'a6tions  communes  dont  peu  mê- 
me font  venues  jufquM  nous.  Les  feuls 
batimens  que  cet  Ecrivain  a  élevés  & 
fes  fondations  j  l'ont  rendu  fameux  6c 
forment  fon  hiftoire.  C'eft  principale- 
ment ce  qui  va  nous  occuper  dans  cette 
partie  ,  où  nous  le  fuivrons  depuis  fon 
veuvage ,  jufqu'au  rems  où  il  mourut* 
L'Homme  regardé  comme  extraordinai- 
re,  en  rendra  le  détail  interreflanr. 

Les  embarras  &  les  foins  occafionnés 
par  l'exécution  du  teflament  de  Pernelk- 

E  ii} 


loi  HîSToiRï  Critiqtîr 
étant  celfés ,  Flamel  duc  rentrer  dans  fa 
vie  ordinaire.  Ce  qui  continua  donc  à 
l'occuper ,  ce  fut  fans  doute  fes  entre- 
prifes  d'écriture ,  la  vente  des  livres  ^ 
puifqu'il  étoit  Libtaire  de  l'Univer- 
iité  ,  le  foin  de  {es  élevés  ,  s'il  con- 
tinua d'enfeigner  ,  6c  fingulierement  la 
geftion  d'un  bien  toiit  partagé  en  petites 
rentes,  comme  il  a  été  dit  plufîeurs  fois  y 
ce  n'étoit  pas  la  moindre  de  fes  occu- 
pations. 

Mais   il  en  eut  une  particulière  en 

1404-5  5   Ôc  quoiqu'on  en  ait  parlé  dans 

t(fal,f.  VEiTai  5  elle  doit  être  rappellée  ici.  Jean 

*^^'         Perrier,  Prêtre,.  Bénéficier  de   N.  D» 

ÔC  Curé  de  faine  Benoît  le  bien  tourné 

Sent,  du  a  Paris ,  nomma  Flamel  pour  être  l'un 

%'C'Jo^^^^  ^^^  Exécuteurs  teftamentaires.  Il  lui 
donna  pour  cette  gellion  des  afTociés 
dont  la  compagnie  fit  honneur  à 
FEcrivnin  -,  entr'aurres  deux  Chanoines 
de  Paris,  l'un  nommé  ]ean  de  Saimsy 
qui  devint  Evêque  de  Meaux  pendant 
le  tems  de  l'exécutian  du  teitament  ; 
rautre  ,  Maître  Jean  Roland,  Amfi  il 
paroîr  tant  par  les  perfonnes  auxquelles 
on  voit  ici  Flamel  a(Tbciéj  que  par  le 
choix  que  Perrier  fit  de  lui ,  que  fi  l'on 
trouvoit  chez  l'Ecrivain  de  l'honneur  & 
de  la  probité  ,  on  lui  connoiffoit  avec 
cela  de  l'intelligence  dans  le  manimenc 
des  affaires.  La  confiance  q^u'eurent  eii. 


DENlCOtAsFtAlt^EL.      16^ 

lui  {qs  afTociés  dans  rexécucion  du  ref- 
tament  de  Pernelle,  jointe  à  ce  fécond 
traie  3  fait  preuve  que  l'homme  ne  doie 
point  être  regardé  comme  un  Ecrivain 
qui  fimple  Arcifan  ,  ne  dut  qu'à  fa  mairk 
les  prohrs  qu'il  faifoit.  Flamel  accom- 
pagnoit  la  pratique  de  fon  art  de  la  con^ 
noilfance  des  affaires.  C'eft  là  une 
des  fources  d'où  lui  vinrent  les  pro- 
fits confidérables  qu'il  fit.  Une  conduite 
fage  &  intelligente  ,  en  même  tems 
qu'elle  gagne  la  confiance  ,  attire  des 
récompenfes  proportionnées ,  &  plu- 
fleurs  fe  font  enrichis  légitimement  par 
cette  vaye. 

Le  goût  décidé  de  Flamel  pour  les 
bâtimens ,  goût  qui  lui  aura  pro- 
curé chez  les  Alchymiftes ,  la  qua- 
lité d'Architede  qu'ils  lui  ont  donnée  ;  ^°"^'^-'^^' 
lui  fourniffoit  aulli  l'occafion  d'em- 
ployer fes  profits  5  auflî-bien  que  l'ex- 
cédent de  fon  revenu.  Il  fut  la  trouver 
cette  occafion  ,  après  la  mort  de  fa  fem- 
me, comme  auparavant.  A  toutes  les 
occupations  qu'il  avoit  d'ailleurs  en- 
grand  nombre,  il  continua  de  joindre 
QQS  travaux  qui  par  eux-mêmes  de- 
mandent fouvent  un  homme  tout  en- 
tier. Dieveim  veuf,  il  agit  peut-être 
avec  plus  de  liberté  :  mais  il  le  fie 
toujours  avec   plus  d'aifance. 

Le  Bâtiment  qui  peut  avoir  été  le  pre- 

£iv 


J04  HisTOîRÊ  Critique 
mier  conih-uit  par  tlamel  depuis  la  mort 
de  Pernelie,  eft  l'efpece  de  Maufolée 
que  l'on  voit  à  l'entrée  des  Charniers 
desSS.  Innocens  du  côté  de  la  rue  faint 
Denis ,  vis-à-vis  de  l'Arcade  qu'il  avoit 
fait  bâtir  en  1585;,  le  Ciméiicre  entre 
deux..  Jacques  Cohorry  dans  la  préface 
qu'il  a  faite  pour  le  SoQ-imaire  Philo- 
fophique  5  écnr  attribué  à  Tlamel,  pa- 
roit  avoir  fixé  la  date  de  ce  Tomber-a 
àl'année  1407,  (a)  c'ed  ce  qu'on  ne 
peur  vérifier.  Mais  comme  cet  Auteur 
s'efl: ,  ce  femble  ,  trompé  fur  l'autre  Ar- 
cade ,  qu'il  date  de  cinq  années,  trop 
tard  j  il  pent  .de  mcme  s'être  trompé  fur 
celle-ci.  (  Z')  Et  ce  qui  donne  plus  lieu  de 
le  penfer,    c'eft  que   Hamel  en    1407 

Blbllotli.  ,(^^  Gohoiry  qui  a  fixe  une  de  ces  Arcades  à 
des  Philof.  ''année  1407  doit  l'avoir  enicndu  de  celle-ci , 
Chym.  Paifquon  lifbit  à  l'autre  i^,S^.  F.t  qnand  pour 
i74i.  T..  Cette  autre  Arcade,  fixée  dans  la  nouvelle  Bj- 
i.  ^.  161,  bliothéque  Ciiymique  à  Tanné  1599,  &  parGo- 

horry  à  n9?  ,  on  fe  feroit  trompé  ,  ce  que  l'on 

ne  croit  pas  ;  celle-ci  eft  toujours  poftéricure  ; 

Se  la  datede  1407  ,  qu'on  lui  donne  ,  occaiîonneia 

dans  peu  une  remarque. 

{b)  Jacques  Cohorry  appelle  le  Parifien  ou 
le  Solitaire,  a  fait  imprimer  cniçéi  ious  le  titre 
de  Traz/sforwation  métallique  j  un  Recueil  de  trois 
traités  d  Alchyniie  dont  le  troiiîeme  eft  le  Som- 
maire Philofophiquc.  Dans  la  préface  que  Co- 
horry a  faite  pour  ce  fommaire  ,  il  dit  N.  Fla- 
mcl  florijjott  l'an  1^95  6'  1407  comme  il  appert 
en  la  Vrlle  de  Paris  ei  monuments  de  deux  Ar- 
ches oppofites  entr  elles  qu'il  fit  alors  faire.  Puifquc 
cet  Editeur  a  été  chercher  à  ces  Arcades  leteras. 
où  Hamcl  pouvoi:  avoir  vécu,  il  paroit. qu'il 


DE  Nicolas  F  l  a  m  e  i.  105 
étoir  crès  occupé  A  un  Bâtiment  conli- 
dérable  dans  la  uie  de  Montmorency.  11 
paroîc  donc  que  cette  Architedure  go- 
thique du  Charnier  ôc  tous  fes  ornemens 
ont  précédé  l'année  1407,  &  que  ce 
monument  eft  un  premier  emploi  que 
fit  notre  Ecrivain  du  revenu  particulier 
du  don  mutuel.  Lui-même  commença  à 
exécuter  ce  qu'il  femble  avoir  in- 
fpiré  à  fa  femme  ,  en  employant  à  une 
œuvre  pie  le  bien  qui  lui  avoir  été  laiifé 
pour  fon  ufage.  Il  bâtie  une  Arcade 
des  Charniers  -,  &  en  même  tems  un 
Tombeau  pour  la  défunte.  Peut-être 
ëleva-t-il  aufii  pour  lui-même  ce  Tonio 

ii'étoit  point  iKftruit  d'ailîeurjr _,  &:  que  comme 
bien  daurres  ,  il  a  débité  les  bruits  populaires. 
11  eft  remarquable  que  Duverdicr  a  copié  dans  Du'/eràlci;, 
fa   Bibliothèque   les    paroles   de    Gohorry.  La  p- 3H- 
Qroix  du  idzme  a  fait  a  peu  près   de   même  ,     la  c.  du 
mais  au  lieu  de  1407  ,  date  que  Gohorry  donrie  Maiae^  f 
à  la  fecor.de  Arcade,  ilaccrit  14C;?  ,  ce  qui  peut  343. 
être  une  erreur  de  chiffre.  On.appercoit  toujours 
que  ces  deux  Auteurs  ont  copié  le  plus  ancien. 
Je  ne  fai  (\  Gohorry  ne  feroit  pas  au  111  le  pre- 
mier qui^,  par  les  faits  qu'il  a  écrit  ix:  fait  im- 
primer fur  Fiamel ,   lui  aura  comme  aiTuré  une 
réputation,  qui  n'avoit  été  jufqu'à  lui  que  dans 
une  tradition  incertaine.  Rcch  le  Bailli f\   donc 
on  imprimoit  le  Démojîérîon  en  isi^  ,  aurafervi    Ty^moCtf 
à  confirmer  ce   que  (on  Devancier  avoit   dit.  rion,  tpic^ 
Celui-ci  ou  l'Editeur  qui  a  compoié  la  Préface  au  Ucti  _p. 
de  ce  Démçjierion  ^  pour  parler  comme  La  Croix  6. 
du  Maine  j  y  rappelle  à  la  vérité  la  découverte 
du  vieux  Livre  manufcrit,  mais  il  ne  dit  point 
L'avoir  apprife  dans  le  Traité  fur  les  figures  du 
Chairdex   ;  en    forte  qu'il  peut  parler   enca-- 


10^  Histoire  CritiqUi 
beau  ,  puifqu'il  s'y  effc  fait  repréfenrer^ 
mais  enfuite  i!  changea  cette  deftination- 
Les  Sculptures  qui  ornent  cette  Ar- 
cade ont  fort  occupé  les  Hermétiques,, 
il  faut  en  parler.  Au  vrai  de  à  des  yeux, 
qui  ne  font  point  enchantés,  elles  ne 
montrent  rien  que  de  fniiple  «^  de  très- 
.  convenable  au  lieu  pour  lefquelles elles 
ont  été' faites.  Le  principal  objet  eit  le 
Sauveur.  Il  effc  repréfenté  de  bout,  hé^ 
nifiant  de  fa  droite  &  tenant  dans  fa 
gaucho  le  globe  du  monde.  Le  pied  qui 
loutient  cette  fi^g^^re  eft  orné  de  deux 
Anges  jouants  des  inftrumens.  Trois  au- 
tres Anges  dont  deius  tiennent  des  rou- 

rç  comme  fonde  fur  la  mémctraïlition  :  tradition 
qu'ArnauJH'  de  la  Chevalerie  aurarccuciliic  pour 
faparc.Siquelqu'Ecrivainplus  ancien  que  CCS  trois 
Auteurs  avoir  parlé  de  yiamel  ,  ils  n'cuilcntpas 
manqué  de  s'en  appuier  ;  c'eft  ce  qu'ils  ne  font 
pas,  ou  du  moins  je  n'ai  pu  le  découvrir. 

Quant  aux  Auteurs  contemporains  de  l'Ecri-- 
vain  ,  pas  un  qtie  je  fâche  n'en    fait  mention. 
Cependant   Juvenal  des  Urfîns,  qui  entre  dans 
certains  détails  en  auroit  bien  pu  dire  un  mot. 
Faire  de  l'or,  &  en   faire    aulfi  abondamment 
que   l'on  dit   que  Flamcl  a  fçu  en  tirer  de  fou 
creufèt ,  auroit  été  quelque  chofc  de  f\  admi- 
rable  &c  de.  il  capable  de  remuer  l'imagination 
de  tant   d.'hojrrfmes  avides   de  ce  beau  métal  y 
qu'il    n'eft    pas    croyable    que    l'Hiftorien    du 
Rift-   de  icgne  db  Charles  VI   eut  tu  cet  événement.    Il 
ChailesVl.  avoit,  ce  me  femble,  d'autant  plus  lieu  d'en  par- 
T.    6.   p.  1er  que   le  fecrct  qu'on  dit    que  Flamel  favoic 
3i8.  fi  bien   garder ,   ne  lailla   pas  ,   dit-on  encore  , 

de  tranfpirer  de  manière  à  éblouir  la  Cour  ,  com* 
we.  le  la^porce  Mademoifeik.  de  Lulf^ij. 


DE  Nicolas  Flamel.  107 
Féaux  5  {a)  environnent  la  cêre  du 
Sauveur  ôc  formenr  comme  une  gloire. 
Du  coté  gauche  eft  Flamel  a  genoux 
aux  pieds  de  Se  Paul ,  &c  Pernelle  eft  de. 
Taurre  coté  aux  pieds  de  St  Pierre.  Ce 
Saint,  outre  qu'il  étoit  le  Patron  de 
l*ernelie  y  eft  là  fans  doute  comme  Por- 
tier du  Ciel ,  Jaiùtor  Cœli ,  coiiime  oa 
le  lit  dans  Pancienn^  hymne  des  SS. 
Apôtres^  Flamel,  qui  eût  pu  fe  placer  aux 
pieds  de  St  Nicolas  fon  Patron  ,  s'efl 
mis  aux  pieds  de  St  Paul  ,  parce  ,qu'il 
s'agifToLt  d'une  Image  du  Jugement;. 
Ces  Prmces  des  Apôtres  y  font  repré- 
fentés  comme  Juges  du  Alonde ,  Indices. 
f<zcli.  Deux  Anges  portant  aulli  des  rou- 
leaux ,  fonr  derrière  ces  deux  Perfon- 


nages. 


Au  defTous  de  routes  ces  Hgares  eft 
«ne  corniche  ou  plinte  qui  les  foutienr. 
Elle  eft  chargée  de  cinq  tableaux  de  fculp- 
ture.  Celui  du  milieu  repréfente  la  ré- 
furreâiJon  des  morts.  Au  côté  gauche  pa- 
roiiTent  deux  perfonnes,  l'une  avec  une 
barbe,  &  l'autre   fans    barbe^  Toutes^ 

{a)  On  lit  fur  ces  rouleaux,  i  Pater  Om^ 
nipctens.  O  ]efu  bo?:e, 

Flamd  &  Pernelle  en  tiennent  auffi  :  Sur  cehii> 
<iu  mari  on  lit ,  Dde  m^Àa  qn&feci  :  Se  fur  celui 
de  la  femme  ,  Chijle ,  precor  ,  efto  pius.  Les  An- 
ges qui  Tant  derrière  eux  ,  diréntfar  leurs  rou— 
lea'JX  ,  l'un  du  côté  de  flamel ,  ô  B.ex  fempiterne  -^ 
l'autre  du  côté  de  PeincUe ,  f,zl\e ,  Domine  An* 
geUrniTJo 


io8  Histoire  Ckj7tq,vt, 
deux,  fardes ro uleau.x qu'elles tiennenr 5,. 
prédifent  le  Jugement.  (  ^^  )  A  droire  , 
deux  Anges  en  annoncent  le  moment 
par  le  Surgite  mortui ,  &c.  Lei  deux  au- 
tres tableaux  qui  fonr  les  deux  extrémi- 
tés delà  corniche,  font  très-myftérieux 
aux  yeux  des  Alchymiftes ,  ^  fans  myf- 
tere  à  quiconque  n'y  en  cherche  point. 
Ce  font  les  fymboles  A^s  qii.irre  £van~ 
geliftes.  L'Homme  fymbole  de  l'Evan- 
gelifte  St  Mathieu,  fourenant  le  Lion 
ailé  de     St    Marc  ,     c'efl  le    tableau 

(  a  )  Selon  Arnauld  de  la  Chevalerie ,  ces  deux 
Perlbnnages  repiéfcnccnt  Fiamei  &.  fa  iemme. 
VHo-ûnne  dépeint  ici  -me  rejfemole  _,  tout  exprès  bien 
..      ern  ymiurel  ^  de  même  que  la  femme  figure  tr);  s  ~ 
à    fi?  ^^'  ^'^^'^^^^^^'^^  Femelle.  Mais  rien  de  plus  concrouvc 
sic   f^  6^9!  ^^^  cette  repréfentation  de  Flamel  avec  de  la 
'  ^*        barbe  &  dans  fa  vieillelle ,  à  la  différence  de 
la  Hgure  qui  eft  au  deilus  où  il  cil  iculpté  avec 
'     fa  £cmmz  ,  félon  que  ficus  étions  ^  dit-il  encore  , 
e?i  notre  adolefcence.  C'ed  une  explication  faite 
après  coup  pour  trouver  dans  ce  tableau  un  des 
myfteres  de  la  pierre  Philofopliaie.  En  effet ,  il 
paroît  certain   que  jamais   Flamel  n'a  porté  la 
barbe  longue  ;  ce  n'etoit  point  l'ufage  de  fon 
•  fiecle.  Dé  plus,  fi  lorfque  cette  figure  a  été  faite 
environ  en  1400  ,  Flamel  eut  porté  la  barbe  ,  les 
Sculpteurs  qui  vers  ce  tems  &:  après  on  fait  fes 
autres  figures    comme  à-  fainre  Geneviève  en 
1404 ,   à  fa  maifon  de  la  rue  de  Montmorency 
en   1407,  à  l'Hôpital  St  Gervais  en    1411  ;  les 
Sculpteurs-,  dis-je  ,  n'euiTent  pas  manqué  de  le 
montrer  au  Public  tel  qu'il  paroiiloit.  Ccpen- 
pcndant  ces  figures  &  routes  celles  qu'on  a  vues 
de  lui,  le  rcpréfentcnt  fans  barbe.  Ainii  le  por- 
trait de  Flamel  en  vieillard  avec  barbe  ,  eilune 
imagination   du  Glofeur    des  figures  du  Char- 
nicr\,  5c  uae  nouvelle  preuve  de  la  fauifeté  de. 


I 
i 


ïi  E    N  I  C  G  I  A  s    r  L  A  M  E  t7      ICf)' 

àu  coté  droit  :  dans  l'autre  à  gauche  le 
Bœuf  de  St  Luc  de  l'Aigle  de'St  Jean  , 

-c'eil:  tout  ce  que  l'on  doit  y  voir. 
[â]  Sous  cette  plinre  &î.  au  milieu. 

•  font  encore  trois  petits  tableaux  toujours 
enigmatiqueS'3  félon  les  Alchy milles. 
Enfemble  ilsrepréfententent  le  Marty- 
re des  SS.  Innocens ,  image  adaptée  à 

toute  l'hiftoire.  J'en  ajoute  encore  une.  Cet 
Auteur  ne  paroir  pa<;  moins  avoir  imaginé  lorf- 
quc  Car  ces  niors  NicoUs  IcUinel  &  PernellU 
fa  fLimne  ^  qaon  lit  ^n  Jdîons  de  ces  figures , 

il  rai:  dire  a  ion  Fniloiophe  :  Cet  écrit ne^     ? •    ^*' 

représente  fvn on  que  moi  ci  ma  fe'ûime  avons  donné 
sette  Arche.  Si  TArcade  cit  de  1407  ,  comme  l'ont 
cru  les  A-Uteurs  cités  ei-deirus,  &  cchii-ci  fans 
"  mmte  avec  eux  :  Perneiie  alors  érant  décédée  de- 
.puis  dix  ans,  comment  le  mari  &:  là  femme 
enfemble,  ont-ils  pu  la  donner  }  C'cil  néanmoins- 
le  fens  que  préfentC  la  phrale  en  la  li Tant  dans 
Touvrags ,  d'autant  plus  que  deux  pages  aupa- 
ravant on  faire  dire  a  riamel  :  Elle  a  ??îoi ...  ,  f.  ST' 
avons  déccré  fept  Eglifes  y  avec  pUifeurs  réparât- 
cicns  en  leurs  Cyméiicres. 

Quant  aux- deux  Perfonnagc;  dont  il  efi  quef- 
tioHj  ils  peuvent  rcpréfentcr  des  Prophètes  ,  qui 
prédifent  le  Jugement.  Leurs  roulcaiix  portent  • 
Ilcmo  veniet  ad  judicitim  Dei ,  8c  ,  ^  vere  illa  die  s 
terribilis  erit.  Si  l'un  d'eux  cfl  une  femme  ,  il  ne 
le  parok  point  dans  la  figure  qu'en  a  donné  La- 
Chevalerie  lui-mém.e.  Et  la  coefFurede  ce  per- 
fonnage  ,  femble  un  bonnet  oriental ,  ou  un 
chaperon  avec  boureiet  comme  on  en  portoit 
dans  ce  tems. 

[b^  Puifque  Ton  apperçoit  clairement  dans  le 
premier  tableau  les  fymbôles  de  deux  dèsEvan- 
"eiiftcs  ,  celadoit  aider  à  décider  de  l'autre  ta- 
bleau qu'on  ne  peut  voir  fur  le  lieu  ,  atrendu 
qu'il  eil:  couvert.  Ainfi  les  deux  animaux  fculp- 
tés.  tlans  ce  fécond  tableau  &  repréfentés  fut  le. 


;ÏT<5        HrTOrRE    CRîTrQUfi 

h.  ParoifTe  fur  laquelle  le  Cimetière  efl 
fîtué.  Enfin  fur  la  muraille  Se  derrière 
les  grandes  figures  ,  on  voit  deux  petits 
cartouches  formés  par  des  ornemens 
gothiques  5  dont  le  vuide  eit  rempli  par 
Î^N.  &:i'F.  Er  fous  la  plinre  a  droite, 
un  cartouche  de  m.ême  delfein  renferme 
une  main  qui  tient  l'ccrkoire  fymbole 
diftinârif  du  Bienfaiteur. 

Telle  eft  toute  cette  fameufe  fculpru- 
îe.  On  ne  demande  pas  de  moi  que  j'ex- 
pofe  ici  les  fens  Hermétiques  qu'on  lui 
a  donnés,,  de  même  qu'à  la  peinture 
dont  elle  étoit  couverte  j^'  ornée  félon 
le  gour  ancien  :  Mais  un  m.ot  fur  le 
myftère  de  l'écriroire  pourra  faire  juger 
(du  rour. 

Flamel ,  fans  naiffance  Se  fans  dignité, 
n'avoir  point  d'armoiries.  Les  Lettres 
initiales  de  fon  nom  Se  fon  écritoire, 

delfein  public  par  le  fieur  de  la  Clievaîerie, 
fenr  les  fymboiss  des  deux  aurres  Evangcliltes» 
L'Animal  qui  pcutrcpréfenccr  TAigledc  StJean^ 
eft  fans  ailes  ;  mais  ou  le  tems  les  avoit  dé- 
truites ,  ou  elles  ont  été  omifes  dans  la  gravure. 
Il  femble  encore  que  cet  animal  foit  repréienté 
avec  quatre  pieds  j  c'eft  que  fouven:  on  a  figuré 
l'Aigle  de  St  Jean  fous  la  Forme  d'un  Griffon.. 
C'eft  fous  cette  form.e  qu'on  le  voit  à  un  des  an-' 
gles  de  la  Tour  de  Sx  Jacques. 

Il  faut  cependant  ajouter  que  l'on  fait  donner 
par  Flamtl  a  ces  figures,  une  inrerprétation  ap- 
pellce  Théologique. Elles  rcpréfentent ,  dit-il, 
les  malins  efprits,  &:c.  Le  lion  infernal  qui  en- 
Vbve  un  homme ,  &c*  On  pouroii  pcuc  être  s'sa 
uuir  là. 


1>E  NîCOtAS  TlAMïî,  TtT 
c'eft  ce  qu'il  croit  naturel  qu'il  prie  pour 
fediftinguer.  Cependant  ne  rien  trouver 
de  myftérieax.  dans  récritoire  de  Flamel , 
e^'éroit  pour  un  certain  ordre  d'Alchy- 
miftes  marcher  trop  uniment.  Eux  qui , 
au  r?;pport  de  Sauvai  ,  fe  diftiUent  l'ef-  sauv.  T. 
prit  pour  quintefcencLer  des  vers  gothi-  ^-f-  57- 
ques  5  des  figures  ,,.  »de  ronde  boJJ'e  ^  .  . . 
ou  égratïgnées  y  &c.  croient  bien  éloi- 
gnées de  s'en  tenir  à  une  explication 
naturelle  &:  iimple.-  L'écriroire  ,  le  car- 
touche qui  la  renferme,  auflî-bien  que 
ceux  de  Lettres  iniri^es  rais  à  l'aleu^.- 
bic  5  fe  font  trouvés  rranfmués  en  au« 
tant  de  vaijjeaux  de  Pkilofopkie,  Je  ne 
penfe  point  ,  fait-on  dire  a  l'Ecrivain 
Alchymifte  ,  qu'il  faille  interpréter  ce 
vaijfeau  de  terre  a  la  main  droite  de  ces 
figures  ^  dans  lequel  if  y  a  une  écritoire  ;. 
ou  plutôt  un  vaijjeau  de  Fkdofophie  yji 
tu  ôte  Us  liens  &  joins  le  canon  au  cor^ 
net,  Ny  les  deux  autres  femblahles  .... 
ces  vaijjeaux  ne  fignifient  finon  que  dans 
de  femblahles  (  a  )  f'ai  parfait  trois  fois     ™  ,    . . 

{a)  D.  Peiuety,  dans  fon  Ouvrage  fur  les^^'' 
Tables  Egyptiennss  ,  dir  que /fi  Phbfophej  fai- 
foient  enjcrte  de  faire  entrer  le  Vafe  de  V.Aiidaiis 
leurs  allégories  3  de  manière  qu'en  n'eût  pas  Is 
moindre  foupf on  fur  l'idée  qu'ils  en  avaient.  Il  a 
donc  fallu  trouver  le  Vaje  myfterieux  dans  le  • 
monument  de  PlameL  Delà eft  venu  la belJe  mé- 
tamorphofede  l'écritoire  en  fourneau.  Dom  Per- 
ne:y  ajoute  ,  tantôt  c'était  une  tot:r  ,  tantôt  un 
navire^  &c.  Ilamel  la  reprsfente  dans fes  hiétû'- 
gliphes  fous  la  jiguTS  d'nneécrimre^. 


tT2   Histoire  Critique 
le    Magijlere.    Néanmoins    comme    le 
Glofeur  hermétique  fe  méfioit  de  {on 
incerprétacion^  il  ajoure   :•  Qui  voudra 
dujji  croire  que  fui  mis  ces  vaifjeaux  en 

jorme  d'armoiries quil  le  croye  ^ 

s'il  le  veut ,  parce  que  toutes  ces  deux 
interprétations  font  véritables.  Des  deux 
interprétations  il  n'y  en  a  fans  doute, 
qu'une  véritable,  &  c'ell  la  dernière  : 
l'Ecritoire  relie  écricoire  6:  le  figne  de 
l'Ecrivain. 

C'efl:  ainfi  qu'un  certain  Pierre  Loi- 
fel,  Cordonnier  ,  s'eft  diftinguc  par  une 
botte  pofée  en  pal  dans  un  éculfon.  Ce 
Cordonnier  fournit  de  fon  vivant  à  la 
dépenfe  à^s  bâtimens  du  Chapitre  &  de 
de  la  Sacriftie  àes  Chartreux  de  Paris. 
-Sa  femme  Marguerite,  morte  en,  1 3  3 1  ,. 
fut  la  première  inhumée  dans  ce  Cha- 
pitre *,  &  Loifel  le  fut  en  1 3  43 .  On  voit^ 
L.B  T.  dit  Mr  le  Beuf  ,yz^r  leur  tombe  un  écujfon 
2'f*  '84.  ayjj2t  une  botte  en  pal,  chargée  fur  le  haut 
de  la  geîiouilUere  d'un  petit  oifeau  ,  ac- 
compagné en  chef  de  deux  autres  oi  féaux. 
Un  Cordonnier  contribuer  alfez  confî- 
dérablement  au  bâtiment  du  Chapitre 
&  de  la  Sacriftie  des  Chartreux  pour 
y  être  inhumé  avec  fa  femme  l  II  avoic 
trouvé  la  pierre  Philofophale.]  La: 
botte  que  porte  l'éculfon  que  l'on  voie 
fur  fa  tombe,  eft  l'emblème  du  triple 
vaiifeau.  Comme  à  i'écncoire  de  FlanieL 


rrE  Nicolas  FlAmei.    rrj 
©n  y  trouve  trois  parties ,  le  pied  ,  le 
corps  de  la  botte  ,  la  genouillère.  Les 
oifeaux  qui  paroilTenc  en  forcir,  ce  font 
ks  efprics  qui  s'élèvent  du  vaiffeau  de  ^^^^^^^^J^ 
■  Philojophie  j  c'eft  volatifation  ou  fMi-  chard.   p, 
.mation.  Mais  pour  revenir  au  vrai ,  la  ^^' 
-botre  eft   le  figne    diftindtif  de  Loifel 
Cordonnier.  De  mcme  l'écriroire  eft  ce- 
lui de  Fiamel  Ecrivain  ,  6<:  pas  davan- 
tage,   {a) 


C  H  A  P  I  T  Pv  E     IL 

Suite  des  Hiéroglyphes  attribués  à  Fla^ 
mel, 

LEs  fculprures  de  l'Arcade  qui  eft  au- 
lieu  où  l'on  croit  que  Perneile  a 
été  inhumée,  ne  font  pas  le  feui  objet 
du  Cimetière  des  Innocens  qui  ait  oc- 
cupé les  Hermétiques.  Ils  fe  font  en- 
core attachés  à  une  Procellion  que  Fia- 
mel, dit-  on  ,  y  avoit  fait  repréfcnter  ;  de 
plus,  aune  figure  peinte  que  l'on  nomme 
V Homme  tout  noir  ^  dont  j'ai  déjà  dit  E>-P'îc./'; 
quelque  chofe  ,  &  enfin  a  un  écuflon^^* 
fymbolique  que  l'on  y  voyoit  ei-devant. 
Notre  Ecrivain  aimoit  à  faire  travail- 
ler les  Sculpteurs  6c:  les  Peintres  :  Mais 

f  ^)  Il  fubfif^e  encore  fur  un  des  bauans  de 
la  Porte  de  St  Jacques  que  Plamel  a  fait  bâtir-, 
un.  peut  écuilon  en  ogive  où  fe  voie  l'écritoire.- 


ÏT4  Histoire  Cn.iTic^tJÊ 
comme  chez  lui  tout  fe  porroir  vers  k 
dévotion ,  aiifli  routes  fortes  de  fujets  de 
piété  étoienc  de  fon  goût.  Edifié  vrai- 
îemblablement  de  ce  que  par  un  ufage 
qui  n'eft  pas  encore  aboli  dans  certai- 
nes Paroi{Fes  ,  on  alloit  le  jour  même 
de  Pâques  au  Cimetière  j  où  Ton  chan- 
toit  le  Répons  Credo  quod  redemptor 
meus  vivit  y  il  voulut  apparemment  faire 
repréfenter  ces Proceflion s,  ou  quelques 
autres.  Et  pour  aniiïïer  le  Fidèles  à  af- 
iifter  avec  piété  à  ces  fainres  cérémo- 
nieSj  Flamel  crut  que  deux  petits  vers 
feroient  bien  placés  fous  cette  Image  ^ 
il  fit  donc  écrire  : 

Tlid.  f  Moiik  plaift  à  Dieu  Proceflion 

•87. 
*"  S-'eile  eft  faite  en  dévotion..  (  a) 

Ce  que  difent  clairement  ces  vers ,  eft 
fans  doute  tout  ce  qu'entendoLt  le  dévot 
Auteur  de  cette  peinture  :.  Mais  on  eft 

(^)  Si  Ton  en  croit  l'Auteur  des  Tables  dévoi- 
lées ,  Flamel  a  pxis  l'idée  des  Proceilions  qu'il  lie 
peindre  au  Cimetière  ,  turceJks  que  faifoicnc  les 
Payeas  dans  leurs  cérémonies  pour  l'enlèvement 
T.  1.  p.  de  Proferpine.  Le  quatrième  jour  de  la  fc te  de 
fSy.  c?"/.  (  Profcrpine,  )  dit-il ,  des  bœufs  trainoient  par  les 
rues  un  chariot  dont  les  roues  etoimt  faites  ccmmt 
des  tambours  .  . .  ..parce  qu'elles  reprefent oient  //* 
forme  du  matras  Philofophique  que  ¥lamel  com- 
pare a  U7ie  ecritoire. 

Mais  les  roues  du  chariot  de  Profcrpine />v)!;^j^ 
muées  en  matras  ^  auront: ,  ce  fcmble  ,  le  fort  de 
J'écritoire  vaijfeau  de  Fhilofophie.  Les  Anciens  fé 
fa. voient  d'une  efpece  de  chariots  aoimncs  rHjr 


CENrcOtASpLAMEI.      IIJ^ 

Bien  loin  de  compte.  Ces  vers  font  une 
énigme ,  ôc  en  voici  le  mot.  Ainfi  qu'une. 
Proceflîon  doic  être  faite  avec  piété  ,  le 
grand  œuvre  veut  de  même  qu'on  pro- 
cède avec  dévotion  :C'eft  un  travail  qui 
plaît  beaucoup  à  Dieu  Ci  on  le  fuit  pieu- 
îement»  Telle  eft  Vallufion  ;  ]^  Vai  mis 
Ik  tout  e.'^prês  y  fait-on  dire  àFlamel^ 
pour  les  grands  Clercs  qui  f  entendront^ 
C^ejl  quajl  le  commencement  du  Livre 
du  Roy  Hercules ,  traitant  des  couleurs 
de  la  pierre  y  intitule  V Iris  y  en  ces  ter^ 
mes  y  Operis  ProceJJlo  multum  nature 
placet.  Heureufe  explication  d'une  fine 
allégorie  l  En  voici  une  autre  :  C''eft  celle 
de  rUomme  tout  noir. 

Cette  figure  étoit  encore  autrefois  une 
énigme  qui  exerçoit  les  Hermétiques. 
Il  faut  voir  ce  qu'elle  pouvoir  fignifier. 
Gohorry  qui  en  parie  dansfes  remarques 
fur  la  fontaine  périlleufe  5.  ne  ditpoinc    ^^^ 

tiques  ,  dont  les  roues  appellées  tympana^  tam- 
bours ,  étoient  pleines  &  fans  *^  rayons ,  afin 
d'avoir  plus  de  réiîftance.  Ces  chariots  à  roues 
pleines  3  éroient  en  ufage  à  la.  Campagne  &  à  la- 
Guerre  :  On  les  employoit  peut-être  dans  les  cé- 
rémonies de  Proferpine,  comme  plus  convena- 
bles à  la  folemnité  de  la  Reine  des  lieux  des  ténè- 
bres :  l'élegancc  ou  ta  recherche  convenoit-elle 
dans  une  fête  lugubre  qui  fe  fa{bit  en  partie  pen- 
dant la  nuit  ? 

On  voit  dans  le  Receuild'eftampes  intitulé  .4^- 
jnirandfi  'Roman,  anîiqmt.  veji'gia  ,  la  forme  d'un     V,,^'* 
de  ces  chariors  ruftiques  à   roues  pleines,   ag-  ^  ■•j-i''^î' 
peildes  par  l'Editeur,  tym^ana^. 


fi^  HrsToiiiE  CriticIue- 
qu'elle  fCit  noire  ^  il  la  caraderife  feil^ 
lement ,  un  des  perfonnages  fait  peindre 
par  N.  Flamel  en  un  des  Charniers  des 
SS,  Innocens  à  Paris,  Ainfi,  n'y  a-t-il 
pas  lieu  de  croire  que  La  Chevalerie, 
ou  TAureur  de  l'explication  des  figures 
quel  qu'il  foit,qui  fait  dire  à  Flamel  qu'il 
a  fait  charhonner  &  peindre  grcjjierement 
un  kcmrne  tout  noir  y  n'en  a  pris  l'idée 
que  de  l'écar  où  il  a  vu  de  fon  tems  le 
perfonnage  qu'il  désigne.  Lat-  peinture 
alors  obfcurcie  &  falie  par  les  vapeurs 
de  plus  de  deux  fiecles ,  lui  a  paru  tou- 
te noire  :  Et  comme  dans  le  grand  œuvre 
une  des  opérations  porte  au  noir  :  c'en 
a  été  alTez  pour  faire  une  énigme  de  ce 
perfonnage.  Cejt  le  Vieillard  à  tête  noire  ^ 
le  Globe  noir  y  le  Corbeau  dont  il  faut 
couper  la  tête. 

Gohorry  ajouce  que  le  perfonnage  ve- 
garde  l'autre  coté  où  font  les  monftres  j 
c'eil:- à-dire,  l'Arcade  où  font  les  fculptu- 
res.  La  Chevalerie  dit  qu'il  regarde  droi- 
lement  les  hiéroglyphiques.  Que  le  Pein- 
tre, ou  le  Charbonneur  ait  été  a  (fez  en- 
tendu pour  fixer  les  yeux  de  cett^  pein- 
ture grolîiere  fur  les  fculptures  a  quatre- 
vingt  toifes  d'éloignement ,  &  mieux 
encore  fur  un  petit  cadre  d'environ  deux 
pieds,  ou  qu'il  n'en  ait  rien  été;  cela  a  du 
être  dans  l'idée  de  ces  Auteurs.  Il 
fhlloit  joindre  emblème  à  emblème. 


p-E  Nicolas  F  l  a  m  e  t.    T17 
"Le perfonnage ,  ajoute  Gohorry,  éreii- 
^ûic  les  bras  5   Se  les  deux  Auteurs  en- 
Jemhle  difent  qu'on  .lifoic  fur  un  rou- 
leau , 

Je  vois  merveille  dont  moult  je  rnesbahis,  ^^^^  ^^' 
De  quelle  merveille  ?  En  voici  une  ^'^^  •■  Je  uou 
double  explication.  Cet  homme  noir  ^  dit  7Jmji%j 
La  Chevalerie ,  peut  aujjl  bien  crier  mer-  ejbaiù, 
veille  de  voir  les  œuvres  admirables  de 
Dieu  en  la  tranfmutation  des  métaux  , 
qui   font  figurées  en  ces    hieroglifiques 
qu'il  regarde  attentivement  _,  que  de  voir 
enterrer  tant  de  corps  morts  qui  s'élève- 
ront hors  de  leurs  tombeaux  au  jour  re- 
doutable  de  leur  jugement,   LailFons  Je 
premier  fens  aux  Hermétiques  :  Le  fé- 
cond eft   naturel ,    on    peut  s'y   tenir. 
Flamel  avoir  fait  peindre  plufieurs/^^r- 
Jonnages  à  .l'Arcade  de  la  rue  de  la  lin- 
gerie. On  en  difdnguoit  un  qui  fuivanc 
Lancienne  mode  où  Ton  faifoit  parler  les 
figures  par  des  rouleaux,  en  avoit  un  au 
rour  de  lui  chargé  de  l'infcription  que 
l'on    vient  de  lire.   Ce  perfonnage  au 
moyen  de  fon  rouleau  rendoit  raifon  de 
rétat  de  furprifedans  leq-jeHlparoiffoit. 
C'étoir  d'une  merveille  qu'il  apperccvoit 
devoir  s'opérer.  Tant    de  morts  jettes 
en  terre  pour  en  forcir  révivifiés  a  la  fin 
des   fiecles.    Merveille  digne  certaiae- 
mertt  de  l'exclamation  exprimée  fur  le 
.  Iiouleauj  pc  figurée  dans  le  gefte  do^ç 


ïi8    Histoire  Crittq.us 
on  avoir  anirié  la  figure. 

Voici  cependant  une  autre  raifon  de 
laTurprifeôc  de  lexclamarion  dnperfon- 
nage.  Celle-ci  efl  peut-être  la  véritable* 
Ceft  Gohorcy  qui  paroîc  la  fournir. 
Auprès  de  cette  peinture  on  voyoit  des 
lames  ou  plaques  fur  lefquelles  étoienc 
tepréfentces  une  éclipfe  de  Soleil  &z  de 
la  Lune  ,  &  uneplanetce  que  Gohorry 
défigne  par  celle  qui  diftingue  l^énus. 
L'acclamation  de  rhomme3&:  fans  doute 
en  même-tem-s  de  ceux  qui  l'accompa- 
gnoient,puifqu'il  n'étoitpasfeul,  n  etoic- 
elle  pas  occaSonnée  par  ces  fignes  }  Et 
ces  lignes  ne  repréfentoient-ils  pas  ceux 
qui  précéderont  le  jour  du  jugement  ^ 
Hamel  qui  avoir  fait  fculpter  au  tom- 
beau de  fa  femme  le  Jugementvdernier , 
fit  après  coup  peindre  à  cette  Arcade 
qui  étoit  aulîi  fon  ouvrage,  lesfîgnes, 
<^ui  5  félon  l'Evangile,  jetteronrles  hom- 
mes dans  l'effroi  3ux  approches  de  ce 
grand  jour.  C'étoit  Id  une  peinture  très- 
alLortie  à  un  Cimetière ,  &  une  raifon 
naturelle  de  faire  crier  Je  vois  merveille 
donc  moult  je  rnesbahis,  (a) 

Ce  ne  font  pas  là  toutes  les  envielop- 

U'id.  p.  î7.  ^  ^  ^  ^^  Chevalerie  parle  aulfi  <ic  trois  plaques 
dg  fer  &  cuivre  doré .  .  .  .  repréfentar.s  la  fainîe 
Paj/ton  6'  Réfurreciton  du  Vils  de  Dieu.  Cciles-ci 
pourroicnt  bien  ccre  les  mêmes  que  celles  donc 
Gohorry  fait  mention.  Le  Soleil  s'ccant  obfcurci 
«  la  mort  du  Sauveur,  on  l'avoic  iîgurc  aulU-bica 


CE  Nicolas  FtAMEi.  ii^ 
pesde  la  fameufe  pierre  que  l'on  voyoic 
aux  Charniers.  Un  écuiroii  fingulier  BoreiTrer. 
■donc  il  y  a  une  gravure,  tourniffoic  en-^'*^"^' 
core  le  fujet  d'une  protonde  méditatioQ 
aux  curieux  Alchymiltes.  L'Ecrivain  , 
<lic-on  5  avoir  fait  reprtéfenter  cet  écuf- 
fon  à  la  même  Arcade  du  côré  de  la 
rue  de  la  L  ingerie.  Que  lîgnihoit-il 
pour  lui}  la  defcription  que  je  vais  ea 
donner  en  fera  décider. 

Une  croix  partage  réculTon  3c  porte 
comme  fur  le  tout  une  couronne  d'épi- 
nes 5  dans  le  centre  de  laquelle  ell  un 
cœur  chargé  de  larmes  d'où  s'é- 
lève un  roleau.  Les  quatre  parties  de 
reçu  contiennent  les  fymboles  des  qua- 
tre élémens  •,  Dieu  qui  y  préfide ,  efl: 
£guré  dans  le  premier  quartier  par  des 
caraderes  hébraïques  ,  mais  mal  tracés  , 
fi  l'on  a  voulu  écrire  [en'\n^{b)  n'eft-ce  pas 

que  la  Lune  que  l'on  faifoit  aulTi  paroître  dans  les 
anciennes  repréfenLarions  de  ce  Myitère.  Si  ce- 
pendant ce  ibnc  d'autres  objets,  La  Chevale- 
rie eft  ici  en  défaut.  Le  Soleil  6l  la  Lune  Hgu- 
rent  trop  bien  dans  la  Procelllon  du  grand  œuvre 
pour  que  liamel  décrivant  les  ornemens  qu'il 
avoit  fait  mettre  à  cet  endroit ,  ait  manqué  d'en 
parler.  Peut-être  ces  plaques  ne  fubkiloient-elies 
plus  déjà  au  tems  de  La  Chevalerie.  Borel  parle  BorclTrcf. 
de  quatre  plaques  qu'il  dit  avoir  été  arrachées  ,  ?•  i^** 
dont  ,  ajoute-t-il,  on  voit  encore  les  marques  it ou 
eUes  ont  été  arrachées. 

[è]  Deux  images  de  l'écufTon  que  j'ai  €n  main 
repréfentent  différemment  ces  caractères  hébrai- 
ques  ,  &  on  ne  reconnoît  ni  dans  l'une  ni  dans 
i  autre  le  n?rr«  Dans  l'une  (juieft  uoe  gravure,  il« 


i 


ï  1(5    Htstotre  Critique 

Iq  monde  créé  par  le  Tout-puiirant  dc 

racheté  par  Jefiis  Chrifl. 

11  y  a  plus.  Dans  les  quarre  élemens 
fe  croLivenc  les  fymboles  du  Jugement. 
Le  fécond  quartier  eft  chargé  <l'iine  nuée 
fur  laquelle  on  voit  une  trompette  ,  un 
dard,  &  dans  le  milieu  une  palme 
avec  une  couronne  j  cela  dénote  la 
trompette  du  Jugement ,  la  récompenfe 
«3c  la  punition.  Le  troifieme  quartier  re- 
préfente  la  terre  &  des  épis  qui  s  en 
élèvent  :  figure  remarquable  delaRé- 
furredion.  Le  quatrième,  des  globes 
de  feu,  fymbole  des  flammes  érernel- 
ies.  Quant  au  premier  quartier,  on  y 
voit  une  nuée  obfcure  vers  TEnfer ,  la- 
quelle dardant  des  rayons  de  feu ,  eft 

font  mai  rendus.  Dans  l'autre  qui  efl:  undcfîein, 
on  peut  y  lire  nn"t'"  ou  nnn  Et  comme  le  mot  hé- 
breu eft  place  dans  une  gloire,  fi  Ton  prend 
pour  Ja  première  le^^on ,  la  racine  "tnn  il  peut 
lignifier  un  cri  dc  joye  ,  vox  cvantium  :  celeuf- 
rna.  Ce  qui  revient  a  ces  paroles  du  Pf.  49.  exul- 
îabunt  fayicïi  in  gloria.  Si  l'on  s'arrête  à  la  fé- 
conde ,lc.ç  on-  qui  paroît  la  véritable,  la  racine 
doit  écre  tth  gloijicavit  y  honoravit  Sec.  &i1in 
glortofus  decorafus.  C'eft  l'état  de  gloire  où 
"  font  élevés  les  bien-heureux  :  Mais  par  rapport 
à  cet  Hcbi eu  qui  tient  un  peu  du  Savant,  n'eft-ce 
pas  encore  trop  attribuer  a  l'Ecrivain  Flamel  î 
On  lui  fait  dire  dans  fon  HUloire  qu'il  n'avoit 
appris  qu'un  peu  de  Latin.  Comment  donc  a-t-il 
f'  '*7'  .pu  s'imaginer  de  faite  tracer  fur  fée.  ilbn  en 
quçftion  un  mot  qu'il  ne  devoit  pas  entendre, 
.ui  même  en  lire  les  caraéleres  ?  C'cft  ainti  que 
tout  eft  concrouvé  dans  cette  belle  Hiltoire. 

lumineufe 


foE  Nicolas  Tlamee.   ^li 

lumineiife  par-delfus  avec  les  caractères 
iiébraïqaes  donron  vient  de  parler  j  c'elî 
Ja  gloire  da  Ciel. 

Les  Alchymiftes  qui ,  comme  on  la 
vu  ,  veulent  trouver  dans  nos  plus  hauts 
inyilères  leur  pierre  miraculeule  ,  favenc 
encore  attirer  à  eux  toutes  ces  allégo- 
ries :  mais  le  bon  Flamel  afTez  fin  pour 
{es  intérêts ,  avoir-il  de  ce  coté  les  yeux 
fi  perçans  ?  Je  croi  pouvoir  dire  qu'il  n'al- 
ioit  pas  Cl  loin  ,  &  que  tout  cet  ouvrage 
en  formera  la  preuve.  Si  cet  homme 
dévot  fit  jamais  ufage  de  cet  éculTon, 
ce  fut  fans  doute,  parce  qu'ayant  trouve 
j'image  pieufe ,  elle  lui  parut  en  même- 
tems  convenable  au  Charmer  dont  il  dc- 
ceroit  une  Arcade.  (  a  ) 

En  effet ,  s^il  eft  vrai ,  comme  l'ap- 
prend encore  une  note  imprimée  à  côté 
de  la  gravure  de  cet  écuiTon ,  qu'on  le 
voyoit  auiîi  aux  pieds  de  plufieurs  ima- 
ges de  St  Thomas  d'Aquin  ,  (h)  notre 
hqmme  qui   vivoit  un  peu  d'emprunt, 

■  (a)  Borel  dir  page  164.  :  Il  y  aujfi  un  écuffon 
chimique  de  Lui  à  un  pllter  de  St  Innocsm  dont 
Mr  l  Agneau  Médecin  a  mis  la  figure  dans  fon 
harmonie  chimique. 

[  ^]  On  cite  1  Ecole  de  Théologie  des  Corde- 
liers  de  Paris ,  uae  des  vitres  de  la  chapelle  de 
Se  Thomas  d'Aquin  aux  Jacobins  de  Paris,  &: 
plufîeurs  autres  dans  diiférens  endroits.  Il  y  a 
quelques  variétés  en:re  l'écuffon  attribué  a  Se 
Thomas  &  celui  que  l'on  donne  a  Fiamcl.  Une 
première  j  que  la  couronne  d'épines  ne  fe  trouve 
pas  dans  le  centre  ,  mais  qu'elle  environne  l'c- 


Vil  Histoire  CaiTiatri! 
le  trouvant  fi  bien  placé  ,  a  tout  natu- 
rellement été  conduit  à  le  prendre  pour 
lui,  coiTime  il  s*q(\.  approprié  les  deux 
petits  vers  qu'îl  avoir  fait  graver  fur  un 
pilier  de  fa  maifon. 

Mais  puîfque  cet  écuflTon  fymbolique 
nous  fait  nommer  un  faint  Docfteurque 
l'on  a  vou'U  merire  dans  la  cialîë  des 
Philofophes  Kermétiques-,  l'Ange  de 
l'Ecole  raiiLoit-il  réeliemsnt  compofé, 
&c  y  enre-idait-îi  le  Hn  qu'y  trouvent  les 
Alchymiftes  j  lUen  ce  ferrible,  n^  répu- 
gne à  pcnfer  que  pdifqa'on  en  a,  dir-oa  , 
orné  les  images  du  faint  Docteur,  il 
pourroit  bien  en  erre  fauteur.  En  efter, 
le  Douleur  Angélique  ,  plein  de  mépris 
pour  les  grandeurs  de  la  terre  ,  avoic 
fans  doute  oublie  jufqu'aux  armoiries  des 
comtes  d'Aqiùn  :  il  prit  pour  les  Hennés 
la  Croix  de  .  efus-CKrift  avec  fa  couron- 
ne d'épines,  l'our  fe  foucenir  dans  ce  gé- 
néreux mcoris  du  (iecle  j  la  vue  du  ter- 
me de  cette  vie  comme  de  celui  du 
monde  entier,  lui  parut  une  image  uti- 
le _,  il  voulut  l'nvoir  fous  fesyeux,  il 
en  fit  comme  un  fceau  ;  &c  ces  paroles 

cuiTon  :  Vnc  autre  zP:  q.ie  ce  font  de*;  ctoiIc$ 
qui  tienn!nt  la  place  des  riractcrc^  hébraïques. 
Cci  c-oilcs  figurer^;  aulii  forr  bien  les  Bienhcu- 
Dar.îfl  ,  reux  dans  la  siloirc.  Qyajî  ftilU  in  perpetusts 
c.  I».  jit'rniînres.  11  y  a  encore  quelques  autres  diffé- 
rences; mais  le  fjnicft  ic  niiins;,  &  l'on  voit 
que  l'un  clt  copié  fur  i'autrr. 


DE  Nicolas  Fiamhi.    îi^ 
m    Deiicéionome ,    Utmam    novtjjlma     ds^.c. 
jproviderent ^  en  ftirenc   comme  la  Lé-  ^^*  ^*^^' 
.gende.   [a] 

C'ed  U ,  je  crois ,  tout  ce  qui  fe  peut 
dire  fur  cet  écu(Ton  par  rapport  au  Doc- 
teur Angélique.  Peut-être  cependant  n'y 
penfa-r-il  jamais  ,  6c  cette  allégorie  qui 
renferme  ,  dit-on ,  tous  les  myileres  de 
la  pierre ,  peut  bien  lui  avoir  été  attri- 
buée par  quelqu'ancien  Alchymifte.  Ce- 
lui-ci perfuadé  que  le  faint  Dodeur 
inftruit  par  le  Bienheureux  Albert  avoic 
poifédé  le  grand  fecretj  {b)  aura  cru  ho- 
norer l'image  du  Saint.  Mais  vouloic 
ainfi  placer  l'Ange  de  l'Ecole   dans  la 

[  ^  ]  ^  Ces  paroles  du  Dcuteronome  font  écrites 
au  Jelloas  de  réculTon  que  l'on  dit  avoir  été 
placé  aux  pieds  de  l'image  de  St  Thomas. 

(_b)  On  trouve  dans  un  petit  Recueil  des  por- 
traits des  principaux  Pliilorophes  Hermétiques  , 
celui  de  St  Tiiomas  d'Aquin.  Ce  Saint  eil  placé 
suprès  d'un  monticule  ouvert ,  d'oii  forte nt  des 
vapeurs  accompagnées  de  deux  caracleres  chy- 
miques.  Au  dellus  du  mont  on  voit  un  hom- 
me tenant  des  tenailles  auprès  d'un  fourneau 
où  eft  un  creufct.  Au  bas  de  l'image  font  ces 
vers. 

Angelici  Thomas  nomca  Doflorishabebac, 

Doclrina  toto  clarus  in  orbe  fua. 
Illius  Albertus  Magnus  Prxccptor  habetur 

Hinc  chymicx  célèbres  hauferat  arcis  opes. 
Ex  vivo  argento  proprio  cum  ful^'hure  mixto 

Ceu  uatura  Ars  fie  cuncta  metalla  pariu 

Fij 


ii4  Histoire  Critique 
claife  des  Hermériques ,  bien  loin  de 
l'honorer,  n'elVce  pas  plutôc  lui  faire 
une  injure  ?  Le  ferviceur  de  Dieu  qui 
certainement  méprifoit  l'or,  &  n'éroic 
occupé  que  de  l'étude  d'une  Religion 
qui  ne  prêche  que  ce  mépris  ,  auroit-il 
perdu  un  tems  ,  qu'il  employoit  fi  uti- 
lement d'ailleurs ,  à  une  recherche  pref- 
?ue  toujours  enfantée  par  la  cupidité  ? 
amaisilne  le  fit,  de  jamais  fa  plume, 
toute  confacrée  à  répandre  dans  l'Eglife 
une  brillante  lumière,  ne  fut  employée 
d  écrire  les  Traités  que  l'on  trouve  avec 
fon  nom  dans  des  Receuils  chymiquesî* 
Vie  de  Se  Pour  rcjetter  avec  indignation  ^  dit 
d'Aquin,p.  le  R.  P.  Touron  dans  la  favante  viedu 
7^^-  faint    Dodleur  qu'il  a  publiée,    toutes 

CCS    mauvaifes  pièces  quon  ne  fauroit 
lut  attribuer  quaux  dépens   de  Véquitc 
&  du  bon  fens  ...  il  fuffit  de  dire  quel- 
les font  remplies    de  fables  ^    de  puérl^ 
lités  ,    de  fuperjîitions  ;  faint  Thomas 
nen  ejî  donc  pas  fauteur.  ...Le  fervi^ 
.  leur    de    Dieu   &  Vimpojleur  qui  lui  a 
fuppofé    de    tels  ouvrages  ne  fuivoient 
certainement  pas   les  mêmes   maximes. 
Ils  ne  fe  conduifoient  pas  par  les  me- 
mes    principes.    Je     ne  fai  fi  on  peut 
dire  quils  av oient  la  même  Religion.  Je 
finis  cette   difgrefiion  occanonnée  par 
hécuiïon  fymbolique ,  6c  je  reviens  à 
Fkmel. 

S'il  y  a  lieu  d^crreiurpris  aue  l'on  aie 


ï>E  Nicolas  Fiamel.    iiy 

pQ  croire  l'Ange  de  TEcole  Auteur  de 
livres  Alchymiques,  il  peur  n'en  être 
pas  tout-à-fait  de  même  par  rapport  à 
l'Ecrivain.  Des  gens  pleins  de  l'idée  de 
réuflir  dans  l'opération  du  grand  œuvre, 
êc  d"*)^  trouver  un  moyen  sûr  de  s'enri- 
chir ,  ont  pu  facilement  penfer  que  Fia- 
mel  qui, fans  naiffance  &  d'un  érac  obfcur 
s'étoit  élevé  avec  éclat,  non-feulement 
pouvoir  avoir  tenté  fortune  de  ce  cô'é  , 
ôc  qu'elle  lui  avoit  été  favorable;  mais 
encore  par  une  fuite  de  cette  première 
idée,  qu'il  pouvoir  bien  être  Auteur  fut 
cette  matière.  Comment  en  effet  l'Ecri- 
vain qui  avoit  toujours  la  plume  a  lamain, 
qui  dans  fon  état  pouvoit  s'être  fomé  â 
écrire  de  lui-même,  n'auroit-il  pas  été 
engagea  faire  part  à  quelqu'ami  dos  prin- 
cipes du  grand  art  ?  C'eil  ce  qu'on  a  pu 
penfer.  Mais  s'il  paroît  prouvé,  comme 
je  le  crois,  que  jamais  Flnmel  ne  puifa 
dans  un  creufet  l'or  qu'il  polféda  _,  jamais 
auflî  il  n'a  eu  lieu  d'écrire  de  lui-même 
fur  un  fujer  qui  demandoic  un  homme 
bien  différent  de  ce  qu'il  a  écé. 

On  fait  déjà  ,  ce  me  femble ,  à  quoi 
s'en  tenir  fur  le  Roman  publié  en  i6ii 
par  le  Gentilhomme  Poitevin.  J'ai  aufÏÏ 
parlé  des  notes  fur  le  Pfautier  manufcric 
queD.  Pernety  dit  avoir  vu.  Pour  les  at- 
tribuer à  Flamel  il  faut  d'autres  preuves 
que  celles  qu'apporte  TAuteur  de  1'^- 

î  iij 


I^iWl. 


TX(j      HiS  TO  I  R  E    Cr.it  IQU  E 

née  Littcraire  :  Mais  il  y  a  bien  d'au- 
tres ouvrages  fous  le  nom  de  1:  lamel  *, 
&  Borel  en  fournit  un  Catalogue  af- 
fez  long  dans  fa  Bibliothèque  chymi- 
que. 

Un  des  principau:c    eft  le  Sommaire 

Philo fophique ,  appelle  autrement  ^   dit 

Borel  5  le  Roman  de  FlameL  Eft-ce  parce 

que  cet  ouvrage  a  paru  un  Roman  ,  &: 

c]ue  les  Philofophes,  dit  l'Abbé  Len- 

gler ,  n'en  tirent  aucun  fecours  ,  qu'il 

a  reçu  cette  belle  cpirhere  ?  Quoiqu'il  en 

Manget  ,  foit ,  cet  Ecrit  qui  a  ccé  traduit  en  Latin  ^ 

J/'^' •       eft  en  vers  François,  &  le  lan^noe  con- 

X.i^.3<58.  Vient  aiiezaceiui  du  règne  deLharlesV  f» 

(  iz  )  Le  froncifpice  porte  r  Le  Sommai^ 

rc    Philofophijue    de    Nicolas    FlameL 

(a)   yolci  la  conclujion  de  cet  Ouvrage., 

Dant  prierai  l'Haut  Crtateur 
Qu'il  doint  la  grâce  à  tout  bon  cœut 
D'Alchymïftcs  qui'  font  fur  terre. 
Brièvement  le  poulet  conqbcrre. 
Pour  puis  en  être  alimenté 
Nourrie  très  bien  fubflanré  , 
Comme  ce  peu  qu'ici  déclare , 
jMc  vient  du  haut  Dieu  notre  Perc 
Qui  pour  fa  bénigne  bonté  ,. 
Le  m'a  donné  en  charité  : 
Donc  vous  fais  ce  préfent  pet^t; 
^fia  que  meilleur  appétit 


*  E    Nt  CO  L  A  s    F  L  AME  L.      \  ly 

C'efl  tout  ce  qui  déhgne  rFcrivain  , 
&  c'eft  de-lifans  doute  qu'il  aura  mérité 
le  nom  de  Pocte.  Mais  le  litre  feul  eft- 
il  une  preuve  quellamel  foit  l'Auteur  " 
du  Livre.  Dans  ce  cas  faint  Thomas 
d'Aquin  auroit  compofé  les  Livre?  que 
nous  venons  de  voir  rejettes  avec  tant 
d'indignation  par  un  favant  Ecrivain. 
Quant  à  l'Ouvrage  dont  l'étendue  efl 
de  ^5<j  vers,  on  peut  alTurer  que  pas 
un  mot  n'y  défigne  avec  certitude. l'Au- 
teur d  qui  on  veut  le  donner. 

Ajoutons  que  félon  Borel  cette  pièce  .,  Eorei 
eft  au  fonds  dd  rOpufcule  du  Trévifan  ,  chym!'*' 
c'eft-à-dire  apparemment,  un  fommai- 
re  de  ce  que  le  Trévifan  a  enfeigné. 
Y  a-t-on  penfé  en  l'attribuant  à  Flamel  \ 
De  Dodleur  qu'il  devoit  être  certaine- 
ment \  lui  qui  dit  ^  f  ai  parfait  trois  fois 
le  Magiflere ,  ^  qui  après  ces  trois  réuf- 
fites  devoit  être  en  état  de  donner  lui- 

Aycs  cherchans  &  fjivans   train  , 

Qu'il   vous    montre  foir   &  matin  : 

Lequel  j'ai  mis  fous  un  Sommaire, 

Ahr\  qu'entcucl:cz  mieux   l'affaire 

Selon  des  Philofophes  figes, 

Les   dits ,   qu'entendez,  d'avantage. 

Je  parle  un  peu  ruralement  : 

Par  quoi  je  vous  prie  humblement  » 

De  ra'excufer    &  en  gré  prendre 

£t  à  fore  chercher  toujours  tendre. 


îlâ       H  rS  T  OT  R  E    C  R  I  TÎQU-* 

même  d'utiles  leçons  _,  on   en  fait  un 
copifte  ,  un  plagiaire  ^  puifqu'il  ne  nom- 
me   oint  l'Auteur  qu'il  exrrait.   Cepen- 
dant  s'il  paroit  étrange  que  fon  nom  fe 
life  cl  la  tète  de  ce  fommaire  ,  c'eft  vrai- 
femblablement   que  l'ouvrage  enfeveli 
dans  la  poufliere  d'une    Bibliothèque, 
s'eft   montré  fans  père  d  quelque  fure- 
teur  Alchymille  ,   peut-être  a  Gohorry 
qui  le  premier  l'a  fait  imprimer  en  i  ^6i:, 
(  tz  j  tt  celui-ci  y  ou  au  moins  quelqu'au- 
tre  qui  l'avoit  rraiifcntj   fans  trop   de 
critique  ,  aura  jugé  que  peifonne  ne  mé- 
riroit  plus  que  Hamel>  eftimé  fi  pr<>- 
fond  ,   devoir  mis  au  jour  cet  Orphe- 
lin. C'eft  j  ce  fem.ble  5  ce  que  l'on  peut 
croire  jufqu'd  ce  qu'on   nous  produife 
<]uelqne  pièce  convaincante  du  contraire. 
Nous    en    dirons  autant  d'un   autre 
Traité   intitulé  Le    Dejîr  dejué  ou  le 
Livre  des  (ix  paroles,  C'eft   le  frontif- 
pice  qui  donne  cette  production  a  Fia- 
mel  ,   mais  l^'Ouvrage   en  lui-même  ne 
le   défîgne    pas    plus    que    tout    autre 
Ecrivain  Alchymifte.  Un  avance  aifé- 
ment  fur  le  compte  de  ceux  à  qui  l'on 
a  déjà  attiibué  quelques  faits  éclatans  : 
^  les  Livres  même,    donnés  a  riotre 

(  a  )  C'cft  ce  que  dit  Gohorry  lui-même  dans 
la  Pic  face ,  où  on  lit  :  Le  îrotjieme  Livre  {qui 
n'avoit  pas  avant  été  mis  en  lhmi(r§)  eft  inùtnlé 
U  Sommaire  >  ^c. 


DE  -N  I  C  Ot  A  s    Fl  A  M  E  L.      îl^ 

Ecrivain  ,  peuvent  en  fournir  la  preuve» 
En  effet,  ce  qu'il  nous  paroît   avec 
fondement  que  l'on  a  fait  a  l'égard  de 
ces  premiers  Traités ,    fe  réalife   pour 
beaucoup  d'autres  ouvrages  qui  portent 
aulîî  le  nom  de  Flamel.  Non-feulement , 
il  a  fallu  le  faire  Auteur ,  mais  encore 
Auteur  multiplié.  C'eft  ainfî  qu'on  lui 
attribue  un  ouvrage  que  Borel  intitule  j^^*^*  ^  "^^ 
Le   grand   Eclaircijjement    de    Nicolas 
Flamel.  Mais  le  Bibliographe  avoue  que 
cette  pièce  n'eft  qu'une  portion  d'un  plus 
grand  Livre  mis  au  jour  par  un  Alchy- 
miile  ,  Chriftophe  Parijîen.  (  û)  En  voici 
encore  un  autre.  L'anachronifme  fî  con- 
fidérable  où  l'on  eft  tombé  en  l'attri- 
buant à  Flamel ,  montre  une  efpece  de 
manie.  Il  porte  pour  tine  dans  la  Bi- 
bliothèque de  Borel ,   Flamellï  annota- 
tiones    ad  Dioni.iinn.  Zacharium.    (h) 
Mais  5  dit  l'Abbé  Lenglet,  les  Remarques 

[  ^  ]  'Nota  5  dit  BorcL  Lihrum  ijîum  non  F/^- 
tnelli  geniÀnuin  ejfe y  Jed  ejfe  tantum  port'ionem 
Lihri  Chrijiopkor-  Parif.eyijis  fuh  hoc  titulo  edîtu??i. 
Le  même  Borei  dans  fbn  Tréfor  page  1 66  dit, 
que  l'on  trouve  divers  Livres  de  Chymie  corn- 
pofés  par  ce  Ch   lophe  l^arifien. 

[  è  ]  On  trouve  cet  Ouvrage  au  Tome  i  du 
Théâtre  Chymique  ,  à  Strasbourg  1615  j  page  82.0. 
Il  porte  ce  titre  :  Q_u<idam  ex  ISlicolao  VlameUo 
Atttore  Gallo.  Et  dans  la  Bibliothèque  Chymi- 
que de  J^^w  'Jacques  Manget'Do&.ç.'JLï:  en  Méde- 
cine j  à  Genève  1701 ,  page  3  jo  ,  fous  le  titre  ^ 
J^icolai  TUmelli  Commmt^rius  in  Dionifii  ZadiA* 
ni  o^ufculum» 

Vv. 


1^0      H  I  s  T  O  I  RE    C  R  I  T  î  QUE 

-lenje  ,  J}^^  Zachdire  font  vifibleiventfuppofees  y 
Hiii.  de  la  puisque  Zachaire  vivoit  en  1550  plus. 
Pbiiofoph.  <Je  cent  cinqiunce  norès  Flamel.  Je  n'ai 
**f- »'-?,.  pf^iï^^  3.  reliechir  après  cet  j^veu  raitpar 
î'Hiftorien  Hermétique.  Il  dit  encore  , 
fes  Laveures  mfs.  font  dcuteufes.  Ce 
que  l'Abbé  Lenglet  entend  par  Lavû^ 
res  eft  de  incme  un  ouvrage  qui  porte  le 
nom  de  Flamel.  On  le  trouve  aulii  dans 
le  Catalogue  de  Borel  fous  ce  titre  af- 
fez  pompeux  :  La  vraye  Pratique  de  la 
noble  fcience  d'Alqu'unie  ,  ou  les  Laveu- 
res  de  FUmeL  Le  Bibliographe  ajoute 
Tnfs,  anr/.juum  propria  Flamelli  ma- 
nu  ut  exifàmatur  exaratuin^  Voilà  deux 
Auteurs  quiprefentent  chacun  leur  dou- 
te. Mr  Lenglet  doute  que  l'Ouvrage  foic 
attribué  avec  fondemer.t  à  l'Ecrivain  , 
ôc  Borel  que  l'écritute  lui  appartienne. 
PuiTque  rien  dans  cet  Ouvrage  des  Lava- 
res  n'a  prouvé  aux  iavans  îon  autenti- 
cité,  leurs  doutes  joints  à  ceux  que 
l'Hiftoire  de  l'Ecrivain  Fournir,  doivent  3. 
ce  me  fcmble,  fe  tourner  en  négative. 
Borel  qui  fait  paroître  une  incHnation 
particulière  pour  llamel  comme  pour  les 
Hermétiques  5  femble  s'être  pki  .1  grof- 
fir  le  Catalof^ue  des  ouvrafres  du  Philo- 
fophs.  11  cire  un  Recueil  manufcrit  de 
tous  les  Hiéroglyphes  &  des  vers  gravés 
fur  les  monumens  élevés  par  ce  Bour- 
geois.. U  k.  dit  différent  d'un  autre  qui 


DE  Nicolas  F  l  a  m  e  l.  151 
avoit  clé  public  5  Ôc  il  y  ajoute  fes  Pro- 
cédions. Cts  Proceflions  font ,  fans  dou- 
te 5  celles  du  Cimetière  ,  dont  il 
a  été  qaeiUon  ci-defîus.  Le  grand  Tef- 
tament  de  l'Ecrivain  trouve  encore  fon 
article  ,  comme  manufcrit.  Ainfi  ces  pie- 
ces  font  miles  au  rang  des  produciions 
Chymiques. 

Le  peu  que  j'ai  donné  des  vers  & 
des  légendes  écrites  fur  les  murs  des  ba- 
rimensdellamel  peut  faire  juger  du  ref- 
re,  je  ne  m'y  arrête  pas.  Quant  au  Tef- 
tamen:  prdfentemenî  imprimé,  on  voit 
ce  qui  en  eil  -,  de  plus  il  y  aura  lieu 
dans  la  fuite  de  dire  quelque  chofe  fuc 
un  arcicle  prérendu  myltérieux.  Mais 
un  ouvrage  q\-!i  a  encore  mérité  d'ace 
infcrit  par  B orel  dans  fon  Catalogue  , 
eft  Z<2  Mujïque  Chymique  de  FlameL  Je 
n'ai  pu  voir  celui-ci  qui  je  croin'ellque 
nianiucrit,  je  ne  puis  donc  en  pailer^ 
Cependant  ne  peut-on  pas  au  moins  en 
juger  par  ceux  qui  viennenr  de  padeî: 
en  revue  :-  Y^^s  fept  premières  produc- 
tions attribuées  à  l'Ecrivain,  les  unes,. 
on  ne  peut  les  lui  afiurer  ,  les  autres 
font  reconnues  pour  n'être  pas  de  lui. 
Celle  dont  je  n'ai  pu  avoir  communica- 
tion ,  peut  ttre  rangée  dans  l'une  de  ces 
deux  clailes  :  Et  pour  parler  de  tou  ces 
enfemble ,  je  dis  qu'en  attribuant  ai 
l'Ecrivain  une  fi  grande  quantité  d  ou-- 


151  Histoire  Critique 
vrages ,  on  prouve  qu'il  n'y  en  a  polnc 
de  lui ,  puifque  l'on  montre  par  là  qu'on 
ne  le  connoîc  point.  En  effet,  c'en  eft 
trop  pour  un  homme  dont  la  vie  fe  dé- 
couvre évidemment  toute  occupée  d'af- 
faires abfolument  érrancreres  à  un  travail 
qui  auroit  demandé  un  efprit  tout  rem- 
pli de  cet  objet.  J'ai  déjà  prefenté  cet- 
te réflexion ,  &  on  a  pu  fe  convain- 
cre de  fa  foUdi^é.  (a)  Ce  que  j'ai  en- 
core a expofer,. achèvera,  comme  je  i'ef- 

[  ^  ]  Le  grand  nombre  d'ouvrages  attribués  à 
Flamcl ,  &  fa  réputation  d'Alchymillie  célè- 
bre ,  font  un  argument  àffez  frappant.  Cepen- 
dant quelque  diiproportion  qu'il  y  ait  entre 
faint  Thomas  d'Aquin  5c  notre  Bourgeois  ,  on 
^  peut,   ce  femble  ,  répondre  à  cet  argument  par 

l'exemple  de  ce  qui  eft  arrive  envers  le  faint. 
Docleur. 

Jamais  en  effet ,  quelqu'un  fut-il  plus  éloi- 
gné que  le  Saint,  tant  par  fon  cara^l:ere que  par 
fa  piété ,  de  s'occuper  d'une  recherche  auffi  dé- 
placée pour  lui.  Néanmoins  on  l'en  a  chargé  , 
jufqu'à  mettre  fous  fon  nom  fix  ouvrages  dont 
le  P.  Touron  dit  que  les  favans  s'accordent  à- 
les  ranger  parmi  les  écrits  fuppofés  du  faint 
Vie  du  S.  Dodleur.  Sans  doute  que  l'on  aura  cru  fainr 
t'  7»^»  Thomas  Auteu-r  de  tant  d'ouvrages  indignes  de 
fa  plume  ,  parce  qu'il  avoir  été  élevé  par  le  Bien- 
heureux Albert ,  Évéque  de  Ratisbonne  ^  que  l'on 
a  non  moins  témérairement  cru  polFe/l'eur  dir 
grand  fecret. 

Quant  à  Fiamel ,  il  a  fait  beaucoup  d'œuvres, 
extérieures  que  la  renommée  a  augmentées  jSc 
fait  monter  à  un  tel  point,  qu'on  a  imaginé  ne 
pouvoir  les  lui  attribuer,  qu'au  moyen  d'une, 
voye  extraordinaire.  Aux  uns  c'a  éré  un  com- 
merce avec  les  Juifs  ,  &  une  fourberie  indigne 
<i'un  honnête  homme  ;  fait  dont  pIufieursAuTr 


DE    N  I  C  O  L  A  S    F  L  A  M  E  I.      1$^ 

père,  cette  conviction  ;  c'eft  la  fuite  des 
occupations  du  Bourgeois  ,  foit  à  (es  bâ- 
limens ,  foie   à  la  gefton  de  fon  bien. 

tcurs  ont  démontré  la  faufTeté.  La  pierre  Phi-  "V.  îffs-f> 
lofophale  s'ell  picfcntée  a  beaucoup  d'autres  ,  H^  C?"  i^ 
qui  croyent  tout  ce  que  l'on  débite  fur  ce  beau 
moyen.  Mais  comme  faint  Thomas  ne  pcnfa 
jamais  aux  ouvrages  qui  lui  font  attribués ,  & 
qu'au  contraire  ,  il  établit  des  principes  qui  y 
font  tout  oppofés  :  Ilamel  de  Ton  coté  très-em- 
ployé pendant  fa  vie  a  des  occupations  tout-à- 
fait  difparates,  ne  paroît  en  aucune  manière 
avoir  pu  s'appliquer  à  compofer  le  nombre 
d'ouvrages  qu'on  lui  donne  ^  &  par  une  fuite 
nécellaire  ,  a  la  ledlure  de  la  quannré  confîdé- 
rable  des  dii-Férens  Auteurs  qu'on  lui  fait  citer. 
J'ajoute  néanmoinsquc  la  profellion  d'Ecrivain 
Libraire  peut  avoir  fait  palfer  par  (es  mains 
plufîeurs  manufcrits  du  grand  Art.  Des  cetems-  HiA.  (Je 
la  co7n-me  en  celui-ci  ^  [  c'eft  ce  que  dit  Mlle,  de  Char.  Vl^ 
Luifan]  il  n'étoit  que  trop  de  gt^iSiTim  cerve^iu  J.<î.p.3>8« 
creux ,  gâtés  par  l'avarice ,  C'A  cherchaient  les 
moyens  de  rr,idti?lier  lefpcce par  la  converfion  des 
métaux.  On  écrivit  alors  fur  cette  matière.  F^»- 
taifie,  natif  du  Hainaut ,  lit  paroitre  un  ouvra- 
ge intitulé  La  Fontaine  des  amoureux  de  Science.  Ihi^^ 
D'autres  Livres  de  cette  efpecs  purent  aulTi  pa- 
roitre com.me  le  Sommaire  ^hilofopkique ,  &c» 
Et  le  Libraire  atlez  ^n,  n'aura  pas  manqué > 
vûladifpofîtiondes  elprits  ,  de  Fournir  fon  ma- 
gaîin  de  ces  Livres  "c  de  les  vendre  d'autant  plus 
cher  ^  que  ceux  qui  les  achetaient  crcyoient  déja-- 
étre  à  même  d'une  abondante  m.ine  d'or.  Ne 
feroit-ce  pas  un  débit  particulier  de  ces  ouvra- 
ges qui  auroit  établi  les  fonds m.sns  de  la  ré- 
putation de  Plamel  fur  l'Aichymie-Le  Libraire 
dcvoit  naturellement  entretenir  fes  Marchands 
de«:  merveilles  contenues  dans  les  Livres  qu'if 
débitoit .:  Il  vendoif  cher,  &  en  cela  Alchy- 
miile  heureux  ,  tandis  qu'il  livroit  fes  acheteurs 
à  la  fumée  de  leurs  lam.pes  ,  ceux-là  lui  fôut» 
ciilpieût  un  argeni  bien  réel. 


M 34    Histoire    Critique 


CHAPITRE     111. 

Suite  des   hàtimens  élevés  par  TlameL 

NOus  avons  encore  à  parier  de  quel- 
ques batimens  publics  auxquels  Fia- 
niel  comme  Ciroyen  pieux  è:  gêné- 
leux  a  contribué.  \]\\  ,  doni  la  date  ell: 
certaine ,  efl  le  portail  de  l'Eglife  de- 
fainte  Geneviève  la  petite  ou  des  Ardens, 
bâti  comme  on  le  ht  dans  norr^ 
Eirai  en  1402.  L'infcription  qu'où  y 
voyoir  ,  en  même-tems  qu'elle  nous  ap- 
prend cette  date  y  nous  dit  qu'il  fut 
fait  des  aumônes  de  plujïeurs.  Ce  por- 
tail n*eil  donc  pas  en  entier  far  le  compte 
de  Flamel  :  (!k  l'édiface  ,  petit  en  lui- 
même  ,  à  proportion  de  rËglife,  com- 
me nous  l'avons  vCi ,  réduit  de  plus  à 
une  partie  de  la  part  de  ce  Bienfaiteur  ^ 
ne  peut  être  mis  au  rang  àQs  fw^erhes 
hàtimens  qu'on  s'eft  plu  â  lui  attribuer» 
Comment  donc  la  figure  de  ce  Bour- 
î»eois  a-t-elle  ère  placée  en  gros  mo- 
dule au  côté  occidental  de  cette  porte  \ 
La queftion  eft  naturelle  ,  elle  demande 
un  examen.  Il  efl  certain  que  Ion 
voyoit  à  fainteGenevieve  des  Ardens  \.\x\q. 
figure  dellamel  placée  vraifembiable- 
ment  fur  la  partie  à  laquelle  il  avoir 
contribué.  J'en  conclus  qu'il  ne  faut  pas 


DE  NiC'OiAS  Fia  ME  t.  f^f 
S*arrêter  à  la  qmntiré  de  poi craies  que 
cet  homine  tiop  curieux  de  fe  montrer 
a  expofé  à  la  vue  du  public  ,  pour  dire 
qu'il  a  beaucoup  dcpenfe  aux  endroits 
où  ces  figures  ont  ccé  vues.  C'croit  le^ 
goût  de  rhomuie»  11  fe  joignoir  â  un 
ufage  alors  très- pratiqué.  Combien  de 
fculprures  de  particuliers  n'a-t-on  pas 
remarquées,  &  ne  voit-on  pas  encore 
dans  les  Eglifes  }  Une  travée  de  la  clô- 
ture d'un  chœur  a  mérité  autrefois  la 
repréfentation  en  fculpture  de  toute  une 
famille.  Faifoit-on  préfent  d'un  tableau, 
d'une  verrière  ,  on  s'y  faifoit  peindre, 
Parlera-t-on  avec  i'Auieur  de  l'année 
Littéraire,  du  droit  o^mq  YlîivnQX  pouvoir 
avoir  pour  placer  fon  portrair  ou  fa  ita- 
tue  aux  édifices  auxquels  il  faifoit 
travailler.  Mais  cet  Ecrivain  ,  eut-il  été 
beaucoup  plus  riche  ,  étant  fans  digni« 
té  ,  n'en  eût  pas  eu  plus  de  droit.  Qu'on- 
fe  fcrve  de  ce  terme  à  légarddes  grands^ 
des  illufrres  Fondateurs  des  Eglifes,  re- 
préfentés  ordinairement  en  figure  de- 
pied  ;  il  eil  placé.  Quant  à  Flamel  6c 
aux  Bourgeois  de  fa  force,  c'eft  l'ufa— 
ae ,  le  eout ,  la  facilité  d'en  hiire  \^ 
dépenfe  qui  leur  a  permis  d'orner  & 
quelquetois  de  remplir  nos  Eglifcsde- 
portraits  on  de  figures  pofées  à  genoux^ 
2c  dans  une  pofture  humble.  La  dé- 
penfe par  laquelle  on  fatisfaifoic  a.  car 


v^6  Histoire  CRJTîQuè^ 
gouc  5  n'écoit  pas  confidcrable  dans  le 
bon  vieux  tems.  Peac-ctre  le  Tailleur 
dlmages  qui  a  fait  celle  que  nous  avons 
vue  à  faince  Geneviève,  n'eur-il  de 
Flamel  pour  fon  falaire  que  quatre  oa 
cinq  livres.  J'ai  dit  dans  i'ElFai  que  les 
quatre  énormes  figures  qui  fe  voyent  au 
fommet  de  la  tour  de  faint  Jacques, 
n''ont  coûté  en  1521  que  la  fomme  de 
vingt  livres. 

Ce  n'eft  pas  tout  ce  qui  regarde  cette 
£gure ,  &:  les  autres  dont  le  Bourgeois 
s'elt  lui  même  honoré.  L'Auteur  de  l'an- 
f.  iy«.    née    Littéraire  avance  que    Flamel  eft 
prefque  toujours  repré fente  en   Pèlerin 
de  faint  Jacques.  Certainement  l'Ecrivain 
ne    paroiiïbit  pas  fous  cet  habit  à  Ste- 
J'ai  dit  Geneviève.  On  le  voyoit  avec  une  robe 
eue'  ceaê  lo^gu^  5  un  mnnteau  long  6c  retroufTc- 
Êgure  a  été  fur  l'épaule  droite  5  le  chaperon  à  demi 
coufervee.  ^^^^^^  au-toui  du  col  avec  k  cornette 
longue  6c  pendante  très-bas  :  avec  cela 
une  ceinture  à  laquelle  ell  attachée  l'écri- 
,    toire,  (igné  de  la  profelîion  dont  l'E- 
crivain   Te  faifoit  honneur  ,  figne  qui 
cepen.lant  manque   à  quelques-unes  de 
CQS  figures.  Tel  eft  l'habit  fous   lequel 
paroi  lîoit  Flam^  à  la  porte  de  fainte  Ge- 
neviève, 6c  c'eft  celui   fous  lequel  on 
le  voit  encore  dans  {qs  aurres  portraits 
fubfiftans ,   comme  on   Vy  appercevoit 
dans  ceux  que  nous  avons  vu  détruire» 


DiNrcoLAsFtAXfEi.  1T7 
Les  curieux,  il  y  a  peu  d'années ^ 
pouvoient  confidérer  fix  ou  fept  d-e  ces 
figures  exiftantes  enfemble.   (a) 

Cependant  comme  le  cririqueLitré- 
raire  lemble  parier  de  moniimens  encore 
fur  pied  ,  je  lui  demande  s'il  en  con- 
noitroic  d'aucres  que  ceux  que  jeviens 
de  rapporter  :  au  refte  le  peu  que  j'ea 
cire  paroîc  décider  de  ce  que  pouvoient 
être  les  figures  que  le  tems  a  détruites 
avant  nos  jours  ,  ii  néanmoins  il  y  ea 
a  jamais  eu  à  d'autres  endroits^  com- 
me à  fdint  Cofme  ôc  à  /aint  Martin  ^ 
lieux   mentionnés  par  le  Critique. 

Mais  fi  jamais  il  y  a  eu  quelques  figu- 
res de  Flamel  d  faint  Martin  &  a  faine 
Cofme,  il  eft  vifible  qu'elles  étoienr 
femblables  pour  rhabillemenr.  aux  fijc 
que  je  vien^  de  citer  ;  Borel  lui-même 
en  fournit  la  preuve.  Cet  Antiquaire 
tout  occupé  fans  doute  du  pèlerinage 
de  fon  célèbre  Philofophe  ,  ne  s'eft  fervi 
que  des  yeux  de  fon  imagination.  Après 
avoir  décrit  un  portrait  peint  d  l'huile, 
où  félon  lui  Flamel  paroi  (Toit  en  la  mè^ 
me  manière  qiiil  était ,  hrfquit  fut  à 

[  /?  ]  Une  à  fainre  Geneviève  des  Ardcns.  Deux 
à  faint  Jacques  de  la  Boucherie  ,  favoir  j  fur  la: 
petite  porte  de  l'Eglife  rue  des  Ecrivains  ,  &  une. 
fur  le  pilier  de  la  maifon  de  Flameî  :  une  autre 
aux  Charniers  des  Innocens  :  une  à  l'ancienne 
Eglife^  àc  THôpiral  de  faint  Gervais  ,  &  une  ou- 
deux  à  la  mai  ton  bâtie  par  flamel  daas  laruç 
4e  Montmorency. 


Ï^S      H  I  s  T  O  I  R  E    C  R  I  T  r  QU  ^ 

faint  Jacques  en  Galice  ,  c'eft:  a-dire  ,  eri 
Pèlerin  avec  un  hâton  diflingué  de  trois 
couleurs,/^  rioir^  le  blanc  ^  &  le  rouge  y 
aulîî-bien  que  fes  habits  &  fon  bonnet  ; 
il  ajoute  de  fuite ,  on  le  voit  repréfenté 
DE  MEME  à  faint  Martin  à^s  Champs  , 
à  la  porte  de  fainte  Geneviève  des  Ar- 
dens.  Or,  tiouve-t-on  ces  marques  ca- 
raéleriftiques  d'un  Péleiin  ,  le  laton  , 
le  bonnet  a  la  figure  placée  autrefois  à 
la  porte  de  fainte  Geneviève  "t  On  en  a 
luci-deiïas  la  defcription.  Bore!  a  donc 
imaginé.  Vraifeniblablement  aufîi ,  plu3 
connoilîeur  en  didllons  &:  en  mors  an- 
ciens qu'en  cofttume  ,  il  aura  vu  avec 
les  mêmes  yeux  les  portraics  qui  pou- 
voient,  être  5  foit  à  faint  Martin  des 
Cnamps  ,  foit  à  iaint  Coime.  Quant 
îiu  tableau  peint  à  l'huile,  dont  parle 
cet  Auteur,  pourroic-on  s'y  ancrer  > 
Le  portrait  placé  en  maifon  particulière 
aura  reçu  le  nom  que  fon  curieux  pof- 
feireur  vouloir  donner  ù  une  rareté  go-^ 
ihique ,  ornement  de  fon  cabinet. 

Pour  revenir  à  faint  Alattin  iSc  à  faine 
Cofme,  on  peut  penfer  que  l'on  y  re- 
niarquoit  quelque  part  la  main  de  Ila- 
niel.  Sauvai  dit  que  les  curieux  Alchy- 
mides  n'oublioient  pas  de  vifiter  ces 
deux  endroits.  Notre  Ecrivain  qui  eue 
à  traiter  avec  les  Moines  de  faint  M a-r- 
i:in  ,  comme  on  le  verra  dans  peu  3  ^ 


deNicolasFlamel.    Ï59  ^ 

C[ui  leur  fit  quelques  dons  ,  voulut  ap- 
paremment en  lailfer  à^s  marques  ex- 
térieures. Defontems  peut-être  élevoit- 
on  quelque  bâtiment  :  il   y    contribua  ' 

félon  fa  pieiife  coiirume,  ^:  s'y  montra 
par  quelques-uns  des  ornemens  qui  lui 
étoienc  en  quelque  forte  particuliers. 
Mais  tout  eft  difparu  ,  &  l'on  n'y  voit 
aucune  figure  qui  lui  appartienne.  C^efc 
ce  qui  m'a  été  aiTuré  dans  la  maifon, 
A  faint  Cofme,  s*il  y  a  eu  quelque  mo- 
nument, ou  plutôt  quelque  petite  ba- 
tiire  de  la  part  de  l'Ecrivain  ,  ce  qui  n'a 
pu  être  que  peu  confîdérabîe,  certaine- 
ment^ la  mémoire  en  elt  entièrement 
perdue  ;  on  peut  r::nurer  d'après  le  ré-  lerrre  Ji^ 
moi^naqe  donné  par  Mr  Beilot ,  Caxé '^  ^^^"» 
de  cette  Pnioiil^*  '^ 

Il  refte  encore  à  parler  ici  d'un  des 
édifices  publics  que  l'on  attribuoit  a 
FJamel.  C'ell  de  l'ancienne  Chapelle  de 
THôpiial  de  faint  Gervais,  fituée  dans 
la  rue  de  la  Tixeranderie.  Tout  défi- 
gnoit  l'opulent  Ecrivain  fur  la  face  ex- 
térieure de  cette  Chapelle.  Des  images 
de  Saints,  des.légendes,  des  croix  ,  une 
figure  à  genoux  qui  ,  quoiqu'elle  parût 
im  peu  différente  de  celle  qui  éroit  a 
fainte  Geneviève  des  Ardens  ,  repré- 
fenroit,  difoit-on  ,  Elamel.  [^jLescu- 

[«jDepuisquelquesannéescettepctite  Chapelle 
aéré  converrie  en  une niaifon particulière;  5c  cous 
ks  orneni^ns  excéiieurs  en  ont  été  fiippnmés». 


^40    Histoire  Critique 
rieux  y  alloienr  comme  aux  autres  lient 
iauv.T.  dcfignéspar  Sauvai ,  &c  y  voyoient  fans 

3-p-iiî.  57- doure  les  fignes  du  plus  parfait  Adep- 
te. Néanmoins  cetre  pente  Eglife  n'étoic 
ceramement  pas  du  nombre  des  trois 
Chapelles  ôc  quatorze  Hôpitaux  élevés 

j^f  '^"  ^'  félon  la  Chevalerie  ,  par  i  lamel  de  Per- 
nelle  ,   avant  que  celle-ci  mourût. 
La  Chapelle  de  l'Hôpital  de  faintGer^ 

Lebeuf,T  vais  fut  rebâtie,  dit  M.  Lebeuf5en  141 1> 

••  ?•  ^3^  Jong-tems  ap'ès  le  décès  de  Pernelle. 
Cette  reconllrucfcion  n'eft  pas  en  entier 
fur  le  compte  de  Hamel -,  peifonne  ne 
la  lui  attribue.  Mais  une  allez  bonne 
contribution  lui  aura  donné  la  facilité 
de  préfider  su  Portail ,  &  de  le  faire 
orner  à  fa  manière.  En  eff^r.  Sauvai 
paili-iu  des  viidroirs  c]'.::  les  r-Jir.irareiir^ 
de  Flamel  nécoienî  point  de  fort  tems 
parej^eux  de  vifiter  _,  dix,  Tcn y  voit  des 
portes  qu  il  a  fait  conjlruire.  Du  nom- 
bre de  ces  portes  pouvoir  donc  ctre 
celle  de  la  Chapelle  de  fainr  Gervais  > 
en  entier  ou  feulement  en  partie  comme 
à  fainte  Geneviève  *,  &  c'eft  par  rapport 
à  cetre  Chapelle,  tout  ce  que  l'on  peut 
attribuera  l'Ecrivain.  On  voit  en  mt'me- 
tems  le  goût  affez  fîngulier  d'un  hom- 
me qui  aimoit  à  fe  faire  connoître ,  [j]  il 

[/«]  Qni  aimo'rt  àfef:iire  co7înoîîre^  Flamcl  n'c- 
toit  donc  point  Adepte  ,  puifque  ,  dit-on  ,  il  n'y  a 
perfonne  qui  foit  plus  modcfte  &  plus  curieux 
^e  fe  cacher  que  les  véritables  Adsptes^ 


Dï  Nicolas  Flaxiel.    141 
cKoifî'roic   la    partie    la  plas   apparente 
d'un  édifice  pour  y  placer  Tes  bienfaits. 
Au  refte  il  a  pu  le  faire  avec  (implicite  *, 
ôc  en  travaillant  p;<iur  un  Hôpital  il  Ta 
fait  par  amour  pour  l'exercice  de  l'hof- 
pitali  é  ,  on  poura  en  juger  par  la  fuite. 
Quoiquil  en    foit,   il  n'excéda  pas  en 
fatisfaifant  à  fa  dévotion  ,  6c  fon  reve- 
nu dépenfé  avec  économie  lui  fu  ffifoic. 
Voilà ,  ce  femble,  tout  ce  que  l'on  con- 
noît  des  édifices  publics  attribués  i  hla- 
mel.    Si  on   les    joint  à  fa  maifon   du 
coin  de  la  rse  Marivaux  bâtie  dans  les 
commencemens  defon mariage  ,  letouc 
fait  un  objet  qui  paroît  confidérable, 
mais    il  faut  remarquer  le  long  efpace 
<le  tems  qui  s'eft  écoulé  depuis  que  le 
Conftrudteur  commença  a  faire  ufage 
de  fesépargn-es. En  comptant  depuis  137^ 
&  peut-être  dès  auparavant,    on  voie 
qu'il  rravailloit  par   intervalles ,    qu'il 
,  prenoit  du  tems  pour  fe  mettre  en  état 
de  fatisfaire  a  fa  piété  &   qu'il  l'a  fait 
avec  d'autant  plus  de  facilité,  que  tou- 
tes  fes   dépenfes  ne  fe  portoienc  qu^ 
d'un  feul  côté. 


^fip 


^41      Hl5T0TPvE    CrITIQUI 


C  A  P  I  T  R  E     IV. 

Des    maifons    acquifts   ou    bâdes  par 
FlameL 

A  En  croire  les  recirs  du  Livre  de 
^V Explication  des  figures  du  Char- 
lùer  ^  les  bâtimens  publics  élevés  par 
Flamel  fonc  prefque  fans  nombre  :  on  a 
VLi  ce  qui  en  eft.  Ces  premiers  ouvra- 
ges de  l'Ecrivain  fonc  bornés  :  de  mê- 
me les  maifons  qu'il  a  bâcies  fur  la  fin 
de  fa  vie  fe  reduifent  à  peu ,  c'eft-a- 
dire  ,  à  deux  ou  crois.  Les  pièces  con- 
fervées  à  faine  Jacques  de  la  Boucherie 
vont  fournir  la  preuve  de  ce  fair.  Nous 
marcherons  ici  avec  une  lumière  d'au- 
ranc  plus  alfurée  j  qu'elle  nous  fera  ad- 
miniftrée  par  les  actes  que  Flamel  lui- 
même  <i  laiiTés  5  ou  par  ceux  qui  ont 
ecé  faits  après  fa  mort  par  fes  Exécu- 
teurs Teftamenraires. 

Flamel  ^  en  attirant  à  lui  la  Îwqz^^-' 
fion  de  fi  Femme,  avoir  un  autre  ob- 
|et  que  celui  de  vivre  plus  à  fon  aife. 
11  y  auroit:  lieu  de  croire  qu'il  vouloir 
exercer  l  hofpitalité  envers  des  pauvres 
qui  ne  pouvoient  fe  procurer  de  loge- 
ment. Ce  qu'il  f^mble  avoir  fait  pour 
l'Hopiral  de  fiint  Gervais  en  141 1  eft 
xine  preuve  qu'il  aimoic  cette  vertu  de$ 


DE  Nicolas  Fla  M  il.  145 
Patriarches,  [^2]  Cependant  il  eft  très- 
douteux  qu'il  ait  mis  à  exécution  ce 
beau  deirem,  au  m-^ins  de  la  manière 
folemnelle  dont  il  femble  l'avoir  projet- 
té.  Lors  de  la  mort  de  Flamel  {es  mai- 
fons,  ôc  particulièrement  celles  de  la  rue 
<ie  Montmoiency ,  paroiiTenr  comme 
remplies  d'hôces  qui  payoient  leurs 
loyers,  [b]  Peut-êrre  y  en  avoit-il 
quelques  -  uns  logés  graruirement  j  de 
que  11  ce  Bourgeois  fe  fût  dans  la  fuite 
trouvé  en  état ,  il  eut  converti  Ces  mai- 
fons  en  hofpices  :  mais  fes  fondations 
y  mirent  obftacie  ,  6c  fe  voyant  moins 


riche  de  moitié  i  qu'on  ne  le  penfoit,  il  ,^'^'^  ^^^ 
a  ces  deux  objets. 


Be  fe    trouva  pas  en  état  de  fatisfaire 


I475' 


Flamel  rempli ,  comme  il  le  paroît , 
^e  ce  louable  projet ,  choifit  pour  faire 
les  acquifitionsnécelTaires  un  quartierde 
Paris  ,  ou  plutôt  du  fauxbourg  enfermé 
<ians  Paris  par  une  nouvelle  enceinte , 
où  le  terrein  ne  devoir  pas  .être  cher. 

[  ^  ]  C'eft  peut-crre  Flamel  qui  avoir  fait  écrire 
fuL-  une  pierre  à  la  porte  de  l'Eglife  la  deftinarion 
de  l'Hôpital.  M.  le  Beuf  nous  en  a  confervé  ce 
{cul  mot ,  pcîir  hebergier. 

[b]  Un  article  du  teftamcnr  de  Flamel  porte  :  îfTaj.  f. 
Item  laijfe  en  aunuine  ^  pour  prier  Dieu  pour  lui  ^-7^» 
À  fes  hôtes  qui  demeureront  lors  en  fes  maifons 
outre  la  porte  faim  Martin  6'  devf^nt  l'Eglife  St 
Jacques  ,  à  chacun  vingt  fols  parifis  ,  oh  uur  ra~ 
hxitrc  fur  leurs  louages.  Les  premiers  coi.nptes 
rendus  après  fa  mort,  font  chargés  des  nom ^ 
(je  tous  les  hô:v> ,  5:  du  prix  de  kurs  ioycTS, 


^44  H I  s  T  o  I  it  T  C  R  r  T  I Q  if  ^ 
C'efl:  la  rue  de  Montmorency  défigncâf 
dans  les  titres  ^ffi^P'/'ès  de  V ancienne  por- 
te 5  dite  la  parce  de  fairU  Marrin  ,  & 
auiîî  ouUre  la  porte,  [c~\  Peut-ctre  une 
mazure  que  Flamcl  poirédoit  à  cet  en- 
4^x407.^' ^roit  dès  avant  1406,  [d]  le  fit-elle 
tourner  de  ce  côcc-lâ.  Toute  cette  par- 
TÎe  qui  étoit  de  la  dépendance  du  Prieu- 
ré de  iaint  Martin  ,  Se  particulièrement 
la  rue  de  Montmorency  ,  ctoit  comme 
abandonnée.  On  y  voyoit,  difent  les 
Moines  de  ce  Prieuré,  dans  un  adte 
dont  je  vais  parler ,  grant  quantité  de^ 
maifons  &  de  lieux  cheux  &  en  ruyne  & 
défen.  Il  y  avoir  des  longtems  en  icelles 
rues  de  la  terre  grant  s  punaijîes  de  boes 
&  autres  ordures  en  diminution  des  hof- 
tes   &  ménagiers ,    6*  par  efpécial  en  la 

rue  de  Montmorency par  oh  petit 

de  gens  pajjent.  Un  quartier  ainfi  aban- 

[c]  Ccrtc  ancienne  porte  étoit  auprès  de  Jt 
.rue  aux  Oës  On  lit  au  compte  de  i^^6  à  145  j, 
entre  les  dehx portes  faint  Martin. 

[^]  Flamel  avoit  apparemment  acquis  cette 

ina'zurc  à  l'occalion  d'une  rente  de  i  livres  parilîs 

qu'il  pofTédoit  en  commun  avec  Pernelle ,  &  qu'il 

acheta  avec  toutes  les  autres  qui  lui  furent  ren- 

^   3^.     d'.ies  comme  il  a  été  dit  ci-delTus.  C^tte  renre  cft 

*  rpcciHéc  dans  l'aile  de  vente  qui  fe  trouve  parmi 

les  pièces  »  &  ell  délignée  hypothéquée  fur  une 

petite  d: ai fo7i  &  lonuges  .  . .  rue  de  yicntmcrency  y 

tenant  À  .une  hxute^  rnxifon   ou  il  fouloiî  avoir  ^ef- 

tuves.  L'Ecrivain  fit  fans  doute  mettre  en  criées 

.  cette  rnaifon  ,  pour  la  rente  qui   ne  lui  étoit  pas 

pa^ée.,  &L  elle  lui  aura  écé  adjugée- 

donnç 


DE  Nicolas  Flamel.     145 

donnée  dévoie  donc  procurer  à  fhiniel 
des  facilités  pour  les  acquificions  nouvel- 
les qu'il  proj'eccoir* 

Vers    le    mois  de    Février    1405-6"^ 
l'Ecrivain   acquit    une   maifon  ou  rlace        D'une 
auprès  de  la  mazure  donc  il  étoit  déjà  cK^ieie-'^'^ 
Propriétaire.  La  place  avoic  au  Levant  di  10. Fér. 
un  grand  bâtiment  en  ruine  qui  avoir ''^'^'^"''* 
fervi  d'étuves  pour  les  hommes.  Du  cote 
de  la  rue  faint  Martin  ,   elle  tenoit  par 
quelques  portions  à  deux  maifons.  Une 
qui  faifoit  le  coin  de  la  rue,  l'autre  il- 
tuée  dans   la  rue  faint  Martin ,  appar- 
tenoit  a  Barthelemi  Crocquemeure ,  Cor- 
donnier. Outre  cette  place  j  le  Prévôt  de 
Paris  adjugea    encore   à  Flamel  le  2z 
Juin  de  la  même  année  certains  louages 
&  deux  petites  ejlables  à  chevaux^  qui 
fe  trouvoienc  entre  la  place  qu'il  avoit  ^-  ^,>^^<^ 
acquife  ,  &  la  maifon  du  coin  ,  fur  lef-  zzjS^^\ 
quels  il  avoic  5  livres  6  fols  de  rente.  '40<ï. 

Le  plan  de  Flamel  ne  fe  crouvoit  pas 
rempli  par  ces  premières  acquilitions  -, 
enforte  qu'il  jettoit  encore  fes  vues  fur 
quelques  maifons  qui  avoifuioient  fou 
terrain.  Prelfé  cependant  d'exécuter fon 
deiïein ,  il  voulut  commencer  a  élever 
une  maifon  fur  une  portion  de  ce  qu'il 
polfédoit.  Les  Moines  de  faint  Martin 
étant  Seigneurs  de  tout  ce  coté  ,  il  fal- 
loit  traiter  avec  eux.  Flamel  les  vit, 
ôc  vraifemblablement  dans  le   defTeiii 

G 


T4<^  Histoire  Critic^ub 
de  fe  les  rendre  favorables ,  il  leur  fait 
pave  du  pieux  projet  cjui  l'occupoic.  Ceux- 
ci  encrèrent  dans  fes  vues  ,  ratifièrent 
fa  requête  &'  lui  accordèrent  de  bâtir  c/^j 
édifices  de  telle  ordonnance  quil  lui  plai^ 
roit  yfoit  maifons  d'aumône  par  manière 
d'Hôpital  ou  autrement.  Ils  ajoutèrent 
néanmoins  une  exception  remarquable, 
c'eft  que  ledit  Nicolas  Flamel^  ne  fes  dis 
ayans  caufe  ,  ne  pourront  ^  ne  feront  te-f 
nus  faire  ou  faire  faire  en  ladite  place 
Chapelle  ne  lieu  faint.  L'tntrepnfe  de 
Flamel  ne  tendoit  donc  point  à  tormet 
un  Hôpital  en  règle  ^  ou  les  Moines 
s'y  oppoferent.  Il  voulut  feulement  fe 
procurer  quelques  maifons  pour  y  loger 
gratuitement  de  pauvres  gens.  La  piété  , 
ce  femble  ,  étoit  particulièrement  por- 
tée dans  ces  tems  à  pratiquer  la  précieufe 
EiT.  f-  48-  vertu  de  Phofpitalité.  On  a  lu  dans  TE (Tai 
[u'il  y  avoit  en  1414  dans  la  rue  des 
rhs ,  une  maïfon  d'Aumône  où  l'on  re- 
tiroit  de  pauvres  femmes  veuves.  Il  y 
en  avoit  d'autres  de  cette  forte  dans 
Paris.  [^] 

Les  Moines  de  faint  Martin  furent 
réellement  très-fatisfiits  de  voir  bâtie 
fur  leur   terre  qui  étoit  prefque  défer-     I 

[^j  FcIiUicn  rapporte  qu'en  141^  un  Garde 
<3e  la  Monnoyc  d':  Paris  &;  ia femme,  donne- 
nereni:  deux  maifons  pour  fcrvir  de  logement 
à  huic  pauvres  femmes  vein'es,  vercueufes  6c 
fort  âgées.  Hift.  de  Paris.  T.  1 ,  page  807. 


1 


DE  Nicolas  Flamel.  147 
tée.  Ils  le  firent  connoîrre  par  la  ma- 
nière donc  ils  accordèrent  à  Mameira- 
morciirement  du  tetrein  fur  lequel  il 
vouloit  bâtir.  ■  C'eft  ,  difent-ils ,  fans 
pour  ce  fdyer  aucunes  ventes  ou  devoirs 
à  nous  j  ou  CL  nofdits  fuccejf.urs,  \\s  di- 
fenc  encore  ,  que  L'en  pourra  jaire  édi- 
fier à  L'exemple  &  aide  de  ce  ,  Les  autres 
places  ou  masures  ,  ., ,  &  illec  venir  de- 
niourer  hojles  &  mefnagiers  ,  au  piouffic 
&  honneur  de  ladite  terre  &  Jurifdicîic- 
îion  ,  6'  des  voifins  d'environ.  Néan- 
moins en  donnant  gratuitement  l'amor- 
ti (Temenc  que  tlamel  leur  demandoit, 
ils  fpécihent  la  réferve  de  leurs  droits, 
tant  fur  la  terre  que  fur  lesbarimens, 
&  au  lieu  de  huit  deniers  dont  étoienc 
chargées  la  maifon  &  les  deux  petites 
étables  ,  ils  fixent  le  cens  à  un  leal  de-  D'uneSmt. 
nier  de  fonds  de  terre  payable  chaque  p^urb  rai 
année  à  la  faint  Pvemi.  tif.  de  «c 

Rien  ne  fembie  plus  favorable  pour 
Plamel  que  ce  Traire.  Cependant  la  fui- 
te de  l'acte  nes'accordepas  trop  avec  le 
gratis  que  les  Moines  paroiifent  accor- 
der,  à  moins  qu'ils  n'ayent  entendu 
qu'ils  ne  recevoient  pas  de  l'argent 
coniprant.  Le  Bourgeois  en  effet  en 
avoir  befom  pour  fon  bâtiment,  il  le 
réfervoit.  Voici  donc  ce  qu'il  fait  avec 
ces  Seigneurs.  Il  polfédoit  une  rente  de 
70  fols  parifis  fur  une  maifon  que  le« 

Gij 


148  Histoire  Criticiue 
Moines  déiignQnz  granc  rue faint  Martin 
en  notre  cenjive  ....  aboutijjanr  par  der- 
rière CL  V  hôtel  ou  habitations  qui  furent  au 
Roi  d'Arménie,  [a)  Flamel  en  reconnoif- 
fcince  de  1  amortiirement  de  fon  rerrein  , 
conftitueau  Prieuré  de  faint  Martin  une 
rente  de  dix  fols  parilis  à  prendre  fur 
ces 70  fols.  Déplus ,  il  aiîigne  fur  cette 
même  rente,  autres  dix  fols  parifis  à 
prendre  une  fois  feulement  _,  toutes  fois 
&  quantcs  que  il  ara  ou  tems  a  venir  nouvel 
Prieur  enladicieEglife,LQsMoinesa\i-\icii 
de  donner  gratuitement,  ne  gagnent-ils 
pas  à  ce  marché  ?  Ils  auroient  peut-être  re- 
çu fix  livres  parifis  de  lods  de  ventes ^  (b) 
Se  ils  acquéreur  une  rente  perpétuelle  , 
dont  le  fonds  dans  ce  tems  où  l'on  conf- 
tituoit  environ  au  denier  dix  ,  pouvoic 
monter  à  neuf  ou  dix  livres  :  plus  en- 
core une  redevance  de  dix  fols  à  chaque 

{a)  Le  Roy  d'Arménie  ,  dont  il  eft  parlé  dans 
cet  acle,doic  ctre  Lyon  de  Lilingwcn  ou  Lufignan  , 
enterré  aux  Célellins  à  Paris  ,  où  on  lit  cet  épi- 
tahe  que  je  tire  de  Coriofec.  Cy  gijl  îres-ncble 
ts  excellent  prince  Lyon  de  Li[ingnen\  Quint  Roy 
Lai  in  d'Annénie  j  qui  rendit  lame  à  Dieu  à  Paris 
le  i<oeme  jour  de  Novembre  ,  Van  de  grâce  i]^^. 

(Jj)  On  ne  trouve  point  combien  Flamel  a 
payé  pour  fes  premiers  terreins  dans  la  rue  de 
Mcmcjnorencyj  mais  on  voit  que  lamailbndu^ 
coin  de  ccûte  rue  qu'il  aclicta  en  Juin  14C7  avec 
une  rente  dont  elle  étoit  chargée,  lui  revint  à 
^09  livies  parifîs,  &  qu'il  paya  aux  Moines  7 
livres  7  fols  6  deniers  parilis  de  lods  &  ventes, 
fuivant  les  quittances  données  par  Michel  leDe« 
xublc ,  Saitenicr  du  Pricutc  de  faim  Maicm. 


DE  Nicolas  Flamel.  149 
lYlutation  de  Prieur.  Le  tout  femble  plus 
que  compenfé.  Le  Bourgeois  facile  dans 
fes  marchés  ôc  qui  avoitbefoin  des  Moi- 
nes ,  les  laififa  écrire  ce  qu'ils  voulurent. 

Frère  Jean  Alvernus  humble  Prieur  .... 
&  tout  le  Couvent  firent  l'acfte  folemnel 
de  cet  accord,  le  mercredi  17  de  Novem- 
bre 140(3.  Et  pour  la  confervacion  de 
cette  pièce ,  les  Moines  en  délivrèrent 
quatre  expéditions  qui  fe  gardent  dans 
les  archives  de  faint  Jacques.  Ces  adles 
font  fans  autre  fignature  qu'une  croix 
allongée  5  bien  formée,  éc  cantonnée 
de  quatre  petites  lettres  variées  dans  les 
quatre  pièces.  On  voit  à  chacune  deux 
grands  fceaux  ,  dont  l'un  repréfente  Se 
Martin  en  foldar ,  &"  l'autre  en  Evêque. 
Sur  un  des  contrefcels  eft  une  main  qui 
paroît  bénir  avec  cette  légende  ,  Deum 
Urne.  Le  même  jour  17  de  Novembre 
le  Prévôt  de  Paris  Guillaumede  Tignon- 
ville  ratifia  par  une  fenrence^  tant  l'ac- 
cord entre  les  Moines  &  Flamel ,  que 
la  claufe'qui  portoit  un  denier  de  fonds 
de  terre  au-lieu  de  huit. 

Après  ces  préliminaires  j  Flamel  com- 
mença à  travailler  a  une  maifon  qui  eil: 
encore  fubfiftante ,  elle  eft  appellée 
dans  les  anciens  titres  le  grand  Pignon, 
{^a)  Quelque  détail  fur  ce  bâtiment  peut 

(/i)  Cette  maifon  a  été  appellée  le  grand  Vi- 
sion eu  égard  aux  autres  maifons  de  Ilamel  qui 

G  iij 


15a  Histoire  Critique 
intéredlT.  L'Acquéreur  encore  dans  l'an- 
née du  uerrair ,  ou  avoir  été  forcé  de 
faire  quelqu'ouvrage ,  ou  il  s'étoir  preiFé 
d'avancer  fon  bâtiment.  Dès  le  onze  de 
Janvier  1406-7  Jean  Evrart  ferment  à 
verge  j  avoit  viiité  l'ouvrage  par  ordre 
du  i^  évôt  de  Paris  &  à  la  requête  de 
Flamel.  Le  Sereenc  affirma  qu'il  avoic 
ère  paye  pour  un  mur  mitoyen  entre 
les  éruves  (is:  la  maifon  à  laquelle  on 
rravaiKoit,  43  livres  6  fols  8  deniers, 
panfis  dont  les  Cenfiers  des  Eruves  ou 
ayins  caufe  dévoient  la  moitié.  Evrarc 
ajoure  qu'il  a  fait  murer  la  maifon  à^is 
Etuves,  parce  qu'on  y  entrait  nuit  & 
jour ^  quon  en  a':batoit  des  parties _,  en- 
levait  le  viJs  mérien  ^  &c  encore  que  les 
voiims  éroient  ^/2  doubie  &  péril,  La  clô- 
ture coûta  8  fols  pari(is  délivrés  par 
Evrart  à  un  Maçon  &  à  fon  ai  Je  aux 
frais  des  Cenfiers. 

Le  dix  de  Février  fuivant  Flamel  prc- 
fenta  une  nouvelle  requête  au  Prévôt  de 
Paris.  Il  y  dit  qu'il  lui  convient  faire  plu- 
fieurs  réparations  qu'il  nofe  bonnement 
faire  fans  provijiôn  &  autorité  de  juflice. 
Le  Prévôt  lui  permet  de  f\ire  travaillei-5& 
d^avoir  {^on  recours  fur  la  maifon  ou  pla- 
ce en  cas  de  retrait.  Jean  P^rz?  M açoa 
&  Jean   Delahaye  Charpentier  ,  nom- 

reflerent  baffes  &  en  grande  partie  dans  l'crac  où 
elles  éccienc  lors  de  leur  achac. 


ÎÎÈNiCOtAsFtAMÈL.     I5Î 

mes  experts  ,  déclarent  qu'il  eft  de  né^ 
ceflîré  de  bâtir  ou  refaire  un  pan  de  mur 
aboutilfant  au  lieu  ou  foulcUnt  être  les 
étuves  &  à  un  jardin  emprès  _,  que ,  le 
tout  avalué  à  huit  toi/es  quarrées  ckaf- 
eune  toife  pourra  coûter  peur  faire  la 
yuidange^  abattre^  détruire  y  mener  terres 
&  gravois  aux  champs  j  &  acquérir  moil^ 
Ion  &  plajire  &  toutes  peines  d'ouvriers^ 
^1  fols  parifis.  Le  prix  de  ces  ouvrages 
eft  remarquable,  voici  encore  un  autre 
article. 

Le  même  Sergent  fit  le  16  Janvier 
de  l'année  fuivante  1407-8  un  autre  rap- 
port d'un  mur  neuf,  toujours  mitoyen 
entre  la  maifon  des  Etuves  &  celle  du 
grand  Pignon.  Fiamel  qui  bârifToit  fo- 
lidement,  avoit  fait  Ton  mur  plus  épais 
qye  n'étoit  l'ancien.  Les  Propriétaires 
dQs  Etuves  étant  tenus  d'en  payer  la 
moitié  ,  Evrart  fit  la  réduction  du  mur 
nouvellement  élevé ,  à  l'épailTeur  de  l'an- 
cien. Auparavant  le  mur  portoit  un  pied 
un  quart  d'épaiffeur  fur  fix  toifes  quatre 
pieds  de  haut  ,  &  quatre  toifes  deux 
pieds  &  demi  de  lé-^^  à  compter  par 
hors  d'œuvre  ;  en  tout  vingt  -  neuf 
toifes.  La  moitié,  c'eft  a-dire,  quator- 
ze toifes  &  demi  huit  pieds  ,  eft  pri- 
fée  chaque  toife  pour  moilon  ,  plâtre, 
vuidange,  charois  aux  champs,  peine 
d'ouvriers  3  â   i   livre   4  fols  parihs  la 

G  iv 


ICI    Histoire  Critique 

toife,  &  en  tour,  lyliv.  13  (ols^âen. 
De  plus  on  avoir  élevé  en  pierre  la  jambe 
ëriiere  fur  la  rue  :  onze  pierres  de  liais 
y  avoienr  été  employées ,  elles  coûtè- 
rent tant  la  pierre  que  la  façon  de  la 
taille  8  livres  parifls,  dont  Flamel  paya 
quatre  livres. 

Ce  détail  fournitjce  femble,  la  preuve 
que  Flamel  5  tant  avec  le  bien  qu'il  pof- 
lédoit  qu'avec  fon  travail  ,  étoit  très 
en  état  de  faire  ces  dépenfcs.  En  mc- 
me-tems  que  le  fol  fur  lequel  il  bâtif- 
foit  devoit  lui  avoir  peu  conté,  dans 
un  end.oit  hors  de  l'ancienne  enceinte 
d(^  la  ville  (a)  Se  prefque  déferré  ;  la 
bâtifle  étant  à  un  prix  fi  foible ,  fans 
fouffler  du  charbon  ou  allumer  la  lampe, 
il  n'eut  befoin  pour  fournir  à  ces  frais 
que  de  fon  travail  ôc  de  fes  épargnes. 
Si  l'on  vouloir  faire  une  eftimation  de 
tout  ce  qui  entre  dans  l'airemblage  des 
matériaux  d'une  maifon  ,  aux  prix  ou 
ils  étoient  en  1407  ou  environ  dans 
ce  tems ,  [  ^  ]  on  trouveroit  que  la  mai- 

{a)  Quelques  adles  apprennent  que  l'on  met- 
toit  de  la  dirtércnce  entre  les  biens  qui  étoienr  h- 
tués  dans  l'ancienne  enceinte  ,  oC  ceux  qui  ctoiect 
au-dcla.  Les  premiers  étoient  plus  ellimés  &:d'un 
plus  grand  prix.  Jeanne  Coquarrix  exigea  de  la 
fabrique  de  fainr  Jacques  en  141^  ,  ime  rente  de 
60  Ço\s  ded.^ns  l'ancienne  fermeture  ul.  Paris.  V. 
Eifai  page  fo. 

[^1  On  a  rapporté  dans  l'Elfai  fur  l'hiftoire  oie 
la  Paroiire  de  laint  Jacques  >  le  prix  de  pluilcuis 


DE  Nicolas  Flamei.  155 
fon  du  grand  lignon  pourrou  à  peine 
avoir  coûté  100  livres  pariiis  à  conftruire. 

L'Infcription  que  Flamel  Hc  graver  au- 
dcrfTiis  des  encrées  de  cerce  mailon  fe 
lit  dans  notre  Efifai.  Elle  apprend  que  iif.^.-o^, 
le  Propriétaire  faifoit  une  loi  à  ceux 
qu^  logeoit  de  dire  tous  les  jours  une 
Pâte  nojire  &  un  Ave  Maria  y  ôcc.  Gerce 
loi  rapprochée  du  confentement  queles 
Ivloines  de  faint  Martin  donnèrent  pour 
con[i:mre  maifons  d'aumône  par  manière 
d'Hôpital  5  appuie  ce  que  l'on  a  dit  da 
delTein  du  Conftructeur  qui  étoit  d'é- 
lever une  maifon  d'hofpice.  Vraifem- 

matériaux  vers  le  rems  de  Flamel  :  voici  encore 
quelques  articles. 

En  1407  quarre  voyes  &  rlemi  déplâtre  coûtè- 
rent 17  fols  pariîis ,  ôc  en  141 1  fep:  maids  ,  i  lois. 
En  14C4  Simon  le  Marinier  fournir  une  quantité 
confîdçrable  de  plomb  a  fi  fols  parilis  le  cent. 
Un  allemblage  de  pièces  de  charpente  pour  for- 
mer la  place  d'un  etcalicr  deftiné  a  moa:er  a  un 
horloge,  coûta  11  livres.  Des  verrouxj  queues ôc 
paumelles  deftinés  à  fermei  ia  barrière  du  Cloî- 
tre coûtèrent  4  fols  ve;s  142.6-  Le  10  Mars  141^ 
trois  cens  carreaux  de  grès  coûtèrent  4  liv  8  fols  6 
deniers.  Et  le  jour  d'a-^paravaut  on  avoir  payé  lO 
îoifes  &  fix  pieds  de  f.'.vemeK:  6  livres  iz  fols  pa- 
lifîs.  Ce  pavé  fut  employé  à  la  chaujfee  de  U  rue 
des  Arjis  de-^ant  la  gans.  Une  porte  neuve  pour  la  y.  Efl"  p, 
eha-tfîbre  appel-  e  enfranihrfe  garnie  de  ferruie  mi^  ^c , 
fe  a  point  1  livre  4  fols.  En  14041a  fabrique  dépen- 
fa  9  libres  18  fois  ,  qui  furent  payés  en  onze  écus 
d'or  de  c -tre  valeur  pour  les  vctdtes  depuis  ta  Cha^ 
pei'e  de  la  }Aadeleim  délign^^e  vers  le  Chœur, 
jîifqna  la  perte  de  l'Eglife  "vers  la  pierre  au  laii  oC 
la  couverture  rnife  àpoint. 


154  Histoire  Critique. 
blablement  lorfque  ï  lamel  fit  écrire  que. 
chacun  des  hoces  du  lieu  éroir  tenu  a 
ces  prières  5  ii  enuendoic  que  c'étoirune 
forte  de  payement  de  leur  loyer.  Et  le 
grand  nombre  de  perlonnes  reprcfentces 
à  genoux  fur  les  pierres  au-delfus  ^des 
portes  de  la  maifon  &  à  quelques  ^pi- 
liers paroifïe^a  être  des  hôtes  du  Proprié- 
taire récitans  leur  Patenotre.  Flamel 
voulut  que  ces  hôtes  en  entrant  dans 
leur  holpice  ,  euifcnt  fous  leurs  yeux 
t<.  la  loi  Se  l'image  de  l'ex.^runon  de 
cette  loi.  Il  eil  aulîî ,  fans  do-Jte,  dans 
cette  tr  >upe  dévote ,  &  il  paroît  qu'il 
eft  repréfenré  par  la  première  figure 
defiînée  après  TApôt^e  faint  Jacques  du 
côté  du  Cimetière  fainr  Nicolas.  Après 
lui  fe  voit  une  femme  qui  porte  un  pa- 
nier, feroît-ce  fa  fervanre  Alarguerire  la 
Quefnel  qui  contribuoit  à  l'œuvre  par 
un  don  dDnt  on  va  parler  ?  Pernelle  , 
quoique  morte  depuis  long  tems,  doic 
être  de  l'autre  côté.  Une  patrie  de  ce 
que  flamel  employoit  au  bâtiment  de 
fa  maifon  ,  étoit  un  produit  du  don  mu- 
tuel-,  cette  femme  a  dii  trouver  place 
fur  ce  monument  en  face  de  fon  mari» 
Et  le  mari  toujours  curieux  de  mul- 
tip'  er  fes  portrair:>,  s'ell  encore  fait 
repréfenter  en  très-petit  modèle  fous 
le    linteau  de  la  première  porte  du  côté 


Maison ^  ScLse    a  Parw  nu-    Je   .  ffonùru'rmcy,  <fuc  Nuolaj  Fiiwu/  Ecrivain   a  fait  hàhr~ 


WT    m    P^ 


\    l 


-U 


DE  Nicolas  Flai^îel.  lyj 
de  la  rue  faint  Marcin.  (û)  Cq  feroir 
une  curiodcc  d'avoir  le  delfem  de  toutes 
ces  hgures ,  &:  des  gravures  donc  le  bas 
de  la  maifon  ell  chargé,  [h]  Nous  iaif- 
fons  cec  ouvrage  a  quelqu'antiquaire  de 
nous  nous  contentons  de  donner  ici  la 
face  extérieure  de  ce  bâtiment  iingulier 
par  fon  ancienneté  ôc  par  fa  forme. 

J'omettois  un  trait  particulier  qui  peut 
caradéiifernocre  Conflrudleui ,  le  voici, 
Flamel ,  ou  par  ignorance  de  :oure  l'é- 
tendue de  fon  terrein  ,  ou  trop  occupé 
d'ailleurs  pour  veiller  far  fes  o.:/:iers_, 
les  avoir  laiiïe  rentrer  coniidérabie.iienc 
fur  lui-même.  Il  s'en  apperçur  après 
coup.   Aîals  le   Bourgeois  avoit  à  tran- 

(a)  C'eft  ce  qu^  l'on  peut  juger  parla  forme 
&  rhabillem:;rir  d'.ine  p:;rite  figaie  fculprée  que 
l'on  voie  a  la  place  que  l'on  i/idique. 

[b]  Oucrc  la  grande  infcripcion  qui  apprend 
l'année  de  la  confri action  de  la  maifon  ,  que  nous 

avons  donnée  avec  quelques  autres  dans  l'Elfai  ,  Elf.  f.  'cy. 
on  a  déchiffré  fur  unecornichedj  premier  pilier  Se  306, 
vers  le  Cnneciere  de  fainc  Nicolas ,  ces  mots: 
Nous  hu}Kolement  t>  dévotement.  Au  milieu  du  mê- 
me pilier  on  lit ,  Sit  L^ùmenDomini ,  qui  dévoie 
erre  conrinué  fjr  les  autres  piliers  &  fuivi  du 
Gloria  P^/ri  qu'on  découvre  au  cinquième  pJier. 
Qu;':i^  a  la  partie  d'infcripnon  que  nous  avons 
rapro-:é  :  à  h  page  i  ;9  de  l'Eifai ,  qui  porte,  yious 
au:>ei  fer:^,:ms  befo'^KCa:,  pour  notre  vie  gagner  : 
no  js  l'avons  donnée  comme  il  a  été  di:  d  après  les 
mémoire;  m^s.  de  Mr  Prévoit  Avocat.^  Et  ces 
ié«,'rndes  font  en  beaacoup  d'endroits  li  dégra- 
dées ,  qu'il  ne  nous  eil pas  po!''bIe  de  rendre  rai- 

fon  Je  .'O'.i^e?,  Ce  nre  l'on  en  lapporte  fuiîît  pour 

'  ';-     '       ,:  .       -   -^ut;  qui  V  regue. 


J5^    Histoire  Critique 
figer  avec  un  bon  voifin  ,  &c   bien  loin 
de  fe   trouver    lezé  par  une  méprife  il 
lourde  ,  il  reçut  une  avanrageufe  com- 
penfarion. 

Le  voifin  étoit  beau- fils  d'un  Bnrthe- 
lemi  Crocquemeure  j  qui  a  déjà  éré  nom- 
mé. 11  paroît  que  ^lamel  s'étoit  acquis 
l'amirié  du  beau  fils  comme  du  beau- 
pere.  Celui-ci  avoir  déjà  confenti  â  Vvrn- 
dre  une  partie  de  la  cour  de  fa  maifon 
qui  s'éroit  trouvée  à  la  bienféance  du 
Conftrudlcur.  L'autre  portion  devenue 
De  l'Ade  lon^ue  ,  ttroïtc  j  G"  en  commun  ,  néioit 
non  '^°"^'  P^^^^  proufitahie  ne  sûre  pour  la  démou- 
rance  de  Pafquier  ,  devenu  Propriétaire 
de  la  maifon  ,  Ça  femme  ne  autres,  mefna^ 
giers.  Pafquier  prend  avis  de  Tes  amis, 
6c  fuivant  le  confeil  qu'il  en  avoir  eu  ^ 
dit-il  ,  pour  la  bonne  amour  &  âffcclion 
quil  ûvoit  audit  Nicolas  ,  il  lui  fait  de 
fa  cour  un  don  irrévocable  entre  vifs 
à  toujours ,  &  veut  que  ce  foit  en  re^ 
compensation  de  ce  quen  faifant  par  le- 
dit  Nicolas  fes  édifices  ,  il  a  perdu  par 
fimplejp  plus  de  demi  pied  de  fa  terre 
en  aucune  partie  du  long  de  ladite  cour. 
En  mcme-tems  le  Donateur  charge  fon 
voifin  de  faire  à  fes  dépens  un  nouveau 
mur  de  féparation  :  mais  afin  de  mettre 
plus  au  large  fon  donaraire  ,  il  confenc 
que  le  mur  foit  tel  ^  6*  fait  en  tel  tems 
que  Flamel  le  jugera  à  propos  j  6c  pour 


DE  Nicolas  Flamei.  157 
furabondancede  policefTe  ,  il  lui  accor- 
da d'avoir  des  chambres  de  (es  maifons  , 
telles  vues  quil  lui  plaira  ,  fans  pouvoir 
le  contredire  nonohjlant  les  vs  &  coûtU" 
mes. 

Flamei  pouvoir-il  s'attendre  a  une 
meilleure  compenfation  de  la  perte  qu'il 
avoir  faite  ?  Pouvoit-il  avoir  un  voilin 
plus  ami  &  plus  facile  ;  Notre  Ecrivain 
eut  la  cour  de  Pafquier  à  bon  marché  : 
la  première  portion  lui  avoit  coûté  en 
140^  5  I  2  liv.  tour.  &le  drap  d'un  chap^     Le  x^àe 

^  r  r  1     ^  Nov.dune 

peron  pour  Jeanne jemme  de  Crocquemeu-  fenten  de 
re  de  meie  de  Pafquier,  Le  fils  donne  le  ^^^^^  ^^^^' 
refre  par  bonne  amitié.  Le  caractère  L'Aae  de 
doux  &  infinuanr  de  l'Ecrivain _,  étoit  ^"^Tj'^t^, 
ici  poudre  de  projection.  ï4©7-8. 


CHAPITRE     V. 
Suite  des  maifons  acquifes  par  FlameL 
E  projet  de  Flamei  avoit ,  comme 


L 


je  l'ai  dit,  plus  d'étendue.  N'ayant 
donc  pas  alTez  d'une  feule  maifon  pour 
le  remplir  ,  il  fit  de  nouvelles  acquifi- 
tions.  La  maifon  du  coin  de  ia  rue,  mi- 
toyenne avec  les  petites  érables ,  lui  con- 
venoir  ;  il  entra  en  marché  pour  l'avoir. 
Celle-ci  qui  avoit  pour  enfeigne,  la, 
belle  Image  ,  appartenoit  à  une  famille 
dont  le  nom  étoit  Nicolas,  Il  y  avoit 


I5S       Hl  s  T  O  I  R  E    C  R  I  T  I  Q  U  E 

un  minem  nommé Rickan  Kicolas  ,  M""" 
Regnault  de  Crémery  ,  ThomjJJe  fa  fem- 
me avec  Henri  Nicolas  ôc  Guillaume  Po- 
tin ,  Tuteurs  &  Curateurs  du  mineur, 
préfenterenr  requête  à  Guillaume  de  Ti- 
gnonville  Prévôt  de  Paris ,  pour  avoir 
la  liberté  de  vendre.  Ils  y  difent  que 
c'eft  l'avantage  du  mineur  ,  que  la  mai- 
fon  ne  peut  pointée  f-^rrir,  qu'en  mê- 
me rems  la  place  qui  tomberoic  au  pu- 
blic ne  lui  devînt  inutile j  que  déplus 
la  maifon  exigeoir  des  réparations. 

Le  Prévôt  accorda  la  perniifHon  de 
vendre  le  10  Juin  1407  ,  &:  la  motive 
d'une  raifon  ,  qui ,  en  faifanr  l'avantage 
des  vendeurs,  par  ît  alTurer  l'acquili- 
tion  àTachereur  ;  On  nepouvcit^  dit-il , 
trouver  perfonne  nui  plus  _,  ne  tant  de  la 
moitié  ^  en  eut  ^'Oulu  dernier.  Les  mai- 
fons  n'étoienr  p.is  Je  recherche  de  ce 
côté.  Mais  le  Bourgeois  qui  la  vouloir, 
y  mit  le  prix  ,  &  elle  lui  coûta  cher 
eu  égard  au  rems  &  au  lieu.  Le  même 
jour  fe  fit  Taâie  de  vcnce  pour  le  prix 
de  155.  livres  tour.  6c  le  dixhuic  _uil- 
lec  fuivant,  Flamel  acquitta  les  drcnrs 
Seigneuriaux  doni  il  eut  une  quirtnnce 
de  4  livres  i  1  ff)!?  S  deniers  délivrée  par 
Michiel  le  Déruhlc^  Sartenier  du  Prieuré 
de  fainr  Martin. 

La  maifon  étoit  chargée  dep-nfienrs 
rentes,  c'eil  ce  c]ui   eu  augmenroïc  h 


DE  Nicolas  F  l  a  ^f  e  i  .  159 
prix  puilqiie  Flamel  devoir  les  pnyer. 
Sire  Jehan  le  Marefchal  Çonfeilkr  du 
Eoy  fur  le  fait  des  Monnayes^  &  Cathe- 
rine fa  femme  en  avoient  une  de  3  liv. 
10  fols  pari  fis -,  ils  la  vendirent  à  fla- 
mel le  19  Juin  1407  pour  la  femme  de 
I  c{^  livres  6  fols  tour.  Celui-ci  la  paya  en 
50  écus  d'or,  avec  un  appoint  en  blans 
de  I  o  deniers  pièce ,  &  il  refta  encore 
redevr.ble  de  5  lierres  pariiis ,  rant  de 
fonds  de  terre  que  de  rentes  hypothé- 
quées fur  ce  bien.  Le  Sarrenier  de  Se 
Martin  reçut  des  droits  Seigneuriaux 
pour  la  vente  de  la  rente  :  ils  montè- 
rent à   55  fols  parifis.  (^) 

Flamel   qui  s'éroit  déterminé  par  la 
convenance  à  payer  un  peu  cher  la  mai- 
fon  du  coin  5   eut  peu  de   tem.s  après, 
la  ftiivante  dans  la  rue  faint  Martin  a 
bien  meilleur  marché.  Celle-ci  défignée 
dans   un  zÔ:q  cojie  celle  du  coin  y  c'eft-   EnrjfTns^ 
à-dire  ,  à  côté  de  celle  de  la  belle  ima-  dernierM;^ 
ge  ,   appartenbit  à    Perrin  Pafquier,  le  '^^7- 
bon  voifm  de  Flamel.  Cette  maifonqui 
étoit  fore  petite ,   avoit  été  vendue  en 
j^j(>i    par    Jchj'.n  Augagne  B^LudTOVQr  ^ 
Bourgeois  de  Paris,    à  Jean    de  Fois  , 
Cordoiinier,  pour  le  prix  de  7  liv.  par. 

(  a  )  On  lit  au  dos  de  l'ade  de  vente  de  la  rente 
de  î  livres  lo  (ois  Rcgiflrata  m  fancîo  Mar::na 
z?.  die  Juin  ecd  ar.y.o.  Solvit  }ro  xsniis  \n].  foU 
parif,  de  volu/itate  Regrs  Dornint  N.  le  DerhkU^ 


t^O         HiTOIRE    C  RIT  IQUE 

&  11  livres  qui  dévoient  erre  employés 
en  réparations.  Crocquemeure  à  qui  elle 
croit  parvenue  l'avoir  donnée ,  comme  il 
a  été  dit ,  à  Pafquier.  [a] 

Margot  la  Quefnelle  Chambrière  de 
Flamel ,  &  peut-être  Ton  feul  domeftique 
vers  la  fin  de  fa  vie,  avoir  apparem- 
ment quelques  épargnes  à  placer.  Elle 
jetta  les  yeux  fur  une  maifon  d'affez  pe- 
tite étendue  fituée  auprès  des  polTeiTions 
de  fon  Maître  5  &  {b)  elle  l'acheta  de 
Pafquier,  Celui-ci  en  fit  la  vente  le  14 
lévrier  1407  8  &  (oixante  livres  tourn. 
payés  en  monnoye  courante  en  furent  le 
prix.  Les  charges  cMififtcient  en  huit 
livres  parifis  &  quatre  deniers  de  rentes 
&  de  cens  ;  fomme  afTcz  confidérable  : 
Sans  doute  que  Margot  comptoit  y  fuf- 
fire. 

La  Quefnelle  ne  garda  pas  long-tems 
fa  nouvelle  acquifirion.  Il  y  avoita  peine 
un  mois  que  fade  de  vente  c toit  palfé, 

[^]  L'Adc  de  vcn-e  du4  Juillet  ii,6z  àéùgnç, 
cène  maifon  ,  à  i'cppojite  de  Meffire  Gauchur  de 
dhajl.lloti.  :  &  l'adl-c  qui  en  fut  £iic  à  Palquicr 
le  30  Mai  1407  ,  la  défigne  devant  l'Oficl  Mejjire 
GntllaH77!e  U  Bouteille.  Cet  hôrcl  avoic  change  de 
maître  depuis  156Z.  Et  ce  doit  cire  la  maifon 
qui  appartient  aiijo  rd'hui  a  Mr  MaJJe  ^  ci-devant 
J'ancien  H[6rel-de-Vic. 

(  b  )  Ov\  ne  trouve  dans  Tacfte  de  vente  q  l'une 
partie  du  toifé  de  cette  maifon.  Elle  efcdéfignée 
maijon  co  :rt  oh  jardin  derrière  ,  conicnant  icelle 
court  <J  jardin  deux  toi/es  tm  pied  tnoins  oh  envi- 
ron de  longeur. 


BE    NlCOIAS    PlAMEL.       KjI 

que  cette  domeftiqiie  s'appercevant  ap- 
paremment que  ce  petit  bien  pouvoic 
convenir  à  fon  maître,  elle  s^'en  défait 
en  fa  faveur.  Mais  voici  le  beau  de 
l'adtion.  Margot  ne  vent  pas  fa  maifon 
à  Flamel ,  elle  lui  en  fait  un  don  par 
la  bonne  amour  &  affeclion  quelle  lui 
ponoh.  Ce  don  eft  du  28  Mars.  Com- 
me la  pièce  eft  courte  &  curieufe ,  la 
voici  en  entier. 

»  Margot  la  Quefnelle  afferma  que  , 
9j  de  fon  conquêt,  elle  avoit  une  maifon 
«  &  appartenances  ,  où  il  y  avoit  un  pe- 
n  tit  jardin  ou  court  derrière  (1  comme 
5î  tout  fe  comporte,  féant  à  Paris  en  la 
>•>  rue  faint  Martin  oultre  la  porte ,  te- 
5>  nant  d'une  part  &  abouti ifant  à  N. 
93  Flamel ,  &  d''autre  part  a  Jehanne  la 
35  Rogerine ,  en  la  cenfive  des  Religieux 
55  de  l'Eglife  de  faint  Martin  à^s  Champs; 
>j  chargée  en  quatre  deniers  de  fonds  de 
ij  terre  ,  &:  en  huit  livres  de  rente  par 
3>  an  :  C'eft  à  favoir ,  en  quatre  livres 
«  parifis  audit  Nicolas  ,  &  en  quatre  liv. 
i>  par  parties  envers  autres  Cenfiers  ,  6cc, 
5j  Laquelle  maifon  court  ou  jardin  & 
35  appartenances  _,  ladite  Margot  confef- 
«  fa  avoir  donné  ,  odtroyé,  tranfporté  &: 
9>  délailTé  a  toujours  audit  Nicolas  Fla- 
9^  mel  par  don  irrévocable.  Fait  entre 
33  vifs  fans  aucun  rappel  &:c.  C'eft  d<3n  , 
33  odroi  ôc  tranfport,  fais  par  la  bonne 


t6i  Histoire  Critique 
33  amour  Ôc  affedion  qu'elle  a  audir  Nî- 
33  colas.  [/]  '1  ranfportans  tous  droits 
33  de  propriété  &  autres  quelconques, 
33  qu::?  elle  &  autres  pour  elle  pourroient 
33  demander  ou  réclamer  par  quelque 
35  manière  que  ce  foir,  furicelle  maifon 
35  court  &  appartenances ,  (Sec.  défaifif- 
15  fant ,  &c.  fait  Procureur  pourdéfaifir  , 
5^  fe  meftier  eft  &c.  Cblig.  6<:c.Garan- 
53  tir  8cc,  Coux  &:c.  R^"".  Sec.  Jur^ 
35  Voul^  Sec,  l  ait  l'an  mil  quatre  tens 
i5  &  fept  5  le  mercredi  vingrhuit  jours 
33  de  Mars.  J.  Delanoë.  Faconeau. 

Fiamel  fit  enfliifiner  cet  a6te  à /aine 
Martin  le  2  Avril  1 407-8.  Sa  nouvelle 
acqiii/icion  avoir  pour  enfeigne  lîiHeufe 
ou  peut-être  la  Herfe.  Dans  la  fuite  la 
fabrique  de  faint  Jacques  a  réuni  cette 
petite  maifon  d  celle  du  coin  de  aux 
terreins  en  retour  dans  la  rue  JMonrmo- 
rency  ,  pour  en  former  une  grande  mai- 
fon-,   ce  nouveau  bâtiment    qui  eO:  du 

D'Un  Ext.  dernier  fiecle  a  coûté  à  élever  23200. 

des  comp-      Flamelheureux  dans  fes  accnifitions  , 

tes  Jace  de  ,  .  .  ^    . 

1640.  comme  on  le  voit ,  y  prenoit  du  goût. 
Soit  qu'il  eût  befoin  de  terrein  ,  fcit 
par  raifon  de  convenance  ,  il  trouva  le 
moyen  d'ajouter  de  nouvelles  mazures 
au  bien  qu'il    polTédoit  déjà ,   quoique 

[b]  Il  y  a  à  cet  endroit  plufîeurs  mots  rayés 
qui  portent  :  &  pour  certaines  autres  caufes  qui  à 
ce  leur  mené  &  meuvent. 


DE  Nicolas  F  l  a  ^r  e  l.  Kj^ 
d'une  étendue  affez  confidérable.  II  ac- 
quit encore  un  nouveau  domaine,  fi- 
tué  dans  la  même  rue  de  Montmorency  , 
mais  de  l'autre  côté  de  la  rue  de  vis- 
à-vis  du  grand  Pignon  -,  Se  cette  ncqui-^ 
lîtionne  lui  coûta  pas  plus  que  la  maifon 
de  la  Heufe  j  c^eft-à-dire  ,  qu'on  lui  en 
fit  un  don  5  du  moins  le  parut-il  d 
l'extérieur.  On  va  voir  qu'il  ne  fe  l'at- 
rira  pas  fans  un  peu  de  fnanège.  L'opé- 
ration par  laquelle  il  parvint  à  fon  but, 
fait  une  petite  hiftoire;  il  faut  la  pren- 
dre dès  fon  origine. 

Ce  ne  fut  jamais,  on  peut  le  dire, 
ledelfein  de  l'Ecrivain  Libraire  ,  d'ache- 
ter quelque  Sei'^neurie  :  un  bien  de  cette 
elpece   ne  convenoit  pomr  a  ion   etar. 
Mais  ne  lailTant  point  Ion  argent  inutil , 
à  mefure  qu'il    gagnoit,    il    acquéroit 
quelque  pence  rente.   On  a  déjà  dit  qu"*!! 
en  avoit  une  certaine  quantité.  Dans  le 
nombte  il  en  acheta  une  de  i  liv.  par. 
le  31   Odtobre  1407.   Elle  étoit  hypo- 
théquée fur  la  maifon  ou  mazure  donc 
nous    allons  parler  ,  de  Flamel   l'eut  à 
bon  compte  ,   en  égard  au  taux  des  ren- 
tes dans  fon  tems,  il  la  paya  38  livres 
tour.  Auffi  la  maifon  6'  fis  petits /oua-   ^^^^^'^'^' 
ges  éioient-ils  cheus  &  en  ruine  ,  enforte 
que  les  Moines  de  faint  Martin  ne  pre-  Aaedu  19 
noient  fur  elle  cens  ne  rente  .  .  .parle  mal  ^^^^  ^^^'^' 
proujitabk  du  lieu*  L*Acquéreur  penfoic 


i64  Histoire  Critiqué 
bien  que  jamais  il  neferoit  payé  d'une 
rente  établie  fur  des  ruines  -,  il  avoit  donc 
ies  vues,  ôc  en  les  fuivant,  quelques 
mois  après  l'achat  de  fa  rente,  il  faic 
mettre  en  criées  ce  terrain  déferré.  Le 
terme  fini ,  il  lui  efl  adjugé  par  Pierre 
des  Effdïts  Prévôt  de  Paris  ,  qui  le  lui 
accorde  le  3  Janvier  1408-9  ,  &  en  me-* 
me-tems  tous  les  droits  des  défaillans  & 
contumax. 

Quelques-uns  à^s  Créanciers  Hypo^ 
théquaires  renoncèrent  à  leurs  droits- 
Mais  parmi  ceux-ci  un  Jean  le  Courant ^ 
Huifficr  d'armes  du  Roy,  avoit  mis  op- 
pofition  pour  conferver  vingt  fols  parif. 
de  rente.  Un  an  après  le  Courant  étant 
rhort,  Flamel  qui  vouloir  fe  débarraffer 
de  cette  oppofirion ,  ou  plutôt  fuivre 
fon  deiïein  ,  fait  avec  la  veuve  nommée 
LeTQPév.  Qii^  un  échange  pour  une  pareille  rente 
j4o^  10.  ^^  ^^  ^^1^  parifis,  aiîignés  fur  une  mai- 
fon  de  la  rue  au  Maire.  Cette  autre 
renre  n'étoir  pas  apparemment  encore 
fort  certaine.  Le  ContracTtant  engage  en 
contre-pleige  autres  20  fols  parihs  de 
rente  fur  une  maifon  au  coin  de  la  rue 
du  Cimetière  faint  Nicolas  ,  dont  Denis 
le  Roy ^  Barbier,  étoic  Propriétaire. 
Tout  ceci  n'eft  qu'un  préparatif  â  l'opé- 
ration ou  finguliere  ou  fine  qui  va  fuivre. 
Jean  Delanoë  ,  Notaire  ,  s'étoit  acquis 
la  confiance  de  Flamel.  Il  le  paroît  pat 


t>E  Nicolas  Flamel.    i^f 
la  quaiuké  d'acles ,  &:  parriculierement 
par  l'ample    ceftament   de    l'Ecrivain  > 
iignéspar  ce  Notaire.   Ils  étoient  même 
devenus  amis.  C'éroic  un  effet  naturel 
des  vifires  fréquentes  que  Flamel,  qui 
faifoitfifouventdes  acquillrions,  dévoie 
rendre  à  l'Cfficier ,  d'ailleurs  la  prati- 
que éroit  alfez  bonne.  Cependant  mal- 
gré les  avantages  que  ce  Notaire  pouvoic 
trouver  dans  le  commerce  de  Flamel , 
eelui-ci  crut  devoir  donner  à,  cet  Offi- 
cier qui  étoit  fonConfeil, quelque  nouvel- 
le preuve  de  reconnoiffance.   En  voici 
une  du  moins  en  apparence.  Neuf  jours 
après  l'échange    fait  avec  la  veuve  le 
Courant ,  Flamel  donne  à  Delanoe/'<:'ttr  ^De  Vaas 
ia  bomie  amour  &   affeciion  quil  avoit  ^iu  5  m'^s 
pour  lui  y  les  vingt  fols  de  rente  qu'il '40910. 
venoit  d'acquérir ,  &  l'en  fait  vrai  Sei-    ^^\jf^! 
gneur  ,  Demandeur  ^  Acleur  &  Fourcha-  du  18  féy, 
çeur  5  aufTi  bien  que  des  arrérages  dûs. 
On  s'en  tint  extérieurement  à  ces  appa- 
rences, quant  aux  deux  amis  ils  s'enteii- 
doientbien. 

En  efiet  Flamel ,  quoiqu'Adjudica- 
taire  de  la  maifon  &  de  {espeiits  loua- 
ges  j  comme  il  a  écé  dit,  oun'étoitpas 
polfelTeur  tranquille  ,  ou  il  neferegar- 
doit  pas  comme  tel.  De  nouvelles  op- 
pofitions  étoient peut-êcre  furvenues.  Le 
Notaire  pour  fervir  fon  ami ,  fait  com- 
mencer  au  Châcelec  eu    fon  nom  de 


ï^^  Histoire  Critique 
nouvelles  criées  vers  le  mois  de  Juin 
1410.  Il  le  fonde  dans  cette  opération 
fur  le  défaut  de  payement  de  la  rente 
^  des  arrérages  qui  en  étoient  dûs.  Il 
faut  taire  attention  que  c'étoit  à  Fla- 
mel  à  payer  la  renre.  Et  ce  qu'il  y  a 
de  plus  Imgulier,  c'eft  qu'en  mcme-tems 
l'hcrivain  en  vertu  des  premières  criées, 
aux  termes  defquelles  on  lui  avoir  ad- 
jugé le  terrein ,  agiifoit  toujours  comme 
en  étant  le  véritable  poireifeur.  En  cette 
qualité  il  voit  les  Moines  da  St  Martin , 
traite  avec  eux  pour  l'amortiiTement , 
Encore  ^<  d'accord  dcs  conditions ,  le  Prieur 
Trcre   Al-  ^  \q  Couveut  lui  délivrent  un  adte  donc 

venus.  1-1  •  'J'- 

en lui  donne  trois  expéditions. 

Ce  nouvel  a6te  eft  prefqu'en  tout  fem- 

blable  à  celui  que  ces  Religieux  avoienc 

donné  pour  ta  maifon  du  grand  Pignon. 

On  y  lit  les  mêmes  raifons  de  favorifer 

le  Conll:ruâ:eur  -,  La  ruine  du  lieu  ,  la 

défertion  des  habitans  ,  les  punaijies  de 

bo'és^  les  immondkes  :,  3cc.  laréferved'un 

feul  denier  en  figne  de  Seignorie  de  en 

mème-tems  exemption  de  toutes  fervitu- 

des^rentescu  devoirs  ciu.  Prieur  &Couvenc 

ou  à  leurs  rucceffeurs.  Le  terrein  amorti 

efl:  fpécifié  de   fix  toifes  de  long  dans 

œuvre  fur  la  rue ,  ôc  de  deux  toiles  de 

lèz  au  long  de  ces  Cix  toifes.  Quant  à 

Flamel,  il  leur  donne aulîi  10  folsparif. 

chaque  année,  Ôc  autres  1  o  fols  parilîs 


DE  Nicolas  Flaxcei.    1^7 

à  chaque  mutacion  de  Prieur;  fommes 
que  les  Moines  doivenc  percevoir  fur  la 
renre  fur  laquelle  ils  pienoient  les  10  fols 
premieremenc  coni"tiCL7és.  L'Acte  ell  du 
vendiedi  19  de  Mai  141 1.  Une  feiirence 
rendue  le  jour  même  par  Bruneau  de 
Saint  Çler ,  Prévôc  de  Paris,  en  donne 
la  ratiiîcarion. 

Flam.el  agiiroit  donc  comme  pofTef- 
(eur  du  terrein,  ôc  ne  le  faifoic  point 
fécretementj  comme  on  le  voie,  llfem- 
bleroit  qu'il  y  avoir  entre  lui  &  Delanoë 
un  Procès  à  l'amiable,  puifque  le  No- 
taire pourfuivoit  toujours  {qs  criées.  El- 
les finirent  le  mardi  après  la  Trinité  7 
de  Juin  1 411  -,  &c[q  Châcelet  fit  au  No-  LaPâqu?s 
taire  Padjudication  de  ces  mazures  fous  année  le  lî 
la  défignation  de  certaine  maifon  &  lieu  à  Avril. 
appentis  &c.  Delanoë  Adjudicataire  n'eut 
qu'un  feul  oppofant.  Pierre  CEvêque^ 
Procureur,  demeurant  rue  Th'iébault aux 
dés  ,  fit  Poppofition  au  nom  d'un  Pierre 
le  Flamant  pour  deux  livres  parilîs  de 
rente.  Mais  neuf  jours  après,  le  même 
Procureur  y  renonça  pour  fa  Partie. 

Le  jour  même,  Delanoë  affuré  dans 
fa  poiïeflion  par  la  renonciation  de  Fla- 
mant, met  fin  à  l'affaire  entre  lui  6c 
Flamel,  &  fans  doute,  en  découvre  tout 
le  fecret.  Il  fait  un  don  de  ces  rerreins 
à  fon  ami  entre  vifs  &  fans  rappel .  .  » 
pour  la  bonne  amour  quil  avoit  èi'  a  au- 


ïCrS       Hl  s  TO  IR  E   C  RI  TIQU  E 

dh  Nicolas  &  en  accroiffcment  de  fort 
bien.  Il  ajoute  qu'il  le  fait  auiîi  pour 
caaft  de  la  ru  me  où  font  venus  &  échus 
Udit  lieu  &  appentis  ....  quil  na  voulu 
&  ne  veut  point  icelhd  lieu  faire  édifier  ^ 
&  ny  verroit  pas  fon  proufit.  Les  Moi- 
nes de  faine  Martin  avoient  dit  dans 
leur  a6be  d'amortilTemenc  que  la  ma  fon 
ne  vaudroit  pas  la  moitié  de  ce  quelle 
coûterait  a  édifier. 

Telle  fut  la  iin  de  toutes  les  opéra- 
rations  que  l'on  vient  de  lire.  L'Ecrivain 
eut  les  mazures  qu'il  déi:roit  depuis 
long-tems.  Les  eut-il  par  un  don  vé- 
ritable "i  Les  apparences  y  étoient.  Ce- 
pendant il  c(l  bien  difficile  de  ne  pas 
penfer  qu'il  n'y  eût  là  quelque  collu(ion  , 
6c  que  tout  ce  manège  n'ait  été  fait  pour 
lever  des  obftacles  ,  parer  à  des  incon- 
véniens ,  &  alfurer  a  notre  homme  la 
poiTeflion  d'une  place  qui  lui  conve- 
nolt  j  &  qu'il  méditoit  d'avoir  dès  en 
achetant  la  rente  de  vingt  fols.  Quoiqu'il 
en  foit ,  Flaniel  poireifeur  de  fon  terrein 
Vû-ulut  bâtir. 

L'Ecrivain  étoit  dans  une  portion 
différente  de  celle  du  Notaire  Delanoë 
qui ,  comme  on  vient  de  le  voir  ,  n'eue 
bàci  qu'à  fa  perte.  Qnant  à  Flamel  il 
paroit  que  la  nouvelle  maifon  qu'il  avoir 
delTein  d'élever  entroit  encore  dans  fon 
projet  d'hofpitaluc.  Alors  fans  doute , 

il 


DE  Nicolas  Fl^^mel.  i^f 
il  n'avoir  pas  fait  fes  fuppuracions  pour 
fa.  difpoficion  reftamencaire  :  ainfî  ne 
travaillanr  poinc  pour  avoit  du  reve- 
nu ,  mais  poTir  loger  des  pauvres  ,  il 
ne  s'arrêta  pas  à  ce  que  le  lieu  pour- 
roit  lui  produire ,  mais  a  l'avantage 
qu'il  en  recevroic  pour  l'exécution  de 
ion  plan.  Il  fe  mit  donc  à  travailler: 
néanmoins  il  elt  douteux,  ca  femble, 
qu'il  ait  fini  ce  bâtiment.  Un  ancien 
renfeignement  dQS  titres  fait  après  fa 
mortv  défigne  encore  ce  lieu  îbus  le 
x'nve  d'appentis.  {  a  )  Du  moins  on  com- 
mença fous  les  yeux  &  aux  dépens  de 
notre  Conftrucleur ,  Se  la  fabrique  a 
achevé  dans  la  fuite. 

On  trouve  deux  pièces  qui  concer- 
nent ce  qui  fut  fait  pour  ce  bâtiment 
en  141 1.  La  première  eft  une  permif- 
fion  donnée  par  Robert  o'^  Hébalterne  ^ 
Garde  de  la  voyerie  le  16  Juin  de  cette 
année ,  pour  trois  fenêtres  qui  dévoient 
faillir  d'un  pied  fur  la  rue  ^  pour  deux 
:bancsde  pierre  délHnés  à  être  placés  aux 
deux  côtés  des  huijjeries  ;  8c  encore  pour 
un  puirs  que  Flamel  faifoit  fouiller ,  qui 
devoit  avancer  d'un  efpan  dans  la  rue. 
Le  voyer  reçut  pour  ces  parties  2  livres 

{a)  Cette  maifon  eft  défignéeau  dos  d'un  des 
titres  appentis  qni  furent  en  la.  rue  delsiontmcrency, 
Plamel  en  avoir  fair  rebâtir  une  partie  &  les  ap- 
pentis réitèrent  pendant  un  certain  tems. 

H 


170  H  I  s  TOI  RE  Cri  Ti  Qu  fi 
8  fols,  dont ^  dit-il  dans  Ton  ade  de 
permillioii ,  le  Roy  a  les  trois  parts  & 
nous  le  quart.  Ce  puits  qui  s'avancoic 
hors  des  murs  ^  fit  donner  à  la  maifon 
le  nom  de  maifon  du  puits  que  l'on 
trouve  dans  les  anciens  titres. 

L'autre  pièce  eft  un  rapport  d'ex- 
perts. Les  voifins  prétendoient  que  le 
Conftrudeur  empiétoit  fur  eux.  Sur  une 
plainte  qu'ils  firent,  deux  experts  furent 
nommés  Benoît  Savoye  &  Jean  Chélaut 
Maçons.  Ils  affirment  dans  leur  rap- 
port ,  que  Flamel  bâtit  en  entier  fur 
lui-même,  que  les  plaignans  ,  s'ils  vou- 
loient  édifier ,  ne  pourroient  entrer  dans 
ces  murs  fansfon  confentement.  Lapuits 
eft -du  mercredi  12  Août  1411.  [a] 
J'ajouterai  que  cette  maifon  du  puits 
n'appartient  plus  à  la  fabrique  de  faine 
Jacques  ,  6c  qu'elle  a  été  vendue  en  con- 
féquence  d'une  permifljon  de  Mr  le 
Lieutenant  civil,  le  2 5  Juin  1^99.  (/^) 

Les  cinq  maifons  ou  mazures  dont  il 
vient  d'être  parlé,  &  auxquelles  il  faut 

[  /»  ]  Le  rapport  de  ces  experts  eft  muni  de  deux 
petits  fceaux.  Celui  de  Benoît  Savoye  repréfente 
un  Ours  levé  &  aflls  fur  Ton  derrière  ,  tenant  dans 
fcs  pattes  un  marteau  dentelé  fiirmonté  d'une 
couronne.  On  lit  autour  Scel  Bé^-ioit  Savoye, 
L'autre  fceau  eft  un  écu  en  ogive  avec  trois 
trèfles.  On  y  lit  ^ean  Chélaut. 

{  b  )  Tiré  d'un  article  de  l'inventaire  des  titres 
de  la  fabrique  de  faint  Jacques  fait  en  1699.  Oi\  y 
ifldique    pour  ^'^.   piccc  du   13c  Chapitre    le 


t>E  Nicolas  Fla  M  EL.  171 
joindre  la  maifon  de  la  rue  des  tcnvains, 
tonnent  tous  les  biens-fonds  que  Fla- 
niel  a  polfédés  de  fon  vivant,  [<^]Sc 
tout  ce  qu'il  a  laiiFé  de  cette  nature  avec 

Procès  verbal  qui  fut  fait  de  cette  maifon  ,  tîéfi- 
gaée  la.  petîie  maifoyi  de  la  rue  de  Isionîmorency  : 
6:  lapermiiiion  de  la  vendre  donnée  parle  Lieu- 
tenant Civil.  La  ig'=.  pièce  efl  le  Contrad  pour 
la  vente    faitea  un  Confeillcr. 

[a]  Tous  les  biens  fends  que  Tlamel  a  pojfédés 
de  fon  vivant.  Il  faut  remarquer  que  dans  les 
comptes  rendus  après  la  mort  de  Fiamel  qui  com- 
mencent en  1416-,  on  trouve  un  nombre  d'autre? 
maifons  dites  être  a  la  fabrique  de  faint  Jacques 
depuis  l'Ecrivain.  Celles-là  ,  l'Eglife  n'en  a  ac- 
quife  la  propriété  qu'en  vertu  des  rentes  du  droit 
de  Fiamel  hypothéquées  fur  ces  maifons.  C'eft 
ce  qui  eH:  exprellément  écrit  dans  les  tÏLres  de  dif- 
férents comptes,  &  entr'autres  du  compte 'de 
14^5.  Ladite  Eglife  ,  y  ell-ii  die ,  efi  Propriétaire 
de  C  autre  partie  des  maifons  ,  ««  moyen  des  rentes 
quelle  avoit  fur  iceux  lieux. 

Après  la  mort  de  Fiamel  les  tems  furent  fî  mal- 
heureux ,  qu'une  grande  partie  des  héritages 
furlefquels  il  avoit  des  rentes  ,  tomba  en  ruine  ; 
joint  à  ce  que  lui-même  peut-être  pour  avoir 
bon  marché  ,  ne  s'étoit  pas  rendu  difficile  dans 
fes  acqufitions.  Comme  les  Propriétaires  de  ces 
'biens  ne  payoient point  leurs  rentes  ,  la  fabri- 
que faifoit  mettre  les  maifons  en  criées  par  le 
privilège  des  Bourgeois.  Elle  entra  ainii  en 
jouilfance  d'un  certain  nombre  ,  la  plupart  ma- 
zures  en  ruine  &  abandonnées;  mais  excepté 
.deux  ou  trois,  elle  n'a  point  gardé  tous  c«s 
terreins  ,  il  en  eût  trop  coûté  pour  le  m:ttre  en 
valeur.  De  plus ,  les  Propriétaires  ou  d'autres 
Rentiers  les  2Ly2.ViZ  garni  comme  on  parloir  alors , 
la  fabrique  les  a  abandonnés.  L'Etat  que  je  don- 
nerai de  tous  ces  biens  ,  fournira  autant  qu'il 
fera  poillble  la  preuve  de  ce  que  l'on  avance  ; 
&  l'on  y  verra  le  montant  des  rentes  qui  y  étoienc 
hypothéquées. 

Kij 


iji  Histoire  Critique 
Tes  rentes  foncières  pour  acquitter  foti 
tertament.  Il  paroîc  cju'entre  ces  maifons 
l'Ecrivain  n'en  a  relevé  que  trois  ou 
quatre  au  plus.  Les  auties  il  ne  les  re- 
bâtit pas,  rien  ne  l'indique.  Avec  le 
détail  qui  a  été  mis  fous  les  yeux,  on 
eft  en  état  de  juger  de  la  valeur  de  ces 
fonds  5  &  Ton  appercoit  fans  doute , 
que  quoiqu'affez  confidérables  ,  ils  ne 
palfoient  pas  les  facultés  d'un  Bourgeois 
aifé.  On  connoit  auili  une  portion  con- 
fidérable  du  bien  que  Flamel  a  pofTédé 
depuis  fon  veuvage.  La  fuite  de  cet 
ouvrage  mettra  le  refte  en  évidence. 
Voyons  maintenant  quelques  avantures 
qui  ont  pu  être  une  fuite  de  l'éclat  que 
dévoient  faire  lesbatimensou  lesacqui- 
fitions  de  l'Ecrivain. 


CHAPITRE    VI. 

Taxe  imfofée  fur  les  habïtans  de  Paris, 
Vifite  que  Von  -prétend  avoir  été  ren- 
due à.  Flamel  de  la  part  du  Roy, 

Ans  un  rems  tel  que  ceJui  du  règne 

de  Charles  VI ,  où  l'on  cherchoic 

de  l'argent  de  toutes  parts,  auroir-on 

oublié  de  mettre  l'Ecrivain  au  rang  des 

Bourgeois  qui  pouvoient  ctre  taxés.  A 

iT'dl^'  P^^^^  ^^^  juvenal  dos  Urfins,  fous  la 

coàçhoy',  date  de  141 5  ,  /^  faifoient  emprunts  6* 


D 


l:: 


©Ê  Nicolas  Fiamei.  171 
tailles  j  tellement  que  plujieurs  de  la  vilU 
en  étoient  très-mal  contens  &  déplaifans  ^ 
&  en  murmuroit-on  fort.  Flamel  qui  fe 
mettoit  en  vue  j  &  que  l'on  croyoic 
beaucoup  plus  riche  qu'il  n'éroic,  ne 
manqua  pas  d'être  cotre  pour  une  con- 
tribution. C'eft  ce  que  nous  apprenons 
d'*un  fragment  de  projet  de  confultation 
qu'il  fit  a  ce  fujet  -,  par  lequel  on  voie 
en  msme-tems  l'impreiTion  que  fie  fur 
cet  homme  une  fomme  de  30  francs 
qu'on  lui  demandoit.  (  a  ) 

Flamel  ,  comme  on  lit  dans   ce  qui 
refte de  fon  projet  de  confultationjS'adreA 
fe  à  quelqu'un  en  qui  il  avoir  confiance 
&  lui  dit  :  Pajfé  à  quinze  jours  un....  ^^J^ 
e(i  venu  à  l'Ofiel ,  tenant  un  rolle  en  va-  le  mot  eià 

•^  -^  ^       déchiré. 

(  /»  )  Ce  fragment  eft  fur  un  morceau  de  papier 
qui  enveloppoir  le  fceau  d'un  ade  d'amortiiTe- 
ment  daté  de  l'année  1411.  L'état  où  j'ai  trouvé 
le  fceau  &  fon  enveloppe  liés  avec  des  tirets  de 
<ie  parchemin,  dont  les  nœuds  étoient  très- 
ferrés  &  très-applatis ,  m'a  fourni  la  preuve 
qu'on  ne  Tavoic  point  encore  développé.  J'ai 
foumis  le  fragment  aux  lumières  du  R.  P.  D. 
tetjftn  ,  l'un  des  Auteurs  de  la  nouvelle  Diplo- 
matique. Ce  R.  P.  le  reconnoit  pour  être  du 
tems  de  Flamel,  tant  au  caradere  que  particu- 
lierememt  aux  ,  i ,  qui  y  font  barrés  par-defllis 
en  place  du  point  que  nous  pofons  prcfentementi 
Flamel  pour  conferver  les  fceaux  de  fes  adles  j 
les  avoir  ainfi  enveloppés  avec  le  papier  qui  (c 
préfentoit  fous  fa  main.  J'ai  trouvé  quelques 
autres  fceaux  dans  le  même  état.  Un  étoit  en- 
veloppé avec  un  petit  fragment  d'écriture  qui' 
paroît  être  d'une  aes  premières  copies  de  fon  tef- 
l^menc. 

Hiij  ^ 


174  Histoire  Critique 
pier  ou  quel  rôle  av oit  trente  frans,  .  .# 
Eiifuite  il  demande  ,  fe  par  vertu  du 
privilège  l'on  doit  être  exempt  de  tel 
prejl ...  Et  ce  privilège  il  fait  entendre 
quel  il  ert  en  difanr,  je  ne  fai  fe  ceux- 
de  VUniverfité  feroient ....  compris  :  Il 
ajoure  qu'on  pourroit  aller  par  devers 
le  Roy  difpofé  à  fe  joindre  à  ceux  qui 
s'entremettront  de  l'affaire,  je feroi  ce 
qu  il  appartiendra  ,  aioute-t-ii,  jeferoie 
moult  grevé ....  il  me  feroit  préjudi^ 
deux  ....  avec  grand  dommage, 

C'eil  là  ce  que  j'ai  pu  tirer  de  plus 
clair  de  ce  Fragment  de  confultation  qui 
n'eft  que  le  refte  d'un  brouillon  fort  mu- 
tilé. C3n  y  voit  toujours  le  chagrin  que 
Fiamel  reifenroit  de  la  taxe  qu'on  lui 
demandcit.  Il  y  parle  naturellement , 
puifque  ce  ri'efl:  point  une  requête  ou 
il  auroit  pu  en  impofer  à  un  Magiftrat  : 
c'eft  un  confeil  demandé  à  un  ami  a 
qui  il  fiit  connoître  fa  firuation.  Ce- 
pendant il  peut  paroîrre  extraordinaire 
qu'une  fomme  affez  foible ,  eu  égard 
à  celle  de  cent  francs  qu'il  avoir  fournie 
lors  de  la  mort  de  fa  femme  ,  l'air  ainfi 
effrayé.  Ce  pouvoir  être  une  taxe  réité- 
rée, &  les  termes  dont  fe  fert  Juvenal 
des  Urfins  femb'eroit  le  défigner.  De 
plus ,  Fiamel  avoir  acheté  du  terrain  (Se 
il  faifoit  bâtir:  il  avoir  auili  des  det- 
tes comme  du  vivant  de  fa  femme , 


DENiCOtAsFtAMELé      Ï75 

on  en  aura  la   preuve.   De  plus  encore     ^'-  "^^^^ 
ne  le  barroit-on  pas  dans  l'exécution  de     ^'^'^' 
fes  projets,  en  lui  enlevant  une  fom- 
me  qu'il  deftinoit  d  un  autre  emploi  ? 
C'éroit  le  prendre  par  l'endroit  le  plus 
fenfible.  Or  ,    fi  le  fourneau  Alchymi- 
que  eût   été  tout  préparé  dans  fa  cave, 
lieu  où  l'on   dit   que  l'Ecrivain  le  pla- 
çoit  pour  n'être  pas  vu  :   comment  cec 
homme  avec  un  fourneau  auffi  fécond, 
qu'on  le  raconte  ,    Se   par  conféquenc 
toujours  muni  de  matras  pleins  de  pou- 
dre de  projection  ,  avoit-il  lieu  de  mar- 
quer tant    d'embarras   à  un    ami  qu'il 
confultoit  en  particulier? 

Flamel  éroit  Libraire  jurédeTUniver- 
fité  de  Paris ,  je  l'ai  déjà  dit  ;  ôc  Ton 
voit  que  dans  fon  projet  de  confulta- 
tion  il  pp.rle  comme  Suppofl  de  ce 
Corps.  Nous  içrnorons  le  tems  aunuel 
il  acquit  ceae  qualité  •,  mais  on  le  trouve 
ainfi  défignédans  un  a6te  de  1414.  On 
y  lit  que  le  21  Juillet  GuilUmne  Defgràs 
Bourgeois  de  Paris  ^  vent  à  toujours  à.  N, 
Flamel  Libraire  juré  en,  VUniverJlté  de 
Parisy  1  livres  parifis  de  rente  fur  une 
maifon  faifant  le  coin  de  la  rue  du  Ci- 
metière   faine*  Nicolas,    (a)   Peut-être 

(  a  )  Defgrès  vendit  à  Flamel  fa  rente  de  1 
livres  pariiis  avec  quatre  années  d'arrérages , 
montans  à  9  livres  parifîs  la  Comme  de  2 S  livres 
tour,  qui  furent  payés  en  blancs  de  10  deniers 
tour,  pièce.  L'Ecrivain  Libraire  eut  cette  rente 

Hiv 


BorelTref 
f,  161. 


lyG  H r s T oiRE  C  RI  Tiar I 
alors  y  avoir-il  déjà  plufieLUs  années  que 
l'Ecrivain  s'ccoic  fait  recevoir  au  nom- 
bre de  ces  Libraires  ,  quoique  dans  les 
a6tes  antérieurs  il  ne  foir  pas  ainfî  qua- 
lifié. Et  l'on  a  lieu  de  croire  qu'en  fe 
procurant  ce  titre ,  il  voulut  favorifer 
ion  commerce  de  Livres  :  &c  que  vrai- 
femblablement  ,  il  comptoit  jouir  dts 
privilèges  attaches  au  grand  Corps  de 
rUniverfité  ,  Corps  fi  accrédité  (?c  même 
il  puiffant  dans  ion  tems. 

Notre  Ecrivain  reçut  plus  d'une  vifite 
femblable  a  celle  du  Sergent  ou  Col- 
iedeur  qui  porta  a  Ton  hôcel  le"  loie 
où  il  étoit  nommé.  Je  viens  de  rnppeller 
l'emprunt  ou  taxe  de  cent  francs  qu'on 
lui  avoit  demandé  de  la  part  du  Roy 
au  tems  de  la  mort  de  fa  femme.  La 
vifice  du  Maître  des  Requêtes  Cramoifi 
dont  parle  Borel ,  fi  elle  n'efi;  pas  ima- 
ginaire 5  peut  5  ce  femble ,  être  mife 
au  même  rang  ,  aufii-bien  que  dans  le 
même  tems  ;  puifqu'alors ,  félon  Thiftoi- 
re  5  on  avoit  befoin  d'argent  &:  que  Ton 
en  cherchoit.  Dans  le  rôle  porté  par  le 
Sergent,  Flamel  étoit  joint  à  la  quan- 
tité de  Bourgeois  de  fa  forte  regardés 

&;  les  ancrages  dûs  à  un  très-bon  compte,  parce 
qu'elle  étoit  hypothéquée  fur  une  maijbn  ou 
pUce^?ion  habitée.   D'un  adc  du  ^i  Janv.  1414-iy. 

En  158Î  le  2.  Odobre  les  blancs  ctoicnt  a  4 
deniers  la  pièce.  D'V?z  acie  de  ceîie  date, 

£n  1400  le  il  Décembre  ils  étoienc  à  8  deiùeis» 


DE  Nicolas  F  l  a  m  e  t .  177 
comme  ailes.  Mais  celui-ci  le  montraiu 
au  grand  jour ,  Cramoifi  lui  aura  écé 
dépuré  comme  à  un  homme  donc  la  ré- 
putation failoi:  attendre  de  lui  un  fe- 
cours  extraordinaire.  Et  fi  la  Cour,  fans 
approfondir  les  vrais  moyens  qu'il  pre- 
noic  pour  fuffire  à  [es  dépenfes,  ne 
croyoic  pas  qu'il  ht  de  Tor,  du  moins 
put-elle  penfer  qu'il  en  avoir  un  amas 
de  quelque  part  qu'il  lui  fut  venu. 

On  peut  donc  fuppofer  la  vifite  du 
Magiftrat  rapportée  affirmativement  par 
Borel  qui  eft  peut-être  le  premier  Au- 
teur'(^)  qui  ait  fait  imprimer  cette 
hiftoire.  Quant  aux  circonftances  dont 
cet  Auteur  fe  contente  de  dire  ,  On  fait 
par  tradition  y  comme  cette  tradition 
n'eft  pas  celle  qui  a  l'autorité  de  cap- 
tiver renrendement  5  il  eft  libre  delà 
mettre  de  pair  avec  tout  le  merveilleux 
que  l'on  a  débité  fur  le  compte  de 
TEcrivain.  Mais  voici  cette  curieufe 
tradition  recueillie  par  Borel 

Flamel  i  dit  l'Auteur  antiquaire,  Je 

déclara  à  lui  (  Cramoih  ) ,  V ayant  trouvé 

honneu  homme  ,  &  lui  donna  un  matras 

plein  de  fa   poudre  quon  dit  avoir  été 

conferyé  long-tems  dans  cette  famille , 

(  ^)  Je  n'ai  rien  pu  découvrir  de  ce  fait  dans 
les  Auteurs  contemporains  ,  &  particulièrement 
dans  Juvenal  des  Urfins ,  Écrivain  du  règne  de 
Charles  VI.  Cet  Auteur  garde  un  lîlence  profoiid 
fur  Hamel,  comme  je  l'ai  déjà  dit. 

Hv 


lyS  Histoire  Critique 
qui  r obligea  a  garantir  Flamel  des  re» 
cherches  du  Roy.  Aind  norre  Ecrivain 
qui  félon  rhiftoire  que  Ton  en  fait , 
s'écoic  adroitement  caché  pendant  tant 
d'années  ,  car  ce  fait  doit  erre  arrivé  dans 
fa  vieillelfe,  fe  découvrit  tout  à  coup, 
ôc  ne  craignit  pas  d'être  trompé  par 
une  apparence  de  probité.  L'Homme 
étoit  bien  plus  adroit  :  fon  hilloire  n'en 
fait-elle  pas  preuve  ?  Il  eut  peur,  dira- 
t-on.  Mais  que  penfer  du  Magiftratqui 
fe  laifle  éblouir  à  la  vue  d'un  petit  ma- 
rras rempli  de  poudre  }  Député  d'un 
Prince  qui  a  befoin  d'argent ,  qui  char- 
ge un  peuple  dont  les  plaintes  fe  font 
vivement  entendre  5  le  Miniftre  tient 
dans  ù\  main  la  mine  d'or  que  Ton 
clierche  ,  ôc  il  en  ferme  l'entrée  par  un 
filence  traître  6c  criminel.  Croira  ces  fai:s 
qui  le  voudra. 

Ce  qui  e(t  croyable  5  c'eft  que  l'Ecri- 
vain placé  vis-à-vis  du  Magiftrat  qui 
pouvoit  le  preflTer  pour  une  forte  con- 
tribution 5  fe  tira  de  ce  pas  en  prouvant 
non-feulement  qu'il  n'étoit  pas  aufli  ri- 
che qu'on  le  débiroit,  mais  encore  en 
découvrant  la  vrayefource  de  fon  aifan- 
ce,  fa  manière  de  vivre.  Il  fe  fervit 
d'une  preuve  que  débite  Botel  lui-mê- 
me. Cramoifi,  dit-il  ,  le  trouva  dans  l'hu- 
milité fe  (avant  même  de  vaiffèlle  de  terre. 
Flamel  eut  lieu  d'en  faire  conclure  au 


DE  Nicolas  Flamel.  17^ 
Député  de  la  Cour ,  que  c'écoit  par  une 
vie  très-frugale  6c  très  limple  qu'il  favoit 
fuffire  à  fes  entreprifes.  Et  i\  le  Député 
apperçut  une  cran/mutation  ,  ce  tut  celle 
de  lor  que  Flamel  avoir  épargné,  of 
tranfmué QU  pierres  &  en  mazur£s.(û} 

(a)  A  l'occafîon  du  fait  que  l'on  vient  dz 
lire  ,  rapporté  dans  le  Tréfor  de  Borel ,  je  mets 
ici  une  note  que  je  n'aurois  peut-être  pas  lieu  de 
placer  ailleurs.  Un  texte  du  même  Auteur  que 
j'ai  copié  dans  l'EiTai  fur  l'hiftoire  delà  Paroilfc 
de  faine  Jacques ,  rend  nécelfaire  cette  remarque. 

L'Auteur  de  l'année  littéraire  eft  étonné  de 
n'avoir  point  trouvé  dans  fon  édition  du  Tréfor 
de  Borel  qui,  dit-il,  eft  celle  de  i^^f,  le  texte 
que  j'ai  rapporté  pour  prouver  que  les  biens  de 
Flamel  ne  venoient  point  des  Juifs.  Si  cet  Au- 
teur y  avoir  fait  attention  ,  il  ne  m'eût  point  re- 
levé fur  une  citation  qui  fe  trouve  réellcmeut 
dans  Borel ,  &  avec  cela  il  ne  me  l'eût  poim 
attribuée.  En  effets  i'ai  donné  la  citation  à  Mr 
le  Préfîdent  Hénault  de  qui  je  l'ai  prife  ,  &  j'ai 
nommé  mon  illuftre  Garant.  Voici  mes  termes. 
Cet  Auteur  fi  efitmé  (ivlr  le  P.  Hen..)  rapporte 
ce  que  dit  Borel  dans  fou  Tréfor  ....  pour  prouver 
que  la  fortune  de  IcUrnel  ne  venoit  pas  des  Juifs  ^ 
&c.  L'Article  tiré  du  Tréfor  qui  eft  copié  de 
fuite  j  n'eft  donc  pis  fur  mon  compte.  Et  de 
plus ,  je  n'ai  point  été  trompé  par  Mr  le  Préiîdenc 
qui  a  bien  cité. 

Je  connois  deux  éditions  du  Tréfor  des  anti- 
quités par  Borel  :  celle  de  i6yf  dont  s'eftfervi 
l'Auteur  de  l'année  littéraire ,  &  une  autre  ré- 
cente de  l'année  17 ço.  Dans  cette  dernière, 
l'article  cité  y  eft  tout  entier  fous  le  mot  En- 
SEMENT.  Ce  terme  répété  deux  foix  forme  deux 
articles,  &  les  paroles  que  j'ai  tranfcrites  fon: 
une  partie  du  fécond. 

Ces  mêmes  paroles  fe  trouvent  auiTi  en  entier 
dans  l'édition  dei^jî.  L'Auteur  de  l'année  lit- 
téraire s'eft  contenté  de  ce  qu'il  a  lu  dans  la 

H  y; 


i8o    Histoire   Critique 


CHAPITRE     VIL 

Procès  que   Flamel    intente  &  ne  finie 
point.  Sa  mort, 

FLamel  approchoic  de  fa  fin ,  Se 
roujours  appliqué  foit  à  confcrver 
&:  à  défendre  lebieii  qu'il  avoit  acquis  , 
foie  à  Taugmenrer  fuivant  le  foible  des 
Vieillards-,  il  ne  manqiioir  ni  d'affaires 
ni  de  procès.  Peuc-ctre  ces  occupations 
diftrayanres  rembarrafioient-elles  plus 
qu'il  ne  le  vouloir.  Cependant  quel- 
ques faits  femblent  faire  voir  qu'elles 
n'écoienr  pas  entièrement  éloignées  de 
fon  goût  ,  qu'il  favoit  y  profiter  \  dc 
qu'en  achetant  des  rentes  placées  fur  des 
biens  détériorés ,  (i^)  il  rrouvoit  des  fa- 

premicre  Partie  de  l'Ouvrage  de  Borel.  Or  y 
trouve  en  effet  fous  le  terme  En  sèment  un  ar- ' 
ticlc  de  dix  pages  fur  notre  Ecrivaino  mais  il 
falloir  aller  plus  loin  èc  faire  attention  que  la 
première  édition  de  Borel  eft  avec  des  premiè- 
res ^v  des  fécondes  additions.  Le  Critique,  en 
po'ilTant  fa  recherche  jufqu'aux  fécondes  addi- 
tions anroit  apperçu  que  ce  que  Mr  le  Prcfiden:. 
a  cxtiait,  &  que  j'ai  copié,  fe  trouve  mot 
POUR  MOT  dans  ces  fécondes  additions,  à  la 
page  ^89.  La  efl:  la  fuite  d'un  nouvel  article  fur 
Flamel  fous  le  mcme  mot  Ensement  ,  qui  com- 
mence à  la  page  f88.  llle  vérifiera,  s'il  le  juge 
à  propos. 

(«)  Il  a  été  dit  ci-defTus  que  Flamel  a  eu 
la  maifon  du  Pt^ifs  par  le  moyen  des  petites 
rentes  qu'il  avoit  acquifes  fui  cette  inaifoA, 


DE  Nicolas  Flame  t.     i8t 

cilités  pour  fe  faire  adjuger  ces  biens 
à  bon  compte.  Quoiqu'il  en  foie ,  le 
Libraire ,  trois  ans  avant  fa  mort ,  en- 
treprit entr'aurres,  un  procès  qu'il  ne 
conduifit  point  à  fa  fin  ;  fes  Exécuteurs 
Tellamenraires  le  terminèrent. 

Le  fonds  du  procès  étoit  un  foible 
objet.  C'étoit  cinq  fols  parifis  de  rente 
hypothéquée  fur  une  maifon  apparte- 
nante à  un  nommé  i?o/;i;z  Violette,  Sc 
fituée  dans  la  rue  du  Temple  au  coin 
de  la  rue  des  Gravilliers.   Depuis  bien 

Il  eut  de  même  une  maifon  fituée  au  coin  de 
la  rue  du  Cimetière  fain;:  Nicolas  dont  il  exilré 
une  quantité  d'aifbcs.  Flamel  acheta  à  droit  viage 
2  livres  pariris  de  rente  oMpcnficn  a  vie  fur  ceire 
maifon  en  158^  ,  pour  la  Tomme  de  onze  livres 
tour.  Elit  étoit  fur  fa  tête  &  fur  celle  de  Per- 
nelJe.  Pernelle  étant  mone ,  Plamel  acquit  Ici 
propriété  de  cette  rente /?  toujours  tni^co  ^■çoxxt 
Il  livres  10  fols  tourn.  qu'il  paya  en  un  écu  &  un 
noble  en  or  ^  &  le  furplus  en  blans  de  8  deniers 
pièce.  Enfaite  il  fit  mettre  la  maifon  en  criées , 
&  elle  lui  fut  adjugée.  En  1414  il  céda  à  Jean 
Perrier,  Mercier  ,  la  propriété  de  ladite  maifon 
pour  le  r^rix  des  rentes  qui  y  ctcient  hypothé- 
quées, le  réfervant  fes  droits.  Perier  vendit  ia 
place  OH  -maifon  non  habitée  en  141c  à  Andricu 
le  Prince  ,  Earbier  ,  Valet-de -chambre  du  Roy. 
Flamel  cependant  l'avoit  fait  mettre  de  nouveau 
en  criées  ;  &  Andry  Marchait  Prévôt  de  Paris 
la  lui  avoit  adj'igéë  le  mardi  après  la  Trinité 
1414.  L'affaire  fini:  là  peur  Flam.ei.,  &  Perier 
rentra  dans  ce  bien,  qui  efl:  venu  à  la  fabrique 
de  faint  Jacques  faute  par  Perrier  de  garnir  la 
■maifon  s  c'eft-à-dire.  de  fatisfaire  aux  charges. 
On  pourroit  donner  encore  plufieur's  exemples 
de  ces  occupations  de  Flamel,  &  des  piccès  pres- 
que continuels,  qu'il  avoit  pour  la  geflion  de 
Ton  bien. 


iSi      Ht?  T  OT  R  E    C  R  I  T  I  QUE 

des  années  Flamel  n'éroic  point  payé 
de  fa  petite  rente  ;  on  lui  devoit  i  liv. 
2  fois  d'arrérages.  Dès  1411-15  le  la- 
.  Veille  du  j-j^gj^  ^3  Avril  veille  de  Pâques  cjmmé- 
ques.  nidulx  :  Raoïdin  le  Poivre  y  Sergent  de 
la  douzaine  du  Roy  iV' ^  S&\  au 
Châtelet  de  Paris  ,  avcit  ajourné  Robin 
Violette  au  nom  de  FlameL  V^ioletce  fie 
plufieurs  défauts.  On  lui  fîgnifia  un  nou- 
vel ajournement  pour  le  famedi  5  de 
Mai  1414.  Ce  jour-là  Jean  Aubeffin^ 
Procureur  de  Violette,  ayant  demandé 
jour  d'avis  ^  on  lui  donna  jufqu'au  feize. 
Enfin  ace  terme,  Aubefpin  en  défaut 
pour  Yïo\ez:e,TanneguiDuchajlel  Prévôt 
de  Paris  adjngea  a  Hamel  fa  demande, 
&  condamna  Violette  aux  dépens. 

Le  Débiteur  étoit  infolvable.  Flamel 
▼ouloit  être  payé,  ou  peut-être  plutôt 
avoir  la  maifon.  Il  fait  une  nouvelle 
Procédure  au  Châtelet,  ôc  entreprend  à 
ce  tribunal  les  criées  de  la  maifon  de 
Violette.  Deux  Sergens  fe  tranfporte- 
rentfurles  lieux  pour  en  conftater  l'Etat 
le  II  de  Mars  i4i(j.Les  ajournemens 
accoutumés  fuivirent.  Le  rroifieme  de 
ces  ajournemens  ayant  cré  indiqué  au 
jour  de  l'An  &  au  lendemain  1417-18  ,^ 
le  quatrième  le  fut  au  jour  de  la  Trinité 
8c  au  lendemain  141  8.  Aux  trois  pre- 
miers ajournemens,  Flamel  encore  vi- 
Yant ,  comparut  ou  fon  Procureur^  mais 


T5E  Nicolas  Flamel.    i^^ 

eu  quart  (Ticeulx  jours  pour  ce  que  para-  ^^  ''f/'^c 
vaut  icellui  ledit  feu  Flamel  étoit  aie  de 
vie  à  trefpajfement ,  Gilet  de  Frefne  Pro- 
cureur de  Jehan  Clerebout ,  Guillaume  le 
Comte ,  Jehan  de  Galande  Marrégliers  de 
VEglife  defaint  Jacques  de  la  Boucherie  , 
&  Marguerite  la  Quefnelle  j  Exécuteurs 
du  reftament,comparurenr  pour  terminer 
ces  criées.  Elles  finirent  à  la  pourfuite 
de  ceux-ci  le  Mardi  après  la  fête  de  la 
Trinité  de  cette  même  année ,  &  par  la 
fentencequi  les  termina  ,  lamaifon  vid- 
de  vague  ruineufe  &  inhabitable  àt  Robin 
Violette  leur  fut  adjugée. 

La  maifon  néanmoins  n'eft  point  ref- 
tée  à  l'Edife  de  faint  Jacques.  Elle  fuc 
mile  de  nouveau  en  criées ,  a  la  requête 
d'un  nommé  Robert  de  Senlis  Commis 
aux  louages  &  réparations  dudit  lieu.  Il 
eft  écrit  que  celui-ci  depuis  l'année  1445 
jufqu'en  1454  ne  payoit  point  la  petite 
rente  de  cinq  fols.  11  employoit  le  peu 
de  revenu  qu'il  retiroit  en  réparations  , 
&  â  la  marge  des  comptes  à^s  années 
marquées  ci-delTus  on  lit ,  en  ruine. 

Dans  le  cours  des  criées  faites  au  nom 
de  Flamel,  une  Jeanne  la  Genciene  ^woil 
paru  pour  25  livres  que  Violette  lui 
devoit  :  cette  fomme  alfez  forte  pour  le 
rems  provenoit  du  produit  d'une  année 
de  la  Mairie  du  Pont  de  Charenton  : 
Violette  Tavoit  tenue  de  Gencienne  ôc 


tS4     Histoire    Critique 
exercée  pour  elle.  L'Hôcel  de  cette  Boiir- 
geoife  eft  indiqué  en  la  verrerie. 

Il  y  parut  aufli  Frère  Guillaume  de 
la  Fontaine  ^  comme  Procureur  des  K^- 
ligieux  de  VHôpital  de  faint  Jean  de 
]érufalem.  Violette  qui  apparemment 
étoit  un  efpece  de  Fermier ,  tenoit  de 
ces  Hofpicaliers  le  moulin  à  vent  de  la 
tombe  Ifore  ou  Ifoire  ,  fur  le  pied  de 
6  livres  parifis  &c  ii  deniers  de  fonds 
déterre.  Il  leur  devoir  3  livres  12  fols 
d'arrérages. 

L^Extrait  de  Tade  des  criées  de  la 
maifon  de  Violette  que  j'ai  donné  ci- 
defTus  5  nous  apprend  que  1  lamel  alors 
avancé  en  âge  ,  mourur  avant  le  dernier 
ajournement.  Un.  autre  a(51:e  qui  eft  un 
extrait  d'un  compte  de  l'exécution  du 
teftament  de  l'Ecrivain  ,  rendu  par  les 
Exécuteurs  en  1429  ,  nous  a  confervé  la 
daie  précife  de  fa  mort.  LeCommiffaire 
Andry  le  Preux,  devant  qui  on  rendoit 
le  compte ,  y  rapporte  que  le  trefpajjè^ 
ment  d'icelui  Jejfunt  fut  le  zieme  jour  de 
Mars  avaîit  Pâques  \^\j  ,  c'eft-â-dire, 
141 8  félon  notre  manière  prcfente  de 
compter.  Ainfi  Sauvai  qui  place  la  mort 
Sanv.T,  cle  l'Ecrivaiii  en  1417,  ne  s'eft  point 
trompe.,  puilqu  au  jour  du  deces  de 
Flamel,  on  datoit  encore  de  cette  année. 

Cet  Hiftorien  avoir  eu  la  facilirc  de 
voir  quelques-uns  des  titres  de  i'Eglife 


DE  Nicolas  Fi.  AME  I.    185 

de  faine  Jacques.  lien  étoic ,  ce  fem- 
ble  ,  Paroifîien  ,  ou  du  moins  il  pouvoir 
y  erre  né  ôc  y  avoir  confervé  des  ha- 
bitudes, (a)  Mais  quant  au  Médecin 
Borel  ami  de  l'Hiftorien  ,  quelle  idée 
donne  t-il  du  foin  avec  lequel  il  a  fait 
fes  recherches  ?  Il  afTure  avoir  vu  &  lu 
par  l'entrewife  de  Mr  Sauvalle  ,  dit -il,  ^o^-^îTref. 
le  Teftament  de  Flamel  ,  celui  de  Per- 
nelle  &:  quarante  autres  actes  :  &  cepen- 
dant pouvant  marcher  a  l'éclat  d'une  lu- 
mière il  certaine  ,  il  va  chercher  fes  da- 
tes dans  des  fources  qui  dévoient  au 
moins  lui  paroître  fufpedes.  Plus  ex- 
traordinaire que  Gohorry  qui  ne  pouvant 
peut-être  faire  mieux  ,  a  été  avec  raifon 
chercher  les  fiennes  aux  bâtiraens  élevés 
par  l'Ecrivain  ;  Le  Médecin  antiquaire 
s'en  tient  aux  Livres  qui  courent  fous 
le  nom  de  Flamel.  //  vivoit  dit-il ,  en 
1593  &  14155  comme  il  fe  voit  dans  fes 
Livres  qu'il  compofoit  en  ces  années»  S'en  i^îti, 
être  tenu  là  après  avoir  vii  quarante  actes , 
&  de  plus  dans  un  article  aufli  long  que 
celui  qu'il  a  écrit  en  l'honneur  du  Phi- 
lofophe  5  n'avoir  pas  fixé  le  tems  de  fa 
mort  5  fait  dont  on  devoit  être  curieux  j 

(  ^  )  Un  Regiftre  des  Confrères  de  la  Confrai- 
rie  de  faint  Nicolas  établie  à  faint  Jacques, 
confervé  le  nom  d'un  Henri  Sauvalle.  On  lit 
ce  nom  dans  la  Partie  qui  contient  depuis  léjt 
iufqu'en  i^",^,  &  il  eft  noté  Obiit.  Ce  peut  être 
le  Père  de  Henri  Sauvai  rHiftorien  des  anciquuçs 
<le  Paris, 


î^<^     H  I  s  T  OIR  E    Cm  TI  QU  E 

n'eft-ce  pas  avouer  qu'il  s'eft  contenté 
de  confidérer  par  le  dehors  les  gros  rou- 
leaux de  parchemins  que  formenc  les 
pièces  que  l'Ecrivain  a  lailfées,  &  en 
inême-tems  ôter  toute  confiance  ,  tant 
pour  les  recherches  qu'il  alTure  avoir 
fautes,  que  fur  les  merveilles  qu'il  débite. 


CHAPITRE     VII  L 

Du  Teflument  de  FlameL 

F"^Lamel  avoir  fulvi  l'intention  de  Ta 
femme,  en  la  faif^nt  inhumer  fous 
les  Charniers  des  SS.  Innocens  :  pour 
lui ,  il  fat  enterré  à  S.  Jacques ,  comme 
il  l'avoir  demandé,  long-temps  avant  fa 
mort.  Particulièrement  occupé  de  foa 
dernier  moment  5  il  avoit  acheté,  corn- 
ine  il  a  été  dit  dans  l'Iiffai ,  le  droit  de 
fépulture  dans  l'Eglife  pour  la  fomme  de 
14  francs.  Quoique  dans  ces  temps  on 
demandâr  rarement  cette  fépulture  ho- 
norable ,  il  efl:  clair  qu'elle  ne  fut  pas 
pour  l'Ecrivain  une  diftindion  que  l'on 
crut  devoir  à  fes  richelfes,  ou  à  un  cer- 
tain éclat  avec  lequel  il  pouvoit  paroître 
dans  fa  Paroiffe.  On  la  lui  accorda  com- 
me à  beaucoup  d'aurres  avant  lui  {a)  ^ 
pour  de  l'argent.  Ce  ne  dut  pas  être  auf- 

(  a  )  On  voit  parles  regiftres  que  plufîeurs  per- 
fonncs  obtenoient  la  fépuicure  dans  TEglife  ca 


DE  Nicolas  pLAXf  El.  1S7 
fi  de  fa  part  un  goût  d  oftentation  ;  il 
appercevoir  que  les  prières  que  l'on  de- 
voit  fréquemment  hiire  fur  fa  tombe  , 
les  afperlions  d'eau  bénite ,  ôc  les  autres 
cérémonies  qu'il  demandoit  par  fon  tef- 
tament  auroient  été  impraticables  en 
bien  des  occafions ,  fi  à  chaque  fervice 
il  eût  été  nécelfaire  d'aller  de  l'Eglife 
aux  Charniers  des  Innocens. 

Outre  ce  fépulcre  que  Flamel  s'étoic 
préparé  ,  il  avoir  encore  fait  difpofer  une 
petite  pierre  qu'iî  gardoit  chez  lui ,  Se 
qu'il  deftinoit  à  être  placée  fur  fon  tom- 
beau. C'eft  fans  doute  celle  que  nous 
voyons  encore ,  de  dont  j'ai  donné  la  def- 
'cription  dans  l'Efiai,  ^^-i'  '^^ 

L'immenfe  ôc  curieux  teflament  de 
ITcrivain  nous  apprend  ces  faits.  11  eft 
imprimé,  6c  fe  trouve  après  les  pièces 
qui  terminent  notre  E/Tai;  ainfi  il  fufKc 
d'en  rappelier  plufieurs  articles  ,  de  de 
faire  quelques  remarques  auxquelles  il 
donne  lieu.  La  multitude  de  legs  Ôc 
d'ocdonnances  que  contient  cette  pro- 
duction teftamentaire,  prcfente  quelque 
chofe  de  frappant.  Ouverte  ôc  lue  après 

payant.  J'ai  cité  dans  TElTai  un  Nicolasle  Jîeau^ 
mier  qui  donna  ic  fols  de  rente.  V.  EJfaip.  7. 
On  pourroit  en  ajouter  plufieurs  autres.  Je  nom- 
me feulement  une  veuve  Guillaume  Langlois , 
qui  vers  14-77  acheta  le  droit  de  fe  faire  enter- 
rer dans' l'Eglife  iio  fols  parijis  qu'elle  paya  en 
(kft:ç  ducats  j  ti-n  falnt  ^  demi  noçle  Usnri, 


îSS       H  I  s  TO  iRE    C  R  I  T  I  C^U  H 

la  mort  du  Tellateur ,  elle  put ,  par  fa 
forme  comme  par  fes  détails  ,  faire  l'ad- 
miration ou  rétonnement  de  ceux  qui 
la  virent.  Néanmoins  examinée  avec  at- 
tention ,  de  le  prix  mis  a  chaque  chofe  , 
on  a  lieu  de  revenir  de  cette  furprife 
qu'un  long  ôc  minutieux  détail  occa- 
fionne.  Si  le  teftament  eft  immenfe  pouiè 
fon  étendue  ,  il  neTefl:  pas  pour  la  quoti- 
té de  la  fomme  à  laquelle  le  montent  êc 
les  legs  &  les  ordonnances.  Et  quoique 
le  Tertateur ,  moins  riche  de  beaucoup 
qu'il  ne  penfoit  l'être  ,  eût  excédé  en 
legs  au  point  qu'il  embarraifa  quatre 
des  principaux  légataires  ,  lefquels  fe 
renvoyèrent  les  uns  aux  autres  la  charge 
de  l'exécution  (  ^  ) ,  cependant  dans  le 
tout  même ,  il  ne  faudroit  pas  recourir 
au  myftere  de  la  pierre  philofophale ,  ôC 
bien  moins  par  conféquent  par  les  ar- 
rangemens  que  l'on  prit.  La  preuve  de 
ceci  confifte  dans  un  examen  que  j'ai 
d'autant  plus  lieu  de  mettre  ici  fous  les 
yeux  que  je  fuis  accufé  d'une  efpece  de 
fupercherie  par  le  critique  littéraire. 
Cet  Auteur  prétend  que  j'ai  tu  les  fon- 

(a)  On  lit  dans  une  Sentence  du  Châtelet  du 
10  Juillet  1416  ,  Apres  que  lefdits  quatre  Légatai- 
res ont  offert  l'un  à  C autre  à  latffer  le  fais  6* 
charge  de  ladite  exécution  &c.  Et  encore  àgrant 
paines  fe  peuvent  &  pourront  faire  &  entretenir 
les  charges  ^  &c.  quelles  feront  accomplies  félon 
la  valeur  &  faculté  des  biens  démonrés  du  déch 
dudit  défunte 


©E  NîÇO  t  A  s  Fl  A  ME  r..  189 
dations  de  Flamel ,  de  peur,  dic-il,  que  ^ett.^.ajy, 
leur  énumération  ne  fit  ouvrir  les  yeux  au 
Lecteur  fur  les  mauvaifes  raifons  quQ]  ap- 
porte pour  prouver  que  tous  les  biens  de 
Flamel  employés  à  ces  fondations ,  na- 
raient  été  puifés  que  dans  fon  écritoïre. 
Jamais  je  ne  penfai  a  cette  fraude  :  elle 
m'eût  été  très-inutile  puifque  je  donnois 
moi-même  le  teftament ,  qui  par  fa  pu-!' 
blication  ,  devoir  être  un  argument 
contre  moi.  J'ajoute  que  c'eft  la  feule 
vue  d'abréger  qui  m^a  conduit ,  voici 
cet  examen. 

Les   Ordonnances  du   teftament    de 
Plamel  préfentent  trois  objets.  Les  legs 
une  fois  payés  :  les  rentes  a  vie  qu'éta- 
blit le  Teftateur  :  les  fondations  à  temps 
&c  perpétuelles.  Pour  acquitter  les  legs  , 
il  falloir  de  l'argent  comptant.  Quant 
aux  rentes  à  vie  &  aux  fondationsjles  re- 
venus y  furent  deftinés  :  or  la  preuve 
que  l'Ecrivain  ,  fans  avoir  polTédé  des 
.richefTes  aulîi  confidérables  qu'on  le  pen- 
■fe  à  une  fimple  ledure  du  teftament,  a 
-pu  laiiTer  aftez  d'argent  pour  facisfaire 
aux  legs  5  fe  tire  ,  foit  d'une  courte  fup- 
putation ,   foit  de  la  manière  dont  ou 
'  acquitta  le  teftament. 

La  fupputation  a  été  faite ,  & ,  fans  la 
détailler ,  j'invite  le  Leéleur  à  la  faire.  Il 
■trouvera  que  tout  ce  qui  s'eft  dépenfé 
■pour  l'acquit  de  ces  legs  6c  de  ces  ordon- 


190  HiTOiRE  Critique 
nances  ,  a  pu  monter  alors  environ  à 
1440  livres  parifis  ou  1800  livres  tour- 
nois ,  Se  certe  fonime  comprend  tout  ce 
qui  a  du  s'acquitter  indépendamment  de 
ce  que  le  Tellateur  avoit  laiiTé  d  vie  ou 
perpétuellement.  Ainii  un  don  fait  par 
l'iamel  de  dix-neuf  calices  d'arc^ent  doré 
(a)  pour  autant  d'Eglifes  ;  une  efpece 
d\aumône  laiiféeà  chacun  des  hôtes  qui 
occupoienc  fes  maifons  ,  [  ^  ]  .&  encore 
300    livres    tournois  qui   furent  payés 

(a)  Les  Calices  qui  furent  donnés  félon  la 
Yoionré  de  Flamei ,  ne  pefoient  pas  tiois  marcs. 
XJn  d^  ces  calices  exiftoit  encore  au  tcms  de  la 
dcllruclion  de  la  Paroilfe  de  iainte  Geneviève 
des  Ardens.  Il  a  été  porté  à  celle  de  fainteMade-  : 
laine.  Mais  comme  il  étoit  inutile  à  cette  Eglife  , 
il  acte  vendu  avec  deux  autres  calices,  qui  en-  : 
lemble  ne  pefoicnt  que  huit  marcs.  C'ell  ce  qui  ( 
m'a  ccé  allure  par  un  des  Marguilliers  qui  étoit 
en  charge  alors ,  qui  s'eft  donné  la  peine  d'en 
vérifier  le  poids.  On  voyoit  fur  celui  qui  venoit 
de  Flamel  j   l'N  «S:  IT,  Il  étoit  doré ,    enrichi 
de  quelques  émaux  ,  &  d'une  forme  alfez  balFe. 

[b]  Suivant  le  détail  qui  fe  trouve  dans  les; 
premiers  comptes  après  la  mort  de  Flamel,  Ici 
nombre  de  fes  hôtes  pouvoit  montera  v^  au  plus. 
On  en  trouve  14  dans  toutes  fes  maifons  des  rues 
faint  Martine  de  Montmorency,  qui  pour  la 
plupart  étoient  louées  par  petites  parties.  Il  y 
en  avoit  quelques-uns  lorfqu'il  mourut ,  dans  fes 
maifons  de  la  rue  Marivaux.  Ainfî  leur  ayant 
laillc  a  chacun  10  fols,  on  peut  compter  fur  une 
fomme  de  ^o  livres  oarilîs  pour  cette  partie. 

On  lit  dans  le  teltament  de  Flamel  deux  arti- 
cles ,  l'un  de  10  fols  lailfés  à  chaque  Chapelain 
de  faint  Jacques  ;  &  l'autre  de  16  fols  aux  Clercs. 
Il  n'y  avoit  alors  à  faint  Jacques  que  quatre  Cha- 
pelains chnrgés  de  l'Office,  &  deux  Clercs  : 
Aiiili  ces  articles  forment  eo  tout  f  Uy.  11  fols. 


DE  Nicolas  Flamei.  191 
comaie  réfidii  ,  félon  l'ordonnance  dix 
tellamenr ,  à  crois  légataires,  dont  on 
aura  lieu  de  parler  dans  la  fuite  \  tout 
cela  eft  compris  dans  les  1 800  liv.  courn. 
ou  1440  livres  parifis.  [a) 

Le  marc  d'argent  valoit  le  18    Mai  Le  Blanc, 
141  8   environ  deux  mois  après  la  mort 
de  Flamel,  9  liv.  10  fols.  Lors  de  l'éxé-    DuC.de 
cucion  de  fon  teftament ,  on  en  fixa  le  noy.  14*1^'. 
prix  à  6  livres   18  fols  tournois.  Or,  par 
une  fupputation  pareille  a  celle  que  l'-on 
a  vue  ci-delTus  pour  le  bien  qui  le  trou- 
va à  la  mort  dePernelle,  le  marc  d'ar-     v.  ^.  54 
gent  étant  a  6  livres  18  fols,  cent  livres  ^^^'* 
de  ce  temps  valent  dans  le  nôtre  (379 
livres  14  fols  2.  deniers  ^.  Et  en  lailTanc 
a  part  les  ^f  la  fomme  de  1800  livres 
tournois  feroit  aujourd'hui  repréfentée 
parcelle  de  12154  liv,  1 5  fols.  Que  l'on 
établiiïe  plus ,  fi  l'on  veut ,  pour  quel- 
*  qu'omifiion  ou  erreur.    Quand  le  touc 
monteroit  environ  A  looo  livres  pour  le 
remps  de  Flamel ,  &  à  treize  ou  14000 

{a)  Cette  fapputation  montre  qu'il  s'en  faut 
<le  beaucoup  que  Flamel  ait  furpalfé  dans  Tes  dons 
les  Rois  &:  les  Princes,  fuivant  le  mot  de /'.ii-^c 
Lenglet.  On  peut  oppofer  ici  les  dons  que  fit  par 
fon  teltament  le  Duc  d'Orléans,  frère  de  Char- 
les VI.  Ce  Prince  mort  en  1407  ,  légua  tant  aux     Annotât, 
pauvres  qa  a  diverfes  maifons  Religieures,plus  après  l'hif- 
de  vingt  mille   livres  tournois  j  &  à  toutes  les  toirc  de  Ju- 
Eglifes  de  Paris  &  d'Orléans,  a  chacune  un  calice  ^s'\a)    d=s 
d'argent.   Le  Prince  donnoit  une  partie  de  fes  ^^^^^^'  f. 

^*     grands  biens 5   l'hcrivain  donnoit  tout  ce  qu'il  ^^^' 

)ii .    polfédoic  &  plus  qu'il  n'âvoit. 


r^i  H I  s  T  o  I  R  E  C  RIT  r  Qu  ï 
livres  pour  nocre  remps,  y  auroit-il  U 
quelque  chofe  de  Ci  frappant  ?  Ne  voir-oa 
pas  fouvenc  des  bourgeois  de  Paris  faire 
des  legs  beaucoup  plus  confidérables  ? 
Si  le  Teftateur  n'eût  pas  occaiionné  tant 
d'éclat  5  s'il  eut  laifTé  feulement  à  un  ou 
deux  endroits  ,  ou  la  même  fomme,  ou 
même  une  plus  forte  ;  à  peine  peut-être 
en  eut-on  parlé.  Tout  le  bruit  vint  fans 
doute  du  grand  nombre  de  perfonnes  in- 
terreiTées  dans  l'exécution.  Cependant  il 
faut  beaucoup  foullraire  de  cette  fomme 
même.  Je  veux  dire,  qu'elle  ne  fe  trouva 
pas  chez  Flamel ,  puifqu'à  peine  en  prit- 
on  le  quart  fur  fon  mobilier. 

Le  bon  Ecrivain,  à  la  vérité  ,  avoir 
affedlé  fes  dettes  actives  de  fon  mobilier 
V.  Tefta-  a  r.icquit  de  Ces  ordonnances.  Mais  en 
ment/.  91.  ^i^j-^j-ji-  cette  claufe  ,  il  n'avoit  pas  bien 
compté  avec  lui-même  *,  de  a  quelque 
fomme  que  fe  foient  montés  (qs  meubles 
&  iijlenciles  (Toflel,  aulTi-bien  que  les  de^ 
niers  d'or  &  monnoye  ^  mentionnés  de 
non  fpécifiés  dans  un  acte  ;  les  exécu- 
teurs teftamentaires  n'acquittèrent  pref- 
qu'en  entier  tous  ces  legs  que  fur  les  re- 
venus :c'eft  ce  dont  on  aura  lieu  de  fe 
convaincre  dans  la  fuite.  On  voit  tou- 
jours actuellement  combien  peu  on  a, 
droit  de  conclure  du  feul  afpecfl  de  tant 
d'ordonnances  ,  que  Flamel  pofledoic 
des  riclieiïes  extraordinaires. 

Un 


DE  Nicolas  Flamec.     i^.^j 

Un  article  du  rellamenc  ,   qui  porte 
une  tondation   en    faveur   de  quatorze 
endroits,  demande  une  autre  difcufîion. 
C'eil   l'examen  d'un  merveilleux  énon- 
cé ,  qui  fe  lit  dans  le  livre  des  figures  da 
Charnier.  On  y  fait  parler  ainfi  le  Philo- 
i^3phe.  Elle ,  Pernelle  ,  &  moi  avons  déjj.  p^^ç  ^^^ 
(  avant  1413.)  fondé  &  rente  quaton^c  . 
Hôpitaux  en  cette  ville  de  Paris  ,  bâti 
tout  de  neuf  trois  Chapelles  ,  décoré  de 
grands  dons  &  bonnes  rentes  fept  Eglifes , 
avec  plujieurs  réparations  en  leurs  cyme^ 
tieres  j  outre  ce  que  nous  avions  fait  à 
Boloigne  _,   &c.  Il  eO:  fâcheux  que  le  ré- 
dacteur de  rhiiloire ,  ou  au  moins  celui 
qu'il  a  copié  ,  n'ait  pas  défigné  les  noms 
de  tant  de  lieux  pour  lefquels  le  riche 
hermétique  avoit  prodigué  (on   or.  li 
nous  eut  inftruit  ;  mais  comment  i'aix- 
roit-il  fait  \  Il  ne  parloit  certainement 
que  fur  des  bruits,  qui  nés  après  Flamel, 
depuis  lui  avoient  toujours  écé  croifTans  : 
de  on  n'a  pas  à  aller  chercher  bien  loin 
la  manière  donc  on  a  multiplié  ces  mer- 
veilles ;  elle  fe  trouve  dans  Borel  même. 

Le  livre  des  figures  fait  mention  de 
quatorze  Hôpitaux  fondés  &  rentes  par  le 
mari  éc  la  femme  j  &  l'Antiquaire  , 
ébloui  de  tant  de  beaux  faits  ,  voit  ces  --i%. 
objets  doublés.  Il  dit  que  les  effets  de  ce 
que  raconte  Flamel ,  prouvent  la  vérité 
de  ce  qu'il  écdt  y /çavoir  quatorze  Eglifes 

1 


194    Histoire  Critique 

&  AUTAN r  d'Hôpitaux  qu'il  a  rentes  & 
fondes.  Riche  mukiplication,  qui  pour 
"quarorze  donne  vingt  -  huit.  Si  quelque- 
fois on  le  fert  du  p!us  pour  prouver  le 
lîioins  5  il  n'en  efl:  pas  ici  de  mcme.  Le 
plus  ajouté  au  narré  hermétique,  eft  une 
preuve  claire  de  ce  que  les  récits  diffé- 
•  rensont  fuccellivement  ajouté  aux  véri- 
tables œuvres  de  lEcrivain.  Amplifiées 
long- temps  avant  le  Gencilhomme  Poi- 
tevin ,  celui  ci  les  aura  enflées.  On  voie 
■que  B  >rel  le  fait  à  fon  tour.  Ainfi  en 
fait  de  chof.s  merveilleufes  ,  ôc  fuwa» 
liérement  en  fait  de  richelies  ,  la  renom- 
mée augmente  toujours  ,  vires  acquirit 
eundo. 

Quant  au  Cririque  Littéraire  ,  qui 
fuit  la  multiplication  faite  par  Borel ,  &r 
qui  le  copie  dan=  fon  récit ,  il  a  changé, 
fans  peut-être  s'en  être  apperçu  ,  la  par- 
ticule conjoncfkive  &  en  la  conjonélion 
disjondive  o:i.%on  Auteur  dit  que  Fia- 
f_  ^V"  ^-  mel  a  fcndé  &  rente ,  ôc  deux  fois  il 
' écni  foiidz  ou  rente.  Nouvelle  indudion 
à  l'erreur  pour  ceux  qui  ne  liront  que  la 
lettre  du  Critique.  Tel  rente  un  Hôpi- 
tal ,  qui  ne  l'a  pas  fondé.  Mais  ramenons 
les  chjfes  au  vrai  ;  le  texte  du  teft^menc 
nous  y  conduit. 

L'Ecrivain  fait  par  fon  teftament  uti 
legs  à  quatorze  endroits,  qui  étoient  , 
tant  des  Eglifes  Paroillîales,  que  des  Hô» 


*57 


bïNicolasFlamel.    195 

pitaux.  Ces  lieux  font  nommés  cfe  fuite 
dans  le  teftamenc^  de  le  legs  que  leur  fait 
le  Teftareur ,  eft  une  perire  rente  de  dix 
fols  parifis  par  année  a  chacun.  La  rente 
n'eft  pas  gratuite  ;  elle  elt  donnée  à  l'in- 
tention d'une  iMeire  qui  doit  être  célé- 
brée tous  les  ans  dans  S.  Jacques,  par 
un  Chapelain  de  chacun  de  ces  lieux. 
N'elt-il  pas  vifible  que  cette  Ordonnan- 
ce ,  qui  a  eu  fon  exécution ,  eft  la  fource 
du  bruit  qui  s'efl:  répandu  que  Flamel 
avoir  fondé  &  rente  quatorze  Eglifes  Se 
autant  d'Hôpitaux  ?  Le  tellament,  confi- 
dérable  en  lui-même  ,  par  lequel  le  Tef. 
rateur  donnoit  à  l'Eglife  tour  fon  bien  , 
fit  du  bruir.  Il  fut  commenté;  on  y  ajou- 
ta. Combien  de  récits  enflés ,  d'hiltoires 
ajuftées  par  des  imaginations  vives  ÔC 
créatrices  n'entendons-noub  pas  tous  les 
jours  }  On  parla  des  quatorze  Eglifes  ôc 
Hôpitaux  que  l'Ecrivain  avoit  grarifiés 
d'une  fondation.  Les  Comptables  de  l'E- 
glife de  S.  Jacques  l'ecrivoient  parmi  les 
articles  de  leur  dépenfe  :  A.a-es  mifis  di  Da  QaTc.^. 
quatOT\e  MeJJes  baffes  ordonnées  être  di-  ^^  ^■"^'^  * 
tes ,  , . ,  ou  mois  de  Novembre  en  lidite 
Eglife  à  VA'ttel  S,  Climent  par  les  gens 
des  E^liCes  &  Hôoitaux  ci- après  décUrés  y 
&c.  Tous  les  ans  cette  troupe  afl^ez  re- 
marquable de  Chapelains  rep-'-roilToit. 
Cependant  combien  de  eens  i^noroienr 
ce  qu'il  y  avoic  de  vrai  dans  la  fonda- 


1^6  Histoire  Critique 
tion»  ^  Te  mèloientd'en  parler?  C'ctoîc 
un  aéle  de  reconnoiiîance  des  dons  im- 
menfes  que  Flamel  avoir  fait  aux  en- 
droits d'où  v^noienc  les  Chapelains.  Il 
en  étoit  le  fondateur ,  il  les  avoir  riche- 
ment dorés.  C'ell  ce  qui  fe  difoir,  com- 
bien de  gens  le  croyoient  de  le  répé- 
toient^  La  Chevaler^ç  Ta  cru  ,  3c  l'a  ré- 
pété a  (on  tour, 

II  eft  remarquable  ,   que  de  tant  de 
lieuM    défignés  dans  l'endroit  rapporté 
ci-delTus ,  l'Auteur  fait  feulement  nom- 
mer à  fon  Héros  hermétique  le  lieu  de 
Boulogne,  Ce  qui  a  été  dit  fur  ce  lieu 
v.f.  S9r  dans  la  première  Partie ,  fert  à  montrer 
quel  jugement  il  faut  porter  fur  les  au- 
tres eiiûLoits  qai  ne  font  défignés  qu'ea 
^.général.  Ajoutons  cependant  que  fi  Fla- 
mel a  fait  quelque  part  du  bien  dont  U 
connoiffance  foit  perdue  ,  ce  peut  ètr^ 
quelque  rente  de  dix  fols ,  ou  quelque 
I  etite  pa  tie  de  bâtiment ,  dont  la  ténui- 
té en  a  f  it  perdre  la  mémoire, 6:  dont  le 
tout  5  femblabîe  à  ce  que  j'ai  déjà  expo- 
fé,  ne  paiFa  jamais  les  forces  du  riche 
pcrivain, 


DÊNiCOIAs'FtAMEt.      Î97 


CHAPITRE     IX. 

Suite    du    Tejlament  de  FlameL 

LE  teftament  de  Flamel  préfente  en- 
core quelques   fairs   qui   méritent 
qu'on  s'y  arrête.  Perneile  avoit  réglé  par 
1-e  fien  la  dépenfe  du  dîner  du  jour  de 
fon  enterrement  ;  le  mari  fit  la  même 
chofe  :  c'étoit  apparemment  alors  un  ar- 
ticle ufîté  dans  les  teftamens.  Le  Telia- 
t^ur  dit  donc  :  Item  à  fes  voijîns  quife-     '^*-^-  t- 
ront  compagnie  au  fervicepour  aller  boire  y  ^  ' 
eu  difner  comme  bon  leiirfemblera  &  prier 
pour  lui  ,  4  livres  parijis,   Perneile ,  ce 
femble,  a  didé  fon  article  d'une  ma- 
nière plus  civile.  Quoi  qu'il  en  foit ,  Tu- 
fage  d'un  iîecle  Se  une  coutume  établie  , 
adoucit  ou  rend  permis  ce  qu'un  autre 
ufage  ou  un  autre  (iecle  regarde  comme 
gro(Iier&  incivil.  Ainfivers  1404,  deux  Descomp^ 
Libraires  qui  vendirent  des  livres  à  l'E-  tes  de  1404 
glife  de  S.  Jacques ,  ne  fe  trouvèrent  ^  ''^^"* 

f»oint  infultés  d'une  petite  fomme  que 
'on  préfenta  a  chacun  pour  du  vin.  L'un, 
nommé  Jean  d'Orenge  ,  qui  avoit  vendu 
par  lui-même  un  livre  appelle  Demi- 
tems  y  8  livres  parifis,  reçut  14  fols  cotés 
pour  le  vin  d'icelui  d'Orenge.  L'autre 
avoit  vendu  un  Graduel  42  florins ,  efti- 
més  3  3  livres  1 2  fols  parifis ,  &  on  lui 

Liij 


19^       H  I  s  T  OI  RI    C  R  I  TIQU8 

donna  i8  fols  pour  {on  vin.   Qu'eufTênt 

dit  les  Cramoifi,  les  Léonard,  lesThier- 

ri  ,  les  Coignard  ,  les  Defprez  ,   &c.  a 

i'afpedl  d'une  offrande    ainfî  motivée  3 

ôc  que  diroient  leurs  fucceffeurs  ?  Les 

Jurés  -  Crieurs   de   notre    temps    vou- 

droient-ils  aulîi  renouveller  la  finauliere 

coutume  a  laquelle   les   oblige  ,    fous 

peine  d'amende  ,  une  Ordonnance  de 

ch?vit  VI  Charles  VI.  de  141 5  ?  Elle  veut  que  les 

pouriavil- Cr'ieurs  j  munis  de  leurs  fonnettes  ,  ac- 

Biic.'^^Go-  compagnent  le  convoi  de  leur  confrère 

thjque/ol.  décédé,  comme  auili  celui  d'une  femme 

**'*  de  Crieur  ;  que  deux  d'entr'eux  auprès 

du  corps,  foient  charges  l'un  d'un  pot 

de  vin  ,  6c  l'autre  d'un  beauhannap  (  avec 

une  belle  touaille  blanche) pour  donner  à 

boire  à  tous  ceuv  qui  porteront  le  corps  ; 

Se  que  dans  le  chemin  ,  arrêtés  a  chaque 

carrefour,  le  corps  pofé  fur  deux  tré^ 

taux ,  CCS  deux  offrent  du  vin  à  ceux  qui 

là  feront  préfens, 

^  Une  cérémonie,  qui  de  même  a  quel*- 

qiie  chofe  de  fingulier  pour  nous  ,  eft 

celle  à  laquelle  Flamel  oblige  fa  bonne 

Chamberriere  Margot  la  Quefnelle.  Sera 

Tcft.  p.  tenue,  dit  le  dévot  Maître ,  ladite  Margot 

*-84'  chacun  fume di  de  tan  après  vefpres  com^ 

mencées  de  avoir  à  fes  defpens  durant  fa. 

vie  y  6'  tenir  en  fes  mains  ou  autre  femma 

de  par  elle ,    a    genoux   devant  V imagé 

iV.  D.  en  VEglife ,  cinq  chandelles  de 


ÔENlCÔlAsFtAMEt*      t<)9 

cire  de  un  denier  la  pièce ,  ardens  jufquà 
la  moitié  ou  environ.  Et  à  chafcune  des, 
fejles  de  N,  D.  à  la  grant  MeJJe  ,  quinze 
(elles  chandelles  femblablement  ardens* 
Et  après  les  offrir  &  attackier  devant  la* 
dite  image  en  priant  Dieu  &  N.  D,  pour 
ledit  Tejïateur.  La  pieufe  pratique  de 
faire  brûler  des  cierges  devant  l'image 
de  la  fainte  Vierge  ,  eO:  encore  en  ufage  j 
mais  aujourd'hui  une  domeftique  mê- 
ine,  fur-tout  ,de  l'efpece  de  Margot  la 
Quefnel ,  qui  dans  fon  état  devoit  pri- 
mer ,  voudroir-elle  parokre  dans  une 
principale  ner  au  milieu  d'un  grand  offi- 
ce, avec  quinze  petits  cierges  allumés? 
C'étoit  l'ulage  du  temps,  Margot  pou- 
voit  même  fe  croire  honorée  de  cette 
cérémonie. 

Flamel  charge  de  plus  fa  domeftique 
de  porter  le  pain,  vin  &  chandelle  aux  fer- 
vices  qui  dévoient  être  célébrés  à  fon  in- 
tention par  fept  ans  &  quarante  jours,  -f^Â/* 
Ces  fept  ans  &  quarante  jours  font  un- 
terme  fixé  par  l'ufage  eccléiiaitique  pour 
les  Indulgences.  Le  Teftateur  l'avoic 
fans  doute  dans  l'efprir  ,  lorfqu'il  ré- 
gla àQS  vServices  pendant  ce  temps  Ji^ 
mité.  Il  a  voit  la  confiance  de  participer 
à  ces  indulgences ,  &  c'eft  la  tout  le  myf- 
rere.  Cependant  Borel,  inflruit  par  \qs 
Alchymiftes  ,  nous  apprend  que  les  cu- 
rieux dans  ce  nombre   d'années  &  de 

liy 


200  HiSTOIRÏ  CrITTQUÏ 
jours  y  trouvent  des  myjleres  chymiques  J 
quils  conjiderent  cesfept  quarantaines  de 
Mejfes  quil  injlitue ,  &  les  dons  qu'il  fait 
i4&''s8.  ^  ^^rgot  QueJJenelle  fa  ferrante,  &c. 
De  quelque  côté  que  l'on  fe  retourne  , 
ces  elprirs  pénétrans  y  trouvent  le  grand 
œuvre.  Sauvai  n'avoit-il  pas  bien  raifon 

*  '^'  ^^'  de  dire  fur  le  même  fujer ,  quoique  vis- 
à-vis  d'autres  objets ,  qu'i/  n'y  a  forte  de 
rébus  fculpés  dans  les  hglifes  quils  n  in- 
terprètent ^  &c?  Us  n'avoienr  donc  gar- 
de de  ne  pas  interprcrer  au/îi  à  leur  ma- 
nière le  teftement  de  l'Ecrivain  ;  èc  Bo- 
rel ,  comme  je  l'ai  dit,  n'a  pas  manqué 
de  l'infcrire  dans  fa  Bibliothèque  chy- 
niique. 

-  Adarguerite  la  Quefnel  ,  gouvernante 
de  coniiance  de  Flamel,  a  paru  ci-deflus 
jointe  aux  Marguilliers  de  S.  Jacques , 
dans  la  concluiion  du  procès  pour  la 
rente  fur  Robin  Violette.  Flamel  avoir 
mis  cette  chambrière  au  rang  des  exécu- 
teurs de  fon  teftament.  AppelUe  &  pré^ 

Teft.  f.  fente,  dit-il ,  Margot  la  Quefnel 

^  ^^''  laquelle  le  dit  'Tejlateur  commit  &  com- 
met au  fait  de  ladite  exécution  &  comme 
exécutereffe  avec  lefdis  exécuteurs  ,  &c^ 
Marguerite  s'acquitta  de  cette  charge 
jufqu'd  fa  mort ,  comme  on  le  verra  dans 
la  fuite.  Elle  furvécut  quelques  années 
à  fon  cher  Maître,  &  elle  fe  maria.  Ce 
fut  un  fécond  mariage  :  en  effet,  on  voie 


DE  Nicolas  Fla  M  Et.    20  r 

par  le  teftament  de  Flamel ,  qu'elle  avoir 
déjà  une  fille  qui  s'appeWok  Collette  ,  ôc 
fans  doute  que  le  nom  de  Ton  premier 
mari  étoit  QiiefneL  Selon  l'ufage  de  ces 
temps,  on  diltinguoir  une  femme  ,  ea 
ajourant  au  nom  de  fon  iriari  l'article  la  : 
ainfi  on  diioit  Jeanne  la  Potière ^  d  caufe 
de  fon  mari  Pierre  Potier^  (a)  &  Jeanne 
la  Taille  fer  ,  comme  femme  de  Jean 
Taille  fer  y  (/»)  de  même  Marguerite  la. 
QiiefneL  Celle-ci  en  fe  remariant,  agit 
contie  la  volonté  connue  de  fon  maî- 
tre, qui  en  lui  lailTant  une  rente,  dit  ex- 
prelTément ,  en  telle  manière  que  ladite 
Margot  ne  foit  point  mariîe.  Et  mênie 
elle  ne  tarda  pas ,  puifque  des  le  27  Mars  ^'"n« 
141 5)- 20  5  elle  eft  appellée  dans  un  adte  .juchâtdcc 

{a)  On  a  lu  ci-delTus  l'infcription  que  P/>n'^  i^i/avauc 
Votier  a  fait  pofer  ài'Aicade  des  Charniers  qu'il  pLues, 
fiL  bâcir  en  13^7.  11  y  joignic  i'épicaphe  ùc  fa 
femme  que  voici  ;  Cy  repoje  Femelle  la  Poiiere  , 
jadis  femme  de  Pierre  Potier  Pelletier  &  Bour- 
geois de  Paris  3  qui  trefpajfx  l'an  de  grâce  1557  , 
le  8  jour  de  Juin.  Priez.  Dieu-  pour  elle  ^  &  dlies 
un  Pater  noficr  &  Ave  Mari.i  s  il  vous  plaijf. 

[b]  Celle-ci  s'appelloir  Jeanne d\imiens ,  com- 
me on  le  voit  par  fonépitaphe  qui  cft  rapportée 
dans  l'Elfaiîpage  i6S.  Néanmoins  un  petit  i  egifî^c 
qui  y  eft  cité  plulieurs  fois,  faifant  rnention  de 
la  fondation  faite  par  cette  femme  ,  dit  :  Jeanne 
la  Taillefer  a  fondé  une  MeJJe  haute  .  . .  Les  re?iiës 
données  pour  cela  ont  été  perdues ,  6v.  C'eft  ce 
nom  du  mari  donné  à  la  femme,  quia  occa- 
fionné  une  faute  qui  fe  trouve  à  la  page  2^«, 
del'ElTai,  où  Ton  a  écrit  Jeanne' Taillefer  ^  an 
lieu  de  Jeanne  d' simiens.  On  a  voit  alors  fous  les 
yeux  l'extraie  du  petit  regître. 

1  V 


loi     H  I  s  T  O  I  R  E     C  Jl  I  T  I  Q  U  E 

femme  Maclou  Rallier,  Au  refte ,  cette 
infradtion  de  la  claufe  gênante,  appofée 
par  fon  IVlakre,  ne  paroît  point  lui  avoir 
nui.  Elle  continua,  comme  je  l'ai  dit , 
à  s'entremettre  de  l'exécution  àes  autres 
parties  du  teftament.  Il  Faut  croire  qu'el- 
le y  hit  plus  lîdele  qu'à  celle  qui  l'avoic 
regardée  perfonnellement. 

Après  avoir  fait  remarquer  le  bas  prix 
de  tant  de  chofes  ,  ce  feroit  ennuyer, 
que  de  s'arrêter  à  celui  auquel  le  tefta- 
ment  fixe  certains  draps  deftinés  par 
FLimel  a  vctir,  foit  des  pauvres  ,  foie 
des  Prêtres,  des  Clercs  &:  des  Religieux. 
Du  drapa  i  jl  fols  parifis  l'aune  pour  les 
pauvres.  L'autre  forte  à  i  livre  4  fo's  pa- 
rilis  pour  les  Ecclélialliques  oc  les  Reli- 
gieux [a).  Celui  ci  devoir  être  bleu 
brun.  Ainfi  le  noir  n'étoit  pas  comme 
aujourd'hui  affedté  aux  Eccléliadiques  j 
ils  portoient  du  brun  :c'eil  ce  qu'on  re- 
marque encore  à  d'anciennes  peintures 
[  ^  ].  Le  Teftateur  deftine  le  drap  des  Ec- 

(  /ï  )  Le  drap  noir  ,  qui  en  1416  fervir  à  habil- 
ler de  deuil  .Mr  Charles  de  Bourhcn  ,  pour  la  mort 
du  Duc  de  Berry  ,  coûta  ?  livres  10  folsrournois 
J"ai:Ine.  uh^^-aations  après  Ihijïoire  de  Ch^rL's  VI. 
de  ]ftven^il  des  Vrjîns  ^  page  779. 
V.  l'S.  p.  ^  [  è]  Il  a  été  parlé  dans  lEiTai  fur  fain:  Jacques, 
'»^*  d'une    ancienne    baniere    de   la   Confiairie   de 

laint  Nicolas,  où  l'on  voit  des  Clercs  repréfen- 
tés  avec  un  furplis  retroullc  par-devant.  Cette 
baniere  donne  lieu  de  penfer  que  l'on  portoic 
alors  indiiFcreinmem  des  foutancs  brunes  ou  noi^ 


DeNicOLXsFlAMEI.      10^ 

cléfiaftiques  de  des  Religieux  à  faire  d^s 
houppelandes  pour  eux  vejlir  :  ou  c'étoit 
une  forte  de  manteau  ;  ou  on  ne  parloic 
point  encore  de  foutanes. 

Outre  la  grande  quantité  de  cqs  pau- 
vres auxquels  l'Ecrivain  fait  d^s  dons  , 
il  y  a  une  fondation  particulière  en  fa- 
veur QQs  pauvres  aveugles  des  Quinze- 
Vingts  :  on  peut  la  lire  dans  le  tefta- 
ment.  Elle  établit  une  efpcce  de  cérémo-  ^.ss. 
nie  imaginée  peut  être  par  un  peu  defm- 
gularité.  C'eft  une  Proceflion  de  treize 
aveugles  ,  précédés  d'un  Clerc  portant 
la  Croix,  &  conduits  par  un  Prêtre  de 
l'Hôpital  5  chargés  de  venir  à  S.  Jacques- 
chaque  mois  de  l'année.  Si  en  cela  Fla- 
mel  n'imita  pas  une  cérémonie  déjà  uii- 
tée  ,  comme  il  y  a  quelque  lieu  de  le 
croire ,  la  chofe  dut  donc  fe  faire  re- 
marquer ,  &  donner  lieu  de  célébrer 
&:  d'entier  même  \qs  richeffes  du  fon- 
dateur. Néanmoins  Thonorairequerem- 
portoir  toute  cette  compagnie  ,  n'é- 
toit  pas  auili  confidérable  qu'on  pouvoit 
fe  Timaginer.  A  chaque  fois  on  lui 
dillribuoit  deux  livres  fept  fols  parifis# 

res.  On  y  apperçoir  placeurs  Prerres  &:  plulîcurs. 
Ckics,  donc  les  uns  font  en  noir,  &:  J-s  autres 
en  brun  ,  cirant  far  la  couleur  de  marcn.  J'ai  re- 
marqué clans  un  ancien  livre  d'Office  ,  un  Prêtre 
en  foutane  approchant  du  bleu,  ayant  un chs* 
perou  nou  fui  Ton  bras, 

Ivi 


204  Histoire  Critique 
Le  détail  du  cérémonial  qui  s'obfervoît 
dans  les  premiers  temps  de  l'acquit  de 
cette  fondation,  s'eft  confervé  dans  un 
ancien  regilhe:  il  fe  trouve  d  la  fin  des 
pièces. 

Le  teftament  vers  la  fin  porte  une  claufe 

finguliere  ;  étoit-e!le  infolite?  Le  Tefta- 

teur  défend  d'aucune  choje  muer  ou  faire 

au  contraire  par  impétration^  difpenfation 

de  Pape ,  de  Roi ,  de  Prélats  ou  autres  , 

tcc.  Quoi  qu'il  en  ait  pu  être  alors  de 

cette  claufe  ,  elle  découvre  la  volonté 

ferme  où  étoit  le  Teftateur  de  rendre 

ftables  Çqs  Ordonnances.  Il  les  avoit  fans 

doute  bien  méditées;  il  en  avoit  même 

dreffé  différens  modèles  ,  dont  il  refte 

C'A  un  encore  quelque  veftige.  Il  avoit  pristou- 

papL?  q"Ji  ^^s  ^^s  précautions  nécefiaires  pour  que 

enveiop-     fon  intention  fût  accomplie  :  mnis  com- 

roic  un  n  j-'  •  •       •      i 

fccau.  ï^"*^  celle  qu  li  avoir  principalement  en 
vue ,  éroit  que  la  totalité  de  fes  biens  fût 
employée  en  œuvres  pies  ,  Flamel  dans 
la  crainte  peut-ctre  que  qaelqu'aurorit© 
n'annullât  fes  difpoficions  ,  ajoute  qvCen 
ce  cas  &  non  autrement  ^  tous  les  Hôpi- 
taux &  Eglifes  qu'il  avoit  défignés,  par- 
tagent fes  biens  par  égale  portion  ,  &  les 
converciflent  c'5  œuvres  &  foujlennemens 
de f dis  lieux. 

Il  femble  qu'il  craignoit  ce  qui  penfa 
arriver  en  effet  \  que  fes  biens  ne  tombaf* 
fent  dans  le  fifc  par  droit  d'aubeine.  II 


Dï  Nicolas  FlImei^  105 
n'appercevoit  pas  fans  douze  de  parens 
qui  puiTenc  fe  préfenrer  pour  hériter: 
néanmoins  en  cas  qu'il  en  parût ,  &C 
toujours  ferme  dans  fa  réfolution  de  tout 
donner  aux  pauvres  &c  aux  Eglifes,  il  fait 
un  legs  de  40  livres  parifis  en  argent  à 
fes parens  Ji  aucun  en  a  qui  fe  voudroient  ^  Tcft.;v 
dire  f es  héritiers  pour  une  fois  à  tous  en- 
femble  :  mais  il  ne  s'en  préfenta  pas  vrai- 
femblablemenr ,  puifqu'onze  années 
après  la  mort  du  Teftateur,  le  onze 
d'Avril  1419  (^),  il  nètoit  encore 
apparu  aucuns  fe  difants  parents  de  Fia- 
met  pour  recevoir  le  legs  de  40  liv.  par. 
Ce  font  les  termes  d'un  r.de  dont  j'aurai 

{a.)  C'cft  ce  que  porte  une  fentence  du  Prévôt 
de  Paris  de  certe  année  1419  ,  &  du  11  Avril  après 
Mifericordia  Dointni  y  c'eil-a-dire  ,  après  Pâques 
&  après  le  Dimanche  du  bon  Pafteur  ^  dont  l'in- 
troïre  commence  par  ces  pai  oies. 

11  y  avoic  cependant  a  Paris  un  particulier  qui 
s'appelloit  Jr^^  Flamel.  Celui-ci  ctcit  Secrétaire 
de  Jean  Duc  de  Berri  ,  mort  en  1416  ,  à  qui  il 
avoir  vendu  le  Roman  des  quatre  pis  Haimont  , 
de  RoUnt  &  Olivier  _,  &  pl:tj:euys  autres  ejaits  de 
lettre  de  compte  ,  pour  ^o  francs.  C'eft  ce  qui  fe  ^-  ^  »,  P* 
lit  dans  l'Inventaire  des  Livres  de  ce  Prince,  '^^  j^}.^^' 
donné  par  le  Laboureur.  uoànCuon, 

On  Ut  aull'i  le  nom  de  J^^;7  Vlamel  dans  les  An-       Hiftoire 
notations  placées  après  l'hiRoire  de  Charles  VI,  de  Charles 
&  qu'il  fut  habillé  de  deuil  pour  la  mort  de  fon  ^^-  [^'-J^^** 
maître.  Apparemment  qu'il  n'étoit  point  parent  ^'  '^''^* 
ie  Nicolas  j  ou  qu'il  mourut  avant  1418.  S'il  étoit 
parent  de  notre  Flamel ,  le  volume  vendu  a'i  Duc 
de  Berry  ,  pouvoir  bien  ctre  forri  du  magafin  de 
livres  du  Libraire  de  l'Univerlicc. 


io6  Histoire  Critique 
lieu  de  parler  dans  la  Partie  fuivanre. 
On  verra  dans  cette  dernière  partie  le 
détail  des  affaires  de  la  fuccelîion  de 
l'Ecrivain  :  il  fournira  des  faits  6c  des 
difcullions  qui  pourronc  encore  intérelfer 
le  Ltdleur. 


DE  Nicolas  Flamel.     207 

^'Vife^a  rvî5t>s  f<i5î>i  f<i5*>^  ^vi$«>^  f<*$î>-.  fv4i>tîi* 

':^   ;;:8<^;:;^   0^^    >5^.^i^    ^^^   >m^   ^\ 


^^ 


4^ 


fô<^1^ 


^^^Tjrv^  î^^l^  î^Tjjfvj  î^;^ 


'ÙO'Ù 


TROISIEME   PARTIE. 


CHAPITRE     PREMIER. 

Fin  de  V exécution  du  Tejlament  de  Fer^ 
nelle, 

SI  nous penfons  que  le  Ledeur  puifîe 
s'intérelfer  aux  faits  qui  vont  être 
expofés  dans  la  troifieme  Partie  ce  l'Hif- 
toire  de  Flamel ,  c'ell:  toujours  avec  la 
réferve  que  ces  faits  ne  deviennent  cu- 
rieux la  plupart  que  par  la  grande  diftan- 
ce  où  ils  fe  trouvent  par  rapport  â  nous» 
Plus  de  trois  liecles  font  un.  rems  con- 
/idérabîe  :  les  moeurs  ,  les  coutumes  ont 
beaucoup  changé.  On  lit  fouvent  avec 
fatisfaClion  le  récit  de  chofes  très-fim- 
ples  dans  les  voyageurs  :  l'éloignemenr 
du  lieu  leur  donne  un  mérite  ,  major  è 
longinquo  reverentia^  dit  Tacite.  N'en 
feroit-il  pas  de  même  de  ce  que  nous 
allons  parcourir  ?  Les  ufages  de  nos  An- 
cêtres, des  fairspalfés  anciennement  dans 
le  pays  où  nous  vivons,  feront  pour  nous 
comme  ceux  d'une  autre  région  ;  peur- 
ctre  même  nous  intérelTeront-ils  d'avaix- 
t.ige. 


io8    Histoire  Critique- 

Tant  que  Flamel  vécur,on  ne  put  ter- 
ininer  l'exécution  du  tertamenr  de  Per- 
nelle ,  a  caufe  du  don  mutuel  dont  on 
avoir  accordé  la  jouilTance  à  fon  mari. 
On  y  procéda  dès  qu'il  fut  mort  :  ce  Fut 
même  une  des  premières  occupations 
des  Exécuteurs  de  l'un  &c  de  l'autre  tef- 
tament.  Nous  commençons  par  ces  affai- 
res latroifieme  Partie  de  cet  Ouvrage. 

C'^eft  un  trifte  appanage  de  tout  ce 
que  l'on  appelle  biens ,  d'occafionner  des 
difputes  &c  des  troubles.  Nous  avons  été 
fpedtateurs  de  ceux  qui  s'élevèrent  à  la 
mort  de  Pernelle  entre  le  beau-frere  ÔC 
la  belle-fœur.  Dans  peu  fe  préfentera  un 
détail  de  débats  très-vifs  pour  les  biens 
de  Flamel ,  &   l'atfaire  du  teftament  de 
fa  femme  ne  put  être  finie  que  comme 
elle  avoir  commencée ,  je  veux  dire , 
par  de  nouvelles  difcullions. 
,        Les  Parues  ,  dit  une  fentence  âeGil- 
141p.        les  de  Clamecy-y  Prévôt  de  Paris  ,  étoient 
en  voye  d! entrer  en  gr ans  involutions  de 
procès.  C'étoit  pour  certaines  rentes  du 
fondsdePernellequel'on  netrouvoitplus 
en  nature.  Jedirai  dans  peu  cequienétoit. 
On    doit  fe  fou  venir  que    Pernelle 
-avoir   nommé   cinq    Exécuteurs    tefta- 
mentaires ,  à  la  condition  que  trois  de 
ces  Exécuteurs  feroient  nécelfaires  pour 
entériner  fon  teftament  &  ion  codicille. 
Peux   étoient  décèdes  dans  l'efpace  du 


DE    NiCOIAS    FlAMEt.     20^ 

tems  <]ui  s'écoit  écoulé  jufqu'à  la  mort 
de  Flamel  ,    favoir,  le  Curé  de  Saint 
Jacques  Hervey  RouJJeau  j  &  l'Ecrivain 
Jean  Harangier*  Flarnel,qui  éroit  du  nom- 
bre ,  étant  n10rt5.il  n'en  reftoit  plus  que 
deux,  JeanFrançciSj  Tabellion  Impérial, 
&  Rogier  Clojîer  ,  Ecrivain.  Le  23  Mai 
141 8  Tannegui  Duchaftel,  Prévôt   de 
Paris  3  avoir  fubrogé  un  Jean  de  Colom- 
bes 5  Avocat.  Celui-ci  s'étant  abfenté , 
Gilles  de  CiamecijalorsPrévôrjlni  fubfti^ 
tua  le  16  06kohïQ  \  4^1 '^)  A  ne  eau  Chardon^ 
Ecrivain.  C'eft  avec  ces  trois  Exécuteurs 
que  ceux  de  Flamel,   c'eft-à-dire,   les 
Marguilliers  de  faint  Jacques,   travail- 
lèrent à  finir  l'affaire  du  teftamenr,  & 
furent  pendant  quelque  tems  en  difpute. 
Dans  l'examen  de  Tétat  des  biens  du 
don  mutuel  on  apperçut  des  vuides  qui 
firent  douter  de  la  fidélité  de  l'ufufruitier 
dan*;  la  ^eftion  de  ces  biens.  Deux  faits 
inquiétoient  particulièrement  les  Exécu- 
teurs de  Pernelle.  L'un  provenoit, com- 
me il  fut  répondu  ,  d'une  fîmple  inat- 
tention de  Flamel.  Il  avoit  en  commun 
avec  fa  femme  une  rente  de  17  fols  9 
deniers  &  le  tiers  d'un  denier  :  elle  étoic 
hypothéquée  fur  une  maifon  rue  de  la 
CofiTonerie.    M"^    Pierre     le    Guiaut 
Bleu  y  de  la  Prévôté  de  Paris ,  avoir  fait 
mettre  en  criées  cette  maifon  commQ 
vuidc  3    vague  &    inhabitée*    Flamel  , 


tio  Histoire  Crïtiqù* 
n'avoit  pas  manque  de  s'y  oppo^ 
fer  •,  mais  par  inadvertance  il  ohmït  s'y 
oppofer  au  nom  &  comme  Exécuteur  de 
fa  femme.  Pierre  le  Guiaur  profita  de  la 
Sen^ence'^  ^^utc ,  &  par  ce  moyen  ,  eft-il  dir  ,/qy  ef-^ 
de  cranfac-  força  lui  faire  perdre  ladite  rente  ^  &fur 
ce  le  mettre  &  envelopper  en  procès,  La 
fineffe,  fî  Flamel  en  avoir,  comme  il  y 
a  lieu  de  le  croire  ,  ne  put  ici  avoir  lieu. 
Le  Guiaur  étoit  en  place  ,  &  notreEcri- 
vain  fe  crut  obligé  d'encrer  tn  traité.  Il 
le  ^i  par  la  doute  &  crainte  dudit  Cuiaut 
qui  lors  av oit  gr an t  faveur  ^  vuiffance  & 
nid.  domination  ,  <îk  vendit  à  l'Elu  cette  peti- 
te rente  pour  12  livres  tournois.  Tel  eft 
le  premier  reproche  que  l'on  faifoita  la 
mémoire  de  Flamel. 

Un  autre  étoitoccafionnépar  un  tranf- 
port  de  2  livres  8  fols  parifis ,  fait  à  un 
nommé  Vanhouier,  Celui-ci  avoir  fait 
mettre  en  criées  les  héritages  fur  lefquels 
croit  hypothéquée  cette  rente, &  Flamel, 
comme  on  le  voit ,  s'en  éroit  dégarni  : 
mais  on  répondoit  pour  cette  partie  que 
pendant  les  criées  ,  les  héritages  éroienc 
demeurés  en  ruine  &  comme  de  nulle 
valeur  ,  &  que  l'ufufruirier  n'avoir  fait 
ce  tranfport  o^^pour  obvier  a  la  perdis 
lion  d'iceux  ,  (Sec.  Quant  à  l'affaire  avec 
rElû  ,  on  difoit  quïcdlui  Nicolas  navoit 
fait  ou  commis  dol  ou  fraude ,  &  que  tout 
ce  il  avait  foie  de  bonne  foy  &  pour  le 


DE  Nicolas  Flamêi.     ni 

proufa  aujjl  bien  de  V exécution  defadicîe 
feue  femme  ,  comme  de  lui-même  ,  &c*      ^^**^' 

Les  Exécuteurs  de  Pernelle  neferen- 
doientpasà  ces  raifons  ^  ÔC  fe  efforcoient 
d'imfugner.    Cependant  pour   terminer 
l'affaire ,  on  appelle  de  part  &  d'autre  des 
CommifTaires  :  M^'^  Jean  Choan  du  cq^ 
ré  de  Flamel  ,  &  du  côté  de  Pernelle 
Andry  le  Preux  ,  tous  deux  Examina- 
teurs au  Châtelet ,  6c  Commis  d  l'audi- 
tion des  Comptes.  Les  Officiers  accor- 
dent les  Parties  ,  &  il  eft  arrêté  que  \qs 
Exécuteurs  de  Flamel  payeront  la  moitié 
du  produit  de  plufieurs  rentes  dont  le 
défunt    avoir    reçu  le  rachat,   avec   la 
moitié  de   ce  qui  avoit  été  reçu  de  la 
maifon  du  coin  de  la  rue  Marivaulx.  Le 
tour  montoit  à  92  livres  tournois»  On 
promet  déplus  de  tenir  compte  des  ar- 
rérages qui  n'avoient  pas  été  perçus,  & 
de  faire  le  partage  des  rentes  encore  fub- 
fiftantes.  A  cette  occasion  eft  rappelle  le 
montant  de  tout  ce  qui  s'étoit  trouvé  à  la 
mort  de  Pernelle  ,  favoir,  106  1.  16  f.  1 1 
deniers ,  de  même  que  le  partage  de$ 
échoppes ,  de  la  maifon  ,  &  du  feptier 
de  bled.  Et ^ quant  à  ces  deux  derniers 
objets  ,  il  eft  fpécifié  que  la  maifon  eft 
déjà  partie  &  divifie  \  mais  que  du  fep- 
tier de  bled ,  Pierre  Vernal^  fur  les  biens 
duquel  il  efb  hypothéqué  à  Pvofny  ^  n'en 
a  rien  payé  jufqu'alors. 


in    MisToiRE  Critiqué 

Tout  étant  réglé  ,  le  Prévôt  de  Paris 
rendit  une  fentence  en  conformité  le  fa- 
medi  50  Décembre  1419.  Elle  fut  fuivie 
des  partages  qui  fe  firent ,  mais  dont  il 
ne  rerte  qu'une  fentence  portant  contrat 
pour  celui  des  deux  échoppes  :  elle  ei\  da 
27  Mars  141 9  avant  Pâques  5  6c  Mar- 
guerite la  Quefnel  y  eft  nommée  en  qua- 
lité d'Exécutrice  -,  elle  y  èil  qualifiée 
femme  de  Madou  Rallier.  On  tira  au 
fort  ces  deux  échoppes  :  celle  du  côté 
de  la  rue  des  Arfis  échut  à  la  part  de 
riamel  \  l'autre  du  côté  de  la  pierre  au 
lait,  fut  pour  les  Exécuteurs  de  Pernelle. 
Comment  fit-on  la  dépenfe  d'un  con- 
trat particulier  pour  un  fi  foible  objet  î 
Il  y  a  apparence  qu'il  laméritoit  dans  ce 
tems-là.  Si  cependant  il  en  fut  de  même 
de  ces  deux  cabinets,  les  Exécuteurs  ne 
durent  pas  retirer  leurs  frais.  Celui  du 
lot  de  Flamel  fut  prefque  toujours  en 
la  main  de  VEgHfi^  parce  qiion  ne 
trouvait  qui  aucune  chofe  en  vouljit  don^ 
ner  ^  direni4fîi  un  Comptable  qui  en- 
fin l'avoit  loué  en  1459  à  HuiJJon  Goffè 
au  prix  de  8  fols  patifis  chaque  année. 

Il  y  avoit  alors  dans  l'cglife  de  faint 
Jacques  uneConfrairie  des  Selliers-Lor- 
miers  fous  l'invocation  de  faint  Leu  de 
faint  Gilles.  Les  Exécuteurs  de  Pernelle, 
qui ,  aufiî-tôt  après  l'arrangement  des- af- 
faires, entreprirent  l'accompUirement  du 


1 


DE  Nicolas  F  LAME  L.    115 

teftamen:  de  la  défunte,  crurent  devoir 
mettre  en  main  de  ces  Confrères  la  fonda- 
tion qu'elle  avoir  ordonnée,  parce  que  la 
QonhdîÛQ  n  éwit  chargée  ou  obligée  à  au^ 
cunfervice  faire  ne  dire  pour  Les'TrefpaJfés ^ 
Les  Lormiers  acceptèrent  volontiers  cec 
offre,  efpéranr,  difoient-ils,  que  leur  Con^ 
frairiejeroit  ou  tems  advenir  de  plus  gran- 
de fubjlant  ado  n  :  &  pour  pouvoir  s'afTem- 
bler  ôc  coRil:ituer  Procureur ,  ils  en  de- 
mandent la  permifïion  à  Gilles  de  Cla- 
mecy ,  Prévôt  de  Paris,  qui  la  leur  accor- 
de le  Samedi  9  de  Mars  1419-10. 

Simon  Quatrecojles  ,  Jehan  DebuJJy  ^ 
Guiot-Baillemer  y  Jehan  Dieu  le  gart  ^ 
avec  une  quantité  d'autres  Selliers-Lor- 
miers,   joints  à    un   Guérart-  Arnouly 
Tavemier ,  &  auffi  Confrère   de  faine 
Leu  ,  aifemblés  le  1 5  du  même  mois  , 
nomment   pour  Procureurs   dix   d'en- 
tr'eux  ,  parmi  lefquels  on  trouve  ce  Gué- 
rart-Arnoul.  Ces  dix,  fondés  de  procu- 
ration d'accord  avec  les  Exécuteurs  tefta- 
nientaires  de  Pernelle  ,  contractent  le  2. 
Avril  fuivant  avant  Pâques. 

La  fondation  demandée  par  la  dé- 
funte ,  étoit  de  quatre  MelTes  balles  cha- 
que femaine  j  &  comme  les  fonds  le 
permettoient,  les  Exécuteurs  furent  au 
delà,  &:  y  ajoutèrent  un  grand  fervice 
fixé  au  Vendredi  d'après  la  faint  Leu  (5c  ^  - 
feint  Gilles.  On  lie  dans  notre  EiFai  le  ^i    '  ^' 


2T4     Hl  S  TOIR  E    CrIT  I  QUB 

cérémonial  de  ce  fervice.  Quant  aux 
MelFes  bafTes  l'honoraire  en  eft  llatiiépar 
ieconcrat  à  i  fols  parjfis.  Elles  doivent 
être  célébrées  à  l'Autel  faine  Pierre  & 
faint  Paul ,  qui  efi  ou  fera  faic  de  nouvel 
en  ladite  Eglife,  (a)  Le  Chapelain  char- 
gé des  Melfes  ,  élu  par  les  Cjouverneurs 
de  la  Confrairie ,  doit  être  Prêcre  étu- 
dianten  l'UniveJicé de  Paris,  &  le  Curé 
rinftallera.  Les  fonds  alîîgnés  pour  cet 
établilfement  font  31  livres  parifis ,  à 
quoi  fe  montoient  quatorze  parties  de 
différentes  rentes ,  jointes  au  loyer  ou 
rente  hypothéquée  iur  une  moitié  de 
maifon  foimée  par  le  partage  ,  de  fuc 
la  petite  échoppe.  Ces  deux  objets  fu- 
rent prifés  par  les  experts  14  livres  par. 
de  rente.  Déplus,  comme  il  reftoit  en- 
tre les  mains  d^s  Exécuteurs  quelques 
parties,  ceux-ci  les  engagent  pour  fu- 
reté de  ce  qu'ils  abandonnent  aux  Con- 
frères Lormiers.  [/^] 

Aujourd'hui  une  fondation  de  3  2  liv« 
.feroit  regardée  comme  de  peu  de  coll- 
er )  II  paroîrpar  cet  endroit  qu'il  y  avoic  dès 
lors  à  famc  Jacques  une  Chapelle  de  Se  Pierre 
&  St  Paul ,  &  que  l'on  méditoit  de  la  rebâtir  ; 
mais  ce  deifcin  n'a  été  exécute  que  vers  148;. 

[b]  On  voit  par  un  compte  de  141*^  à  1431 
qu'alors  les  Marguilliers  de  faint  Jacques  recc- 
voicnt  encore  conjointement  avec  les  Exécuteurs 
de  Pcrnelle  ,  les  arrérages  d'une  rente  :  les  Mar- 
guilliers 1  livre  ^  fols  4  deniers ,  &  les  Exécuteurs 
X  livres. 


©e'N  I  C  O  t  A  s    Fl  AM  E  t.      IT5 

fcqiience  ;   il  n'en   étoit  pas   de  même 
alors.  C'eftde  là  que  l'on  prit  toutes  les 
pêécautions  poflibles  pour  en  rendre  Téta- 
blifTement  aufli  folemnel  que  ftable.  Il 
fut  réglé  que  les  Maîtres  de  la  Confrai- 
rie  ,  lors  de  leur  inftitution  ,  preteroienc 
ferment  entre  les  mains  du  Curé  ou  pré- 
fenî  ou  advenir  ou  de  fon  Lieutenant,  ; 
Se  ceux  qui  étoient  à  la  conFed:ion  de 
l'ade  ,  frères  &  fœurs ,  étant  obligés  de 
le  faire,  jurèrent  par  leurs  fermens  fais 
folemnellemeni    aus   fains  Evangiles  de 
Dieu.  Ils  s'engagèrent  à  veiller  fur  les 
biens  qu'on  leur  abandonnoit,  a  les  dé- 
fendre ,  &   même  à  les  reftituer  fi  par 
leur  faute  ils  venoient  à  fe  perdrej&c.Én- 
^n^pour  que perpéiuelle  mémoire  en foit  en 
ladite Elgife  faim  Jacques ...  on  ordonne 
qu'il  Jera  fait  un  tableau  de  cuivre ^  au^ 
quel  fera    écrite  ladicle  fondation ,    & 
fera  icellui  tableau  mis  &  attachié  ou  mur 
de  ladicle  Eglife  empres  ledicl  Autel  ou 
feront  chantées  le f dictes  Mejfes,  Ce  ta- 
bleau étoit  un  monumentque  lenomde 
la  Fondatrice  &  l'ancienneté  rendoient 
curieux  ;  mais  il  a  été  fouftrait  vers  le 
milieu  du  dernier  fiecle ,  vraifemblable- 
ment  comme  devenu  inutile.   Il  y  eue 
du  bruit  à  cette  occafion  en  1^55,  ôc 
j'en  ai  parlé  dans   notre  Elfai.   L'Adle     EfTai,^. 
dont  on  vient  de  lire  un  précis ,  découvre  *^  ^  **^* 
ce  que  concenoit  ce  monuraçnc ,  ôc  fait 


3Li<j     Histoire  Critique 
V.  Saiiv.  yçy\^  en  mcme  rems  que  Sauvai  qui  en 
T.i.p.ici.       .  PI  ^   • 

parle,  ne  I  avoir  pas  lu  avec  attention. 

Quelque  foin  que   l'on  eut  pris  pour 
bien  établir  la  fondation  de  Perneile ,  elle 
fe  trouva  foible  par  la  partie  la  plus  ef- 
feiitielle.  Les  rentes  que  l'on  y  avoir  af- 
feclces  étoienr  pour  la  plupzn  conjlhud'es 
Du  Contr.  après  grant  charges  ;  &c  comme  prefque 
l>^>n\^  "eu  toutes  celles  que  Flamel  a  lailfées,  en  peu 
'444.         de  rems  la  plus  grant  partie  vint  à  non 
.  valoir^  &  les  lieux  fur  lefquels  on  les 
prenoir,  ro mberen r  é'/z  r://>z^.  Les  Lor- 
miers  voyant  ce  dcpériifement,  &  crai- 
gnant peut-être  qu'il  ne  devînt  plus  grand 
dans  la  fuite  ,   voulurent   fe  décharger 
vin;;t-qua:re  ans  après  avoir  contra(fté. 

Il  avoir  été  (latué  que  fi  la  Confrairie 
de  fainr  Leu  étoit  tranfportée  hors  de 
itglife  ou  adnuUée  &  delaijfée ,  le  Curé 
de  faine  Jacques  &  la  Fabrique  feroienc 
célébrer  les  lervices.  Ainfi  la  fondation 
étanr  attachée  à  la  ParoifTe  ,  les  Confrè- 
res orifrirenr  de  la  remertre.  L'offre  fut 
acceprée  6c  fuivie  d'un  contrat.  Il  porte 
une  rérrocclTion  faire  par  les  Confrères 
z\ix  Marguilliers  des  31  livres  parifîs  de 
rente  ,  ou  des  droirs  a  ces  renres  ;  &:  la 
Fabrique  qui  accepte  le  tranfport,fe  char- 
ge de  la  fondation  tellequ'elle  eft  portée 
au  contrat,  tant  &  Jl  longuement  ^  difenc 
les  contractans  ,  que  lefdites  chofes  le  L. 
fouront  porter  & foutcnir^  quelles  fe- 
ront 


DE  Nicolas  Flamel.  2,17 
rom  en  valeur  &  non  plus  longuement.  On 
lir  dansTElfai  que  cecre  fondation  elt  ré- 
duire à  unobic  qui  fe  célèbre  dans  le 
tems  fixé  par  le  conrrat,  mais  non  avec 
le  cérémonial  qui  y  eft  décrit. 

Il  eftà  propos  de  faire  ici  une  obferva- 
rion  fur  ce  que  devint  la  moitié  de  mai- 
fon  du  lot  de  Pernelle.  La  rente  la  plus 
forte  de  la  fondation  étoit  hypothéquée 
fur  cette  maifon  &  fur  l'échoppe  que 
des -experts  avoienc  prifées  enfemble  14 
livres  pariiîs  de  rente.  A  peine  les  Lor- 
miers  avoient-ils  contracté  pour  la  fon- 
dation ,  qu'ils  vendirent  la  maifon  6c 
réchoppe  pour  ce  prix.  Ce  fut  a  Jean- 
François,  l'un  des  Exécuteurs  de  Pernelle, 
qui  rembourfa  le  fonds  de  10  livres  par. 
de  cette  rente  le  11  Juillet  1419,  {a) 
neuf  années  après  l'établi  (Te m.ent  de  la 
fondation-  Jean- François  ou  fa  famille  , 
ne  garda  pas  la  maifon.  En  1448  elle 
étoit  polfédée  par  Anfel  Chardon  ,  peuc- 
ètre  le  mêmequi  avoir  été  fubrogé  à  l'exé- 
cution de  Pernelle  ,  ou  fon  fils  -,  &  on  le 
trouve  nommé  dans  les  comptes  de  la  ^^^^^  ^ 
Prévôté  de  Paris  en  1450  comme  Pro- î,^  5*48  i 
priétaire  de  ce  bien.  Chardon  voulant  ?^  ^'j^^^** 
ie  libérer  des  4  livres  parifis  reftantes  de 
la  rente ,  lui  &  Tibute  fa  femme  les  rem- 

(  a  )  Jean-François  paya  fon  rembourfemenc 
de  10  livres  parifis  de  rente  en  cent  neuf  faluts 
d'or  de  vingt-deux  fols  parifîs  pièce  j  &  deux 
fols  parifis  en  monnoie. 


1x8  Histoire  Critique 
bourferenc  le  i6  Aouc  1448.  Pour  ces  4 
livres  ils  payèrent  aux  Marguilliers  de  Se 
Jacques  60  livres  tournois.  C'eft  ainfi 
que  la  Fabrique  n'a  plus  eu  de  droit  fur 
cette  portion  du  bien  de  Flamel. 


CHAPITRE    II. 

Saijie  des  biens  de  lafuccejjlon  de  TlameU 

Commencement  de  Vexécution  de 

fon  tejlament, 

E  voifinage  deFlamel  eut  lieu  de  s'oc- 
cuperdelamortde  cet  Ecrivain.  Ou- 
tre que  de  fon  vivant  il  s'étoit  afTez  faic 
connoître  ,  on  dut  fonner  notablement 
t'sT^  ^*  P^^^  ^^^  fuivant  fon  ordonnance:  6<:com- 
nie  il  ell  ordinaire  dans  ce  moment ,  tout 
le  quartier,  qui  étoit  déjà  afifez  peuplé ,  Ht 
fans  doute  une  efpece  de  revue  des  biens 
du  défunt.  Se  les  amplifia.  Les  Magiftrats 
y  furent  attentifs. 

Cependant  les  Marguilliers  de  faint 
Jacques ,  avec  Margot  la  Quefnel ,  agif- 
foient  comme  Exécuteurs  ',  ôc  dès  le  on- 
JrwJ»^  zieme  jour  après  le  décès  du  Bourgeois, 
fc^rdeMars  ccux-ci  faifoient  commencer  un  inven^ 
çKf^D^c"  ^^^^^  ^^^  ^^^^^  d'icelui  défunt  par  Jean 
Se  l'cxéculdela  Noe,  &  Richart  de  la  Mare  :  mais 
l'opérarion  fut  bientôt  barrée  par  le  mi- 


Da 


^•^^  nillere  public.   Comme  perfonne  ne  fe 
ppéfencoic  poi;r  emrçr  dans  rhçrçditç,  le 


t>E  Nicolas  Flamel.    219 
Magirtrar  crue  pouvoir  regarder  comme 
une    aubaine  une  fucceflion  efHmce  fi 
confidérable  -,  &c  cous  les  biens  du  défunt 
hirent  arrêtés  &  f celle  s  à  la  requête  du 
Procureur  du  Roy  du  Châtelet  comme  va-    ^u  c.  de 
cans  &  appartenans  au  Roy  par  défaut  l'exécutioa 
d'héritiers    au   moins  qui  s'apperçu[fent,       AacJe 
C'eft  ce  qu'il  parole  que  Flamel  avoic  ap-  ^^^^-^^^=« 
préliendé  ,  &  qui  lui  fit  prendre  les  pré- 
cautions que  l'on  a  lues. 

Los  Exécuteurs  teftamentaires,  quoi- 
qu'alors  peu  au  fait  du  fond  àts  affai- 
res ,  regardant  néanmoins  celle  ci  com- 
me fort  avantageufe  ,  &  peur-être  aufîî 
«n  mémoire  du  défunt  dont  les  volon- 
tés étoienc   fi  marquées  ,    travaillèrent 
â  faire  lever  une  faifie  qui  devoir  inquié- 
ter tant  de    Légataires.  Ils  y  réulîîrent 
après  un   peu  plus  de  cinq    mois.  Le  ^^  iscpc 
Prévôt  de  Paris  Jacques  Lamban  répon-  ^^ 
dant  favorablement  âleur  requête  ,  leva 
Li  faille  6c  reconnut  que  le  Procureur  du 
Roy  eue  parlai  délibération  avec  les  AuO" 
cats  &  Confeillers  du  Roy  N''"»  S^,  au- 
dit Châtelet  ne  fceut  ou  volt  dire  caufe 
valable  pour  empêcher  ladite  requête.  Le 
Prévôt  conclut  que  les  Arrejl  &  em.pèche^ 
mens  &  main  du  Roy  qui  fais  &  mis  avoienC 
été  a  la  requête  dudit  Procureur  du  Roy  , 
en  &  fur  le f dis  biens  meubles  feront  levés 
&  ôtés ,  , . .  au  prouffit  defJis  Exécuteurs 
four  C  accomplif[hment  dudit  tejlament.  Il 

Kij 


210  HîSTOîRî  Critique 
inféra  une  claufequiporroirque  \qs  Exé- 
cuteurs en  confcquence  de  la  promelle 
qu'ils  avoient  faire  ,  rendroienc  bon 
corrrpte  &  reliqua  pardevant  M^"^.  Can- 
ine le  i  5  Examinateur ,  Commis  à  oir  le 
compte  :  ÔC  cela  fous  V obligation  de  tous 
leurs  biens  &  de  ceux  de  leurs  hoirs  , 
meubles  &  immeubles,  préfens  &  à  ve^ 
nir.  L''engagemenr  eft  folemnel ,  6*:  fait 
fous  à^s  conditions  onéreufes  :  on  yerra 
dans  la  fuite  que  ces  particuliers  ^c  leurs 
familles  ne  s'en  tirèrent  qu'avec  beau- 
coup d'embarras  &  de  chagrin. 

Ces  premiers  Exécuteurs  teilamentai- 
res,  qui  dès  lamort  de  Flamel  &  avant 
d'être  alfurés  dans  leurtoncflion,  avoient 
continué  quelques  pourfuites  ,  durent 
fiiivre  toutes  les  autres  opérations  après 
la  main-levée  de  la  faifie.  Néanmoins  , 
aux  affaires  inftantes  près  ,  il  paroît  que 
l'on  n'agit  point  avec  célérité,  &  qu'en 
cela  on  ne  put  entrer  ilridenient  dans  la 
volonté  du  Tellareur ,  qui  avoir  ordonné 
que  tout  fût  exécuté  tantôt  après  fon 
trefpajfement.  La  faifie  des  biens  avojc 
fuipcndu  l'ouvrage  plus  de  cinq  mois. 
Il  fallut  enfuite  fe  mettre  au  fait  de 
toutes  les  parties  de  rentes  du  défunt, 
de  toutes  les  affaires  qu'il  avoir  laiifé.s  ; 
&  combien  n'en  avoit  il  pas  ?  C'eft  fans 
doute  ce  qui  retarda  l'acquit  des  fervices 
qui  ne  coaimencereat  ^  coaim^  U  P'V 


DE  Nicolas  Fla  M  Et.  irir 
roît,  que  le  premier  Avril  1418-193  un 
peu  plus  d'un  an  après  la  mort  de  FlameL- 
A  cela  rejoignit  un  autre  obilacle  àla 
prompte  exécution  demandée  par  le  Tef- 
tateur.  Ce  fut  le  défaut  d'argent  comp- 
tant. On  verra  dans  la  fuite  qu'il  ne  duc 
s'en  trouver  que  peu  chez  Fiamel ,  qui 
ne  iailfa  aucun  tréfor ,  ni  apparent ,  ni 
caché.  Ainfiles  Exécuteurs,qui  d'ailleurs 

^  avoient  du  tems  ,  puifquc  le  compte  de 
Texécution  ne  devoit  fe  clore  qu'après 
l'accomplifTement  des  fervices  ordonnés 

,  pour  feptans&:  quarante  joursjarrétés  par 
cette  efpece  de  vuide,  ne  durent  acquit- 
ter le  teftament  que  peu  à  peu.  Les  reve- 
nus reçus  fucceiîivement  leur  fervirenc 
à  payer  les  frais ,  d  faire  \qs  achats  des 
calices  pour  les  Eglifes  ,  des  draps  pour 
habiller  les  Religieux  de  les  pauvres ,  ôc 
pour  les  autres  charges. 

Le  détail  de  la  délivrance  de  tous 
ces  legs  pourroit  fournir  des  particulari- 
tés dignes  de  quelque  remarque  ;  mais 
il  nous  eft  impoilible  de  le  donner.  Le 
compte  qui  le  renfermoit.  Se  qui  par 
cette  raifon  devoit  être  alTez  intéref- 
fant ,  eft  peut-être  relié  dans  la  biblio- 
thèque de  quelqu'Antiquaire  à  qui  on 
l'aura  confié.  II  manque  dans  la  fuite  des 
comptes  ,  &  laifle  un  vuide  de  fept  an-  Depuis 
nées  :  c'eft  précifément  le  tems  pendant  ^\\^  '"'° 
lequel  on  acquutoit  les  ordonnances, 

K  iij 


222     Histoire  CRïTiatTE 

Au  défciut  de  ce  que  l'on  auroit  pt2 
tirer  d'intéreflfant  de  ce  regître ,  quel- 
ques faits  confervés  dans  les  régît res  pof- 
térieurs  ,  peuvent  trouver  ici  leur  place. 
Flamel  pofTédoit  plufieurs  rentes  a  ra^ 
chat  ,  c'elt-d-dire ,  que  les  débiteurs 
pouvoient  rembourfer  à  leur  volonté  : 
il  les  exclut  par  fon  teftamenr  du  nom- 
bre de  celles  qui  dévoient  être  af- 
fectées aux  fervices  qu'il  fondoit  à 
faint  Jacques^  lailfanc  au  choix  de  la 
Fabrique  neuf  vingt  livres  parijîs  . . .  de& 
meilleures  rentes  qu  il po^arra  avoir  enta 
ville  de  Paris  &  Banlieue  d'i celle ...» 

^^^f  '  ^'  dont  il  nara  baillé  aucuns  rachats»  Mais 
pour  celles  qu'il  avoir  acquifes  avec  la 
co!idition  du  rachat^  plufieurs  débiteurs 
s'en  libérèrent  dans  les  premières  années 
après  la  mort  de  l'Ecrivain  ,  &  on  en  dé- 
couvre jufque  vers  143  2  pour  56  livres 
18  fols  pari  fis. 

Un  nommé  Guillaume  Geuffron ,  Pro-^ 

cureurau  Fort-l'Evêque  ,  payoit  une  livre 

4  fols  parifis  de  rente  fur  fa  maifon  ficuée- 

Mom-or-  rue  Moult-orgueil  •,  il  la  racheta  en  vertit 

gucil,  des  ordonnances  Royaux  pour  14  livres- 
8  fols  parifis.  Pi^rr^  O5  5  Cordonnier^ 
s'étoit  fait  adjuger  une  maifon  au  bout 
du  P ont-neuf  [  St  Michicl)  rue  St  Andry 
des  Ans.  Il  s'accommoda  avec  les  Exé- 
cuteurs pour  àes  arrérages  <lûs  depuis 
long'tems ,  dont  on  le  c[uitca  pour  tS. 


Ï)E    NîGOIAS    FtAMÈt.      llj 

livres  1  fols  4  deniers ,  &  enfuite  il  rem- 
boiirla  la  rente  de  4  livres,  donc  il  donna 
48  livres  parifis.  (a) 

Fiamel,qiupoirédoit  des  rentes  de  dif- 
férentes efpeces ,  en  avoit  d'établies  fur 
fa  tête,  comme  fur  celles  de  quelques 
particuliers.  De  ces  dernières  un  Bedeau 
de  la  Faculté  de  Théologie,  nommé  Jean 
Vaucherd  ,  paya  3  2  livres  parifis  pour  4 
livres  iG  fols  d'une  rente  ailignce  fur  des 
héritages  à  liTy  ^  durant  les  vies  ^d  .  .  . . 
Les  noms  font  reliés  en  blanc  dans  le 
regîtrej  le  rédacteur  les  ignoroit.  Tafin 

(  a,  )  J*ai  avancé  ci-devant  que  dans  le  tems  de 
Flatnel  le  taux  des  rentes  perpétuelles  étoit  envi- 
ron le  denier  dix.  C'ell  ce  qui  fe  remarque  pat 
les  rembourlemens  qui  furent  fai:s,  fcit  a  ïla- 
mel  lui-même  ,  Toit  à  fes  Exécii-eurs  après  fa 
mort.  Les  deux  rembourfemens  qui  viennent 
d'être  cités  j  peuvent  en  fervir  d'exemple  ^  aulTi- 
bien  que  deux  autres  qui  furent  fai  ts  l'un  par  Jean- 
François  qui  avoit  acheté  la  moKié  de  maifon  da 
Jot  de  Pernelie  \  l'autre  par  Anfel  Chardon  ,  qui 
acquit  enfuite  la  même  moitié.  Cette  partie 
de  maifon  avec  l'échoppe  fut  eftimée  ,  comme 
il  a  été  dit,  14  livres  panfis  de  rente.  Jean-Fran- 
çois fe  libéra  en  1419  de  10  livres  parifis  pour  iio 
livres  parifis  ,  &  Chardon  acquitta  les  4  livres 
parifis  reftantes  pour  (^o  livres  tournois,  ou  48  liv. 
paiilis.  Ovi  verra  dans  la  fuite  plulieurs  de  ces 
rembourfemens  :  on  verra  auili  que  cc.ix  qui 
s'acquitioient,  payoïent  quelquefois  plus  ou 
moins.  Ils  payoient  plus  eu  égard  au  bon  état 
dans  lea'jei  fe  trouvoient  les  biens  qui  fervoienc 
d'hypothèque ,  ou  encore  par  rapport  a  des  arré- 
rages dûs  que  l'on  joignoit  aux  rembourfemens. 
Ils  payoient  moins  audî  par  rapport  à  l'état  de 
dépérilfement  dans  lequel  le  trouvoient  quelques- 
wns  de  ces  biens.  .   .. 

Kiv 


124      HiSTOIRt    CrITIQUB 

Veret ,  Laboureur  à  Puceaux ,  en  devoir 
une  de  5  livres  parifis  fur  la  tère  de  Fla- 
mel  5  &  pendant  fu  vie  feulement.  Le 
Laboureur  étoic  arriéré  de  5  livres  10 
fols  parifîs.  L'exéairion  l'en  quirraponr 
z  livres  8  fols,  &  on  lui  rendit  fes  1er- 
ires. Veret  étoit  apparemment  hors  d'érac 
de  faire  mieux,  il  fe  trouve  beaucoup 
de  ces  remifes.  On  en  fit  une  à  Jean  Noel^ 
Lab  nuetir  à  la  Villette.  Les  Margnilliers 
conjîdérant  y  difent-ils  ,-  la grant  povreté 
audit  Noël  &c  j  lui  ont  pardonné  que 
de  la  fomme  de  iz  livres  i(S  folsparilis 
d'arrérages  qu'il  devoir ,  il  ne  payeroit 
que  1 1  francs  ,  &  le  futplus  montant  7 
francs  ,  il  s'en  obligeroit  envers  les  Exé- 
cureurs  teftamentaires  àpayer  à  volonté. 
Flamel  de  (on  vivant  avoir  pourfuivi  ce 
débiteur,  &  avoir  obtenu  quatre  brèves 
du  Châtelet ,  en  quoi  tediâ^Noel  étoit  ehli- 
giés  à  S  livres  S  fols  parifis.  C'en  eft  af- 
fez  fur  ces  retnbourfemens. 

Un  ^\  grand  nombre  de  conflirutions 
&  de  parties ,  avoient  néceirairement  ac- 
cumulé une  multitude  d'adles.  (<2)  Il 
s'étoit   perdu   quelques  pièces,  ou  du 

{(C)  Il  fe  trouva  à  la  mort  de  Plamel  une  quan- 
tité (î  conlidérabk  d'adles  &  de  papiers,  que  l'on 
fit  faire  un  coffre  de  noyer  de  Jtx  pieds  de  long  ^ 
fermant  à  clef  ^ pour  mettre  les  lettres  des  rentes  de 
feti  Nicolas  ¥lamel  pour  les  feuremcnt  garder.  Ce 
cofFre  coûta  110  fol*;,  qui  furent  payés  à  Henri 
,&Quris ,  l'uo<içs  Mar^mlliers  qui  l'âvoit  fait  fairc^ 


«E  Nicolas  FtAMEt.  lif 
îhdins  eut-on  lien  de  le  penferj  &^ 
la  Fabrique  fie  faire  «ne  information 
es  villes  ctHoulUs  ,  de  la  QiiJ.rner6 
faint  Denis  &  de  la  faille t te  faint  Ladre  ^ 
pour  découvrir  tous  ceux  qui  avoient  an^ 
ciennement  aucuns  hérizages  obligiés  à 
VEgUfe  à  caufe  de  feu  Nicolas  FlameL 
L'information  fut  faite  par  Simon  net  Pi- 
quet ,  qui  reçut  1 6  f.  par.  pourfes  peines. 
Dans  le  tems  de  ces  premières  occupa- 
tions mourut  Jean  Clerhom  ,  (  ^  )  le  pre- 

(  a  )  Jean  Cleibout  ctoit  Marchand  :  c'eftpeut^ 
être  le  même  qui  en  140c  donna  à  l'œuvre  de 
laint  Jacques  fcpt  écus  ,  valant  5  liv.  6  fols  par. 
-parmi  ce  que  il  3  fn  f^ifime  &  ey/fans  doivent  après 
leur  îfefpajfetnent  repofer  leurs  corps  dans  ladite 
ï-giife  i  &  en  outre  le  [dits  fcpt  écus  ,  10  francs.  Ce 
font  les  exprelHons  du  rcdacleui  du  compte.  Elles 
font  dans  la  naïveté  gotîiique  ,  &  me  donnent 
lieu  d'inférer  ici  une  petite  pièce  qui ,  quoiqu'elle 
ne  regarde  pas  notre  hiftoire,  peut  être  agréable 
par  la  même  naïveté.  C'eit  le  ccrtiiicat  d'un  Corn- 
mifîaire  au  Châtclet ,  donné  àl'occafîon  de  deux 
feuilles  coupées  dans  ce  même  compte  de  140 ). 
.Le  Commilfaire  parie  ainlî. 

„  N'ait  aucun  efgart ,  ne  fe  donne  mcrencolis 
,,  oupenféene  cogitationautre  que  bonne,  poiir 
,,  ce  dernier  feuillet  de  ce  cayer  &  le  premier  de 
,,  l'autre  cayer  fubfcquant  qui  font  coppés ,  ne 
j,  qu'il  y  ait  eu  aucufhe  maiivaiftié  ou  faulte  ei» 
„  ce  commife.  Car  ainfi  que  ils  font  coppés ,  ils 
y,  étoient  au  tems  que  ce  compte  fut  rendu  par 
•„  Pierre  Scale  ;  &  les  trouvay  en  cell:  eftat ,  ea 
„  oyânt  ceft  compte  :  &  en  ceft  edat  fis  efcripre 
„  ou  dernier  cayer  l'efcripture qui  y  eft  préfente, 
'.  y,  Et  ce  je  certifie  pour  vray  :  tefm.oing  mon  fair^ 
„  cymis  à  la  requeftc  dudit  Scaie,  &  des  Marrc*- 
„  giiera  nouveaulx. 

NICOLAS, 


Kt 


1- 


ll(î     Hï  ST  O  I  RE    CrITI  QUE 

mier  nommé  entre  les  Marguilliers  Exe* 
cuteius ,  &  peut-èrre  le  plus  ancien. 
Clerbout  avoit  en  main  une  fommede 
40  livres  parifis  du  fait  de  Vexécution» 
Ifabelle  fa  veuve  la  remit  aux  Marguil- 
liers. Ce  ne  fut  pas  aux  Confrères  de  fon 
mari  *,  ils  étoient  hors  déplace  :  de  nou- 
veaux leur  avoient  Ç\.\ccéîàè^  quiavoienc 
pris  le  maniment  des  affaires  de  Fiamel 
toujours  en  qualité  de  fes  Exécuteurs. 
Ceux  donc  à  qui  Ifabelle  remit  fa  fom- 
me ,  étoient  M^nxi  Souris  ^  Richard  de 
la  Mare  (celui-ci  avoit  été  continué  OLi 
avoit  repris  la  charge  )  Jean  ^Jjelin  de 
Guillaume  Nicolas.  Après  le  tems  de 
ceux-ci, Henri c9o//m  étantrefté  en  place, 
trois  nouveaux  fuccéderent  aux  trois  au- 
tres qui  quittèrent.  Ces  nouveaux  étoient 
Guillaume  Plateau  ,  Nicolas  Belon  ÔC 
Jean  de  Lijle.  De  Lifîe  mourut  en  charge» 
&  les  autres  firenr  pour  les  affaires  de 
Fiamel  ,  une  tranfadtion  importante  qui 
va  nous  occuper. 


D£  Nicolas  FlameI.    217 


CHAPITRE     III. 

Fin  de  V exécution  du  tejlament  de  FlamcL 

Affaire  6  tranfactioyi  entre  quatre 

Légataires, 

LE  1 1  de  Mai  î4i(j  le  teflamentétoit  D'iinc«. 
acquKcé  quant  aux  parties  ordon-  [^^.11^^'"'^ 
néesj  ou  pour  une  fois,  ou  pour  an  cems. 
Les  fervices  den^andés  pour  lept  ans  & 
quarante  jours,  venoient alors  de  finir. 
La  rente  même  ialifée  à  Marguerite  là 
Quefnel ,  devoir  êtr^  éteinte  par  fa  mort. 
(  a  )  Il  reftoit  une  claufe  principale  a  exé- 
cuter en  conféquence.  C'étoit  l'emploi 
du  furplus  des  biens  de  rexécution,/'?..7/6' 
réfervés  les  fonds  néceffaires  pour  les  or-     ^^*'^^ 
dcr . :  ances  à  perpétuité j  &  auiîî  le  legs  de   , 
40  L^  res  fait  aux  parens ,  s'il  s'en  préfen- 
toic.  Tcutes  ces  chofes  exécutées  ou  ré- 
fervées  5  Flamel  avoir  difpofc  du  furplus 
de  fon  bi:.i.  Il  Tavoit  fait  par  deux  clau- 
fes  de  fon  teftament ,  dont  la  féconde 
détruifoit  la  première. 

flamel  par  la  première  de  ces  claufes  > 
veut  que  le  réfidu  apparrienne  à  l'Eglife     ^°^-  ^ 

(/»)  Marg'jerite  la  Quefnel  étoic  fans  doute 
morte  lors  de  la  tranfadion  donc  il  va  être  quef- 
tion  ;  puifque  cetre  femme  s'étanr  di^a  mêlée  de 
J'exécucionduteftament  fuivant  lavolonréde  Qon 
makre  ,  elle  n'ell:  point  rappelles  parmi  les  Exe- 
cucems  défîgnés  dans  la  pièce. 

K  7T 


îiS  Histoire  Ckyticxvi 
de  faint  Jacques  fous  certaines  concîi- 
tions  que  l'on  peut  voir  dans  le  tefta- 
ment.  L'autre  claufe  partage  ce  furplus 
en  quatre  parts.  L'une  eft  donnée  à  l'Egli- 
fe  de  N.  D.  de  Paris  j  l'antre  a  l'œuvre 
de  l'Hôtel-Dieu;  une  troifieme  part  a 
fainte  Geneviève  la  petite  ou  des  Ardensj 
enfin,  la  quatrième  a  l'Eglife  même  de  St 
Jacques  pour  acheter  vejlemens  &  livres 
pour  faire  le  fervice  divin. 

La  première  claufe  croit  favorable  à 
l'Eglife  de  faint  Jacques,  dont  les  Exécu- 
teurs étoient  Marguilliers.  C'en  étoir 
fans  doute  aifez  pour  porter  ceux-ci  à 
en  pourfuivre  l'accompliflement  comme 
ils  le  firent  rmais  une  raifon  encore  plus 
forte  engagea  Henri  Souris  &  (qs  confrè- 
res à  vouloir  Texécution  de  cette  claufe 
favorable.  Les  biens  que  Flamel  avoir 
lai(rés,  dépériffoient  de  jour  en  jour  :  Ces 

biens  moue  diminués  &  amandiés 

aincoys  ejloient  en  adventure  de  defcheoir 
&  quilne  lesfaulfijje  délaijjier  en  tout  ou 
en  la  greigneur  partie.  Néanmoins  Te 
TeRateur  avoit  été  tellement  occupe 
d'établir  folidement  fes  fervices  à  faine 
Jacques ,  que ,  quoique  par  la  féconde 
claufe  il  eut  fait  quatre  parts  du  rélidu 
de  fon  bien  ,  il  avoit  cependant  voulu 
ce  réfidu  même  en  total,  être  6'  demou^ 
rer  affeclé^  ypothéqué  &  obligé  aus  neuf 
yiîis  livres ....  laijjiés  à  l'Eglife  de  faint 


fil  Nicolas  Flamei.  22$ 
Jacques  pour  les  fervices,  C'ell  ce  qu'ex- 
pofoienc  lesExécnteurs  pour  attirer  à  eux 
tocr  îe  refte  du  bien. 

Les  autres  Légataires  n'étoient  pas 
difpofés  à  abandonner  Ç\  facilement  leuE 
part  d'un  bien  qu'ils  avoientlieu,  avant 
Texamen ,  de  croire  beaucoup  pltw  con- 
fîdérable.  Il  y  eut  aucuns  difcors  entre 
lefdis  Exécuteurs  &  les  deffus  dis  de  Cha-  ^,  ^ 
pitre  ....  Un  procès  le  preparoit  :  mais  ^  lexécs». 
on  examina  ce  refte  de  biens,  &  après  "'^"' 
avoir  veu  &  adv'ifé  a  grant  diligence  les 
lejlament^  le  fanges  &  affaires  d'icelui  def- 
junt ^  les  Légataires  oppofés  aux  Exécu- 
teurs ,  commencèrent  a  en  appercevoir 
le  délabrement.  Il  étoit  tel,  que  l'on  vir 
bientôt  qiia  grant  peinte  j  eft-il  dit ,  fe 
pevent  &  pourront  faire  &  entretenir  le& 
charges.  Les  Exicuteur?  Marguilliers 
vouloient  fe  démettre.  Les  quatre  Léga- 
taires s'ofFroient  l'un  a  l'autre  a  laiffier  le 
fes  (S*  charge  de  ladite  exécution.Ûs  s'ac- 
cordèrent enfin  &  convinrent  de  faire 
une  tranfa€tion. 

Un  ade  de  cette  importance  fut  pafTé» 
ou  au  moins  arrêté  dans  une  a&mblée 
notable ,  tant  par  les  parties  qui  contrac- 
toient  5  que  par  le  nombre  des  Contrac- 
tans.  Le  Chapitre  de  N.^  D.  fut  convo- 
qué. Il  s'y  trouva  la  plus  grant  &  faine 
partie  des  Chanoines  ,.préfidés  ^  le  Doyea 
abfent ,  par  Pierre  Franchome  ^  Cîiaatte*. 


13©    HîSTOTRE    Critiqué 
On  voie  dans  le  nombre  des  Chanoines 
un  Pierre  Dorgemont,  qui  étoir  M^"  des 
Requêces  &  perit-iils  de  Pierre  Dorge- 
Morctî.    mont.  Chancelier  de  France. 

Il  y  avoir  encore  alors  à  l'Hotel-Dieu 
des  Frères  ou  Religieux  qui  delTervoienc 
cette  Maifonconjoinremenr  avec  des Re- 
ligieufes.  Ces  Frères  dépendans  du  Cha- 
pitre j  y  entrèrent  â  l'efFet  de  contracter 
lous  l'autorité  des  Chanoines.  Ilsavoient 
pour  Maître  Jean  le  Charron  de  Gijjhy 
ou  Gifors  -,  un  Jean  Dorvilliers ,  qui  dans 
la  fuite  remplit  la  place  de  Maître ,  avoir 
alors  celle  de  Bout  fier.  Quant  aux  Reli- 
gieufeSj  elles  délibérèrent  dans  leurmai- 
fon  5  ayant  à  leur  tête  Jehanne  la  Page  , 
qualifiée  Prieufe,  L'Adene  dit  point  fi 
lesMarguilliers  de  faint  Jacques  Hxécu- 
leurs  furent  introduits  dans  le  Chapi- 
tre ,  ou  (I  Ton  fe  contenta  du  réfultat  de 
leur  alfemblée  particulière.  Il  n'y  eft 
point  non  plus  fait  mcnrion  de  ceux  de 
fainre  Geneviève.  Cn  y  voit  feulement 
que  les  Exéciireurs  tranfîgurenr ,  étant  ac- 
compagnés de  M"^.  Jean  Paris,  Procu- 
reur en  Parlement,  C'onfeiller  &  Paroi- 
fîen  de  l'Eglife  de  f.inc  Jacques.  Trois 
Marguilliers  de  faiueGtinevieve  traiifî- 
gèrent  :lu(Ç\^  ayant  avec  eux  pjur  nota- 
ble de  leur  Paroiire,  .im  Pierre  Gilbert, 
La  rranlad:ion  concieni  ces  conditions. 
Les  trois  Légataires ,  .^y  Chapipo  de 


DE    NïCGLAS    FlAMÉl.     l^t 

N.  D.  les  Religieux  Frères  &  Soeurs  de 
l'Hocel-Dieu  Se  les  Marguilliers  de  Ste 
Geneviève  la  petire  ,  de  peur  que  le  def- 
funt  ne  foit  &  demeure  défraudé  de  fort 
bon  propos  voulemé &  intention  ,  comme 
auiîi  afin  que  fon  exécution  puiffe  être 
parfaite  &  accomplie  félon  la  valtur  &fa^ 
culte  defes  biens ^  abandonnent  aux  Mar^ 
régliers  de  VEglife  de  faim  Jacques  ^  &c» 
zout  tel  droit ,  pan  ^  portion ,  &c,  que  ce 
foit ,  ou  puifl  être  y  en  tout  le  réfidu  & 
demourant  entièrement  de  tous  les  biens 
tant  meubles  qu  immeubles  y  6'c.  dudit  def» 
funt.  Ils  font  cet  abandon  a  toujours pcr^ 
pétuelment  fans  rappel  y  Sec,  moyennant 
trois  cent  livres  tournois  monnoye  courant 
à  préfent  :  que  les  Légataires  confefjent 
avoir  eue  &  reçue  J;ien  comptée  &  nombrée» 
Cejl  affavoir  y  un  chafcun  de  eulx  cent 
livres  tournois  frans  deniers  j  dont  ils  fe 
,  tiennent  pour  bien  contens  y  payés  ^fatif- 
fais  &  agréés^  d<c.  De  leur  part  les  Exé- 
cureu'S  Marguilliers  s'engagent  à  faire 
accomplir  l'exécution  au  mieux  que  faire 
pourront  &  f auront  félon  la  teneur  dudii 
tejlament  &  la  faculté  des  biens  demourés 
du  décès  dudit  deffunt. 

Il  y  a  néanmoins  une  exception  pour 
une  livre  pariiïs  5  laifTée  par  Flamel  à 
l'Hôtel-Dieu  &  à  la  ParoilTe  de  fainre 
Geneviève  ,  a  chacun  lo  fols  par  année^ 
Les  Exécuteurs  s'engagent  à  en  eonti- 


i5i  Histoire  CiiïTtcittf 
nuer  le  payement ,  s'obligeant  à  y  fatif^ 
faire  jufqii'à  ce  qu'ils  en  aient  fait ^  ^'faj" 
fentajjîete  &  ajjlgnation  fouffifant  &  con* 
venable  4  ^  •  é  laquelle  ajjiefe  ils  feront  te^ 
nus  accepter^  &c<.  (a)  Cet  adleeftdaté 
du  10  de  Juillet  1^16  ,  Simon  Morhier 
^tant  Prévôt  de  Paris.  Il  eft  en  entier  par- 
mi les  pièces. 

Le  Ledeur  peut  remarquer  que  l'exa- 
men àts  biens  de  Flamel ,  qui  fut  fait 
pour  parvenir  a  la  tcanfadion  ,  ferc  beau- 
coup à  mettre  au  jour  la  vraie  iituation 
de  fa  fortune,  lorfqu'il  mourut.  Des 
gens  aufli  éclairés  que  l'éroient  les 
Légataires ,  qui  après  avoir  veu  &  ad^ 
yifé  à  grant  diligence  ....  les  affaires  du 
défunt  5  fe  contentent  d'une  fomme  afTez 
médiocre  ,  (car  on  ne  les  paya  pas  en  pa- 

(a)JJpete  &  ajftgnationjouffifant^  8cc.  Ilpa*- 
roît  qu'ils  veulent  dire  qu'ils  afiîgneroient  à  ce^ 
deux  Légataires  une  des  parties  des  rentes  de  Fla- 
mel ,  ccinme  on  a  vu  ci-delTus  j  que  lui-même 
i'avoit  fait  pour  le  Prieuré  de  faint  Maitin.  Par 
ce  moyen  les  Exécuteurs  demeurorcnt  décharge's 
de  payer  eux-mêmes  la  rente ,  &  elle  devoitécre 
aux  rifques  de  PEglife  à  laquelle  elle  étoit  aban- 
donnée. 

Flamel  avoit  peut-êrre  fait  de  même  pour 
quelque  petite  rente  qu'il  aura  donnée  de  fon 
vivant  aux  Quinze- vingts.  Il  fubfifte  un  Ecrit  dts 
officiers  de  cet  Hôpital,  daté  du  17  Janvier  1447-8, 
par  lequel  ces  Officiers  reconnoirfent  que  lesMar- 
guilliers  de  faint  Jacques  leur  ont  prêté  pour  s'en 
aider  ,  certains  titres  qui  concernoient  une  rente 
achetée  par  Flamel  en  1406  ,  fur  une  maifon  rue 
de  Richebourg  oultre  la  Vorte  faint  Honoré.  La  lefltÇ- 
ctoit  de  4  livres  parifis  ca  deux  parties» 


BE    NiCOtAS    FtAMEL.     1|| 

tîfis  )  qui  avcnient  cfe  plus  que  l'on  aura 
bien  de  la  peine  à  emrecenir  les  charges, 
fans  nous  dire  ce  qa  il  refta  de  ii^ns  , 
les  legs  acquittés  ,  ne  nous  apprennent- 
ils  pas  que  ce  reftant  n'éroit  pas  fi  con* 
fidérable  ?  Mais  c'eft  ce  que  la  fuite  dé- 
couvrira plus  clairement. 


CHAPITRE     IV. 

Zes  premiers  Exécuteurs  du  teftament  de 
;  Flamel  inquiétés  :  on  leur [nfcïtc  un 
Procès  crimineL 

/Acques  Lamhan ,  Prévôt  de  Paris ,  en 
donnant  main-levée  de  la  faifie  faire, 
fur  les  biens  de  Flamer,  avoir  ftacué^com-' 
me  il  a  érédit,  que  les  Exécuteurs  refta- 
mentaires  rendroient  bon  compte  y.  &  re- 
tiqua  pardevant  M^\  Cauthelet  Exami^ 
nateur,  Ainfi  au  terme  fixé  pour  certains 
fervices,  c'efl-à-dire ,  après  fept  ans  & 
quarante  jouBs,  échus  le  1 1  de  Mai  I42<j> 
ceux  qui  avoienr  été  chargés  de  Texécu- 
lion  5  dévoient,  pour  obéir  à  la  loi ,  ren- 
dre leur  compte  en  préfence  d'un  Com- 
miflaire  Examinateur^  Mais  cette  opérati- 
on fut  une  fource de  difcorde  6c  de  difpu-^ 
tes  les  plus  vives.  Je  vais  les  expofer  aufiî 
fuccintement  qu'il  fera  poifible,  &  avec 
autant  d*ordreque  les  regîrresquionr  con-. 
fervé  ces  faits  permettent   d'y  donner. 


134    HîsToïRî    Crîtiqué 

Les  Marguilliers ,  premiers  Exécurenrâ 
de  Flamel,  &  ceux  qui  leur  furent  joints, 
ou  qui  les  fuivirent  dans  cette  geftion  , 
rendirent  leur  compte  devant  un  Com- 
miiïaire.  C'étoit  Andry  ou  André  le 
Preux  5  que  j'ai  déjà  nommé,  [a)  Cau- 
thelet,  défigné  pour  cette  fon£lion  en 
1418  ,  ou  s'étoit  dcfîfté ,  ou  étoitmorr. 
Tout  femble  s'être  pafTé  tranquillement 
alors  5  du  moins  de  la  part  àQs  Marguil- 
liers en  place.  Mais  l'ufage  étoit 
de  mander  à  la  reddition  des  comp- 
tes, les  Notables  de  la  ParoifTe.  Il  dut 
s'en  trouver  un  bon  nombre  à  l'audi- 
tion de  celui- ci  j&cesNotables  ou  d'autres 
qui  en  apprirent  des  nouvelles ,  ne  furent 

Î>as  fatisfaits.  On  en  faura  tout  a  l'heure 
e  fujet,  &  il  faut  dire,  avant  d'aller  plus 
loin  5  que  l'efprit  de  fadlion  ,  Çi  vif  dans 
ce  tems,  paroît  avoir  eu  beaucoup  de 
part  à  une  querelle  ,  qui  fut  aufîî 
longue  qu'elle  devint  animée.  Un 
M"'.  Jean  Fortier^  Confeiller  du  Duc 
de  Bourgogne  ,  un  Garnier  de  St,  Ton  y 
Maître  des  Bouchers  de  la  grant  Bouche' 

{a)  C'cft  fans  doute  de  ce  premier  compte  dont 
il  cft  fait  mention  à  la  fin  de  celui  de  la  Fabrique 
r«/*P  i)o.  rendu  en  14^2  ,  où  il  eft  dit  quiKnt  baillé  &  dé' 
livré  aux  Marguilliers  nouveaux  _,  un  compte  con^ 
tenant  i  ji  feuilles  de  -papier  ^  par  lequel  appert  le 
tejlament  deN.  Y  lamel  avoit  été  rendu  par  devant 
M^"^'.  Andry  le  Preux  ,  par  Guillaume  le  Comte  , 
^ichart  de  la  Mare ,  les  Héritiers  de  feu  Jean  CUt' 


DE  Nicolas  Fla  M  Et.  15J 
ri£ de  Paris  ^  (a)  que  l'on  voit  à  la  têce 
de  ceux  qui  entroienc  dans  ces  affem- 
blées  ,  peuvent  réalifer  cette  fufpicion. 

L'objet  qui  fîit  le  germe  de  la  difpute 
êc  du  Procès ,  étoit  une  omiflîon  que  les 
Exécuteurs,  difoit-on  ,  avoient  faite  dans 
leur  compte.  On  la  prétendoit  confîdé- 
îable  5  c'étoit  de  la  plus  grant  partie  des 
biens  reçus  de  Flamel  dom  les  Exécuteurs 
ne  faifoient  nulle  mention.  Ils  avoient  ,  ^^  ^^^V 
fpecine  les  biens  ^  meubles  &  monnaye  j 4^1 ,  f'^'i 
{tor&d'argenr-i  mais  le  furplus  des  debtes^  ^^* 
lettres ,  rachats  &  arrérages  des  rentes ,  ils 
n'en  avoient  point  parlé.  C'efl  du  moins 
ce  qui  fe  difoit.  Les  Exécuteurs  étoienc 
bien  éloignés  d'en  convenir  :&  commenc 
fe  feroit-il  pu  faire  que  ce  qu'on  leur 
demandoit  fut  d'une  certaine  conféquen- 
ce,  puifqu'nyant  été  appelles  a  une  des 
premières  alTemblées,  /^  Comte  alors  plus 
ancien  par  la  mort  deClerbout,  après 
avoir  dit  plujieurs  paroles  ,  ajouta ,  qucn 
lui  baillajl  par  écrit  les  chofes  a  mettre 

(  a,  )  Parmi  ceux  qui  afllfterent  à  ces  afTemblées, 
on  voit  un  Fterre  Deslarides  placé  au  rang  des 
Echevins,  dans  l'Armoriai  cîe  la  Ville,  en  143^, 
Il  Prévôt  des  Marchands  en  145 8.  Il  étoit  préfenc 
à  la  reddition  d'un  compte  en  1440  les  17  &  1 8  de 
Novembre,  &  il  y  eft  qualifié  Sire  DesUndresy 
Trévot  des  Marchards.  Aureùc  ,  il  paroît  que  Def- 
landes  ne  porta  point  àrafTemblée  l'efprit  de  fac- 
tion îpuifqu'il  fut  élu  fécond  Echevin après  le  rc" 
tour  du  Roi  Charles  VII  ^  pour  remplacer  avec 
les  trois  autres  nommés  alors  j  ceux  q^uc  l'on  dé- 
polléda» 


15'^  Histoire  Ckiti  avfi 
oudlt  compte  y  &  ce  quon  lui  demandoit  ^ 
eu  autrement  ne  le  faurôit  faire ^  S'il  s'étoit 
agi  de  la  plus  grande  partie  à^s  biens  de 
Flamel ,  une  telle  reponfe  eût-elle  été 
de  mife  î 

EHene  fatisfic  point ,  de  me  me  qu'an 

état  dû  réiidu  des  bien.l  qui  fut  exigé  , 

que  les  Exécuteurs  communiquèrent,  & 

1  on  eut  recours  aux  voies  de  droir.  Ce 

fut  ncanrhoins  à  lamiable,  puifquela 

requête  préfentée  atiChâtelet,  fut  faite 

tant  ait  nom  des  Parties  qui  atraquoient  y 

qn'au  nom  de  Delamarei  Exécuteur, 

encore  en  place  de  Margnillier  que  l'on 

niettoit  en  caufe.  Le  Prévôt  ordonna  un 

le  M  Avi^ii  nouveau  compte,  6c  nomma  encore  le 

^flL^r^^  Pf^ux  pour  en  faire  l'examen.  Celui-ci 

ne  commenta  fon  travail  que  le  fept  de 

Novembre  1425?.  Il  y  vaqua  les  treize 

jours  fuivans  en  préfencedes  Parties  in- 

térefîcesj   il  le  termina  enfin  le  14  de 

ht  î4Mârs  Décembre ,  &  trois  mois  après ,  le  Prévôt 

»4*>-3o.    ^ç  p^j-g  |g  ratifia  comme  bien  &  loyaulment 

fait. 

Les  Parties  i nrére flfées  ne  furent  pas 
plus  contentes.  Le  Preux,  qui,  cefem- 
ble ,  les  favorifoit,  avoir  de  nouveau  in- 
féré la  claufe  qui  paroît  avoir  formé  toute 
la  difficulté.  Et  feront ,  avoit-iî  écrit,  lef- 
dis  Exécuteurs ,  autre  compte  des  dehces 
dues  audit  dcffunt  des  arrérages  de  [es  ren- 
tes y  &c,  fifa.it  na  été  par  eux  ou  par 


,Î)E  NlCOl  A.$  F;L  AME  t.  257 
les  Procureurs  &  receveurs  d'icelle  exécu^ 
tion.  Çetre  fin  paroîc  de  ftyle^  ^  les  Re- 
ceveurs de  i'Eglife  avoieiit  fan^  doute 
rendu  leurs  comptes.  Quoi  qu'il  en  foir, 
chaque  Partie  tiroit  à  foi  la  claufe,  \.^s 
Exécuteurs,  qui,  comme  le  CommiiTai- 
fe,  le  reconnoîtdans  fon  a6le  ,  n*avoienc 
reçu  en  fept  ans  que  2052  livres  10  fols 
4  deniers  paiiCs  ,  avoientdépenfé  134^ 
livres  4  foLs  7  deniers  parifis  ;  on  leur 
,étoi:  redevable  de  tl^G  livres  14  fols  3 
d^jiiers  &  poitevine  parifîs.  Ils  préren- 
doient  donc  qu'ils  croient  quittes  envers 
la  fuccelîion  ,  &  que  s'ils  avoient  à  met- 
tre les  nouveaux  Exécuteurs  au  fait  des 
dettes  qu'ils  n'avoient  pu  percevoir,  ils 
avoient  auiîî  à  fe  faire  payer  de  leurs 
avances.  Ils  agirent  pour  ce  dernier  arti- 
cle ,  puifqu'ils  attaquèrent  de  leur  part. 
Quant  aux  Bourgeois^  la  claufe  avoic 
pour  eux  un  fens  tout  contraire ,  &  fur- 
pris  de  voir  contre  leur  attente  les  Exécu- 
îeuts  teftamentaires  en  avance  d'une fom- 
me  alTez  confidérable  ,  décides  pour  les 
voies  de  contrainte  y  ils  attaquèrent  a.u 
Châtelet  tous  ceux  qui  jufqu^alors  pou- 
voient  être  entrés  dans  le  manimept  de 
l'aifairç.  Maclou  Vallier  ^  mari  de  Mar- 
got la  Quefnel ,  alors  défunte ,  ne  far  p^s 
publié  :  on  trouve  aufîî  un  nommé Bail-t 
lâche  &  une  quantité  d'autres. 

J'^i  dit  qu'il  paroiiToit  ^ue  U  Preux 


l$î      Hl  s  T  OIR  E    Cr  m  QU  E 

fiivorifoit  les  méconrens.  Il  femble  qutf 
les  Exécureursfirenrquelqueplaintedece 
premier  CommilTaire,  ôc  qu'ils  demandè- 
rent un  Adjoint  :  aiifîl  le  Prévôt  nomma- 
c-il  en  fécond  Jean  Bureau  ,  (a)  qui  pour 
lors  CommllFaire  Examinateur,  devint 
dans  la  fuite  Chambellan  du  Roi  Charles 
Vu.  Les  deux  CommilTaires  fuivirenc 
donc  enfemble  l'affaire  -,  mais  pendant 
qu'ils  travailloient,  il  s'ouvrit  une  voye 
de  conciliation ,  &  après  quelque  rems 
la  procédure  au  Châtelet  fut  abandonnée 
pour  un  arrangement  1  l'amiable. 

Il  fe  tint  une  AlTemblée  où  toutes 
le  Parties  réunies  décidèrent  de  faire 
drelTer  par  Fleuret  Quarré  ,  Clerc  de 
la  Chambre  des  Comptes ,  un  nouvel 
état  des  biens  de  la  fuccefîion  ,  tel 
fans  doute  qu'il  n*en  avoir  pas  encore 
été  fait.  CesClercSjOun'éroientpas  dbon 
marché,  ou  le  travail  exigeoit  un  hono- 
raire fort  :  celui-ci  demanda  une  fom- 
me  de  cent  francs,  ou  cent  livres  tourn. 
La  fomme  lui  fut  promife ,  à  payer  à  frais 
communs ,  chacun  par  moitié.  De  plus  » 
les  Parties  établirent  pour  une  des  condi- 
tions que  par  la  fin  d*icellui  compte  _,  qui 
devrait  il  payerait.  Il  relloit  donc  toujours 
indécis  entre  elles  fi  lesExécuteurs  éroient 

(  a  )  C'eft  le  même  Jean  Bureau  que  celui  donc 
il  a  été  parle  dans  l'Elfai ,  qui  commença  par 
exercer  la  charge  de  Commiiraire  Eiamiûatçuf. 
Voyez  EiTgi ,  page  174. 


D  H    Nie  O  t  A  s    F  L  A  ME  t.      l^f 

redevables ,  ou  fi  c'ctoit  la  fucceflîon. 
Quarré  fut  long  dans  fon  opéra- 
tion :  en  1451  on  attendoic  encore  la  fin 
de  fon  travail  \  {a)  mais  il  avoit  achevé 
le  premier  Août  1455,  6c  ce  jour  on  lui 
compta  pour  folde  de  fon  payement ,  x  8 
livres  1 5  fols  4  deniers  parifis. 

Les  conférences  devenoient  trop  lon- 
gues pour  des   efprits  échauffés.  Dans 
le    nombre    il    ne   manquoit    pas   de 
gens    impatiens  :  les     comptables    de 
141(5    à    i4^2j   paroifToient    fort    en- 
nuyés des  longueurs  de  Fleuret  Quar-* 
ré\  ils  s'en  expliquèrent  alTez  naïvemenç 
dans  leur  compte  particulier  5  où  on  lit, 
duquel  compte  (  de  Flamel  )  on  /aura  la 
fin  fi  Dieu  plefi.  Quarré  travailloit  encore 
a  l'état  qu'il  devoit  remettre ,  que  l'affaire 
renouvellée  avec  d'autant  plus  de  vivaci- 
té, qu'elle  avoit  paru  s'appaifer,  étoit 
déjà  portée  par  plufiâurs  requêtes  au  Par- 
lement. 

Les  Parties  mécontentes  firent  ajouta 
ner  à  ce  tribunal  tous  ceux  qui  avoienc 

{a)  Au  folio  f5  rcù.0  du  compte  de  14U  à  1454 ,  ' 
on  lit  :  a  fleuret  Quarré  ^  Clerc  ,  Ufomme  de  7  /. 
\o  fois  parifis  y  qui  payée  lui  a  été  par  lefdits  Mar- 
rçgliers  enfept  dofannes  &  demi  de  peaux  de  par-  i 
chemin  qu'il  avoit  prins  de  ]ean  de  Beauvais  ,  par^ 
cheminier^  &c.  pour  faire  le  corrtpte  de  l'exécution, 
de  feu  Nicolas  Flamel ,  que  Guillaume  le  Comte 
d*^  fes  Confors  doivent  rendre  comme  il  appert  par 
cédule  ,  fignée  du  feing  mannel  dudii  Flehrçt ,  le 
U  jour  d'Aom  14 }i. 


140    Histoire  Critiqui 
érc  Marguilliers  depuis  I4i(? ,    &  Cref^ 
meii    Huiflier^  ou  lignifia  cet  ajourne- 
ment le  i  o  de  Mai  143;,  ou  il  enfut  payé 
ce  jour.  Cependant  les  Exécuteurs  fe  dé- 
fendoient  ic  attaquoient  auflî  cpmme  il 
a  cré  die ,  &  ils  avoienc  pour  Procureur 
un  Pierre  Giraidt,  Quant  à  la  Cour ,  elle 
nomma  deux  CommilTaires ,  Guillaume 
Hémery  &  Jean  de  Voton  ou  Bown,  Cor- 
noisy  Avocat,  plaida  pour  les  Bourgeois, 
tant  ^H  demandant  ^  qu  en  défendant.  Sans 
doute  que  fes  Parties  furent  contentes 
de  fon  plaidoyer,  &:  encore  plus  de  ce 
qu'il  ne  voulut  point  d'argent  :  il  leur 
ménagea  un  ou  deux  fakits  d'or,  {a)  & 
en  récompenfation  foie  de  fon  plaidoyer  , 
foit  de  pluficurs  peines  &  travaux  en  quoi 
il  $étG:,t  peiné  pour  TE glife ,  elles  lui  pré- 
fenteient  un  écrin  d'épiccs  du  prix  de  1 5 
/ois  parifis. 

Quelque  prononcé  qu'il  y  ait  eu  enfuîte 
du  plaidoyer  de  Cornois ,  il  ne  termina 
pas  l'affaire  :  il  paroîc  qu*il  y  eut  bientôt 
une  nouvelle  conférence,  en  conféquen- 
ce  de  laquelle  lajonciion  des  gens  du 
Roy  avec  Les  Marguilliers  fut  demandée 
pourplaidierla  caufe.  La  Cour  Taccorda , 
ôç  Li/.illier,  Avocat,  eut  pour  fon  con- 

(/»)  Le  (aluc  d'or  étoit  une  monnoie  que  le  Roi 

Charles  VI  ht  faire  fur  la  fin  de  fou  règne  en  1411 , 

Le  Blanc  du  prix  de  if  fols.  On  l'appelloit  faluc,  parce  que 

pcolejj.  j}.  iafalucacion  angélique  y  étoic  repréfcncce.  Cette 

7«  niDiinoic  écoic  alors  bailfée  à  2.1  fols. 

feil 


DE  Nicolas  F  L  a-m  e  t.    241» 

feil  un  faluc  d'or.  Ce:  Officier,  Confeil 
ordinaire  des  Bourgeois,  en  reçue  plus 
d'un  pendant  le  cours  de  cette  longue  af- 
faire ,  Se  tandis  que  lui  ôc  les  autres  gens 
de  juftice  trouvoient  leur  profit  dans  ces 
procédures,  la  fuccelîion  de  Flamel,  qui 
d'ailleurs  étoit  en  aifez  mauvais  état ,  n'y 
éprouvoit  que  des  pertes  :  cette  multi- 
tude de  frais  retomba  enfin  fur  elle. 

Une  déclaration  t/^/3/rjpréfentée  par 
le  Comte  ôc  fes  adjoints,  enfuite  d'un 
nouvel  ajournement  d'un  grand  nombre 
de  perfonnes  _,  ne  contenta  point  des  ef- 
prits  qui  étoient  plus  difficiles  à  propor- 
tion de  ce  qu'ils  étoient  plus  aigris.  Les 
deux  Commiiîaires  furent  chargés  par 
la  Couc  de  faire  une  information  ju- 
ridique. A  cette  fin  le  Parlement  fuppléa 
à  Guillaume  Hémery ,  un  autre  Confeiiler 
nommé  Philippe  de  Nanterre,  {a)  Celui- . 
ci  ôc  Jean  de  Boton  fe  tranfporterent  au 
Comptoir  OM  Bureau  de  la  Fabrique  ,  \qs 
féances  fe  multiplièrent  ;  pendant  [ç 
cours  des  vacations ,  Mefïîeurs  eurent  be- 
foin  de  rafraîchilfemens  ,  on  leur  enpré- 
fenta  :  le  regiftre  ne  les  défigne  point  ; 
mais  il  ell  écrit  qu'il  fut  dépenfé  16  fols 

{a)  Philippe  de  Nanterre  fuppléé  à  Guillaume 
Himery  ^  qui  pouvoir  s'être  retiré  ou  être  mort, 
paroît  être  celui  dont  il  eft  parlé  dans  l 'Hiftoire  de 
Paris,    qui  fat  député  au  Connétable,  avec  le      f||||    1^ 
premier  Prélident  Philippe  de  Morvillier,  lors  dv.  paris,  r  x 
la  réduction  de  la  Yille  au  Roi  Charles  VII.         *.  gij,  * 


ij^x     HrsToiRE  Critiqua 
pour  une  demi-dow^aine  de  voirres  &  une 
efguierre. 

L'affaire    devenoit  des   plus    graves. 
L'enquête  ayant  écé  terminée  &   com- 
muniquée  aux  gens  du  Roi,  l'Avocac 
du'  Roi   Jean   Raploujl   fe  joignit  aux 
Bourgeois  &  Marguilliers  pour  plaider 
pour  la  partie  du  Roi  :  ôc  la  caufe  portée 
au  criminel  par  le  Magiltrat ,  il  déclare 
dans  fon  plaidoyer  des  récellemens  faits 
par  les  Farcies  au  regard  de  V exécution^ 
Tant  de  notables  mis  en  caufe ,  auroient- 
ils  pu  s'entendre  pour  fpclier  la  fuccef- 
fion  de  l'Ecrivain  \  &  les  preuves  de  Tac- 
cufation  portée  contre  eux  ,  furent-elles 
admifes  par  la  Cour  ?  Le  tour  que  va 
prendre  l'affaire ,  paroît  dire  clairemenc 
qu'il  n'en  fut  rien  :  mais  avant  de  voir 
le  terme  de  ces  hoftilités ,  voici  queU 
ques  faits. 

\^^%  Parties  adverfes  de  le  Comte  «Se  de 
fes  Confors ,  contentes  fans  doute  de 
l'heureux  progrès  de  leurs  pourfuites  , 
voulurent  récompenfer  ceux  qui  \qs  fer- 
voienc  fi  bien.  }ean  Rapioujl ,  Avocat  du 
Roi  5  reçut  d'elles  ,  tant  pour  fa  jondbion, 
quepourfon  plaidoyer,  deux  faluts  d'or  ; 
peut-être  cependant  étoit-ce  alors  un 
droit.  Le  Procureur  du  Roi ,  dont  le  nom 
ne  nous  eft  pas  confervc ,  ^  Jean  Paris  , 
Procureur  de  l'Eglifej  furent  régalés 
chacun  d'une  cuiÀe  de  cerf,  qui  coûte- 


DE  Nicolas  Flamel.  14^ 
rent  5  (j  fols  les  deux,  ôc  ce  fur,  eft-il 
diïyen  récompenfaùon  de  ce  qu  ils nav oient 
point  eu  cT argent  :  les  fonds  pouvoienc 
être  épuifés. 

Paris ,  à  qui  Ton  fît  le  même  préfent 
qu'au  Procureur  du  Roi ,  paroîc  en  fa 
qualité  de  Confeillçr  de  l'Eglife  ,  avoir  v. furc» 
été  le  principal  Conducbeur  de  toute  la  E^V^og! 
grande  affaire  que  nous  expofons.  Aufîî 
ce  notable  étoit-il  très-refpedé  dans  laPa- 
roiffe  de  faint  Jacques-,  un  trait  en  four- 
nir la  preuve  ,  &:  fait  de  plus  l'éloge  de 
fon  défmtéreflfement.  Les  Officiers  de 
l'Eglife  étoient  pensionnés  ;  mais  Paris 
ne  recevoir  point  fa  rétribution  de  cha- 
que année.  La  Fabrique,  pour  n'être 
point  en  refte  avec  fon  Confeiller ,  le 
payoit  en  honneurs.  Autrefois  à  la  Fête- 
Dieu  on  fe  fervoit  pour  porter  le  faine 
Sacrement ,  d'une  Arche  de  vermeil ,  ap- 
pellée  le  ^rand  joyau.  Il  en  a  été  parlé 
dans  rEifai.  On  couvroic  cette  Arche ^rr ^  .,, 
d*un  notable  chapeau  de  rofes  vermeilles 
bien  doré^  &c  ce  chapeau  de  fleurs  ou  cou- 
ronne j  fervit  a  payer  la  penfion  de  Jean 
Paris  pendant  nx  années.  A  M^'\  Jean 
Paris  écrivirent  les  Marguilliers ,  ren- 
dant le  compte  de  ces  fix  années  _,  la 
forum e  du  bel  chapeau^  de  rofes  dont  le 
grant  joyau  ou  tan  porte  le  Corps  de  iV^. 
Sgu  le  jour  de  la  Fêt^-Dieu  ,  eft  couvert 
pour  fes  panùons  chacune  année  . , .  va-^ 

Lij 


244    Histoire  Critique 
lent  ^  comme  il  apperc  pur  la  Coutume  ^ 
que  quand  la  Procejjlon  eft  fête  ,  la  Mejje 
chantée ,  lefdis  Marrégliers  le  vont  pré- 
fenter  à  fa  femme  ou  leur  Commis  pour 

eux  5  pour  ce Honneur, 

Je  reviens  au  procès.  Un  ajournement 
perfonnel  à^s  Parties ,  doit  j  ce  fembie, 
êcre  placé  à  la  fuite  de  l'incident  crimi- 
nel dont  il  vient  d'être  parlé,  Defmou^ 
Uns ^  Huiflîer  du  Parlement,  fignifia  aie 
Comte  &  àfes  Confors  ^  de  comparoir  en 
Commit  ^ft  P^jfonnes  en  la  Cour  y  Ôc  gagna  i  fols. 
M>2--M4,  Ceux-ci  comparurent  fans  doute,  &c  pro- 
"'"'^  *  poferent  leurs  moyens  de  dé fenfe  ,  d'a- 
près lefquelles,  comme  le  regiftre  l'ap- 
prend  ,  il  y  eut  un  appointement.  Il  fut 
délivré  par  Jean  Delejpine  y  Greffier  du 
il^id.  Criminel ,  &  Lambert  BrathelinyHmfCiçi: 
du  Parlement ,  en  fit  la  fîgnification 
après  le  plaidoyer.  On  lit  encore  un  ar- 
ticle qui  porte  une  communication  des 
demandes  que  faifoient  \qs  Marguilliers 
à  leurs  Parties-,  &c  c'eft  tout  ce  que  les 
registres  focirniffent  de  lumière  fur  cette 
grande  affaire  5  dont  il  ne  fubfifte  aucune 
pièce. 

L'appointementenfutle  terme,  com- 
me il  paroît  ,  Ôc  il  fembie  prouvé  que 
quelques  Bourgeois  de  la  Paioiffe  _,  joints 
d  certains  Marguilliers  oppofés  aux  pre- 
miers Exécuteurs,  firent  tout  ce  bruit, 
fiiauferenc  de  l'iaquiécude  à  beaucoup  de 


DE  Nicolas  Flamel.  245 
familles  ,  de  occafionnerent  à  l'exécu- 
tion des  frais  donc  toutes  les  Parties  fe 
trouvent  portées  dans  les  articles  dedé- 
penfe  de  la  Fabrique  ;  de  forte  que  l'on 
ne  retira  aucun  fruit  de  tant  de  mouve- 
mens.  Les  premiers  Exécuteurs  n'étoient 
point  en  faute  ,  du  moins  de  la  manière 
dont  on  le  foupçonnoit.  Le  tout  vint 
d'un  mal-entendu  ;  c'eft  ce  que  l'on  verra 
dans  l'expofition  que  je  vais  raire  des  biens 
fub/îftans  après  la  mort  de  Flamel. 


CHAPITRE     V. 

'E clair cijjement  fur  le  bien  que  Flamel  a 
laijfé  en  mourant, 

COmme  l'efprit  de  fadion  peut  avoir 
influé  dans  le  procès  dont  les  faitj 
viennent  d'être  expofés ,  le  changement 
qui  arriva  par  le  retour  du  Roi  Charles 
VlI,lorfque  Paris  lui  ouvrit  (es  portes  en 
Avril  143(^3  put  aufli  fervir  a  calmer 
les  efprits,  &  à  les  réunir  fur  l'affaire  de 
la  fucceflion.  Il  fembleroit  cependant  que 
ce  ne  fut  pas  tout-à-coup.  On  apperçoit 
un  veftigede  défunion  en  1440.  Conant  ^ 
Marguillier,rendantfon  compte  en  cette 
annéejoignit  au  lien  celui  de  Billard^Çon 
Collègue  5  qui  étoit  mort.  Les  Héritiers 
&  les  Tuteurs  des  enfans  de  Billard  ,  à 
se  fouffifament  appelles  y    ne  voulurent 

L  iij 


24^  Histoire  CritiqCti 
point  paroître  ,  &  furent  réputés  pour  dé- 
de  1431  ifaillans  6»  contumaux*  C'étoit  peur-être 
54,àiafui.  jju{j]  pour  quelque  rai fon  ccrangere  aux 
affaires  de  l'Écrivain.  Il  s'en  trouve  quel- 
ques exemples  pour  la  geftion  des  biens 
particuliers  de  l'Eglife.  {a)  Quoi  qu'il  en 
foir  5  dans  la  fuite  les  Marguilliers  de  St 
Jacques ,  PolfelTeurs  pour  la  Fabrique 
des  biens  de  Flamel ,  &  fes  Exécuteurs  > 
comme  ils  s'appelloient  toujours  alors ^ 
paroifTent  tranquilles  dans  cette  geftion. 
Leurs  comptes  pendant  une  longue  fuite 
d'années  >  font  chargés  d'états  fpécifîés  de 
ces  biens.  Les  recettes,  les  dépenfes ,  les 
procès  ,  les  criées  des  maifons  ou  A^% 
terres  fur  lefquelles  les  rentes  ctoient  hy- 
pothéquées 5  tout  cela  s'y  remarque  :  mais 
ce  qui  nous  importe  préfentement,  eft 
de  favoir  quelle  étoit  la  quotité  de  tous 
ces  biens.  C'eft  ce  que  nous  allons  difcu- 
ter,  (înon  dans  une  exadlitude  arithméti- 
que 5  au  moins  dans  un  tour  moral ,  qui 
approchera  à  peu  de  chofes  près  _,  du  tout 
phyfique. 

Il  faut  fe  fouvenirque  le  Fondateur 

Îar  fonteftament  a  lailîé  a  PEcrlife  de  St 
acques  tout  le  bien  qu'il  polfédoit.  Itcrriy 

[et)  Il  eft  parlé  au  fol.  44 du  Compte  de  I4i<^  à 
14U  ,  de  contredtis  donc  un  Clerc  fit  un  double. 
On  étoircn  difpute  fur  une  fomtnede  8;  livres  i^ 
fcls  8  deniers  que  îa  Fabrique  prétcndcit  avoir 
cré  reçue  fur  les  biens  de  l'Egîife,  par  les  ccmpra- 
blés  >  femme  donc  ceux-ci  ne  vouioienr  pas  te- 
nir compte. 


t)E  Nicolas  Flamei.    247 

pone  le  reftament ledit  Tejlateur    TcAam* 

laijja  à  l'œuvre  de  tEglife  de  faint  Jacques  ^' 
^ela  Boucherie  ,  TOUS  fes  biens-meubles  , 
rentes^  maifons  &  héritages  qu  il  pourra 
avoir  à/  lui  appartenir  au  jour  defon  tref- 
pajjement ,  tant  en  la  ville  de  Paris  ,  com^ 
me  dehors  ^  <5cc.  Il  ne  faut  donc  point 
chercher  ailleurs  qu'à  faine  Jacques  le 
bien  de  la  fucceilion  de  Flamei. 

De  plus  5  il  faut  encore  fe  rappeller 
que  les  ordonnances  fixées  par  le  teita- 
ment  à  une  fois  ,  ou  à  un  tems  limité, 
n'ont  pu  être  acquittées  que  fucceiîîve- 
ment  &  dans  leur  plus  grande  partie  fur 
\ts  rentrées  àts  revenus.  Il  n'ell  donc  pas 
queftion  par  rapport  à  la  totalité  du  fonds 
que  Flamei  a  laiffé  ,  de  tout  ce  qui  a  été 
dépenfé  pour  ces  ordonnances  ;  les  re- 
couvremens  &  le  mobilier  n'en  ayant  pu 
produire  qu'une  foible  partie.  Il  faut 
s'arrêter  feulement  aux  revenus  laiffés 
par  l'Ecrivain ,  comme  au  mobilier 
trouvé  chez  lui ,  &  à  quelques  ren- 
trées ;  &  c'efl:  ce  qui  donnera  la  lumière 
que  nous  cherchons. 

Nous  la  tirons  premièrement  cette  lu- 
mière d'une  pièce  importante ,  fur  laquel- 
le on  s'efl  étendu  ci-delTus.  C'eft  de  l'ac- 
cord fait  entre  les  quatre  Légataires  de 
Flamei ,  pour  le  réfidu  des  biens  de  l'exé- 
cution. Je  vais  en  rappeller  les  principa- 
les circonilances. 

Liv 


248    Histoire  Critique 

On  a  dit  que  ces  Légataires  ne  firent 
leur  tranfadlion  ,  qu^enfuite  d'un  exa- 
men de  toute  l'afîliire,  qu'on  peut  appel- 
1er  rigoureux  5  ayant  vu  &  adviféy  ce  font 
\qs  termes  de  leur  contrat,  à  grant  dili^ 
gence  les  tejlament ,  befongnes  &  affaires 
dicellui  deffunt.D^sgQns  inftruits  tels  que 
dévoient  l'être  le  Chapitre  de  la  Cathé- 
drale, une  compagnie  de  Religieux  ôc 
àes  Notables  d'une  ParoifTe  ,  virent  clair 
dans  l'exécution  ,  ôc  ne  s'en  rapportèrent 
pas  au  feuldire  des  Exécuteurs  teflamen- 
raires.  Leurs  termes  énoncent  clairement 
que  l'on  mit  pièces  fur  table  ,  le  tefta- 
ment ,  l'inventaire ,  les  contrats ,  les 
dettes  5  ou  perçues ,  ou  à  percevoir  ,  les 
rembourfemens  j  Se  la  fuite  d'une  revue 
fi  exacte  ,  eft  de  craindre  que  fi  l'on  par- 
tage par  quart ,  le  deffunt  ne  fait.  &  de* 
meure  deffraudé  de  [on  bon  propos ,  vou- 
lente  &  intention ,  &cc.  C'elt  dire  claire- 
ment 5  que  fi  l'on  avoir  fuivi  le  partage 
propofé  par  les  trois  Légataires,  il  ne  fe- 
roit  pas  refté  un  fonds  fufïifant  pour  l'ac- 
quit des  fondations  perpétuelles  dont  la 
fabrique  de  faint  Jacques  devoir  ctre 
chargée. 

Ces  Légataires  refpederent  la  mémoi- 
re du  défunt,  &c  fa  volonté,  ou  expri- 
mée 5  ou  préfumée  ,  l'emportant  fur  l'in- 
térêt particulier  -,  ils  donnèrent  un  exem- 
ple qu'on  auroit  peut-être  peine  à  fuivre 


DE  Nicolas  Flamel.     249 
dans  notre  tems.  Ils  fe  contentèrent  à  crois 
pour  leur  part  du  réjidu^  d^s  300  1.  rourn. 
dont  il  a  étc  parlé  ,  &  laifTerent  tour  le 
refte  du  bien  pour  fatisfaire  aux  charges. 
Ces  charges ,  comme  on  le  lit  dans  le  ref- 
tament  &  dans  cette  tranfa^tion  ,  avoient     "^^^^^^ 
été  tixées  par  leTeftateur  à  neuf  vingt  liv. 
de  rente  des  meilleures  ^  ôcc.  Cependant 
il  y  avoir  du  furplus ,  qui ,  en  apparence, 
montoit  beaucoup  phis  au  delà  -,  mais  on 
ne  pouvoir  compter  fur  fa  totalité.  Quan- 
tité de  parties  étoienr,  ou  douteufes  ^  ou 
déjà  perdues  ;  &:  de  plus ,  s'il  y. avoir  de 
l'excédenr ,   il  étoit  donné  par  le  Teib- 
teur  pour  peine  &  coujlaige   de  garder  y 
faire  valoir  &  fouflenir  lefdites  maifons  , 
&  garder  &  recevoir  lefdites  rentes.  Par 
cette  claufe  fans  doute  les  Légataires  fu- 
rent convaincus  qu'il  étoit  julte  quiceux 
Marrégliers^qui principalement  avoieiit  le 
fès  &  charge  de  V exécution  j  ne  fuffent 
point  trop  refferrés,  &  qu'ils  hlFenr  ac- 
complir icelle  exécution  au  mieux  ,  plus 
prouffitablement  &  brief  que  faire  pou- 
roient  &  fauroient  félon  la  teneur  du  tefla^ 
ment ,  valeur  &  faculté  des  biens  demourés 
du  décès  du  deffunt. 

Les  pièces  donc  on  va  parler  ^  fervi- 
ront  à  établir  l'excédent  abandonné  par 
les  Légataires.  Quanr  à  cette  première  ^ 
elle  découvre  déjà  affez  clairement  l'ob- 
-jet  que  nous  cherchons ,  c'eft- à-dire  ,  le 

L  V 


250       H  I  s  T  OI  R  E    C  R  1  TIQUE 

bien  lailK'  par  Flamel.  On  apperçoit 
qu'il  dévoie  particulièrement  confifter 
dans  les  cent  quatre-vingt  livresde  bon- 
nes rentes  léguées  a  la  Fabrique  de 
faint  Jacques  ,  avec  un  excédent  affe^ 
douteux,  qui  dans  peu  fera  apprécié  ;  3c 
en  joignant  à  ce  furpius  le  montant  du 
mobilier  ,  le  produit  de  quelques  recou- 
vremens  qui  étoient  entrés  dans  la  Tom- 
me à  laquelle  a  pu  monter  l'acquit  des  or- 
ïSooiivrTs  donnances  ÔC  du  réfic^u  :  ce  fera  tout  le 
tournois,  bî'en  lailfé  par  notre  Fondateur.  La  pièce 
fuivante  va  donner  lieu  de  lui  afficrner 
une  quotité. 

Un  autre  moyen  pour  parvenir  à  s'aflu- 
rer  de  la  force  de  ce  bien  ,  nous  efi  fourni 
par  l'énoncé  de  la  recette  que  lirent  Iqs^ 
Exécuteurs  teftnmentaires  depuis  la  mort 
de  Flamel  jufqu'au  onze  de  Mai  1^16  ^ 
Se  c'eft  de  ce  moyen  dont  on  s'eftfervi 
iir./>.  îjc.  dans  TElTai  fur  faint  Jacques.  Les  Mar- 
guilliers  de  cette  Paroilfe  ayant  accepté  la 
fondation  avec  rexécutionduteftamenr, 
entrèrent  dans  la  polTeiîion  comme  dans 
la  geftion  de  tous  les  biens  laiffés  par  Fla- 
mel ;  c'efl  un  fait  confi^né  dans  les  re^if- 
rres.  On  y  voit  par  une  quantité  d'arti- 
cles, que  dès  les  premiers  tems  les  Exé- 
reufs  teftanientaires  prirent  foin  de  tous 
ces  biens,  perçurent  les  arrérages  ,  firent 
les  pourfuites  néceffaires,  les  réparations 
aux  maifons,6cc.  Que  reçut  l'exécutioa 


D  E    "N  I  C  O  L  A  s   F  L  A  M  B  1 .       2  5  T 

chaque  année?  Un  des  comptes  rendus 
au  Corn  mi  (Taire  le  Preux  ^  l'énonce  trop 
clairement  pour  que  l'on  pailTe  s'y  mé- 
prendre ,  quelques  n liages  que  paroi fTe 
d'ailleurs  y  répandre  la  manière  dont  Tac- 
te  efb  tourné.  On  reçut  en  tout  2051 
livres  10  fols  4  deniers  parifis  j  c'eft  ce 
qu'on  lit  dans  cette  pièce,  [a)  Que  l'on 
partage  par  fept  lalomme  marquée,  com- 
me il  femble  qu'on  doive  le  faire  fuivanc 
rénorrc-c  de  fade,  ou  par  huit ,  comme 
il  paroîtroit  plus  naturel,  puifqu'alors 
il  y  avoir  depuis  la  mort  de  l'Ecrivain  , 
huit  années  révolues  ;  de  quelque  ma- 
nière que  l'on  compte,  il  eli  éviden: 
qu'il  n'avoit  pas  écé  reçu  5QC  livres  par 
année.   En   comptant   par  fept ,  on  ne 

(<?}  Les  icf  1  livres  10  fols  4  deniers  pari{ls  qui 
font  fpécifiés  dansTâflreda  Commiiraire  en  biens, 
meubles  i  utenciles  d'hcjîel  &  deniers  d'or  a  mo?7- 
no-ye  ^  ne  peuvent  regarder  dans  leur  plus  grande 
partie  ce  qui  fe  trouva  chez  FlaiPiei  a  fa  mort  > 
puifque  fi  l'Ecrivain  avoi:  eu  chez  lui  une  fomnie 
aulTi  forte,  lesExccuteur«rertament2iîc>  auroien: 
perçu  le  double  de  ce  qu'ils  difoient  avoir  touché 
en  fept  ans  j    les  revenus    réels  l^^jr    ayant  dii 
produire  une  fomîTie  à  peu  près  égale  à  celle  qu'é- 
nonce leCommilfaire.  Alors, bicnloin  que  cesÈxé- 
cuteurs  eulfentpu  exiger  une  mile  exccdei^re  ,  ils 
auroiem  été  réellement  redevables  à  la  luccef- 
fîon  ,  &  n'auroien':  pas  pu  défendre  le  procès  dont 
il  a  été  parlé.  Il  faut  donc  riécellaiienienf  com- 
prendre dans  la  fomme  de  lOfi  livres  10  fols  4 
deniers  tout  ce  qui  avoit  été  touché ,  tant  en  meu- 
bles ,  qu'en  argent  comptant  &  en  revenus  :  c'eft 
ce  qui  eft  démontré  par  la  fuite  de  toutes  les 
îiffaites  de  la  fucc^flion. 

h  y) 


1^1  Histoire  Critique 
trouve  qu'environ  280;  ôc  par  huit ,  la 
fomme  reçue  fe  réduit  à  environ  160  liv. 
Mais  il  faut  ncceflairement  faire  une  di- 
minution fur  ce  revenu  apparent.  Ce  doit 
être  toujours  le  montant  du  mobilier  &c 
de  quelques  rentrées ,  le  Teltaceur  les 
ayant  ftipulés  dans  fon  reftament.  Les 
Exécuteurs  teftamentaires  furent  faifis 
des  fommes  que  ces  Parties  prodaihrcnt , 
ôc  les  ene;loberent  dans  les  10^2  livres 
10  fols  4  deniers  qu'ils  préfenterent  en 
recette  totale  :  aufli  faut-il  en  conclure 
que  le  produit  de  ces  deux  objets  , 
quelqu'idée  avantageufe  qu'en  ait  eu  le 
Teftateur ,  ne  dut  pas  être  confidérable. 
La  perte  que  l'on  a  faite  de  l'inventaire 
général  drelfé  après  Flamel ,  nous  réduit 
à  ne  pouvoir  fixer  abfolument  ce  produir» 
Cependant  j  comme  il  faut  en  parler,  j.e 
dis  que  les  mêmes  objets  qui  parurent 
dans  la  fucceffion  de  Pernelle  ,  peuvent 
donner  ici  quelque  jour.  On  a  lu  qu'ils 
produisirent  it?  8  livres  I9f)ls.  La  fuc- 
ceflion  de  Flamel  ne  fut  pas  beaucoup 
plus  avantageufe  quant  a  ces  parties ,  &c 
peut-èrre  n'en  reçut-on  pas  250  livres. 

En  effet,  fuivant  les  comptes  dont  on 
va  faire  ufage  ,  les  revenus  en  valeur 
durent  projuire  pendant  fept  ou  huit  an- 
nées 1800  livres  ou  peu  plus.  Ce  qu'il 
faut  d*excédent  pour  parvenir  â  la  fom- 
jiie  de  205  2  livres  1  o  fols  4  deniers  men 


DE  Nicolas  Fla  M  EL.  255 
tionnée  au  compte  doni  il  eii  queftion  , 
c'eft- à-dire,  252  livres  10  fols,  ne  peut 
donc  venir  que  des  recouvremens  ,  & 
principalement  du  mobilier.  De  cette 
manière  on  voit  auffi  clairement  que  cela 
fe  peut ,  le  bien  qu'a  lailTé  le  Teftateur. 
L'exécution  entra  en  jouiffance  d'envi- 
ron 240  ou  2  5  o  livres  de  rente  en  valeur, 
ôc  l'on  eut  environ  250  livres  de  comp- 
tant ,  produit  par  le  mobilier  &  les  ren- 
trées. En  même-tems  on  apperçoit  aufîî 
le  furplus  que  les  trois  Légataires  aban- 
donnèrent aux  Exécuteurs  teftamentaires 
pour  les  raifons  expofées  ci-delfus  ;  c'eft 
ce  qui  Qxceâe  les  1 80  livres  fixées  par 
Ilamel  à  l'acquit  des  fervices  perpétuels , 
environ  60  livres  de  rentes  bonnes  ou 
douteufes  ,  qui  avec  ces  180  livres  for- 
ment un  revenu  d'environ  250  livres. 

Les  preuves  qui  viennent  d'être  préfen-» 
lées ,  ne  fe  tirent  en  quelque  forte  que 
par  induction.  Nous  allons  en  avoir  d'ex- 
prelfes  prifes  des  comptes  qui  avoiiînent 
le  tems  de  la  mort  de  Flamel. 

Entre  ces  comptes,  le  plus  proche,  at- 
tendu le  vuide  de  quelques  années  dont 
j'ai  parlé,  e(l  celui  qui  commence  à  Pâ-  ci-dcfTas 
ques  i42(>,  ôc  finit  à  pareil  jour  i^^i.f-^^u 
Mais  celui-là  ne  donne  point  de  lumière  : 
formé  dans  un  ordre  différent  des  fuivans, 
La  plupart  des  parties  n'y  font  point  dé- 
taillées i  aloij  des  Receveurs  particuliers 


254  Histoire  Critique 
comptables  en  dcrail  pour  leur  portion  , 
même  devant  un  Commiffaire  ,  (;)  ren- 
doiént  à  la  Fabrique  les  fommes  qu'ils 
avoient  reçues,  <5c  ceux-ci  lesinfcrivoient 
dans  leur  toralirc ,  forme  qui  ne  tarda 
pas  à  être  changée.  Quelqu'abus  ou  mal- 
verfation  peut  en  avoir  été  la  caufe.  Oa 
congédia  en  1430  un  certain  Hémart 
dcVertfray.  Il  vouloir  fe  maintenir  dans 
fon  pofte  qu'il  trouvoit  bon  5  on  lui  Ht 
faire  deffenje  de  par  le  Roy  de  plus  foi  en- 
tremettre de  la  recette  ;  cependant  fa  pla- 
ce fut  remplie. 

Quoiqu'il  y  eut  encoredes  Receveurs^ 
un  Marguillier,  nommé  Nicolas^  avoir 
leçu  à  fa  part  quelques  parties  des  biens 
de  la  fuccelîion.  Mais  depuis  la  fainr 
Jean-Baptifte  1434  jufqu'à  pareil  jour 
14,  8,  celui-ci  fur  feul  chargé  de  cette 

{a)  Le  premier  article  du  premier  chapirre  du 

corapte  de  ij^xé  à  14U  ,  porte  en  recette  un  article 

de    iijy  livres  i  foi  9  deniers  depuis  le  15  Mars 

Hx6  jufqu'au  10  Mars  1430 ,  payés  par  Hémart  de 

Vertffuy  ,  fans  aucun  détail.  L'intitulé  du  compte 

de  1404  dit  que  les  parties  de  rentes  dues  à  l'Eglife 

n'y  tont  point  particuUerement  défignées  .  .  .fors 

en    gros ,    ai?i^   que  les  Procureurs   &  Receveurs 

d'icelle    F.çlife ,    qui  d'ieelles  rentes    font    Cenil- 

leurs  &  Receveurs  les  ont  payées  &  baillées  ,  &  qu'on 

le  pour  a  veoir  plus  à  plain  par  les  comptes  ae  ces 

Procureurs. 

^  Vers  1404  on  fît  un  procès  à  Regnart  Duiffeau. 

Du  Comp.  l'""de  ces  Receveurs  ;  &  Jean  Bureau^  Commi(- 

de  i4r-  à  ^3irc  ,  entendit  fon  compte  r;?r/Vj^;ïc^^?irytf«rj. 

14 54,  fo!.  ^'^  Commiilairc  receut  9  livres  11  fols  pour  tOUr-^ 

$s.   '        tes  fçs  vacations ,  le  1  Novembre  1434. 


Di  Nicolas  Flamei.  255 
recette  ,  Se  perçut  pendant  ces  quatre  an- 
nées tous  les  revenus  des  biens  de  Hamel. 
.Prévenu  parla  mort ,  il  ne  put  lui-mc- 
me  rendre  fon  compte.  Perette  fa  veuve 
le  préfenta  \  Se  vraifemblablement  c  eil 
par  cette  raifon  qu'il  s'y  ell  gliifé  des  in- 
exadicudes  :  il  s'y  trouve  des  parties  que 
les  comptes  ,  ou  antérieurs  ,  ou  pollé- 
rieurs  ,  donnent  comme  biens  de  la  Fa- 
brique. Cette  pièce  5  telle  qu'elle  eft, 
nous  fervira  néanmoins  avant  que  de  paf- 
fer  a  une  autre  très-exacte  ,  dont  il  fera 
quellion  tout  à-l'heure.  Voici  donc  ce 
que  l'on  tire  du  compte  de  Perette  > 
veuve  de  Guillaume  Nicolas., 

Dans  ce  compte  la  recette  des  biens 
de  Flamei  contient  cent  quarante-neuf 
articles  ou  parties.  Ces  articles  établiifenc 
le  taux  des  loyers  à(^s.  maifons, comme  de 
toutes  les  rentes  de  la  fucceflion.  Selon  le 
montant  auquel  chacune  des  parties  efl 
fixée  pour  chaque  année, le  fommé  Forme 
3  5  9  livres  1 G  fols  6  deniers  pariais.  A  cet- 
te fomme  il  faut  ajouter  les  rentes  qui 
avoient  éièrachetéùs  ,  ou  rembourfées  de- 
puis lamorrdu  Fondateur:  elles  doivent 
être  cenfées  en  valeur, &  l'on  en  découvre 
jufqu'alors  pour  34  livres  8  fols  pariiTs. 
De  plus  encore  >  comme  le  défaut  d'un 
regiftre  peut  nous  avoir  fondrait  la  con- 
noilfance  de  quelque  rembourfemaenty 
fait  dans  le  tems  de  la  more  de  Flamei  > 


11^6      Hl  s  T  O  T  R  E    C  R  I  T  I  QU  E 

on  peur,  attendu  la  ténuité  àQs  parties, 
établir  ces  rembourfeiiiens  à  40  livres  de 
rente  5  &  ainfi  fixer  le  revenu  cjue  dans 
ce  tems  on  pouvoit  recevoir  à  peu  p:ès 
6c  en  tout  à  400  livres  parifis  :  c'eil  beau- 
coup plus  que  ce  qu'on  a  eu  lieu  d'apper- 
cevoir  jufqu'ici  j  j'en  ai  averti ,  de  voici 
le  correétif. 

Entre  les  cent  quarante-neuf  articles 
contenus  dans  le  compte  de  la  veuve  Ni- 
colas ,  il  y  a  cinquante  patries  qui  font 
mifes  au  néant  ;  c'eil  prefque  le  tiers. 
Celle  qui  le  préfentoit  en  motive  le  dé- 
faut y  c'étoient  desmaifons  en  ruine,  des 
terres  abandonnées,  dtrs  débiteurs  infol- 
vables  ^  «S:c.  Les  cinquante-quatre  parties 
montent  enfemble  à  1 5  5  livres  i  8  fols  i  o 
deniers  parifis.  Il  refte  donc  fur  le  fom- 
iné  tiré  du  compte  de  la  veuve  ,  204  liv. 
12  fols  4  deniers,  &  y  compris  les  rentes 
rembourfées  _,  244  livres  :  rien  ne  s'accor- 
de mieux  avec  les  adtes  dont  on  s'eft  fer- 
vi  ci-deffus. 

Après  le  compte  delà  veuve  Nicolas, 
il  fe  trouve  dans  la  fuite  des  regiftres , 
un  vuide  de  huit  années  :  c'efl:  une  per- 
te *,  mais  le  compte  qui  vient  après,  la 
répare  abondamment  par  l'exaditude 
avec  lequel  il  eft  fait.  La  lumière  que 
fournit  celui-ci ,  donnera,  ce  me  fem- 
ble  _,  à  notre  difcuffion  un  jour  aufÛ 
favorable  qu'on  peut  le  defirer» 


ï>  E    'RlCOlAS    FlAMEI.      257 

Tour  ce  qui  concerne  les  affaires  de 
la  rLic<:eflion  de  Flainel ,  paroît  dans  ce  re- 
.giftre  dirigé  avec  le  plus  grand  foin.  Il 
contient  neuf  années  ,  &c  fut  rendu  par 
quatre  Marguilliers  :  Thomas  Corneille  ^ 
Jean  Bachelier^  Etienne  Quine]. uet ^  ôc 
Anfel  Chardon.  Leurs  neuf  années  de 
geftion  commencèrent  le  17  de  Mars 
1445  avantPâques,  c'eft-à-dire,  en  144(^5 
^  finirent  le  1^  de  Mars  1 4  5  4  3  de  mê- 
me avant  Pâques  ,  êc  ainfi  en  1455. 

Quatre  chapitres  entiers  du  compte 
font  deftinés  aux  affaires  de  la  fuccelTion. 
Le  premier  de  ces  chapitres ,  quatrième 
du  compte  ,  détaille  les  recettes  des  ren- 
tes hypothéquées  fur  des  maifons  &  lieux 
k  Paris 'y  le  fécond  regarde  celles  qui 
ëtoient  conftiruées  fur  des  biens  hors  Pa- 
ris \  le  troifieme  eft  pour  les  loyers  de 
l'échoppe  &  des  maifons  à  Paris  ;  le  qua- 
trième renferme  les  tranfports  ou  rem- 
bourfemens.  Les  rendant-compte  en- 
trent à  cette  occalîon  dans  un  détail  que 
l'on  peut  appeller  minutieux.  C'eft  qu'a- 
lors on  donnoic naïvement  raifon  de  tout 
dans  les  comptes  :  ils  étoient  dreffés  au- 
tant pour  Pinfiruclion  des  fuivans,  que 
pour  la  décharge  de  ceux  qui  les  ren- 
doienr.  Ces  minuties  néanmoins  font 
avantageufesj  elles  procurent  à  ces  regif- 
tres  quelque  chofe  d'hiltorique  ,  dont  on 
tire  une  utilité.   Dans  celui-ci  comme 


15^  Histoire  Critiqûï 
dans  celui  de  Pérctte^  on  apperçoit  que 
ies  biens  de  Flaniel  étoienc  pour  la  plu- 
part en  mauvais  étar_,  même  àhs  fon 
vivant.  La  Table  qui  terminera  cette 
troifieme  Partie,  en  adminillrera  àts 
preuves. 

Cent  douze  articles  partagent  les  trois 
chapitres  de  la  recette  des  biens  du  Fon- 
dateur. Il  s'y  trouve  donc  trente-fept  ar- 
ticles de  moins  que  dans  le  compte  précé- 
dent. La  Fabrique  avoir  fouffert  pluiieurs 
rachats  dans  Tefpace  qui  s'étoit  écoulé 
depuis  le  compte  de  la  veuveNicolas.il 
y  eut  avec  cela  des  parties  qui  furent  mo- 
dérées ou  baiflees  du  parifisau  tournois. 
On  renonça  aufli  a  quelques-unes.  Dans 
cet  état  les  cent  douze  articles  forment 
un  montant  de  237  livres  6  deniers  par. 
Il  faut  encore  ajouter  d  cette  femme  tou- 
tes les  parties  rembourfées  avant  ce 
compte  5  éc  elles  font  un  revenu  de  41 
livres  18  fols*,  c'eft  en  tour  278  livres 
18  fols  6  deniers  ,  &:  aulîi  le  revenu 
auquel  la  Fabrique  avoir  droit  par  le  Fon- 
dateur. 

Ce  revenu  déjà  moindre  que  la  tota- 
lité de  celui  que  l'on  a  apperçu  par  le 
compte  de  la  veuve  Nicolas,  fouffre 
audi  une  diminution  de  même  efpece  que 
celle  de  ce  premier.  Dans  celui-ci  on 
trouve  trente  &  une  parties  qui  font  co- 
tées Néant ^  ôc  par  les  raifons  qu'expo- 


i>E  Nicolas  Fiamel.  259 
foit  Pérette  en  1458,  terres  en  friche, 
maifons  ruinées ,  débiteurs  infolvables. 
Ces  trente  &  une  parties  font  enfemble 
une  fomme  de  8 1  livres  1 1  fols ,  déduc- 
tion confidérable  à  faire  fur  la  totalité 
du  produit.  Elle  le  réduit  d  1 97  livres  7 
fols  6  deniers  :  ainfi  les  revenus  de  la  fuc- 
ceffion  de  Fiamel  alloient  en  décroif- 
fant  ;  ils  diminuèrent  beaucoup  plus  dans 
la  fuite  :  mais  pour  mettre  le  fceau  a  ce 
qui  vient  d'être  expofé  j  ôc  terminer  cette 
dilTcuflion  ,  je  fais  ufage  d'une  pièce  ci- 
rée dans  l'Effai  fur  l'hiftoire  de St  Jacques.      ï'.Taip. 

Quarante-cinq  années  après  la  mort  '^'^* 
de  Fiamel ,  en  14(^5 ,  l'Hôpital  des  Quin- 
ze-Vingt fufcita  un  procès  confidérable 
à  la  Fabrique  de  faint  Jacques  :  on  en  lie 
le  fujet  dans  TEiTai,  &  je  ne  le  répète 
point  ici  :  voici  feulement  ce  qui  con- 
cerne l'objet  préfent.  L'Hôpital  avoir 
avancé  que  le  Fondateur  laijja  près  de 
800  livres  de  bonnes  rentes  j  dont  Un  y  en 
av oit  pas  cent  de  viagères,  {a)  La  Fabri- 
que de  faint  Jacques ,  alFiftée  de  fon  Curé,  ^z^^  ^""/' 
Jean  le  Sellier  ^^  Prefident  des  Enquêtes  au  en  1473. 

(a)  Si  l'on  eût  cru  que  Fiamel  eût  laifTé  en  mou- 
rant de  grands  trcfors  &  des  Domaines  confîdéra- 
bles,  l'occafion  éroit  belle  pour  en  parler ,  &  cer- 
tainement les  Quinze-vingt  ne  l'auroient  pas 
échappée. Cependant  ils  ne  parlent  dans  leurs  ob- 
jedions  que  des  rentes  que  le  Bourgeois  pcofl'cdoir. 
On  ne  lui  connoilToit  pas  d'autres  biens,  &  les 
fables  débitées  à  fon  fujet,  n'avoicnc  pas  encore 
pris  leur  cours. 


i(jo      Histoire  Critique 
Parlement  &  Archidiacre  de  Brie  en  VE- 
glife  de  Paris  _,  &  du  célèbre  Jean  de  St 
Romain  j    Procureur-Général    du  Parle- 
ment ,  Paroilîien  ,   nia  le  fait ,  &  répon- 
dit expreffcment  que  ledit  Jeu  Flamel  étoit 
ainfî  qu'il  ^^  renom  d'être  plus  riche  LA  M  OIT  là  ^ 
faut  lire     q^' n  nétoit.  Et  pout  foumit  une  preuve 
f.  iî6,auque  ion  peu:  regarder  comme  demonl- 
^'^A^^V^"^  rrafive  ,  on  préfenra  celle-là  même  dont 
mt.  je  me  fuis  fervi  dans  l'Eflai  fur  Sr  Jac- 

ihU.  ques,  c'eft-à-dire,  le  fécond  compte  rendu 
à  Andry  le  Preux ,  par  la  fin  duquel^  dit- 
on  5  il  fut  du  a  la  Fabrique  pour  plus  mis 
quereceu^  1^6  livres parijis.  C'eft  lafom- 
me  même  que  le  Comte  de  fes  Confors 
avoient  revendiqué,  dans  le  procès  qu'on 
a  lu  ci-deffus.  (a)  Or,  en  1^6^  ,  on  de- 
voit  certainement  être  encore  très  au  fait 
des  affaires  de  la  fucceffion  de  Flamel  j 
la  mémoire  en  étoit  récente;  les  biens  du 
Teftateur  étoient  apparens  ,  ôc  l'on  avoit 
en  main  toutes  les  pièces.  Ainfipuifqu'un 
Procureur-Général  ,  (i  connu  par  fa  pro- 
bité j  un  Curé  Préfident  des  Enquêtes , 
ne  firent  point   difficulté  l'un  &  l'autre 

(a)  Tout  le  Corps  des  Notables  de  la  Paroiffe 
de  faint  Jacques  ,  accompagne  du  Curé  &  du  Pro- 
cureur-Général,  reconnoill'ant  que  cerre  fomnic 
de  196  livres  parifîs  ,  avoit  été  due  i  la  Fabrique  , 
ils  découvrent  par-là  que  l'on  fut  obligé  d'en  te- 
nir compte  aux  Exécuteurs  teftamentaires  qui 
l'avoient  avancée  ,  &  quec'cft  ainfi  que  fe  termi- 
na l'appointement  du  proccs  fur  lequel  on  s'eft 
fi  cceadu. 


t>E  Nicolas  Flamel.  i(^i 
<3e  fe  joindre  au  corps  des  Paroilîiens,  ôc 
de  s'avancer  de  la  manière  dont  on  vienc 
de  le  lire  j  ils  étoienc  allures  de  ce 
qu'ils  alléguoient  :  ôc  le  témoignage  de 
ces  hommes  illuftres ,  venant  â  l'aide 
de  tout  ce  qui  a  étédit ,  en  achevé  la 
preuve. 

On  peut  donc  fe  flatter  d'avoir  mis  la 
vérité  dans  tout  fon  jour  ;  on  voit  que 
les  différentes  pièces  dont  nous  nous 
fommes  fervis,  font  d'accord  entr'el- 
les.  L'ade  occafionné  par  le  procès  entre 
la  Fabrique  de  faint  Jacques  &  les  Quin- 
ze-vingt,  avec  les  comptes  de  cette  Fa- 
brique j  8c  ks  comptes  avec  la  tranfaction 
faite  entre  les  quatre  Légataires  en  142(3, 
tout  cela  démontre  que  ce  que  l'on  a 
débité  des  biens  immenfes  de  Flamel , 
n'eft  qu'un  fruit  de  l'imagination  de  cer- 
tains efprits  qui  favent  rendre  merveil- 
leux les  faits  les  plus  (impies  j  Se  qui  s'en- 
tendent mieux  à  éblouir  ,  qu'à  prouver. 

On  voit  par  le  compte  rendu  par  la 
veuve  Nicolas  en  1431,  &  par  l'ave  i 
fait  dans  la  tranfaction  de  1473 ,  que  Fla- 
mel pendant  fon  veuvage  s'étoit  formé 
environ  400  livres  de  rentes  en  compre- 
nant dans  cette  fomme,  ce  qu'il  pouvoic 
retirer  de  fes  m^ifons ,  &  même  de  celle 
qu'il  occupoit.  A  ce  revenu  il  faut  join- 
dre les  59  livres  de  rentes  viagères^  aban- 
données à  l'Ecrivain  à  la  mor  tde  ia  fem- 


Kji  Histoire  Criticiue 
me  pour  les  raifons  que  l'on  a  lues  ,  Sc 
avec  cela  la  moirié  d  un  feprier  de  bled  , 
avec  les  neuf"  poinçons  &:  quatre  queues 
de  vin  de  rente  a  viage ,  donc  il  a  été 
parlé. 

De  cette  forte  on  trouve  Flamel  plus 
riche  dans  Ton  veuvage  j  qu'il  ne  l'étoic 
à  la  mort  de  Pernelle.  11  paroîc  même 
qu'il  avoir  alors  plus  de  revenu  que  nous 
tm*.  i^^.  jie  lai  en  avons  donné  dans  l'Elfai.  {a) 
Mais  ce  revenu  le  recevoit-il  bien  en- 
tier >  Il  paroît  très-probable  qu'eu  égard  a 
l'état  de  dépérillement  dans  lequel  étoit 
une  partie  de  fes  biens ,  lors  même  qu'ail 
les  acheta  ;  ce  qu'il  fit  peut-être  par  une 
forte  de  fpéculation  -,  jamais  il  ne  jouic 
en  entier  de  toutfon  revenu  :  d'ailleurs, 
rétac  fe  trouvant  alors  accablé  des  mal- 
heurs que  rhiftoire  du  tems  rapporte  , 
fes  revenus  lui  échappèrent  en  partie.  Il 

(a)  Ce  qui  a  é:é  avancé  dans  l'Eflai  fur  Sr  Jac- 
ques ,  que  Fiamel  en  mourant  n'apaslailfé  500 
livres  de  renre  ,  le  trouve ,  comme  on  a  lieu  de  le 
croire  ,  ailcz  vérifié  ;  de  même  que  ce  que  l'on  a 
ajouté  de  fui  ce  ,^  que  le  mari  &  la  femme  pou- 
voient  )ouir  enfemblc  d'environ  400  livres  j  ce 
qu'il  faut  entendre  indépendamment  des  rentes 
viagères.  Au  refte  ,  on  n'a  jamais  prétendu  fixer  à 
livres,  fols  &:  deniers  le  bien  de  ces  Bourgeois  , 
c'cft  :e  qui  n'eft,  ni  poiTiblc  ,ni  néccffaire.  On  en 
voit  liiez  pour  le  décider  fur  leur  fortune  ,  &  60 
ou  8  j  livres  de  rentes  de  plus ,  fcroienr  d'une  pe- 
tite conféqucnce  ,  iiuifquc  malgré  ce  plus ,  Fla- 
mel iLiroit  encore  été  feulement  dans  la  fituation 
de  B  >urgeoisaifés ,  &  comparés  aux  Seigneurs  de 
leur  tems ,  dans  une  honnête  médiocrité. 


O  E    N  r  0  O  L  A  s    F  L  A  M  E  t.       2^; 

fe  flaccoit  néanmoins  ,  &:  dans  l'efpérance 
derecouvremensconfidérables ,  il  comp- 
toir au  plus  fore  en  faifanc  la  difpoficion 
teftamencaire.  Ufe  trompaj&:  on  vient  de 
lireq^u'il  s'en  falloir  de  beaucoup  quelon 
retirât  5  GO  livres  parifis  par  année.  Dans 
la  fuire  ce  revenu  diminua  de  manière  4 
n'être  plus  Tuffifant  pour  acquirrer  les 
charges.  En  1475  ,  on  ne  recevoir  plus 
que  1 10  livres ,  &  Ton  dépenfoit  1 19  liv.       J^.  '* 
C  elt  ce  qui  ht  dire  aux  témoins  que  j  ai  avec  les 
nommés  ci-delfus ,  Que  ledit  feu  Flamel  yl^J""" 
fit plujieurs  lais  &  ordonnances  montant  à 
grant  fomme  de  deniers ^  &  PLUS  Q^UK 
NE  VALOIENT  LES  BIENS  ET  RErE-^ 

NUES    DE  SA  SUCCESSION &fi 

avoit  PLUSIEURS  RENTES  NULLES 
JDONT  IL  NE  JOIT  ONCQUES^  ne 
pareillement  les  dis  Marrégliers,  [a) 

Une  difficulté  propofée  par  TAuteur  de 
rAnnéeLitcéraire,  demande  encore  quel-  l.  f.  ^su 

ia)  Cet  énoncé  que  Flamel  fît  des  legs  &  des  or- 
donnances pins  que  ne  valaient  les  Uens  Ù  revenues 
de  U  fuccejfion  ,  donne  lieu  de  pcnfer  que  fi  l'Ecri- 
vain.avoic  caché  chez  lui  un  créfor  ,  il  auroitbica 
îiial  railbnné.  En  effet,  comment  avec  la  volon- 
té (î  marquée  par  Ton  teftamcnt ,  de  bien  établir 
fes  fondations ,  auroit-il  pu  s'arranger  de  manière 
à  les  rendre  caduques.  Il  auroit  fouftrait  le  plus 
folide,  c'eft-à-ûire  ,  Ton  or  ,  pour  donner  desren- 
tes  nulles  &  dent  il  ne  joit  oncc^ues.  U  n'avoitpasdc 
richelles  enfouies  dans  la  cave  ,  comme  l'ont  pen- 
fé  certains  Alchymiftes;  mais  il  donna  tout  ce 
qu'il  poilédoit ,  &:  il  l'cftimoit  a<^  delà  de  fa  iuftc 
valeur. 


1^4  Histoire  Critique 
qa'éclairciiremenr.  Comment ,  dic-on  , 
concilier  avec  un  bien  fi  médiocre,  les 
dcpenfes  confidcrables  que  l''Ecrivain  a 
fiiires  ?  En  effet,  le  bien  étoit  médiocre, 
ôc  pour  le  tems  de  Flamel ,  6c  encore  plus 
par  rapport  au  nôtre  :  (a)  mais,  outre  que 
ce  font  ces  dépenfes  même  qui  ont  été  un 
obftacle  à  l'augmentation  de  fon  revenu  , 
rappelions  ici  ce  que  j'ai  déjà  obfervé. 
Ce  bien ,  quoique  médiocre,  devenoic 
confidérable  entre  les  mains  d'un  homme 
du  caractère  de  Flamel.  De  plus ,  l'Ecri- 
vain né,  comme  il  paroît,  avec  de  l'in- 
telligence ,  ne  pouvoit -il  pas  mieux  que 
d'autres  faire  frudlilïer  un  travail,  qui,  eu 
égard  au  tems,  devoit  être  lucratif /*  Par 

p^<  94.  (a)  J'ai  donne  vers  la  fin  de  la  première  Partie 
Une  note  qui  renferme  l'cvaluation  du  bien  exiC- 
tant  à  la  mort  de  Pernelle,  le  prix  du  marc  d'ar- 
gent fixé  à  6  livres  8  fols ,  Se  comparé  à  46  livrcî 
18  fols  ,  prix  établi  par  le  Tarif.  Ici  je  rappelle  c^ 
qui^  a  été  dit  page  i^  i  ,  qu'à  la  mort  de  Flamel 
on  fit  les  évaluations  fur  le  prix  du  marc  d'argent, 
à  6  livres  18  fols  tournois  ,&  je  dis  qu'a  ce  compte 
100  livres  produifant  679  livres  14  fols  i  deniers 
de  notre  tems  ,  400  livres  parifis  de  rentes  perpé- 
tuelles ,  ou  foo  livres  tournois  ,  qui  font  le  plus 
fore  revenu  que  l'on  apperçoive  à  Flamel ,  fe- 
roient  aujourd'hui  5 ',98  livres  10  fols  10  deniers 
tournois  s  &  141  livres  parifis  de  viager,  ou  ijS 
livres  f  fols  tournois  qu'ilpouvoit  recevoir,  foit 
V.  fup. /•.  en  rentes,  foit^de  fon  vin,  feroicntpréfentement 
i6,  1197  livres  19  fols  7  deniers,  en  tout  4^96  livres 

10  fols^  f  deniers  tournois  de  rente  pour  notre 
tems,  faifant  toujours  attention  aux  non-valeurs 
confidcrables  que  l'Ecrivain  foutlrou  dans  ce 
revenu. 

ce 


DE  Nicolas  Fiamel.     i^j 
ce  moyen  ôc  en  réuniffanc  fes  produits 
■annuels  à  un  revenu  déjà  écabli ,  de  mê- 
iiie  qu'à  ia  parc  du  don  mutuel  donc  il 
jouiiroir ,  il  pouvoir  fe  trouver  en  érar  de 
fournira  ces  dépenfes.  On  a  vu  qu'il  les 
a  faites  en  beaucoup  d'années,  joint  à 
ce  qu'il  a  travaillé  dans  un  tems,  ou  quel- 
que proporrion  que  l'on  puilîe  trouver 
entre  celui-U  &c  le  nôtre  ,  au  moins  tra- 
vaiiloic-on  à  meilleur  marché  que  dans 
celui-ci.  Ajoutons  que  Flamel  avoir  fait 
des  detres  i  il  en  parle  lui-même  dans 
fon  teftamenc  :  &  veut  &  ordonne ,  dit-il ,      Tcû.  ^. 
toutes  fes  dettes  être  payées  fans  delau  *'^* 
Claufe  qui  ne  fut  pas  de  ftyle ,  le  compte 
rendu  au  CommilTaire  le  Freux  énon- 
çant expreifémenr  ladite  mife des  i^^  ^/-^eft 

dettes   quil  (  Flamel  )  devoit,  Ainfi  cet  ce    qu'on' 
ade  afTure  la  réalité  de  ces  dettes  aux-  ,^ourdh^* 
quelles  on  farisfît ,  &  les  dettes  annon-  <^^"*    ^^ 
cent  aiTez  clairement  que  le  bon  Ecrivain,  /^T^'"// 
emporté  par  fon  caractère  bienfaifant, 
ne  confulcoit  pas  toujours  (qs  facultés. 
Ceft  ce  qu'ont  dit  ci-denTus  nos  illuftres 
témoins  :  Flamel  a  fait  plus  que  ne  vj- 
loient  les  biens  &  revenues  de  fajuccef- 
-/ion* 


M 


i^(y    Histoire  Critique 

CHAPITRE     VI. 

Relevé  des  recettes  du  bien  de  Flamel 
telles  qu  elles  [ont  infcrites  dans  un 
compte  drejje pourneuf  années ^  depuis 
le  j-j  de  Mars  144S-6  ^  jufquau  18 
Mars  J4S4  s» 

LE  relevé  que  j'ajoute  pour  terminer 
cette  rroifieme  Partie,  contient  un 
«xpofé  fuivi  de  tout  le  bien  que  la  Fa- 
brique de  faint  Jacques  avoit  eu  de  Fla- 
mel pendant  les  neuf  années  pour  lef- 
quelles  l'état  en  a  été  fait.  On  y  voit  le 
nombre  6c  le  produit  à^s  maifons.  Un 
détail  de  toutes  les  parties  de  rentes, 
les  lieux  &  les  terres  fur  lefquelles  ces 
parties  étoient  hypothéquées.  Cet  expofé, 
en  fervant  de  preuve  à  ce  qui  a  été  dit 
dans  le  Chapitre  précédent ,  préfentera  de 
plus  un  tableau  fuccint  d'une  grande  éten- 
due de  l'ancien  local  de  Paris. 

Je  commence  par  le  quatrième  chapi- 
tre du  compte  ,  qui  etl  le  premier  de  la 
recette  des  biens  de  Flamel. 
Titre, 

Rentes  de  par  Nicolas  Flamel  a  Paris. 
Sceond  ticre. 

Autre  recepte  a  caufe  des  rentes  annuelles 
6'  perpétuelles  appartenantes  &  advenues 
à  la  Fabrique  , ,  .  de  par  N,  Flamel . . , 
perçues  fur  plujieurs  maifons  6'  lieux  en 
çejle  vilU  de  Paris  cy  a^rhs  déclariés» 


DE  Nicolas  Flawel.     l'Sy 

Rue  de  Marivaulx. 

Sur  r0ftel<le  l'image  faine  Michiel..  il.  8  f.  ^  d. 
Ces  1  livres  8  fols  6  deniers  ont  été  ra- 
chetées vers  146  i  par  les  Chanoines 
de  l'Eghfe  de  faint  Merry  ,  qui  devin- 
rent Propriétaires  de  la  maifon  par 
confifcation.  Les  Chanoines  payèrent 
pour  ce  rachar  1^  livres  6  fols  parifis. 

Rue  Quinrunpoit. 

Sur  roftel  &  appartenances  de  l'Ef- 
toille  . , .  à  Jean  Raoul ,  dit  Nofîeulx, 
Orfèvre 44 

Ou  Cloijlre  faint  Merry. 

SurrOftel  qui  fut  à  feu  Hemon 
Boulet  y 5 

Ledit  Oftel  clos  &  inhabité.  .  .  chiet 
en  totale  ruine  pour  ce  icy  en  recep- 
te néant. 

Rue  faint  Martin. 

Sur  roftel  de  l'Autruiïe  ...        5 
Il  a  été  long-tems  clos ...  en  ruine. . . 

crié  par  le  privilège les  Marg. 

précédens  .déboutés.     .      .     .  néant. 

Sur  l'Ofteldes  quatre  fils  Hemon  à 
Jehan  Rouan , i 

Rue  des  Gravilliers. 

Sur  une  mazure  &  lieu  en  ruine  qui 
fut  à  Marion  la  perfonne  (  au  lieu  de 

4  livres  par  an  ) ^    %. 

Sur  roftel  qui  fut  Jehan  Feuillet , .   i      10 
Fondu  &  en  totale  ruine  pafle  314 
•ns ,  •    •     •     .     •     •     •     •     néant. 

M  ij 


2^S    Histoire  Critiqué 

Sur  les  maifons  qui  furent  à  Simon 
De  la  Chambre 1 0  £. 

Le  tout  fondu pafle  à  18  ans 

pour  ce.   .     ,     .     -     .     .      .  néant. 

Sur  l'Oftel  qui  fut  à  Jshanm  Quin , 
<îe  Bar  fur  Aube  devant  le  Molinet  ...        18 

Il  n'y  a  que  place  vuide  ....  pour 
ce     ...     .      ....     néant. 

Sur  rOftel  qui  fut  à  Bernard  de 
Buleu 10 

En  ruine.  .  .  pour  ce    .     .     néant. 

Rue  du  Temple. 

Sur  ung  Hoftel  qui  fut  à  Rokin  plç- 
/.ci  dciTuî  lcit£  près  du  Carrefour  vers  le  Temple.  f 
'•  ^^°*            En  ruine  pour  ce  ici  .     .     .  néant. 
Sur  ung  Hoftel  qui  fut  à  M'^  .  Phi- 
lippe   Villot  y  Prcbtre faifant 

coing  de  la  rue  Court-au-Villain.  ...  1 

(  Elle  fut  réduite  à  i  livre  11  fols  à 
la  charge  de  1  fols  de  fonds  de  terre.  ) 
Sur  îing  Hoftel  &  jardin  qui  fut  à 
Guillaume  le  Riche  ,  (  modérée  enfuite  4 
à  1  livres  8  fols.  ) 

Sur  1  Oftel  qui  fut  jadis  à  Robin  Pef* 
î^ror., Serrurier  près  l'efcliielle  duTem- 

ple.      .     .     , .     1 

Riens  rcçeu  à  caufe  de  la  ruine  du 

lieu ,  &  a  éic  cric  par  le  privilège  paf- 

fé  à  14  ans  pour  ce.     .      .     néant* 

Sur  rof^ti  qui  fut  à  Guillaume  Bé^ 

ranger  , 5      4 

Riens  reçeu  à  caufe  de  la  ruine  du 
lieu  . .  .  qui  eft  dcorouré  a  caufe  des 

gràns  charge.   .• néant. 

Sur  rOftcl  qui  fut  à  Michielde  Couf- 

menïl 1 

^  . ,  d^  demeuré  au  Tsmplc  pour  k 


ï>E  Nicolas  Fla-mei,    iG^ 
fcnds  de  terre ntant. 

Rue  Beaubourg. 

Sur  roftel  du  Lion  d'argent,  où 

quel  eftuves  à  hommes i* 

(  modérée  du  parifisau  tournois  ,  puis 
lachetée  pour  6  livres  parifis.  ) 

Sur  l'Oftel  de  la  Fleur  de  Lis ,  à 
Pierre  Veau  Hacher ^ 

(Modérée  à  i  livre  par  an  jurqu'au^ 
plaifîr  des  Marguiiliers.  ) 

Rue  des  Elancs-Manteaux  ^  dite  la 
Parchs-ninerie. 

Sur  rOftel  de  l'image  faint  Chrifto-- 
phlc 4 

Long-tems  inhabité . . .  réparé  en 
pîirtie ,  &  loué  z  livres  i  o  fols  l'an» 

La  Porte  Baudée» 

Sur  ung  Hoftel  à  Gillet  le  Barhier , 
Couftellier ,     .  x 

(  CefTa  de  payer ,  écritàpourfuivre  ) 
(Se  au  compte^e  1455.)  •  •  néant. 

Rue  de  Jouy* 

Mention  faite  d'une  rente  de  1  liv.  2. 
parifis  fur  l'Oftel  du  Chafteau ,  en  rui- 
ne &  inhabité  auquel  les  Marguiiliers 
ont  renoncé. .  .  Pour  ce  .  .  .  néant. 

Sur  ung  Hoftel  qui  fut  à  Jehanne  la 

'Herbelotte 41^ 

(modérés à  3  livres  4  fols  parifis.  ) 

En  ladite  rue  de  Jouy  ,  oultre  la  Po^ 
terne  faint  Pol. 

Sur  rOftel ...  à  Jehan  Piquet,  dit  i      i  %► 

Mii) 


x-jo  Histoire  Critiqub 
Simplet ....  Leidit  Hoftel  long-tcms 
clos  ...  &  en  grant  ruine  ,  crié  à  la 
requefle  des  Marrégli£rs&  des  M^^^". 
de  la  Confrairie  de  St  Leu  &  St  Gilles 
c\\ù  y  prenoicnt  femblable  rente ,  (  du 
V.  la  Dé-  droit  de  Pernelle  )  ladite  rente  tranf- 
claration     portée  pour  i  liv.  il  fols  de  rente,  &c. 

des  biens 

dcremclle  Rue  St  Anthoine. 

C)-apres. 

Sur  les  maifons  &  appartenances  de 
la  Croix  de  fer  &  de  l'Omme  Sauvai- 
ge  ,  c]ui  furent  à  Jehan  Raoul  &  Ou- 
dïnla  Vielle  ,  depuis  nu  Prieur  de  Stc. 
Catherine  du  Val  des  Ecoliers  ,  de  pré- 
sent a  Hugues  RilouilUt ,  chandellier 
de  fuif.      .........   I 

Rue  de  la  Bretonnerie. 

Rente  de  ii  fols  par  an  far  ujie 
place  en  ruine  .  .  .  faifant  coing  dc4a 
rue  du  puits.  ...  Le  tout  eft  en  rurae 
paflé  à  trente-deux  ans  .  .  .  ont  ks  dis 
Marrégiicrs  renoncé.   ,  ,  .  ,.  niant,         ii 

Ru€  St  Jehan  en  Grève, 

Sur  ung  Hoflcl  qui  fut  à  Co'in  le 
Roy      ..........   2,      ^ 

Modération  -  fak€  à  r  livres  parifig 

Place  Aiauhert. 
Sur  rOftel  du  Cheval  rouge  ..  .te-  t 
nant  à  un  Hoftel  faifant  le  coing  de  la 

rue  des  c^uatre  Portes en  ruine. 

Crié  par  le  privilège.  .  . .  Les  Marré- 
giicrs déboutes néants 

Grant  rue  St  Jacques  y 

(  ou  Carrefour  St  Seuerin  ,4i<C.Jf  1454^1458.; 

5ur  roftel  du  Dieu  d'Amour.  .  .  .  ï. 


T>t  Nicolas  Flamel.     171 

[Jehan  Tuerchieure  rembourfa  le 
18  Janvier  i  447  pour  i  z  livres  par.  ) 

RueSt  Andry  des  Ars. 

Sur  roflel  du  Barillet ,  qui  fut  à 
Jekan    Grant i 

(  Ladice  rente  du  droit  de  Pcrnelle* 
Les  Marguilliers  avoient  aufTi  i  livre 
parifîs  par  F lamel ,  &  eft  écrit  )  let- 
quels  io  fols  font  perdus  par  faute 
d'oppofuion,  pafTé  à  10  ans  &c. , 

Au  bout  du  Pont  {  neuf)  St  Mich'ul. 

Sur  rOftel  du  Croilfant.      .     .     .  «- 
Clos ,  en  ruine  paiTc  à  vingt-fîx  ans  , 
&c néant. 

Rue    de    U    Ckarpenterîe. 

/yoytxfw  cette  rue  l'aBe  de  ta  \ 
\  vente  faite  à  Ftamtl ,  ci-Jprts.  f 

Sur  une  place  en  ruine  &  non  valoir 
faifant  coing  eh  ladite  rue.     .     .     .   ^     ^ 

Eft  écrit,  à  defFendre  après  les 
criées,  &  au  compte  de  i^$6  mar- 
quée  néant, 

(  Il  n'y  a  dans  cette  rente  de  1  liv. 
8  f.  que  I  livre  4  fols  du  droit  de  Fia- 
mel  j  l'autre  moitié  eft  du  droit  de  Per- 
nelle  ,  &  elle  étoit  revenue  à  la  Fabri- 
que avant  1438  par  l'accord  fait  avec 
les  Lormiers.  ) 

Sur  ang  Hoftcl  qu'on  difoit  l'image 
fainte  Catherine     ...      .     ,     *  6     lo 

Eft  le  tout  fondu  palTé  à  14 

""='•      •     •     •     •..îfrJlS?:^!-  """'• 
Rue  St.  Honore. 
Sur  ung  Fioftel ,  louaiges  &  appar- 

M  iv   ' 


iji  HisToiRï  CniTiaut 

tenanccs  qui  furent  à  Jehan  l'Abbé. . . 
affis  es  rues  St  Honoré  &  Si  Thomas 
àxx  Louvre ,  enfeigne  (fe  Ja  CroiTe.  . .-  ro 

(  Modérée  alors  du  parifis  au  tourn.). 

(  Maintenant  réduite  à  f  livres  par. 
ou  6  livres  tournois.  L'Ecrivain  la 
conftitua  lui-même,  le  vendredi  ii 
Février  135)4,  en  vendant  la  maifon 
fur  laquelle  elle  étoit  hypothéquée  à 
Pierre  h  Douyer ,  Ecuyer  ,  &  Conf- 
iance fa  femme.  La  maifon  étoit  rui- 
neufe  ^  &  ceux-ci  ne  payant  point  ^ 
clic  fut  mifc  en  criées  &  adjugée  a 
Flamd.  \\  ne  la  garda  pas.  Jean  de 
Hailles  ,  Savetier ,  la  polfédoit  ea 
1405",  &  fut  con<lamnéà  payer  la  ren- 
te. C'cfi:  peut-être  la  feule  des  rentes 
de  Flamcl  qui  foit  exiftanuc  ,  ou  au 
plus  une  autre  dont  la  note  m'cft 
cchappée. } 

Rue  de  Richekourg .  dite  du  Coq. 

Sur  roftel   du   Plat  d'eftain  .- . .  à 

Robin  Efnteré ,   l      l'2i 

Clos  ...  &  en  ruine  .  . ,  tranfportée  à 
Jehan  le  Bret  pour  8  liv.  16  fols  par. 

Rue  Guèrin  Bof£}au.  c'I  ;  hm 

Sur  une    Haftel  qui. fut  à  Henri  * 
thampy  ,  Fnppier ^7 

.  .  .  .  Longteras  en  ruine  &  inha- 
bité  né.int. 

Sur  rOftel  qui  fut  à  Ca/în  de  Va- 
penton 1  "    J 

En  ruine  cîtslong-tèm^.  .  .  .  nîant. 

Sur  rOftelquifut  àiî/VAjr/  Dubiùf- 
fcn ;     *   ^ 

^  ruine.    *     .     .     •     •      niante 


1^ 


'de  Nicolas  F  t  a  m  é  l.     if^ 

Sur  l'Oftel  de  la  Coquille.    .     .    ,         14 

£n  ruine.  II  n'y  a  que  place & 

chargé  de  rente.      ....    néant. 

Sur  roftcl  qui  fut  à  Pierre  GilUt  y 
ï  livre  4  fols,  modérés  à    ....        '^ 
En  ruine  ....  Place  vuide  pafle  à  14 
ans néant. 

Sur  rOilei  de  l'image  St  Chrifto- 
phle.     ..... 

Ledit  lieu  en  totale  ruine  ,  pafTc  à 
Ibng-tems  reçu  par  grâce  &  modéra- 
tion ,  de  Jean  Cochet ,  Maçon  ,  16 
fols  pout  fept  ans  ^  demi. 

Rue  Chapon^ 

Sur  ung  Hoftel  &  Jardin  qui  furent 
jadis  à  M^r«.  Jehan  de  Sentis.  ...    I      ^^ 

Tout  ed  fondu  &  n'y  a  que  gravois 
pafTé  à  5 1  ans.     ....     né-ant. 

Rue  St.  J^eniu 

Sur  rOftel  du  Bergier  .  .  .  oultrc  la 

Porte  aux  Peintres 5 

iong-tems  en  ruine  &  inhabité  ..... 
(  La  rente  tranfportée  à  Jeanne  Def- 
tourat ,  moyennant  une  pareille  rente 
de  s  livres.  ) 

Sur  l'Oftel  du  BoilTeau ...  à  Hugiiet 
de  Huiliers .5 

(  Modérée  du  parifis  au  tournois  les 
Marguilliers^  forcés  d'en  recevoir  le^ 
irachat  pour  5^  livres  parifis  le  15 
Septembre   1448. 

Sur  ung  Hoftel  &  louage  qui  fu- 
rent à  Michel  Piot  devant  l'Eglile 
^e  la  Trinité.      ,.»....    j     13 

iCrié  à^la-Requtc  des    Marguillicrs 

M  v 


2-74       H  I  s  T  O  I  R  E    C  R  I  T  I  QU  E 
de  St  Mciy  ....  La  rcnre  réduite  à  4 
livres  i  3  fols  4  deniers  pari/is.  ) 

Sur  ung  Holtel  &  Jardin  que  on  dit 
la  Croix  de  fer  ,  loué  à  Perrin  Giroujî, 
Laboureur  ,  1  livres  8  fols  par.  l'an.. .   i      10 

Sur  ung  Hoftcl  &  jardin  ....  loué 
à  Gil'ot  Chambrier,  Laboureur  ,  1  liv. 
8  fols  parifis  l'an 3      l^ 

(  Ces  deux  articles ,  joints  enfem- 
blc  dans  le  compte  de  i4f<î  ,  font  ré- 
duits à  1  livres  8  fols  pour  le  tour.  ) 

Sur  un  petit  Hoftel  &:  appentis,  Sec   ^ 
(  Modérés  du  parifis  i  u  tournois.  ) 

Suit  ce  titre. 

En  la  ville  de  Paris  ,  à 
Yillcneufve  le  Roy  ,  Nully  fur  Mar- 
ne ,  Corbueil ,  Granois  ,  Muily  l'Eve f- 
que  ,  &  autres  lieux  hors  Paris i?- 

EJl  ajouté. 

De  18  livres  parifis  de  ren- 
te par  an  .  .  .  fur  toutes  les  maifong, 
cens,  rentes,  Seigneuries  &  poife^p^- 
ons  (juelconcjucs  qui  furent  a  feu  Mt-e  • 
Jehan  le  Courant  :  riens  reçeu  par 
les  Marguilliers  à  l'occafion  des  pro- 
cès de  criées  &  autres  cmpefchemens 
furvenus,  &c.  Pour  ce  .  .  .  néant. 
(Cette  rente  de  18  livres  ,  la  plus 
forte  de  celles  que  l'on  voye  a  Flamel , 
paroît  être  -rcfTce  très-long-tcnis  en 
non-valeur.  On  voit  par  le  coinpre  de 
1464  ,  qu'cnfn  la  Fabrique  la  vendit , 
ou  le  droit,  à  Pierre  Froment ,  Chan- 
geur ,  &  la  réduiht  à  14  livres  parifis  , 
en  abandonnant  plusieurs  arrérages, 
/r(?/wt?/zr  hypothéqua  la  rente,  tant  fur 


.  DE  N  J  C  O  L  A  S  FlAMEL.  1J$ 
fa  mairon  rue  faint  Germain  l'Auxer- 
rois  ,  que  Gir  tous  Tes  autres  biens. 
Préientement  il  n'ell:  plus  queftion  Je 
celte  rcBte  ,  qui  peut  avou  été  rem- 
bourrée.) 


3  -^f*   rolio  fti-v.int  du  compte  ( 
"l  on  Lit  en  marge  ,  Ç 


V^,  Chapitre   de  recepte ,  (  <&.  ^^   des 

rentes  de  Flamcl.  ) 
Puis. 

Autre  rcceptc  à  caufe  des  ren- 
tes ,  &c.  de  par  Nicolas  Plamel ,  conf- 
tituées  &:  prinfes  fur  plufieurs  hérita- 
ges &  pofreiîîons  alîis  hors  Pans  es 
Villages  &  lieux  qui  en  fuivent. 

A  St  Laurent  les  Paris  ,  &  à  l' envi- 
ron. 

Sur  un  petit  jardin ,  derrière  une* 
m  aifcn  &  lieu,  en  ruine.    ...        i 

Sur  les  héritages  qui  furent  à  M'"^*. 
Simon  le  Pellerin i 

(Rachetée  par  les  Exécuteurs  de 
Pellerin  ,  en  145?,  pour  ^  4.  liv  par.) 

Sur  certains  Marets  aiTis  entre  Paris 
&  St  Laurent,  que  Nicolas  Flamel  don- 
na à  rente  à  Michiel  Bourgeois,   .    .   .   i 

Lequel  Bcmrgeois  s'abfenta  après 
avoir  vendu  les  Marets.    .     .   néant. 

A  la  villettt  St  -Ladre. 

Sur  une   maifon  ,  jardin  &  lieu  en 
ruine  en  la  rue  Notre-Dame.     ...  3 
(  Modérée  du.parifis  au  tournois.  )    • 

Sur  une  mazure ,  vignes  en  friches 
5:  environ  neuf  arpens  de  teae. .  •  •  5 

Mvj 


4 


i-j6    Histoire  CRrrrau-f 

Les  Propriéraircs  y  ont  renoncé  à 
caufc  de  la  charge  excefïïvc  d'yccux 
héritages  .  .  .  Loués  enruitc  fcukmcnc 
1  livres  8  fols  parifîs. 

Sur  hî>  maifons ,  vignes,  &:c.  qui  fu- 
rent à  Jehan  de  Prunieres ,  &:c    ...  4 

Sur  un  arpent  &  demi  quart  de  Pré  , 

&c I 

(Eft  ajouté)  riens  reçeu  pour  l'an 
1454,  (à  caufe  de  La  pauvreté  de 
^ejx  filles  Propriétaires ,   Sec.  ) 

Sur  une  pièce  de  terre  qui  Fut  à 
Maciot  ConJ'egre  ,  fur  le  chemin  de  St 
Mor  prés  la  Juitice  de  Paris 11 

Sur  une  pièce  de  vigne  ....  ou  lieu 
dit  la  ruelle  aux  Nonains.,  &ic.  au  Ucu 
de  I  livre  4  fols  par  modération,  a 
toujours .1 

Sur  tous  les  héritages  .  »  ►  feu  Jehan 
Piquet ,  3  livres  i  1  foU.  .  .  .  La  fem- 
ine  Oudin  Deladehors  s'eft  boutée  es 
<lis  héritages,   &  on  Ta  réduite  à  ..  .   i      121 

(  Le  26  Odobre  1447  ,  elle  paye  à 
compte  de  ce  qu'elle  dcvoit  trois  écir^ 
d'or  valanrs  ,  livres-  6  fols  pariiîs  ,  & 
cefTe  de  payer.  ) 

Sur  un  arpent  &  demi  d"e  terre  ,  ou 
icrrouer  de  Indite  villctte 16 

Sur  demi  arpent ,  bLc.  ou  licudit  les 
onze  arpens  ,  &:c 8 

Sur  demi  arptMit  ,  ou  lieu  dît  la  tue 

Notre  Dame  ^  &:c ^ 

(Rachetée  en  Décembre  I453  ,   pour 
4  hvres  16  Tels  panhs.  ) 

Sur  un  quartier  de  vingna,  ou  lieu 
dit  la  rue  Notre  Dame  ,  aboutitlant 

au  chemin  ,   &c ^ 

^ui  un  quarucr  de  fiiches ,  ou  lieu. 


1>E   NlCOt  AS    Fl  AMBt.       î/^} 
^  Forme  creux,  &c.     .....  x 

(Rachetée  en   145-5  ,  pour   i  livre  6 
fols,  p2iT  Simon  Crejfe,  Labouieur. 

Sur  une  pièce  de  friches»  &c.  .  .        13       4 
(Eft  écrit)  de  Jean  de  Valenciennes 
à  ladite  caufe  ^  riens  receu  pour  trois 
ans. 

Sur  uag  arpent  &  demi  quart  de 
terres  ea  friches  ,  &c 12. 

Sur  une  pièce  ....  ou  lieu,  dit  Clos 
Moijfan,  &c ^ 

A  la  Chapelle  St  Denis ^ 

Sur  un  quartier  dé  terre  en  deur 
pièces.  .....  baillé  à  Pierre  Fredin  Se 

Robin  chètart  ^  lefquels   de  nouvel  7 

ont  mis  vingnes.     .........       i^ 

Otheuit. 

Sur  tamai {on-,  vingnes,  terres,  &c. 
de  Jehan  l'Admiraulï.     .....    j 

Laquelle  rente  ell  de  par  feue  Pernelb. 
Ccft  écrit)  à  pourfuivre. 

SiP-efnes^. 

Sur  les  maisons  ,  vingnes  ,  jardins-, 
tic,  de  Jehan  le  Maiflre ,  aftis  en  la' 
•ville  de  Surefnes-,  &:  ou  terrouer  des 
environs,  &c.     . i        1^ 

Suit  ce  titre. 

A  Nant&rre  ,  Rue  il  y. 
Chatûu  ,  Houilles  ,  Vry  ,  ^ -plufieurs- 
AUires  pillages  eniour  Paris.. 

Les  À'iCt^  defFunts  Nicolas  Flamelî 
&  Prenelle  ,  jadis  fa  femme  ,  à  leurs. 
"fivans,  aToient  droits  de  rente  fur 


178        Histoire  Critique 

pluficurs  maifons  ,  prés ,  vingnes  & 
polVellions  ailis  aux  lieux  delFus  dit 
&  ds  environs  ,  dont  à  l'occalion  des 
guerres ,  grant  partie  font  fans  Pro- 
priétaires, en  ruyne  &  non  valoir. 
Pour  ce  icy  en  reccpte".  .  .  .  néant. 

Suit  h 

VI'  Chapitre  (  du  compte  ,  & 
le  troifieme  des  biens  provenus  de  Fia- 
me/.) 

Titre.     Louages  de  Maifons  à  Paris , 

de  par  N.  Plamcl. 
Puis. 

A  utre  recette  pour  deniers  ilTus 
&  venus  à  caufe  des  louaiges  de  plu- 
fîeurs  maifons  alTifcs  a  Paris.  ..donc 
la  propriccé  compère  &  appartient 
de  prclent  à  la  Fabrique  de  ladite 
Eglife.  Les  aucunes  depuis  deîfunr  N. 
riamel ,  &  les  autres  de  par  lui  & 
defFunte  Prenelk,  jadis  fa  femme  ,  &:c. 

Premièrement. 

Rue  des  Ecrivains  contre  l' Eglife. 

Du  louaige  d'une  petite  efchoppe  , 
Sec néant. 

Rue  de  Marivaulx  ,    au  coin  devant 
rE^life. 

Maifon  de  la  Pleur  de  Lis  ,  louée 
à  Jehan  de  Bucy  ,  Cloutier  ,  8  livres 
parifis  l'année;  puis  en  14^0  à  la  St 
Jean  11  livres,  &:  bail  renouvelle 
pour  quatre  ans  à  1 1  livres  parifis  ....    1% 


De  Nicolas  Flamel.     279 

VOJîel  du  Dalphîn  ,  ou  du  Porcelet , 
mime  rue. 

(Flamel  n'a  point  accjuis  par  lui- 
même  cette  maifon.  On  voit  au  folio 
55  du  compte  de  14?  i  à  1454,  que  la 
Fabrique  ,  en  conféquence  ces  criées  , 
accepta  la  propriété  de  cette  maifon  , 
fur  laquelle  elle  avoir  une  rente  du 
droit  de  Flamel ,  le  i  6  Avril  1431-51.  Pâc-iîes 

Il  en  efl:  ainfi ,  comme  j'en  ai  averti  ,  ]e  loAvra. 

de  plusieurs  autres  maifons  qui  vont 
pafler  en   revue.  ) 

Au  Rez  de  chauffée  de  Catherine  la 
Clergcjfe  ,  p.ir  an 16 

Premier  louage. 

Loué  à  Bourgine  Duviont ,  &:c.  par 
an S 

Second  louage. 

Loué  pour  8  fols  parifîs  ,  puis  inha- 
bité pour  la  ruine  du  lieu  ,  loué  en 
143  o  à   Colin  Ober  y  par  an  ....   I        4 

Troijîeme  louage» 

Loué  en  145-3 i       4 

LOftel  de  timage  St  Jean  ,  même  rue. 

(  II  appert  par  le  folio  8 1  du  cor  pte 
de  1416  à  1431  ,  que  cette  maifon  fur 
acquife  par  la  Fabrique  ,  à  caufe  de 
fept  livres  parifis  de  rente  du  droit  de 
Flamel,  qui  y  étoient hypothéquées  : 
elle  en  retiroit  charges  acquittées  )  ...   i      ^      ^ 

Rue  des  Ejîuves ,   près  la   Croix  du 
Tiroer. 

Maifon ,  enfcignç  de  la  Nef  d'ar- 


iS'o       Histoire  Cmricîrrff 

gcnr.  (  Venue  à  la  Fabiic|ue  après  Fia- 
jncl,&  par  l'abandon  fait  par  ditfcrens 
Rentiers.  )  Les-  Marguillicrs  y  renon- 
cèrent a  caufe  de  la  ruine  6c  charge  dc- 
SQiftç  ,  le  2.8  Septembre  1 446.  Pour 
ce  en  rccepte     .     .-.-..    néant. 

Rue  Qaiquenpoit. 

Maifon  ,  à  l'image  St  Chriftophe  ,. 
(acquife  depuis  Plamel ,  à  caufe  de  6 
livres  parifis  de  rente ,  comme  le  porte 
ie  compte  de  là  veuve  Nicolas.  ) 

Louée  à  JuLian  de  Nantron  (  cjui  ne 
payoit  point.  )  Par  an.  .     .     ,  i^ 

Rue  Au  Maire ,  coin  de  la^  rue  des 
Cordiers, 

Maifon  avec  un  jardin,  à  l'image 
Notre-Dame. 

Louée  à  Rcgnault  Duijfeau ,  Pro  • 

cureur  en  cour  d'Eglife l       4 

(Il  mourut  endcté  de  douze  ans  &demi, 
faifîant  fa  veuve  &  fes  enfans  pauvres 
&  miférablcs.  )  Et  eft  écrit  .  .  .  néant. 

Cette  maifon  peut  avoir  appartenu 
à  Flamcl;  mais  ayant  été  mife  en 
criées^  la  Fabric^ue  y  a  renoncé. 

UOflel  joignant  du  Plat  d'ejlain  ,  en 
ladite  rue ,  qui  efi  de  par  dejfunt 
Nicolas  Flamel&  Pernelle  ,  jadis  fa 
femme.   (  Enfeigne  dû  U  Pelé.  ) 

ReVaûe      Loué  par  an ..11^ 

pour  Pern.  (  Acquis  tant  par  la  Fabrique  ,  que  par 
&v.  ci-ap  la  Confraine  des  Lormier«  ,  à  caufe  de 
ladécK  des  ^  Uvrcs  parifis  de  rente  que  Flamel  & 
cet"^  f  m^  Pernelle  av oient  eus  en  deux  achats  : 
mc^  ilécoic  ea  ruine  dés  le  cems  deFlameh 


T)ï    NiCO  L  AS   Fl  AMEt.       l8l 
Ayant  été  donné  à  rente  en  1467,  celui  D«ceC^ 

qui  l'avoit  acquis  difparut.  ) 

Rue  du  Temple,   l'OJiel  qu'on  dit  a 

limage  Ste.  Katherine^  {devant 

la  Croix  de  fer.  ) 

Maifon  Jouée  à  Colin  Boudin  ,  par 
an I     S 

Au  terme  de  Pâques  1453  ,  ledit 
Hoftel  fut  ars  par  cas  de  fortune  ^ 
&  depuis  on  n*y  a  pu  demeurer  . . .  ► 
Guillot  Lainfnc  &  fa  femme ,  alors 
Locataires,  obligés  à  îa  lomme  de 
huit  écus.  d'or ,  pour  loyers  &  doma- 
ges ,  fur  quoi  on  reccui  en  Septembre 
16  fols. 

(ledit  Hoftel  eft  mis  néant  au  C".  <îe 
14  j  6  ;  comme  en  ruine  &  non  valoir 
long-tems  a 

(  Je  n'ai  point  trouvé  Torigine  de 
cette  maifon  ,  qui  fera  venue  à  la  Fa- 
brique, comme  la  plupart  de  celles 
dont  il  eft  parlé  dans  ce  Chapitre, 
c'eft-à-dire ,  faute  du  payement  de  la 
rente  afîîgnée  delTuç.  ) 

L'OJiel  de  la  Croix  de  fer  en  ladite 
rue. 

MaifonJaifànt  coing  de  la  rue  Paf^ 
tourelle. 

Louée  à  Jehan  Vuran,  1  tiv.  par. 
Tannée,  puis.     .     .     .     .     .     --5     4 

(On  lit  au  C^^.  de  la  veuve  Nicolas) 
Je  laquelle  maifon  icelle  Egîife  eft 
devenue  Propriétaire  ,  après  ce  que  par 
long-tems  elle  avoit  été  en  criées  ,  &:c. 
(  Ce  fut  à  caufe  de  4  livres  parifls  da 
«nu  4r-droit  de  FlameL  ) 


i8i      Histoire-Critique 

Rue  des  GravilHers ,  l'OJlel  deTAfrie 
rayé. 

Maifon  louée  à  Perette  la  Roquerie^ 
par  an.      .     .  .     .     ...     .1     lir 

Venue  à  la  Fabrique  au  moyen  d'une 
rente  du  droit  de  Flamel ,  défignée  pe- 
tite maifon  à  appentis ,  couverte  d'ef- 
faulne  ...  en  péril  de  fondre  de  jour 
en  jour,  &  chargée  de  grant  rente  , 
tranfportée  àJadite  Perette  pour  ^  liv. 
11  f. 

Même  rue,  ,;,  ,_i  j,, 

Maiure  &  petit  jardin,*er(  tiiinc , 
donnée  à  Jehan  Doulfire  ,  Procureur 
à  la  charge  des  fonds  de  terre  &  par 
année ig  ' 

Ladite  rente  tranfportée  à  M"^ 
Guillaume  de  Culant ,  en  1453  ,  poUr 
8  livres  pariiîs. 

Rue  St  Martin,  tOJielde  l'image  St 

Chrifiophle,  ' 

Maifon ,  faifant  le  coing  de  la  rue 
V.  cîdef-  du  Cimetière  St.  Nicolas ,  louée  à  Afj- 
fus,f7.  lie,  Met  Drujon  ,  Tixerand  de  draps ,  par 

»''^^««        an  ... î 

(  La  Fabrique  a  eu  cette  maifoa 
par  fes  droits,  en  gamifTant  les  au- 
tres Rentiers.  Le  Procureur  de  la  Ville 
y  renonça  le  17  de  Mars  1431.  Du  C*^. 
de  1451  à  1434. 

L 'OJlel  de  la  Henfe  ,  ou  Heufe ,  mé' 

me  rue,  ■  *» 

Loué  à  Pierre Pdfquier,Coidoï\nicr,  jj'j  1.')  j 
peur  1  livres  lo  fois  parifis  j  puis .  .  .j.3  •  47 


DE  Nicolas  Flamel.     1S3 

L*Oftel  de  la  belle  Image ,  au  coin  de 
la  rue  de  Montmorency. 

Loué  à  Perette  de  Tanlers^,  3  livres 
4  fois  ,  puis  à  Michault  Pafqu'ur ^ 
Cordonnier  ,  par  an ^     i  ^ 

Rue  de  Montmorency  ^  oiiltre  le 
coing  de  la  belle  Image* 

Premier  louage  par  bas. 

Ledit  lieu  loué  à  Jekan  Frayere  ,  par 

an i^ 

Second  louage  par  las. 

Ledit  loué  pour  1 4  fols  par  an  , 
puis  à  Gérard  de  Lannoy    .     ,      ,     .    j 

Ou  porche  de  ladite  première  mai- 
jTon  où  il  y  a  quatre  louages. 

Premier  louage  par  hault. 

Ledit  loué  à 5£?A?-7 /j  Piott.  •  •  ^'  •       \% . 

Second  louage  par  hault. 

Ledit  loué  pour  8  fols  ,  puis  à  la 
y^MWt  Jehan  Roujfeau jj, 

Troijïeme  louage  par  hault*  • 

Ledit . .  . ,  demoura  inhabité  depuis 
1444  jufqu'à  la  St  J^han  1447  ,  puis 
loué  a  Jehanne  Devaulx  ,  par  an  .  . .       20 

Quatrième  louage  par  hault. 

Ledit  lieu  loué  pour  8  fols  parifis  l'an  ^ 
puis  fermé  deux  ans  de  fuite.  Eufuite 
loué  à  Jehanne  de  la  Porte, qui  ne  paya 
pas 8 


1Î4     Histoire  CniTiat'ï 

Seconde  mai/on  en  ladite  rue  ^  &c. 

Le  bas  loué  pour  t  6  fols  par  an , 
puis  à  Jehan  Julioit,     .     .     .     .     .   j     a 

Autre  louage  par  bas. 

Ledit  loué,  1  <'.  1 6  fols ,  puis  à  Lye- 
narde ,  veuve  Régnier  Rault 1        a 

Ou  porche  de  ladide  féconde  mai- 
fbn  ,   ouquel  a  quatre  louages. 

Premier  louage  par  hault^ 

Ledit . . .  loué  à  Girard  de  Lannoy , 
fax  an l'i^ 

Second  louage  par  hault. 

Ledit. . .  .[zjehanne  Loi  fille,  par 
an • ïi 

Troifieme  louage  par  hauU. 

Ledit  I®.  p  fols ,  puis  a  Jehanne  le 
Sage ,  qui  tie  paya  pas.   .     .     .     •       iq 

Quatrième  louage  par  hault. 

Ledit  1°.  5  fols  ,  puis  inhabité, 
puis  à  Jehannette  la  Cordiere^  qui  ne 
paya  pas ,  par  an     .     .     .     .     ►     .         5 

Tierce  maifon  en  fuivant,  qui  eft  1 
grant  Pignon,  devant  le  puits. 

Premier  louage  par  bas  .- 

Ledit ....  loué  i"".  16  fols  ,  puis  k 
Cuillemain  SainHe  ,  Varlet ,  Cordon- 
nier, par  année  ► ï     4 

Second  louage  par  bas. 

Ledit .  »  , .  à  Pierre  Molevani ,  p«£ 


DE  Nicolas  Flamel.       285 

JBtn ....  I     4 

Ou  porche  de  ladide  grant^maifon  , 

Premier  louage. 

Ledit ....  à  Denifot  Honoré  .  i  <>, 
Xo  fols,  puis      .......       12, 

Seconde  louage, 

A  Alifon  Labrocque,       -     ,<     .     .        -^^ 

Troïfieme  louage- 

A  Jacquelot  la  Bouchère  ,  î  2. ,  puis 
inhabité ,  puis     ....'...       10 

Quatrième  louage, 
A  Amelot  Laleve  ,  i  z  fols  ,  puis  à 
Jehanne  Laboutrade,     .....        iq 

Cinquième  louage. 

Loué  1  °.  .8  ibis  &  ^  fols  ,  puis  in- 
habité pendant  txois  ans.  Puis  à  Jehan- 
ne  la  Tejftne ,  par  an To 

Sixième  louage, 

Ledit par  an  à  Jehanne  Lahou." 

tarie* 10 

Septième  louage. 

A  Denife  Dupont ,   par  an i  o 

{  GcfTa  d'être  loué ,  à  la  St  Jean  1450 , 
comme  trophaut  &  pénible  a  mou.  r.) 

En  ladite  rue,  &c.  la  maifon  où  eft 
le  puits. 

Premier  louage  où  efl  le  puits. 

Loué  à  Jckannetu  U  Sueuje ,  par 
an  ..,.,,...     .     .       J3 

Second  louage  tenant  en  fuivant. 

A  la  Gelijffbne ,  par  an  ...    .      1 1 


/ 


lî(y     Hl  S  T  O  I  R  E    Cr  I  T  I  QUI 

Rue  St.  Martin  ,  rOful  de  la  Pomme  rouge ,  au 
(Oing  de  la  rue  auMUn,  {t^J^^ît/^'l'At') 

(Ccft  une  maifon  que  Flamcl  n'a  jamais  pofl'é- 
dée  ,  ni  aucune  rente  qui  y  fut  hypothéquée.  Elle 
concerne  l'exécution  de  Pernellej  ainfi  c'eft  uq 
lurabondant  aux  revenus  du  Fondateur ,  que 
nous  lailTons  ici  avec  quelques  autres  que  l'on  a 

V*id.  /.  p.  pu  remarquer. 

'^'  Les  Lormiers ,  qui ,  comme  il  a  été  dit ,  ven- 

dirent la  partie  de  maifon  du  lot  de  Pernelle  , 
achetèrent  en  1419  de  Marie,  veuve  de  Jean 
de  Hoden  y  Libraire  juré  en  tUniverfité  ^  une 
j-ente  de  8  livres  parifis ,  hypothéquée  fur  cette 
maifon  de  la  Pomme  rouge. 

Dans  l'accord  que  ceux-ci  firent  avec  la  Fa- 
brique en  1444,  ils  lui  remirent  ces  8  livres. 
Enfuitc  la  Fabrique  acheta  quelques  autres  ren- 
res  hypothéquées  fur  la  même  maifon.  On  en  dé- 
couvre une  de  5  livres  parifis  ,  une  autre  de  i 
livre  parifis.  {a)  Et  dans  i'adle  de  vente  ou  rachat 
fait  en  1451 ,  les  Marguilhers  font  appelles  Dé- 
temteurs  &  Propriétaires  de  la  maifon  :  mais 
dix  ans  auparavant,  vers  1442-,  Perrin  Ger- 
main &  Marie  fa  femme  ,  enétoient  pofieffeurs. 
Peut-être  les  Marguilhers  i'aYoient-iis  fait  met- 
tre  en  criées.) 

(  Dans  le  compte  que.  nous  fuivons  ,  cette 
maifon  eft  dite  avoir  éîé  )  en  grant  ruine  &  dé» 
folation,  telle  qu'on  ne  pouvoit  dcmourer,  ni 
habiter. 

Malaquin  ,  Sergent  à  Verge,  Com- 
mis aux  réparations.  Puis  ledit  Hôtel 
loué  du  confcntcmcnt  dcsMarguiUicrs, 

{a.)  Cette  féconde  rente  avoic  écé  donnée  à  Vercttt  \a 
Piloife  bo-jre  femme  Crcticnve  ,  demourj7it  ù  Paris  en  la  fojfe 
AUX  chiens  ,  autrement  dite  Btthify.  Celui  qui  délivra  le 
don  (\ix.Mtre.  Jthan  Aguenin  ^  Préfident  au  l'arlemenc , 
comme  Exécuteur  de  feu  fitc  Jehan  de  J^am^martin  ^ 
tfivant  £.chevin  CT*  Bour^eoij  de  Paris, 


D  Ê   Ni  CO  L  A  s    F  L  A  ME  L.       iS/ 
à  Jean  Lolitr  &  Baudet  Sery  ,  par. 
année i  z  I.  1 6  f. 

Rue  St  Martin  y  iOftd  de  la  Croix  blanche , 
au  coin  de  la  rue  Guerin  Boijfeau ,  (devant 
la  Piflbte  St  Martin,  (6*  aujjî ^  Pichotce, 
^u  compte  de  1457,  &c.  ) 

(  Maifon  acquife  par  la  Fabrique  de  Saint- 
Jacques  ,  en  conféquence  des  droits  de  Flamel.  ) 
L'Ecrivain  acheta  le  onze  de  Novembre  1 3  î?o  , 
pour  3 1  francs  d'or  du  coin  du  Roy  ,  une  rente 
de  ilivres  6  fols  parilîs  ,  hypothéquée  fur  cette 
maifon.  N'en  étant  point  payé ,  il  fit  faire 
les  criées  de  la  maifon  dont  on  lui  remit  le 
décret  le  19  Novembre   141 4. 

En  1468  ,  l'Abbé  &Convent  de  Julli  çn  firent 
li  l'acquifîtion  pour  6  livres  parifis  de  rente. 
;      Elle  paffa  enfuite  en  main  de  quelques  par- 
'  ticuiiers ,  &  Philippe  le  Vafleur,   dernier  Dé^ 
,  tempteur  ,  ne  payant  point  la  rente  de  z  liv. 
6  fols ,  la  Fabrique  fit  faire  des  criées  qui  fini- 
rent en  1505.  Quatre  Experts  qui  viiiterent  la 
maifon  ,  difent  dans  leur  procès  verbal  db  vifite  :         Du  10 
Eu  égard  à  tajjîette  d'icelle  maifon  aux  grandes  Nov.ijoj. 
réparations  qui  y  font  à  faire    &  au  tems  de 
ffréfent  y   nous    l'avons  prifée  la  fomme  de   82. 
[livres  tournois  ,  d'argent  comptant  pour  une  fois  , 
ou  la  fomme  de  5  livres  10  fols  parijïs  de  rente 
par  an  ,  rachetable  pour  ladite  fomme  de  î^  liv, 
10  fols  tournois  ,  en  enjuivant  le  prix  des  ordort- 
nances  Royaux. 

Quant  au  Compte  que  nous  venons 
d'extraire  ,  il  y  eft  dit  que  cet  Hoftel 
1  été  longtems  en  grant  ruine ,  clos 
&  inhabité  ,  jufqu'au  1 6  Août  14^0; 
^u'il  fut  maçonné  &  loué  à  Jehan  Gra- 
yieny  2  livres  4  fols  parifis  l'année. 
Après  la  mort  de  Gï^ùzn, Martin  Por- 
her  le  loua  3  livres  4  fols  j  puis  il  fut 
Hisauprixde  .    .    * r     t 


283      H  I  s  T  O  I  Kt    C  R  I  TI  QTJ  E 

Après  le  long  extrait  que  l'on  vient 
<îe  lire  ,  un  objet  qui  pourroit  encore  in- 
térelFer  ,  eft  le  fort  qu'ont  éprouvées 
dans  la  fuite  une  quantité  des  parties 
de  rentes ,  ùw  lefquelles  il  n'a  rien  été 
dit.  Les  vuides  que  forment  le  défaut 
de  plulieurs  comptes  ,  en  font  perdre  la 
trnme.  P'e  plus,  c'eft  un  travail  qui  a 
paru  inutile. 

i-.ous  ajoutons  feulement  Tex trait 
d'un  Mémoire  anciennement  drelTé  pour 
Tinftrudtion  particulière  des  Marguilliers 
de  faint  Jacques.  Il  fe  trouve  dans  un, 
petit  regiftre  en  parchemin ,  écrit  avant 
l'année  1^61,  (a)  On  y  lit  entre  autres 
Tel  itir  annotations  :  Ec  pour  accomplir  les  cho- 
fes  dejpus  dicles  ,  ledit  feu  Nicolas  Fla^ 
viel  a  donné  &  laijfé  à  toujours  à  tEuvrc 
&  Fabrique  de  ladite  Eglije ,  l'Ofiel  de  la 
fieur  de  lis  ^  f^if<^nt  le  coing  de  la  rue 
Marivaulx  devant  Vvys  de  VEglife ,  les 
Hojlels  de  la  belle  image  &  appartenant 
ces  es  rues  Saint-Martin  &  de  Montmo- 

{si)  Avant  t année  \j^6v.  On  peut  en  tirer  la 
preuve  de  ce  que  ce  regiftre  non-feulemenc  ne  fait 
point  mention  àz  la  maifon  dn  coin  de  la  rue  Gue- 
rin  Boiifeau  ,  dont  il  auroit  pu  parler  ;  mais  prin- 
cipalement de  ce  cj^i-mI  dit  que  les  rentes  laifTces 
par  iV.  Ko/tUrd  &  (a  femme  pour  leurs  fonda- 
tions, ctoient  petdues.  Ccpendan:  Jeanne  Du^ 
puis  ,  veuvç  de  Boulard ,  rétablit  ces  rentes  ,  conv 
EÉT.  p.  196.  me  on  le  voit  dans  rEll'ai ,  par  Ton  reftament  du 
z\  Mars  14^4?  >  ^  P^r  fon  codicille  du  i^  Dé- 
cembre 14^1  ^  ^^  Fabrique  entra  en  joui/rance 
de  ces  nouvelles  rentes  le  11  de  Novembre  146 1, 

r^ncy. 


«J 


DE  Nicolas  Flamel.  iS^ 
rency  ,  avecques  certaines  rentes  en  &  fur 
plujieurs  waifons  &  Lieux  ^  dont  &  des 
quelles  rentes ,  la  plus  grant  partie  font 
perdues  &  infolvables. 

Le  Rédaâeiir  du  regiftre  ne  recon- 
noiflToit  donc  comme  maifons  venues 
par  Flamel,  que  celles  dont  j'ai  parlé 
dans  la  féconde  Partie  de  cet  Ouvrage  ; 
avec  cela  certaines  rentes  qui  îe  per- 
cevoient  encore.  Ces  rentes,  excepte 
celle  qui  eft  établie  fut  la  maifon  de  la 
croffe  rue  St  Honoré ,  &  peut-être  une 
autre ,  ne  fe  montrent  plus  ;  elles  au- 
ront été  perdues ,  ou  plufieurs  ayant  été 
rembourfées ,  auront  été  appliquées  à  l'en- 
tretien àts  maifons  :  &  les  maifons 
fituées  dans  un  quartier  bien  différent  de 
l'état  où  on  l'a  vu  au  tems  de  Flamel , 
font  louées  alfez  avantageufement ,  pour 
fournir  tant  à  leur  entretien ,  qu'à  l'ac- 
quit des  fondations  ordonnées  par  ce 
Teftateur. 


F  I  N. 


N 


190   Histoire  Critique 


Pièces  tirées  des  Archives  de  la  ParoiJJe 
de  St  Jacques  de  la  Boucherie  _,  rela- 

■     cives  à  rilijioire  de  Nicolas  Flamel  & 
de  Pernelle, 
i}7i-  i^.     Don  mutuel  fait   enfe  Flamel  &    Pernelle. 

jwc.  piccc  I.  A  Tous  ceux  qui  ces  prcfentcs  Lettres  ver- 
dc  la  r^ic.  y\ionc.  Hugues  Aubriot,  Garde  de  la 
'*  ri, a  i-  ^^^^ofté  de  Paris,  Salut.  Savoir  faifons  que 
tic  d'un  m  pardevant  Bcnoift  Dufollé  &  Jehan  Taboue, 
vencairc  Cicrcs  du  Roy  ,  Notre  S?^  depar  lui  eftablis  en 
^r/' t^'^  Ton  Chaftellet  de  Paris  pour  ce  ,  furent  perfo- 
dï  SrLicq.'  nelrti^^^t:  eftablis.  Nicolas  Flamel  &  Prenclle  fa 
fait  eu  femme  demourans  à  Paris,  a  laquelle  femme 
»*;^î'-  ledit  Nicolas    donna  &  ottroya  ,  &  elle  agréa- 

blement print  3c  rcçcut  en  elle  autorité  ,  pouvoir, 
congié  &  licence  de  faire  palTer  &  accorder  de  elle 
avec  Ton  dit  -nari,  toutes  &:  chafcune  les  cliofes 
en  ces  Lettres  contenues  &  efcriptes. 

Lefquels  mariés  atendans  £z  confidérans  le 
grant  amour,  affinité,  les  grsns  c^  agréables 
.  ferviccs ,  la  granc  paix  d'ilkclion  Se  concorde 
que  l'un  apporte  à  l'autre  depuis  la  célébration 
de  leur  mariage,  portent  à  préfentSc  attendent 
par  bonne  cLpérance  ,  à  l'aide  N.  S.  J.  C.  incef- 
lammcnt  faire  Se  porter  l'un  à  l'autre  ou  tems 
advenir. 

Confilérans  aufTi  qu'ils  n'avoicnt  aucuns  hoir? 
<ie  leuts  corps  ,  5c  que  les  biens,  meubles,  Se 
conques  immeubles  qu'ils  avoicnt  acquis  avant 
leur  mariage  Se  durant  icclui ,  ils  avoient  ac- 
•quis  à  grant  peine  Se  travaux ,  &  encore  au  plaifîr 
de  Dieu  Se  par  leur  bonne  diligence ,  en  gfpc- 


DE  Nicolas  Fla  M  Et.    191 

roienr  acquérir  pîufîeurs  durant  leurdi  tmariage: 
voulans  Ôc  defirans  de  tout  leur  pouvoir  chafcun 
en  droit  foi  efchever  tout  vice  d'ingratitude  , 
&  rémunérer  li  uns  à  l'autre,  &  l'un  envers 
l'aucre  de  leurs  devans  dis  biens  ,  meubles  &  iru" 
raeubles  ,  pour  la  confîdération  devant  dide. 

Eux  ,  de  leurs  bon  grés  ,  bonnes  volentés  d'un 
mémeconfentement ,  accort  &  volenté  ,  &  mef- 
mcmcnt  ladid:e  femme  ,  ce  réputant  par  bon 
confeil  eu  avec  plulîeurs  de  (es  affins  :  reco- 
gneiircnt  &  confelî'erent  pardevant  IcCdis  Clercs, 
Notaires  jurés ,  comme  pardevant  nous  ea 
droit,  avoir  fait  &  paiTé  &  accordé,  firent, 
paiferent ,  &  accordèrent  irrévocablement ,  de 
bonne  foy  fans  aucun  rappel,  l'un  à  l'autre, 
grâce  mutuelle  &  don  pareil  de  tous  leurs  biens, 
meubles  &  immeubles  ,  acquis  Se  à  acquerre  du- 
rant Icurdit  mariage ,  &  qu'ils  auront  &  pofle- 
deront  au  jour  &  heure  que  le  premier  d'eux 
deux  ira  ie  vie  à  trefpairemenc ,  félon  ce  que  ci- 
delfous  fera  dit  &  arrêté. 

C'eft  aflavoir  que  ils  vouldrcnt ,  confenti- 
rent  &  exprelîément  accordèrent  dès  maintenant 
par  la  teneur  de  ces  préfentes  Lettres  ,  que  ce- 
lui des  deux  qui  furvivra  l'autre  ,  tantort  &  in- 
continc  nt  après  le  décès  du  premier  allé  de  vie 
2  trefpaflement ,  aie ,  tiengne ,  joilTe  ,  polfedc 
&  exploite  paifîblement  feul  &  pour  le  tout , 
tant  comme  il  aura  vie  naturelle  en  fon  corps, 
en  quelconque  eftat  ou  habit  qu'il  foit  ou  de- 
meijgue  :  tous  lefdis  biens ,  meubles  &  immeu- 
bles, acquis  &  acquerre  comme  diteft,  fans 
aucun  trouble  ou  empefchement  que  les  hoirs 
ou  ayans  caufe  du  premier  mourant  y  miffenc , 
ou  doient  mettre  5  &  fans  ce  que  icelui  fur- 
vivant  en  foit  tenu  de  bailler  aucune  caution 
plegerie ,  ne  face  aulcun  inventoire  :  nonobf- 
tant  drois  les  ftilles  &  Couftumes  de  la  ville  de 

Ni; 


192.  H  I  s  T  O  I  R  E  C  R  I  T  IQU  E 
Paris  ,  les  quelx  les  ftilles  &  Couftumcs ,  ils 
dès  maintenant  pour  lors  vouldrenc  eftre  tenus 
pour  nuls ,  de  nnle  valeur  ,  force ,  vertu ,  effet, 
ians  ce  aufTi  que  lefdis  hoirs  ou  ayant  caufe  y 
puifTent,  ou  doivent  aucun  droit  avoir,  ou  de- 
mander ,  ou  réclamer ,  à  caufe  de  fucccfTion  ,  ou 
aukrement. 

Et  voulurent  encorcs ,  &  accordèrent  expref- 
fcment  ,  que  icelui  furvivant  de  tous  iceux 
leurs  meubles  &  héritages  acquis  &  acquerre , 
&  de  ceuls  qu'il  polfede ,  tant  de  fon  pro- 
pre,  comme  autrement,  en  fa  derreniere  vo- 
îenttf ,  puirte  ordéncr  tout  à  fa  pleine  volenté  , 
fi  comme  bon  lui  femblera.  Réferve  toutes 
voies  au  premier  mourant,  que  il  des  dis 
biens ,  meubles  Se  acqucs  immeubles  puifle  pren- 
dre jùrtcmen:  Se  ordener  en  ia  dernière  volenté 
pour  Ton  teftament  obfèque.  Et  s'aucuns  de 
leurs  hoirs  &  ayans  caufe  s'etforcoient  d'aler 
en  aulcune  manière  contre  cefte  préfente  grâce 
muraeie  &  don  pareil ,  ou  contre  aucunes  des 
chofes  en  ces  préfentes  Lettres  contenues  ,  eulx 
&  chafcun  d'eulx  ,  chafcun  pour  tant  comrae.il 
lui  touche  &  peut  touchier  &  appartenir ,  des 
maintenant  pour  lors,  les  privèrent  &  privent 
a  tous  jours ,  mais  perpécuelment  de  toute 
icelle  cfthoite  &  fucceHion. 

Pour  toutes  les  quelles  chofes  deffus  dites 
&:  chafcunes  d'iccUes  faire  $z  du  tout  en  touc 
entériner  &  accomplir  ,  yccux  mariés  firent , 
conftituerent ,  nomm.crent  &  eftablirent  l'un 
l'autre  Exécuteurs ,  &  (de)  foy  Commilfaire  en 
cefte  partie.  Et  vouldrent  encore  par  exprès 
convenant  quefc  cette  grâce  valoir  ne  povoit , 
par  manière  de  grâce  &:  de  don  pareil  3  que 
elle  vaille  &  tiengne  par  la  meilleure  voye  Se  ma- 
nière mielx  valoir  poura  Se  devra  ,  non  obftanc 
Suckonqucs  droi:s  Yo  ftUies,  couliiwncs  &  cfla- 


CE  Nicolas  Flamel.    29^ 

fclilTemens  de  villes  ,  de  lieux  &  de  pais  ad  ce 
contraires.  Et  ne  pouronc  iceux  mariés,  ou  aul- 
cun  d'eulx  en  aucune  manière  rappcller  ou  ad- 
nichiller  les  chofes  ci  defTus  contenues  ,  efcrites 
&  devifces  ,  il  ce  n'eftoit  d'un  même  confen- 
tement ,  voîenré  &  accort  ,&  l'un  devant  1  au- 
tre. Et  prinfdren:  d'abondant  iceuls  mariés, 
chafcun  pour  tant  comme  a  lui  touche  ,  par  leurs 
fermens  fais  &  jurés  aus  fains  Evangilles  de 
Dieu  &  par  la  foy  de  leurs  corps  pour  ce  donnée 
corporellement  es  mains  des  dids  Notaires  ju- 
rés comme  en  l'ame;  toutes  &  chafcune  les 
chofes  deifus  dicl:es  &  en  ces  Lettres  contenues , 
avoir  &  tenir  à  toujours  ferm.«s  ,  eftables  & 
agréables  ,  f^ns  venir  ou  dire  contre.  Et  pour 
ce  en  obligèrent ,  &  pour  obligés  delelTerent 
l'un  à  l'autre  ,  6c  l'un  envers  l'autre ,  eulx , 
leurs  hoirs  j  tous  leurs  biens  &  les  biens  de 
leurs  hoirs  ,  meubles  &  immeuble:^ ,  préfens 
&  advenir  ;  les  quelx  ils  foubmeftent  du  tout 
à  jufticc  j  par  nous  &  nos  fucceifeurs  Prévoft 
de  Paris ,  &  par  tous  autres  JuiHciers  foubs 
qui  jurifdidion  ils  font  leus  &  trouvés.  En  te(>- 
moing  de  ce  ,  Nous  à  la  relation  des  dids  No- 
taires jurés,  avons  rais  à  ces  Lettres  le  Scel 
de  la  Prévofté  de  Paris,  qui  furent  faites  Se 
pafiecs  doubles  l'an  de  grâce  ,  mil  trois  cent 
foixante  &  douze  ,  le  Mercredi  fept  jour  du  mois 
d'Avril  ,    devant  Pafques  Fleuries. 

J.  TABOUE.  B.  DUFOSSÉ; 

j4âe  de  renouvellement  du  don  mutuel  fait  entre      ^î^*^" 
F'.amel  6*  Perielle. 

IL   A     Tous  ceux  qui  ces  préfentes  Lettres  ver-      2    pièce 
,rV.i.'ont,  AudoinChauveron,  Chl-.  C".  de  la  icie. 
du  Roy  N.   S?^  Garde  delà  Prévolté  de  Paris  ,  ^^fj^^^^ 
Salut.    Savoir    faifons    oac    pardevaut  Giles  ji^]^^^^* 

N  iij 


194     Histoire  Critique 

Chaon  &  Guillaume  Prcdur ,  Clercs  jurés  ê\l 
Roy  notre  dit  S§^  de  par  lui  eftablis  ouChaf- 
tellet  de  Paris,  furent  préfens  Nicolas  Flamel , 
Efcripvain  ,  demeurant  à  Paris ,  &  Pcrette  fa 
femme ,  à  laquelle  à  l'inflance  d'icelle ,  ledit 
Nicolas  fon  mari  donna  &  ottroya ,  &  elle 
prift  de  receut  en  elle  agréablement  ,  pouvoir, 
autorité ,  congié  &  licence  de  faire  paiTer  &: 
accorder  d'elle  feule  &  avecques  lui ,  ce  cjui 
s'en  fuit. 

Les  quels  mariés  eftans  en  bonne  fanté  de 
leur  corps  l'a  Dieu  merci.  Attendans  Se  eonfî- 
dcians  les  grans  biens  ,  amitiés ,  curialités  Se 
fervices  que  par  long-tcms  ils  ont  fait  l'un  à 
l'autre*,  font  encore  incelîamment  de  jour  en 
jour,  &  feront  au  plaifir  de  Dieu  encore  plus 
curieufement  l'un  à  l'autre  ,  tant  comme  ils 
feront  &  vivront  enfemble  par  mariage.  Con- 
ildcrans  auiTi  les  gians  peines  &:  travaulx  ,  la 
bonne  cure  &  diligence  que  un  chafcun  d'euls 
a  eu  &mis  pour  avoir  Se  acquérir  aucuns  biens- 
meubles  &  conquefl:  immeubles  que  N.  S.  J.  C. 
de  fa  gïâcc  leur  a  pieués  en  ccite  riiortele  vie. 
Défirans  par  bonne  affcdion  pourveoir  &  re- 
médier l'un  à  l'autre  à  ce  que  un  chafcun  d'culx 
tant  comme  il  vivra  en  ce  monde,  puiffe  mieux 
avoir  fa  vie  honeftement  félon  fon  efi:at  : 
pour  ce  les  dis  mariés  de  leurs  bons  grés,  b(  n- 
nes  volentés,  propres  mouvcmens  &^  certaines 
fcienccs  &  de  couraige  joieulx  ,  reccgnurcnr  8c 
confeifercnt  fans  aucune  fraudulcufe  indudion 
ou  décevance  avoir  fait ,  firent  &  font  en:rc 
euls  &  l'un  à  l'autre  ,  grâce  mutucle  £<  don 
cfgal  de  tous  leurs  biens-mcublcs  &  conqueft 
immeubles,  que  eux  deux  enfemble  durant  leur 
dit  mariage  ont  fais ,  acquis ,  &  acquerront 
durant  icelui.  Voulans  &  ordenans  par  la  te- 
neur de  ces  Préfentes ,  que  lefeurvivanr  &  dcxrc- 


DE  Nicolas  Flamel.  295 
nier  morant  d'eulx  deux,  aift  &  tiengne  pai- 
fîblement  fans  contredit  le  cours  de  fa  vie  du- 
rant, toute  la  part  &  portion  dudit  premier 
morant ,  de  tous  les  dis  biens  meubles  &  con- 
nues immeubles ,  fans  en  donner  pour  ce  feu- 
reté  ou  caution  aux  hoirs  dudit  premier  mo- 
rant ,  ùC  fans  en  faire  inventoire  non  obftant 
drois  ou  coiiltumcs  ad  ce  contraires  ,  fauf  toutes 
voies  Si  refcrve  audit  premier  morant  ,  que  fur 
la  dide  partie  &  portion  des  dicts  biens  ,  il 
poura  prendre  tclc  partie  de  biens  oi  fommc 
de  deniers,  comme  bon  lui  femblera  pour  taire- 
fon  tcftainent ,  ou  ordéuance  de  derreniere  vo- 
lente  félon  fon  eftat. 

Et  oultre  ce  ,  vouldrent ,  ordenerent  &  ac- 
cordèrent les  dids  mariés  l'un  à  l'autre  que  le- 
did  feurvivant  &  dernier  morant  puiiîe  donner  , 
aumofner  Sz  diftribuer  fain  du  enferme  par 
fon  t-efcamentou  autrement  en  fon  vivant  com- 
me il  lui  plaira  ,  toute  la  partie  &  portion  da 
dit  premier  morant ,  de  tous  les  dis  biens-meu- 
bles &  conques  immeubles  à  telles  perfonnes , 
Religieux,  Eglifes,  povres  &  miferables  per- 
fonnes conjointement,  ou  en  appnt  ;  ou  conver- 
tir à  faire  célébrer  MeiTes ,  ou  autres  aumofnes 
piteables  comme  bon  femblera  au  dit  feurvivant, 
&  en  fa  confcience   feulement. 

Et  pour  ce  que  diteft,  faire  accomplir  les 
di(fts  mariés,  firent  &  font  l'un  l'autre  Exécu- 
teur &  foy  CommilTaire  en  confcience  pour  le 
falut  &  remède  de  Tame  dudit  premier  morant , 
dès  maintenant  pour  lors  non  obOian:  drois  , 
coutumes  ,  ne  aultres  chofes  ad  ce  contraires. 
La  quelle  grâce  mutuelle  les  dicts  mariés  voul- 
drent vouloir  fortir  &  avoir  fon  plain  efFed  dès 
maintenant  fans  la  jamais  rappeler,  ne  révo- 
quer ,  fe  toutes  voies  d'un  commun  accort  ils  ne 
la  vouloient  rappeiler  cnfembk  &  eftre  nulle, 

N  iv 


t^6    Histoire    Critique 

Et  pour  tenir  &  accomplir  ce  que  dit  eft  ^ 
&  pour  non  jamais  venir  encontre  ,  les  dids 
mariés  obligèrent  &  obligent  l'un  envers  l'autre 
tous  leurs  biens  ,  leurs  hoirs  ..  &  les  biens  de 
leurs  huirs,  meubles,  non  meubles,  préfens 
&  à  venir ,  que  ils  ont  pour  ce  fournis  à 
juftice  ,  vendre  &  exploiter  par  nous  ou  nos 
fucceireurs  Prévoft  de  Paris  ,  &  par  tou-  aultres 
JuOiiciers  foubs  qui  juridiction  ils  feront  trouvés. 
En  renonçant  du  tout  exprelfément  par  leurs 
fermens  &  foy  pour  ce  donnés  &  baillés  es 
mains  des  dic'ts  Notaires ,  jurés  à  tout  ce  que 
l'en  pouroic  dire  contre  ces  Lettres,  efqueUes 
Nous  en  tefmoiag  de  ce  à  la  relation  des  dids 
Notaires  jurés  avons  mis  le  Scel  de  la  dide 
Prévoflé  de  Paris.  Ce  fut  fait  &  palTé  l'an  de 
grâce  mil  trois  cens  quatre  vint-fix  ,  le  Lundi 
ilixjeme  jours  du  mois  de  Septembre. 

G.  PREDUR.     G.  CHAON. 

Flamel  &  Pernelle  firent  un  troifieme  acîe 
de  don  mutuel  le  Vendredi  1 8  du  mois 
de  Septembre  1588,  pardevant  de  la 
Noe&  Maugier^  Notaires,  On  ne  i'in^ 
fere  pas  ici  ,  parce  qu  excepté  quelques 
phrafes  que  Von  a  données  dans  l'Ou- 
vrage  ,  il  ejl  en  tout  femblable  à  Vacle 
de  Vannée  1386  ,  qui  vient  d'être  rap- 
porté. 


i35<?.       Rutification  du  don  mutuel  f^ite par  FLmcl  & 
PtrnelU. 

4e.  pièce,  III.  "J^JIcolas  Flamel  &  Pernelle  fa  femme, 

1  li  aatorifée  fur  ce  dudit  Nicolas  &c.  loc- 

renc  rawiiieient  &  orenc  trcs-agréablc  toutes  5c 


DE  NicotAs  Fia  M  EL.    297 

chafcunc  Lettres  &  ordonnances,  promeiTes  , 
accois,  grâces  mutucles,  dons,  aumofnes , 
tranlpors  &  autres  cliofcs  qui  peuvent  avoir  été 
faites  &  palîées  d'un  commun  accort  &  confen- 
tcmenc  en  cjuelque  manière  que  ce  foit  ,  fans 
rien  excepter  félon  leur  forme  &  teneur.  Eticel- 
les  chofcs  ,  grâces  &  ordonnances  voldrent  dès 
maintenant  pour  lors ,  Se  des  lors  pour  main- 
tenant ,  eftre  tenues  &:  accomplies  fans  aler  ou 
faire  dire  au  contraire  par  voye  de  teftament 
de  dernière  voulenté  ,  ne  autrement  :  en  débou- 
lant &  voulant  eftre  déboutés  a  plain  tous  hé- 
ritiers &  autres  qui  vouldroicnt  aler  au  contraire, 
&c.  Non  obflani  drois,  coultumes ,  ne  autres 
chofes  à  ce  contraires  ;  racfmement  que  à  ce 
avoir  fait ,  fe  tiennent  moult  tenus  en  confciencc 
pour  certaines  caufes  &cc.  promet ,  chafcun  par 
foi  &c.  pour  le  tout  &c  ,  obiigr.  &c.  coux  èzc. 
Ren.  &c.  garent  fe  mcRier  elî  &c.  Jurt.  VoP. 
&c.  Fait  l'an  mil  trois  cens  quarrevins  &feze  , 
le  Samedi  cinq  jours  d'Aouft. 

BEAUVAIS.    DELANOË. 


Tejiament   de  PemelU  ^  femme  de  N.  Flamd,      î5?7« 

IV.    A     Tous  ceux  qui  ces  préfentes  Lettres  ver- 13  c.  pièce 
xA.ront.    Jehan  Seigneur    de   Eolleville,  '^^i?  '-'^' 
Chevalier  Confeiller  du  Roy  Notre  Sgr.  Gardé  c^Iplli^! 
de  la  Prévofté  de  Paris.  Salut.  Savoir  faifons 
que   pardevant  Guillaume  Dtlaporte  &  Jehan 
Béguinot ,  Clercs ,  Notaires  jurés  du  Roy  Nôtre 
dit  SS^  de  par  lui  eftabiis  en  fon  Chaftcllet  de 
Paris ,  fu  perfonnellement  eftablie  Perrenclle , 
femme  Nicolas  Flamel ,  Efcrivain  &  Bourgeoi* 
de  Paris  enferme  de  corps  ,  toutes  voyes  laine 
de  penfée,  &  de  bon  &vrai  entendement  :  ar- 
tendant  &  en  foi  fagement  conûdéranc  que  n  ed 

N  y 


%c)^     Histoire  Critique 

chofe  plus  certaine  de  la  mort ,  ne  chofe  moins 
certaine  de  l'cure  d'iceile.  Et  pour  ce  que  en  fa 
£n  elle  ne  feuH:  &  foit  trouvée  impourvue  ,  non 
voulant  de  ceft  ficclc  trcfpairer  en  l'autre  intef- 
tatc  ;  mais  tendis  cjue  fens  &  raifon  gouvcr- 
noient  fa  pcnfée  ,  penfant  aux  choies  célcftieux  , 
&  defirant  pourvcoir  au  falut  &:  remède  de  Ton 
ame  ,  fift  &  ordena  ou  nom  du  Tcrc  &  du  Fils  Se 
du  Benoift  Saint-Efprit.  Amen.  Son  tedamcnt 
ou  ordenance  de  dernière  voLknté  ,  en  la  forn.e 
&  manière  qui  s'en  fuit. 

Premièrement ,  elle  comme  bonne  &c  vraie 
Catholique  ,  recommanda  &:  recommande  dévo- 
tement Ton  ame,  qusnd  Ton  co:ps  dépanira  à 
la  BenoifteTrinité  de  Paradis  ,  la  glorieufe  Vier- 
ge Marie  ,  à  Mgî".  St  Michel  Archange  ,  à  Mr.  St 
Pierre ,  St  Pol ,  St  Jacques  ,  &c  à  M^^  Ste.  Ca- 
therine ,  &  à  tous  les  Saints  &  Saintes  de  la  be- 
noîte &  ccleftiele  Court  de  Paradis.  Et  après  or- 
dena Ton  corps  erre  mis  &  baillé  a  la  Sépulture  de 
Ste  Eglife,  la  quelle  Sépulïure  elle  eflut  ou  Ci- 
metière des  Sa'.ns  Innoccns  à  Pans. 

Item.  Elle  voult  ,  ordéna  &l  par  exprès  cora- 
menda  que  toutes  Tes  debtes  quelconques  dont 
il  apper^oit  &  apperça  à  Tes  Exécuteurs  cy  après 
nommés  ,  feuiîent  &  foient  payées  &  fcs  torf'ais 
amandes  par  iceulx  fcs  Exécuteurs." 

Item.  Elle  voult  &  ordéna  fon  luminaire  eftre 
fait  le  jour  de  Ton  obsèque  de  trente  deux  livres 
de  cire. 

//^/w.  Elle  IclTa  aux  quatre  Ordres  Mcndians 
a  Paris,  c'eft  aiTavoir  ,  Cordellicrs  ,  Jacobins  , 
Quarmes  &  Aueufiins  ,  à  chafcune  d'icelles  qua- 
tre Ordres,  6  lois  parilis  pour  dire  vigiles  pour 
l'ame   d'elle. 

Item.  AiLx  Religieux  de  l'Oflel-Dieu  de  Paris  , 
pour  dire  vigiles  ,    8  fols  pariliS. 

Jtem.  Aux  malades  du  du  Hoflel-Dieu ,  8  fols 
|>arilîs* 


DE  Nicolas  F  t  a  m e  t .    l'pjy 

Item^  A  lOfpiral  du  Saint- Efperit  en  Grcvc  , 
pour  dire  vigiles  pour  elle  ,    8  fols  panfis. 
Item   Aux  OrpheiiriS  du  dit  lieu  du  St  Efperit  , 

5  fols  parifis. 

Item.  Aux  Quinze-vingt  Aveugles  de  Paris, 
pour  dire  vigiles  pour  elle  ,  8  fols   parifis. 

Item.  Elle  voult  &  ordena  4  livres  1 6  fols  par, 
cftre  donnés  &  convertis  ou  prouliît  du  difner 
qui  fera  fait  k  jour  de  fon  obstque. 

Item.  Elle  voult  &  ordena  le  jour  de  fon  trcf- 
paffement  ,  la  fomme  de  8  livres  tournois  eftre 
donnée  &:  auinofnée  pour  Dieu  a  plulieurs  poviLS 
gens  par  les  dis  Exécuteurs. 

Item.  Elle  voult  &  ordena  treize  MefTes  de 
Requiem  ,  eftrc  dûtes  &  célébrées  le  jour  de  fon 
obfeque  en  TEglifc  St  Jacques  de  la  Boucherie 
à  Paris. 

Item.  Elle  voult  &  ordena  le  lendemain  de 
fon  obséoue ,  deux  Méfies  à  note ,  à  Diacre  , 
à  Soubs-Diacre  ,  pain  &  vin ,  eftre  chantées  & 
célébrées  de  Requiem  :  c'eft  alTavoir,  l'une  en 
îa  dicle  Eghfe  de  St  Jacques  de  la  Boucherie  , 

6  l'autre  en  l'Eg-life  des  Sains  Innocens  a  Paris- 

o 

Item.  Elle  Iciîa  a  l'Euvre  de  la  Fabrique  de  la 
dide  Eglife  de  St  Jacques  ,  dont  elle  eftoit  Pa- 
roilTiane  ,    11  livres  tournois  pour  une  fois. 

Item.  Au  Curé  de  la  didle  Eglife  ,  40  fois 
tournois. 

Item.  A  chafcun  des  quatre  Chappellains  di 
ladiéle  Eelife ,   10  fols  tournois. 

hem.  Elle  Iclfa  à  M"^.  Jehan  Adam  fon  Con- 
feffeur  ,  l'un  d'iceulx  quatre  Chappellains  oukre 
kiiit  lais,  vint  fols  tournois. 

Item.  A  chafcun  des  deux  Ckrcs  d'icelle  Egli- 
fe ,  5  fols  tournois. 

Item.  Elle  lelTaau  luminaire  N.  D.  en  la  dicle 
Eglife,    10  fois  tournois. 
'  It^ffi,  A  iaCoafrâiriç  St  Jacques  6c  St  Chrif- 

Nvj 


500     Histoire  Critiqui 

toflc  en  la  dide  Eglife  ,    lo   fols  tournois. 

Item.  Elle  leifa  a  la  Confiairie  Sce  Anne  ,  fon- 
dée en  icclle  Eglifc  ,   lo  fols  tournois. 

Item.  A  la  Fabrique  de  l'Eglife  desSts.  Inno- 
cens  ,  lo  fols  tournois. 

Item.  Elle  voult  &  ordéna  deux  annuels  cllre 
fais  &  célébrés,  c'elè  alfavoir  ,  par  deux  ans 
prouchains  en  fuivans  après  Ton  trefpalî'ement  , 
chafcun  jour  en  l'Eglife  St  Jaques  de  la  Bouciie- 
xie  à  Paris  ,  une  Meile.de  Requiem,  à  pain, 
vin  &  chandelle,  Lefquels  annuels  &  Mcifcs 
elle  voult  &  ordena  eftre  fais  &  célébrés  par  le 
dclfus  nommé  M""*.  Jehan  Adam  ,  &  par  M"^. 
Jehan  Baillet,  Preitres  >  c'ell;  aliavoir,  par  l'un 
d'iceux  le  premier  an  ,  &  par  l'autre  le  fécond  an. 
Item.  Voult  &:  ordena  iîxMefTes  de  Requiem  , 
eftre  pour  une  fois  dittes  &  célébrées  pour  feue 
Prenelle  Dehanigues, 

Item.  Voult  &  ordéna  fix  autres  Meffes  de 
Requiem,  Pour  une  fois  cflre  dittes  &:  célé- 
brées pour  feu  Clément  Dehanigues. 

Item,  Voult  &  ordéna  quatre  Melfes  de  Rc- 
^  quiem  eflre  dittes  6c  célébrées  pour  une  fois  à 
l'ordénance  &  voulenté  de  fes  Exécuteurs ,  pour 
feu  Guillaume  de  Laïgny  .^  Ton  coufin. 

Item.  Elle  leifa  à  l'Euvre  N.  D.  de  Paris  ,  lo 
fols  tournois. 

Item.  Elle  voult  &  ordena  la  fommc  de  3^ 
livres  tournois  eftre  convertie  &  employée  à  l'or- 
dénance de  fes  dids  Exécuteurs  ,  tant  pour  dire 
&  célébrer  Me/Tes  de  Requiem  pour  une  fois  , 
pour  feu  Raoul  Lethus  ,  jadis  fon  mari  ,  com- 
me pour  é:re  convertie  à  donner  pour  Dieu  à 
povres  gens  ,  filles  à  marier,  &  en  euvres cha- 
ritables :  les  quelles  Mclfes  feront  dides  en  la 
diéle  Eghfe  de    t  Jaques  de  la  Boucherie. 

Item.  Voult  &  ordena  un  voyage  eflre  fait 
une  fois  par  un  homme  Pèlerin  ,  depié  ,  à  N.  D. 


DE  Nicolas  Flamel.       501 

de  Boulongnc  fur  la  mer  ;  auquel  Pèlerin  pour 
ce  faire  ,  elle  vouit  4  livres  tournois  eftre  bail- 
lées &:  payées  par  les  ditffcs  Exécuteurs  :  Lequel 
Pèlerin  fera  chanter  &  dire  en  l'Eglife  N.  D. 
ou  dit  lieu  deux  Meffes  ,  c'eft  aflkvoir  ,  l'une  du 
Saint-Efperit ,  &  l'autre  de  N.  D.  &  offrira  un 
cierge  de  cire  ,  pefant  douze  livres  ,  &c  II  payera 
pour  chafcune  MeiTe  i  (ois  pariiîs. 

Item.  Elle  le/fa  à  la  fiHc  Jehannete  la  Pa^ 
quote  en  accroiillment  de  fon  mariage,  6  liv. 
tournois. 

l!em.  A  Martin  qui  a  accouflumé  de  donner 
feaue  benoifie  en  1  EgUfc  Se  Jat]ucs ,  >  fols 
tournois. 

hem.  A  Chafcune  des  cinq  povics  perfonnes 
qui  ont  accouftumé  de  feoir  &  de  dcmaiider  l'au- 
mofne  ou  portail  ou  l'en  efpoufe  les  maries  en 
J'Eglife  du  did  St  Jacques  ,  i  fols  6  den.  rourn, 

hem.  A  cuafcune  des  autres  povres  perfon- 
nes qui  ont  accouftuiîié  de  fcoir  au  plus  près  de 
la  chaiere  où  l'en  prefche  en  la  dide  Eglife ,  i 
fols   6  deniers  tournois. 

hem.  Aux  povres  de  Stc  AvoyeàParis,  lo 
fols  tournois. 

hem.  Aux  povres  de  la  Chapelle  que  fonda 
Eftiennc  Hdutdry  ,    i  o  fois  tournois. 

Item.  A  Jehan  fils  Clément  de  Hanigues  ,  jadis 
fon  mari ,  ou  cas  que  l'en  le  poura  trouver  ,  lo 
livres  tournois  pour  une  fois  ,  &  fi  l'en  ne  îc 
peut  trouver  ,  elle  voult&  orJéna  icelles  lo  liv. 
tournois  eftrc  données  &:  aumofnées  pour  Dieu 
à  la  voulcnté  &  confcience  de  fes  diéls  Exécu- 
teurs. 

hem.  Au  fils  de  feu  Jehan  le  Maire  Qitamet , 
pour  Dieu  &  en  aumofne  ,  4  livres  tournois. 

hem.  A  Guillauifie ,  Oudin  ,  &  Colin  ,  enfans 
de  feu  Guillaume  Lucas  (a)  fes  neveux ,  à  chaf- 

(/'■'  T  "<;  trois  enfans  appelle?  dans  cet  article  ,  enfans- de 
feu  GtiUlatme  Lucas  ,  &  neveux  de  Pernellc  j  font  noiU' 


^01     Histoire  Critique 

cun  d'iceulx  enfFans ,   8   livres    tournois. 

hem.  Perrinct  fils ,  M"^'^.  Jehan  François  Ton 
filleul ,  4  livres  tournois. 

Item,  A  Jehannetue  Lalarge  ,  Ton  meilleur 
chapperon. 

Jtem.  A  Jehannette  la  Flaminge  ^  chandcllicrc 
de  cire  ,  vendent  à  St.  Jaques  Ton  autre  chappe- 
ron de  violet. 

Item.  A  Jehannette /j  Paquote  ,  une  cote  ver- 
meille de  marbre  &  un  chapperon  que  elle  mef- 
toit  chafcun  jour. 

Item.  Cmq  fîens  courfcs  fourres  de  blanc ,  à 
cinq  povres  pcrfonnes  telles  comme  Tes  dids 
Exécuteurs  aviferont  en  leurs  confcienccs  cftre 
bien  employés. 

Item.  Elie  laiifa  encore  à  la  dcffus  nommée 
Jehannette  U  Paquote ,  une  cote  de  marbre  ver- 
meille. 

Item.  A  Avelot  la  Charonne  ,  tant  pour  Dieu  y 
comme  en  récompenfe  de  certains  agréables  fer- 
vices  que  elle  lui  avoit  fait,  lo  fols  tournois  ôc 
une  cote  hardie  que  elle  mettoit  chafcun  jour. 

Item.  A  Jaquclot  de  Senlis ,  fa  bonne  cote 
hardie. 

Item.  A  rofpital  du  Haultpas ,  5  fols  tourn. 
Item.  A  Perctte  D libre uil ,  vint-deux  fols  fîx 
deniers  tournois. 

Item.  A  Maline  &  à  TalTuie  Defrcfne  ,  à  chaf- 
cune  de  elles  en  accroiiîcment  de  leur  mariage  , 
60  fols  tournois. 

Item.  A  Mengin  ,  jene  Clerc  ,  fon  varict , 
pour  Dieu  ,    i  livre  ^  fols  tournois. 

Item.  A  Pierre  Lcfannidlr ,  demeurant  en  Çot\ 
hoftel,  pour  DieuSc  en  aumofne  ,  i  hvrc  tourn. 

mes  dans  une  Semence  du  Châtelet  du  30  Odobre  1 597  ^ 
enjans  d'IfabeV.e  ^  fcrur  de  Pcrnelle     C'cllcc  qui  prouve 

3u'ils  étoicnt  iffus  d'un  piemier  mariage  ,  qu'Ifabelle  faut 
e  Pernelle  avoit  contracté  avec  Lucas  ^  avint  d'cpoufci 
îeiricc» 


D  E  'N  IC  O  L  A  s    r  L  ^  ME  L.      5O5 

Item.  A  Gjutier  Ton  varie:  pour  femblable 
caufe  ,    I  livre  tournois. 

Item.  Elle  voult  &:  ordena  toutes  Tes  chemifes, 
chaufTes  ,  coitfes  <Sc  menues  befongiics ,  appartcr 
nans  à  fon  habituation ,  edre  données  pour 
Dieu ,  la  où  il  (emblera  à  Tes  dids  Exécuteurs 
eftie  expédient  &:  bien  employé. 

Pour  toutes  &  chafcune  les  chofes  de/Tus  dic- 
tes entériner  &  mettre  à  exécution  duc  ,  icelle 
Teftatrelfe  fill  ,  eflut ,  nomma  &;  ordena  Tes  Exé- 
cuteurs ,  Tes  amés  &  feaulx  ,  vénérable  &:  dif- 
crete  perfonne  M''^.  Hcrvy  R.oujJ'eau  ,  Dotteur 
en  Décret,  «Se  Curé  de  faint  Ja(.|ues  de  la  Bou- 
cherie à  Paris.  Honorable  homme  M  '''^.  Jehan 
François^  Tabellion  ApolloHqae  &  Impérial,. 
Rogier  Clofier  &  Jehan  Harangier  ;  à  chafcun 
des  quelx  pour  entendre  &  vacquer  diligement 
ou  fait  de  l'exécution  du  dit  teitament ,  elle 
lelfa  4  livres  tournois. 

Aus  quels  fcs  dis  Exécuteurs  ou  aux  deulx 
'diceulx  ,  elle  donna  &  ottroya  plain  povoir,  au- 
torité &  mandement  efpécial  de  cePc  (îen  préfcnc 
teftament  ou  ordenance  de  dernière  voulenté  : 
payer  ,  entériner  ,  &  accomplir  bonnement  & 
loyaument.  Et  pour  ce  faire  Te  deilaili  &  devefti 
es  mains  des  àicïs  Notaires  de  tous  Tes  biens- 
meubles  &  immeubles  ,  &  par  ces  préfentcs  en 
revefli  &  faifî  Tes  dicls  Exécuteurs  :  en  foubmef- 
tant  l'exécution  de  fon  dict  préfent  teftament  ou 
ordenance  avec  le  fait  ,  l'audition  &  reddition 
du  compte  d'icelle  &:  des  dépendances  a  la  Coure 
de  la  Prévofté  de  Paris.  Et  révoqua  &  révoque 
la  dicte  Teftatrelfe  ,  rappella  &  mift  au  néant  , 
tous  aultres  teftamens  ,  cediciles  &  ordénances 
de  dcrreniere  voulenté  fait  par  elle  ,  paravant  ce 
{ien  préfcnc  teftament  auquel  elle  fe  arrefta  , 
&  icellui  voult  forrir  fon  plain  tStt ,  &  valoir 
par  droit  de  teftament ,  decodicile  ,  d'ordenan- 


304       HlS  TOIR  E    C  R  IT  I  QU  1 

ce  de  dcrrcnierc  voulcnté  &  autrement  par  tou- 
tes les  meilleures  voycs  &  manières  que  valoir 
povoit&  devoit  tant  de  droit  &  raifon  comme 
de  couftume. 

Item.  Là  dide  TeftaterfTe  de  Ton  propre  mou- 
vement fans  autrement  être  fur  ce  circonvenue, 
fî  comme  elle  difoit  ,  rappcll.i  &  révoqua  en- 
tièrement dès  lors  toutes  les  lettres  ,  tant  mu- 
tuelles de  don  cfgal ,  comme  autres  que  paravant 
le  dit  jour  de  Ton  dicfl  teftament  elle  povoit , 
ou  avoit  pu  avoir  faites  ,  ottroyées  &  palfées 
à  Nicolas  Flamel  fon  mari  &  avecques  lui  :  eu 
voulant  que  auculne  foy  ne  fuftou  (bit  adjouf- 
téc  à  icelles  lettres ,  &  en  les  adniclnlant  & 
mettant  du  tout  au  néant  par  ces  préfentes.  En 
témoin  de  ce  ,  Nous  à  la  relation  des  didts  No- 
taires avons  mis  le  Scel  de  la  dide  Prévofté  de 
Paris  à  ces  Lettres,  qui  furent  faites  &  palTécs 
J'an  de  grâce  mil  trois  cent  quatrc>vingt-dix-fepr, 
le  Samedi  vingt-cinquième  jour  du  moisd'Aoàt. 
BÉGUINOT.  DELAPORTE. 


13 97*  Codicille  de  Pernelle. 

aie.  pièce  V.    A    Tous  ceux  qui  ces  préfentes  Lettres  ver- 
JiaT"d^  yA-font.  Jehan  Seigneur  de  Folleville  ,  Chir . 

CbâP.  Ib.  ^^'■*  ^^  ^°y  Notre  S§'.  Garde  de  la  Prévofté  de 
Paris.  Savoir,  faifons  que  parde.ant  Mile  Du- 
brcuil  &  Jehan  Maugier  ,  Clercs  ,  Notaires  jurés 
du  Roy  notre  dit  S§^  eftablis  ou  Cliaftekt  de 
Paris  ,  fil  perfonnellement  cftablie  Prenelle  fem- 
me de  Nicolas  Flamel  Efcrivain  ,  demourant  à 
Paris  en  la  rue  au^rEfcrivains  ,  ParoilTe  St  Jac- 
ques de  la  Boucherie ,  enferme  de  corps ,  fairtc 
de  penfée  &  de  entendement ,  comme  il  appert  : 
difant  comme  elle  eût  fait  fon  teftament  &  or- 
daiaacc  de  dernière  voukuié  ,  dès  le  Samedi  pre- 


DE    NiCO  L  A  s    Pl  AME  t.      305 

mier  jour  de  ce  préfenr  mois  de  Septembre  ,  par- 
mi lequel  ces  Préfentes  font  annexées.  Et  que  en 
diminuant  &  ajoutant  à  icelui  ,  la  dite  Prenelle 
avoir  voulu  &  ordenné  ,  voulft  &  ordenna  par 
ce  préfent  codicille  ,  ce  qui  en  fuit ,  pour  le  boa 
falut  &  remède  de  Tame  d'elle  &  de  tous  Tes 
parens,  amis  &  bienfaiteurs. 

Et  premièrement  vouk  Se  ordéne  ladite  Pre- 
nelle ,  que  la  grâce  mutuelle  &  dcn  pareil  &  ef- 
gal  piéça  fait  entre  ledit  Nicolas  Ton  cher  Se 
bon  ami  ,  compaignon  Se  mari  Se  elle  :  la  quelle 
elle  avoir  révoquée  &  adnuiléc  par  Ion  dit  tefta- 
ment  3  tiengne  ,  vaille,  ait  &:  fortifTe  Ton  plain 
effet ,  valeur  &  vertu  en  toute  fa  teneur  ,  claufes 
&  points  fans  en  rien  diminuer ,  Se  que  fon  die 
mari  en  joilTe  félon  le  contenu  d'icelle  fe  il  la 
furvit ,  non  obftant  ladite  renontiation  ,  ne  au- 
tres chofes  quelconques. 

Outre  vouk  &  veut  la  dite  Prenelle ,  Se  orden- 
né que  fon  dit  teftament  ne  puilfe  erre  accompli, 
fors  par  fes  Exécuteurs  nommés  en  icellui  & 
par  le  dit  Nicolas  fon  Seigneur  &  mari ,  le  quel 
tlic  nomme  Se  eflit  fon  vrai  ami ,  Exécuteur  & 
de  foy  Commifiaire  avecques  fes  autres  Exécu- 
teurs nommés  ou  dit  teftamentdont  ci-delfus  eft 
fait  mention  ,  ou  par  les  trois  d'iceulx  feule- 
ment ,  non  obftant  S-:  combien  quelle  eût  voulu 
par  fon  dit  teftament  que  deux  de  fes  Exécuteurs 
le  puifent  faire  &  accomplir. 

Item.  Ladite  Prenelle  lailTa  pour  une  fois  à 
Ifabelle  fa  fœur,  femme  de  Jehan  Perrier,  qui 
cft  la  plus  prochaine  Se  habile  a  être  fon  héri- 
tière ,  la  fomme  de  ^00  livres  tournois,  mon- 
noye  courante  à  préfent ,  à  prendre  (ur  tous  fes 
biens-meubles  Se  héritaiges  après  fon  trefpaife- 
ment,  par  les  mains  de  fes  dicls  Exécuteurs, 
pour  tous  les  droits  de  fuccelTion  Se  hérédité  que 
dk  pouroit  .^voir    Se  demander,  en  tous  les 


50(5     Histoire  Critique 
biens-meubles ,  debtes  ,  créances  &  héritages  dc- 
niourants  du  décès  de  elle.  En  après  ,   la  dite 
Prenelle  voult  &  ordenna  ,  veult  &  ordcnne  , 
cjue  tout  le   réfida   de   tous  les  biens  meubles 
ôc   debtes ,  créances  &  héritaigcs  &  polleffions 
quelconques  de  elle  après  fon  dit  tcftamcnt  payé 
&  accompli ,  &  les  dictes  300  livres  tournois  une 
fois  payées  à  fa  dide  feur  ,  pour  ce  que  dit  efi:  j 
le  dit  Nicolas  fon  mari ,  joifTe  &  en  ait  les  fruits, 
proufîts  &  revenues  a  plain  fa  vie   durant ,  & 
cjue  après  fon  trefpaffement  tout  icellui  réfidu 
foit  converti  &   employé  par  l'ordennance  de 
fes  dicls  Exécuteurs  ,  tant  pour  l'ordennance  de 
quatre  Meffes  bafles  de  Requ'am  ,  que  la  dite 
Prenelle  voult  &  ordennc  par   cefiui  codicille 
eftre  célébrées  à  toujours  pcrpéruclment  par  chaf- 
cunc  fepmaine  ,  en  l'Eolifc  faint  Jacques  de  la 
Boucherie  dont   elle    eit  Paroi iTienne  :  pour  le 
falut  &   remède  des  âmes  d'icclle  Prenelle ,  de 
fes  parens,  amis  &  bienfaicleurs ,  comme  pour 
&  en  certaines  œuvres  pitéabies  &  charitables  , 
qui  faites  font  pour    Dieu  &  en   aumône  par 
l'ordennance  &  vouienté  de  fes  dids  Exécuteurs. 
Item.  Elle  veut  que  fes  dids  Exécuteurs  6c 
le  dit  Nicolas  ,  ou  les  trois  d'iceulx  accomplilfent 
ceftui  fîen  codicille  avec  fon  dit  teftament  en 
leur  donnant  pouvoir  ,  autorité  &  mandement 
cfpécial  de  ce  faire.  En  ordonnant ,   ces  Préfen- 
tes &  fon  diâ:  teflament ,   réferve  ce  que  defTus 
eft  dict   excepté  ,   avoir  prendre  &   fortir  leur 
effet  &  vertu  en  tous  les  points  &  claufes:  volant 
la  dide  révocation  être  mifc  &  la  met  au  néant , 
&  que   tout  ce  vaille  &  tiengne  par  la  meii- 
leure    forme  &:   manière  que   valoir  pourra  <Sc 
devra  de  droit  de  tcftament ,  de  codicille  ,  de 
dernière  voulcnté   &  autrement    Es  mains  de 
quels  fes  Exécuteurs  de  fon  dit  mari  &  des  troi 
d'iceux  pour  le  tout,  elle  cv;dc  6c  uaufporie 


DE  Nicolas  Flamel,    307 

tous  Tes  biens-meubles ,  debtes ,  héritaiges  Se 
poflefTions,  &  les  oblige  pourtour  à  ce  accom- 
plir en  les  foubmettant:  quant  à  ce  ,  à  la  jurif- 
didion ,  cohercion  &  contrainte  de  la  difle 
Prévofté  de  Paris  ,  &  d'iceulx  fe  défmet  jusqu'à 
plein  accomplilîement  &  entérinement  de  ce  que 
dit  eft,  &  foubmets  auffi  Ton  exécurioa  &  la 
reddition  d'icellc  à  la  dide  jurifdidion  de  la 
prévofté  de  Paris.  En  tefmoing  de  ce,  Nous 
à  la  relation  desdirs  Notaires  avons  mis  le  Scel 
de  la  diâ:e  Prévofté  de  Pans,  à  ces  Lettres  qui 
furent  faites  le  Mardi  Quart  jour  de  Septembre 
1397* 

J.  MAUGIER.    M.  DUBP.EUIL. 


Quittance  donnée  pour  jolde  de  compte  par  Jean     1 358. 
Perler  6»  IfabelU  jœur  de  Pernelle. 

VJ.  TElian  Perier  &  Ifabeau  fa  femme  ,  auttori  ,-?.  pièce 

J  fee&c.  confcifcnt  avoir  eu  Se  receu  des  Exé- J;  la  ip. 
cuceurs  du  teitament  &  codicille  de  dernière  vou-  ^^^^^  ^^JJ* 
lenté  de  feue  Perrenelle ,  jadi§  femme  ds  NicoInS- 
Fianxel ,  par  la  main  du  dit  Nicolas  l'un  d'iceulx 
Exécuteurs  ,  la  fomme  de  ic©  livres  tournois  , 
préfens  les  Notaires,  enblans  de  10  den.  tourn. 
pièce ,  pour  la  refte  folucion  &  par  paie  de  la 
îbmme  de  300  livres  tournois  ;  en  quoi  les  dis 
Exécuteurs  ou  nom  &  pour  ladiclc  exécution  5c 
par  l'ordennancede  la  divfle  deffunre  faite  ou  dit 
codicille,  &  par  certain  accort  judiciaire  fait  en- 
tre les  dids  Exécuteurs  d'une  part ,  £4  les  dicts 
mariés  d'autre  part,  donné  en  date  le  5c  jour 
d'Odobre  dernièrement  palTé  3  daqucl  il  eft  fouf- 
fifament  apparu  aux  Notaires  ;  elloient  tenus 
au  dit  Perier  ôc  fa  femme  à  caufe  d'elle  De  la 
quelle  fomme  de  ico  livres  tournois  de  refte, 
comme  dit  eft  de  la  première  fomme  de  ico  iiv. 


3o8    Histoire   Critiqué 

tournois  ,  qui  font  en  fomme  toute  la  dide  foiTJ- 
me  de  300  livres  tournois  LesdidsJehan  Perier 
&  fa  femme  ,  fe  tiennent  pour  contens  ,  bien 
payes  &  agrées  ;  &  en  quittent  les  dids  Exécu- 
teurs ,  les  biens  de  la  dide  exécution  ,  le  dit  Ni- 
colas &  tous  autres  ,  &c.  Promettans  en  ac- 
quitter ,  garantir  &  dcfJomagier  le  dit  Nicolas  , 
les  dids  Exécuteurs  ,  &  les  biens  de  ladidle  exé- 
cution ,  envers  &  contre  tous,  &c.  Conftit.  &:c. 
Obligt.  &; .  Ratif.  &c.  Imp.  .^  c.  Voul.  &c.  Ce  fut 
fait  &  paiTé  double:  c'eft  ailavoir.  Une  quittance 
baillée  au  dit  Nicolas,  &  une  autre  baillée  aux 
autres  Exécuteurs  du  dit  teftament  5  toutes  deux 
d'ime  même  fomme  ,  &  collationnées  l'un  à 
l'autre  par  les  dicls  Notaires ,  de  l'accort  tant 
des  dids  Perier  &  fa  femme,  comme  du  dift 
Nicolas  &  de  M^'^  Jehan  François  &  Jehan  Ha- 
rcngier  ,  tous  Exécuteurs  du  dit  teftamcnt.  Ai 
ce  préfens  pardevant  les  dids  Notaires  ,  l'an  mil 
trois  cent  quatre-vint  dix-fept,  le  Mardi  quinziè- 
me jour  de  Janvier. 

NICOLAS.  BÉGUINOT. 


1 5î>S.  Sentence  du  Châtelet  de  ^aris  ,  par  laquelle  les 
Exécuteurs  du  Tejiament  de  Femelle  char- 
gent Flamel  de  prendre  les  foins  nécejfaires 
pour  /'accomplijfcment  dudit  tejiament. 

Se.  Pièce  V^I*  A    Tous  ceux  qui  ces  préfentes  Lettres  ver- 
de   la   it'.  -^^ront,   JïHAN   Seigneur   de  Folleville  , 

liafTc  du5c.  chir,  c-'.  du  Roy  ,   N.  SS^  Garde  de  la  Prévofté 

Chap.  Ib.    j^  p^j.-g  ^  ^^ ^  Les  quelles  Parties  )  pour 

le  grant  clcr  &  très-évident  proufît  de  la  dide 
exécution  d'icelle  ,  fî  comme  elles  difoient ,  rc- 
congnurent  ^  confelTerent  avoir  fait  cnfemble 
pour  raifon  d'icelle  exécution  les  traiciés ,  ac- 
cors  j  promclfcs ,  6cc. 


DE  Nicolas  Flamei.    509 

C'eil  afTavoir  ,  que  tant  pour  la  bonne  cor- 
diale ,  amour  &  affinité  que  le  dicl  Nicolas  avoit 
eue  a  fa  dicle  feue  femme  ou  tems  de  (a  vie  ,  8c 
que  il  avoit  encore  de  préfent  au  falut  &  remède 
d'elle  &  de  Ton  ame  ,  defirans  icelles  Parties  la 
falvation  de  elle ,  &  veans  que  le  manis  fump- 
tueux  &  dommageable  eftoit ,  &  eft  que  le  die 
Nicolas  qui  favoit  la  nature  des  chofes  cy  après 
efcrip^tes ,  Te  chargeaft  &  prit  en  &  fur  foy  ,  le 
fais  ,  charge  ,  cure ,  diiligence  de  accomplir  le 
teftament  &  autres  debvoirs  que  dévoient  faire 
&  accomplir  iceulx  Exécuteurs ,  qui  n'eftoit  pas 
leur  fait  lîngulier  &  dont  ils  étoient  chargiés  i 
lequel  Nicolas  l'avoit  tres-agréablc ,  fi  comme 
il  difoit. 

Comme  aulTi  pour  eftre  aucunement  récom- 
penfé  d'aucunes  mifes  &:  defpens  ,  que  tant  pour 
certain  empefchement  que  Jehan  Perier  &  Ifa- 
beau  fa  femme  feur  de  la  dicle  deiFunte ,  eulx  di- 
fans  hétitiers  à  çaufe  de  ladicbe  Ifabeau  leur 
avoicnt  donnés  &  fais  ,  qu'ils  avoient  froiés 
&  mis ,  comme  pour  plufîeurs  alTemblées  falai- 
les  d'Avocats,  Procureurs,  Notaires,  Inventoi- 
res  &  autres  fur  ce  par  eux  eus  &  foutcnus  en 
Parlement,  en  Chaftellet  de  Pans  &  ailleurs, 
iceulx  Exécuteurs  avoient  &  ont  chargié  &  char- 
gent le  dit  Nicolas  du  dit  teftament  &  de  la  cure  , 
diligence  &:  accomplilfement  d'icellui.  Excepté 
de  réferve  le  fait  des  quatre  MeiTes  qui  perpé- 
tuelment  par  chafcune  fepmaine  doivent  eilrc 
dides  &  célébrées  en  la  dicte.  Eglife  St  Jaques 
de  la  Boucherie ,  fi  comme  contenu  cftant  ou 
dit  Codicile. 

Le  quel  Nicolas  eu  efgard  aux  chofes  delTus  dic- 
tes ,  &  ycelles  ayant  agréables  s'eftoit  &  eft  de 
ce  chargié  &  par  ces  préfentes  fe  charge  Se  en 
prent  le  foiiig  ,  cure ,  diligence  en  &  fur  foy. 
Êc  pour  ce ,  icellui  Nicolas  en  entérinant  fon 


^îo     Histoire  Critique 

bon  propos  ,  promift  &  par  ces  lettres  promc: 
payer  à  Tes  defpens  ,  tous  les  lais  &  ordénances 
contenues  es  dids  tefiamcnt  &:  codicile  ,  excepté 
le  fait  des  didcs  quatre  Mcires  perpéruelcs  ,  & 
avec  ce  de  payer  toutes  les  debtes ,  obréc|ues  ,  fu- 
nérailles ,  defpens  ,  falaires  ,  procès  &  antres 
chofcs  ,  c|ui  a  caufe  du  trefpalfement  d'icelle 
dcffuntc,  iceulx  Exécuteurs  avoient  &  ont  fait 
&  mis  ,  &  feroient  &  font  encore  tenus  de  faire, 
&  dont  la  dicle  exécution  eftoit  de  eft  encore  te- 
nue ,  rcferve  ce  que  dit  eft. 

Toutes  les  quelles  chofes  faites  ,  tant  en  in- 
venroires  ,  prefts  par  ledit  Nicolas  fais  au  Roy 
notre  Sire  ,  comme  autrement  avec  plufieui  s  deb- 
tes qu'il  debvoit  au  jour  dutrefpaifement  d'icelle 
dctFuntc  j  rabatues  par  bonne  délibération  plu- 
/ïeurs  menues  debtes  non  payables  ,  montent 
en  fomme  toute  -761-0-11  deniers  parifis  &  de 
avoir  &  prendre  à  fes  defpens  toutes  lettres  Se 
quittances  qu'il  efconviendra  avoir  à  caufe  de 
ce.  Et  avec  ce  ,  de  payer  tous  procès  ,  debtes, 
obligations ,  pécunielles  &  autres  congnues  & 
non  congnues  ,  faites  &c  caufées  durant  le  ma- 
riage de  lui  &  de  la  diélc  deifunte. 

Et  parmi  ce  pour  ce  que  par  l'inventoire  fur 
ce  fait  des  biens-meubles  &  immeubles  Sz  autres, 
qui  communs  cftoient  entre  le  dit  Nicolas  &  la 
dicte  deffunte  au  jour  de  fon  trefpalfement  j  à  la 
part  d'icelle  exécution  n'appartenoit  pas  qui  pûc 
ibuilir  a  la  quinte  partie  pour  accomplir  les 
dids  teftament  Ôc  codicille  ,  mcfmement  que  par 
ledit  codicille  ils  eftoient  tenus  de  payer  promp- 
temcnt  la  fomme  de  3  00  livres  tournes  à  la  del- 
fus  nommée  Ifabeau ,  jadis  fcur  d'icelle  deifunte  : 
&  les  biens-meubles  demourés  du  décès  de  la 
dicle  deifunte ,  les  créances  &:  les  arrérages  de 
pludeiîrs  louages  &  rentes  dues  ,  ne  montoieaC 
que  id8  livres  4  fols  8  deniers  parilîs. 


DE  Nicolas  Fla  M  Et,     ;ir 

Tcculx  Exécuteurs  ou  dit  nom  aprcs  ce  que 
culx  cous  en  perfonne  avoienr  &  ont  efté  avec 
plufÎGurs  jurés  &  gens  en  ce  congnoilTans  ,  Ci 
comme  ils  difoienc ,  veoir  &  advitcr  certaine? 

6  plusieurs  rentes  communes  au  dit  Flamel  Se 
exécution  plus  à  piain  déchirées  en  certaines  let- 
tres de  tranfport ,  hui  fur  ce  par  les  dicls  Exé- 
cuteurs ou  dit  nom  au  dit  Flamel  faites  &  lî  ef- 
toienc  &  font  pluhears  des  lieux,  tant  maifons 
<5ue  le  dit  Nicolas  Flamel  avoit  baillé  &  bailla 
par  ça  à  rente,  lesquelles  lui  eftoient  &  font  dé- 
mourées  par  pièces ,  comme  autres  de  petits  édif- 
fîces  5c  valeur  qui  appartenoient  à  la  dicle  exé- 
cution ,  &  ainfi  comme  inutiles ,  montans  à  la 
fomme  de  78  livres  5  fols  8  deniers  maille  parif. 

Ont  ycelles  rentes  tranfporrées  Se  délellées  à 
tousjours  au  dit  Nicolas  Flamel,  pour  lui  ,  fes 
hoiîs  &  ayant-caufe,  parmi  la  ditte  fomme  de 

7  6  i  -1-0- 1 2.  deniers  comprins  en  ce  au  prouifit  du 
<iit  Nicolas  Flamel,  tous  iceux  biens-meubles, 
créances  &  arrérages  quelconques  qui  povoient 
appartenir  à  la  dicle  exécution ,  montant  à  la 
dicle  fomme  de  16^  livres  4  fols  8  deniers  par. 
deffus  diclc  ,  dont  il  doit  acquitter  la  dicte  exé- 
cution ,  &  en  demourer  quitte  &  defchardés  en. 
rapportant  quittances  &  recongnoillauces  four- 
fîlans  fur  ce. 

Et  parmi  ces  chofes,  le  dicl  Nicolas  promifi: 
&  promeft,  que  la  propriété  de  la  moitié  des 
rentes  qui  demeurent  appartenans  à  la  dide  exé- 
cution contenues  &  déclairiées  en  i'inventoire 
fur  ce  fait  j  en  oultre  les  rentes  a  lui  vendues  & 
cranfportées  a  préfent  comme  dit  eft  :  c'eft  af- 
favoir  ,  la  raaifon  où  il  demeure  depréfenc, 
faifantle  coing  de  Marivaux  ,  certains  ouvroirs 
a  Efcripvain,  joignant  à  la  ditle  Eglife  faine 
Jaques  de  la  Boucherie,  Se  un  fextier  de  blé  de 
reace   qui  demeure  par  indivis  communs^  en- 


311     Histoire  Critique 

ne  lui  &  la  dide  exécution  ,  avec  le  did  feur- 
plu".  des  rcnrcs  ,  il  ne  vendra  ,  cédera  ,  ni  aliéne- 
ja  durant  fa  vie  aucunement.  Les  quelles  cliofes 
cui  ainfi  demeurent  par  indivis  ,  feront  conver- 
lies  au  plus  prouftirablement  &  le  plus  brief  que 
iait  poura  être  par  les  dicls  Exécuteurs  ,  en  ordé- 
I  ance  &  accompliffement  des  dides  quatre  Mef- 
fes  perpétuelles  ordénées  eftrc  didcs  &  célé- 
l  rces  en  la  dide  Eglife  faine  Jaques  par  la  didc 
fcffunte,  font  réfervées  &  non  comprinfes  en 
ecfl  préfent  traitié. 

Et  par  ces  préfentes  ,  les  di61:s  Exécuteurs  veu- 
lent te  confentent  que  la  dide  fomme  de  761 
J.-o-iz  deniers  parilis  que  monte  ladide  vente 
ôc  tranfport  des  biens-meubles,   menues  rentes 
&  arrérages  defllis  didles  ,  dont  par  lettres  obli- 
gatoires dudit  Chaftelet  de  Paris  j  1p  dit  Nico- 
las Flamel  cftoit  &c  eft  obligiés  avecques  tous 
fes  biens  en  fon  nom  envers  les  dids  Exécuteurs 
en  la  fomme  de  591  livres   16   fols  4  deniers 
parifîs;  ilpuilTe  mettre  &  convertir  es  paycmens 
&  en  l'acquit  des  cbofes  delTus  dides  qu'il   cft 
tenu  de  faire  par  ceft  préfent  accort  comme  die 
cft.  La  quelle  fomme   il   y  promefl:  convertir 
&  employer  bien  &  loyaument.  En  outre  ,  pro- 
mettant encore   iceulx  Exécuteurs ,  rabattre  & 
bailler   defcharge  fouffifantc  au  did  Nicolas  , 
toutes  &  quantes  fois  que  il  les  en  requerra  ,  de 
tous  les  payemens  que  il   montrera  &  offrira 
de  monftrer   par  lui  avoir  cfté  fais  ,  tant  par 
quittance  ,  comme  autrement  de  &  fur  l'accom- 
plidement  d'icelle  exécution  ,  &  fitoft  &  incon- 
tinent .  qu'il  aura  fur  ce  duement  convertie  la 
dicte  fomme  de  591  livres  6  fols  4  deniers  par. 
de  lui  rendre  &  bailler  la  dide  obligation  en  la 
quelle  il  ell  obligé  envers  eux  en  la  diéle  fom- 
me comme  folute  &  payée,  &  de  l'en  faire  te- 
nir quiitcpourtout,  &  li  comme  il  appartiendra. 

Et 


DE  Nicolas  Fla  M  EL.     31$ 

Et  parmi  toutes  ces  chofcs  lui  demouronc  & 
demeurent  à  fon  iin^ulicr  proufîic  pour  lui.  Tes 
hoirs  à  toujours,  tous  iccuix  biens-meubles  Se 
autres ,  tant  d'arrérages ,  de  rentes ,  loages  d  of- 
cel  &  aulTi  menues  debtes  trouvées  eftre  dcucs 
aus  dictes  "Nicolas  Flamel  &  deîrunte  ,  comme 
des  rentes  6c  la  propriété  d'icelles  à  lui  vendues 
^  tranfportces  par  les  dicts  Exécuteurs  comme 
dit  efl: ,  pourd'iceux  joir  &  les  avoir  &  tenir 
par  lui ,  Tes  hoirs  ,  comme  liens  à  héritaigc  per- 
pérucl ,  &  de  ce  fe  tinrent  pour  conrens  icculx 
Exécuteurs  du  dicl  Nicolas  Flamtl  parmi  la  diète 
obligation  que  hui  il  leur  avoit  Se  a  paiTéc  par  let- 
tres du  dit  Chailclet ,  comme  deluis  eft  dicl  : 
lequel  Nicolas  Flamel  aura  pouvoir  de  recevoir 
à  fon  proufHt  les  diclcs  créances  &  arrérages  , 
&  fi  aura  à  ufufruit  comme  ufufruituaire  fa  vie 
durant  feulement,  par  vertu  de  certain  doa 
mutuel  entre  lui  &  la  dicle  deffunte  ,  des  piéça 
&  au  vivant  de  elle  fait  l'un  à  l'autre  ,  tous  les 
prouiîits  ,  revenues &:émolumens  du  dit  feurplus 
de  toutes  ycelks  rentes  qui  font  demeurées  par 
indivis  appartenans  à  la  dicle  exécution  oC  aulïî 
de  la  di*tl:e  maifon  &  ouvrouers  &  fextier  de 
blé  &:  autres  rentes  qui  font  par  indivis  comme 
diâ:  eft  :  la  quelle  maifon  &  ouvrouers  entant 
qu'il  regarde  la  dicte  exécution  ,  il  doit  &  pro- 
niefc  foatenir  en  la  manière  que  à  ufufruituaire 
viager  appartient  :  8c  par  ce,  icelui  N.  F.  aura 
&  lui  appartiendra  à  fon  proufîit  toutes  rentes  à 
viage  ,  tant  de  blés ,  vins  ,  comme  autres  ,  par 
lui  &c  la.  dicte  deffunte  conq-jeftccs  pour  d'icelles 
faire  fa  volenté  fans  ce  qu'il  en  foit  tenu  jamais 
rendre  aucun  compte  aus  dis  Exécuteurs,  ne  au- 
tres ,  pour  raifon  de  la  dicte  exécution. 

Lefquels    traitié  ,  promelfes  ,    accorts  ,  Sec. 

promirent  par  leurs  fermens  &  foy,  &c 

Se  renoncent  en  ce  fait^  Sec, 

o 


514      Histoire  CRirrauE 

En  rémoirg  de  ce  ,  Nous  à  la  relation  des  di(fl$ 
Notaires  ,  avons  mis  le  Scel ,  &c.  l'an  de  grâce 
inil  trois  cens  quatre  vint  dix-fept.  (  C.  d.  i }  y8  ) 
Je  Mardi  vint-neuf  jours  du  mois  de  Janvier. 
DUJARDIN.  BÉGUÏNOT. 


*î9  9'      Compte  de  l'exécution  du  tejîament  de  PernelU ^ 
rend::  à  Miles  ae  Rouvoy  ^   C ommijff'aire , 
pur  flamel  &  les  autres  Exécuteurs. 


l.    A    Noble  homme  &  faigc  M5^  Jehan 
-t^  Seigneur  de  Fclleville,  C".   du  Roy  , 


i6e.  Pièce  VTTT 
de  h  i>c  ^^^^• 
lia'.e      du 

f e.  Chapic.  N.  Sgr,  Se  Garde  de  la  Prévofté  de  Paris  :  Miles 
^vid.  Je  Rouvoy  Examinateur  de  par  le  Roy  Notre  dit 

Si^.  en  fon  Ciiafteiet  de  Paris  ,  honneur ,  révé- 
rence &:  t«ute  ohéniance.  Mon  trés-chicr  Sei- 
gneur ,  vous  plaifc  favoir,  cjue  par  vertu  de  vos 
lettres  de  comminlon  à  moi  adrelFées ,  des  quelcs 
la  teneur  s'en  fuit, 
*  Com-       *  Jehan  Seigneur  de  Folleville ,  Chl-.  C  ^ 
T',^,'.u     ,  ^^  Roy  -^'^-  SS'.  &  Garde  de  la  Prévofté  de  Paris. 
1'^  Pr^voft  A  Notre  Amé  M"<^.  Miles  de  Rouvoy  ,  Exami- 
d;.    Paris ,  nateur  de  par  le  Roy  N.  S^^  au  Chaftcllet  de 
du  17  de      Pans.  Salut.  Nous  à  la  requeu;e  de  Jehan  Ha- 
Septembie  ^aneier  oc  Rogier  Cloficr ,  Exécuteurs  du  tclb- 
ment  àc  oroenance  de  dernière  voulcnte  de  ieue 
Prénelle   naguercs ,  &   en    Ton  vivant  femme 
de  Nicolas  Flamel  :  les  quelx  ont  aujourd'hui 
fournis  à  notre  jurididiion  pour  le  Roy  Notre  SS^ 
la  connoilliince  du  dit  teîtament  &  de  tout  le 
fait  exécution  &  dépendances  d'icellui;  en  nous 
reqU'hant   certain  Commi^faire  par  nous  à  eulx 
eftre  donné  &  député  pour  oir  &  examiner  ca 
Jicu  de  nous  ,  le  compte  dudit  teftamcnt  &  de 
tout  le  fait  &  dépendances  d'iccllui  5  du  quel  6c 
de  tout   ce  qui   en  dépend  Se  puet  defpendre  , 
Nous  avons  retenu  6c  retenons  la  congnoilîance 


Dfe  Nicolas  Flamel.  313 
comme  a  nous  pour  le  Roy  Notre  die  S?"",  pre- 
mièrement: dévolue  par  prévencion ,  &  nous  cer- 
tiffiés  fouîîîramenc  de  ce  que  puet  en  arriver .j 
afin  que  le  die  compte  faïc  &  rendu  ,  ks  dicts 
Exécuteurs  en  puilTent  eltre  déchargiés  comme 
de  raifon  faire  &  au  cas  appartiendri.  Mandons 
à  tous  a  qui  il  apparciçnt  ,  requérons  tous  au- 
tres que  a  vous  ,  en  ce  faifanc  ,  obéiiient  &  en- 
tendent diligemment.  Doané  (bus  le  Scd  de  la 
Prévofiic  de  Paris  ,  le  Mercredi  dixfeptîéme  jour 
de  Septembre  1 597. 

Je  le  Landi  feiziéme  jour  de  Juing  l'an  i?^? 
Se  en  piuficurs  jours  en  fuivantsoudit  an  ,  fis 
venir  Se  comparoir  pardevant  moi,  les  Exécuteurs 
nommés  en  vos  dicles  lettres  de  commillîon , 
avecqucsdifcrette  perfonne  &  laige  M-^*^.  Hervy 
Rouiiel,  Curé  de  l'Eglife  de  faint  Jaques  de  la 
Boucherie  5  M^'^  Jelian  François  Tabellion  , 
Apofiolique  &  Impérial ,  &  Nicolas  flamel , 
Elcripva.'n  ,  d::mourant  devant  faint  Jaques  , 
tous  Exécuteurs  du  teftament  &c  codicille  de  feue 
Pcrretre  ,  jadis  femme  d'icellui  Nicolns  ,  pour 
moi  apporter  les  dis  teftament  Se  codicille,  avec 
toutes  les  lettres,  quittances  &  enfeignemens 
q«ilsavoient  ,  fervans  à  la  reddition  du  compte 
écaccompliflcment  d'iceulx  teftament  &  codiciilc 
par  la  manière  que  mandé  &  commis  m'e-ftcit 
de  par  vous  Se  par  vos  dictes  lettres.  Les  qaelx 
Exécuteurs  ont  apportées ,  exhibées  &  monf- 
trées  par  devaat  moi,  plufieurs  lettres,  quit- 
tances feignées  de  plufieurs  feings  de  Notaires 
duChaftellet  &  d'autres ,  &  fceliées  de  plusieurs 
divers  fcels  de  plufieurs  Cours,  religions  &  au- 
tres perfonnes  ,  dont  ilm'cft  foufSfament  appa- 
ru j  toutes  les  quelles  &  chafcune  d'icelles  avec 
les  difts  teftament  &  codicille  j'ai  en  nom  de 
vous  &  pour  vous  tenues  &  leues  diligemment 
i'ane  après  l'autre  ,  &  tout  ce  qui  faifoit  à  veoit 


^l6      Hl  s  T  O  I  R  E    C  R  I  T  I  Q  U  E 

fur  ce  ,  par  les  quelles  &  par  plulîeurs  Chapitres 
de  receptcs ,  mifcs  ,  ventes  &  radias  cy  après 
efcrips  Se  déclariés  ,  c'eft  airavoir. 

C'ert  le  compte  que  vénérable  Se  difcrette  per- 
fonne  M"^  Hervi  RoufTel ,  Dotteur  en  Décret 
&  Cure  de  l'Eglifc  paiiochial  de  faint  Jaques  de 
la  Boucherie  à  Paris  j  M''^.  Jehan  François  Ta- 
bellion Apoftolique  &  Impérial  ;  Rogier  le  Clo- 
l'ier,  Jehan  llarcngier,  6c  Nicolas  Flamel  Kf- 
cripvain  &  Bourgeois  de  Pans ,  Exécuteurs  da 
tclîamcnt  Se  codicille  de  dernière  voulenté  de 
feue  Pr  nellc  n'agueres ,  en  Ton  vivant  femme 
du  dit  Nicolas  flanicl  :  font  &  rendent  par 
devant  faige  &  dilcrerte  perfonne  M^'*^.  Miles 
de  Rouvroy  ,  Examinateur  de  par  le  Roy  N. 
S?^  en  Con  Chapelet  de  Paris  ,  commis  à  ce  de 
par  M.  le  Prévoft  de  Paiis  ,  tant  de  ce  que  iceux 
Exécuteurs  ont  reçeu  des  biens  de  la  didc  feue 
Prenellc  ,  comme  de  ce  qu'ils  ont  mis  pour  payer 
î:s  clamis  &  dcbtcs  d'icelie  feue  Prénelle  ;  & 
pour  payer  les  lais  de  Ton  teftament  &  codicille  , 
les  obfequcs  &  funérailles  de  la  dide  feue  Pré- 
nelle &  autres  mifes  qu'ils  ont  faites  à  caufe  de 
l'exécution  d'iceulx  tellament  ic  codicille  en  fai- 
fant  proteflation  de  y  ajoufter  &  aulfi  de  dimi- 
nuer ,   &  de  plus  à    plain formelement 

les  parties  déclairées  le  meftier  eft  par  devant 
le  dit  M^^*^*   Mlles  de  Rouvoy. 

Premièrement  dient  les  didsExécureurs ,  qu'il 
cft  vrai  que  la  dide  feue  PrenclIe  fit  Ion  tefta- 
ment  à  caufe  de  dernière  voulenté  ,  par  lequel 
icelle  Prenelle  fill  &  ordenna  plulieurs  lais  par- 
ticuliers, Hli  Se  order.na  fes  amés  &  feaulx  les 
dids  M^'c.  Hervi  Roulîcl,  M^".  Jehan  le  Fran- 
çois ,  Rogier  le  Cloiîer  &  Jehan  Harengier  ,  fes 
Exécuteurs;  aux  quelx  enfemble,  ou  aux  deux 
d'iceulx  ,  clic  donna  povoir  de  exécuter  le  dit 
teiUment  ^  6c  révoqua  &  miit  au  néant  tous 


DE  Nicolas  Fla  M  EL.    5x7 

autres  ceftamens  ,  codicilles  &  oïdcnnances  de 
derreniere  voulenté  ,  fais  par  elle  par  avant.  Le 
quel  tellament  fu  fait  &  palîé  le  Samedi  vint  & 
cinc|uierme  jour  d'Aouft,  l'an  mil  trois  cent 
cjuatrevint  &  dix-fept. 

hem.  Dicnt  les  dids  Exécureurs  que  la  di<fle 
Prenelle  après  ce  qu'elle  eue  fait  fon  dit  tefta- 
mcut  ,  £{t  un  codicille  ,  par  le  quel  elle  dimi- 
nua du  dit  tcftamcnt  ,  &  y  ajouiia  ce  qui  s'en 
fuit. 

Premièrement ,  vole  &  oidéna  ,  que  la  grâce 
mutuelle  &  don  pareil  t*^  cfgal  ,  piéça  fais  en- 
tre ledit  Nicolas  Ton  mari  &  elle ,  ciengne  Se 
vaille,  ait  &  fortifie  fon  plain  effet  &  vertu. 
Ouitre  vouk  &  ordenna  la  dide  Prenelle  ,  que 
fon  did  teftamcnt  ne  puiffe  eftre  accompli  , 
fors  que  par  fes  Exécuteurs  nommés  en  icellui 
&  par  le  did:  Nicolas  fon  mari  ;  le  quel  elle 
nomma  &  eflut  Exécuteur  Se  de  foy  CommilTai- 
re  ,  avec  fes  autres  Exécuteurs  nommés  ou  die 
teftamen: ,  ou  par  les  trois  d'iceuîx  :  non  obllant 
qu'elle  eût  voulu  par  fon  did:  tellament  que  deux 
de   (ts  Exécuteurs  le  pulfent  faire  5c  accomplir. 

Item.  La  dicle  Prenelle  leffa  pour  une  fois  à 
Ifabel  fa  feur ,  femme  de  Jehan  Perier ,  la  fom- 
me  de  ;?  00  livres  tournois  pour  tous  les  droits 
de  fucceffion  &  hérédité  qu'elle  povcit  avoir  Se 
demander  en  tous  les  biens  demourésda  décèis 
à\Q\\Q,  Et  après  ce,  la  difte  Prenelle  voult  & 
ordenna  que  de  tout  le  réfidu  de  tous  fes  meu- 
bles &  héritaiges,  ^près  raccompHifemeat  du 
did:  teftament ,  &  les  dides  trois  cen:  liv.  tourn. 
une  fois  payées  à  fa  dide  feur ,  le  dit  Nicolas 
fon  mari  joiiîe  des  fruis  ,  proufîs  &  revenues  à 
plain  fa  vie  durant  ;  &  que  après  fon  trefpa/fe- 
ment ,  tout  icellui  réiîdu  fat  converti  &  employé 
par  l'ordennance  de fdicls  Exécuteurs  ,  tant  pour 
î'ordennance  des  quatre  MçlTes  baflcs  de  Requiem 

O  iij 


3i8    Histoire  Critiquî 

«jue  I2  ditfle  PreneJle  vole  &  oïdenna  eftre  didle$ 
&  célébrées  à  rousjoujs  ,  par  chafcune  fepmainc 
de  l'an  ,  en  TEglife  faint  Jacq.ics  de  la  Bou- 
ciiencà  Psxis  ,  doiiC  cîle  cftoit  ParoiHîcnnc  ,  pour 
le  falut  '5i  iciTiede  des  amcs  d'icetlc  Prcnclie  &  de 
Icsanns,  parens  fc  bienfaîdeurs  ;  comme  pour 
oc  en  autres  ccf.Miucsattvrcs  puéables  &  charita- 
bles ,  qui  faites  feront  pour  Dieu  Se  en  aumofne 
par  l'ordennancc  &  voukntéds  fes  dids  Exécu- 
teurs. Et  foubmift  tous  fes  bicns-mcubles  &  im- 
meubles ,  quant  à  ce  à  la  jurididion  cohercition 
di  contrainte  de  la  Prévofté  de  Paris,  &  aufR 
Texécution  &  reddition  du  compte  des  didls  tef- 
ta^ncnc  Se  codic'llc.  Le  quel  codicille  fu  fait  Se 
palié  h  Mardi  quatriefrne  jour  de  Septembre  , 
l'an  mil  trois  ce:  s  Quatre  vingt  &  dixfept.  Et 
la  didc  Prenclle  trclpaifa  cie  ce  fiecle  le  Mardi 
enfuivant,  onzième  jour  du  dit  mois  de  Septem- 
bre 1 3  5)  7. 

It€m,  Dient  les  di(fts  Exécuteurs  que  après  le 
trefpailemcnt  de  la  dide  feue  PrenePe  ,  que  à  la 
rcquefte  da  dit  Nicolas  Flamel,  pour  lui  &  en 
fôn  nom  d'une  part ,  &  du  dit  Nicolas  &  des 
autres  Exécuteurs  deifus  nommés ,  ou  nom  Se 
comme  Exécuteurs  du  dit  teftament  &  codicille  : 
&  de  Jehan  Pericr  Tavernicr  ,  ôc  de  Ifabel  fa 
femme,  habiles  à  caufe  d'icelle  Ifabel,  à  eux 
dire  &  nommer  héritiers  iî  leur  plaifoit.  de  ta 
dide  feue  Prénelie  ,  jadis  feur  de  la  diO:z  Ifa- 
Bel  d'autre  part  :  fut  fait  inventoire  par  Pierre 
Paris  &  Guillaume  de  la  Porte,  Clercs  Notaires 
du  Roy  N.  S§^  en  fon  Chaflcllet  de  Paris,  de 
tous  les  biens-meubles  &  immeubles  ,  debtes  &c 
créances  qui  communes  eftoient  entre  le  dicfc 
Nicolas  Flamcl  &  la  dtde  feue  Prenelle  fa  fem- 
me ,  au  jour  &  heure  qu'elle  ala  de  vie  à  tref- 
pafiement  ,  cftans  &  trouvés  en  un  hoftel  qui 
ciloir  aus  dis  mariés  ^  aâis  à  Paris  devanc  faim: 


CE  Nicolas  Fla  M  Et.    519 

Vaques  de  la  Boucherie  ,  où  pent  l'cnfeigne  de  la 
fieur  de  lis.  Les  quels  biens  meubles  furent  pri- 
vés par  Nicolas  Quatrebaut ,  Pnfcur  jurédu  Roy 
Notre  SS*".  en  la  vjlle  de  Paris,  par  le  quelinven- 
toire  appert  que  les  di(fl:s  biens- meubles  de  mef-» 
nage  montenc  à  la  lommc  de  cent  foixanu  àf 
huit  livres  dix-neuf  fols  parijîs , 

Item.  Appert  par  ic  did  inventoire  que  le  dict 
Nicolas  tlamel  &  Prenelle  fa  femme  au  jour  Se 
heure  que  icelle  Prenelle  ala  de  vie  à  trelpafle- 
ment ,  avoient  6c  polTcdoient  de  leur  propre  con- 
qucft  de  rente  annuelle  ^  perpétuelle,  afTifs 
tant  en  la  ville  de  Paris  ,  comme  dehors ,  la 
fomme  de  deux  cent  quatrevir.gt-^uatoi  ^e  livres 
deux  fols  parifis. 

Item.  Appert  par  le  diâ:  inventoire  que  le  dit 
N.  f,  &  Préneiie  fa  fem.me,  avoient  de  leuc 
propre  conqueft ,  an  feftier  Je  blé  à  héritaigc. 

Item,  Appert  par  le  dit  inventoire,  que  les 
dicls  Nicolas  flamel  &  Prenelle  fa  femme, 
avoient  de  leur  conqueft  eues  deux  places  d  ou- 
"vroirs ,  joigaans  aus  muisde  l'Eglife  St  Jaques 
de  la  Boucherie  ,  es  quelles  places  ils  firent  faire 
depuis  édifices ,  c'efl:  aiTavoir  ,  deux  petits  ou- 
Troucrs  à  Efcripvains  qui  y  font  à  préfent. 

Item.  Appert  par  le  dicb  inventoire  que  ledi<^ 
Nicolas  Flamel&  Prenelle  fa  femme  ,  avoient  etf 
de  leur  conqueu  ,  une  place  vuidc  feant  fur  1& 
coing  de  Marivaux  devant  la  dide  Eglifc  de  Sç 
Jaques  de  la  Boucherie,  en  la  quelle  ilîî  firent 
faire  depuis  édiffier  une  maifon  qui  y  cil  a  pré- 
fent ,  où  pent  Penfeigrte  de  la  fleur  de  lis. 

Ittm.  Appert  par  le  dit  inventoire  que  les  dids- 
Nicolas  Flamel  &  Prenelle  fa  femme  ,  au  jour  & 
heure  que  icelle  Prenelle  ala  de  vie  à  trefpaile- 
ment ,  avoient  &  polTédoient  de  leur  propre 
conqueft  ds  rentes  à  viages  alTifes  tant  en  la  wWt 
lie  Paris,  comme  dehors,  la  fomme  de  cinquante.- 


320    Histoire  Critique 

neuj  lives  %  [vis  yarifis.  Es  queles  la  di(fle  exé- 
cution ne  povoit  avoir  aucun  droit  pour  caufe 
de  don  mutuel,  fait  cnrrc  IcMiftts  maîits&  par 
accori  ;  des  quelles  rentes  a  viage  k  di(f!:  Nicolas 
à  caufe  du  did  don  bL  accort,  enjoira  paifiblement 
&  a  fon  proufîr. 

//t';;;./-ppertpar  ledidinventoire,  que  Icsdifts 
mariés  avcier  c  de  leur  propre  conqued  &  parties 
déclnJiées  ou.cîitinventoirc,  neuf -poinçons  devin 
de  rente  à  viage  ;  des  quelx  k  dit  Nicolas  doit 
joir  pour  caufe  du  dicl  don  mutuel  &  aecort , 
comme  diâ:  c(ï, 

Ittm.  /.ppcrrpar  le  dicTr  irventoire,  que  les 
dids  maiic's  av oient  de  leur  propre  conqueft 
quati  e  queues  de  vin  de  rente  à  via^e  ,  déclairées 
ou  dit  inventoire.  Des  queles  q'atre  queues  de 
vin,  le  dit  Nicolas  joira  pnr  caufe  du  diâ:  don 
mu-.ucl  &  accort  comme  did  eft  :  &  efqneks  ren^ 
tes  à  viage  ,  tant  de  blé  ,  vin  ,  comme  c-i'nrgent 
déclairées  ou  d:<5l  inventoire  ,  la  dicle  exécution 
n'a  aucun  droit ,  &  lui  ont  délaif'é  les  d:âs  Exié- 
cuteurs  à  (on  proufit  p^r  accort  fait ,  &  pour 
caufe  du  dit  don  mutuel,  corame  dit  eft. 

Item.  Appert  par  lé  dnfl:  inventoire,  que  ks 
créances  dues  aus  dicTs  maries  &:  y  furent  ef- 
criptes  induement  ,  peur  ce  que  en  faifant  le  diéX 
inventoire  ,  la  matière  étoit  moult  contentieufe 
entre  la  dide  hérititiere  &  iceux  Exécuteurs  ; 
&  pour  leur  defcort ,  icellcs  parties  faifoient 
iTiCttre  ou  did  inventoire,  tou':cs  ks  cédules  & 
brèves,  obligations  Se  debtes  vielles  expirées  , 
&  debtes  payées  ,  &  celles  qui  efcriptes  cfioiear 
es  viels  papiers  du  did  Nicolas  :  des  queles 
créances  les  dids  Exécuteurs  ont  fait  bonne  in- 
formation ,  &  ont  trouvé  que  la  plus  grant  par- 
tie d'iceks  créances,  les  dits  maries  (en) 
avoient  été  payés,  &  que  p!u(ieurs  parties  avoierrc 
ëtc  perdues  3  &  que  de  toutes  icelles  créances 


DE  Nicolas  FLA^fEL.  521 
^^iieftoient  à  payer,  l'en  n'en  pouvoit  recouvrer 
que  environ  la  fomme   de  fix  Vivres  parijis. 

Item.  Appert  parle  di«fi:  inventoire,  eue  les 
arrérages  deubs  ans  dicl:s  mariés,  tant  à  caufe 
des  rentes  dclîus  dictes ,  comme  pour  louaiee 
de  maifon  ou  autrement ,  moncoient  a  la  femme 
de  cent  cinquante-cinq  livres  quatre  fols  quatre 
deniers  parifis. 

Item.  Appert  par  le  di£t  in ventoire ,  (]ue  les 
debtes  deubs  aus  dids  maries ,  tar.t  a  caufe  d'en- 
fans  alans  &:  venans  à  l'efcole  &  demcuranscii 
bourfe  en  l'oftcl  des  dicfls  mariés  ,  comme  autre- 
ment ,  montent  en  fomme  ,  vint- huit  livres  fe-pt 
fols. 

Les  quelles  debtes  n'étoient  pas  toutes  deues 
aus  dids  matiés  pour  pareilles  &  ferablables  cau- 
ùs  &raifons  déclairées  ou  neuFviefme  Cliapitre 
de/Tus  did,  mcfmemcn:  que  les  dicls  mariésL 
avoient  érc  payés  &  fatisfés  de  plus  des  trois  parts 
d'icelks  debtes .  &  qce  de  ce  qui  reftoit  à  payet 
la  plus  grande  parric  des  débiteurs  étoient  morts, 
&  autre  partie  eftoi^nr  alée  hors  du  pais ,  &  au- 
cuns étoie:it  gens  de  Cours ,  de  quoy  l'on  ne 
povoit  rien  recouvrer.  Et  dient  les  dids  Esé- 
€Uteurs,  que  ils  ont  trouvé  par  inquifition  fai-e 
fur  ce  par  eulx  que  de  rout  ce  qui  refte  a  payer 
des  di6:cs  debres ,  ion  ne  pouvoit  recouvrer  que 
environ  la  femme  de //a;  livres  parifis. 

Item  Appert  par  le  diél  invcntoire  ,  que  le^ 
diâ:s  Nicolas  &  fa  femme,  au  jour  oC  heure  qu'elle 
ala  de  vie  a  trefpafîément ,  dévoient  &  eftoient 
tenus  àpiufieurs  perfonrcs  &  pour  pkiiieurs  caa- 
fes  en  pluf  eurs  fommcs  de  deniers  ,  montans  à 
la  fomme  de  trois  cent  quatre-vint-huït  livres 
quator:^e  fols  parifis  ,  dont  la  moitié  apparrient 
à  l'exécution ,  qui  monte  neuf-vingt  quaior:it 
livres  fept  fols  parifis. 

Item.   Appert  par  le  di<fl  invcDtoire ,   que  le 

Oy 


311       H  I  s  T  O  I  R  E    C  R  I  T  I  QU  E 

did:  Nicolas  Flamcl  avoit  afferme  en  faifant  le 
did  inventoirc  ,  que  plulieurs  de  rentes,  tant 
à  hériraigcs,  comme  a  viages ,  efLOient  à  ra- 
chas  &  pouvoienr  ellre  racnatées  par  ceulx  qui 
les  avoient  vendues  ,  tant  par  promeiïè  de  bon- 
ne foy  ,  comme  par  brèves  de  CbaflcUet  &  cé- 
dulcs  de  la  main  du  dicl  Nicolas ,  &  duroient 
iceux  radias  encore. 

Item.  Appert  par  le  did  inventoire,  que  le 
Roy  Notre  S5^  devoir  au  did  Nicolas  Flamcl  par 
ccdule  &  de  pur  preft ,  la  fomrae  de  cent  francs. 

Item.  Appert  par  le  dicl  inventoire  ,  que  le 
dicl  Nicolas  Flamcl  avoir  reccu  par  partie  des- 
arrérages  qui  deu!:  s  étoienc  à  lui  &:  a  fa  didlc 
femme  à  caufe  de  certaines  rentes  qu'ils  pren- 
noient  fur  pluiieurs  pcrlannes  depuis  le  trefpaf- 
femcnt  de  li  dide  deffunte,  la  fomme  de  dix^ 
fept  livres   quatre  fols  parifs. 

Somme  toute  des  bicns-mcubles  delfiis  dids, 
quatre  cent  trent-tr&is  livres  fept  fols  quatre  de- 
niers  parifis  ,  dont  la  moitié  appartient  à  la 
dicte  exécution  5  c'eft  affavoir.  Deux  cens  fei?e 
livres  treize  fols  huit  deniers. 

Item.  Dicnr  les  dids' Exécuteurs ,  que  vues- 
par  eux  &  diligemment  vifîtées  tous  les  biens- 
meubles  &  immeubles  dclTus  dids,  appartc- 
nans  a  la  dide  exécution  ;  &  la  grant  charge  en 
quoi  ycellc  exécution  eftoit  chargée  ,  tant  pour 
les  debfcs  ,  comme  pour  les  grans  mites  qui  ef- 
toient  faites  pour  la  dide  exécution  ,  tant  pour 
ia  dcffenfe  de  certains  procès  &  caufes  mues 
contre  les  dids  Exécuteurs  par  ks  dids  héritiers  , 
lant  en  Parlement  comme  en  la  Cour  duChaftel- 
Jet  de  Paris ,  fur  ce  que  les  dids  héritiers  vou- 
Joient  iiT.pugncr  le  dic^  teftament  &  codi«ilIc, 
comme  pour  payer  les  mifes  qui  eftoient  à  faire 
pour  les  obfeques  &  funérailles  de  la  dide  feuç 
Pxéntiie,  6:  ks  l^is  d'iççiik  tçftafflÇût  &  çodi^ii-; 


i 


DE  N  I  G  O  I  il^  S  F  L  A  M  EL.  3  I  ^ 
le,  comme  pour  autres  frais  &  defpens  fais>& 
à  faire,  tant  pour  le  didt  inventoire,  comme 
autrement ,  en  <]uoi  la  dide  exécution  é:oit  char- 
gée ,  la  quelle  fomme  mouroit  à  la  ibmmc  de 
huit  cent  livres  3i  plus.  Il  l>!ur  étoit  de  nécelfitc 
de  vendre  £i  aliéner  plufîeurs  rentes  ,  apparte- 
nances a  la  didle  exécution.  Et  pour  ce  ,  ils  ven- 
dirent des  dictes  rentes  celés  comme  qu'elles  ap- 
parcenoien:  à  la  didle  exécution ,  la  fommc  de 
joixanze  &  dix-kuït  livres  dix  fols  huit  deniers 
okole  pan  fis  ,  peur  le  prix  &  la  tomme  ^t  fix 
cent  livres  pari f  s ,  ou  environ.  La  quelle  fommc 
a  été  receue  par  les  diéts  Exécuteurs.  Somme y?^ 
€ent  livres. 

Somme  toute  des  biens-meublcs  defllis  c.:s  ap- 
partenansà  la  dide  exécution  ,  huit  c^"s  Jei^^e 
livres    trei:(e  fols  huit  deniers  parifis . 

C'eft  la  déclaration  que  les  Exératelirs  de/Tus^ 
dids  font  des  rentes  a  hérixaje  contenues  ou  dit 
inventoire  :  \qs  quels  font  dlvifées  en  quatre  par- 
ties. Premièrement  ils  dient  qu'^  une  partie  d'icel- 
fcs  rentes  avoir  éié  perdue  avant  ce  que  la  didlc 
feue  Prenelie  alaft  de  vie  a  trefpalTement ,  pour 
plufîeurs  caufes. 

Item.  Dienticeulx  Exécuteurs,  que  ils  ont  ven- 
due une  autre  partie  des  dides  rentes  pour  faire 
&  accomplir  la  diére  •::ïécu£ion  ,  pour  la  fomme 
cy  après  déclarée. 

Item.'Dizni  lesdicc:,  Exécuteurs,  que  une  autre 
partie  des  dides  rentes  a  été  racharée  depuis  es 
que  le  diâ:  inventorie  fur  fait  &  accompli  ;  &  que 
la  plus  grant  partie  de  la  dicte  exécution  a  efti 
faite  &  accomplie.  Ceft  aifavoir  ,  par  ceux  qui 
kelles  rentes  avoicnt  vendues ,  &  qui  à  les  ra- 
chas  avoient  droit  par  le  confcntcment  que  le  die 
Nicolas  leur  avoit  autrefois  donné. 

Item.  Dienr  Ic^  diéls  Exécuteurs ,  que  mie  au- 
tre paxiic  des  dictes  rem  es  efl  demeurée  poo: 

0¥i 


324      H  I  s  T  G  I  R  E    Cr  I  T  I  QU  E 

indivife  enrrc  le  did  Nicolas  &  la  tli6te  exécu- 
tion :  lesCommcs  des  quelcs  rentes  font  cy-après 
déclairées.  Premicrcmcnt  les  rentes  perdues.  Se- 
cundemenr ,  les  rentes  vendues  Tiercemcnt ,  les 
rentes  rachafées  ,  &  cjuartemenc ,  celles  qui  dc- 
meurenc  pour  indivifcs. 

Premièrement ,  les  rentes  q'ù  paravant  le  trcî- 
paflemcnc  de  la  difte  Pcrette  éioient  perdues  oC 
non  recevabîcs,  les  quelcs furent  mifes  entr'au- 
tres  rentes  en  l'inventoire  fans  caufc  ,  montent 
en   Tomme  crei^^c  livres  un  fol  huit  deniers. 

Les  rentes  vendues  pour  faire  &  accomplir  la 
didte  exécution ,  montent  en  (ommc  ,  foixante 
&  dix- huit  livres  dix  [ois  huit  deniers  maille. 

Item.  Les  rentes  que  le  di(5l  Nicolas  a  prinfcs 
à  rencontre  des  didks  rentes  vendues  ,  montent 
à  fommc  ,  foixante  &  dix-huit  livres  dix  fols 
huit  deniers  maille. 

Somme  ,  tant  des  di(5lcs  rentes  vendues  ,  com- 
me de  ccll'js  que  le  dicr  Nicolas  a  prinfes  a  l'en- 
contvcfpt  vins  dix-fept  livres  dix fept  de- 
niers. 

Les  rentes  rachatécs  depuis  ce  que  le  dit  inven- 
toire  fut  fait  &  accompli,  &  que  la  plus  grant 
partie  de  l'exécution  a  été  faite  &  accomplie, 
montent  en  fomme  ,   dix-fept  livres  dou^e  fols.- 

Somme  des  deniers  venus  des  didcs  rentes 
raci?n'-ccs  on^e-vins  don:^e  livres  cin^  fols  tourn. 
qui  valent  à  Paris  cent  quatre-vint  cinq  livres 
Jei:^e  fols  j  dont  la  moitié  appartient  a  la  di<fte 
exécution  ,  c'eft  alTavoir  j  quatre-vint- dou{e  liv. 
dixh-uit  fols  par ifis 

Somme  toute  ,  tant  des  rentes  perdues  &:  ven- 
dues ,  comme  des  racliatées  ,  neuf  vins  fept  liv. 
qui n'^e  fols  un  denier. 

Ce  font  les  rentes  des  quelcs  la  moitié  par  in- 
divis appartient  à  la  dide  exécution  ,  qui  mon- 
tent en  fommc  toute ,  centjix  livres  fix  fols  onic 


DE  Nicolas  Flamel.    525 

deniers  poitevine  ;  dont  la  moirié  appartient  à 
la  dicte  exécution  j  qui  monte  cinquante-trois 
livr.  trois  fols  cinq  den,  maille  demie  poitevine. 
Somme  de  toutes  les  rentes  a  héritage  defTus 
dides  ,  tant  des  perdues  ,  vendues  6c  rachatécs  , 
comme  àc  celles  qui  font  dcmourées  pour  indivis, 
deux  cent  quatre-vint-quator^^e  livres  deux  fols 
pari  fi  s. 

Les  mifes  faites  pour  payer  les  clamis  & 
debtes  communes  dues  par  iceulx  Nicolas  &  Fré- 
Delie  ou  tems  qu'elle  ala  dévie  à  trefpafftment , 
les  queles  mifes  font  faites  conjointement  par 
le  è\^  Nicolas  &  les  dids  Exécuteurs  ,  montenC 
en  ^ommt  trois  cent  quaire-vint-huit  livres  qua- 
tor:(e  fols. 

De  la  quele  femme  la  dicte  exécution  doit  la 
moitié  ;  c'eft  alfavoir ,  neuf-vin^  quatorze  livres 
fept  fols  p.irifis, 
-}fii^^  Autres  mifes  faites  tant  pour  hs  efcriptures 
des  ditfts  tcftament  &  codicille  ,  comme  pour  la 
deffenfe  faite  pour  ie  droit  de  l'exécurion  ,  tant 
en  Park'ment ,  comme  en  ChaOcllet  de  i  aris  j 
contre  Jehan  Pcrier  &  Jfabcau  fa  femme  ,  fcur 
de  la  di<ftefeue  Prénelle  ,  qui  fe  vouloicnt  porter 
comme  héritiers  d'icelle  feue  Préneile  ,  &  vou- 
Joient  empefchicr  l'exécurion  des  diCts  teftament 
&  codicille  par  long-tems  ,  qui  montent  en  fom- 
me  ,   trente  livres  doii:^e  deniers. 

Autre  mifc  faite  par  les  dicls  Exécuteurs ,  tant 
pour  les  dcfpens  3  en  faifant  le  dicT:  inventoire 
des  biens  delfus  dids  par  placeurs  fommes; 
comme  pour  les  efcriprures  du  diCt  inventoire 
qui  montent  à  la  fomme  de  trente  &  une  lirres 
quatre^  fols  parifs. 

Les  mifes  faites  par  les  dicts  Exécuteurs  pour 
les  obféques  &  funérail'es  de  la  dide  feue  Pré- 
neile ,  montent  à  la  Comme  de  dix- huit  livres  dix 
deniers  parifs. 


^ 


^±6    HrsTotRÊ  C  kir  idtït 

La  mife  faite  pour  les  lais  conrenus  es  did: 
tcftamcnc  &  codu  illc  ,  monte  à-  la  fomme  de- 
cinq  cent  quatorT^e livres  quin\e  foU  deux  deniers 
panfis. 

Autre  mifc  faite  par  les  Exécmeurs-  en  la  révo- 
lution de  l'an  que  la  àittz  feue  Prenellc  ala  de  vie" 
à  trelpallcmcnt  ,  pour  le  Sci-vice  du  jour  ;,  lâ- 
quele  mife  monte  à  la  fommc  de  hiUt  livres  dix" 
Jept  fols. 

Autre  mife  fiaite  par  les  dis  ExécutGurs  ,  tant 
pour  l'ordennance  de  ce  préfcnt  compte  ,  com* 
*ne  pour  la  comfniirion  &  les  fahires  du  Gom- 
Hî^ifaire  qui  oy  cc(ï  prcfcnr  compte  ,.  &c  pour  les 
faiaires  desdicts  Exécuteurs,  la  qucle  mile  mon-- 
te  en  fomme,  trente  &  une  livre  dix-huit  fols 
Jix  deniers  parijls. 

Somme  toute  de  toutes  les  miles  faites  par- 
les dids  Exécuteurs  ,  huit  cent  vingt-neuf  livres 
trois  fols  Jix  deniers  parifis. 

Ainfî  ont  ks  dids  Exécuteurs  plus  mis  que 
ïeceu,   dou-^e  livres  neuf  fols  dix  deniers  parif 

Item.  Dient  les  di-fls  Exécuteurs  ,  que  après  ce 
<3ue  ils  ont  bien  &  duement  fait  &  accompli  ce 
que  ils  pouvoient  &  dévoient  faire  de  préfenc 
pour  la  dîdle  exécution  cTes  dids  tcftament  & 
codicille  ".  dépendances  d'iceulx  :  c'eftaffavoir  ,, 
que  ih  ont  paies  les  clamis  &  debtes  &  toutes  les- 
mifes  qui  néccfiaircs  eftoient  à  faire  pour  les- 
dcfpens  ,  frais ,  obfèques  &.  funérailles  &  lais 
^'iceulx  teftament  &  codicille  &  autres  chofes  : 
&  defchargiée  plainement  la  diéle  exécution  des- 
charges dellus  dides  i  &  ont  fceuSc  cognuque  le 
did:  Nicolas  Flamel  par  vertu  du  don  mutuel , 
fait  entre  lui  &  la  didc  feue  Prenelle  j  &  que 
après  le  décès  d'icellui  Nicolas,  icellui  réfidu  doic 
eître  converti  par  la  fourme  &:  manière  qiHr 
contenu  eft  ou  dit  codicille  :  ils  ont  fait  déclà^ 
laiioix  du  dit  rélidu ,  en  la  manière  qui  s'en  fuitr 


s  ï  N  r  c  o  I  A  s  F  I  A  M  E  i .     527 

Ceft  la  déclararioii  de  tout  le  réfidu  de  tous- 
les  biens-meubles  &  immeubles,  demeurés  du  dé- 
cès de  la  did:e  feue  Prenclle  appartenant  a  la  didc 
exécution. 

Premièrement,  la  moitié  d:s rentes  à  îiériraigç 
demeurées  pour  indivis,  des  queles  la  détlaraticrs- 
cft  faite  ou  compte  psrriculier  qui  montent  en 
fommc  106  livres  6  fols  1 1  deniers  poitevine  -y. 
la  cjuele  moitié  monte  53  livres  5  fols  5  dcn. 
maille  &  demi  poitevine,  de  la  quele  moitié 
le  dit  Nicolas  joira  fa  vie  durant  5  des  qucles 
rentes  plulieurs  (ont  à  rachat ,  tant  par  f  ro- 
niclîes  de  bonne  foy,  comme  par  lettres  di£ 
Chaftelkt  &  de  la  main  du  dit  Nicolas  ,  ccmme 
il  a  affermé  par  ferment. 

hem.  La  raoitic  pour  indivis  de  un  feftier  de 
blé  a  héritage  ci-deilus  déclaric. 

îtem.  La  moitié  de  deux  petits  ouvrouers  à 
efcripvain  entrecenans  aH^is  lez  les  muTS  de  i  LgU- 
fe  faint  Jaques  de  la  Boucherie. 

Item.  La  moitié  d'une  mai  (on  feant  devant 
TEglife  faint  Jaques  ,  faifant  le  coing  de  la  rue 
de  Marivaux,  devant  la  dide  Eghfe  j  faifanc 
icelle  maifon  deux  frons  &  deux  ouvertures  y 
l'une  en  în  rue  àts  Efcripvains  ,  &  l'autre  en^ 
la  rue  de  Marivaux,  à  la  quele  pent  l'enfeigne- 
de  la  fleur  de  lis. 

Item,  la  moitié  de  18 y  livres  16  fols  parifs 
qui  font  venus  du  prix  des  rentes  rachatées  , 
dont  la  déclararion  eft  ci-defTus  faiâre,  appar- 
tient à  la  dicte  exécution.  Ceft  alîàvoir,  la 
fomme  de  91  livres  18  fols  parifisj  la  quele- 
Bioitié  eft  par  devers  le  did  Nicolas  &  en  jpira' 
fa  vie  durant  par  caufe  de  don  mutueL 

II  m'eft  fouflPifamenc  apparu  &  appert  clerc 
ment  par  ce  que  dclTus  eft  efcript,  que  les  dis 
exécuteurs  ont  bien  &  loyaulment  payées  toutes- 
les  debtes,   lais    6c  ordcnaaaces  déciariée^  ^ 


^28     Histoire   Critique 

ordcnnécs  es  teftament  Se  codicille  de  la  dide 
dcftunte,  &  accompli  iceulx  teftamein  &  co- 
dicille en  toutes  leurs  claufcs  5  de  tout  ce  que 
à  picfenc  eitoic  à  payer  &  accomplir  ,  excepté 
Il  livres  tournois  que  la  didc  feue  Perctte  par 
fon  did  teflament  ,  comme  il  appert  par  icellui , 
Icfîa  à  trois  filles  pour  accroilfement  de  leurs 
mariages  5  c'elt  allavoir  ,  a  la  fille  Jehannette 
la  Pafquotte ,  6  livres  tournois ,  Se  à  Ameline 
&  TalTine  de  Frefnes  à  chalcunede  elles  ,  60  fols 
tournois 

Et  ce,  mon  très- chier  Seigneur,  je  vous  cer- 
tifie par  ces  préfentes  lettres  Se  relation, ans  quels 
en  témoin  de  ce  j'ai  mis  mon  Scel ,  du  quw-l  je 
ufè  en  exerçant  mon  office.  Ce  fut  fait  l'an  & 
jour  que  delfus  dis. 


i3«)8.      Vente  de  foixante  dix-huit  livres  neuf  fols  de 
rentes ,  faite  à  Nicolas  Flamel  par  les  Exé- 
cuteurs du  tejlament  de  Pernelle. 

9e.  Pièce  IX.    A    Tous  ceux  qui  ces  Lettres  verront.  Ji- 
f.^.y,'''^'         -^HAN  Seigneur  de  Folleville  ,  Chl'.  C". 

Chap  "ir  ^^  ^^y  ^-  ^=''-  ^  ^^^^^  ^^  ^^  Prévofté  de  Paris. 
Salut.  Savoir,  faifons  quepardevant  Jehan  Bé- 
guinot  èi  Régnant  Dujardin  ,  Clercs,  Notaires 
du  Roy  Notre  dit  S§^  de  par  lui  eftablis  en  fon 
Chaftelkt  de  Paris ,  furent  prcfens  en  leurs  per- 
fonncs  ,  honorable  homme  Se  difcret  M^'^.  Hervé 
Roulfel ,  Do:teur  en  décret  Se  Curé  de  St  Jaques 
de  la  Boucherie  à  Paris;  M^"^^.  Jehan  Frar.çois  , 
Rogier  rloficr.  Se  Jehan  Harengier  ,  es  noms 
ts.  comiî.c  Exécuteurs  du  teOament  ou  ordenance 
pour  dernière  volencé  de  feue  Perrenelle  ,  jadis 
femme  de  Nicolas  Flamcl  ,  demourant  a  Pans; 
fond-.'sSe  eflablis  fi  comme  il  cH:  apparu  aus  dids 
Notaires  par  lettres  tciUmentoiies  Se    codicille 


diNicol;\sFlaîvîei.    ^29 

faites  &  pafTées  fous  le  Sccl  de  la  dicle  Prévofté 
de  Paris  :  des  queles  lettres  teftamentoires  ,  le 
commencement  eftoit  &  qH  îc\. 

Suit  la  copie  du  teftament  ^  ci-dejfus  page  15)7. 

Et  la  claufe  par  la  qnele  la  dide  Perrenelle 
avôit  ordenné  &  eiîeu  les  delfus  nommés  fes 
Exécuteurs  ,  s'en  fuit.  Pour  routes  &  ehafcune 
les  chofcs  defTus  didles  entériner  ,  &:c.  Voye:^  le 
codicille  ci'dejfus  ^  page  304. 

Et  aitermerent  les  difts  Exécuteurs  ,  ou  dit 
nom  exécutoire,  que  comme  ils  eulTcnt  voulu- 
procéder  à  l'exécution  du  dit  teftament ,  à  leur 
laquelle  ou  dit  nom  exécutoire  d'une  part ,  St 
du  diâ:  N.  F.  en  Ton  nom  d'autre  part  :  inven- 
toire  de  tous  les  biens-meubles  &  immeubles  , 
créances  &  debtes  qui  communs  eftcicnt  entre 
le  ditfl  Nicolas  &  la  dide  feue  Prenelle  fa  fem- 
m%  on  tems  qu'ele  ala  de  vie  à  trefpaiïement  , 
eût  ,éié  fait  d'un  commun  accort  &:  airenrement, 
"El  veu  6^  regardé  par  iceux  Exécuteurs  tout  le 
contenu  dudit  l'in^enroirc  ,  &  la  part  &  portion 
qui  en  app^irrcnoit  à  l'exécution  de  la  dicle  feue 
Prenelle  ,  euilent  trouvé  que  icelle  part  &  por- 
tion des  biens -meubles  Si  créances  ne  pous'oit 
fouffire  à  la  quinte  partie  pour  l'exécution  &  en- 
térinement du  dit  teftament  :  &  confidérans  que 
la  dide  feue  Prenelle  avoir  fait  depuis  le  di<5k 
teftament  un  codicille,  pour  î'accorapliif:ment  du 
quel  il  leur  eftoit  de  nécclTicé  payer  prompte- 
m.ent  la  fomme  de  300  livres  tournois  à  Ifa- 
belle  feiTime  de  Jehan  Perier  ,  feur  de  la  dide 
feue  Prenelle,  avecques  les  lais  &  ordenances 
du  did  teftament  &  réferver  la  moitié  de  la 
maifon  faifant  le  coing  de  Marivaux,  &  la 
moitié  de  deux  ouvrouers  à  Efcripvain  ,  contre 
1  Eglifc  faint  Jaques  de  la  Boucherie  ,  la  moitié 
de  un  fextier  de  blé  a  héritage  ,  &  Li  moitié  de 
plufieurs  bonocs  rentes,  appartcnans  a  la  dide 


Ijo     Histoire  Critiquï 

éxecution  pour  faire  la  fondation  de  quatic 
Mciîes  perpétuelle^  t]uc  la  dide  Prcnelle  a  or- 
denné  par  le  dicl  codicille  eftre  célébrées  par 
chafcune  fepn^aine  en  la  diéle  Eglife  faint  Jaques 
de  la  Boucherie ,  comme  plus  a  plain  eftoic  & 
cft  contenu  ou  dit  codicilJe. 

Etavoient  &ont  trouvé  iceulx  Exécuteurs  ,  que 
tant  pour  les  lais&  tout  le  contenu  ou  dit  tefta- 
mcnt, comme  pour  mifes  &  defpens  faits  par  iceux- 
Exécuteuis  pour  robfequc  &  funérailles  d'icelle 
dcffunte  ,  &  au/Ti  pour  avoir  confeilà  la  deiFenfc 
de  plufieurs  procès,  délais,  inventoires,  em- 
pefchemens  que  pourcha^a&  fit  faire  parcertaiii 
lems  la  dide  Ifabeau  qui  s'cfforçoit  d'être  héri- 
tière de  ia  diète  feue  Prenelle  contre  h  teneur  6c 
exécution  du  diél  teftamcnt  en  Parlement  &  ou 
Chaftelîetde  Paris,  comme  pour  k  fait  de  l'in- 
ventoire  &  pour  plufiears  grans  debtes  ,  tant  de 
emprunt  fait  nouvellement  par  le  Roy  Notre  Sgr, 
comme  de  debtes  que  le  dit  Flamcl  devoit  à 
plufieuis  perronnes,&  de  certains  procès  ou  Chaf- 
tellet,  &  auiîi  de  pkifîeurs  efcripturcsoc  ècC- 
penfes  faites;  cependant  trouvcrerr:  &:  avoient 
trouvé  la  dicte  exécution  eftre  chargée  de  payer 
promptement  la  fommc  de  76  r  livres  1 1  deniers 
parifis  ,  de  La  quele  fomme  iceux  Exécuteurs  ne 
pouvoicnt  finer  fans  expofer  promptement  en 
Tente  la  plus  grant  partie  des  biens- meubles  & 
immeubles  apparttnans  à  la  diélc  exécution  y 
qui  povoit  tourner  &  eftrc  en  granc  perce  ôc 
dommage  à  icelle  exécmion. 

Pour  la  quele  perte  ,  dommage  &  Jéhis  de  la; 
diéle  exécution  efchevcr,  &  pour  diligemment 
exécuter  &  accomplir  le  contenu  ou  cîit  teftament^ 
les  dids  Exécuteurs  de  leurs  bons  grés  ,  bonnes 
Yolentés,  propres  mouvcmens&  certaines  fcien- 
ces  ,  fans  aucune  force  ,  fraude  ,  indudion  ,  cir- 
couvcnciôn,  oudcccvance  3  mais  pour  le  pioulic. 


DE  Nicolas  FtA  M  Et.     i^t 

d'icelle  exécution  ,  fur  ce  bien  confeillés  fi  com- 
me ils  difoient ,  &  mefmement  après  ce  que 
eux  &  certains  jurés  &  autres  gens  en  ce  con- 
gnoilîans  avoient  &  ont  efté  en  perfonne  veoir 
&  vilirer  les  rentes  cy  deifus  déclariécs ,  mon- 
tans  à  la  foinme  de  7  8  livres  ^  fols  8  deniers 
maille  paniisj  qui  appartenoient  à  la  dicle  exécu- 
tion prfcs  pour  indivis,  &  de  la  condition  de 
autant  d'autres  pareilles  rentes  qui  appartien- 
nent au  dicl  Nicolas  Fiamel ,  étant  du  conqueft 
de  lui  &  de  la  didefeue  Perrenelle  fa  femme  ;  fur 
les  perfonnes  &  lieux  cy  après  nommés,  dont  plu- 
fîeurs  des  lieux  fur  les  quels  les  dides  rentes  font 
afiifes  &  prifes  ,  font  de  petite  valeur  ,  tanc 
maifons  que  le  did  Nicolas  avoit  baillé  à  rente 
qui  lui  eftoient  demeurées  par  plais ,  ruines  &C 
empefcliemens,  comme  autres  rentes  dont  les 
dids  Exécuteurs  ne  veoient  pas  avoir  proufit 
à  la  dide  exécution. 

£t  premièrement  s'en  fuivent  les  rentes  prifeS 
&  aflifes  en  la  ville  de  Paris  ,  c'eft  allavoir  ,  i, 
livres  parifis  prins  par  an  fut-  la  maifon  Maciot 
le  Cloutier  ,  joaii^nant  de  Pré  chancée  en  Ma- 
rivaux ,  tenant  d'une  part  à  une  maifon  qui  eft 
à  la  femme  &  enfans  feu  Richart  Dugué,  en 
ja  ccnlïve  Se  Germain  l'Auxcrrois. 

Item.  3  1  10  f.  parifis  de  rente  fur  la  maifon 
Jehan  Durant,  en  Marivaux,  tenant  d'une  parc 
à  Robin  Laillet ,  &  d'autre  parc  à  une  maifon 
qui  efl  Jehan  Harengier. 

Item.  5  fols  parifis  de  rente  fur  la  maifon  qui 
cft  Copm  Floquet ,  Serrurier  ,  en  Marivaux  ^ 
tenant  d'une  part  à  places  vuides ,  qui  font  aux 
liéritiers  feu  Jehan  Fortegucrre  i  &  d'autre  parc 
à  Guillaume  Desfols ,  étant  en  la  cenfive  de  Se 
Vidor. 

Item.  I  livre  4  fols  4  deniers  maille  parifis 
de  r^Qce  fur  la  maifon  qui  fut  à  Jehan  Harcnc  , 


3  52-     Histoire  Critique 

en  Marivaulx ,  tenant  d'une  part  à  Jehan  Quivâ- 
la,  fie  d'autre  part  à  Huet  GaulFet  ,  enlacen- 
fîve  du  Chapitre  N.  D.  de  Paris. 

Item,  j  r.  parifis  de  rente  fur  la  maifon  qui 
fut  feu  Collin  Nouvel ,  en  la  rue  des  petits 
champs  ,  qui  efl  à  préfent  Andry  Giffart  ,  te- 
nant d'une  part  au  did:  Andry,  8c  d'autre  part  à 
Jehannela  Gauchiere ,  en  la^cenfivc  de  Mont- 
martre. 

Item.  5  fols  parifîs  de  rente  fur  la  maifon  des 
étuves  du  Lion  d'argent  en  la  rue  des  petits 
champs  en  Beaubourt ,  qui  font  Jehan  de  Bu^ny, 
faifant  le  coing  de  la  rue  St  Julien  &  de  la  rue 
des  petits  Champs  devers  Beaubourt  ,  aboutif- 
fant  par  derrière  à  Jehan  Brehier  en  la  cenfive 
de  l'Eglife  St  Mcrry  a  Pans. 

Item,  i  livre  pariiis  de  rente  fur  la  maifon  Je- 
han Malaquis  Boulangier,  joignant  des  quatre 
fis  Henion ,  oultre  la  porte  St  Denis  j  tenant 
d'une  part  à  une  petite  maifon  qui  eil  au  didl 
Malaquis,  &  d'autre  part  tenant  &  aboutilfant 
à  l'oftel  des  dids  quatre  fils  Hemon  j  la  quelle 
maifon  eft  Girart  Fortin  ,  Tonnelier. 

Item.  I  livre  lo  fois  parins  de  rente  fur  la 
maifon  joignant  ,  qui  efl:  au  di^t  Mala-.juis  Bou- 
langier devers  la  porte  St  Denis  ;  tenant  à  icellai 
Jehan  d'une  part ,  ^fc  d'autre  part  aux  maifons  8c 
louage  Jehan  de  St  Romain  îmacrier. 

Jtem.  il.  c,  f  parins  de  rente  fur  la  mailort 
ou  louages  lî  comme  au  milieu  de  la  rue  Dernef- 
tal ,  qui  (ont ,  Simonnet  le  Plaftrier  ,  maçon  \ 
tcnans  d'une  part  à  la  maifon  qui  eft  P^icharc 
Rouyer  ,  Buifeticr  ,  &  d'autre  part  à  Hemy  de 
la  Coquille. 

Item,  i  \.  6  C  6  à.  parifis  de  rente  fur  une 
maifon  Gilles  Hemart ,  faifant  le  coing  de  Dcr- 
neftal,  tenant  d'une  part  à  une  maifon  qui  eft 
Perrin  Cuirct,  &  d'autre  part  à  GuiUemaiu  de 
Moutforc. 


DE     NicOtAS    FlAMEL.      ,,, 

Jehan  le  Bourgu.g„o„  ,  où  eft  Icnfaene   de  U 
rolc  ^  de  N.  D.  en  la  r.e  Gucrin  Boi^I'eau    ten  Je 

Vaiers&Xtr     '        t","'  P^"  ^  Robin  de 
vui.is     5.  dauteparc  a  Jehan  de  Pranconville 
aboutuiant  aur  jardins  Jehan  Blavet  ' 

Jism.  ij/- parilîs  de  rente  fur  une  maifonfr 
loages  qu,  furent  Jelian  Code     en  il  Xt 

1.1  a.  M.,  l™.,'.  Pois  ;»r,    ;S,',; 

snam";  V  ''  f  "']''  "^^  '""'=  ^"'  '^  "i^ifon  ioi- 
gnam  oultre  les  dtcles  ftlIcs-D.eu  en  la  rue  St 

fVjr    i  '^'"'^^  '^^°'^^"  .  ^="^'"  d'"«e  part 
»  ia  maiioa  de  la  dicie  femme  &  enfans  Pafcjuier 


5  54      Histoire  Critique 

^cSauls  ,  &  d'autre  parc  à  Caomcs  Jouan  ,  abou- 
tifl'ant  aux  didls  folles  cC  aigoux  de  la  ville  de 
Pa  is 

Item.  I  I.  parifis  de  rente  fur  la  maifon  de  la 
Couronne,  c]ui  eft  à  la  dide  femme  &  enfans 
Richarc  Marié  ,  en  la  di6lc  rue  Gucrin  Boilleau  , 
tenant  d'une  part  aux  cufans  Jaquet  Variet ,  Se 
d  autre  parc  a  Jehan  Galian  ,  Ma<^on  ,  aboutif- 
fant  aux  jardins  Martin  de  Boiffy. 

Item,  lo  C.  parifïs  de  rente  fur  la  maifon  qui 
eft  M^'".  Yves  n'ajrueres  ,  W".  de  l'Ollcl-Dieu 
de  GonçiTe ,  en  la  diclc  rue  Guerin  Boilleau  , 
tenant  d'une  part  à  la  maifon  Ligier  de  la  Borde  , 
&c  d'autre  part  à  la  maifon  Agnès  la  Joucnne  , 
aboutilfant  aux  jardins  Martin  de  Boifiy. 

Item.  I  I.  1  5  f.  parilis  de  rente  fur  la  maifon 
de  l'Arbalefte  ,  qui  eft  Régnant  Dujardin,  No- 
taire du  Chadcllet,  afilfc  en  la  rue  St  Martin 
oultre  la  porte  ,  tenant  d'une  part  à  la  maifoa  j 
faifant  le  coing  de  la  rue  du  Cimetière  St  Ni-  ' 
colas,  &  d'autre  part  à  la  maifon  Jaquet  de 
Mavin  ,  Charpentier. 

Item.  I  i.  5  f.  parifîs  de  rente  fur  la  maifon  fai- 
fant le  coing  d'une  petite  ruelle  qui  n'a  point  de 
bout  en  la  rue  au  Maire ,  qui  eit  à  Jehanne  de 
Marval ,  tenant  d'une  part  à  Pierre  Lefevre , 
Ma^on  ,  aboucilfant  aux  jardins  qui  furent  Je- 
han Jolis,  Orfèvre. 

Item.  10  f  parifis  de  rente  fur  la  maifon  qui 
fut  Prin  Pignicres ,  en  la  di.le  rue  au  Maire, 
cjui  eft  à  préfent  à  un  Charpentier  nommé  San- 
fon ,  tenant  d'une  part  à  Jehan  de  Brie ,  Bro-' 
dcur  ,  &  d'nucre  parc  à  Colin  Jaillart. 

Item.  8  f.  parifis  de  rente  fur  la  moitié  de  la 
maifon  Pierre  Lefevre  ,  xMa^on  en  ladide  rue 
au  Maire,  tenant  à  la  maifon  qui  fait  le  coing 
de  la  ruelle  qui  n'a  point  de  bout  j  &  d'autre  parc 
aux  maifons  ou  louages  qui  font  Jehanne  l'Or- 
fevârelFe. 


D  E    Ni  CO  L  A  s    Fl  A  ME  L.       535 

Item.  I  1.  4  f.  parifis  Je  rente  fur  la  maifoa 
Jacquerain  de  Bar  fur  Aube  ,  Vendeur  de  ine- 
flues  denrées  devant  le  moulinet  en  la  rue  aux 
Gravilliers,  tenant  d'une  part  à  la  maifon  qui 
efl:  à  la  femme  &  enfans  feu  Jehan  Bouquin,  & 
<i'autre  part  à  Michelet  de  Laon. 

Item.  14  f.  parifis  de  rente  fur  une  maifon  qui 
eft  Jehan  le  Sage  ,  Maçon  ,  près  du  bout  de  la 
rue  aux  Gravilhers ,  tenant  d'une  part  à  une  mai- 
fon qui  «ft  Jehan  Teftart ,  &:  d'autre  part  à  un 
jardin  qui  eft  au  dicl  Maçon ,  aboutiUant  par 
xlerriere  à  Maciot  Delabarrc  ,  Maçon. 

Item.  I  1.  parifis  de  rente  qui  eft  fur  la  mai- 
fon Guillaume  Baudouyn  ,  Charpentier ,  en  la 
rue  du  Temple,  oultre  la  rue  aux  GraveHers , 
tenant  d'une  part  à  Jehan  Leconte  ,  &  d'autre  parc 
à  Maciot  Delabarre,  aboutiiTant  à  J.  Depreaux. 
Item,  t  C.  6  d.  parifîs  de  rente  fur  un  petit  jar- 
âÏH  ^ui  eft  au  di(5l  Jehan  le  Sage ,  Maçon  ,  près 
du.  coing  de  la  rue  aux  Gravcliers  ,  tenant  d'une 
part  à  Macicot  de  la  Barre  ,  Maçon  &  d'autre 
part  à  la  maifon  qui  fait  le  coing  de  la  di<5le  rue 
aux  Graveliers. 

Item.  1  1.  pariils  de  rente  fur  les  maifons  & 
jardins  Jehan  Gerbain  ,  Tailleur  de  pierre,  en 
la  rue  du  Temple  ,  tenant  d'une  part  à  Jehan 
Hazart,  &  d'autre  part  à  Thcvenin  Arnoult, 
Boulangier  ,  aboutilîant  par  derrière  aux  jardms 
4u  du  Jehan  Hazart. 

Item.  I  1.  parifis  de  rente  fur  la  maifon  de  la 
Couronne  en  la  rue  de  Quinquenpoit ,  qui  eft  à 
|>réfent  Jehan  Rozeau,  Orfèvre,  tenant  d'une 
part  à  Jehan  Gilot ,  Maçon  ,  &  d'autre  part  à 
îa  maifon  Onain  le  Ame. 

Item.  1 1  f.  9  d.  parifis  de  rente  fur  U  maifoa 
qui  fut  Pierre  Prétel ,  &  à  préfent  eft  fi  comme 
l'en  dit ,  à  Marmette  la  Noblette  ,  fuer  du  di(5b 
Pierre,  tenant  .d'une  parc  à  Jehan  Guevart ,  Se 


yy6        HisTo/îRE  Critique 
d'autre  parc  aux  maifons  qui  furent  au  dicl  Pierre 
Vrérd. 

lum.  I  I  pn.rins  de  rente  par  an  fur  la  mai- 
foii  du  coing  de  la  rue  de  2vîontmorency  ,  qui  c(ï 
à  Jehaii  Coni^non  ,  &  à-  Marie  fa  femme  ;  te- 
nant d'une  part  à  la  niaifon  Jehan  de  Poix, 
Cordonnier. 

Iccm.  1  I.  parifîs  de  rente  fur  une  petite  mai- 
fon  èc  louages  qui  font  Jehan  Conignon  &  Ma- 
rie fa  femme,  en  la  rue  de  Montmorency,  8c 
fnv  tous  les  Iouac[;es  ;  d'un  cofté  tenant  a  une 
liaulcc  maifon  où  il  fouloit  avoir  eftuvcs,  qui  cft 
à  préfent  en  ruine. 

Ittm,  Il  f.  parifîs  de  rente  fur  une  maifon  qui 
eft  Jehan  Cantru,  Maçon,  en  la  rue  du  Cime- 
tière St  Nicolas  ,  où  cit  l'image  Ste  Catherine , 
tenant  d'une  part  à  l'Oftel  du  Vicomte  de  Meaux, 
&  d'autre  part  à  une  maifon  qui  eft  à  Nicolas 
Fiquct  5  aboutiiîant  aux  maifons  de  l'efcu  de 
France  &  de  la  Targc. 

hem.  1  1.  parilis  de  rente  fur  la  maifon  de 
l'image  St  Martin  ,  en  la  rue  aux  Graveliers,  qui 
eft  Thibaut  Lefchavas ,  tenant  d'une  part  à 
Jehan  Tremet ,  Bculangier,  &z  d'autre  part  à 
une  maifon  qui  eft  Jehan  Mercier  ,  dont  partie 
eft  en  lacenfîvc  St  Martin  des  Champs,  &  partie 
en  la  ccnfîve  St  Vi<5lor  lès  Paris. 

Item.  5  f.  parifîs  de  rente  fur  un  petit  jardin 
au  bout  de  la  rue  aux  Graveliers  ,  qui  eft  à 
prcfent  Jehan  le  Sage ,.  Maçon  ;  tenant  d'une 
part  à  une  maifon  qui  fait  le  coing  de  la  diCle 
rue  des  Graveliers  ,  qui  eft  Thomas  le  Clerc  , 
Boulangier  ,  &  d'autre  part  au  dit  Jehan  le  Sage  , 
ce  que  di:  cft  en  la  cenlîve  de  la  did:c  Eglife  de 
St  Martin  des  Champs  ,  excepté  une  patrie  de 
Ja  maifon  de  l'imige  St  Martin  en  la  diâ:c  rue 
des  Graveliers  qui  eft  allifc  en  la  cenlivc  de  Se 
Vidor,  comme  div^  eft. 
l     ■  Itcnu 


DE    Ni  CO  L  A  S    Fl  A  Xf  ï  L.       5j7 

It:m.  lo  f.  parifîs  de  rente  fur  la  maifoa 
Drouin  du  Boucharc ,  faifeur  d'efletifs  ,  oiiltre 
Ijs  F;lL-s-Dieu;  tenant  d'une  part  à  TOfl'el  de 
l'image  St  Sauveur,  qui  eft  Laurens  Pinçon,  & 
d'aurre  parc  a  une  maifon  qui  eft  Henry  de 
Croix,  Courtillier  ,  aboutilFa.u  par  d-rriere  aux 
murs  de  la  ville  deParis. 

Item.  1  i.  1 6  r.  8  d.  parifîs  de  rcnre  Cm  la  mai- 
fon Colin  Beaungnier  ,  Armurier  ,  du  cofté  de 
St.  Sauveur  devant  la  Trinité  ',  tenant  d'une  part 
&  aboutilTant  à  Guillemin  le  Duc,  &  d'autre 
part  a  1  Oliel  du  plat  d'eftaiu ,  qui  eft  Jehaa 
d'Orléans  ,  le  jeune. 

Item.  I  6  fols  parifîs  de  rente  fur  la  maifon 
Jehan  Brandin  ,  où  eft  le  plat  d'eftam  ,  en  la  rue 
du  Coq  ;  tenant  d'une  parc  à  Regnault  Maloi- 
feau  j  6c  d'autre  part  à  Jaquet  le  Rennoifîé. 

Item.  I  l.  1 1  f.  6  d.  parifîs  fur  la  maifon  de  la 
Nef  d'argent,  derrière  l'Oftel  d'Orléans  en  la 
rue  des  Eftuves  ;  tenant  d'une  part  à  Guillaume 
Roaffeau  ,  «Se  d'autre  part  à  Jcban  de  Mont- 
martre, Charpentier. 

Item.  î  1  parifîs  de  rente  fur  la  maifon  Philip- 
pe EirafTe  ,  Huchier ,  feant  en  la  rue  aux  Lavan- 
dière:»,  à  l'oppofite   de  la  rue  Perrin  GalTchn; 
tenant  d'une  part  à  Guillaume  Arrode ,  Orfèvre 
6c  d'autre  parc  à  Perrin  Galleblé. 

Item.  5  1.  parifîs  de  rente  fur  la  maifon  baillée 
à  rente  à  Pierre  le  Bonier  près  des  Quinze-vins  j 
tenant  d'une  parc  à  une  petite  maifon  qui  fait 
le  coing  de  la  rue  Se  Thomas,  &  d'autre  part 
à  Jehan  Labbé ,  Boulangier  ,  abourilTant  pcrr 
derrière  aux  hoirs  feu  M}'^^.  Simon  Henin.  Ce 
que  diâ:  en  la  cenfive  de  R.  P.  en  DieuM^*^, 
l'Evefque  de  Paris. 

Item.  I  1.  10  f.  parifîs  de  rente  fur  la  maifon 
Pierre  Hazarc ,  Pafticie: ,  en  la  rue  du  Temple , 
tenant  d'une  part  à  Jehan  Teftart ,  &  d'autre 

P 


5^8       H  ISTO  I  RE    C  RIT  r  QUE 

part  à  une  maifon  qui  ePt  Guillaume  de  Condé  ; 
aboutilî'anc  par  derricrc  aux  murs  de  l'Oftel  du 
Roy  de  Navarre. 

Item.  I  X  r.  parifîs  de  rente  fur  la  maifon  Poin- 
cet  Breron  ,  Parcheminicr ,  en  la  dlde  rue  du 
Temple  ,  cofté  Ste  Avoye  ;  tenant  d'une  part  à 
une  maifon  qui  eft  Pierre  Rouneau  ,  &  d'autre 
part  à  une  maifon  qui  eft  aux  cnfans  de  feu  M"*^. 
Hutin  Damnoy. 

Item,  f  f.  parifis  de  rente  fur  la  maifon  Guil- 
laume Prcudomme  ,  Teinturier  &:  Sergent  à 
cheval ,  aflîfe  en  la  rue  des  Blancs  Manteaux  ; 
tenant  d'une  part  à  l'Oftcl  du  Croiiîant ,  qui  eft 
au  diâ:  Guillaume  ,  &:  d'autre  part  a  l'Oitcl  de 
la  chaulTe  ,  aboutilfant  par  derrières  au  jardin 
du  Panier  d'argent ,  qui  font  M"^.  Oudar:  Da- 
tamille. 

hem.  5  1.  parifis  de  rente  fur  la  maifon  Colin 
Aubert ,  Chandelier  ,  en  la  rue  du  Temple  ,  tai- 
fant  le  coing  de  la  rue  Paftourelle  ,  abourilfant 
par  derr-ercs  aux  maifons  Jehan  Sandubois.  Ce 
que  did  eft  en  la  cenfive  de  l'Ofpital  qui  jadis  fut 
du  Temple. 

Item.  I  1.  4  f.  pari{îs  de  rente  fur  la  maifon 
faifant  le  coing  de  la  rue  de  la  Charpente  rie  , 
rue  aux  Bourdonnois ,  {a)  qui  eft  Philippe  Ci- 
lalfe  j  tenant  d'une  part  à  Jehan  Delamare ,  Fre- 
pier  ,  &  d'autre  part  à  Colin  Petit. 

Item.  1  1.  pariîis  de  rente  fur  la  maifon  oii  de- 
meure Philippe  Ciralfe  en  la  rue  de  la  Charpen- 

(.1)  La  rue  de  la  Charpent-rie  ici  indio,  jée  ,  doit  être ,  ce 
femblc  ,  la  rus  des  Mauvaises  Paroles.  Le  compte  de  U 
ve-ivfi  Nicolas ,  dont  il  a  été  parlé  dans  cet  Ouvrage  ,  dit 
cxnreflcnient  <.]l^e  la  rente  dont  il  eft  queflion  ,  eft  <ur  une 
tnaifon  ffii'ur.tle  coin^  de  la  rue  de  la  Churpcnterie  devant 
l'0,lel  de  LiTi-hnouflle^On  voit  ici  qj'cllc  avoir  ilFuc  dans  !a 
r.  c  des  Bourdounois.  'Hôtel  de  la  Tiiroouiile  (ub'ifte  en- 
core, ôc  une  des  maifons  qui  tonne  un  des  coins  delà  rue 
des  Mauvaiicî  Parçlcs,  fe  trouve  e:i  face  de  cet  ancien  hôtel. 


DE  Nicolas  Flamel.    55^ 

tcrie  5  tenant  d'une  part  à  Colin  Petit ,  &  d'aucre 
part  à  Katherine  la  Petite.  Ce  que  diô:  eft  en  la 
cenfive  de  R.  P.  en  Dieu  M"^.  l'Evêquc  de 
Noyon  ,  &  de  M"^.  Jehan  Porchicr ,  à  caufe  d'ua 
fief  qui  fut  aux  Coquatrijt. 

Autres  rentes  qui  font  ajftfes  tant  à  la  villette  St 

Ladre ^  comme  à  Nanterre  &  ailleurs ,  lefciuelUs 

font  rendues  6*  apportées  à  Paris. 

Premièrement  ^  16  fols  parifis  de  rente  que 
Jehan  Piquet  demeurant  à  la  villette  St  Ladre, 
vendit  en  Février  1395  fur  certains  fes  héritai- 
ges ,  à  deux  termes ,  c'eft  aifavoir  j  Pafques  &c 
St  Rémi. 

Item.  I  1.  parifis  de  rente  au  terme  de  Noël , 
fur  les  héritaiges  &  biens  de  Jehan  le  Sage,  l'ainf- 
nc  ,  Charrier ,  demeurant  à  la  villette  St  Ladre, 
&  fur  certains  autres  héritages  obhgiés  à  iceux 
héritages  ,  alTis  en  la  cenfive  de  St  Ladre  de  Paris, 

Item.  I  1.  parifis  de  rente  à  deux  termes,  Paf- 
ques &  St  Rémi ,  fur  les  héritages  &  biens  de 
Guillot  Cochet ,  Laboureur  ,  demeurant  à  la  vil- 
lette St  Ladre  &  fur  certains  autres  biens  Se 
héritages  obligiés  à  ce. 

Item,  I  1.  parifis  de  rente  à  deux  termes  ,  Paf- 
ques &  St  Rémi ,  fur  Us  héritages  &  biens  de 
Thevenin  le  Fournier  ,  Laboureur ,  demouraqt 
à  la  villette  St  Ladre,  &  autres  à  ce  obligiés. , .^  , 

Item.  1 1  C  parifis  de  rente  à  deux  termes  ,  Paf- 
ques &St  Rémi,  fur  les  biens  Se  héritages  de 
Marion  la  Pichonne  ,  &  autres  obligiés  k  c(^  ,  de 
la  dide  Villette.  Ce  que  dict  eft  en  la  cenfive  du 
Chapitre  N.  D.  de  Paris. 

Item.  1 6  f.  parifis  de  rente  au  terme  de  Noël , 
par  an  fur  les  biens  &  héritages  de  Jehan  Moreau , 
le  jeune ,  Laboureur,  demeurant  à  Nanterre ,  Sç 
fur  autres  héritages  obligiés  à  ce. 

Item,  1 6  fols  parifis  de  rente  au  terme  de  Noeïj 

pii 


5 40    Histoire  Critique 

far  I^s  biens  &  hcritages  de  Pcrria  le  Cl-rc  ,  La- 
bofiieur  ,  dcmourant  à  Nanccrre  ,  &c  fur  aucies 
héritages  à  ce  obl'gics. 

îîim.  Il  r.  parifis  de  rcnre  aa  terme  St  Rémi, 
fur  les  biens  6c  héritages  du  die  Perrin  le  Clerc  , 
demouranc  à  Nanterrc  &  autres  héritages  obli- 
giés  a  ce. 

frem.  r  i  f.  parifis  de  rente  à  deux  termes  ,  Paf- 
qnes  &  St  Rémi  (ar  les  héritages  de  ElHenne 
Pignc,  Laboureur,  demeurant  a  Nanterre,  ce  au- 
tres héritages  obligiés  à  ce. 

Item.  10  f.  p^rilîs  de  rente  à  deux  termes, 
Pafqaes  &:  St  Rémi,  fur  les  biens  &  héritages 
de  Jehan  Delaiftre  ,  Laboureur  ,  demourant  à 
Nanterre,  &  autres  hcriîf*g?s  obligiés  à  ce. 

ftem.  1 4  f.  parilîs  de  rente  à  deux  termes  ,  Paf- 
(]ues  &:  St  Rémi ,  fur  les  héritaigcs  &  bien.s  de 
JcKan  fe  Pigne  ,  Laboureur,  demeurant  a  Nan- 
terre. Et  ce  que  dit  cR  en  la  cenfive  des  Reli- 
gieux de  St  Deî  is  en  France. 

tiem.  1 6  f.  parifîs  de  rente  au  terme  St  Rcmi , 
fut  les  héritages  &  biens  de  Jehan  Moreau  ,  le 
jeune,   Laboureur,  demeurant  à  Nanterre. 

Item,  lo  lois  parifis  de  rente  au  terme  de 
Noël,  fur  les  héiitages  &:  biens  de  Michel  Mo- 
reau ,  Laboureur  demeurant  à  Nanterre. 

'Item.  1  l.  ^-  f.  parihs  de  rente  à  deux  termes  , 
St  Jehan  8c  Noël,  fur  les  héritages  &  biens  de 
J.  Ghii  ,  le  jeune  ,  Laboureur  demeurant  à  Nan- 
terre ;  &  fur  autres  héritages  &  biens  obligiés 
à  ce. 

-Item.  Il  f.  parifis  de  rente  à  deux  termes  ,  Paf- 
ques&  St  Rémi ,  fur  les  héritages  de  feue  Jehan- 
ne  ,  jadis  femme  féparée  de  Gillebert  Potery, 
Libo'urcur,  demeurant  à  X^anterre. 

item.  1 3  f.  parifîs  de  rente  à  deux  termes,  Paf- 
qu:s^  St  Rémi  ,  fur  les  héritages-  &  biens  de 
JehfankRoy,  Laboureur,  demeurant  à  Naa- 


DE  Nicolas  Flamex.  _  .341 

terre,   &  (ur  aucres  héritages  obligiés  4.;ccv 
.  hem.  16  f.  parifis  de  rence  a-  deux  termes  ^  Par- 
ques Se  St  Rémi,   fur  les  héritages  &  biens,  de 
Jehan  le  Pigne  ,  Laboureur  ,  demouiai-^t  a  N^n- 
terre.  >  ::    .  . 

hem.  I  1.  parifis  de  rente  à  deux  termes  Sr  Je- 
han Bapcilte  &  Noël ,  fur  les  héritages  &  biens 
de  Guiîltmain  Coftereau  ,  Laboureur,  demeu- 
rant à  Nanterre  ,  £:  fur  autres  héritagcsr  obli- 
giésàce.  .k 

Item.  I  1.  parifis  de  rente  à  deux  termes  ^  Paf- 
cjues  &  St  Rerni ,  fur  les  héritages  de  feu  Lorin 
Chevaher  l'ainfné  ,  jadis  Laboureur  ,  dcinouranc 
à  Nanterre  ,  Se  fur  autres  héritages  ll  bicRS  cbli- 
giés  à  ce.  Ce  que  dit  ed  en  \i  cenlive  des  Reli- 
gieux de  Sce  Geneviève. 

hem.  ,1,10  r.  parilis  de  renrc  à  deux  termes  , 
Pafciues  &  St  Rémi ,  a  fils  fur  certain  héritage  .;oa 
térouer  de  .Pûteaux ,  ten.u  en  franc  aiei? .  .les 
quels  furent  feu  Lucas  Pcret  &  Ifabeau  iV-  f^- 
me.  Laboureurs  yZ\.  fur  aa:j:eshérita?,esobi:^4ics 
à  ce.  Les  qutls  héritages  &  les  charges  qu'ils 
dévoient  ,  (ont  plus  a  plain  es  lettres  des  vcn- 
ditions  &  achas   des  diélcs  rentes. 

RicoGNURENT  &;  ccafelTerent  iceulx  Exécu- 
teurs es  noms  que  dellus ,  avoir  ven.d'-i,^,  quit- 
tiez ottroié  ,  tranfpciié  & 'léleflié ,  ^  par;  la 
teneur  de  ces  préfentes  lett "es  vendent,  quit- 
tent ,  tranfportenc ,  deLiTent  du  roat  dès  ma^in- 
tenant  à  toujours  j  perpétuelmeni  &  hcritable- 
ment  Se  promis  &  encore  promettent  ts  diérs 
noms  garantir  ,  déhvrer  &:  dciilndre  envers  ôc 
contre  tous,  aus  coûts  &  defpcns  d  içclie  exé- 
cution, de  tous  troubles,  debtes  ,  obligations, 
ypoteques ,  &  de  tous  autres  empefchemens  qii^l- 
conques  ,  toutes  &  quantes  fois  que  mefi:ier\n 
f^ra  en  jugement  &  par  tout  ailleurs  au  deïïus 
ne mmé  Nicolas  Flamel,  achetem  pour  lui ,  les 

Piij 


34i    Histoire  Critique 

hoirs  ,  &  ayant  caufe  ou  tems  à  venir  ;  les  7! 
■/!.'  p  f.  8  d.  maille  parifîs  de  rente  annuelle &per- 
-J^pétuellc  ci-defTusdéclariée  ,  appartenant  à  Tcxé- 
^'cution  de  la  diâ;c  feue  Prénelle  5  de  la  condic- 
xion  des  autres   78  1.  ^  f.  8  d.  maille  parif.  & 
après  les  charges  fur  les  lieux  :  &  tout  par  la  four- 
me &  manière  plus  à  plain  contenus  &  dcclari^s 
es  lettres  des  ac<]uifitions  des  dides  rentes. 

CiTTE  VENTE  faite  pour  le  prix  &  la  fomme 
de  74i-l.-5-d.  tournois  de  la  monnoye  courante 
à  préfent ,  à  compter  &  mctrre  l'ccu  d'or  à  la 
Couronne  du  coing  du  Roy  Notre  SS^  pour  ix 
f.  6  d   tournois  pièce. 

C'eft  aflavoir ,  ce  qui  efl:  en  la  cenfivc  de  R, 
P.  en  Dieu  Monsieur  l'Êvéque  de  Par. s  ,  pour  fîx 
♦F.  dix  vint  *  quinze  livres  tournois. 
y'i^'è^'  Ce  qui  eft  en  la  cenfive  de  R.  P.  en  Dieu  ,  M. 

l'Evêque  de  Noyon  ,  &  du  di(ft  M"^.  Jehan  Por- 
chier,  qui  jadis  fu  aux  Coquatrix,  pour  30  1. 
tournois. 

Ce  qui  eft  en  la  cenfive  de  l'Eglifc  St  Martin 
des  Champs  ,  90  1.  tournois. 

Ce  qui  eft  en  la  cenfive  de  Religieux  Abbé  Se 
Couvent  de  St  Magloire  de  Paris ,  pour  8e  liv. 
tournois. 

Ce  qui  eft  en  la  cenfive  des  Religieux  Abbé  & 
Convent  de  St  Vi^lor  lès  Paris ,  pour  4 f  1.  tourn. 

Ce  qui  eft  en  la  cenfive  de  St  Germain  l'Auxer- 
lois,  pour  i^  1.  tournois. 

Ce  qui  eft  en  la  cenfive  du  Chapitre  de  N. 
D.  de  Paris,  pour  3c  1.  tournois. 

Ce  qui  eft  en  la  cenfive  de  St  Ladre  lès  Paiis 
pour  30  I.  tournois. 

Ce  qui  eft  en  la  cenfive  des  Rcligieufes  de 
JMontmartre,   pour  1 1.  tournois. 

Ce  qui  eft  en  la  cenfive  de  l'Eglifc  de  St  Mcry 
à  Paris,   pour  i  1.  tournois. 

Ce  q,ui  eft  en  la  cenfive  défi  Religieux  de  Sr 


DE  Nicolas  F  LAME  I.     543 
Denis  en  France  ,  pour  Quaraine  1.  tournois. 

Ce  qui  eft  en  la  cenfive  des  Religieux  de  Sce 
Genncvieve  du  Monr ,  à  Paris ,  pour  Sol.  tourn. 

Ce  qui  eft  en  la  cenfive  des  Religieux  de  l'Of- 
piral ,  qui  jadis  fut  du  Temple  ,  pour  60  1.  tourn. 

E:  ce  qui  cft  afïîs  fur  certains  héritages  tenus 
en  franc  akuf ,  pour  1 5 1.  5  d.  tournois. 

Les  quelles  parties  font  enfemble  ,  la  fomme 
de  74i-l.-5-d.  tournois ,  que  les  dids  Exécuteurs 
en  confefTercnt  avoir  eu  &  reçeu  du  di(fl  Nico- 
las Flamcl,  pour  tourner  mettre  &  convertir  ou 
fait  de  la  diûe  exécution  d'icelle  feue  Perrenelle, 
de  la  quelle  Tomme  de  741  1.  $  d.  tournois,  les 
di<fls  Exécuteurs  èz  noms  que  deffus  ,  fe  tinrent 
pour  bien  payés ,  contens  &  agrées  à  plain  ,  & 
en  quittèrent  &  quittent,  clamèrent  bonnement 
&  abfolvement  à  tous  noms  fans  rappel ,  le  di(5l 
Nicolas  Flamel ,  Tes  biens ,  fes  hoirs  &  a)*ans 
caufe  &  tous  autres  à  qui  quittance  en  pouroic 
&  devroit  appartenir  ores  ,  ou  pour  letems  ave- 
nir. En  tranfportant ,  cédant ,  &  delelTant  les 
diâ-s  Exécuteurs  es  diéls  noms  ou  di(5l  Flamel  Se. 
fes  hoirs  &  ayans  caufe  ,  tous  les  droits  de  pro- 
priété, fons,  poCfeflion  ,  faifme ,  caigerie  Se 
Seigneurie  avec  toutes  les  aérions  réelles,  per* 
fonnelles  ,  direélcs ,  tenues  cxprefles  que  iceux 
Exécuteurs  à  caufe  de  la  dide  exécution ,  avoienc 
&  povoient  demander  &  réclamer  es  di(fles  78  1. 
9  f.  1  d.  maille  parifis  de  rente  ci-defîus  vendue 
&  envers  quelconques  perfonnes  ,  héritages  ob- 
tenus pour  raifon  de  ce. 

Et  des  diâ:es  78  l.  9  f  1  d.  maille  parifis  de 
rente  deffus  déclarée ,  les  dids  Exécuteurs  es  diùs 
noms  ,  fe  deifaifïrent  &  deveftirent  es  mains  des 
dicls  Notaires  jurés  comme  en  la  men  fouve- 
raine  pour  le  Roy  Notre  Sire,  vouhns  Sccoa- 
fentans  ,  que  le  dicl  Nicolas  Flamel ,  pour  lui , 
fes  hoirs  &  ayans  caufe ,  en  fut  &:  foit  faiûs* 

Piv 


344      Hl  s  T  O  T  R  E    C  R  IT  I  Q.  U  E 

Et  d'abondant  Se  à  greigneur  fcures  de  ce  que 
diâ:  cft  i  les  dicls  Exécuteurs  es  noms  que  de/Tus  , 
firent  &  conHiicuerent  leurs  Pxocureurs  &  MelFa- 
géserpéc  aulx  ,  JcIunGailiaume  ,  Jehan  Scapin, 
Pierre  le  Saulni^r  ,  Pierre  Chavré  ,  Jehan  de  Bric, 
Ouoin  le  Fruitier  5c  Pierre  Pellerin  5  aux  quelx 
cnTs^iiiblc  Si.  a  chafcun  par  foi  pour  le  tout ,  ils 
donnèrent  &  ottroyerenr  plain  povoir,  audio- 
rite  &:  manden^ent  efpécial  de  ce  faire  ,  &  tout 
ce  que  au  cas  .appartiendra  ,  &  tout  autant  corn- 
me  eux-mefincs  Ce  préfens  y  eO-oient  en  leurs per- 
Xonncs  ,  feroiei.t  &  fe  pouroicnt ,  combien  que 
;  requeifl:  plus  clpécial  commandement. 

Prometcans  les  dids  Exécuteurs  es  dicls  noms 
par  leurs  fe  mens,    foy  de  leur  corps,   pour  ce 
baillées  corpoiellement\:s  mains  des  dids  No- 
taires ,  avoir  agréables  ,   tenir,   entériner  ,  ga- 
,  jantir.&  accorapl'r  cefle  préfente  lettre,  &  en 
j/ournii  quittance ,  &  tpujtcs  ks  chpf^s  en  ces  Içt- 
.rtrçs,  contermes,.&,,efç^ii:t;&,    fafîs. venir  fa iue  ©u 
;. dire, contre  jamèsjà  pu]  joi^i  çouViCrtement  ou  en 
;  appert  ,  par  voie  défait  ou  de  droit ,  pour  rail  on 
.  de  ncni ,  d'ignorance,  ou  communicaiicn,  ou  dé- 
ccvance ,    ne    autrement,  pour  quelque    caufe 
que  ce  foit  ;  &  à  plain&  fans  aucun  plarc  reidre  , 
payer  &  reftituer^,   tous  ceux  ,  mifes  ,  defpcns  , 
dommages  j    journées  ,   falaircs  5;  iiçitérslt   qui 
fais  ,   ou  fcroitni  fais  ^  ou  coture  eux  fuient  par 
leur  fait  &:  coulpc  pour  raifon  des,  chofcidellus 
dides,  01}  aucune?- d'i celles  non   tenues ,  non. 
entérinées,    non  accomplies. 

Obhgans  qun^t  à  ce  ,  les  dids  Exécuteurs  es 
noms  que  deiius  ,  tous  les  biens  quelconques  ap- 
partenans  a  la  didc  exécution  meubks  &  imm>-U- 
blcs,  préfens  (Se  avenir  que  iceulx  Exécuteurs 
es  dids  noms  en  foufmiftrcnt  pour  ce  du  tout 
en  quilEicr  ,  vcndfe  ,  adenerer  &  cxf  loifer  ,  par 
nous,,  nos  fuccclfeuis,  Piévofl  de  Pans  &:  par 


DF,  Nicolas  Flamel.  54Ç 
tous  aurres  jufHciers  tous  qui  juirididion  ils  (onc 
&  pourront  eilre  trouves  ,  pour  le  contenu  èî 
dicftes  lettres  du  tout  accomplir. 

Renonçans  en  ce  fait  expreilément  les  àicks 
Exécureuis  par  leurs  fermens ,  foy  delTus  dicTts  ,•  à 
toutes  exceptions,  déceptions,  fraudes ,  mali- 
ces, barres,  cautellcs  ,  ca'viilations ,  ..  .  oppo- 
fîtions  ,  privilèges  ,  franchifes  ,  dilacions ,  ab- 
folucions  ,  &  autres  impétrations  ;  à  tout  droit 
efcript  &  non  efcript  ,  canon  ^:  civil  5  à  tous 
les  couftumiers ,  coniHtutions  5c  eftabliffemens  : 
à  la  déception  de  ouhre  la  moitié  de  jufte  pris  , 
&  icellui  pris  de  741-I.-5-Û.  tournois  non  avoir 
eu  &  non  reçeu  comme  di6l  cft  :  &  généralement 
&  efpécialement  a  routes  aultres  chofes  quelcon- 
ques fans  rien  excepter ,  qui ,  tant  de  fait  com- 
me de  droit ,  de  vs  ,  de  couflume  &  autrement , 
aidier&  valoir  leur  pouroient  ,  pour  venir  faire 
ou  dire  contre  les  chofes  deffus  dides ,  ou  au- 
cunes des  chofes  en  ces  préfentes  lettres  con- 
tenues &  au  droit  difant  générale  renonciation 
non  valoir.  En  témoin  de  ce  ,  Nous  à  la  relation 
des  dicfls  Notaires  ,  avons  mis  à  ces  lettres  le 
ScqI  de  la  dide  Prévofté  de  Paris ,  l'an  de  grâce 
13^7  ,    le  Mardi  19^.  jour  du  mois  de  Janvier. 

DUJARDIN.    EÉGUINOT. 


j4^e   contenant   la   déclaration   des  biens    dont      13^^; 
Vufufruit  fut  laijfé  à  Flamel ,   en  vertu  du 
don  mutuel. 

X."¥  TÉnerable&difcreteperfonnçM"^  Hervé  i?e.  Pièce 
V  RouHel ,  Dodeur  en  Décret  &  Curé  de  ^.^J^  »"^- 
l'EglifcSt  Jacques  de  la  Boucherie  à  Paris,  M"*^.  ^^.  ^jj^pf. 
Jehan  le  François,  Notaire  Apoftolique  &  Im- tre.  itif^. 
périal  ;  Rogier  C!of  er  &  Jehan  Harengier,  Exé- 
cuteurs duteftameat  &  ordeonançe.dedexDiere 


^j^fy      HiSTOjRE  Critique 

Tolenté  de  feue  PcrrenclJe  ,  jadis  femme  de  N. 
Flamel  ,  affermèrent  comme  après  le  trcTpan'e- 
ment  de  la  dide  deffunte  ,  inventoire  euft  été 
fait  des  bicns-meublcs  &  héritages  qui  écoient 
communs  entre  la  diiflc  feue  Pcrrcntllc  au  jour 
«ju'ele  ala  de  vie  à  irefpaliement ,  &  le  did:  Ni- 
colas Ton  mari  5  &  que  pour  payer  &  accomplit 
les  lais  &  ordennances  contenues  ou  dit  tcfta- 
ment  ,  &  en  un  codicille  par  elle  fait  &  paiTé  > 
&  auffi  les  debtes  &  charges  en  quoi  rcxécution 
povoit  eftre  tenue  quant  àpréfent,  quieftoient 
de  j;rans  &  groffes  fommes  &:  frais  :  avo't  con- 
venu vendre  certaines  rentes  &  biens  fur  la  part 
de  la  dicte  deffunte  ,  &  bailler  aucunes  rentes 
qui  ont  é:é  rachatées  par  accort  fait  à  la  ven- 
dition  d'icelles,  &  que  pour  iceux  lais  &  tout  le 
contenu  ou  dit  teftament ,  &  les  debtes  payer 
&  accomplir  excepté  le  fait  des  quatre  Méfies 
pcrpctuelts  chafcune  fepmaine  que  la  dide  def- 
funte a  ordennées  par  le  did  codicille  eftre  fon- 
dées &  dides  après  le  trefpallcment  dudid^N. 
en  l'Eglife  St  Jacques  de  la  Boucherie.  Ils  eulU;nt 
&  avcient  cliargiés  le  did  Nicolas  par  certain 
traitié  &  accort  fait  entr'eulx  ,  tant  pour  CQt- 
taines  rentes  &  biens-meubles  fur  la  part  de  la 
dide  deffunce  contenues  ou  dit  inventoire  ,  que 
pour  ce  les  dicfls  Exécuteurs  ont  vendues  6c 
tranfpoiLées  au  did  Nicolas  Flamel ,  comme  au- 
tfemtnt. 

Icelliii  Nicolas  Flamel  a  entièrement  &  loyal- 
mcnr  payé  &  acquitté  tous  les  lais  &  ordennan- 
ces contenues  es  dids  teftament  &  codicille , 
avec  toutes  les  debtes  &  charges  que  povoit  deb- 
voir  la  dide  exécution,  excepte  le  fair  dts  dides 
quarreMertcs  chafcune  fepmaine,  &  autres  cho- 
fts  ordennées  à  faire  après  le  trefpalTement  du 
ditt  Nicolas,  à  quoi  il  n'en  eft  rens  tenu. 

£;  de  louc  ce  doatU  eiloit  chargé  &  qui  efloic 


t>  E    N  I  C  O  L  AS  F  L  A\f  E  t.      J47 

à  faire  &  payer  à  prcfent  &  en  ion  vivant ,  le 
dii\  Nicolas  a  fait  bon  compte  &  fatisfadion 
ans  dids  Exécuteurs  à  c]ai  il  appartient  dont  &c. 

Et  n'a  plus  auculne  chofe  par  devers  foi  des 
biens  de  la  dicle  exécution  ,  &  des  chofes  6c  paye- 
mens  dont  il  s'elioit  entremis  &  povoit  eftre 
chargiés  de  faire  :  a  baillé  &  rendu  auxdeiîus  dis 
Exécuteurs  j  bonnes  lettres  de  quittances  ,  def- 
charges  &  payemens  (ouffifanspar  lui  fais,  tant 
fur  le  fait  des  di(fts  lais  &  ordennances,  comme 
des  debtes  &  charges  ,  &  ont  les  tlids  Exécuteurs 
icçcues  par  devers  eux  les  dicles  quittances  & 
deicharties  avec  )e  diâ:  inventoire  &  les  dids  tef- 
tament  &  codicille  dont  5cc. 

Et  ou  nom  exécutoire  que  deifus  ,  quittent 
&  defchargent  à  plain  le  di6l  Nicolas  Flamel 
&  fes  ayans-caufe  ,  tant  fur  fait  d'obligations 
qu'il  povoi:  avoir  fait  &  palfées  à  la  didle  exécu- 
tion pour  caufes  d'achas  de  rentes  ,  pour  charge 
de  faire  payemens  ,  de  traitiés  &  autrement ,  (ur 
tout  ce  que  dict  eft,  &  pour  le  fait  de  la  diûe 
exécution  &  les  dépendances,  &c. 

Excepté  feulement  ii  livres  tournois  que  la 
dide  deffunte  a  laifTiés  par  fon  dii\  teftament  ; 
c'eft  alfavoir,  à  la  fille  Jehannette  la  Pafquote  j 
6  livres  tournois  en  avancement  de  fon  mariage 
&  6  livres  tournois  àMahehne  &  TalTineDefrei- 
nés  ,  chafcune  dicelles foixante  fols  tournois > 
pour  avancement  de  leur  mariage  ,  defquels  ix 
livres  tournois  le  did  Nicolas^Flamel  eft  tenus 
de  acquitter  la  dide  exécution  pour  le  fait  du 
mariage  des  dides  filles,  &  en  demoura  quitte 
fîtôt  qu'il  ara  pour  ce  payé  le  didl  argent.  £c 
ou  cas  que  cependant  les  dides  filles ,  ou  aucu- 
nes d'icelles  iroient  de  vie  à  trcfpalfement ,  le 
di(5l  Flamel  fera  tenu  de  payer  après  fon  trefpaf- 
fement ,  à  icelle  exécution ,  le  dicl  argent  qui 
o'aYoit  ainfi  elle  payé  pour  convertir  en  aumoi* 

Pvj 


34^    Histoire  Critique 

ncs  fclon  le  contenu -du  did^  tcftamcnt. 

Et  aprcs  les  debtes,  lais  ^i  ordennances  de 
Ja  dide  dcffupte  payées  &  accomplies  comme 
dcfïïis  cO;  diCl  j  eO:  demeuré  du  rélidu  de  tous  les 
biens  iSc  cliofes  appartenantes  à  l'exécution  di 
tcflament  &  codicille  de  la  dide  défunte  :  c  eft 
affavoir  ,  la  moitié  pour  indivis  de  io6  livres  6 
fols  n  deniers  poitevine  parilîs  telles ']u'elles', 
prinfcs  pnr  parties  à  Paris  6i  dciiors  lur  les  lieux 
conmc  il  s'en  fuit  ;  donr  pU/ieurs  fonr  arachas-, 
tant  par  prom.'Ies  de  bonne  foy  en  failanc  les 
achas  d'icelles parties  de  la  main,  du  uidt Nico- 
las, comme  par  lettres  du  Chafteliet  de  Paris. 

Premièrement.  A  Paris  fur  la  m.aifon  Jehan 
Harengier ,  Elcrivain ,  fur  le  coing  de  Marivaux^ 
4  livres  parilîs-. 

Item.  Sur  la  maifon  aux  enfèins  feu  Jeiianle 
Forcfticr,  qui  fait  le  coing  d'une  ruelle  en  la. 
Tcnnerie,  dellendant  à  Seine,  i  1.  parifis. 

Item.  Sur  la  maifon  Girarc  le  Bourf  cr  ,  Tain-, 
tuiierenla  rue  Auberyle  Bouchier,    i  .1.  )  f  par. 
Item.  Sur  trois  maifons  dont  les  Jeux  font  en 
h  rue  Palléc,  où  demeurent  fillettes  de  vie  ,  fur 
chafcune  d'icelles  i  1.   &  fur  l'autre  maifon  ôc. 
fur  les  louages  qui  y  appartiennent,  5  L  de  rente,, 
féans  en  la  rue  St  Denis  oultre  la  porte  par  deçà, 
l'enfeigne   des  quatre  fils  Hémon  :   qui   furenp 
acha.éei  par  plutieurs  achas  ,  monte  par  an  de 
rente  furiccUes  maifonscomme  dit  cft ,  7  1.  par. 
Item.  Sur  la  maifon  où  ell  l'cnf-igne  du  Pef- 
tail  devant  le  Palais  ,  qui  eH:  Jehan  Thomin  3c, 
fa  femme,   à  caufc  d'elle,   par    an  4  l.parifis.j 
Item.  Sur  la  maifon  de  l'image  St  EpLicnneen  la.- 
Coiloncrie  ,  qui  eft  aux  hoirsfeu  J.  de  la  Ruelle.,  , 
17  f.  y  d.  &  le  tiers  d'un  denier  j  &  fur  la  maifon  f 
qui  fut  Bernard  Petit,  en  la  viel  Pelleterie,  6  f. 
8  d.  parifis  ,  achatés  par  une  lettre  de  la  condic- 
tien  de  certaÙKS  lemcs  ;  monte  la  rciite  fur  içeI-« 


ia-E    N  I  C  O  L  A  s    F  L  A  M  E  t .     5  45^ 

les  dcuimaifons  coiDme  dicleft  ,  far  an  ,  i  1.  4 
r.   5  d.  poitevine  parilîs. 

Item.  Sur  la  maifon  ,  jardin  Se  louaees  Giiil- 
lot  Petit ,  Pelletier  Efcnvain  de  fourme,  fe'ant 
en  la  rue  Chappon  apr^^s  fons  de  terre  par  an  5  1. 
4  r.  pari  fis. 

/ff;72.  Sur  ia  maifon  cii  fut  rerfeifine  de  la 
VzWz^  qui  eft  à  préfcnc  comme  en  ruine,  féant 
en  là  rue  Au  Maire  ,  par  deux  achas  ,  4  liv.  dç 
rqnte.  Et  depuis  la  dide  rente  a  été  délaifliée , 
tant  comme  l'en  voudroit  tenir  la  maifon  &; 
en  faire  pa^/emenr  par  an  pour  foixante-cjuairç 
fols  ,  &  font  de  pry  de  valeur.  Les  queles  4  1  ont 
été  délaifl:cs  qui  y  vcult  demeurer  par  an  pour 
4  !.. tournois  4!   parifs. 

, .  Item.  Sur  la  maifon  de  la  tefte  de  Lion  ,  en 
la  rue  aux  Gravelles  ,  oui  eft  Viennoi:  de  Lin- 
gies  ,  Maçon  5:  Couvreur  de  niaifons  ,  par  an 
2.  1.  parifis. 

hem.  Sur  la  maifon  joignant  de  Ihoftel  de 
Beliaigne^  où  demeure  M'-^.  Jehan  Baill^^t,  Prê- 
tre j  en  la  rue  aux  Gravelles  ,  &  font  pour  indivis 
enrre  autre  ren:e  par  an  1 1  fols  parifis. 

Item.  Sur  k  D;iaifon<]ui  eft;  à,  préfent  en  deux 
pariies  fous  une  couverrurc  en  la  rue  du  Tem- 
ple ouhrc  i'cfcliiclle  ;  l'une  partie  qui  futPvobin 
Pofcheron  ^  Serreurier  ,  &  l'autre  partie  d'icelle 
maifo.n  eil  a  Jehan  Demes  ,  Boulanger  ,  par  an 
de  rente   par  plulîeurs  achas ,  4  1.  parifs. 

Item.  Sur  la  maifon  &  jardin  Jehan  Nernet  , 
Tailleur  de  pierre ,  en  la  rue  Alichiel  le  Conte^ 
par  an  ^  f.   6  ,d.  parifis. 

Item.  Sur  fa  maifon  &  jardin  qui  eft  à  prefent 
au  Maître  des  "  rchiers  dii  Roy  ,■  eh  la  rue  Mi- 
chiel.ie  Conte,  par  an  i  1   15  f.  6  d.  pari(is. 

he^i.  Sur  la  maifon  &  louages  entretenans  qui 
furent  feu  Maciotle  Charpentier,  Cloutier  ,  afCs 
Cil  la  Tcnûelvfiç ,  par  an  ritparlirs» 


3  50       Histoire  Critique 

Item.  Sur  la  maifon  Jehan  Tourin  ,  faifant  le 
coing  d'une  ruelle  à  l'oppolîte  de  la  rue  Frogier 
rafnier  ,   par  an   lo  (bis  parifîs. 

Item.  Sur  une  maifon  qji  cft  au  Prieur  des 
Blancs  Manteaux  ,  en  la  Brethonnerie  ,  faifant  le 
coing  de  la  rue  du  Puits  ,  par  an  i  1.  4  f.  parifis. 

Item,  fur  la  maifon  Jehan  le  Huchicr,  en  I^ 
Truanderie  ,  à  l'enfeigne  de  la  Fleur  de  Lis,  par 
an  z  livres  10  fols  parifîs. 

Item.  Sur  la  maifon  Thomas  Prion  ,  Hucher  , 
en  la  rue  Anquctil  le  Faucheur  près  du  viel  Ci- 
metière St  Jehan,   par  an  4  livres  pariiis. 

Item.  Sur  la  maifon  Mahiet  Gcrreul ,  Sergent 
à  cheval ,  rue  St  Martin  prés  de  l'oppofite  de 
la  rue  aux  Mcncftriers,  &  fur  cenains  fes  héri- 
taiges  de  la  condition  d'une  certaine  rente  ,  par 
an  5  livres  parifis. 

Item.  Sur  la  maifon  du  Barillet  ouitre  le  pont 
^itMichel.  "cuf,  *  en  la  rue  devnnc  Se  Andry  des  ars  ,  qui 
furent  afîîi;  fur  icclle  maifon  ,  par  Jehan  le  Bour- 
guignon ,  en  lieu  de  quarante  fols  que  les  dids 
Flamel  &  fa  femme  fouloient  prendre  fur  la  mai- 
fon Guillaume  Baz^Ile  &  Ifahcau  fa  femme  ,  en 
la  rue  des  Gravellcs  ,  dont  l'en  fit  un  plait ,  & 
fe  confentirent  à  cefte  afîîete  lesdidis  Exécuteurs 
&  Flamel,  pour  ce  par  an  1  livres  parifis. 

Item.  Sur  la  maifon  Jehan  de  Bric  ,  Tixerant 
de  toilles  ,  près  de  la  Porte  au  Conte  de  Flan- 
dres &  de  la  Croix  neuve  ,  par  an  1  1.  parifîs. 
V.  3e. Part.  Item.  Sur  la  maifon  Dominique  Cordelier  , 
f.  170.  Hafteur  de  Mg^  de  Berry  ,  près  &  ouitre  la  po- 
terne de  St  Pol ,  par  an  3  1.  4  fols  parifis. 

A  Villages  hors  Paris. 

Premiirement  ,  fur  les  hcritaigcs  de  Jacque- 
min  Bourgot  de  la  villette  Se  Ladre  à  deux  ter- 
mes ,  Pafqucs  &  St  Rémi ,  par  an  i  livres  parifîs. 

lum.  Sur  les  hcriiages  Dcnifoi  Lrathclia,  de- 


DE  Nicolas  Flamel.    351 

Jilourant  à  la  villctte  St  LaJre  ,  à  certains  ter- 
mes par  trois  achas  ^  par  an  &  y  a  plaiges ,  4I. 
4  r.  pari(ïs. 

Item.  Sur  les  héritages  Jehan  Piquet ,  Bou- 
chie  ,  demourant  a  la  vill;;ttc  St  Ladre  ,  à  deux 
termes  ,  Pafcjues  &  St  Rémi,  ahatées  en  Février 
«juatre-vms  (5c  quinze  ,    i  1.  1 1  f.  parids. 

Item>  Sur  les  héritages  Jehan  Ravine,  die 
Chandelle,  Bouchier,  demeurant  à  Louvecien- 
nés  ,  aux  quatre  termes ,  par  an  4  1.  pariiîs. 

Item.  Sur  les  héritages  feu  Jehan  le  Grefle  , 
demeurant  a  Louveciennesà  deux  termes  ,  St  Je- 
han &  Noël ,   par  an  4  livres  parifîs. 

Item.  Sur  les  héritages  Michelet  le  Grefte ,  La- 
boureur ,  demeurant  a  Louveciennes,  au  terme  St 
Jehan ,  par  an  i  I.  4  f.  pariiîs. 

Item  Sur  les  héritages  Jehan  Duru  &  Pierre 
Duru,  frères,  demourans  à  Louveciennes,  au 
terme  St  Jehan  ,   par  an  i  1.  4  f.  pariiîs. 

Item.  Sur  les  héritages  Jehan  Ravine  ,  dit 
Chandelle  ,  Bouchier  ,  &  Oudinde  Lourme  ,  de- 
lîiourant  à  Louveciennes  ,  à  deux  termes,  par  an 
St  Rémi  &  Pafques  ,  z  1.  parifîs. 

Item.  Sur  les  héritages  de  feu  Jehan  Chaftellain 
&  Oudin  Ton  fils  ,  demourans  à  Icy  ratiif.  ôcc. 
à  deux  termes  ,  St  Jehan  5c  Noël ,  par  an  1  l. 
parifîs. 

Item,  fur  les  héritages  Pierre  Chaftellain  ,  La- 
boureur ,  demeurant  a  Icy,  à  deux  termes,  St 
Jehan  &  Noël,  par  an     1.  4  f.  parifis. 

Item.  Sur  ks  héritages  Thomas  le  Bouchier, 
Bouchier ,  demeurant  à  Icy ,  à  deux  termes  St 
-  Jehan  à:.  Noël ,  par  an  i  1.  4  f.  pari  fis. 

Item.  Sur  les  héritages  Colin  d'Auteuil ,  La- 
boureur, demeurant  a  Icy ,  au  terme  de  Pafques , 
par  an   z  1.  panfis. 

hem.  Sur  les  héritages  Michault  Mufnier,  La- 
boureur, démoulant  à  Icy,  &  JehauFouchier, 


^52.     Histoire  CRITIQ.UE 
Marchant  de  bois,  plaige  j  demourant  a  Monfte- 
reul  ,  prcs  de  Vcrfailks  ,  au  terme  de  Pafquts , 
par  an  2.  1.  pariils. 

Item.  Sur  les  héritaees  Jehan  Baudouin  ,  La- 
boureur ,  demourant  à  Icy  ,  a  deux  termes.  Se 
Jehan  &  Noël ,  par  an  i  1.  4  f.  parifis. 

Item.  Sur  les  héritages  Eftienne  Loifcl ,  La- 
boureur ,  demourant  a  Rueil ,  au  terme  St 
Mardn  par  an  i  1.  pariîîs. 

Item.  Sur  les  héritages  feu  Jehan  Michicl  ,  Jc- 
hanne  famcre  de  Ifabelot  fa  femme,  demourans 
à  Auteuil ,  aux  quatre  termes ,  par  an  i  f.  par. 

Item.  Sur  les  héritages  Jehan  Pluyau,  demeu- 
rant à  Nantcrre  ,  à  deux  termes,  Parques&  St 
Rémi,  par  an  i  1.  pariiis. 

Item.  Sur  les  hérirati;cs  du  dicl  Jehan  Pluyau  , 
demourant  à  Nanterix- ,  au  terir.ede  Se  Rcmi  par 
an  1  1.  parifîs. 

Item.  Sur  lesjîériiagcs  Benoifi  &  Lorin  Cham- 
pion ,  frères ,  demourans  a  Nanterre  ,  à  deux  ter- 
me: Pafques  &  St  Rémi ,  par  an  i  1.  4  f.  pariiïs. 

item.  Sur  les  héritages  Adam  Champion  ,  La- 
boureur, dcm.ourant  à  Nanterre  ,  au  terme  de 
Noël,  par  an  i  1.  1 1  fols  pariiîs. 

Item.  Sur  les  héritages  Guillaut  Champion  ,  de 
Nanteire,  aux  termes  Si  Jehan  &  Noël,  par 
an  ,    I  1.  4  f.  parins. 

Item.  Sur  les  héritages  du  dicl  Guitlot  Cham- 
pion ,  de  Nanterre ,  au  terme  St  Rémi ,  par  an 
1   ].  4  r.  parifis. 

Uem.  Sur  les  héritages  Jehan  Vaillant ,  de 
Nanterre,   au  terme  de  Noël  ,  par  an  i  1.  par. 

Item.  Sur  les  hériragc^  feu  Jehan  Moreau  , 
]'aininc&  Girart  Brandis fon  gendre,  à  deux  ter- 
mes,  Pafques  ci  St  Rcmi,   par  an  i  1.  4  f.  par. 

Item.  Sur  les  héritages  Jaque:  Hurlcu  ,  demou- 
rant à  Nanterre,  au  terme  de  Ncel ,  par  an  i 
J.  patiiis. 


D  E^  N,  I  C  O  L  A  s    F  L  A  M  E  L.       555 

Item.  Sur  les  héritages  du  dicl  Jaquet  Hurlcu, 
demouranc  à  Nanterre  ,  au  terme  de  Npcl ,  par 
an  I  1.  parifîs.  1 

.  hem.  •  Sur  les  héritages  Michiel  des  creufes 
Voyes,  Bouchier,  deinourant  à  Nanrerrc ,  à 
deux  termes,  St  Jehan  &:  Pafques ,  par  an  1  1. 
4  f.  pariils. 

Item.  Sur  les  héritages  Guerin  Omo  &  Jehanne 
fa  femme ,  deniourans  à  Naiiterre  ,  a  deux  teii- 
mes ,   Pafques  &  St  Rémi  ,   par  an  1  1.  8  f  par. 

Item,  Sur  certains  héritages  de  -Pierre  Bréval , 
Maçon.,  demeurant  à  Pvony  près  du  bois  de  Viij- 
cehnes ,  au  terme  StRemi ,  par  an  un  fextier  4e 
blé  meftail. 

'Item.  La  moitié  par  indivis  d'une  maifoi>, 
louage  &  appar  enances  fcant  a  Pans  devant 
l'Eghfe  Sz  Jaques  de  la  Poii;îierie ,  faifant  le  • 
coing  de  la  rue  Marivaux  ,  où  eO:  i'enfeigne  de 
la 'fleur  de  Li^j  tenant  d'une  part  a  M*^*?.  Jehan.. 
Je  françois  ,  «Sç  d'autre. parc  .dedans  la  ru^  de  Ma- 
Yivaùx,  tenant. a  la  maifon  Ouv-iin  le  fruitier; 
abouti/Tant  par  derrière  a  la  maifon  Guerin  Ba- 
.^uet ,  en  la  çenÏÏve  de  l'EA'éque  de  Paris. 

Item.  La  moitié  par  indivis  de  deux  petits 
ouvroirs'à  Efcrivain  ,  entretenans  fous  une  cou- 
verture ,  tenans  aus  murs  de  l'Eglife  par  devers 
le  petit  huis  d'icelle. 

Des  quelles  rentes ,  maifons ,  ouvrouers  & 
fe-xtièr  de  blé  ,  la  moitié  en  propriété  pour  in- 
divis,  appartient  à  la  dide  g:vécutirn  ,  comme 
dclîus  eft  did:,  &  l'autre  moitié  appartient  au 
diâ:  Nicolas  de  fon  droit ,  icellui  >s^icclas  Fla- 
jnel ,  par  vcr^u  de  certain  don  mutuel ,  cy  aprds 
tranfcnpt ,  fait  entre  lui  &  la  dicle  deftUnte  a  Ton 
vivant  doit  joir  paiiibkment.  durant  fa  vie.  Et 
lui  ont  les  dicts  Exécuteurs  icclles  rentes ,  mai- 
fon  ,  ouvrouers  ainlî  appanenans  a  la  di6le  exé- 
cution par  moitié  pour  indivis,  comme  dit  eft, 


354   HisTOïiiE  Critiqué 
dclaiflices  en  fa  main  fa  dide  vie  durant,  cora- 
me  en  tel  cas  de  don  mutuel  eft  accouftumé  de 
faire ,  &c. 

Et  auifi  doit  avoir  &  tenir  fa  vie  durant,  la 
môitic  de  1 8  ;  I.  t6  C.qiu  monte  9 1  1,  i  8  f .  par. 
appartenans  à  la  dide  exécution  ,  à  caufe  du  ra- 
chat de  17  I.  li  f.  pariiisde  rentes  qui  ont  été 
rachatc'cs  par  ceux  qui  les  veudirent ,  par  ac- 
cort  fait  en  faifant  l'achat  d'icelles  ,  comme  eft 
diâ:  :  du  quel  don  mutuel  la  teneur  eft  telle. 

A  tous  ceux  qui  ces  préfentes  Lettres  verront, 
/udouin  Chauveron,  Chevalier,  &c.  Voye^ila 
Pièce  entière  a-deffus  ,  page  1^5. 

Apres  la  date  du  don  mutuel ,  qui  efl  du  Lundi 
10  Septembre  i  3  8<?  ,  l'amie  ajoute 

E:  quant  aux  rentes  à  viage  acqueftécs  durant 
Je  mariage  de  la  di*5le  deffunde  &  du  diû  Ni- 
colas, la  dide  exécution  n'a  aucun  droit  :  & 
les  ont  les  diéls  Exécuteurs  délaiffiés  au  did  Fla- 
mcl  à  fon  proufit ,  tant  par  accort ,  comme  par 
vertu  du  don  mutael,&Tans  ce  que  jamais  en  loit 
tenu  de  rendre  aucun  compte  ,  &c.  &  promeit. 
fur  ce  que  did  eft  ou  nom  que  dcftus ,  &c. 
Oblig.  les  biens  de  l'exécution  ,  &c.  Garant. 
&c.  Cons.  &c.  Rend.  &c.  Jur.  Voul.  &c.  Fait  l'an 
mil  trois  cens  quatre-vins  &  dix-neuf ,  le  Ven- 
dredi vint-feptieme  jour  de  Juing. 

A.  LEPREUX.    J.  PARTIS. 


I46i.      ABe  d' amortijfement  d'une  maifon  ,  donné  à  N, 
Flamel  par  le  Prieur  &  le  Couvent  de  jaint 
Martin  des  Champs^ 

lie.  Pièce  ^I   A    Tous  ceulx  qui  ces  Lettres  verront.  Prere 

de   la    le.        ^f^  jEHANALVERNAS,humblcPricur  de  lEgii- 

c^^^/"r*  ^^  ^  ''^"  ^^  ^^  Martin  des  Champs  à  Paris,&:  tout 

^^^'"     ■    le  Couvent  d'iccllui  mcfmc  lieu.  Salut  eu  Notre 


CENlCOtASpLAMÉI.      ^$$ 

Sgr.  Savoir.  Faifonsque  comme  en  plufieurs  rues 
de  Ja  terre  &  juridiâiion  de  la  dicfte  Eglife  ,  qui 
fouloient  eftre  peuplées  de  bonnes  gens  mcfna- 
giers  ,  ait  à  préfenc  grant  quantité  de  maifons  èC 
lieux  cheux  en  ruyne  &  défère,  non  habitées  par 
faute  de  bons  Propriétaires ,  par  quoy  il  a  dès 
long-tems  en  ycelles  ruesgrans  punaifies  deboes 
&  autres  ordures  en  diminution  des  hoftes  & 
mefnagiers  en  la  di(^c  terre.  Et  par  efpécial  en 
la  rue  de  Montmorency  ,  allés  près  de  l'ancienne 
porte ,  didle  la  porte  de  St  Martin  ,  ait  plulieurs 
maifons  &  appentis  cheus  en  ruyne  ,  où  l'en  fait 
&  apporte  de  jour  en  jour  punaifies  &  ordures  , 
telement  qu'il  tourne  à  gianc  grief  &  préjudice 
aux  voifins  j  &  ont  par  ce  plufieurs  Cenfiers  per- 
dues leurs  rentes  qu'ils  prenoient  fur  icelles  mai- 
fons  &  appentis.  Et  entre  icelles  maifons  ainfî 
en  défert ,  Nicolas  Elamel  Efcripvain  ,  avoit  &  a 
un  petit  appentis  ,  ou  place  cheue  femblablement 
en  défère  &  ruyne,  contenant  environ  vingt-qua- 
tre pies  en  quarrcne,  dedens  euvre  chargiée  de  un 
denier  de  fons  de  terre  par  an  envers  la  dide  Egli- 
Te  i  tenant  d'une  part  à  une  maifon  qui  eft  de 
lonc  tems  en  ruyne  ,  oii  jadis  ot  eftuves  ,  qui 
fu  feu  Arnoul  Coufin;  &  d'autre  part  à  petits 
loages  qui  pareillement  font  en  defert,qui  furent 
feu  Jehan  Deiavallée  &  Marie  fa  femme  ,  abou- 
tiifans  par  derrière  à  Berthelemy  Croquemeurc 
&  à  Jehan  ne  fa  femme  à  caufe  d'elle.  Lequel 
Nicolas  Flamcl  nous  a  requis  que  nous  voulfif- 
flons  admortir  &  affranchir  a  tousjours  icelle 
place  ,  pour  y  faire  édiffice  par  manière  de  Hof- 
pital ,  ou  autrement  :  ou  maifons  d'aumofnc 
pour  demourer  povres  gens  mefnagiers  ,  ou  icel- 
lui  édifnce  vendre  franchement ,  chargiei  de  ren- 
tes ,  donner  à  Eglifes  ,  Hofpitaux  pour  en  joyrj 
ou  les  bailler  par  leurs  mains  pour  demourer  po- 
Yrcs  gens ,  ou  en  faire  Se  ordonner  p^  teftamenc 


5  5^     H  î  s  t  ô  î  R  F.  Critique 

8c  aùiremer.t ,  à  la  voknrc  &:  comme  bon  Ccm" 
blcra  au  àiô:  Nicclss  Hamcl,  ou  à  fcs  ayans- 
caufe  ,  franchemcnc  (ans  payer  ventes  ou  devoirs 
à  nous  ou  à  nos  fuccellcurs ,  Prieurs  ScConvens 
de  la  didle  Eglife  l  prcfens  &  à  venir. 

Et  pour  ce.  Nous  allcmblés  en  plaîn  Chapi- 
tré à  Ton  de  timbre  comme  il  eft  accouftumé  à 
faire  pour  les  notaires  bcfoir^nes  de  la  difte  Egli- 
fe. Eu  fur  ce  encre  Nous  &i).c  Confeilde  la  dide 
Eglife  ,  avecqucs  autres  faiges  &  difcrettes  per- 
fonnes,  confeil  &.  advis,  par  grans  5c  meures  dé- 
libérations a  pluf  eurs  fois  ;  fie  auifi  enccnfîdé- 
ration  ad  ce  que  telle  place  eft  en  rue  des  tour- 
née par  où  périt  de  gens  paîTcni  &  afFm  que  fe 
Ten  édiffie  icelle  place ,  l'en  pourra  faire  édiffier 
à  l'exemple  &  aide  de  ce  les  autres  places  ou  ma- 
sures ruineijfcs  d'environ  5  S:  la  didle  rue  nétoier 
des  didcs  ordures ,  &:  illcc  venir  demourer  liôf- 
tcs  èc  mcfnas^icrs ,  au  prouffit  &  honneur  delà 
diéle  terre  &  j-jrididion  &  des  voif  ns  d'environ. 

Et  tout  veu  &  confideré  ce  qui  faifoit  a  vcôir 
Se  à  confîdércr  pour  le  prouffit  de  l'Eglife  ,  terre 

6  jundjdion  defî'us  dic^s.  Avons  admorri  &  a'd- 
morriffons  par  ces  Préfenres  au  did  Nicolas  Fja- 
mcl"  &:  à  fes  hoirs  &.  ayans  caulc  à  tousjours  la 
d  de  place  ou  mazure  pour  y  faire  éditïîces  ,  fe 
bon  leur  femblc,  tels  &  de  telle  ordonnance 
qu'ils  leur  plaira  ;  fcit  maifon  d'aumofne  par  ma- 
nière de  Hofpital  ou  autrement ,  les  ^ovoir  ven- 
dre ,  efchang:er  ,  donner  à  Hof]iiraux  ou  autres 
Eglifes,  ks  chargier  de  rentes,  les  bailler  à  de- 
meurer povrcs  i^cns,  par  mains  de  gens  d'Eglit'e, 
afngncr  rentes  defîus  à  gens  par  ordonnance  de 
teftament,  ou  autrement  :  en  faire  &  ordonner 
(î  comme  bon  femblera  au  dit  Nicolas  Flamel  Se 
à  fes  ayans-caufe;  fans  pour  ce  payer  aucunes 
-ventes  on  devoirs  ,  à  Nous  ,  ou  à  Nos  dis  fuc- 
ceifeurs ,  Prieurs  èc  Convcns  de  là  didle  Eglife  , 


DE  Nicolas  Flambl.    357 

prefehs  Se  à  venir  i  fans  y  mettre  coiirrcJit ,  ne 
c|'.ic  Nous  ou  a  nos  dicis  faccciTeurs  ks  p'iilfions 
faire  mettre  hors  des  mains  de  gens  d'Eglife  ,  ou 
autres  c]ui  les  tenroient  ou  tcms  avenir  pour  caufe 
de  cenfive  ,  Seigneurie  ,  ou  autrement. 

Excepté  par  exprès  &  referve  feulement  à 
Nous ,  ou  à  nos  didls  fuccelfeurs  ,  que  le  dicl 
Nicolas  Flamel ,  ne  Tes  di«5):s  ayans-caufe  ,  ne 
pourront ,  ne  feront  tenus  faire  ,  ou  faire  faire 
en  la  di6le  place  ,  Chapelle  ,  ne  lieu  fa  in  t. 

Et  auifi  avons  tousjours  en  autres  chofes  Nous 
&c  nos  dicls  fuccelTeurs  la  Seigneurie  fur  les  hof- 
tcs  &  raefnigiers  cjui  y  pouront  demourer  ou 
rems  avenir,  pour  faire  to^'s  explois  de  jufticc 
fur  yceulx  en  tous  cas  qu'ils  aroient  mefprins , 
comme  fur  les  autres  hofbes  Se  mefnagiers  de 
la  ditle  terre.  Et  en  ligne  de  ce  ,  nous  fera  payé  , 
chafcun  an  fur  le  diâ:  lieu  au  terme  St  Rémi , 
le  did  denier  de  fons  de  terre  que  devoir  par  an 
icellui  lieu  ,-fans  ce  qu'il  tourne  ,  ou  puift  tour- 
ner pour  ce  auc  jnemenc  à  préjudice  à  l'admortiiTe- 
nient'&  franchife  delfus  dids. 

Et  pour  caufe  &  en  lieu  du  did  admortiffe- 
ment  d'icclle  place  ,  par  la  manière  ,  condicions, 
comme  delfus  eft  dicl ,  icellui  Nicolas  Flamel  a 
baillé  ,  affis  &  afîîgné  à  la  dide  Eglife  de  St  Mar- 
tin ,  par  accort  Se  corapofition  fais  avec  Nous, 
dix  fols  parifis  de  rente  ,  les  premiers  prins  après 
fons  de  terre  ,  en  foixante  Se  dix  fols  parilis  de 
rente  que  icellui  Nicolas  difoit  avoir  droit  de 
prendre  &  avoir,  fur  une  maifon  &  apparte- 
nances qui  fu  M"^  Andry  Courtois ,  féant  en  la 
grant  rue  St  Martin  ,  en  notre  cenfive  i  tenant 
d'une  part  à  Jehan  le  Sueur  .  Jardinier,  Se  d'au- 
tre part  à  Jehan  Blanchart,  Maçon,  aboutif- 
fans  par  derrière  à  l'hoftel  ou  habitations  qui 
furent  au  Roy  d'Arménie.  Et  avecques  ce ,  nous 
I  aallîgné  le  did  Nicolas  dix  fols  parifis ,  toutes  & 


558     Histoire  Critique 

quantcs  fois  que  il  ara  ou  tcms  avenir  nouvel 
l'ricur  inRitué  en  la  dicle  Eujifc  Se  Martin  i  à 
prendre  iceulx  dix  fols  parifis  pour  une  foisfeu- 
Icnicni  ,  es  (bixnnte  Tels  parifis  de  rente  qui  de- 
nourent  au  didl  Nicolas  ,  fur  la  maifon  dclfus 
di:;le,  comme  dclluselt  dici  ,  &:  non  aui rement. 
Dv  la  Cjuclle  adicte  de  10  CoU  parilîs  de  rente 
par  an  .  &  de  10  fols  pari/is  à  prendre  pour  une 
fois  Iculcmcnt ,  es  foixante  fols  de  rente  dclliis 
dids,  roureHois  qu'il  aia  nouvel  Prieur  inftitué 
ou  te  ns  avenir  en  la  dicleEglife  St  Martin  ,  com- 
me d  cl  efi.  Le  didl  Nicolas  Flamel  nous  a  baillé 
lettres  fous  le  Sctl  du  Cha(Lcllet  de  Paiis  ,  dont 
es  noms  eue  délias  ,  nous  nous  tenons  pour  biens 
conteas  pour  le  tcms  préfent  &  avenirs  ^  i'eii 
quittons  &i  fcs  dids  aians-caufe. 

La  quelle  cho(e  &  admortilfcment  par  la  ma- 
nière Se  conditions  que  dclfus  eft  di(5l  ;  Nous  pro- 
mettons par  Nous  &  nos  dis  fuccelîeuis  ,  Prieurs 
&  Convens  delà  dicle  Eglife  ,  &  pour  &  ou  nom 
d'icelle,  tenir  ferme  &  cftable  fans  jamais  venir 
contic ,  ne  demander  delfus  le  dicl  lieu  &  app'ir- 
tenanccs  pour  fons  de  tcrreou  autrement,  aucua 
autre  droit  que  dcllus  eft  dict  ,  ores  ,  ne  ou  tems 
avenir  ,  en  quelque  manière  ou  occafion  que  ce 
foit.  Et  promettons  par  Nous  &  nos  didls  fuc- 
Cvfleurs,  rendre  &  payer  tous  defpens  domages 
&  intérêts  qui  feroicnt  fais  par  dclFault  de  ce. 
Soubs  l'obligation  des  biens  &  temporel  de  la 
ditlc  Eglife  préfens  &  advenir  ;  les  quelx  biens 
&  temporel,  nous  foubfmettons  quanta  ce  pour 
eflre  contrains  &  exploitiés  par  la  Court  de  Par- 
lement ,  &  par  toutes  autres  juftices  féculieres 
&  de  l'Eglife  fe  meftier  eft. 

En  tefmoingde  ce,  Nousavonsen  noftredict 
Chapitre  fccllc  ces  préfentes  lettres  de  nos  pro- 
pres Sceaulx  ,  &  avons  baillé  au  did:  Nicolas  f  la- 
wicl  à  fa  requefte  ces  préfentes  lettres  5c  trois  au- 


DE  Nicolas  Flamel.      359 

trcs  lettres  paieilics  de  ces  préfents  accorc  Se 
odbroy  fcellécs  de  nos  dicls  ceaulx  ,  pour  valoir 
cliafcun  original  affin  de  grei;^neur  fearcé  ik. 
congnoilfancc  fur  ce. 

Ce  fu  fait  l'an  de  grâce  mil  quatre  cens  & 
fîx,  le  Mercredi  dix  &  fept  jours  du  mois  de 
Novembre.  »  t 


Se  tence  du  Châtelet  de  Paris  ,  qui  donne  main-      1418. 
levée  u  la  Fabrique  de  Si  Jacques  de  laBouche- 
rie ,    de  la  Jaifie  faite  jur  les  biens  de  la  fuc- 
cejfîim  de  Nicolas  flamel. 

XII.  A  Tous  ceux  qui  ces  préfentes  Lettres  ae.  Picce 
-^X  verront.  Jaques  Lamban,  Efcuyer  ,  Sgr.  '^^.  ^^  P^'^* 
^e  Partes  &  de  Sameuze  en  Recbeiois,  C".  du  î^^j^^'^'J^' 
Roy  Notre  SS^  Se  Garde  de  la  Prévofté  de  Paris  ,  chap.  ii*. 
Salut.  Savoir,  faifons  que  l'an  de  grâce  1418 
le  Vendredi  fécond  jour  de  Septembre ,  furenc 
préfcns  en  jugement  devant  nous  ou  Chaflellet 
de  Paris  ,  les  Marrégliers  de  l'Eglife  St  Jaques 
de  la  Boucherie  de  Paris ,  es  noms  &  comme 
Exécuteurs  du  teilament  ou  ordonnance  de  der- 
nière voulenté  de  feu  Nicolas  Flamel ,  en  fon 
vivant  Efcripvain  &:  Bourgeois  de  Paris ,  d'une 
part,  &  le  Procureur  du  Roy  Notre  dit  SS^  ou 
dit  Chaft elle t ,  pour  &  ou  nom  d'icellui  Seigneur 
d  autre  part.  En  la  préfence  des  quelles  Parties  dc 
oye  la  requefte  à  Nous  aujourd'hui  faite  par  les 
di<5ts  Exécuteurs  ,  à  l'encontre  du  diâ:  Procureur 
du  Roy  :  à  ce  que  les  arreft  &  empefchemens  ^ 
main  du  Roy  Notre  dit  Seigneur  ,  qui  fais  &  mis 
avoient  été  à  la  requefte  du  dict  Procureur  du 
Roy ,  en  &  fur  les  biens-meubles  demourés  du 
décès  du  di6t  defFunt ,  comme  vacans  &  app.ir- 
tenans  au  Roy  Notre  dit  S^\  par  dedPauke  d'éri- 
tiers  au  moins  qui  s'apperçeull^nt  &  fullent  levés 


$(jo  Histoire  Critique 
&  oflcs  à  plain  au  proufît  desdicls  Exécuteurs, 
par  l'accomi  lilîcnient  du  dicl  teflamenc.  Veu  à 
celle  fin  le  tçftament  du  dicl  defFiint  ,  fait  3c 
paiTé  par  devant  deux  Notair^'s  du  didChaftel- 
Ict  ;  &  aui^î  l'invcntoirc  des  biens  dcmourcs  du 
d^'cès  du  diddeifunt.  Le  tout  veu  &  conlîdcré 
ce  qui  faifoit  a  veoir  &  à  ccmhdérer. 

Nous  après  ce  qae  le  didl  Procureur  du  Roy 
eue  par  Jui  délibéranon  avecques  les  Advocats  & 
Confeillers  du  Roy  Notre  did  Si',  ou  did  Chaf- 
ttllct,  ne  feut ,  ouvolc  dire  caufe  valable  pour 
crnpcrchicr  la  diéle  requefte  des  dids  Exécuteurs. 
Djifmes  &  difons  que  les  arreft  &  cmpefchemens 
èc  main  du  Roy  N.  dit  S='.  qui  tais  &l  mis  avoicnc 
été  à  la  rc quelle  du  did  Procureur  du  Roy, 
en  &  fur  les  dids  biens-meubles  feront  levés  & 
Oités  ,  &  iceulx  levons  &  o'ionsaplain  au  prouf- 
E'n  des  divSlis  Exécuteurs  ,  pour  raccomplUFement 
du  diCl  teftamenc  du  did  deffunt  :  parmi  ce  qu'ils 
ont  promis  &  font  tenus  rendre  bon  compte  3c 
rcbqua  par  devant  Notre  amé  M'-^.  Nicolas 
Caurhelet ,  Examinateur  de  par  le  Roy  Notre 
dit  S?',  ou  dit  Chaftcllct ,  autffois  commis  de 
]\[ous  à  oir  le  compte  du  dicl  teftanent  fous 
l'obligation  de  tous  leurs  biens  Se  de  leurs  hoirs, 
Jîicubles  &  immeubles  ,   préfens  6c  avenir. 

En  tefmoing  de  ce  ,  Nous  avons  fait  mettre  à 
ces  Lettres  le  Scel  de  la  Prévofté  de  Paris.  Et  fut 
fait  l'an  &:  jour  dellus  dids. 


NICOLAS. 


V 


Sentence 


DE    î^  COLAS    FlAMEL.      36'! 


Sentence  du  ChâuUt ,   6»  contraH  entre  lEglife      '41^. 
de  Paris  ,  V Hôtel-Dieu  y  St4  Geneviève  la  pe^ 
tite  y   ^  la  Fabrique  de  St  Jacques  ,  pour  le 
rcilda  ou  furplus  des  biens  de  Flamel. 

XIIÎ.  A  Tous  ceux  qui  cts  préfentes  Lettres  54c-  P;  <îc 
jTl-verront.  Simon  Morhier  ,  Seigneur  ï^^^-^'*'^* 
ae  Vilîcrs  ,  C".  du  Roy  Notre  SS^  &  Garde  de  la  chaplir 
Prévofté  de  Paris.  Salut.  Savoir  faifons  que 
par  devant  Girart  Acart  &  Jehan  Preudhomme , 
Clercs,  Notaires  jurés  du  Roy  Notre  S§^  en 
Ton  Chaftellet  de  Paris,  furent  préfens,  véné- 
rables 5c  difcretes  perfonnes  M^'^^  Pierre  Franche- 
me  ,  Chanoine  ,  Nicolas  Fraillon,  Archediacrc, 
Raoul  Liejart,  Soubs-Chantre  ,  Gerart  Delaper- 
riere  ,  Anthoiue  Delaut ,  Guillaume  de  Villers, 
Philippe  Aymenon,  Pierre  d'Orgemont ,  Jehan 
Chuffart,  Guillaume  Intrant ,  Pierre  Cardon- 
nel  &  Hugues  Leclerc  ,  tous  Chanoines  de  l'Egli- 
fe  de  N.  D.  de  Paris ,  faifans  &  repréfentans  la 
plus  grant  &  faine  partie  des  Chanoines  pré- 
fens &:  alîemblés  ou  Chapitre  d'icelle  Eglife ,  pour 
la  caufe  &  matière  cy  après  déciairés ,  traitier 
&  conclure  au  bien  ,  prouifit  &  utilité  de  eux 
oc  de  leur  dide  Eglife  ,  &  pour  cette  choCe  en 
cfpécial ,  le  Doyen  abfent ,  capitulans  comme 
ils  difoient. 

Relîgieufes  perfonnes  Se  honneftes  frères ,  Je- 
han le  Charron  de  Gifors,  *  M"^.  Pierre  Prévofl: ,  »  ^^^^  ^^ 
Jehan  d'Orvilliers,  Bourfîer,  Martin  Tholoufe  ciile. 
&:  Jehan  Binet,  Procureur  j  &  tous  Religieux 
de  rOitel-Dieu  de  Paris  ,  pour  ce  audi  préfens 
^  alîemblés  avec  les  dids  Chanoines  ,  ou  di6l 
Chapitre  d'icelle  Eglife  de  Paris. 

Seuls  Jehanne  la  Page  ,  Prieufe  ,  Marie  la  Ga- 
îerane,  Jehanne  DuruiiTeau,  Pernelle  Delavi- 


5<>i    Histoire  Cri-Aque 

goe  ,  Perrenelle  la  Louvette ,  Aubine  Ja  Norrie 
&  Denife  rEftournclle  ,  toutes  Relieicufcs  d\i 
did  Hoftcl-Dieu ,  &  en  iccllui  prcfcntcs  &  af» 
fcmblécs,  pour  la  caufe  Se  matière  que  dcHus, 
traiticr  &  démener  à  l'utilité  ôc  prouffit  de  culx  &: 
du  did:  hoftel ,  pour  en  tant  que  ce  leur  peut  Se 
pouvoir  toucher ,   compettcr  &  appartenir. 

Guillaume  Plateau ,  Changeur ,  Henry  Souris  , 
&  Nicolas  Bclon  ,  Marchans  &:  Bourgeois  dç 
Paris  ,  es  noms  &:  comme  Manéglicrs  de  iEglifc 
St  Jaques  de  la  Boucherie  à  Paris  :  avc..c|ues  eux 
honorable  homme  &  faige  M'"^.  Jelian  P.'iris , 
Procureur  en  Parlement ,  Con(eiIlcr  &:  Paroiilicn 
d'iccUe  Eg'ife. 

Jehan  Eoquet ,  Phelipot  Richart ,  &  Simon 
Polon  ,  es  noms  aufli  bc  comme  Marrégliers  de 
i'Eglife  Ste  Geneviève  la  petite  ,  en  la  cité  de 
Paris  ;  &  avec  eux  ,  Pierre  Gilbert ,  Paroiflien 
d'icclle  'EyïiCc  Ste  Geneviève. 

Et  afFerm.crent  en  bonne  vérité  les  didcs  Par- 
ties ,  chafcunc  en  droit  foi  :  que  feu  Nicolas  Fia- 
mcl  jadis  Bourgeois  de  Pans,  demourant  pour  le 
ttms  au  quel  ti  vivoit  en  la  Paroiife  de  la  dicte 
Eglife  St  Jaque:  de  la  Boucherie ,  par  fon  tefta- 
jment  ou  ordcnnance  de  dernière  voulenté,  avoic 
faitSc  ordcnné  pi.jiieurs  lays  particuliers  ,  &  plu- 
fleurs  grans  &  no:ablcs  fervices  ertre  pour  lui 
fais  &  célébrés  en  la  diclc  Eglilc  St  Jaques  i  les 
aucuns  à  certain  tcms ,  &  les  ancres  à  perpétuité , 
contenus  &  déclaircs  ou  dit  teftament.  Et  pour 
iceux  fervices  faire  ^  continuer,  entretenir  & 
payer  autres  charges  ;  avoir  entre  autres  chofts 
à  la  di'ile  Eglile  St  Jaques  donné  Se  délailfé  neuf 
vins  livres  parifis  de  rente  qu'il  avoit  ordcnnées 
cftrc  admorticsj  aies  avoir  &  prendre  par  an 
fur  fcs  héritaiges  &  biens  ,  que  à  ce  par  exprès 
avoit  obligés  &  ypothéqués  :  avoit  aulTi  ordcnné 
fçs  Exécuteurs  les  Marrégliers  déjà  di6le  Eglifç 


DE  Nicolas  F  l  a  me  t.    ^(^$ 

S:  Jaques  de  la  Boucherie  ,  lors  prcfens  &  adve- 
nir. £c  quant  aurciîdu  de  Tes  biens  ion  exécution 
accomplie  ,  avoir  icellui  rélîdu  parti  &  divifé  en 
quatre  parties  j  &  iccliui  réfidu  donné  &  laifTé- 
Ccir  airavoir5  à  l'Euvre  de  la  dicle  Eglife  Se  Ja- 
<]ues ,  à  la  grant  Eglifc  N.  D.  de  Paris  defTus 
^ide ,  au  dicl  Hoftel-Dicu  de  Paris  &  à  l'Euvre 
de  la  diwle  Eglifc  Pârrochiai  de  Ste  Geneviève  la 
petites  à  chafcun  d'culx  par  égal  portion.  Le 
quel  réfidu  touteffois  ledid:  deftunt  avoir  voula 
citre  &i  dcraourer  atFecl  ypothéqué  &  obîigié  aus 
diclies  neuf  vins  livres  parifis  de  rente  ainfî  laif- 
fccs  à  la  diâ:c  Eglife  St  Jaques  de  la  Boucherie  , 
comme  ces  chofes  &  autres  povoient  &:pcvenc 
par  le  did:  teflament  plus  chrcment  apparoir. 

Et  pour  ce  que  depuis  le  décès  &  tréspas  du 
<lict  deffuat ,  les  rentes ,  revenues  Se  héritaigcs 
<i'iccllui  deftunc ,  eiloienc  &  font  moue  diminués 
&:  amcndiés  &  les  aucuns  des  dids  héritaigcs  fur 
hs  quclx  fc  prenoient  Se  parcevoienc  les  dicfles 
rentes ,  tournés  à  défolation  Se  ru)'ne  ;  telle- 
ment que  à  grant  peine  fe  pevem  Se  pourront 
faire  (Se  entretenir  les  charges  ,  (ervicesà:  ordon- 
nances delfus  dids  i  ainçois  eftoicnt  en  adventur? 
Ac  defchcoir  ,  Se  qu'il  ne  faulfifTe  délaiiîier  eu 
tout ,  ou  en  la  greineur  partie  fe  brief ,  pourveu 
&  remédjé  n'y  eftoit.  Les  deiîus  diéls  Chanoines 
&  Chappitre  de  l'Eglifc  de  Paris  le  Doyen  abfent, 
ceulxdudid  Hoftel-Dieu  ,  Marregliers  de  la  dic- 
te Eglife  St  Jaques  5c  de  Ste  Geneviève ,  s'ef- 
toient  Sz  font  avecques  plufieurs  des  paroifTuns 
notables  des  ditles  Paroiifes  hui  3c  autrefois  af- 
fcmblés  cnfemble  :  av oient  Se  ont  veu  5c  advifé 
à  grantdiligence ,  lesteftament ,  befognes  5c  af- 
faires d'iceliui  defRinr. 

Et  fiaablement  pour  pour/eoir  à  ce ,  &  afEn 
auflî  que  le  did  deffunt  ne  foit  5c  demeure  def- 
fraude  de  fon  bon  propos^  voulenré  Se  intention , 


5/54     Histoire  Critique 

èç  que  Ton  exécution  puifTe  eflre  parfairte  &  ac- 
complie ,  fclon  la  valeur  &  faculté  de  fcs  biens. 
Après  ce  que  les  dids  quatre  Légataires  ont  of- 
fert l'un  à  l'autre  à  lailller  le  iès  &  charge  de 
la  dide  exécution  ,  à  celui  qui  prendre  &  accep- 
ter la  vouldroit ,  aux  charges  contenues  &  dc- 
clairées  ou  did  teftament. 

Icelles  Parties  es  noms  que  deffus,  chafcune  en 
droit  foi  Se  pour  tant  que  à  lui  touche  ,  peut  & 
pourroic  appartenir  ,  pour  ce  préfentes  &:  afl'em- 
blécs  ,  comme  did  eft  de/Tus ,  de  leurs  bons  grés  , 
jion  contraintes  :  en  efpécials  les  dids  Religieux 
frères  &  fuers  du  diô:  Hoftel-Dieu  de  l'audo- 
rité  &z  confentement  des  dis  de  Chappitre  de 
TEghfe  de  Paris,  pour  le  bign  ,  prouffi:  &  uti- 
lité de  la  did:e  E}fécution  &  auHî  de  chafcune 
des  dides  Parties,  pour  fon  intércll ,  pourcf- 
chever  toute,  matière  de  plait  &  procès  qui  a 
cpfte  caufe  les  circonftances  &  deppendanccs 
fe  feuft  ,  peu  ,  ou  pouvoir  mouvoir  entre  culx  , 
les  aucuns  d'eulx,  ou  leurs  fuccedions  ,  &  à 
greigneur  perte  frais  Se  miifions  obvier  j  bien 
pourvues,  advifées  &  délibérées  chafcune  de  foji 
fait  &  droit  par  grant  avis  ôc  meure  délibéra- 
tion fur  ce  eus  enfemble  avec  jeur  confeil ,  6; 
plufieufs  gens  notables  leurs  amis  &  bienveil- 
îans  hui  &  autreffois ,  comme  ils  difoient. 

Recongnurent  &  confellerenc  par  devant  les 
dids  Notaires,  comme  en  droit  par  devant  Nous , 
tous  d'un  commun  accort  &  alfentement  de  ce 
fur  ce  que  diél:  eft  ,  tant  pour  elles  es  dis  noms  , 
que  pour  leurs  fucceffeurs.  Avoir  traitié,  com- 
pofé  ,  pacifié  &  accordé,  &  d'<ibondant  par  la 
}:eneur  de  ces  Préfentes ,  traitent ,  compofent , 
paciftîent  Se  accordent  enfemble  ,  $c  l'une  Partie 
avecques  l'autre  de  bonne  foy,  en  &  par  la  for- 
me qui  s'en  fuit. 

C'cft  aflàvoir^  que  ks  dis  de  Chappicre,  Rcr 


DE    NiCOtAS    FlAMEL.      5^5 

li)R;ieux,  frères  &  fuers  de  l'Ollel-Dieu  &  Marré' 
giiers  de  la  didc  EglKe  Ste  Geneviève,  ont  bail* 
lé,  cédé  ,  tranfporté  ,  quitcié  &  délailfé  j  &  fit 
ces  préfentes,  baillent,  cèdent,  tranfporterit , 
quittent  &  dclaiflent  plaincment ,  abfolumcnt, 
des  iliainrenant  à  toujours  perpétuelmcnt  fans 
rappel,  aus  dids  Marregliers  de  la  dicle  Eglife 
St  Jaques  de  la  Boucherie  au  prouffit,  ufa^^e  & 
utilité  de  l'Euvre  &  Fabrique  ,  des  fuccelîeurs 
U  ayars-caufe  d'icclle  ou  tems  advenir.  Tout  tel 
droit,  part,  portion,  raifons,  pourfuites  &  adions 
que  eulx  &  ung  d'eulx  ,  ont  &  pourroient  avoir  , 
demander  &  réclamer  ,  &  qui  leur  peut  &  doit , 
pourroit  &  devroit,  par  le  moyen  &  caufe  que 
delTus ,  ores ,  ou  pour  le  tems  adveliir  ,  compe{- 
ter  &:  appartenir  en  quelque  manière  que  ce  foie 
ou  puift  eftre  :  en  tout  le  rclidu  &  demourant  en- 
tièrement de  tous  les  biens ,  tant  meubles  que 
immeubles,  héritaiges,  conqueftdudiddefFunt, 
quels  &  ou  qu'ils  foient  ,  fans  aucuns  en  ex- 
cepter ,  ne  y  aucun  droit  ou  chofe  retenir.  Et  à 
tout  icellui  réfidu  ,  drois  ,  raifons ,  pourfuites  & 
allions ,  ont  renoncé  &  renoricent ,  &  chafcun 
d'eulx  ,  pour  &  au  prouffit  de  la  diâ:e  Euvre  & 
Fabrique  de  l'Eglife  St  Jaques  ,  des  fuccelTeurs  & 
ayans-caufe  d'icelle  ,  pour  en  difpofer  ,  ordon- 
her  &  faire  plainement  &  libéralment  j  doref- 
navant  à  tousjours ,  comme  des  héritaiges  ,  biens 
<k  chofe  vray  &c  loyal  conqueft  de  la  dide  Eglife 
St  Jaques  ,  Euvre  ce  Fabrique  d'icelle  5  fcns  ce 
que  jamais  à  nul  jour  iceulx  de  Chappicre,  de 
rO'rel-Diea  &  Ste  Geneviève  la  petite ,  leurs  fuc- 
cefï'curs  ou  ayans-caufe,  ne  d'aucun  d'eulx  y 
puiifent  ou  doyent  faire  mettre  ,  ou  donner  dé- 
bat ,  contredit,  ou  empefchemens  aucuns  5  ne  y 
aduçer,  avoir,  demander,  prétendre  ou  réclamer 
aucun  droit ,  ou  chofe  ,  ores,  ne  ou  tems  adve- 
nir j  en  quelque  manière  que  ce  foit  ou  puift  eftrc, 

Qiij 


3^<j     Histoire  Critique 

Et  outre  plus  pour  ^reigrKiur  fcureté  d'iccllui 
droit ,  raifons  ,  pouriuitcs  &z  adions  ,  &  de  la 
faifîne  &  pollcîlîon ,  en  quoy  en  cftoient , 
povoient  &  dévoient  eftre  les  didsde  Chapitre  , 
de  rOftel-Dicu,  Se  de  Ste  Geneviève  la  petite. 
Ils  fe  dé/Taifirent  &  déveftirent  à  plain  au  prouffit 
des  di(^s  Marregliers  de  l'Eglife  St  Jacjues  ,  ou 
nom  &  à  l'utilité  que  defTus,  &  pour  en  faire  la 
dciTaifine  &  les  en  faire  faifir  ou  Procureur  pour 
eux  ,  par  tout  dûement  ;  ilsconftitucrcnt  &:  firent 
leur  Procureur  &c  Meifaigé  efpcciai  le  porteur  de 
ces  lettres,  au  quel  ils  donnent  povoir  de  cz 
faire  ,  &  tout  ce  qui  au  cas  appartiendra. 

Ces  préfcntes  bail,  tranfport  ,   delaillemcnt 
&  renonciation  fais  tant  parmi  &  moyenaat  k 
pris  &  fomme  de  300  livres  tournois  monnoye 
courant  à  préfent  :  que  pour  cefte  caufe  ,  Icsdid» 
Marreglicrs  de  l'Eglife  St  Jaques  en  ont  payé  Se 
baillé  ,  paycrenr  &  baillèrent  réalmcnt  ^<  de  fait , 
aus  dis  de  Chappitre  ,  de  l'Oilrel-Dicu  &c  de  Ste 
Geneviève  :  qui  la  dicle  fomme  de  300  1.  tourn. 
confe/fent  avoir  eue  &  rcçeue  bien  comptée  & 
nombréc.  C'eft  affavoir ,  ung  &:  chafcun  de  culx  , 
cent  livres  tournois  frans  deniers  Se  quittes  à  eulx; 
dont  ils  fe  tindrent  Se  tiennent  pour  bien  con- 
tens,  payés,  fatisfais ,  Se  agrées  :  Sz  en  quitte- 
rcnt  Se  quittent  ,  clamèrent  bonnement  à  tous- 
jours  ,  les  dicls  Marrcglicrs  de  l'Eglife  St  Ja- 
ques, leurs  fuccclfcurs  &  tous  autres  aquiquit- 
tance  en  pourroit  Se  dcvroit  appartenir. 

Comme  pour  Se  parmi  ce  que  icculx  Marre- 
gliers  de  la  dicte  Eglife  St  Jaques  de  la  Bouche- 
rie ,  qui  principalement  ont  le  fès  Se  charge  de 
la  dide  exécution.  Se  qui  l'ont  dcracnce  cv  con- 
duite jufqu'a  préfent,  feront  Se  accomplront 
icclle  ciécurion  ,  au  mieux  plus  proaffjtablcm'.-nt 
&  brief  que  faire  pourront  Se  fauront  félon  la 
iCDcm  du  dicl  tcftâaieat^  ^  la  yaleuv-Se  faculté 


t5É    Nicolas  FtA\fEL.    ^(jf 

des  biens  demourcs  cki  décès  du  did:  defFunr  :  eni 
rendront  compte,  quant  8c  où  il  appartiendra, 
&  de  tout  ce  ,  &  dont  aus  dicls  de  Chapitre , 
de  rCiicl-Dieu  &  de  Ste  Geneviève  ,  à  leurs 
fucceireurs,  ou  aulcun  d'eulx ,  enpourroit,  o\i 
vouldroic  faire  aucune  demande,  adion,  ou 
pourfuice  ,  ores,  ou  pour  le  tems advenir  ,  à  eau- 
fe  &  pour  raifon  de  la  diclc  exécution  &i  autres 
chofes  deims  dicles ,  les  circonftanccs  Se  dcppen- 
dances ,  ou  aucunes  d'icelles.  Les  dicls  Marre- 
gliers  de  i'Eglile  St  Jaques  Icront  tenus  ,  promiC- 
trent  &  promettent  dès  maintenant  par  la  teneur 
de  ces  Préfentes  ,  deffraycr ,  defchar^^er ,  garan- 
tir &  defdomaiger  à  plain  ,  aus  defpens  &  Frais 
des  biens  de  la  didc  cxécurion  ,  pour  tanc  que  ils 
fe  pourront  monter  ,  &  jafqu'à  la  valeur  d'iceuls 
les  dicts  de  Chappitre  ,  de  l'Oftel-Dieu  Se  de  Stc 
Geneviève ,  &  chalcun  de  eulx ,  leurs  fuceellcurs, 
&  •  ceux  qui  d'eulx  auront  caufc  en  jugement  Se 
par  tout  ailleurs ,  toutefFois  que  meftier  fera,  & 
de  par  eux  fornmés  &  requis  en  feront. 

Touteifois  ,  en  ce  préfent  tranfport  &  dclair* 
fcmcnt  ne  font  en  riens  comprins  ,  ne  entendus  , 
vint  fols  parifis  de  rente  laiifés  par  le  dit  dclFunt  , 
c'efl:  aifavoir  ;  dix  fols  parifis  au  di6t  Hoftel- 
Dicu  ,  &  les  autres  dix  fois  parifis  à  la  dicte  Egli- 
fe  Ste  Geneviève,  pour  faire  certains  fervices 
décl. lires  ou  dit  teftament  :  ainçois  ont  été  8c 
font  fauves  Se  rcfcrvés  les  dids  vint  fols  parifis 
de  rente  au  proutiit  des  dictes  E^^Iifes.  Seront  te- 
nus promiftrem  &  promettent  les  dicls  Marre- 
gliers  de  l'Eglife  St  Jaqu:s,  ou  dit  nom,  par 
eux  &:  leurs  fuccelTeurs ,  iceulx  vint  fols  parifis 
de  renrc  ,  rendre  oc  payer  aus  diCles  deux  Egli- 
fes.  C'cft  alfavoir  ;  a  icculs  Religieux  Maillrc 
frères  &  fuers  du  dit  Hoftel-Dieu ,  à  leurs  fuc- 
celfeurs  ,  ou  ayans-caufe,  dix  fols  parifis;  Se 
aux  Marregliers^  préfens  Se  advenir  de  la  diclc 


^6S  Histoire  Critiqub 
Eglife  Ste  Geneviève,  ou  nom  &  au  pioufHt  cîc 
l'Euvrc ,  aux  fucccireurs  &:  aians-cauCc  d"icelle  ; 
les  auires  dix  fols  parifîs  de  rente  ,  dorcfnavanc 
&  par  chafcLin  an  3  fur  les  héritages  &  biens  de 
Ja  diâ:e  exécution  ,  préfens  &  advenir  ;  que  à  ce 
obligèrent  &  obligent  en  tant  que  faire  le  po- 
voient  &  pevent ,  voldrent  &  accordèrent  eftre 
&  demeurer  chargés ,  obligés  &  ypothéqués , 
jufqu  a  ce  que  des  didls  vint  fols  de  rente  ,  ils 
aycnt  fait  &:  falTent  affiete  &  afllgnation  fouffi- 
fant  &  convenable ,  reaiment  &:  de  fait ,  aus 
àiÛs  de  rCftel-Dieu  &  de  Ste  Geneviève  ,  ou 
ceulx  qui  d'eulx  auront  caufe.  La  quclc  p.Hlcte  ils 
feront  tenus  accepter  ,  &  icelle  faire  en  la  four- 
me &  manière  que  dit\  eft.  Les  dicts  Marreglierg 
de  St  Jaques  ,  hcritaif^cs  ^<.  biens  de  la  dicle  exé- 
cution ,  leurs  fucceileurs  £.<.  ayans-caufe,  en  fe- 
ront &  demeurèrent  à  tcusjours  a  pur  &  à  plain 
quittes  &  dcfchargés.  Lt  nîoycnnant  ce,  les 
dids  de  rOftel-Dieu  &  de  Szç.  Geneviève  par  eulx 
&  leurs  fucccjTcurs ,  feront  tenus ,  ont  promis 
&  promeitcnt  faire  &  continuer  dorefnavant  les 
dicls  fcrvices  fouffifans  &  fans  faulte  <S:  fraude , 
y  commettre  ,  ainfi  que  le  diâ:  defFunt  voulu  & 
ordonné  a  par  fon  teUament  3  &  tout  félon  la 
forme  &  teneur  d'icellui. 

Si  comme  tout  ce  les  di^cs  Parties  es  noms 
quedeiîus,  voldrent,  rattiflierent ,  cenfermerent 
i^  approuvèrent  ,  promill:rcnt  ,  &:  jurèrent  chaf- 
cune  Partie  en  droit  fcy  &  pour  tant  que  ce  leur 
touche,  par  leur  foy  Ik  fermens  ,  tenir  ,  carder  , 
enteriiîcr  &  accomplir  fermement  a  tousjours  , 
fans  rappel  de  point  en  point  ^  en  la  forme  &:  ma- 
nière que  dict  tlt  3  ftns  contrevenir  aucunement , 
ainçois  rendre,  payer  &:  rell:ituer  l'un  a  l'autre, 
a  plain  &  fcns  plait,  tous  dcfpens  ,  domaiges  Se 
intércfts  qui  fais  &:  foufrenus  fcroicrt  en  ce  pour- 
ckaii'aat  par  l'une  des  dides  Parties  au  deffauc  de 


t>E  Nicolas  Fla  M  EL.    5(^9 

l'autre  ,  pour  railbn  de  ce  que  didl  eft,  non  ac- 
compli. 

Soubs  l'obligation  des  héritaigcs  ,  biens ,  reve- 
nues &  temporel  des  dides  Eglifcs  &  d'une  ciiaf- 
cune  d'icclks  prcTens  &  advenir  i  que  ils  chaf- 
cune  Partie  en  droit  foy  en  foubmiftrent  Se  foub- 
méfient  l'uns  envers  l'autre  mefmement  les  didls 
Marregliers  de  l'Eglile  St  Jaques  ou  did  nom  , 
les  héritaigcs  &  biens  de  la  dicle  exécution  aufli 
préfens  &  advenir  :  tout  àjufticicr,  vendre  &Z 
exploiter  par  Nous  ,  nos  fuccelTeurs  Prévoft  de 
Paris  ,  &:  par  tous  autres  Jufticiers  ,  où  trouves 
fcroient  pour  ces  lettres  Se  leur  contenu  du  tout 
entériner  &:  accomplir.  Renoncans  à  ce  fait  les 
dides  Parties  es  dicls  noms  chaicun  en  droit  foy , 
&  pour  tant  que  dit  eft  ,  par  leur  dide  foy  & 
fermens  ,  à  toutes  exceptions  ,  déceptions  de 
mal  fraude,  crieur  lezion  ^  circonvention  & 
d'ignorance.  A  toutes  lettres ,  grâces  ,  franchi- 
fes,  privilleges  ,  libertés,  impétrations,  difpen- 
fations,  abfolutions  ,  raifons  ,  defïenfes ,  vs  , 
couftumcs  &  à  tout  ce  généralement  que  l'en 
pourroit  dire  ,  propofer  ,  alléguer  contre  la  te- 
neur &  effet  de  ces  lettres  ,  &  au  droit  difanc 
générale  renonciation  non  valoir. 

En  tefmoing  de  ce,  Nous  à  là  relation  des 
dids  Notaires  ,  avons  mis  le  Scel  de  la  diclc 
Prévofté  de  Paris  à  ces  lettres  qui  furent  pailées, 
faits  &  accordées  ,  quadrapplées,  par  Se  du  con- 
{entement  des  dictes  Parties  ,  pour  ce  préfentes 
&  alfemblécs  comme  delfus  ;  l'an  de  grâce  142-6, 
le  Mercredi  dixième  jour  du  mois  de  Juillet. 

PREUDOME.    P.  ACART. 


Qv 


370    Histoire  Critique 


'4^?*       Acîe  duCommiJfaire  Andry  le  Preux,  pour  un 
des  corr.ptes  de  l'exécution    du  tcjîament  de 
Nicolas  FUmel. 

l<;c.  Pièce  XIV.    A     Noble  homme  M"^  le  Prcvofr  cîc  Pa- 
^"^  l*  ï^"^^-  X^ris.  Andry  lcPrcux,Exam;narcur  de  par 

c'''^\la  ""  le  Roy  N.  Sire  ou  Chaflcllct  de  Paris,  honneur  % 
jlld^  ^"révérence.  Cher  Sires,  plaifc  vous  lavoir ,  cjiic 
par  vertu  de  vos  lettres  de  commilîîon  a  moi 
adrcçans  ,  des  quelles  la  teneur  ell  rclîc. 
Commif-  î>iMON  MoRKiER,  Chl''.  Seiçneur  de  Villicrs, 
fioa  don-  C^"^  du  Roy  Notre  Sire,  &  Garde  de  la  Prévofié 
Eee  par  le  j^  Paris.  A  notre  amé  M''-^  Andry  le  Preux  , 
pils!^^  '^^  Examinateur  de  par  le  Roy  Notre  Sire  ,  ou  Chat- 
tellet  de  Paris.  Salut  &  dilctlion.  Nous  à  la  re- 
aueflc  de  GefîVoy  Erembaut ,  Procureur  ,  Richai,:: 
Delamare,  Jehan  A/fcIin  ,  Guillaume  Nicoks  , 
&  Henry  Souris,  Marreglicrs  de  rEglife  St  Ja- 
ques de  la  Boucherie  h.  Paris  ,  &  Exécuteurs  com- 
me Maricgliers  du  teuanicnt  de  feu  Nicolas  Ila- 
mcij  c^  le  ditRichart  Dclamare  préfent  en  pcr- 
i'oiine.  Les  quels  ont  foubmis  à  nofirc  juriCdic- 
tion  pour  le  Roy  Notre  Sire  ,  la  congnoiirancc 
du  dit  tedament  :  du  quel  &dc  toutes  les  dépen- 
dances d'icellui  ,  Nous  avons  retenu  Ik  retenons 
la  congnoilEnncc  comme  à  Nous  premièrement 
dévolue  par  prévention.  Vous  mandons  ,  que 
vous  oyés  Cl  diligemment  examii"ics  en  lieu  de 
Nous,  le  compte  du  dit  tcilaraent  que  les  dits 
Exécuteurs  veulent  Se  entendent  faire  Se  rendre 
par  devant  vous  ,  comme  ils  dient.  Et  de  ce  que 
tait  aurés  nous  faites  votre  relation  par  ctcripr , 
pour  au  furpj  JS  pourvcoir  âus  dis  Exécuteurs  de 
kiefcharge  ibulîifant  comme  il  ap[:artiendra.  En 
teimoing  de  ce  ,  Nous  avons  fait  mettre  à  ces. 
IcLties/le  Scel  de  la  P:éYorié  de  Paris:.  3c  fut 


De  Nicolas  F  l  a  W  e  t.     jji 

fait  ou  Chartellc:  de  Paris  ,  le  Lundi  onziemme 
jour  d'Avril ,  aprCs  Mifericordia  Domini  l'an 
1419-  Ainfifigné,  N.  LE  CLERC. 

Et  à  la  rcquelce  de  Jehan  Alfelin ,  Guillaume 
Nicolas  &.  Henry  Souris  ,  Marchans  ,  Bourgeois 
de  Pans  ,  apréfcnt  Marrégliers  avecqucs  Richart 
Dclamare  ,  de  l'Eglilc  Sz  Jaques  de  la  Boucherie  à 
Parisi  &  parce  exécuteurs  du  teftamenc  ou  or- 
donnance de  dcrrcnici;;  voulenté  de  feu  Nicolas 
Flamel ,  a  Ton  vivanc  Efcripvain  &:  Bourgeois  de 
Paris  ,  &  demeurant  en  la  Paroifle  de  la  dicle 
Eglife  &  prcsd'icelle.  Je  Examinateur  &  Commis 
dcifus  dit  ,  ai  mandé  ^z  fair  venir  &  cop.iparoir 
par  devant  moi,  Guillaume  le  Co-^rntc  &  le  die 
Richart  Dclamarc,  aufTi  xMarchands  &  Bourgeois 
de  Paris ,  jadis  Marrégliers  avec  feu  Jehan  Cle- 
rebouc ,  à  Ton  vivant  Marchand  &  Bourgeois  de 
Paris  ,  de  la  ditteEglife  St  Jaques ,  &  comme  tels 
avec  feue  Marguerite  la  Qucfnelle  ,  femblable- 
ment  Exécuteurs  du  dit  tellamcnt  d'iceilui  feu 
Nicolas  Flamel ,  pour  &:  alïin  de  faire  o:  rendre 
compte  par  devant  moi  Examinateur  &  Commis 
deiîus  dit ,  du  dit  teftamcnc  <Sc  exécution  d'ice- 
îui  dctfunt.  Du  quel  teftaraenc  &  exécution  ,  les 
Gidts  Guillaume  le  Co?ïîte  &  Pachard  de  la  Wuaz  , 
&i  aulli  le  dit  feu  Clcrcbout  &  feu  Guillaume  Pla- 
teau ,  qui  remblabltjnent  Se  après  euls  fu  l'un  des 
Marrégliers  d'icelk  Eglife  ,  &:  parce  audi  Exé- 
cuteur d'iceilui  dciiunt ,  avoicnt  eu  en  partie  la 
charge  &:  gouveinemeuc  depuis  le  trefp^llemenc 
d'iceilui  detrujit  qui  lu  le  i  r^.  jour  de  Mars  1  417 
avant  Pafques.  E:  depuis,  icsdiéls  Guillaume  le 
Comte  &  Richard  Delamare  es  noms  que  deiTiis  , 
•  Jehan  de  Mareu  i  §c  GielFroy  Fhtcau  ci^mmc 
Fjiécuteurs  du  tellament  du  dcilus  nommé  Guil- 
laume Plateau  ,  ont  apporté  &  baillé  à  moi  Exa- 
minateur &  Commis  defkis  dit ,  ung  compte  cii 
papier  du  fuie  &  gouvsruemcnc  du  dit  icltam;ut 

*4vj 


37i    Histoire   Critique 

te  exécution  d'iccllui  deffunc  avec  le  dit  tcfla- 
mcnt  :  l'invcntoirc  des  biens  d'iccllui  detîunt  fais 
après  Ion  trclpallement  &  pluiîeuis  qiiitcnnccsde 
lais  &  ordonnances  contenus  &  dcciairés  ou  dit 
teftaracnt ,  avecc]ues  une  lettre  faire  &  paifce  en 
jugement  O'i  die  Chaftciict  par  le  Procureur  da 
Roy  notre  Sire  ,  illec  l'an  1418  k  Vendredi  fé- 
cond jour  de  Septembre  de  la  délivrance  &  mam- 
levée  des  biens  d'iccllui  deifunt  :  les  quels  biens 
avoicnr  été  arreftés  &  fcellés  à  la  rcquefbe 
ciu  dit  Procureur  du  Roy ,  après  le  trefpalîement 
d'iccllui  deiTunc,  pour  payer  &  accomplir  le  dit 
teilamenc  &  exécution  d'iccllui  dciîunt.  Er  ef- 
toicnt  les  dits  teftament  &  inventoire  fais  par 
deux  Notaires  du  dit  Cliaftelkt ,  6c  c'eft  affavoir 
le  dit  tcliament ,  le  Dymenchc  zo^.  jour  de 
Novembre  i4i<î,  &  le  dit  inventoire  fatconi- 
mencé  le  trente  &  un  &  derrain  jour  de  Mars  , 
l'an  14T8  après  Pafques.  Et  les  dittes  quittances 
cftoienc  /ignées  &  fcellécs  de  divers  fcings  & 
fccauix  ,  tant  d'Eglifes  &  autres ,  comme  de 
Notaires  du  dit  Chaftellct. 

Le  quel  compte  &  le  dis  ttllament  ,  quittan- 
ces &c  inventoires  ,  &  autres  lettres  fcrvans  ou 
dit  compte  &  dont  mention  eft  faite  en  icelhii. 
Je  Examinateur  Si  Commis  defius  dit ,  ai  vcus  & 
vifîtés  diligemment ,  le  Lundi  feprieme  jour  de 
Novembre  l'an  1419  &  en  treize  autres  journées 
en  luivans  &  dernièrement  le  Mercredi  quator- 
•ziemc  jour  de  Décembre  en  fuivant ,  en  la  préfen- 
ce  des  dis  Guillaume  le  Comte  &  Richart  Dclama- 
rc,  Jehan  de  Mareuil  &  Giefï-"roy  Plateau  :  & 
par  aucunes  d'icelles  journées  en  la  préfence  de 
Ifabel  vefvc  du  dit  feu  Jehan  Clerebout,  &  de 
Ciuillaume  de  la  Conchc  fon  gendre  ;  &  encore 
en  la  préfence  par  aucunes  d'icelles  journées  des 
dellùs  nommés  Jehan  Affelin  ,  Guillaume  Nico- 
las ,  £c  Henry  Souris ,  à  préfcat  Marrégliers  avec 


DE  Nicolas  Flamel.  375 
le  dit  Richait  Dciamare  ,  de  la  dide  Eglife  Se  J. 

Et  en  ce-faifanc,  ont  été  gictés  &  tareulcs 
les  iommes  &  parties'  des  dis  comptes  ,  tclla- 
ment  &  invcnroire  ,  tant  en  receptes  comme  en 
mifes  èc  defpcntes  &  acquilitions  pour  la  dittc  exé- 
cution &  Marréglcrie  ;  6c  lesquelles  eftoient  tant 
en  foible  monnoye  de  gros  courans  ou  tcms  du 
dit  inventoire  ,  comme  en  monnoye  de  cinq  dou- 
bles pour  deux  blans  ,  qui  depuis  ont  eu  cours,  Sc 
en  monnoye  de  f\x  doubles  pour  deux  blans  , 
ayant  de  préfent  cours. 

Et  eft  apparu  «Sc  appert  à  moy  Examinateur  & 
Commis  delTus  dit  ,  que  les  M  elles  ,  Obits  & 
anniverfaircs,  &tousles  lais  &  ordonnances  par- 
ticuliers du  dit  teftaracnt  d'iccllui  defFunt ,  payés 
&  accomplis ,  ycellui  doiFunt ,  lailfa  le  rélidu 
de  Tes  biens  «S:  héritaiges  à  l'Euvre  de  la  diile 
Eglife  St  Jaques  de  la  Boucherie,  fous  certaines 
conditions  &  manières  plus  a  piain  déciairécs  en 
la  claufe  fur  ce  faite  contenue  ou  dit  tcftament. 
El  depuis  par  une  autre  claufe  contenue  ou  dit 
teftamcnt ,  laiiîa  le  dit  réiidu  fous  les  dides  con- 
ditions &  manières.  C'eft  alfavoir;  un  quart  à 
l'Euvre  de  l'Eglife  qui  fera  chargée  de  faire  les 
dis  aniverfaires  :  à  l'Euvre  N.  D.  de  Paris,  un^ 
quart  :  à  l'Euvre  de  l'Oftel-Dieu  de  Paris  ung 
quart  :  &  à  l'Euvre  &  l'Eglife  de  ^te  Geneviève 
la  petite  ,  l'aultre  quart  pour  acheter  veftemens 
&  livres  pour  faire  le  divin  fervice. 

Et  eft  apparu  &  appert  à  moy  Examinateur 
deflus  dit,  que  pour  aucuns  difcors  qui  avoienc 
été  entre  les  dis  Exécuteurs  &  Marregliersd'iccl- 
Ic  Eglife  St  Jaques  5c  les  de/Tus  dis  de  Chapitre  de 
Paris,  du  dit  Hoftel-Dieu  &  Marregliers  d'icelle 
Eglife  Ste  Geneviève  ,  pourraifon  d'iceux  deux 
lais  du  dit  réfidu  contenu  en  ycelles  deux  clau- 
fes  ,  difans  par  iceux  Marregliers  de  l'Eglife,  St  J» 
avoir  accepté  &  eux  eftrc  chaigiés  de  l'accom- 


^74     Histoire  Critiqué 

plilîemcnc  dit  dit  teflament,,  &  par  ce*  tout  îc 
rcfîda  à  eulx  appartenir  :  &:  par  les  «lurcs  ditans 
&  fourtenaiis  le  conriHîtc  ;  <Sc  par  ce  appaneiiir 
à  chafcun  d'eulx  ,  Ton  quart  d'iceUai  iclida.  Yccux 
dcifus  nommes  avoienc  &  ont  traîne  5c  accordé 
enfemblc  que  tout  le  réfidu  appartenoitSc  appar- 
tient a  la  dite  Euvrc  de  l'E^^life  St  Jaques  ,  Se 
avoit  été  tranfporté  ôc  dékillié  aux  dciliis  d  s 
Marrcgliersd'icelle  Eglife  St  Jaq-ùcs  par  les  dis  de 
C?happitrc  de  Paris  ,  fOftcl-Dieu  6c  MarrceJ-crs 
de.  Sre  Geneviève  la  petite ,  leurs  dis  quaris 
d'iceilui  réiîdu  à  eulx  am(î  Laiffics  ,  moyennanc 
certains  deniers  que  ils  en  ont  eus  Se  reçeus 
d'iceulx  Marregliers  de  laditre  Eglife  Se  Jaques, 
comme  il  eft  apparu  à  moy  Exnminaceur  dcllus 
dit ,  par  lettres  fur  ce  faites  &  pallées  par  devant 
deux  Notaires  dudit  Chaftellet. 

hcrn.  Il  e(l  apparu  &  appert  à  moy  Exanr'na- 
tcur  dellus  dit ,  que  toute  ki  diclc  recepte  dé- 
\.cî  d.  clairée  ou  dit  compte  Se  inventoire,  *  tant  en 
f^^^^*  "^^^  biens-meubles  &  ucenciles  d'oltel,  comme  en 
deniers  d'or  Se  monnoye  (eulcmen.t  faifoit  Se 
montoi:  la  tcmm.c  de  1^77  l.  4  C.  pariiis  mon- 
noye courant  011  dit  tems  du  dit  inventoire  ;  ou 
quel  tems  le  marc  d'argent  valoir  5)  1.  10  fols  ,  la 
quelle  iommc  a  été  appréciée  Se  avaluée  par  clian- 
geurs  Se  gens  en  ce  congnoillans  pour  ce  appelles 
en  la  préfencc  de  moi  Examinateur  &  Commis 
de/fus  dit ,  Se  des- Exécuteurs  &  Marregliers  dc(- 
lus  nommés  ',  à  la  didç  m.onnoyc  de  lix  doubles 
pour  deux  blans  courant  à  prélcnt  ,  au  pris  des 
mîtrcs  d'argent, &  félon  les  ordonnances  Royaulx. 
Ec  fait  Se  monte  icelle  fomme  à  la  didc  mon- 
noye de  fix  doubles  courant  a  préfent  ,  icji  L 
I  o  f.  4  deniers  parilîs  ,  Se  valoi:  a  préfent  le  marc 
d'argent,   6  1.  i  8  f.  tournois. 

Et  la  diéle  mife  Se  detpcnfe,  tant  en  obfequc 
&  funérailles  du  dici  delïuii:  Se  des  de  becs  que  il 


DE  Nicolas  Flamel.     575 

^ebvoic,  comme  les  lais  &  ordonnances  du  dic 
teftament  ,  &  aulTi  ks  dites  acquilltrions  faites 
par  iceulx  Marregliers  Exécuceurs,  pour  &:  ou 
nom  dicellc  Euvrc  &  EgUfe  S:  Jaques,  de  Cha- 
pitre de  Paris ,  de  rOilcl-Dicu  de  Paris  ,  des  Mar- 
regliers de  l'EglifeSte  Geneviève,  les  failaires  des 
Notaires  &  Prifeurs  qui  firent  le  dicl iuvencoiie  , 
iettres  6c  pièces  pour  icelle  exécution  ,  les  def- 
pcnsfais  en  rendant  ce  préfent  compte,  la  peine 
^  lalairedv:  moy  Commis  dclTus  dit,  d'avoir  Icu 
&  oy  le  dit  compte  &  yccUui  avoir  doublé  & 
fait  deux  relations  ,  de  auiTila  peine  du  Clerc  qui 
a  fait  &  minué  oc  groiToyé  mie  fois  le  dit  compte  , 
fait  &  monte  yccUe  mife  Si  defptnfe  en  fomrre 
toute,  en  foible,  monnoye  de  gros  3c  en  monno  c 
de  cinq  &  de  lix  doubles,  i.imen-és  &  avalucs 
femblablement  à  ycelle  mionnoye  de  fix  doubles 
pour  deux  blancs  courant  à  préfent ,  aux  pris  des 
ditsMarcs  d'argent  cc  félon  les  dnfles  ordonnances 
Royaulx  fur  ce  fasdes  comme  deiïus  c(l  didt ,  la 
fomme  de  1349  h  4  f.  7  d.  poitevine  parifis  ,  £c 
valoir  de  préfent  le  marc  d'argent ,  6  liv.  1  8  fols 
tournois  comme  devant  cft  dit.  Toutes  les  quel- 
les parties  ont  été  &  font  payées  ëc  accomplies 
bien  &  loyalment  par  les  dis  Exécuteurs  Ô:  Mar- 
regliers ,  comme  il  efl  apparu  par  lesdides  quit- 
tances ,  &  com.me  il  eft  efcript  &  déclairé  fur 
chafcun  article  du  dit  com.ptc. 

Et  ainfi  appcn  &  puet  apparoir  que  les  dis 
Marregliers  &  Exécuteurs  ont  plus  mis  &  payé 
ciue  re^eu  ,  la  fomme  de  196  livres  14  fols  3 
deniers  poitevine  parifis  d'icclle  monnoye  de  fix 
doubles  pour  deux  blancs  courant  à  préfent. 

Et  eftoit  le  dit  compte  fait  6c  rendu  du  fait 
^u  dit  teftament  j  debtes  ,  obfeques  Se  funérailles 
5c  exécutiond'icell'ndefFunt,  feulement  depuis  le 
trefpalfcmcnt  d'icellui  deftunt  comme  delTus  eft: 
dit ,  jufqu'a  fept  ans  5c  quarante  jours  cfcheus  le 


^•j6  Histoire  Critiqi/é 
onzième  jour  de  May  141^  indus.  Saaf&  rcfer- 
ve  les  douze  Obics  perpétuels  ordonnes  pat  le  die 
dcfFiinr  en  Ton  dit  rétament ,  parles  douz.c  mois 
ce  l'an  &  les  quatorze  Meffes  bad'es'perpecuelles 
par  l'an  aulfi  ordonnées  ,  q^i  ie  doivent  dire  efi 
la  dite  Eglife  St  Jaques  par  les  quatorze  Eglifcs 
déclairées  en  la  claufc  contenue  ou  dit  reftamenr , 
pour  les  quels  Obis  &  Mefîls  faire  due  &;  cék'- 
brcr  ,  &  auiîî  à  payer  les  deniers  aux  Quinze- 
Vins^t ,  depuis  le  premier  jour  de  Juing  îe  dit  an 
141e  tour  includ  :  pour  ce  que  tout  avoit  été 
fait  &  payé  les  années  précédentes  ,  comme  dé- 
clairé  cil:  en  ce  préfent  compt». 

Et  feront  autre  compte  les  dis  Exécuteurs  Mar- 
régliers  aux  deflus  dis  aprcfent  Marrégliers  de  la 
dite  Eglife  ,  des  debtes  dues  au  dit  defRint  des 
arrérages  de  fes  rentes  à  héricaige  &  à  vie  ,  &  du 
iouaige  de  fes  maifons  ,  Te  fait  n'a  efté  par  eux , 
ou  par  les  Procureurs  &  Receveurs  d'icclle  exé- 
cution.  Et  au   dit    compte   qui  fera  fait  aus  dis 
Marrégliers  de  prélent ,  fera  tauxé  le  falaire  des 
dis  Exécuteurs    Marrégliers    faifans   ce  préfent 
compte,  par  les  dis  Marrégliers  de  préfent,  ou 
par  le  Commis  à  ce  du  /es  &  charge  qu'ils  ont 
eu  d'icelle  exécution  ,  pour  ce  que  en  ce  préfent 
compte ,  n'en  a  été  faite  aucune  tauxation.  Et 
aulîî  en   ce   préfent  compte  ,  ifeft    aucunement 
compté  ne  comprins  le  lais  de  40  1.  parifis  fait 
par  le  dit  dcftunt  à  fes  parens  s'aucuns  en  avoient 
<jui  fe  vouldroient  dire  fes  héritiers  pour  ce  que 
aucuns  ne  fe  font  apparus  depuis  le  trefpalIemeTit 
du  dit  dcifunt,  comme  les  dis  Exécuteurs  difoient, 
&  les  payeront  &  promiftrent  payer  du  dit  lais 
iîtoft  qu'ils  vendroient  à  congnoiflance.  Du  quel 
compte  rendu  ,  il  appert  Se  poura  apparoir  fem- 
blablement   &   plus  à  plain  par    le  dit  compte  , 
en  papier  qui  a  efté  &  c'ft  fait  triple  &  figné  par 
moy  Examinateur  &  Commis  dclTus  dit.  C^cû. 


DE  Nicolas  Flamel.    577 

afiavoir  5  l'un  pour  le  tréfor  d'iccUe  Eglife  faint 
Jaques  ,  l'autre  par  les  dis  Exécuteurs ,  &  l'au- 
tre pour  juftice.  Du  quel  compte  ainfi  fait  &  ren- 
du ,  les  dis  Exécuteurs  &  Marregliers  ont  requis 
à  moy  ma  relation  pour  en  avoir  leur  quittan- 
ce &  defcharge  de  juftice.  Aux  quels  j'ai  fait  6c 
baillée  ycelle  moye  relation  faide  double  3  l'une 
pour  le  dit  trétor  d'icelle  Eglife  ,  Se  l'autre  pour 
les  dis  Exécuteurs  :  &  fi  leur  ai  rendu  &:  baillé 
ks  dis  reftament,  quittances  Se  inventoire  ,  & 
tout  ce  qui  m'avoit  été  par  eux  baillé  &  apporté 
pour  la  reddition  &  audition  du  dit  compte  d'icel- 
lui  teltament  &  exécution  du  dit  detFunt. 

Et  tout  ce  que  dit  eft,  je  Examinateur  def- 
fus  dit ,  certifie  eftre  vrai  par  iceïles  mes  deux 
relations  ,  lefquellcs  j'ai  fîgnées  de  mon  feing 
manuel  &  fcellées  de  mon  fcei.  fait  l'an  &  joui 
delfus  dit. 

A.  LEPREUX. 


Lettre   des   Officiers  de    V Hôpital  des  Quinze'     447 
Vingts ,  par  laquelle  ils  reconnoijfent  que  les 
Marguilliers  de  St  Jaques  leur  ont  rendu  levt 
récepicé  de  certains  titres  qui  leur  avaient  été 
prêtés, 

XV.  fElianVeliiTant,  ditdeBilly,  Commis  à  î^e.  Pièce 
J  l'office  de  Maiftrc  ,  Eftienne  Guillon  ,  Me-  ^^^^J"  'l^^ 
niftre ,   Jehan  de  Fay ,  Jehan  le  Noftrc,  Jeban  ce.   Chap. 
Chandellier  &  Jehan  Pourpoint ,  jurés  de  roihi  ibid> 
&c  Congrégation  des  Qumze-Vingt  de  Paris,  fon- 
dés par  Monfeigncur  S:  Loui ,  jadis  Roy  de  Fran- 
ce :  confelTons  avoir  eu  &  reçeu  des  Marregliers 
de  l'Eglife  ParoiiTîal  de  St  Jaques  de  la  Boucherie , 
Exécuteurs  du  teftaraent  ou  ordonnance  de  der- 
rcniere  voulenté  de  feu  Nicolas  Flamel,  les  let- 
tres qui  s'en  fuiveiit.  C'cft  allavoirs  une  lettre 


37^  Histoire  CKiTi(XVt 
pafTce  par  devant  deux  Notaires  du  Charteilet  Je 
Paris,  le  Lundi  zy*^.  jour  de  Septembre  l'an  1 3  67  , 
par  la  quelle  appert  Raoul  le  Vavafleur,  Bour- 
geois de  Paris ,  &  Jehanne  fa  femme ,  avoir 
vendu  à  tousjours  à  Jehan  Johan,  Gantier  de 
laine,  &  à  Loylc  ik  femme,  8  livres  parilisde  ren- 
te ,  à  les  avoir  &  prendre  après  4  fols  i  o  deniers, 
que  de  fons  de  terre ,  que  de  cens  ,  fur  une  mai- 
fon  contenant  plufîeurs  louages  comme  tout  fe 
comporte  féant  à  Paris  en  la  rue  du  Richebourt 
oultre  la  Porte  St  Honoré  ;  tenant  d'une  part  à 
GcufFroy Fourré,  &  d'autre  part  à  M"<=.  Philipp» 
Ogier,  pour  le  pris  déclairé  es  dittes  lettres , 
parmi  les  quelle*;  cft  annexée  une  lettre  de  fai- 
/îne   du  Receveur  de  Monficor  de  Paris. 

Item.  Une  autre  lettre  palTée  par  devant  M. 
le  Prévoft  de  Paris,  fignéc  le  Benne,  faite  l'an 
1376  le  Mercredi  cinq  jour  de  Novembre  ,  par 
les  quelles  appert  Pierre  l'Empereur  avoir  efté 
condempné  a  payer  à  Andry  Ménart  &:  fa  fem- 
me ,  en  leurs  noms  &  comme  ayant  la  garde  des 
enfàns  de  la  dite  femme  &  de  feu  Jehan  joucn  , 
Ton  premier  mari,  les  dis  huit  livres  parifis  de 
rencr  fur  les  dis  lieux. 

Item.  Une  autre  lettre  faite  par  deux  Notaires 
du  dit  Chaftellet ,  l'an  1406  le  Samedi  treizième 
jour  de  Novembre  par  les  quelles  appert  Prin 
Pillcul  fils  de  Philippe  Filleul  &  de  feu  Agnès 
fa  première  femme  ,  jadis  fille  de  feu  Jehan 
Jouen,  en  fon  vivant  Gantier  &  Aulmuiîer,& 
de  Loife ,  jadis  fa  femme  ,  &  devant  femme 
de  feu  Andry  Ménart  :  avoir  affermé  à  lui  ap- 
pnrrcnir  4  1.  par.  de  rente  des  8  1.  par.  de  renrc 
deiïus  déclairés,  dont  il  vend  à  toujours  a  Nico- 
las Flamel  foixante  fols  de  rente  les  premiers 
prins ,  elt  dis  4  livres  de  la  condition  des  au- 
tres 4  livres  Se  faifant  (  enfemble  )  S  livres  de 
rente  de  même  condition  pour  le  pris  décLiié 


•Dt  Nicolas  Flamél.    579 

es  dites  lettres  :  parmi  les  quelles  eft  annexé  une 
lettres  de  faifineciu  Receveur  de  MonfîeurJ'Evef- 
que  de  Paris. 

liem.  Une  autre  lettre  paffée  ou  dit  Chaflellet 
Je  Mardi  feptiemc  jour  de  Juing  l'an  1407  ,  par 
Jcs  quelles  appert  Priii  Filleul  fils  de  Jean  Filkul 
&  de  feu  Agnès  fa  première  femme  ,  avoir  vendu 
à  tousjours  audit  Nicolas  Flamel  les  autres  vint 
fols  parifis  de  rente  reliant  des  dits  4  livres  de 
rente  pour  le  prix  déclairé  es  dites  lettres  ,  parmi 
les  quelles  eft  anexé  une  lettre  de  faifinedudit 
Receveur  :  les  quelles  lettres  iceulx  Marglicrs 
avoient  bailli  aus  dis  des  Quinze- Vint  pour  leur 
en  aidier,  &  dont  ils  avoient  fait  recépicé,  le- 
quel recépicé  ils  leur  ont  rendu  &  reftitué  :  fub- 
ract ,  &c.  Dont,  &t.  Quitt.  &:c.  promett.  &c, 
Oblig.  &:c.  Biens  ,  &c.  Temporel  ,  &c.  Fait  l'an 
1447,  le  Samedi  17^.   jour  de  Janvier. 

HEMONET.     DELAHALE. 


Tranfacîion  faîte  entre  la  Fabrique  de  S t  Jaques      ï47J. 
&  l'Hôpital  des  Quinine- Vingts. 

XVI.    A    Tous  ceux  qui  ces  préfentes  lettres  ver- ^9^'  ^'^^^ 
•^^ront.  Robert  d'Estoutevillf,  ,  Che-  jj^jf/  '^fiJ 
valier  Seigneur  de  Beyne ,  Baron  d'Ivry  &  de  St  ce.   Chap. 
Andry  en  la  Marche  ,   C-"".  Chambellan  du  Roy  ll^id* 
Notre   SS»^.  6c  Garde  de  la  Prévofté  de   Paris. 
Salut.  Savoir.  Faifons  que  pardevant  Pierre  Ja- 
quet^  Loys  Berthlemy  ,  Notaires  du  Roy  Notre 
dit  S§^  de  par  lui  eliablis  ou  Chaftfeletde  Paris, 
furent    prctens  en  leurs  perfonncs ,  honorable 
homme  &  fage  M^'<^.  Denis  le  Mercier  Licentic 
en  Loix,  Advocat  en  Parlement ,  Maiftre  de  VOC- 
tel ,  Hofpital  Se  Congrégation  des  Quinze-Vins 
Aveugles    fondez   à    Paris  par  Monfciojncur  Se 
LoySj  jadis  Roy  de  France  :  Yinceiic  Tuauk, 


^So     Histoire   Critiqué 

Méniftre  ,  Jehan  le  Noftre,  Andry  Guiot ,  Rc- 
gnault  Gervaia  ,  &  Jâquct  Duval ,  jurés  :  Jchaft 
Dcsmoiilins  ,  Portier  ,  Lorin  DuqueCnay, 
Procureur  Se  Receveur ,  Guillaume  Pourey  & 
Jehan  le  Fevre  ,  Frères  tous  du  dit  Hoftel  & 
Hofpital  des  Quinze-Vins  ,  pour  &  ou  nom  da 
die  Hoftel  &  Hofpital  &  de  tous  les  frères  Se 
feurs  d'icelluy  d'une  part ,  &:  Pierre  le  Vigneron, 
Guillaume  Briffe,  Loys  Soutif,  &  Mahieu  Lan- 
glois ,  Marchands  &  Bourgeois  de  Paris ,  ou 
nom  &  comme  Margliers  &  Gouverneurs  à  pré- 
fent  de  TEuvre  &  Fabrique  de  l'Eglife  Se  Jaques 
de  la  Boucherie  à  Paris,  d'autre  part. 

Les  quelles  Parties  es  dis  noms  de  leur  bon 
grez  ,  bonnes  voukntc's,  propres  mouvemens 
&c  certaines  fciences,  fans  faire  fraude,  erreur, 
<:ontrainte  ,  ou  aucune  décevance,  mais  bien 
advifécs  ,  confeillées ,  pourvues  &  délibérées  fi 
comme  elles  difoient  ,  recongurcnt  &  confelîe- 
rent  en  la  préfence  des  dis  Notaires  comme  en 
jugement  par  devant  Nous,  avoir  fait  &  par 
la  teneur  de  ces  lettres ,  firent  &  font  de  bonne 
foy  entre  elles  ,  &  l'une  Partie  avec  l'autre  les 
traitics  ,  tranfaclions  ,  accords,  promeflcs,  con- 
venances &  autres  chofcs  qui  contenus,  efcrip"îs 
&  déclairés  eftoient  &  font  à  plain  en  une  feuille 
de  papier,  préfentce  &  baillée  par  icellcs  Par- 
ties aus  dis  Notaires  dont  l'un  d'icculx  leur  fit 
ledure  ,  l'autre  préfent.  Du  contenu  en  la  quelle 
feuille  de  papier  la  teneur  s'enfuit  &  efl  telle. 

Comme  des  l'an  146^  plaît  &i  procès  avort 
été  meu  pardevant  le  Prévoit  de  Paris,  ou  fon 
Lieutenant.  Entre  les  M^'^^  Meniftre  ,  frcres  i^ 
feurs  des  Quinzc-Vins  de  Paris  d'une  part ,  & 
les  Margliers  de  l'Euvrc  Se  Fabrique  St  Jaques 
de  la  Boucherie  d'autre  part.  Sur  ce  que  les  d,s 
ce  Quinze-Vin'^^^difoicnt  (]ue  feu  Nicolas  Fl.imcl 
CD  fon  vivant  Efcripvain  !k  Bourgeois  di  Pan-iy 


uç  Nicolas  Flamel.    581 

par  fon  teftamcnr ,  ou  ordonnance  de  dernière 
voulenté  ,    avoir  fondé  certain  anniveriairc  ou 
Tervice  par  chafcuni-aols  perpcruelment  en  la  dire 
Eglife  Se  Jaques  j  &:  voulu  Se  ordonné  que  treize 
frères  &   fcursdcsdis  Quinzc-Vins  feullcnt  pré- 
fens  avec  ung  Chapellain  6c  le  Clerc  de  la  dite 
Eglife  à  faire  les  dis  anniverfaires  &  qu'ils  alal- 
fent  à  l'Offrande  félon  qu'il  eft  plus  àplain  con- 
tenu &  déclairé  ou  dit  teftament  :  &  que  pour 
ce  faire  ,  le  dit  Teftateur  leur  donna  &  laiffa 
par  chacun  mois  de  l'an  47  foL;  parifis ,  payables 
par  les  mains  de  fes  Exécureurs.    Difoienc  outre 
que  le  dit  Flamel  Tcftateur ,  avoir  ordonné  à 
treize  Hofpitaux  de  cefte  ville   de  Paris ,  dont 
leur  dit  Hoftel  &  Hofpital  eftoit  l'un  ,  à  chafcuii 
10  fols  parifis  par  chacun  an  ,  pour  dire  ou  faire 
dire  une  baile  Mefle  pour  le  dit  défunt  chacun 
an  en  la  dite  Eglife  Se  Jaques  ;  &  que  pour  ac- 
ç  mplir  fon  dit  tcftament ,  il  avoir  efleu  fes  Exé- 
cuteurs ,  ceux  qui  feroient  Margliers  de  la  dite 
Eglife  Sz  Jaques. 

Or  difoient-ils  que  jafoit  ce  qu'il  y  eut  alfez. 
de  biens  d'icelluy  Teftateur ,  pour  faire  les  dis 
anniverfaires  &  autres  fervices  par  lui  ordonnés 
pour  accomplir  fon  dit  teflamcnt  :  &.  mcfmement 
Z4  fols  parifis  pour  mois  ou  lieu  des  dis  47  fols 
pour  mois  &  j  fols  parifis  ou  lieu  des  dis  10  fols 
pariiis  par  an ,  à  quoy  des  pié^a  pour  aucunes 
caufes  avoir  été  faite  modération  aus  dis  Mar- 
gliers ou    leurs  prédéceflcurs ,    d'iceulx  47   (ois 
parifis  d'une  part  ,  &  10  fols  parifis  d'autre  part. 
Néanmoins  les  dis  Margliers  ou  leurs  prédé- 
cefleurs  avoient  été  refufans&délayans  &:  de  leur 
payer  les  dis  14  fols  &  5  fols  pariiis  ;  &  requé- 
roient  encore  modération  leur  eftre  faite  des  dis 
5  fols  parifis  à  4  fols  parifis  ,  difant  par  eux  les 
jrentcs  &  revenues  du   dit  feu  FlameJ  eftre  fort 
diminuées  ,  &  à  cefte  caufç ,  ils  avoient  mis  en 


581      Histoire  Critique 

procès  les  dis  Marglicrs  &  contre  eulx  avoicnt 
rccpis  qu'ils  fuirent  condcmpncs  à  leur  payer  & 
concinucr  les  dis  47  fols  parifîs  pour  chafcun 
D^ois ,  &  10  lois  parifîs  pour  chafcun  an  ,  &  L-s 
arrérages  à  culx  dcus  a  caufc  d'iceuls  ,  &:  dcman- 
doient  defpens  ,  dommages  &  iniérclL 

Et  fur  ce  les  dis  Margliers  difoient  au  contrai- 
re ,  cjuc  fuppofé  que  Je  dit  feu  Flarael  leur  eut 
fait  aucun  his  ,    fi  ne  feroient-ils  tenus  de   leur 
payer  entièrement ,  jnais    feroicnt  en  modéra- 
tion  &  pour  Ce  montrer  difoicni  j   que  le  dit  feu 
Plamel  fit  plufieurs  lais  &:  ordonnances  moncans 
à  granc  fommc  de  deniers  ,  Se  plus  que  ne  va- 
loienc  les  biens  &:  revenues  de  fa  fucceflîoi>  3  car 
il  tenoic  plufîcurs  rentes  viagères  qui  furent  ex- 
pirées   par    fon    trefpas ,  &  fi    avoit  plufieurs 
rentes  nulles  dont  il  ne  joit  oncques  ,    ne  pareil- 
lement les    dis  Margliers ,   Se  eftoic  en  lenon) 
d'être  plus  riche  la  moitié  qu'il  n'cftoit ,  &:  qu'il 
foi:  vrai  dès  l'an  1419  les  Marrcgliers  qui  lors 
tcoient ,  rendirent  compte  par  devant  M^'*^.  Andry 
le  Preux  ,  Examinateur  ou  Chaftelet  de   Paris , 
des  biens  demourés  du  dit  defrunt ,  par  la  f.n 
du  quel  fut  dcu  a  la  dite  Fabrique  pour  plus  mis 
que  reccu  ,  196  1.  p.,  6:  fi  eftoient  les  maifons 
&  héritaiges  en  grant  ruine  &  fort  chargées  ,  Se 
les  revenues  d'iccux  fort  diminuées  au  moyen  des 
guerres  ,  divifions  ,  mortalités  &  famines  qui  ont 
couru  en  ce  Royaume  depuis  Tan  14 17  q^e  le 
dit  Flamel  ala  de  vie  à  trefpas,  &  qu'il  foit  ainfi 
depuis  (que  )  ce  procès  en  commencé  fut  appoin- 
té. Qu'ils  montreroient  aus  dis  des  Quinze-Vins 
le  compte  de  la  recepte  &  revenue  des  biens ,  ren- 
tes &  maifons  Se  héritaiges  du  dit  feu  Flamel ,  ce 
qu'ils  ont  fait;  lequel  gift  en  deux  points  ,  ca 
receprc  «Se  mife  :  la  quelle  rcccpte  monte  no  1. 
parifis ,  Se   la  mife   119  1.   parifis.   Parquoy  di^ 
foiçat  les  Marglicrs  que  vcu  ce  que  du  eft,  & 


ï^E  Nicolas  Fla  M  EL.    ^^^ 

racCmcmcnt  cjuc  ks  dis  lais  fcroiem  condirion- 
ncls,  à:  fais  a  charge  d^  condition.  C'clt  ailkvoir  , 
cj'je  il  Its  revenues  <m  die  Fla.ncl  diminuoienc  , 
que  pare:llement  le  die  Flamcl  vouk  &:  ordonna 
diminution  eltre  fane  des  dis  lais.  Bien  claire- 
ment apperçoit  que  diminution  devoir  être  faite 
À  la  dite  Euvre  &  Fabrique  des  47  f-  &  10  f.  pan- 
ais, plus  que  des  dis  14  &  5  f.  parifîs  mefmcment. 
Que  les  biens  de  la  dicle  Eglife  n'eiloient  eu 
rien  obkgés  ,  ne  hypotéqucs  envers  les  dis  Quin- 
2e-Vins ,  &  aulli  qu'on  avoir  une  balfe  Melle 
ditte  pour  i  f.  parilis.  Et  néanmoins  hs  dis  Mar- 
gliers  pour  éviter  plaît  &  procès  8c  éviter  defpens , 
auroicnt  otFert  payer  aus  dis  des  Quinze-Vins  , 
5  f.  pariils  ou  lieu  des  dis  10  f.  parifis  &  i6  C  par. 
ou  lieu  des  dis  47  f.  parifis  ;  promettant  &  con- 
cluant par  eux  àcequilf'jtdit,  les  dis  des  Quinze- 
Vins  non  eftre  recevables  ;  au  moins  avoir  tore 
ou  mauvaife  caute  ,  £c  en  tout  événement  la  dite 
oifre  eftre  bonne,  valable,  &  que  à  tort  ils 
ont  refufé  ,  &  afin  d'abfolucion&  demande  ,  dcf'- 
pens ,  dommage  &  intéreft. 

Et  par  iceulx  des  Quinze-Vins  eut  été  dit  & 
répliqué  au  contraire ,  que  le  dit  Flamcl  a  -rès 
Ion  décès  laifla  près  de  800  1.  de  bonnes  r(.n:es, 
dont  il  n'y  en  avoir  pas  cent  viagères, 

AulTi  par  le  propos  d'icculx  Margliers  quicon- 
fcfîoient  avoir  rendu  &z  montré  le  compte  des 
rentes  &  revenues  du  dit  Flamel ,  par  le  quel 
n'eft  trouvé  que  iio  livres  en  reccpte  ;  il  y  a 
alFez  de  quoy  payer  entièrement  l'Obit  du  dit 
f  iamel ,  car  il  n'y  faut  pour  toutes  chofes  que 
j£  I.  10  f.  par  chafcun  an  ,  &:  s'il  y  a  d'autres 
mifes ,  elles  ne  font  point  nécelfaires ,  ne  ordi- 
naires par  chafcun  an.  Ains  il  y  a  plus  i  car  les 
>Sk  Margliers  ontconfelk*,  que,  ouicre  tk  par 
delTus  les  dis  1 10  1.  de  recepte  par  eulx  confefFéc  , 
qu'on  a  rachc;^  des  rentes  du  dit  feu  Flamel  jut- 


j84    Histoire  Critique 

t[ii3.  plus  de  600  1.  qu'on  devoir  employer  en  aul- 
très  rentes  ,  &c  nedoii-on  point  faire  de  modéra- 
tion tant  qu'il  y  ait  rentes  foutHfans  pour  payer 
le  dit  Obi:  j  &  fi  eft  tout  le  temporel  de  kur 
Eglile  ,  &:  par  efpccial  les  biens  du  dit  Flamcl 
obligés  à  faire  le  dit  Obit ,  &  à  payer  les  dis 
Quinze  vins  j  car  ils  ont  prins  les  biens  du  dit 
feu  Flam>4  à  cette  charge ,  &:  fe  font  obligés ,  en 
concluant  comme  deilus. 

Et  finablement  les  dires  Parties  pour  éviter 
plaî:  &c  procès ,  &  nourrir  amour  entre  elles  , 
confidérans  que  c'eO:  Eglife  contre  Eglife ,  & 
aulli  par  l'avis  6c  confeil.  C'eft  alfavoir  j  les  dis 
MniOre,  Meniftre  ,  frères  &  feurs  ;  de  M"^. 
Nicolle  Chapelle ,  Jehan  de  Rueil  ,  leurs  Con- 
fciilcrs ,  Avocats  &c  Penfionnaires  ou  dit  Chaf- 
teliet,  &  Jehan  Charpentier  leur  Procureur.  Et 
les  dis  Margliers  par  1  avis  «Se  confeil  5c  délibé- 
ration des  Paroidicns  de  la  dite  Eglife  :  &  en  la 
préfence  de  M'''^.  Jehan  le  Sellier  Cer.  ^u 
Roy  Notre  Seigneur  Préfident  des  Enqueftes  en 
fa  Court  de  Parlement,  Archidiacre  de  Brie  en 
l'Egîife  de  Paris  ,  &c  Curé  de  la  dite  Eglife  de 
Se  Jaques  ,  Se  Meffire  Jehan  de  St  Romain  , 
C" .  &  Procureur  Général  du  Roy  Notre  Sgr.  en 
fa  Court  de  Parlement  ;  ont  traitié  ,  tranfîgc  , 
pacifié ,  3c  accordé  eu  la  forfne  &  maqiere  qui 
s'en  fuit. 

C'ell  alTavoir^  que  dorefnavant  d'icy  à  vingt- 
neuf  ans  &  fans  préjudice  du  droit  desPartiesjc'eft 
alfavoir,  aus  dis  des  Quinze  Vins  de  demander 
plus  largement  fi  les  cas  y  écher ,  &  s'ils  voyent 
que  faire  fe  doit,  Se  aulti  aux  Margliers  de  la 
dite  Euvreô:  Fabrique  de  demander  modération 
plus  grande  f\  bon  leur  fcmble.  Les  dis  Maiglijrs 
&:  leurs  fuccclfcurs  feront  tenus  de  baillef^ft. 
payer  par  chafcun  mois  aus  dis  Maillre  ,  Mcnif- 
trc ,  frères  5c  fcurs,la  femme  de  i8   f.   parifis 

& 


DE    Ni  COL  A  S    Fl  AME  L.     ^S^ 

6c  feront  ceims  les  dis  Maifttc  ,  Mcniftre  ,  frerv;s 
>&  feuis  ,  ti'aier  &  comparoir  ou  feiv ice  du  die 
anniverfaire  qui  fe  dit  chafcun  mois  de  l'an  en 
la  dire  Eglile  St  Jaques,  jufqu'au  nombre  de  huit 
avec  le  Chapellain  Se  Clerc ,  durant  les  dides 
■vingc-neuf  années.  Et  au  regard  des  arrérages 
du  tems  pailé ,  donc  étoit  queîtion  ou  dit  procès  , 

6  ceulx  écheus  depuis  le  did  procès  encom- 
mencé  ,  feront  iceuix  Margliers  tenus  de  les 
payer  promptemen:  au  prix  de  i6  C  parilis  par 
chafcun  mois.  Et  entant  que  touche  Jes  dis 
lo  f.  parifîs  pour  la  dicle  bafle  MelTe  les  dis  Mar- 
gliers ou  leurs  dis  fuccelfeurs ,  feront  tenus  payer 
j  C.  parifîs  par  chafcun  an  avec  les  arrérages  à 
iccllui  pris  ,  tant  ceulx  efcheus  auparavant  le 
did  procès,  que  depuis  &  fans  préjudice  comme 
deflus  à  l'une  &  à  l'autre  des  dides  Parties.  Et 
partant  les  diâ:es  Parties  s'en  vont  Se  feront 
hors  de  tout  procès  qu'ils  avoient  l'un  contre 
l'autre  fans  defpens. 

En  fuivant  les  quels  traitiés ,  tranfadions  8c 
accords  delTus  incorporés ,  les  dis  Margîiers  bail- 
lèrent &  payèrent  aus  dis  Maitre,  Meniftre , 
Jurés,  Procureur,  Portier  Se  frères  defTus  nom- 
més des  dis  Quinze-Vins  ,  qui  confelferent  Se 
confelfent  avoir  eu  &  reçeu  des  dis  Margliers , 
la  (omme  de  1 3  y  1.  7  f .  parifis ,  tant  pour  les 
arrérages  deus  &  efcheus  depuis  le  mois  de  Dé- 
cembre l'an  14^4,  comprins  jufqu'au  mois  de 
May  en  ce  préfent  aa  1473  ,  auflî  comprins  Se 
includ,  à  caufe  du  did  anniverfaire,  fervice  , 
ou  obit ,  pour  mois  au  did:  pris  de  i  1.  par.  pour 
mois  j  comme  pour  tous  les  arrérages  efcheus  à 
caufe  de  la  dide  Méfie  par  an  au  pris  de  5  f. 
parifîs  pour  an,  depuis  l'an  1461  jufques  à 
préfent ,  dont  &  de  laquelle  fomme  de  135  1. 

7  f.  parifîs  pour  tous  les  dis  arrérages  ,  iceuix 
des  Quinze-vings  fe  font  tenus  Se  tiennent  pour 


^8^    HîSTôiRE   Critique 

contcns  &c  bien  payés  &  agrées, &  en  quittèrent  Se 
.quittent  à  tousjours  la  dide  Fabrique  St  Jaques  , 
les  dis  Marglicrs  ,  leurs  fuccelleurs  Marglicis 
d'icelle  Fabrique  &  tous  aultres  à  qui  en  appar- 
tient quittance.  Toutes  voies  ou  cas  qac  les  dids 
Marglicrs  treuvent  ou  font  apparoir  d'aucunes 
quittances  fouffifans  des  dids  Quinze-Vins  ,  ou 
de  leur  Procureur ,  ou  Procureurs  d'aucuns  paye- 
mens  fais  fur  les  diéles  années  y  icculx  des  Quin- 
zc-Vins  les  feront  tenus  déduire  &  rabattre  fur 
ce  qui  leur  fera  dcu  ou  tems  avenir  ,  à  caufc  du 
dit  Obit  &  fcrvice. 

Lesquels  traitiés,  tranfadions,  accords  ,  ré- 
ception ,  quittance ,  pacifications  ,  convenances 
deilus  dides*,  en  la  dide  feuille  de  papier  ci- 
delTus  incorporée  ,  &  en  ces  préfentes  lettres  con- 
tenuesSc  cfcriptes  :  Icelles  Parties  &  chafcuneen 
droit  foy  ,  proiniftrent  &c  jurèrent  par  leurs  fcr- 
mens  &:  foy  de  leurs  corps  es  noms  que  deilus 
avoir  &  tenir  fermes  ,  cflables  &  agiéablcs  à 
tousjours  i  les  garder,  entériner,  tenir,  entre- 
tenir ,  faire  8c  accomplir  ,  Tune  partie  à  l'autre  , 
bien  &  loyaumcnt  par  la  manière  dcfTus  dide  , 
fans  jamais  par  elles  ,  l'une  d'elles  ,  ne  par  au- 
tre aler  ,  venir,  faire  ou  dire  contre  en  aucune 
manières  ainçnis  ont  promis  rendre  &  payer 
l'une  Partie  à  l'autre  es  dis  noms  tous  coufts  , 
frais  ,  miffions ,  defpens  ,  dommages ,  ou  intéreffc 
qui  fais  &  fouftcnus  feroient  par  l'une  des  dides 
Parties,  ou  défault  &  par  la  coulpe  de  l'autre, 
pour  raifon  des  chofes  dcflus  dides  ,  ou  d'aucu- 
nes d'icclles  non  faites,  tenues,  gardées  &  noa 
accomplies. 

Obllgans  les  dides  Paties  es  dis  noms  l'une 
envers  l'autre  pour  ce  que  dit  efl:  tenir,  earJer  , 
entériner  &:  accomplir  C'cft  afTavoir  :  les  de'^us 
nommés  des  Quinze- Vins  ,  tous  Ks  biens,  reve- 
nues &:  temporel,   préfens  Se  advenir  du  did 


DE    N  I  C.  O  L  A  S   F  L  A  M  E  1.      587 

Hoflcl  Se  Hofpical  des  Quiuze-Vins  :  &  les  dicls 
Margliers  aulVi  cous  hs  biens  ,  revenues  cC  tem- 
porel préfens  ôc  advenir  de.  la  dide  Fabrique  8c 
Marglcrie  Se  Jaques  de  la  Boucherie,  que  les. 
xiides  Parties  en  iceulx  noms  en  on:  roubfmis  Se 
foubfmettent  pour  &  du  tout  à  la  juridiilion  Se 
garantie  de  la  dide  Prévofté  de  Paris  &:  de  toutes 
autres  juftices  &  jiiridiflions  ,  où  ils  font  &  por-- 
ront  eftre  Tceus  &  trouvés. 

Et  renoncèrent  en  ce  fait  exprefTément  par 
leur  dicte  foy  Se  fermant  es  dis  noms  ,  à  toures 
exceptions  de  déception  ,  de  fraude  ,  d'erreur , 
d'ignorance   Se  de  décevance  i  à  toutes  lettres  , 

grâces refpits ,  difpenfations ,  abfolations 

&  généralement  à  toutes  autres  chofcs  quelcon- 
ques qui  tant  de  fait  comme  de  droit  pouroienc 
aidier  Se  valoir  à  l'une  des  dictes  Parties  Se  nuyre 
ou  préjudicicr  à  l'autre  ,  pour  aler  ,  venir  ,  faire 
ou  dire  contre  ces  préfenres  lettres  leur  effet  8c 
contenu  ,  Se  au  droit  difant  générale  renoncia- 
tion non  valoir. 

En  tefmoing  de  ce  ,  Nous  Jehan  Dubois ,  à 
préfent  Garde-Scelde  la  didle  Prévofté  de  Paris  , 
pour  ce  que  par  rmfpedion  d'une  note  ou  mi- 
nute fignée  des  feings  manuels  des  dicls  Notai- 
res ,  Nous  efl  apparu  les  chofes  deilùs  dides, 
avoir  été  ainfi  faites  &  palTées  par  devant  e'jx  , 
comme  dit  eft  5  avons  mis  le  Scel  à  ces  lettres 
groflbyées  Se  mifes  en  forme  autentique  Se  pu- 

'  blique  ,  le  Jeudi  cinquiefme  jour  d'Aouft  l'an 
1475  ,  par  le  dit  Loys  Berdielemy  feul,  pour 
ce  que  ou  dit  tems  le  dit  Pierre  Jaquet  eifoic 
aie  de  vie  à  trefpas.  Ce  fut  fait ,  accordé  Se  pafïé 
double  par  devant  les  dicls  Notaires  :  Ceft  af- 

I  favoir  ,  par  tous  les  delTus  nommés ,  tant  des 
Quinze-Vins ,  que  les  dids  Margliers  de  St  Ja- 
ques ,  excepté  le  dit  Jehan  le  Noflrc ,  le  Yen- 


Rij 


388    Histoire  Critique 

dredi  ensuivant ,  vingt-huitième  jour  tout  du 
mois  de  May,  lan  1473   dclFus  dis. 

'Au  dos  de  celte  Pièce  fc  lit ....  Collation  faite 

du  contenu  en  la  feuille  de  papier  ci-deJlus 

tranfcriptc. 

J^r  à  cote ....  Ita  ejî,  Defprcz  pour  le  dit  Dubois, 


Au  Ctc.  Extrait  contenant  le  cérémonial  qui  s'obfervoit 
t°r^r'rec^      ;?o«r  les  obits  fondés  par  N.  Flamel ,   tiré 
U>  îi  &:  1.  des  comptes  de  la  Fabrique  de  St  Jaques. 

Article    de    Dépense. 

XVII.  À  Ux  Meniftres  frères  &  fuers  des  Quin- 
,/T^ze-Vins,  la  fomme  de  i ii  liv.  4  fols 
parifis  qui  due  leur  étpit  pour  être  venus  des  dis 
Quinze-Vins ,  un  Prêtre  ,  Clerc  &  treize  povres 
tous  les  mois  de  l'an,  pour  être  préfens  à  faire 
un  obit  folemnel  pour  le  dit  Flamel ,  &  pour 
î)çchiré.  avoir  dit  par . . .  Prêtre ,  une  baiTe  Melfe  en  la 
diteEglife ,  comme  cy  après  eft  dccléré;  la  quelle 

fomme  a  çté  payée  manuellement pour 

«inquante-deux  mois ,  commençant  ou  mois 
d'Avril  1417,  &  finiifant  ou  mois  de  Juillet 
145 1  inclus:  comme  il  appert  par  cinquante  quit- 
tances en  parcliemin  5  fccllécs  du  grand  fccl  des 
dis  Quinzc-Vins ,  valent  m  1.  4  f.  parifis. 
Et  eft  aiïavoir  que  pour  accomplir  le  teftament 
du  dit  feu  Plamcl  félon  ce  Chapitre ,  les  dis 
Quinzc-Vins  doivent  partir  de  leur  maifon.  C'eft 
afi'avoir  ,  le  Clerc  vêtu  d'un  furplis,  qui  porte 
la  croix  devant  ,  &  va  le  Prêtre  vécu  d'un  fur- 
plis  ,  après  la  dite  croix  ,  &  vont  treize  povres 
qui  veniont  .iprcs  le  dit  Prêtre  deux  &:  deux  ,  en 
manière  de   procellîon  ,  depuis  leur  Eglilc  des» 


DE  Nicolas  Flamel.  5R5) 
Quinze- Vins,  jufqu'en  l'Eglifc  St  Jaques  :  &  là 
feront  cous  au  Ions;  du  Ccrvicc  &  de  la  o;raa: 
Melle  du  dit  obic ,  &  ira«t  les  dits  treize  povres  a 
l'olfrande  :  &  le  Prêtre  qui  ainlî  fera  venu,  dira 
une  Mclle  balle  en  la  Chapelle  St  Clément  avant 
qu'il  le  départe  ;  &  en  la  lin  de  la  MelTe  ,  fesa 
mémoire  de  N.  D.  de  Touluiins  &  des  Angels  : 
&  quant  tout  le  dit  fervice  dont  partie  fera  parlé 
cy  après ,  f.  ra  achevé  ,  fera  payé  aus  dclTus  dit^ , 
la  fomme  de  47  fols  parif.  qui  leur  fera  diftribuée 
par  les  dis  Marglicrs  qui  font ,  ou  feront.  C'eft 
alfavoir  ,  par  la  Communauté  des  Quuize-Vins  , 
3  1  fols  parilis. 

Item.  Parle  Prêtre  ,  Clerc  &  treize  povres  ,  à 
chafcun  de  eulx  ,  i  ^  deniers  :  &  leur  feront 
baillés  en  leurs  mains  chafcun  pour  foi  ,  &  bail- 
leront quittance  fous  le  fcel  de  leur  Eglife.  Ainfî 
€ft  la  diftribution  au  regard  des  Quinze-Vins. 


Obit  foUmnel  pour  Nicolas  FlameL 

AUx  Curé ,  Chapelains  ,  Clers  de  la  dite  Egli-  -^^'^  »  ^^ '' 
fe,  avec  aultres  Prêtres  jufqu  à  l'accomplif- '^*'  °  ^^' 
fement  de  douze  perfonnes  ,  tant  Prêtres  que 
Clers  ,  la  fomme  de  iio  1.  13  f  8  d.  parilis,  qui 
dus  leur  étoient  pour  avoir  dit  &  célébré  tous  les 
mois  de  l'an  un  obit  (olempnel ,  depuis  le  com- 
mencement du  mois  d'Avril  1417  ,  jufqu'au  mois 
de  Juillet  143  I  inclux  qui  font  cinquante-deux 
mois  au  pris  de  1  1.  6  f.  6  d.  parifis  chacun  mois  , 

ccc 

comme  il  appert  par  IIII.  certifications  pallées 
par  dcvaiu  deux  Notaires  du  ChaficIIet  pour  ce 
lio  1,  15  f.  8  d.  parilis. 

Et  eft  alTavoir  que  pour  accomplir  la  claufe 
-«îuteftamentdu  dit  feu  Nicolas  Plamc]  ;  touchant 
ce  Chapitre  ,  M.  le  Curé  ou  fon  Fermier  .  com- 
mis peur  lui,  doit  être  pour  être  contrerouk , 

R  iij 


3  90    Histoire  Critique 

afin  que  faute  ne  foit  ou  dit  fervice  ;  &  doit 
avoir  Ton  furplis  vcfi-ii  &  en  chappe  avec  Ton 
aumufle  ,  &  être  en  chaire  &  pour  ce  faire  à  un 
chacun   mois,  ?  fols  parifîs. 

Au  Frérre  cjjai  dira  la  MefTe  &  pour  être  ou  dit 
fervice  pnr  chacun  mois,    3  fols  parifis. 

Aux  quatre  Chappclains  pour  erre  tout  du  lon^ 
pour  aider  à  dire  k  fervice  à  chacun  de  eux  ,  3  f. 
parifîs. 

Cet  en-       Doivent  prcfenrer  les  dis  Marcjliers  à 

Svon     cfc  l'offrande  une  (  ^2  ) de  vins  de  8  deniers. 

Aux  Clers  cic  la  dire  Eglilc  pour  ledit  iervice  & 
erre  prefcns,  6  f.  parilis. 

Une  pointe  de  4  deniers  parifis  ,  &  foit  fiché 
dedans  icelle  pointe  un  denier. 

Et  doivent  les  dis  Margliers  faire  fonner  fo- 
lempnellcment ,  1  C.  parifis. 

Et  fe  commencera  le  dit  fervice  le  premier  ,  fé- 
cond, rrois  ou  qur^rt  jour  de  chafcun  mois  après 
que  Vcfpres  feront  dires  en  ]a  dite  Eglife  :  &  le 
lenJcm.ain  matin  Laudes ,  les  CommendafTcs  ,  6c 
puis  la  Me  fie. 

Et  aprcs  la  Méfie  venir  tous  reveftus  au  tour 
de  la  fofie  &  tombe  du  dit  feu  Flnmcl ,  &  dire 
LibtTiX  me  Domine  ....  &  les  oraifons  ,  &  gérer 
l'eau  benoîte  iur  la  rcpréfentation ,  avec  qua- 
tre cierges  ardcns  &  quatre  cierges  fur  le  gran<i 
autel,  ardans  du  long  du  dit  fervice  :  &  à  lafin 
du  dit  fervice,  feront  les  Margliers  qui  fe- 
-rcnt  à  la  table  de  l'Envre,  &:  feront  la  diilribu- 
rion  des  deniers  defius  déclarés  ,  aux  pcrfonnes  & 
à  chafcun  ce  que  dit  eft  ,  les  quelles  parties  à  payer 

{a)  L'Inilrudion  peur  les  Maruuilliers  qui  fe  ht  au  rerfo 
du  folio  II  du  peni  résilie  cite  à  la  fin  delà  troillcme 
Partie,  porte  un  fait:  bumc  cieii  dcnic-s  ,  &:  ure  quarte  de 
viti  Je  16  deniers.  Et  ior"n:e  lorfci-je  ce  ref ilkc  a  étf  écrit 
on  coinnençoit  à  diminuer  la  dépenfe  a  caufe  du  dépc- 
rifitmcni  des  biens,  il  u'eil  marqué  que  deux  cierges  fur 
le  grand  .racel ,  fie  fvulemenc  fix  pauvres  des  Quinze- Yuigta. 


DE  NièOLAS  F  L  A  M  E  t.  59 1 
cliafcuii  mois  ,  moncenc  quarante-lix  fols  fix  de- 
niers parifis. 


ADDITION  pour  la  page    37. 

Nous  ajoutons  ici  pour  la  faùsfaElion  des  per Can- 
nes qui  airfient  les  antiquités  ,  pLuficurs  infcrip' 
lions  ,  lues  fu-  le  petit  portail  de  St  Jaques  , 
en  même-tems  que  celle  qui  ejl  rapportée  à  Li 
page  3  -;. 

FLamel,  qui  demeuroit  en  face  de  cetce  petite 
porte  ,  s'e'tcit  plu  à  la  décorer.  Jly  a  lieu  de 
jpenfer  qu'il  regarùoit  l'airembiagade  toutes  les 
images  de  dévotion  qu'il  avoir  fait  fculpter , 
comme  un  oratoire  deitiné  à  être  toujours  fous 
fes  yeux,  Ili'avoit  fai:  orner  de  peinture  ,  &  mê- 
me de  dorures  dont  les  vefHges  brillent  encore. 
Le  tout  étoit  fermé  d'un  vitrage ,  dont  le  chaiiiS 
lubfifte  en  entier. 

L'image  de  la  faince  Vierge  ,  qui  ed  au  milieu 
de  ce  petit  monamen:,  a  été  fculptée  a'ec  affez 
de  dclicateire  pour  le  rems.  Elle  porte  de  fa  droite 
l'enfant  Jefus,  6c  de  fa  gauche  elle  tient  une 
grappe  de  raii^ns.  Cette  imarc  eft  ibutenue  par 
deux  Anges  afTs,  que  le  Coivlruclear  peut  avoir 
Voulu  faire  repréfenter  comme  chantans  un  can- 
tique en  l'honneur  de  la  fainte  Vierge  ;  cantique 
dont  on  lit  ces  paroles  fur  un  rouleau  qu'ils  éten- 
dent. 

Ecce  Mater  Dei ,  Reglna  Cœlorum  ^ 
Jflafalus  humani  generis. 

Huit  Anges  femblent  accompagner  ces  deur 
premiers  des  difFérens  inftrumens  qu'ils  pcr- 
Ceux-ci  entourent  l'arcade  qui  préfciite  àfg        •.  * 
une  tête  qui  parole  figurer  le  Perc  éieriicl.  DàiiS:^ 


^<^i      Histoire  Critique 

les  angles  formés  par  l'ogive  ,  deux  autres  Ange5 
^'lèvent  chacun  un  encenfoir. 

Se  Jaccjucs  ,  Patron  de  la  Paroifle  ,  cft  du  côté 
droit ,  &  Flamel  fe  voit  à  genoux  a  Tes  pieds» 
Pernelle  eft  de  l'autre  côté  aux  pieds  du  St  Pré- 
curfcur,  qui  cft  déiîgné  par  un  cercle  où  cft  figuré 
l'Agneau  avec  lequel  on  rcpréfente  ce  Saint.  Lé 
mari  &  la  femme  invoquent  la  Ste  Vierge  ;  le 
mari  par  ces  paroles  ,  Sanfîa  Maria  ,  intercède 
pro populo.  Et  la  femme  en  difant  :  SanBaVirgo 
Maria ,  ora  pro  nobis. 

Quatre    petites   figures  vêtues    de  long,    fe 

*  On  n'a  voient  en  dehors  &  fousle  linteau  de  \z  porte.  ^ 

pu  i^nc      £j{g5  tieniKînt  aulli  des ,  rouleaux  dont  on  n'a  pu 

voir  CCS  H-  -"^'^  4^^  ^  écriture  de  deux  ,  les  autres  étant  tres- 

^.Lircs     fur  petits  &  dans  l'obfcuritc.   Il  parcit  que  tous  ces 

la  vigne  te  roulcaux  contiennent  enfeniblc  les  deux  premiers 

qui  ellala  articles  du  fymbole  des  Apôtres.  Le  premier  com- 

pa^c     qui  rnence  ,  Credo  in  Deum  ....  &  le  dernier  porte, 

ne    reprc-  DoTtiinum  ncftrum  ;  ceux  du  milieu  conticnncac 

fenre    que  f^^s  doute  ce  qui  eft  entre  deux. 

le    aut    u       Sous  le  linteau  font  écrits  de  chaque  côté  deux 

avis  donnés  à  ceux  qui  entrent  dans  l'Eglife.  Oq 

[eur  dit  d'une  part  ,  Tene:^-rous  en  dévotion  ^  &: 

de  l'autre,  u4yei  vraie  contrition. 

II  y  a  encore  quelques  autres  infcriptionsj  nous 
les  avons  données  dans  l'Effai  3  on  peut  les  y 
IfTai , /'.  lire.  Toutes  enfemble  jointes  aux  images  de  piété 
IJ0&:  iji.  caracflérifcnt  le  bienfaiteur.  Auroit-il  couvert  fous 
ces  enveloppes  dévores  l'art  du  grand-Œuvre  ? 
Si  quelqu'un  s'étoit  imagiré  de  broder  fur  cette 
quantité  de  figures  &  de  légendes  ,  peut-é:rc  au- 
roit-on  un  volume  pareil  a  celui  de  Texplicatioa 
des  Figures  du  Charnier.  Des  yeux  ordinaires  n'y 
voient  rien  que  de  fimple  ,  de  dévot  j<:  dans  le 
goût  de  ces  fieclcs  ,  Si  nous  préfumons  que  l'oa 
41'y  verra  rien  de  plus. 


DE    Nicolas   Flamel,      393 


Autres  additions  &  correâioas. 

L'Expofé  du  grand  procès  qui  s~'éleva  à  l'occa- 
fion  de  ]a  fucceilion  de  Flamel ,  a  donné  lieu  ^.^  ^^^^  '  * 
de  pailer  de  Jean  Paris ,  Procureur  au  Parlement.  13  j  (^^  f. 
Ce  Praticien  Confeil  de  la  Parohfe  de  St  Jacques 
ou  il  tcoic  h  fort  accrédité ,  poirédoit  une  mai- 
Ton  chargée  par  Jean  Turquam  de  i  5  1.  de  rente-. 
pour  certains  fervices,  Cécoit  la  maifon  même 
où  avoir  demeuré  Turcjuam.  Paris,  qui  en  fai- 
fanc  les  afFaires  de  fa  Paroillc  ^  n'oablioit  pas 
les  fîennes ,  voulut  fe  libérer  ,  ^  9it  condempner 
les  Marrcgliers  félon  les  ordonnances  Royaux  , 
de  foufFrir  le  rachat  de  la  rente  pour  180  1.  pir. 
C'cil  ce  qui  fe  lit  au  compte  de  1416  à  143 1. 

Il  faut  remarquer  que  cette  mai fon  de  Jcai> 
Turquam  ,  dont  Paris  étoit  devenu  Propriétaire  , 
n'eft  pas  celle  qui  a  été  acquife  par  la  famille 
Marcel,  comme  il  ell  dit  dans  l'Efiar,  on  avoitcru  f .  ^8, 
l'appercevoir  dans  ks  Mémoires  mss.  de  Monfîcur 
Prévaft^  Avocat.  Le  nouvel  examen  des  comp- 
tes que  nous  avons  fait,  nous  a  découvert  ce 
qui  en  cft.  Dans  un  article  où  efl:  indiqué 
le  rachat  fait  par  Paris,  la  maifon  de  Turquam 
eit  'délîgnée  rue  St  Jaques  de  k  Boucherie  devant 
les  trois  Pucelics  ,  ainîî  du  côté  cppofé  à  la  mai-» 
fon  des  Marcel ,  &  en  face  de  celle  des  trois  Pu- 
celles ,  maifon  ou  hôtel  dont  il  eft  parie  dans 
notre  EHai.  ^^:Â''Iz\l 

L'Infcriprion  qui  étoit  fur  la  tombe  de  Tur-  j  pia;i  à  u 
quam  ,  levée  en  1 5 1 1  ,  par  les  foins  de  M".  les  lecuc  V. 
Examinateurs  au  Châtelet,  ne  fe  lit  plus  mainte- 
nant. Elle  portoit  :  Ci  gift  honorable  6*  difcrettt^ 
perfonne  A/'*"^.  Jehan  Turquam  ,  en  fon  vivant 
Examinateur  au  Chaflellet  de  Paris  ,  &  Lieute* 
nant  Criminel  du  Prévofidç  Paris 3  qui  trefpajj'<^ 

Rv 


394      Hl  s  T  O  I  RE    Cr  I  T  IQU  E 
l'an    14'"  fî  le  deuxième  jour  d' AvriL 

Quoique  la  date  de  la  mort  de  Turquam  foft 

fixée    par  cette  infcription  ,   donnée  par  Mrs.  les 

Pâques  le  Examinateurs,  au  i  Avril  140e  ,  cependant  Ton 

I  Avril.       T-     /  n  •  \       \       ■      ^      i>     r 

iixecureur  teltamentaire  ne  paya  le  droit  de  /  aj- 
y/t^r^  de  la  tombe  cju'enNov.  140*)  On  en  trouve  la 
mention  fous  cette  date  au  compte  de  1404  a 
I411,  oiion  li  t:  De  Af""^.  Denis  Debauves  com- 
me Exécuteur  de  feu  M-^^  Jehan  Turquen  ,  pour 
l'ajfiete  de  la  tumbe  du  dit  feu  Maiftre  Jehan  ,  en 
zcelle  FgiiJ'e i c  livres. 

Quant  à  la  fondation  des  fervices  ,  favoir  , 
d'une  Mejfe  de  Ecquicm  foleinnel.e  &  Sigillés  des 
morts  ckafcun  mois  ^  il  (e  lit  deuxad:es,  mais 
ce  ne  fut  qu'en  1410  :  l'un  le  Mardi  zi  Ocflobre  , 
pour  II  liv  pariiîs  de  rente  ,  laijjlés  à  V Eglij'c 
-par  M'"  .  Jehan  Turquant  ,  â  prendre  fur  la  mai- 
fon  ou  il  demouroit ,  ajfife  en  la  Vannerie,  (û) 
C'étcir  rétabliirement  des  fervices.  L'autre  ade 
de  même  date  porte  60  fols  de  rente  ,  à  prendre 
fur  la  m.ème  maifon  ,  laifTés  aufli  à  l'Eglife  pour 
être  (les  Marguillicrs)  Vifit'eurs  du  fcrvice, Sec.  Cc$, 
àcux  contrats  ne  fubfiftcnt  plus,  &  dans  les 
mentions  que  les  comptes  font  de  Turquam  , 
on  ne  lui  voit  que  la  qualité  de   Maître. 

Je  croi  pouvoir  ajouter  ici  deux  corredions 
pour  l'ElTai  fur  la  Paroilfc  de  St  Jacques  :  (b) 
elles  concernent  Claude  Marcel ,  dont  il  ePr  beau- 
coup parlé  dans  cet  EifaJ.  Il  y  cft  dit  à  h  page 
183  ,  que  Marcel  fut  élu  Prévôt  des  Marchands 
à  la  place  d'Antoine  Duprat ,  Seigneur  de  Nan- 
touillct  :  il  faut  lire  à  la  place  de  Nicolas  le  Gen- 

(  a  1  Ccrtc  rue  de  la  V^tmerie  cft  la  même  que  celle 
de  St  Jacouci  delà  Bouderie  ^  &:  elle  cft  dciîj;née  fous  ce 
nouveau  nom  dans  Is  note  du  rembouifcment  de  cette  rente, 

(h)  Ce  Livre  fe  vend  chez  Pràuh  ,  Père  ,  Quai  de  Gefvres, 
h.  l'en  y  trouve  le  leitanum  de  FiaiKcl  à  lafiades  Pièces 
«jui  y  fowit  LiÉcréeSi, 


DB   Nicolas  Flamel.     59J 
dre,   Seigneur  de  Villcroy  5  &.  cette  qualité  de 
buprat,  rapportée  dans  l'article  de  THiftoire  de   ^ 
Paris,  d'où  l'on  a  tiré  ce  qui  regarde  Marcel,  a  y^j'^p^^^^j 
occaiionné  la  raéprife.  Nicolas  le  Gendre  efi:  nom-  p^j;    YéUb 
mé  dans  le  même  ariicle  comme  PrédécelTeur  de  T,  i   fagi 
Marcel ,  dans  la  place  de  Prévôt  des  Marchands.  ""• 

II  eft  auffi  dit  à  la  page  181,  que  Claude  Mar- 
cel fut  élu  fécond  MarguiUier  de  St- Jacques  en 
I  5  ;  (^  5  il  n'a  été  nommé  qu'en  156c  :  il  eut  la 
quatrième  place,  &  fe  trouva  avec  Jean  Lefca- 
lopler  y  Jean  Daubray  ,  &  Etienne  Deladehor s. 
£n  1556  on  avoir  élu  un  Claude  Marell 3  nom 
qui  dans  le  rcgiftre  femble  former  celui  de  Aîarcei, 


F  I  N. 


Rv; 


TABLE 

DES     MATIERES 

Contenues  dans  ce  Volume. 


ALvERNAS  ,  (Jean)   Prieur  de  St  Marri» 

-*J-    des  Champs,  traite  avec  Flamcl,/?^^^  149 

Deux  Arcades  des  Charniers  des  SS.  Innocens 

bâties  aux  dépens  de  Flamcl ,  31  &;  104  :  il 

Jes  fait  orner  de  fculptures  &  de  peintures , 

106  &  fuiv. 

sAveugles  des  Q_uin^e-Vin^ts  chargés  de  venir 

procef^onnellemenc  aux  fervices  fondés  p;u 

riamel,  103  &  3IS 

B 

13  Arse  :  Flamel  ne  l'a  point  portée  longue 
J-J     dans  fa  vieilleiTe  ,  108,  note  (^2) 

Biens  de  Flamel  &  Pernellc  en  t  3  99  ,  9  y 

Blancs  :  DiiFérens  prix  de  cette  monnore  ,  175- 
&  176  ,  note  {a)  &  373 
JBorel  ,   Auteur   d'un   tréfbr  de  recherches,  au- 
gmente du  double  les  fonda  tionsdcFtamel,  19  3 
Boulogne  fur  mer.  Flamel  n'a    rien  fait  pour 
cette  Eglife  ,  j8 

Boulogne  les  Menuls  proche  Paris  :  on  n'y  con- 
ûoît  point  Flamcl.  Note  fur  cette  Eglife  59 

&ruiy* 


TABLE    DES    MATIERES,  jpt 

Bouteille ^  (  Guillaume  îe  \  Ton  hôcel ,  i  ^ a 

Bureau  ,     Jean  )  Commilîaire  adjoint  à  l'examen 

des  comptes  de  rexccution  tcftamentaiie  de 

Ilamel,  23* 


C  Alice  s  légués  par  Flamel ,  leur  nombre  & 
leur  poids,  190 

C  anches.  Médecin,  Juif  converti  :  Flamel  n'a 

rien  fondé  pour  lui  à  Orléans  ,  24 

Chapelle  de  Flamel  fous  le  titre  de  St  Clément. 

Ornemens  de  cette  CLipeile,  41 

Chapitre  de  N.  D.  de  Pans  convoqué  pour  un 

kgs  fait  par  Flamel ,  21^ 

Chariots  rujiiques  ,    ou  à  roues  pleines^,    '  i  ^  t 

note  [  a  ) 
Chatillon^  (Gauchier  de}  fon  hôtel  rue  St  Mar- 
tin y  '  160  ..  note  (a  ) 
Cramoiji  ,  M"^.  des  Requêtes,  envoyé  ,  dit-on, 

par  le  Roi  chez  Flamel ,  177 

Crieurs   (  Jurés  )  préfencent  du  vin  à  boire  aux 

enterremens  de  leurs  Confrères  ,  198 

Crocquemeure,  Cordonnier,  vend  a  Flamel  partis 

d'une  cour ,  Pafquier  lui  donne  Fautre  partie  , 

145  &  ik6' 
CuiJJes   deCerf^YcCcniécs  au  Procureur  du  Roi 

&  à  Jean  Pans  ,  leur  prix  ,  242. 


D 


T^EsjR  DESIRE,  (le)  Ouvrage  attribué  à 

J~^     Flamel,  lia 

DeJIandes  (  Pierre  )  alTifte  aux  aifemblées  pour 

les  alFaircs  de  la  fuccefîion  de  Flamel.  Echcviii 

&  Prévoft  des  Marchands  ,  155 

Dcties.  contractées  par  flamel  &    Perrenelle , 

^4&  i^> 


398  TABLE 

Difner  du  jour^de  l'enterrement  de  Pernelle  ,  66 
Celui  de  l'enterrement  de  Flamel  ,  197 

Don  mutuel  :  Ade  de  Pcrnells  pour  fa  ratifica- 
tion, ^x 

E 

rCRlTOiRE  de  Flamel  :  Vaijfeau  de  Phih^ 

J2j     fophic ,  III 

Ecii  d'or ,  Ton  prix,  7^  &  342. 

Ecujfon    Tymboliquc,    attribué    à  Sx.   Thomas 

d' Aquin ,  11^ 

F 

inicvRES  de  Flamel,  leur  defcription  &  leur 

JT     nombre,  i]6&Li^j 

flamel,  (  Nicolas)  Libraire  de l'Univerfîté,  175; 

IJ  peut   avoir  vendu  des  livres  d'Alchymie  , 

133.  Eft  taxé  a  30  francs,  &  confulte  un  ami , 

175.   Sa  mort.  184 

Flamel,    Jean)  Secrétaire  du  Duc  de  Berri,  vend 

des  livres  à  ce  Prince,  10^ 

G 

y^ARNiER  DE  Saint  Ton.,  W^'^.  des 
V-J*      Bouchers,  afîiOe  aux  alFemblées  pour  la 

rucccfîîon  de  Flamel,  154 

Geujfron ,  (  Guillaume  )  Procureur  au  Fort -l'Eve- 

<]ue,  111 

Cuiaut^i  Pierre  le  )  Elude  Paris.  Flamel  tranfige 

avec  hii  par  crainte  »  lia 

YjEsAL  TERNE  ^  {  Rohert  de  )  Voyer ,  Tes       5 
Jni      droits ,  1^9" 

Hémery,  (  Guillaume  )  Confeiller&Comminaire 
pour  ks  atîaires  de  la  fucceiCoa  de  Flamel 


DES  MATIERES.  399 
avec  Jean  de  Boion  ,  240 

La  Heufc  ,  eu  la  Herfe  ,  marfon  achetée  par 
Marguerite  la  Quefnel,  160.  Acte  du  don 
qu'elle  en  fit  à  Flamel ,  161 

Homme  tout  noir  ,  peint  aux  Charniers,  53  & 

Hôpital  St  Gervais,  140 

Hofp'italiti  :  Flamel  paroîc  avoir  voulu  l'exer- 
cer ,  14^ 

Hôtel- Dieu  ,  delTervi  par  des  Religieux  con- 
jointement avec  des  Religieufes,  130 

Hôtes  de  Flamel  :  il  k^s  oblige  à  dire  tous  les 
jours  unz  Pate-nôzre  ^  ôcc>  lyj 


I 


/iV5  ciîJpr/o  A' noavellememenrdécouverrc 
au  petit  portail  de  St  Jacques,  37 

Infcription  poféea  St  Jacques  pour  la  fondation 
de  Perne.lle^  ^I5 


ZAnoe  ^  (Jean  de)  Notaire,  ami  de  Fla- 
mel, lui  donne  une  raaifon  :  Hirtoire  de 
ce  don  ,  163   &  iuiv. 

Les  Lavures  ,  Ouvrage  attribué  à  Flamel ,  1 30 
Legs  fait  par  Flamel  à   14  endroits,  194^ 

Loifel ,  (  Pierre  )  Cordonnier  ,  Ton  écufion  ,  &;c. 

I  li 
Lujîgnan  ,  (  Lyon  de  )  Roi  d'Arménie  ,  fon  hô- 
tel &  Ton  Epitaphe  ,  14,8^ 


M 


MAISON  de  Flamel,  au  coin  de  la  rue 
Mari^^aux  ,   partagée  ,  i  r 

Combien  louée  ,  178^ 

St  Martin  des  Champs  :  Les  Moines  de  cePriei> 


405  TABLE 

rc  favoi'ifcnc  Flamcl  d-ans  Tes  bâci'mens ,  146" 
Meaux  ^  (  Vicomte  de  )  Ion  Hôccl ,  87 

Mercure  converti   en  argent    &  en    or  ,  félon 

le  livre  des  hgurcs  du   Charnier;  des  daics 

que  l'on  cionne  à  cet  événement ,  17  &  fuiv. 
Montmorency.  (  rue  de  )  Etat  de  ce  quartier  au 

tems  de  Flamel.  14-f 


N 


IL"! JsTERRE    (Philippe   de)   fuppléé  par 

^  V      1^  Cour  a  Guillaume  Hémcry ,  14I 

Nicolas  ,    (  Denis  )  Commillaire  Examinateur  , 

certiScat  qu'il  donne  ,  115 

O 

BsECiuES  de  Psrncllc  :  ce  quelles  ont 
coûté  ,    C6.   Le  bout  de  l'an  ,  ibid. 

Ordonnances  teftamcntaircs  de  Flaniei ,   à  quoi 

elles  Je  font  montées  ,  191 

Orenge  ,  (Jean  d'  )  Libraire  :  gratification  qu'il 

reçoit  pour  la  vente  d'un  Livre,  197 

Orgemont  y  (  Pierre  d')  Chanoine  de  Paris  ,  13^0 
Orléans  ,  (  Duc  d'  )  frère  de  Charles  VI ,  mon- 

tanr  des  dons  que  ce  Prince  a  fait  par  fon  tef- 

tamenr,  19 1 

Ouvrages  attribués  a  Flamel ,  79  ,  1 16  &  fuiv. 
Ouvrages  àz  Maçonnerie  &  autres,  leur  prix. 


J^Aris  ,  (Jean)  Procureur  au  Parlement, 
Confcil  de  la  Paroiffc  de  St  Jacques  145. 
Chapeau  de  rofes  préfenté  à  fa  femme  ,  ïbid. 
Force  la  Fabrique  à  recevoir  le  rembourfe- 
mzm  d'une  rente  lailFéc  par  Jean  Turquam , 


DES      MATIERES.       40Ï 

Pèlerin  de  pied  envoyé  par  Pernelle  à  Boulogne 
far  mer,  5^ 

Petnelle  :  fa  mort ,  ^5.  Fable  débitée  à  ce  fujec. 
Ses  obfcques.  Le  bout-de  l'An,  6  6 

Pignon  ,  (maifon  du  grand)  bâiie  en  14073  dé- 
tail fur  cebâiiment,  149  &  fuiv.  Quelques- 
unes  des  infcriptions  que  Ilamel  y  a  fait 
graver,  ^  içj 

Poitevine  ,  ou  PiBe  ,  ce  que  c'éroit ,  ^7  note  a. 

Potier  (  Pierre  )  fait  bâtir  une  arcade  des  Char- 
niers ,  fon  épitaphe  ,  3  jj  celle  de  fa  femme  , 

101 

Preux,  (André le)  Commiffaire,  reçoit  les  comp- 
tés de  l'exécution  teftamentaire   de  Plamci, 

i34 

Prière  pour  la  réufllte  dans  l'opération  du  grand- 
Œuvre  ,  ir 

Procejfwns  au  Cimetière  des  Innocens  :  infcrip- 
tion  attribuée  à  Flamel  à  ce  fujet ,  114 

Proferpine  ,   fa  féiQ  ,  voye^  chariots. 

Puits  ,  maifon  du;  pourquoi  ainli  appellée  ,170 

Q 

OUarrÈ  ,  (Fleuret  )  Clerc  des  comptes, 
fait  un  compte  des  biens  de  Flamel,  1 3  9 
i^uatrebaut ,   (  Nicolas  )  Frifeur  ,  fait  l'eftima- 
tion  des  meubles  de  Flamel  &  de  Femelle ,  90 

&  519 

Q^uefnel ,  (  Marguerite  la)   fervante  de  Flamel  : 

il  la  nomme  Exécutrice  de  fon  tertamenc , 

200.  Cérémonies  auxquelles  il  Foblige  ,  i:j8. 

Se  remarie  contre  l'intcucion  de  fon  maître  , 

R 

JP  Apioust  ,    (Jean)   Avocat  du  Roi ,  rc- 
X\,     Çoi'-  deux  faius  dcr  pour  un  plaidoyer. 


401  T  A  é  L  É 

Rentes  fci^étucHcs  ^   leur  taux,  115 

Romain  ,  (  Jean  de  St  )  Piocureur-Gcneral ,  Ton 
portrait  fur  verre  cru  celui  de  Flamel ,      45- 
Romain  ,  (  Jean  de  St  )  Imagier  ,        .87  &  3  ii 


fnylisiE  des  biens  laiffcs  par  Flamel,     119 
l^  Salut  d'oT,   monnoie  ;  Ton  prix,  140 

Sauvage  j  (  Benoift  )  Maçon  ,  Ton  fceau  ,     170 
Sauvai  y  (Henry  )  Confrère  de  St  Nicolas  à  Se 
Jacques,  185  ,  note  (a) 

SsUlers  Larmiers  fe  chargent  de  la  fondation  de 
Pcrnelie  ,    1 1 3.  La  remettent ,  116 

Sommaire   i  hilojophiqut ,    Ouvrage  attribué  à 
FJamcl  :  Ccnclulïon  de  cet  Ouvrage  ,       116 
Stances  qui  étoicntà  une  des  arcades  des  Char- 
niers, 34 
Symandius^  Roi  d'Egypte  :  la  prodigieafe  quan- 
tité d'or  que  l'on  dit  qu'il  faifoic,  «jp  &  ico 

TAblea  ux  donnés  par  Flamel  à  l'Eglife  S^t 
Jacques,  3^ 

Thomas  d  Aquin  :  {St)  ccuffon  fymbolique  qui 
lui  eft  attribué,  119.  Image  finguliere  de  ce 
Saint,  113.  Ouvrages  d'Alchymie  ,  &c.  mis 
fous  Ton  nom  ,  114 

Turquam  (  Jean)  fait  une  fondation  à  St  Jac- 
ques :  année  où  a  été  poféc  fa  tombe  , 
infcription  qu'on  y  lifoit,  3^5  ^  (\.\\^, 

V 

F  Allier  ,  (  Maclou  )  mari  de  Marguerite 
la  Quefnel ,    zi2.  Ajourné  pour  les  af- 
faires de  la  fuccefiion  de  Flamel,  137 
Violette  (  Robin  )  tient  la  Mairie  du  pont   de 


DES      MATIERES.      403 
Charenton  &  le  moulin  de  la  tombe  Ifoire , 

185 
Vitrage  reprcfcntant  l'emblème  du  prefloir  6i 
gravure  lînguliere  du  même  fujet ,     4Z  &  4  j 
Ployer.  Ses  droits.  Voye^^  Hebaherne, 


*AcJiRE  :  les  remarques  fur  cet  Auteur"^ 
Ouvrage  attribué  à  Flamel.  11^ 


Fin  de  la  TaoU  des  Matières, 


ERRATA. 

Page    I  lig.     7  Capitre ,  lif.  Chapitre. 

^5  15  Fcrncl,  lij.  Flamel. 

%6  12.  parti,    lif.  parties. 

J54  30  modelé,  ///.module. 

16%  13  la   rente  de  vingt  fols,  lif.  de 

deux  livres. 
J70         lé  la  puits,  lif.  la  pièce. 

108  iQ  commencée,  lif.  commencé. 

341  «i  /^  marg€  ,  dix  v in  ,  ///,  dix  vingt. 


•y^  i^  ;w»  ^  ^  «Çi  ^  .•^-»  .^  ^  f^  ^^  ^  ^  ;k;  i;!7\  ^ 

APPROBATION. 

J*Ai  la  par  ordre  de  Monfeigneur  le 
Chancelier ,  PHijioire  Critique  de 
Nicolas  Flamel  ^  Sec.  ôc  il  m'a  paru  que 
cet  Ecrit  curieux  ne  pouvoir  manquer 
d  erre  favorablement  reçu  du  Public  , 
puifqu'il  concerne  un  homme  célèbre 
dont  on  n'a  point  eu  jufqu'à  prélent 
de  mémoires  certains.  Les  recherches 
que  le  laborieux  Auteur  a  faites ,  l'onç 
mis  en  état  de  faire  connoître  Flamei 
pour  ce  qu'il  étoit,  de  de  montrer 
que  la  pierre  philofophale  qu'on  lui  at- 
tribue efl:  une  chimère.  Les  pièces  qu''il 
Y  a  ajoutées,  pourront  aulîî  farisfaire 
ceux  qui  aiment  à  connoître  la  Topo- 
graphie de  Paris  ancien.  A  Paris  le  S 
Août  ij6o. 

B  O  N  A  M  Y. 


PRIVILEGE  DU  ROT. 

LO  U  IS,  par  la  grâce  de  Dieu,  Roi  de 
France  &  de  Navarre  :  A  nos  amés  6c 
féaux  Coiîfeillers  ,  les  Gens  tenans  nos 
Cours  de  Parlement,  Maîtres  dss  Requêtes 
ordinaires  de  notre  Hôtel  ,  Grand-Confeil  , 
Prévôt  de  Paris  ,  Baillifs  ,  Sénéchaux  ,  leurs 
Lieutenans  Civils  &  autres  nos  Jufticiers  qu'il 
appartiendra,  Salut.  Notre  amé  Guillau- 
me  Nicolas  DtsPREz,    Nocie  Impriniei^r 


,or.4inaire  &  Libraire  à  Paris ,  Nous  a  fait  er- 
pofcr  qu'il  dcfireroic.  faire  imprimer  &  don- 
ner au  Public  ui  Ouvrage  qui  a  pour  titre, 
Hijloire  criiique  de  NicoLzs  F/ame/  &  de  Per- 
nelU  j'd femme  ,  par  AI.  L.  V.  s'il  nous  plaifoic 
lui  accorder  nos  Lettres  de  Pcrmilfion  pour  ce 
nicelfaires.  A  ces  caufes ,  voulant  tavorable- 
meut  traiter  l'Expofant ,  Nous  lui  avons  per- 
mis S:  permettons  par  ces  Préfentes  ,  défaire 
imprimer  leditOuvrage  autant  de  fois  que  bon 
lui  femblcra,  &  de  le  vendre  ,  faire  vendre  & 
dibirer  partout  notre  Royaume  ,  pendant  le 
temps  derro/^û/z/x/fi-confécutives,  a  compter 
du  jour  de   la  date  de^  Pré/entes.   Faifons 
dérenfes  à  tous  Imprimeurs  ,   Libraires    & 
autres     perfonneb   de    quelque    qualité     & 
condition    qu'elles  foient  ,    d'en  incrodùire 
d'impreflîon  étrangère  dans  aucun   lieu  de 
notre  obéiffance    :    A    la  charge    que     ces 
Préfenres  feront  cnrégiftrécs  tout   au  long 
fur  le  Regiftre  de  la  Comitiunauté  des  Im- 
primeurs &  Libraires  de  Paris ,  dans  trois 
i;io?s  de  la  date  d'icelles ,  que  l'impreflion 
dudit  Ouvrage  fera  faite  dans  notre  Royau- 
me &  non  ai  leurs,  en  bon  papier  &  beaux 
carad:ereSj  conformément  a  la  feuille  im- 
primée attachée  pour  modèle  fous  le  contre- 
icel  des  Préfentes  \  que  l'Impétrant   fe  con- 
formera en  tout  aux  Réglemens  de  la  Librai- 
rie ,  &:  notamment  à  celui  du  lo  Avril  1715  ; 
qu'avant  de  l'cxpofer  en  vente,  le  manuf- 
crit  qui   aura  fervi  de  copie  à  l'impreflîon 
dadit  Ouvrage,  fera  remis  dans  le  même  étac 
où  l'approbadon  y    aura  été  donnée  ,     es 
msins  de  notre  très  cher  &:  féal  Chevalier 
Chancelier   de  France  ,  le  Sieur  D»:lamoi- 
gnon  \  &    qu'il  en  fera  enfuite  remis  deux 
JÈxemplaires  dans  notre  Bibliothèque  publi- 


que  ,  un  dans  celle  de  norrc  Château  du  Lou- 
vre, &  un  dans  celle  de  notredit  très-cher  Se 
féal  Chevalier  Chancelier  de  France  le  Sieur 
D-lamoignon  ;  le  tout  à  peine  de  nullité 
des  Piéùaces.  Du  contenu  defqaeîles  vous 
mandons  &  enjoignons  de  faire  jouir  ledit 
Expofant  &  fes  ayans  caufe  pleinement  & 
paifîblemenc  ,  fans  ToalÎTir  qu'il  leur  foie 
fait  aucun  trouble  ou  empêchement.  Vou- 
ions qu'a  la  copie  des  Préfenrcs  qui  fera 
imprimée  tout  au  long  au  commencement 
ou  à  la  fin  dudit  Ouvrage  ,  foi  foi:  ajouté* 
comme  à  l'Or  ginal  :  Commandons  au  pre- 
mier notre  Huiffier  ou  Sergent  fur  ce  requis, 
de  faire  pour  l'exécution  d'icelles ,  tousaâies 
requis  Se  nécellaires  ,  fans  demander  autre 
permilTion,  Se  nonobftant  clameur  de  Haro  , 
Charte  Normande  Se  lettres  à  ce  contraires  : 
Cartel  efl  notre  plaifir.  Donne  à  Marly  le 
douzième  jour  du  mois  de  Juin  ,  l'an  de  grâce 
mil  feptcent  foixante-un  ,  &  de  notre  Règne 
ic  quarante-lîxieme.  Par  le  Roi  en  fon  Con- 
fcil. 

LE   BEGUE. 


Regiftréfur  le  Regiflre  XV  de  la  Chambre 
Royale  &  Syndicale  des  Libraires  &  Imprï- 
meurs  de  Paris  ,  N  .  7^  ,  fol.  ?  89  ,  con- 
formément au  Règlement  de  17 ±}.  A  Paris 
Ç€   19  Juin   1761. 

Signé ,  M  O  R  E  A  u  ,    adjoint. 


/3'gS-S'S'é 


..W/ 


U-- 


.BOULEVARD  HAUSSMANN,  19